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Full text of "L'ami de la religion et du roi"

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Harvard Collège 
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KfT \Oc\n 

jL f nw^u AELE,. DJiyLicaA UJf s 

t* JOHN HARVEY TREAT ^ 

L^ OF LAWREIfCE, MAS9. 2, 

^ CLASS OF IfifiZ ^ 

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X 



L'AMI DE LA RELIGION 

ET DU ROlJ 

JOURNAL ECCLÉSIASTIQUE, 
^POLITIQUE ET LITTÉRAIRE. 

f^idete ne quU vos decipiat per phiiosophiam 
et inancm faliaciam, Colosi. H, 8. 

Prenez fgtjcàe qu^on ne voue sëJnise par les fiuix 
. raisonnemens d'une yaine phiio6ophie. 

Annales catholiques. 
i " ■■ . » • « 

TOME SIXIÈME. 

Chaque voL 7 fr. et 8Jr. franc de port. 




A PARIS, 

dus Adrien Lx Cx.xmB, Imprimeur de N. S. P. le Pap« et «b 
i'ArcheTéch^ de Paris , qaai des Angustins , n«. 35. 

M. DC<;C. XYU 



^ WÊtrêté OoUee» umrMy 

M . . f . . l ' ^ l i i l » Il ^ . . I [ i I t I ' .,, I, 



AtïS. 

€« JottroalpuottrëgulUrcmeiit éem fois par seAiauie. Chaque n^y 

méto eoMitpi i6^€!i 4fif itt^^oH. JU pHx 4e la 86tf««»))^oii cs# 

de «8 f^aûés ^dûr uà* an , i5 francs ))our six mois, et 6 fraucs pour 

trois mois, {raac de port par la poste, jasqu'à la- fronliére. Chaque 

'^ntit^tn iMi^iM fovtuni' sut vo/uvfie , tJir ne peut receToir ce sous* 

•eri|*io«ft ^ ^ ^Qt^tatmeilieiR de chaoair; ^D'est-a-dire, du i^/eVrr>r; 



lamoi, T9:<roilf et i^ i|OKeii|/^tf, 
On nêiit se procurer U ^«oUecXi 
:i|Mi«i,. foriMltC .^oL'^ «ris, ^^. ^ant dè^port. 



t»t se procurer U^Uecaloiiy donc il reste tré»<pea d'«xcai-' 



On ft^abonim, à Paris^ ^t/idrifn £• €7f ncr, imprîmenr de N..S, F. 
le Pane et de rArchevÂiitf de Paris, quai des Au^ustins, n<*. 35. Ler 
IrUres et î'a^^^t p6ttr lés souscriptions doitent lui être adressés direc- 
*irniem, f Hi r t fta a e , -jpnrH posf^, vn |m tw i te n mw f ^ ie ; c'est le «id} «« 
d éviter tout retard. 

£«• /offres uentmiÂeêpayt ¥>f% i» r^^'^^imè et QUî HepMri^hiHpés 
être affranchies seront reçues ; niais celles de la France qui me le se* 
eeieni pas ffgf tt fient au r^mn. ^ . k 



On trouvé à h mijm Librairie tous le» livrei ^.pî^ et ^ 
théologie qui peuvent ^ipovefHr jiuK.Fidf^s et ênx ÉeçUdà^ 
ttques, tels t^e JMvi$ip^^Missd$, Bitks bttùlfif eifrtm-^ 
çDÛes, eoUectum é^'^^fm'nt^ Pknm ée ftEgkA ^rMkâoi^s 
ecclésiastiques, Sermonmtàvs, etc. ete. , éifm^TtiemmkMàt 
tes ouvrages anciens eti^cuveaux, iMmfs et Se bafard , qui ont 
n'pfort àia Religion (ceax quf lui sont contraire» en ont t0U-^ 
jours été exclus, y 

On se cHarce amasi, eu fa^ur ie$ personnes qui n^^nt point 
de corre^pon&iit à ParjsV^H'^^^^ m commissions, notam- 
ment de procUrir tes oriieà^Ntt, vases d'Eglise, gravures r 
images et autt^ objets qui peuvent être utiles aux Ecclésiafr' 
ti<pies et aux Eg^iàes. Notiiéiitdisod éi^M eeteue^ à cet égard , 
nous osons nous flatter de ne rien laissera dé«rtr à eeux qtii« 
aouis faonorepont de leur tg>fi«niy> /. 



TABLE 

BU SIXIËMK VOlfUMJL 



vaut la chanil>re de« pairs. ' P€ige i 

Déffiianbà 3ê M.hlt Barra} , itrobévJ^oé lit TQllrt^ 7 

Coaseîl àe çoerre chargé cîe juger, la imi^eluil lKfi|r. i p 

Projet die loi #ar k^ compa|[mes ^épartemsaiteles. i :| 

Diacoarsila duc ide RiicmaliaA et erdomasce idu Rm pour la 

f envoi du oiarëcbil Ney deraallé'ëkambre det pain, il 
Réflexûoâs d'im aolitiire sur lei deaniên év^éuamêiis. i(S 

Adresse du jdergé de t)igne au Roi. â$ 

.jSur les jéyéiieB»eBS de Nlmet. - M 

Sûr Murai. '. . - .3j 

Discours de M. de la Bourdonnaya, et pivnat àt lai d^ani-«> 

nislie. . * f < 38 

Disceurf d* M. de Sa^ld pabr la rlUiictioii des taAùMi»;. 4^ 
Fr^et de loi sur les Cours prey6talea« 44 

'Pro$:ès, de Lavallette . 

|)ibât4e Jfto^inVMiit, ia»4\ ) hMêMU$Mit90m. 
!f dtJb&4ur M. FabÙ Rémey d'Aub^ivè. 
-OrdiNHiailbada ilii«oaeenumt la iHIe de OUmetw 
'€taiÉMStr«dett|nir8^.^|Mi^ > 69 

Handartaatieit de LaiP«llettt^ €3 

Trattâda jpaîxda aai»Ya«iî>nasSal« • . , 65 

Sur ies idées libérale^. .81 

Projet de loi pour ia r^mûan de MoiitiUUard au ddparteneat 
■ du I>ouba. 92 

Hôte adressée, par 4es ninielrc» êts quatre Ctfmn wnaips. 9S 
Mouva^ çkaix d« Cantianes de Saint^uipice , ia-*i$. ^ 
Discours sur ja icatastrouhe du 20 mars; par il. Jafffj; 9^ 
ifémoire justificaûf de M; Latijûifiais. / . • tù& 

¥Fùces du maréchal Hej, auîle. . « ' ^ tof 

L(H sur les cours prev^alaa. > : ■ , ' %^ 

Piitails sur la lo^rt de Murât, 1 1 o 



% 



( 4 ) 

Traduction nouvelle des projA^étiel dlsaîe ; par M, Genoude- 
* ' ^ Page ii3 

Condamnation et mort du maréchal Ney. 120 

Nouveau projet de loi d'amnistie; ' ' 126 

Lettre de M. Fïa'get, évoqué de' Bardstown, Etats-Unis. 127 
Yies des justes dans la professh>n des armes, et dans les plus 

humbles conditions. 129 

La base des sociétés civiles et des gouvememens. i3i 

Loi sur les boufs prevôtales présentée à la chambre des pairs. 
• ^i38 

iDiscours du duc de Richelieu en présentant la Ibi d'amnistié 
( â la chambre des députés. 189 

liC Politique chrétien; par M. B. i45 

Ouverture'des cours de*l'£cole normale. iSa 

Création de l'ordre de la fidélité. ï55 

Arrêté du ministre des finances sur les pièces oe 20 francs dft 

nouvelle fabrique. > i^j 

Affaire Lavallette à la cour de cassation. 160 

Œuvres* de Bossuet ; second article. 161 

Projet de loi «ur les élections. lyS 

Mémoire de. M. Fprbin de Janson. ^ ihid. 

Les Jésuites tels qu'ils ont été dans l'ordre religieux, moral 
^ et politique; par M. S; 177 

fi«^asion de Lavallette. ^9^ 

«(Jonsidérations sur l'état actuel de la religion ; par M. l'abbé 

Coiiret; premier article. '9^ 

Constru<;tion d'un moiAment au cimetteM de la Madeleine. 
. . . '- < i ..;t*r<<=- '■'-•■- "••■ >• >'■>•>»'■■» o» '*-'ï-'« <slo2 

Présentation du budjet k la chambre des députés.' 2o5 

Proposition de M. de Selnaisons sur l'évasion de Lavallette. 

i-*-«— de M. ^e Castelbajac sur l'état de la religion. 207 

Rapport sur le projet d'amnistie. 212 

Proposition ponr un deuil général le 21 janvier. 221 

•— — de M. dé Blangy sur Tamélioration du sort du clergé, iùid. 
Notice sur Naigeon. 226 

'.^— — sur M. Lecoz, archevêque de Besançon. 229 

Proposition de M. de Bonald contre le divorce. 289 

Observations critiques sur l'éducation , par le Gac ; le Nou- 
vel Emile , etc. ' 241 
L^^^^i pour l'aniélioralion du sort du clergé. 25a 




pisctt&sion Je^la lo^d'amni&iiç. - > V âge ^53 

Sur ne lettre relative aux négociations avec Rome. # 267 

Séjour des missionnaires à Orléans. . a6& 

Adoption de la loi d'amnistie.. 268 

Considératioils sur l'état actuel de la religion, par M, Cottret ; 

^ secorat article. • • . 27$ 

Nomination d'un chevecier aux Qiiinae-Vingts, 28a 

^ Présentation de la loi d'amnistie à la chambre des pairs. 284 

Prose pour la fête de la Conception. 287 

Exbose de l'état actuel et des besoins des missions françoises 

oe la Chine , etc. 989 

. Projet de loi pour autoriser les donations en faveur du cierge. 

3oi 
Lettre du duc de Wellington au sujet des troubles de Nîmes. 

Proposition de M. Lachëte-Murel tendant à rendre aux curés 

et desservans les fonctions d'officiers de l'état civil. 3o5 

Service pour M. de la Rochejacquelein. 3i i 

Handement de Ms^ l'évéque de Bayeuz pour l'Anniversaire 

du 21 janvier. 3i2 

— ' — de M8'i révêque de Troyes pour le même sujet. 3 14 

Sur l'anniversaire jdu 21 janvier. ' . 319 

Rapport de M. Chifflet sur les dotations du clergé., 32 1 

Service funèbre célébré à Saint-Denis , le 20 janvier. 33 1 

Adresse de la chambre des député»^ présentée au Roi à Toc* 

icasion du 21 janvier. ., 335 

..I>â:co0grèsde ilfenne, parM. dejPradt. 337 

!^o£our8 de Prônes en forme d'inalnictioiis £unilières; Pros'^ 

-V.., pectus ; A . , 35i 

Dés nouvelles écoles à la Lancast^, par M. Subois^Bergei^n. 

354 
Sur M. Grégoire. 365 

Pièces contre le Concordat insérées dans un journal. 366 

De l'état du clergé pendant la demiëre usurpation. 369 

Bannissement des Jésuites de P^tersbourg. 879 

. Mort d'un évêque constitutionnel. 3oi 

Proposition de M. de . Saint-Romain sur l'instruction publi- 
que. . _ 383 
Observations critiques sur l'éducation , par le Gac ; lettre à la 
chambre des députés sur l'éducation ; le nouvel Emile, etc. : 
second article, , 385 



■-A 



AdmKSsiltii des Jésuites en Chine. Po^^ 3<)4 

Rétraclalton de M. Prinuudière y ancien député de la Sartbe 

à ]a Convention* 3g5 

Projet ponr ramélioration du sort du clergé, 398 

Oraonnance du Rol qui rend aux catholiqaes anglois leurs 

biens situés en France. ' 3^ 

Rapport de M. Laborie sur le cle^é. . 4^* 

R,a^port de M. de Yiilële sur le projet de loi relatif anx élec^ 

tfonâ. 4' S 

pî^us^on sur le rapport de Itf . }>aborie. 4'â 



fifl' de la Tabl$ du sixième volume. 






■ ri 1 % ii w ii ir i rfh i W ii ff k i ^ .. i l iii -l i f i l it ' . I . l i r ? ■■ 't , \lr i ii il llriir . ' 

Mxttait au Cataiogue des Uv^res qui se troup&M chéé 
JIbihi^it le CLEjRE ^ au Bureau du Journal* . 

t>iiprages pubUés fj/ar M. Entet^, anpériewr^généini du 

séminaire ae Saint'^Sulpice. 

Ptaêtn de DMMrtet «nr U Rcli^ioa et la Morale, preoëcl^es <k la vie 

. rdigtc^ae àt cet iilqMtoe jûgÂtojtopde, i tréa^gros ira. ia-8<>. ^ fr. 
/efey» , wtké évt pprerait de m* Ëmei-jr i 8 fr. 5o cent. 
Pemée% de Lcibuiia aor U iUKgioa rt ia Morale; b vol. io*^*'. 9 fr. 
CbristiaOMïàe de BacoA, 00 Pensëca rt SenUMena de ce grand hommir 

iiM' la Retif^iooj ié Vei. in-^ia. 4 f<** 
iLa GOndtÂte de rEglise das» la ri^ptton dca ministres dt: la religion 

qui rcTienocni de lii^ësie eu du ^hbiM, d^^uia T&ge de saio t Cy- 

prien îusqu^aai derniers ai^e» : «ecoode ^dititc»aj i toi. io'i». 

a fr. 5o cent. . 

Défena<; de la IWrâatioii contre Wtf on}ection9 dea eàprio-forts , par 

M. Ettler^ broch. in-S». i fr« $6 ceoC. 
i>e JBvistetHia Deiy opm^sihumum Z>. Legrand; gtrol vol. in-S^. 7 fr.- 

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Conecftott ËCbl^la^itjnty- o« Hefcutfl {ïorQif>let des ontraig^ faits dpptris 
Touvertitre' des ÊtaCS-géoértiaK , vt^ntrvemf^ an clergé et à sa coiiv 
ïitntioii civile ; i4 vol. in-9<>. (tfé»-rafè}. fKi fr. 
Chaque yMuioey depuis )e tome V, firstftt'uti '}(!IT, i^tend sûre- 
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Ihif^ape et de ses droks RÎigCeol à roccksiotf du ConfcordaC ; dirol . in 9» . 

McaBoires podrsiiirir i riif!s(;5ite du laM^inî^ttit^; fir toi. in-^. aro fr. 

De if. tûUé ftérant 
tét C««rt« de Valniu^C, ou les Egaren*sis de la raison : doasiéMte ëdU 

«ioa,4Mifede|||(»PSS9^yol. Hi-4!ï. t%ff. 
fc N L iff t itde Vlà\umtt , oir Lettres d'mi père à Son fils sut les faiif in- 
léressails de THistoire nniverseUe : tfnîsMtte ëdàioil, revue eicorri- 
ffe-^ 1) Étfos fol. iD-i»> avec eac^s. 44 f^. 

W ¥ead séianâMeiit W» tottamésydeus ptr daM (e«oeplé ks 4 pre- 
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Gflt4>infraf|e, qlli nfaNi*'Saocefftitf^suMit.pK^livteisoDji de » Tblitdires, 

- «toi eaffèremene terminé par leonatàoe : il tsenferiÉ» un fiours complet 

d*bisioip« ikibiv«rseUc4epiiis U-eréàtion dttflMnde fftsqu^iÉ la naûsanee 

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Histoire de TEglise, par M'. Vebt^ HéranUc^ de Bercastel: nouvelle édi- 
tion : la vol. lA-é^. brochés. 5o fr. 



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alors eu ne peut les envoyer par la poste. ' 



(Mercredi 16 novembre 18 15,) (N®. iSa.) 

' • • > . ' ■ ' ' . ■ • , . I • i 

L^ÀMI DE LA HÉXiiKÉrïdN 

ET DU ROI. ;> 

\ '• ' ' '♦ '•/■■• 

Deux faits, trop eclataos pour élre dissimulés ^ ont 
«-éeenHneat afflige ies geos de. loâeH^ et acCçU TâWape 
des faotieui. Le preoEiier e$t la publicfitiOn <f ujt^ écrit 
éix un homme jeu dignité a censuré ^mièrçiueiivlà Joi 
qui autorise Je gouveraerneot à arrêter et ji retemr eo 
|)riscHi ies préveuutr dé crimes «t de d^Jits «ojE^re TJ^taX 
ou contré le Rdi« Cette- publication fi'^st faite avec 
Aone aifectatîoDxpie. flous pouvons dira.spaodaleuse» 
Xid 'brochures été répandue avec profusion; On l'a 
«envoyée par niiliiers dans les provinces^ et les mai^ 
teilIâtiBi ont accueillie arec applaudissement^ comm^ 
«ine ae^ pièces les plus* favorables à leurs vues. Laur 
-tem- de cet écrit n'a pas oraînt d aitaqiier faatttemeot 
4ine Idi rendue^ une loi proposée par le Koi 1 et adûp^ 
tée par jies chumbres ii il la ;âttaquée au. moment ou 
elle Àcnt pltsclamée. II a osé dire qmè cette loi rap«- 
pdoit cçUe sur les suspects en ly^S. Mfiis la meU** 
leurepreuve.derénormé difi^rence qibise Irouveei^ 
tre ces deux actes de gonvernemens si divers^ c'est 
la publication du pamphlet même où se fr<>uve cette 
bdii^isQ eoiBparaison,. Assurément Técrivain qui chei^ 
«be aujotird'bui à flétrir la iol nouvelle^ n'eut pas osii 

2J<mwkf^jL L'Ami delaJUkgion^t du Roi^ A , 



parler si liaut en i yoS ; il n'eût pas alors mis son nom 
à flft^iifQdbuce.y nç l'eût pas f^^it vendre chez tous ieê 
marchands de nouveauteâ^ ne leût pas fait circuler 
de UMite& parts^ U Ji'a été si cqfirageux, comme Je, di- 
sent ses admirateurs > que par<le qu'il a bien senti qu'il 
ne vivoit pas soqs un gouyernement ami de la rigueur 
. et de la tyrannij^. Mais n eût-il pas été plus prudent 
de garder un silence qui lui étoit commandé plus qu'à 
:per$omie?Lui convenoit-il, à lui, investi d'une liaut€L 
dignité, de donner l'exemple de déclamer contre les 
lois? Qui les respectera , si ceux qui lés font sont les 
premier» à les rendre odieuses? D'ailleurs, dans ie cas 
particulier dont il s'a^l, la rései*ve étoit d'une obli-* 
gation plus étroite encore. Celui qu'on a vu tout à 
<^tip si hardi à crier contre le gouvernement royal ^ 
^ttse xtiéme homme qui avait été de toutes les issen^* 
hlées, et qui a participé à tant de choses dans la rç- 
jVoIuuon. Auriez-vous oublié , AL le comte , lui a-4<in 
. dit daQ&.un écrit récent, auriez-^vous oublié qu'un 
député, qui portoit le mêihe nom que.vims, Cut.uu 
^es législateurs de 1793? qu'en 1790, il vouloit déjà 
i|ue tous les citoyens fussent tenus d'employer toutes 
leurs forces contre les âtiroupemens (ce. qui .multi- 
plioit un peu le pouvoir discrétionnaire dont vous 
Vous plaignez); qu'en 1791, il votoit pour qu*on mit 
au rang des décrets celui cpii supprimoit le droit de 
faire^âce; qu'en 1792 > il trouvoit le G)de pénal in-* 
complet ; qu'il demandoit viûgt-K}uatre mille hommes 
de force extraordinaire pour protéger la G)nvention; 
qu'en T795, il votoit pour l'emprisonnement d'un 
homme qui n'avoit que tardé à déncmcer des. faits qui 
lui étoient connus ; qu'il proposoit de confisquer les 
biens des individus tués dans des raaaemblemens (me* 



(5) 
«ure âupiris âe laquelle la loi des suspects- est couleur 
-de rose); qu'il nous faisoit présent d'un miiiiaixi eu 
assignats; qu'il défendoit la compétence des tribu- 
naux militaires, etc.? Voulez-vous donc parottre avoir 
perdu toute mémoire? 

C'est éirebien peu avisé que de forcer à rappeler 
des choses que nous ûe demanderions pas mieux que 
d'oublier. On nous vante quelques protestations faites 
dans le sénat contre la dernière tyrannie. Mais ces ré- 
fclàmàtions ûe furent 'jamais entendues au-delà de 
l'enceinte du sénat. L'auteur se garda bien de les 
faire imprimer ; il savoit trop bien à qui il avoit af- 
faire. Son opposition alors fut prudente et limide; 
^lle n'éclate que sous un gouvernement paternel. Ce 
courage ne lui est venu que depuis cfa'U nj^a plus 
de danger à en montrer. Ce patriote si vif gârdoit des 
ménagèmens avec la tyrannie ; il ne s'est cru dispensé 
d'en avoir que sous uu Roi modéré. Il est évident qu'il 
a recherché ici la feveiu* d un parti. Le jw^ésidcnt de 
la' dernière chiambée des députés ne peiil se détacher 
de ceux qu'il a servis. Il affecte une constance ôpiniâ?- 
ire dans sa carrière politique. Il pi^otéste contre la loi 
•nouvelle , comme il protesta , le 8 juillet , contre là 
dissolution de la chambre du mois de mai. Mais si 
cette assemblée étoit légale^ celle-ci ne l'est pas, et 
le pair d'une chambre est en contradiction avec le 
président de l'autre. §i la dissolution de celle-ci est 
.un attentat contre la souveraineté du peuple , la for- 
jiiatioD d'iine autre chambre est un délit plus gran^ 
encore , et il n'étoit pas permis à un homme si ferme 
.dans ses principes d'aller présider un nouveau col- 
lège, concourir à une nouvelle nomination, et accep- 
ter un titre de pair. Cette constance si vantée est donc 

A a 



( 4 ) 

tinîqueineDt une affaire de calcul. Ces bommes-ïà véti^ 
lent surtout être en place , ci y êire sous tous les ré- 
gimes. N'être rien, seroit leur désespoir ; cDnime ne 
pas parler, seroit leur supj)lice?. En vain L'i recon- 
uoissance leur presciit de répondre par leur con*- 
doiie à Imdulgence d'un Prince qui a bien voulu ou- 
Wier le. passé; ils opposent de la morgue à sa bonté, 
et croient $c relever en ne s'abaissani point jusqu'au 
repentir. 

Mais au moins s'ils ne se piquent pas de gratitude^ 
devroient-iJs se piquer de bonne foi et de pudeur. A 
qui persuaderont-ils qu'ils croient ce qu'ils disetit? 
Est-il bien vrai qu'ils craignent de voir s'élever par- 
tout des prisons et des écbafauds comme en' 179'^? 
S'ils le craignoient véritablement, ils lrembleroie«i 
de le dire isi hatit. En 1793 on n'a rien imprimé 
©outre kloi des suspects, parce qii^on savoit'bîen 
ique rexëcntioû de cette loi étoit aussi terrible que la 
loi méme;*e4. aujourd'hui, les discours ^ les écrits, 
W tout ce qui:se passe, prouve assez que lés temps^ 
sont changés,. et que la loi nouvelle, et ceux qui l'ont 
rendue et ceut qui la font exécuter i "ne ressemblent 
en rien à ce qui existoit en 1793. Alors on éîoit sus* 
pect , non par ce qu'on avoit dit ou fait, mais par eel» 
ieul cju'oti étoit noble ou prêtre , hoiinéte ou rîcîhe .^ 
Aujourd'hui il ne s'agit cjue de comprimer des fac- 
^enx qui déclament avec emporienient, et qui vou- 
droient nous replonger dans Fabtme des manl d'où 
4ioas sommes il [)eine sortis. Ce «sont précisément les 
l(çens<le 1 795 <|ui crient contre la loi de 18 15, et si 
T)n a à regretta* quelque chose, c'est quelle né soit 
-pas plus forte contre ces éternels ennemis de letu? 
^>ays. ^ i 



( 5 ) 

A e€ scandale d une insul le si grave faite aambnnrcfrt 
^l.i^i^ lois, vîe»lpb>$ recénimeiît èqcore de se joindm 
^miiutre lait,. qui n'a pas moins réjoui les aghatcurf. 
Il n'y a pas de dopCe que dans les momeos de dan^r 
immlneBiji cette dieirtre qu'invoquent ses eunenjis 
piémes, UQ dçnne au Roi le droit dé prendre toutes 
les.me^qres de 3^lut public qu'il jugei nécessaires. Eu 
consécjuence, au moment de l'invasion de Buônapatte^ 
ce printemps, le Roi déclara traîtres et rebelles tous 
ceux qui adhéreroient à l'usurpateur, et les- renvoya 
par-devant .les tribunaux «ulitairQS cliargés de con- 
noître leur crime et de les condamner. Tel. fut le le^te 
de l'ordonnance dit 6.map. Celle mesure éloit alors 
dictée, par Teiîirêmé nécessilé. Il y alloit du salut de 
la France à repousser rùsiirpateur , et ceux qui satta- 
cliçroient à ha, eioiçpt avertis de ce qu'ils i\yoient à^ 
attendre. Ile ru^^é^çi^l I^J^y ç(xnnois>soit celle ordon-^ 
ïiï^ce du Roï; c'est Wt j(:>urà api^è* <îfu'il a pret;la«aé 
Buonaparle, Il a donc bravé sciemmcnt^rofdpnniiticct 
Jl s'est'soumis de Ini-rméaue à>la ^eine>f{u'<*lljeîdécer' 
noit* Peut-il cîre recevable a invoquéf celte coûsli»- 
ttition qu'il renversoit, cette faveur d'iîin Roi dont i| 
désertoit la cause? Le salut de l'Etat ne doit-il pas 

Sas^er avant le privilège de la pairie? Que devîeû- 
rôit la patrie si dans les moniens de grande <îpise le 
ïloi n'avoît pas la latitude nécessaire pour détourner 
le danger et eflrayer les agitateurs, et sera-oe à ceux 
qui ont tout fait pour reaverser la chartre àe s'en 
prévaloir ensuite pour ^happer à la jmnition? Un 
tel système seroit aussi par trop coitimode pou^ les 
factieux: aussi la décision dn conseil de guerre, rela- 
tivement ah maréchal Nfey, à eônsterné tous ceux qui 
veulent l'ordre et la justicç , et réjoui ceux qui cr^i^ 



gnent Fun et Fafutre. t^es uns et les autres y ont vu 
un gage d'impunité. La nation ^ a dit un ministre y est 
stupéfaite et indignée, et les méchans triomphent. 
Mais déjà <l'autres mesures ont été prises, et l'ins- 
truction d'une si importante affaire va être suivie dans 
la chambre des pairs, avec la gravité, l'appareil et 
l'équité que réclament la nature de la cause , et l'at- 
tente de la nation. 



Nouvelles ecclésiastiques. 

JRoME, Vingf-quatre Jésuites espagnols sont partis de 
Bome ponr Cîvita-Vecchia , où il a été préparé un bâ- 
timent pour les conduire en Espagne. Il y a , dil-on , 
environ trois cents (i) individus de la même nation, qui 
se trouvent en Italie, et qui se disposent à retourner 
dans une patrie' où on leur rend enfin justice. Quel-' 
que^ religieux de la même société viennent de partir 
pour A^gio, Pà ils vont ouvrir un cdÈlége. ^ 

Paris. Nous avons déjà annoncé quelques offrandes 
en f^yeur du «séminaire de Soiâsons. Nous venons d'en 
recevoir une plus considérable .encore.. Un charitable 
ecclési antique, qui recommande surtout que l'on taise, 
son nom, nous a fait passer upe somme. de looo francs 
f our le même objet. On né sauroit assez s'ëtonner d'un 
don si fort, dans un moment de détresse générale que 
le clergé ressent plus qu'aucune ièUtre classe. Mais c'est 
Je propre de la charité de redoubler dans les temps de 
grande calafniié. Poiir ne point blesser la niodestie de' 
riipmme géj^ibeux qui nous écrit, nous nous conten- 
terons de dire que la- lettre. vient de Yalenciennes. Plu- 

fi) Uq journal dit. trente; il anra sans cloute la le Diario an peo. 
▼H«. Celui-ci porte trecento ^ nombre qui paroît à la vente un peu 
£oi-t, après un bannisseo^ent de près de cinquante aiis«- ^ 



sieurs autrà abonna nonç ont aussi envoyé d« Q6a# 
pour le même oT>jet, ' ' i:: • .. ^ 

— M. r^rchevêque de Tonrs (de Barrai) a donné 
sa démission , qui a été acceptée par le Pape, le* 26 sep-* 
tembi'e dernier, ^t qui, quelque temps auparatant^ 
Favott été par le Roi. Ce prélat a , dit-on, fait parbf ire un. 
écrit pour se justrfier d*avôir accepté la pairie, sous le 
dernier règne de Buonaparte. Mous ne le connoissons pas^. 
et nqus nous abstiendrons d'en parler. 

Voilà donc encore une gi^ande église vacante , et par 
conséquent. régie. ^t gouvernée par des vicaires capitu* 
laires : de sorte que si/ les affaires de TEglise traînent 
en longueur , on verrôit peut-être une grande partie 
de l'église de France gouvernée par les chapitres; or- 
dre de cboses qui, trop long-temps prolongé, ne peut 
qu'entraîner de grands inconyéniens , et ne peut .que 
contribuer an relâchement de la discipline, et a Tafibir 
blissement de* l'autorité épiscopale; car si cetfc autorité, 
a perdu nne. grande partie de son îniluence et de aon 
ascendant sur l'içspiût dés peuples, combit^ii plus celle. 
d'un collège de prêtres, qui ne peut jamais aulant at- 
tirer le respect et commander la subordination quo la 
personne de l'éyêque niêraeî 

— Le 3 de ce mois, deux hommes se sont introduits 
chez le curé d'Éymon (Drôme) , et l'ont frappé de trois 
coups de stylet. H est mort en pardonnant à ses assas- 
sins, La licence et l'impiété ont-elles donc encore soif da 
sang des prêtres? 

— Un curé nous adresse des observations , où il non* 
engage à réclamer pour une amélioration du sort des vi- 
caircjs. Ces utiles ministres, dit-il, sont trè<i-mal payés,, 
surtout depuis le décret qui ôte aux communes toutes 
leurs ressources. Quelle justice y avoit- il qu'une pa- 
roisse payât ses prêtres, tandis que; d'autres en étoient 
exemptes? Ne seroit-il pas convenable quç l'on ne re- 
jetât plus sur les paroisses cette dépense, dans un uôô- 
ment où elles sont privées de tous leurs moyens? Il n'y 






•rfiW 4ff,dPHt9 fftuçi Ç^ oH^\.?WRa pris en consîaér^tîpn. 
^0115 un gouvernement qui aime la religjoii/et qui st^il, 
ïe, beijiçiii de lui ledpnner plus'/î'ipflveiicçj H n'attendf 
8Ûrem«ni;,quc» des oircoustançjes plps favoptiles povfr ré-, 
gler le âori dès pf^trea, suriout.d^c^Jes.papjp^gnes oà 
2 y a.n^pjns.fle ressources^ ^> <>ù ils fiwtabançlqnp^fà 
rjndifférejçijdç, ,9U ;à Ja manya^^. volonté de lê»r3 Irou-^, 

peaux, \ ,,!/;•;? ;i:. " ; i '; .» 



Çarpeî«ïtras. Tout ce qiie les jdurtiauk ôi?t' dit'sifr 




inspiré, c^est presque" dû delfre. j^our prouver DOtre'res-r 




réception de' isôh -dign^'et augqsta h'evéu, nous al'oa< 
disposé de nôtre bourse,* sa lii? Ueniaiîàer' '^èritJis:>îon a 
pev**0ïiïï6 x et pôns avons eTeyeY.dë.notrjç propre auto-' 
tltë;^^deptiis 'Morileii /villagjè a pîûs^cî^Une'lifenb d^îcj» ^?^ 
afr^s de iriompiie qui ifious ont tonié fort cher, otj plu/ 
tôt qui ne noiié'ont nënVôûlë, pùîsqpe ç*est ïe' coeur' 
qui p p3y;^, H paroît que Son Ajtesse nôyaie ^ des ren-' 
eiigïiémeris tre^- positifs sur^lV^/il public,. et noJam- 
jVieiit sur Je cierge , dont îr.saTt ;di's'ting«érïe^m.eiljW^^ 
,quî oht montré letir iidçRle au ^pl ;. dfe ' to^oiè qkï'îr 
t^âïfe'iivèè un^"')^Vste sevérilé' ceOx qu'il CQiînoît.pour* 
avoir élepeu aUachés à leurs devoirs dîins:le^^tlér0ières 
çlrconsiancefe V màîs (\\\\ héureuseâienf sont eti biëii petit 
ïiôAibrè. C'est, ainsi qîilf n'a pas voulu voii*. à Oratige,* 




i, et <|u , . „ . .. ^,, . . f . K . 

^e vioéu bien" pVbnoucé de la villel sera iloniméà Ta placfé 



'. ■ J * ^ I 




(g) •:::- 

Nouvelles politi^^^ves. 

Pam^. ^.a cour ëtolt en deuîl. îe 1 3 novembre , çnméfnoirc 
de la mort de la feue "Reine»' épouse de S. M. , . 

— La garnison de Paris doit être composée de 4^000 hommes 
de chacune des quatre grandes, nations^ plus, dç quelques 
troupes' auxiliaires. .. .■ 

— JVÏ. Richard, préfet de la Charente înférieùris| , a prié ïé' 
Roi d'agréer s;i démission. Aux seryices qu'il ^ rendus, il â 
joint: 1èr riiérite dé sentjr q^^\ flans sa position, Il Tie jpoiivbit 
plus éti^ 'atis.^i utile: Que de'gens à qui ft ïi*a mauque que de 
lie savoir pas se retirer des affaires à propos ! ' 

**»-m»JljL le J)réfet de'poHce a Tait pnWier un avis tielatif aux 
llàhitow ^e j^ârâqai logent des étrangeis«ik sont obligé» 
d'en faire la déclaration , sous peine de trois mois d'ertiïiriv. 
5piiBe3|PCirfJ'') ' -. \ ''.<•''. '^\ :■ ' r '.' . — 

» -r*- LagÉLzette cdficieUé contkut la'lot adopté!» fw \es chàm-* 
hxt$i,vèiiÂ9Lne\iam\éè par3e:Adi^^mfjlesioii(g4édttib«* ( f^^tzl 
tome Vy «0. / 2y^ pcige 872 ). ... 

— Par une circulaire ttcraS 6^rôbfe',1Vf. le ministre de l'in-^ 
rieur a appelé J'attentipn de», préfets ^sur la nécessité, af les 
moyens' d'occuper , pendant rhiver, les ouvriers indigens. 
I^anf Jec^.fHfAle^parftUroû iudispensahré d^éuUip daps 
leurf,^finprj^*n* d^« tm^HX d« charité, et t^}^ budietâf 
ne pr^iit^<^^- k, €et^égand.i|inic<inQ r^é^souroe , ils retidrout, 
ODmptç fu;i)ixç^iistre 4^^ \r^^9^\ à faire et des soç^mes nféce^ 
sâirçs^;^^n q^e S. Ev pf^i^ proposçr.à ,5- M- 4'acc0rder 
quélquff fonds «ltf4pniUn»if^s. ■ . . . , 

'r'h^ ^rouf^s alliée* an^.coxat|ieiic($, depai^ïqwînKe jours,, 
lei^r iQO^v^iner^t 4'é,vacu^4p<i 4a4^rtitwe franco. JPf s me-, 
sures p(it ét^:Cqi^.rté^5.,^Vieç Jef , co^miandasçi .de& Ifoupes^ 
alliées, pour assurer, sur des routes déterminées.,, la jittbsis-^ 
tance 4^§,tr,Q^^s, p^mAJritenir leboki ordre ^ft la d^ipline. Le 
ministre xle la ^uerjre ai-envajé, des oiQci^rs ft cte^ çonupis- 
s^re^ des gi^'erre^ préside cï^aqutB armée. Ils p^éc^^jd^nt les 
colonnes de plusieurs marches , afin de réunir/à te^ps dçs sub- 
siftaxices snr lesf putes. P^ gra)adQqi;^antité d^^U'oupQS. devant 
^uittpr le royaume en .p^^ssant pai^ las même tQut^^^ r^va**« 
/ç^a(iqp. ^e sera:px:obableB)^^i|UtfJi|iiBée qiie le fnoûfjjirQqhîSiin. 



(10) 

— s. M, A perîmis àM. Cliambelltmâ, àe Dijon, cle porter 
les décorations àeê ordres de TËperon d'or el de Saint-Jean de 
Latran , que S. S\ a daigné lui accorder ponr se^s services et 
Mes écrits en faveur«de la religion et de la monarchie^ 

— - Le commandant en chef de la gardé nationale de Paris< 
a fait rayer des contrôles lès sieurs fiasnage et Moutardier, 
connus par leiirs propos contre ïé Roi et son gouvernement > 
et partisans déclarés dé l'usurpateur. * Ils seront indiqués à 
M. .le préfet de police ,. qui prendra à leur égard les naesures 
qu'il jugera convenables. / 

— rLe roi ^e Wurtemberg a rendu une ordonnance pour 
défendre aux généraux compris dans l'ordonnance du roi de 
France , du 24 juillet, d'entrer dans ses Etats. 

-^ Le roi de Prusse a conféré l'ordre de l'A^Ie^Rottge 
au conseiller Schvialz , auteur d'un écrit ccmtre les «ociétéf ' 
secrètes. 

— r Un journal annonce que les ambassadeurs d'E^pagnef et 
de Naples ont demandé au Pape qu'il éloignât de Rome tou» 
les mèxpbres de la familleBuonaparte. Le Diario n'en parie paft^ 



La seconde séance de ce conseil a eu lieu le vendredi jd, et 
Ton a cîoi^tîniié la lecture des piëces.èt dépositions. Plusieurs 
de ces dcrmères se sont trouvées cti'e' fort à là chargé du ma- 
réchal. Deux témoins entr'autresim ont ouï tenir aés propos 
injurieux' contre le Rei. Il ne taressoit S. M., disoit^iV, que 
pour mieux la tromper. Elle lui auroit donné vingt fois la va* 
leur des Tuileries , qu'i^ ne l'aurbit pas aimée davantage. Un. 
autre témoin a rapporté, au cofntraire, que le maréicnallui 
avoit dit r Vous aimez le Roi, el bien he vous chagrinez pas^ 
il reviendra. ' 

Le rapp(Mrtenr - a donné lecture des deux interrogatoires 
subis devant lui par le maréchal. Il a nié tous les }>ropos qu'on 
\iù, a attribués. Jamais il ne Ve&t vanté d^avoir des intelligence^^ 
avec l'île d'Elbe. 

La lecture des pièces achevée, on a fait venir l*accu8é..Il 
est çtnivé dans la salle , en grand uniforme^ et s'est pkcé d^na 
un fauteuil en face des jugës; Le présideiit luiayant dezùandé 



ses noms qt qualités , il adit que le conseil élott ûicompétent 
pour le juger, qu'il n'en récusoit pas les membres , mais qu'A 
voaloit conseiVer le bienfait des exceptions attachées à sa 
qualité de pair, et qu'il demandbit à être renvoyé par-devaut 
la chambre dont il faisoit partie. Le président lui ayant dit 

Sue les réponses qu'on lui demandoit ne l'engageoient à rien, 
a déclaré ^'appeler Michel Ney, né* à Sarrie-Louîs, le lo jan- 
vier 1 769 , maréchal , ex->pair, duc d'Ëlchingen , priAce de la 
Moskowa • 

Alors son avocat, M. Berryer, a pris la parole, et après quel- 
ques éloges donnés aux juges, il a traité la question de l'in- 
' compétence. J'établirais d'abord , a-t-il dit , que nul conseil de 
guerre, pas même un conseil permanent, ne peut connoîfre 
des crimes d'Etat; 2". que la qualité de jjair est un second 
motif d'incompétence ; 3*. que la composition du tribunal esfc 
illégale. Le d^enseur a développé ces trois propositions, et â 
cherché à prouver que la chambre des pairs étoit seule corn- 
péteate pour juger le maréchal. Il à essayé de répondrç â" 
l'objection tirée de l'ordonnance du 6 mars , et à profiter de- 
l'exemple de M: de la Valette , que le Roi a renvoyé dejpids 
devant les tribunaux ordinaires. 

M le général Grundler a commencé son rapport, et s'est 

livré à uiielônguediaeussios desrj^riviléges de lapairie et^bs 

prérogatives des maréchaux. Il - a énoncé la même opiiiion 

qfie"4 avocat , «ans prendre cependant aucune conclusion. 

^ Mais-lput son rapport étott en faveur de l'inc<fmpétencc. ' 

M. Joinville, commissaire-^rdonnatetjir et procureur du- 
Roi, a parle dans un sens tout opposé, et a répondu aux* 
- objections qui venoient d'être faites. Il s'est principalement* 
appuyé sur l 'ordonnancée du 6 mars. Cette ordonnance est, 
motivée sur la chartre même , qui confère au Roi le droit 
de prendre des mesures extraordinaires dans les temps de dan- 
ger. Ni les chaniibres, ni la nation ne se plaignirent des dis- 
positions de cette oi^donnance. Le maréchal Ney la connois- 
soit lorsqu'il quitta Paris , et il devoit savoir à quoi il s'ex- 
posoit lorsqu'il se déclara pour Buonaparte. Le procureur du* 
IVoi a fait valoir ensuite les autres raisons qui dévoient porter 
le conseil à juger, et il a demandé qu'on passât outre, et' 
qu'on en vînt atu fond. 

Le maréchal Ney ayant été reconduit à Ja prison, les 
jog^s se sont retirés dans la chambre du cooseil, et après' 



(»2) 

lUiecîenii-hcurc de délibération, ils sont rentrés .dan s, la sallei 
et le président a prononcé le jugement suivant : , . • ./ 
, ï^e con«eil ayant délibéré sur la que stion,.de. savoir s'ij ^^ 
reçônnoi^spit compétent pour jxiger \e m^iréchial.Ney, a dé-r 
çlaré, à la majorité de cing voix -contré (jleu?^,. (J[u'il n'étoif 
point compétent. ., . i- 



CrtAMBRE DES PAIRS. 

Dans la sé^ance do 1 1 novembre, la chambre s*est réunie ^ 
jfleux heures, sous la présidence de M. le chancelier. El]e en- 
tend la Içciure et approuve la rédaction du procës-verbal de 
la séance d« 9 de ce mois, 

Le.mmisire d« l'intérieur prcsenlc; ensuite a la chambre 
tin projet de Ibî sur les conipagnîesdéparlementalea, adojplé 

Îar la chamhre de^ députés. Il eippo^e )es motifs de c^e projçl,., 
/impression et la distribulion en sont ordonnées.* ^ . 

A cinq heures, les ministres du Rox, accompagnés de 
M. Bellart , procureur- général prè^ la oojir royale de Paris, 
;ipportenl a la chamhre une ordonnanp^ du Roi, en dalQ de 
ce jour, et dont voici le, texte ; 
. Lquis', etc. • •■ j V , . . 

jJous avons ordonné et oirdjqnnons ce qui suil: • . 
< l>a chambre d^s pairs proc^dena .sans délai au jqg^iîiçnl 
du maréchal Pî%y, accû.sé.de haute li^ahi son et d'à l tenta icônf» 
t;:e. la sûreté de1'Ë|al. Elle consei*ver.a pour ce jvig^mçnjL les 
mêmes formes que pour les propositions de lois, sa.a^ i^éan-» 
moins se diviser en bureaux; . ^ , 

IjC présideint de la chambre interrogera raccosé, ent^odra . 
les témoins, eî dirigera les débais. Les opinions seront prises 
8.ui vaut. les forn^es usitées dans Içsiribunaux. , . . 

. La présp.^jUe ordonnance sera pprt«é^ à la chambre des pairs 
par nos.xninistrés secrélaires d'Elat, et par notre prççureur-^. 
général près npue cour royale; Hç paris, que pous chargeons 
de , soutenir l'acciisation et la ;di$cussion. . / . . 
. M. le duc de Richejieu , pr^isidenl du conseil des ministies, 
prend la parole., et dit : . •' 

« Messieurs, le con^^cil de gnerre cxtrpcvrdinaire établi 
pour jugf^r le moré/chal Ney sfest |[léclaré incompétent. Nous 
^^e vous dirons pas toutes le^i . rsiisous sur lesquelles il s'cbl 



(ri) 

fondé : il suffit de savoir que l'on des inotifs eii ^ue ce ma^ 
rcchai est accusé de haule trahison. 

» Aux termes de la charfré, C'est h vous au'îl appartîei^t 
de iager ces f^ortes de crimes. Il n'eist pas nécessaire, pour 
exercer cette haute iuridictîon, que la chambre soit organisée 
comme un tribunal ordinaire. Les formes que vous suives 
dans les propositions dé lois /et pour juger en quelque sorte 
celtes qui vous sont présentées, sont sans doute assez solen- 
nelles el assez vassiirantes pour juger un homme, qiiellç qu'aie 
élé sa dis^nité, quel que soit son grade. 

» La chambre est donc suffisamment constituée pour juger 
le crime de hàufe trahison don 1.1e maréchal Ney est depuis si 
tong-leraps accusé. 

» "Personne ne pent vortloîr que le jugement soît retardé 
par le motif qu'il n'existe pas auprès de la chambre des' 
pairs un magistrat qui exerce l'office de procureur- général- 
La chartre n'en a \yai établi ; elle n'a pas voulu en établir; 
peut-être ne ra-t«*elle pas dà. Pour certains crimes de haule 
trahison, l'accusateur s'élèvera de la chambre des dépotés ;' 
pour d^auires, c'est le. gouvernement lui - même * qui doir 
Tétre. Les ministres sont les organes naturels de raecusa*- 
lion , et nous croyons bien plutôt rempKr un devoii? qu'es^er- 
cer un droit eo nous acqaitlani devant vous du ministère 
public. 

» Ce n'est pas seulement, l^essieurs, au nom du Roi, que 
nous remplisfions cet office; Q,'est au nom de la Prance^^ de- 
puis long-temps indignée, el OAaintenanl stupéfaite; c'est 
même au. nom de FËurope, que nous venons XQufi conjurer 
ei vous requérir à la fois d? JMg^r le maréchal ^ey. Il est 
inutile, Mei»sieui;s, de saiv^e, la méthode des magistrats, 
qui accusent en énumérant avec détail toutes les charges 
(|ui s'élèvent contrç i'acqosé ; elles jaillissent de la procédure 
(jui sera mise sous vos yeM\, Cc^ile procédure Subsiste dans 
son intégrité, malgré .l'inconoipétence , et i cause lûême de 
l'incompétence ^prononcée., 1^ leçt,urQ de^ pièces que nous 
faisons déposer dans vos bureaux vous fera cohnoître les 
charges. Il n'est donc pas besoifi de définir les diderens crimes 
dout le maréchal Nej .est accusé ; ils se confondent tous dans 
les mois tracés par celle chartre, qui., après réhranlement 
de la société en France , en est de venge la base là plus si\re. 
» IVoHiS? accusons devant vous le niartîchal Ney d(f h*aul» 
trahison el #àl»eatat contre la sût^eié de TElat. 



» Nous osons dire que la chambre des pairs doit ail mc/nc1« 
une éclatante réparation : elle doit être proinpte, car il tin — 
porte de retenir l'indignation qui de toutes parts se so^ilève. 
Vous ne souffrirez pas qu'une plus longue impunité engen- 
dre de nouveaux fléaux, plus grands peut-être que ceux 
auxquels nous essayons d'échapper. Les ministres du Koc 
•ont obligés de tous dire que cette décision du conseil de 
guerre devient un triomphe pour les factieux. Il importe 
que leur joie soit courte , pour qu'elle ne leur soit pas fu^ 
neste. Nous vous conjurons donc, et^ au nom du Roi , nous 
yous requérons de procéder immédiatement au jugement du 
maréchal Ney , en suivant pour cette procédure les former 

3ue vous observez pour la délibération des lois, sauf les mo- 
ifications portées par Fordonnance de S. il», dontil va vous 
être donné lecture. 

. » D'après cette ordonnance , tos fonctions judicSafires com- 
mencent dès cet instant. Vous vous devez à vous-mêmes , 
]\lessieurs, de ne faire entendre aucun discours qui puisse 
découvrir votre sentiment pour ou contre l'accusé. Il com- 
paroitra devant vous aux )our et heure que la chambre 
fixera ». 

Le procurenr-sénéral commissaire du Roi donne ensuite 
leciufe à la chaàibre, i^. du jugement par lequel le conseil 
de guerre permanent de la i'*. division militait^ s'est déclaré 
incompétent pour juger le nMÎrécha) Ney ; a*^. de l'^rden- 
oad^ai^du Koi dont lés motifs viennent d'é\re exposés. 

Âpres avoir entendu cette lecture, l'assemblée ^ sur la pro- 
position d'un de ses membres , déclare qu'elle reçoit avec res- 
pect la communication qui vient de lut être faite au nom du 
Roi par les ministres de S. M. ; qu'elle reconnoît les attribu- 
tions qui lui ont été données par l'art. 33 de la chartre cons- 
titutionnelle, et qu'elle est prête à remplir ses devoirs en se 
conformant à l'ordonnance du Roi. 

Elle s'ajourne à lundi onze heures pour prendre connois-* 
sance des pièces de la procédure instruite contre le maré- 
chal Ney. 

Le 1 3 novembre, à onze heures, la séance s'est ouverte; 
tous les ministres du Roi s'y trouvoient. 

M. le duc de Richelieu , président du conseil des ministres , 
donne connoissance à la chambre d'une ordonnance du Roi, 
•a date d'hier, qui règle dtfiniûyement les fondes à suivre 



ilftns rinstraçtion et le jugement de l'affaire du jtnarsclial Nej. 
En voicî la teneur : 
Loiiis , par la grâce de Dieu , etc. 

Par notre ordonnance du 1 1 de ce moîis, nous avons déter- 
miné que la chambre des pairs , dans l'exercice dés fonction» 
judidian-es qui lui sont attribuées , conserveroît son organisa- 
tion habituelle , et nous avons déjà prescrit les principales 
formes de rinstruction et du jugement. 
* Voulant donner à notre dite ordonnance le développeoient 
nécessaire; . ^ 

Voulant aussi donner au débat qui doit précéder le juge- 
aient la publicité prescrite par l'article 64 de la chartre couf- 
stitutionnelie ; 

Nous ayons ordonné et ordonnons ce qui suit : 
Art. t^. La procédure sera instruite sur le réquisitoire d» 
Botre procureur près de la cour royale de Paris , l'un des corn- 
missaii^es délégués par notre ordonnance susdite. 
^2. Les témoins seront entendus et le prévenu sera interrogé 
par notre chancelier, président de la chambre des pairs , ou 
par celui des pairs qu'il aura conmus. Procës-verbal sera 
•dressé de tous iea actes d'instruction dans les forines établies 
par le Code d'instruction criminelle. 

3. Les fonctions attribuées par la loi ault greffiers des cours 
«t tribunaux dans les affaires criminelles seront exercées par 
le sçcrétaire^archiviste êé la chambre des pairs , lequet pourra 
»'ad)^i»dre un commis asseftnenté. t • 

4* Lfinstruction étant t49tminée sera côlnmnniqu^ à Uos 
commissaires, qui dresseront l'acte d'accusation. 
'5. Cet acte d'accusation sera présenté k la chambre des 
pairs , qui décernera , s'il j a lieu , l'ordonnance de prise de 
corps , et fixera le Jour de L'ouverture des débats. 

(>• L'acte d'accusation, l'ordonnance de prise de corps et la 
liste des témoins seront notifiées à l'accusé pai^ un huissier de 
la chambre des pairs. Il lui sera également donné copie de la 
proc^nre. 

7. Les débats seront publics. Au jour fixé par la chambre 
des pairs, l'accusé paroîtra, assisté de son conseil. L'un de 
nos comii(iissaires remplira les fonctions du ministère public. 
- 8. n sera procédé à l'audition des témoins, à Texamep, 
au débat, à l'arrêt et à l'exécution dudit arrêt, suivant les 
formes prescrites pour les cours spéciales par le Code d'in- 
ilruction criminelle -, néanmoins si la chambre des pairs le 



(»6) . 

décide, Tarrêt sera prononcé hors la présence de T^cciise, 
luiis publiquement et en présence de- ses conseils. En ce cas, 
il lui sera lu et notifié , à la réquête du ministère public par 
le greffier, qui en dressera procès-verbal. 

Donné au château des Tuileries, lé 12 novembre lÔiSf. 

Signé, LOUIS» 
Par le Roi : 
Le ministre secrétaire d'Etat au dtpartement des affaires 
étrangères, président du conseil des ministres. 

^ijg'/îe, le duc DE Richelieu. 

La chambra arrête l'insertion de cette^ ordonnance âu> pro«- 
cès-verbal , et le dépôt aux archives. 

M. Bellarty procureur du Roi et Commissaire de «S. M. 
}K>ur la poursuite de cette «affaire, donue lecture de son ré* 
quisitoire , contenant addition de pUiote/et le dépose sur le 
bureau. 

La chambre faisant droit sur ce réquisitoire , dopne ucX&- 
au procureut-général > i^. de son conienu coia^ne addition à 
)a plainte déjà portée devant la chaïrttre, Je 11 de ce moisf 
Q,^, dit dépôt qu il a £ait 4e 199 pièc^Si pour «ervir de renseigDe«' 
mens au procès. 

: Elle ordonne pàmllëitieât que^lam le jour M. le chance- 
lier, président de 4a chambre, aui^ termes ^e rdrdc^i)««ce du 
ïloi ci-dessuB .ràMortëe, sfe /comp|e|tr4ut lui-^mêm^ ou délé^ 
gueroit un de MM. les pairs pour procéder sans délai, smt 4 
J'audition, par écrit, des témôias> soitii Tiriterrogatoire du 
maréchal Ney. 

La chambre -a adopté, dans la. même séance , Ifil^i sut la 
formation des compagnies départem^utales. . . 



iGUAMBRB D£S D£PUT£6« 

Le 1^3, la chambre a décidé, en comité secret, qu'on ren-9> 
ycrroit dans les bureaux ; et qu'on discuteroit en nieipe tempi 
trois propositions analogues faites par MM. Duplessis-Gréhé- 
dan, de la Bourdonnaye et de Germinj. On sait que celle de 
M. de la Bourdonnaye est relative à uo acte d'ammstie«, sauf 
quelques exceptions. 

La chambre a renouvelé ses bureaux. 
/; Mercredi, M. de Bonald lira, en séance publique,. son rap» 
port sur la proposition de M. Hjde de Neuville. 



{Samedi i8 novembre i8 le.) (N^. i53.) 



AU REDACTEUR. 

Monsieur, j'entends souvent, et vous devez eti- 
lendre aussi , former des plainte» sur tout ce qui sc^ 
fait. Né vous semble-t-il pas qu'il y a des gens qui 
ont fait le serment de ne rien approuver, etde gémii' 
de tout? Sans doute, tout ce que nous voyons n'est pas 
également rassurant. Nous avons de grandes plaies à 
fermer, et de grauds maux à prévenir. Mais pourquoi 
désespérer du succès? Pourquoi ces plaintes éternelles 
qui suffiroient peut-être seules pour empêcher le bien? 

' Pourquoi cette censure assidue, ces inquiétudes exa- 
gérées ? Si quelque chose peut nous sauver, c'est l'u- 
nion, la coiifiaucey le concours de toutes les volon- 
tés. Le blâme, les alarmes répétées, les murmures 
sont ce qu'il y a de plus opposé à nos mtérêts. Quelle 
force aura le gouvernement, si toutes ses démarchés 

' sont l'objet d'une critique minutieuse, et si ceux 
mêmes qui ont les meilleures intentions sèment lea 
alarmes et la défiance?' Kien n'entrave plus la mar-> 
che de l'autorité que cet esprit de contradiction et 
de dénigrement. Il arrête l'effet des plus sages me* 
sures, il déconcerte les dépositaires d^ pouvoir, il 
attiédit le zèle, il divise quaud il faudroit réunir, ii 
effraie quand il faudroit rassurer. Au lieu d'improi^- 
ver si amèrement ce qui ne s'accorde pas, avec nos 
vues particulières, au lieu de compter avec tant de soin 
toutes les fautes qui se commettent ou ce que nous re- 
gardons comniîe tel, ne devrions-nous pas tetiir coi^pta 
de ce qui s'est fait de bien? U y a des choses ami-» 
Tonm FL VAmi de la ReUgion et du Roi. B 



gieantes ; mais n'}^ a-l-il donc pas aussi des motifs de con- 
solation? Assez d'autres n'envisagent que les premiers. 
Pemiettez-moi de ne m'arrêier que sur les seconds , 
et souffrez que , dans un court tableau que je livre à 
votre exaihen , je présente les justes sujets de con- 
fiance qu'offre notre position. Je ne cherche point ep 
cela à faire macour ; je ne suis point payé pour sou- 
tenir cette thèse. J'ouvre seulement un avis que je 
crois utile , et je ne vous demande quq de faire usage 
de mes réflexions, si vmis les trouvez aussi fondées 
qu'elles me le semblent à nioi-mênie. Voyons donc 
ce qui s'est fait de bon depuis quatre xnois. 

D'abord il est revenu parmi nous ce Roi qu'ap- 
peloienttous nos vceux. Il a repris possession de sa 
capitale, il a fait reconnoîlre son autorité par toute 
la France. Avec lui sont revenus ces princes , cette 
princesse, nobles appuis de son trône, dignes es- 
pérances de la. nation. Nous avons revu en parti- 
culier ce prince, non moins pieux que vaillant, 
i^ii^c^ printemps, défendit Ja cause royale avec une 
constance digne d'un plus beu^etrx- succès,' e»t qui, 
récemment encore , a rendu à nos provinces du midi 
des services éclatans qui y ont fait bénir son nom. 
En même temps que cette auguste famille rentroit 
dans ses droits , soû txlieux ennemi p^rtoit pour un 
exil lointain; il alloit, non plus dans une ile voisine, 
iB^is au-delà des mers; non plus libre et souverain , 
mais surveillé et captif; non plus avec une. portion 
de sa garde, mais avec quelques serviteurs seulement; 
il alloit, dis-je, dans un autre hémisphère, et dans 
une solitude où il ne pourra plus conserver d'intelli- 
gence avec l'Europe. Sans doute des personnes que 
I expérience a rendues défiantes, poùvoient désirer 



( »9 ) 
cjuon ôlât ce prétexte à la malveillance, et cet ali** 
ment à l'esprit de faction. Mais au fond fjuel ascen- 
dant doit conserver encore cet homme deux fois dé- 
chu , cet homme si prodigieusement Imniihë à Wa- 
terloo , ce fugitif, ce déserteur de son armée ? Il n'a 
. montré dans son second règne que foiblesse, indéci- 
sion^ lâcheté. Il s'est montré abject et populacier; il 
a mendié l'appui du jacobinisme. Il n'a su que sa- 
(crifier des hommes , puis les abandonner. 11 est tué • ' 
à jamais dans l'opinion. 

Après kii ont élé obligés de s'enfuir, à leur tour, 
les complices de son despotisme et les ministres de 
ses fureurs. La plupart se sont bannis voloutairement^ 
et quelques-uns ont mis les mers éntr'eux et nous. Les. 
autres, dispersés en différens pays de l'Europe, ne son- 
gent, dit-on, qu'à mettre en sûreté les richesses qu'ils 
ont acquises, et sont dégoûtés du- jeu dangereux des 
révolulions. On avoit eu l'année dernière luidulgence 
de les laisser au milieu de iipus, et ils en a voient 
abusé pour tramer' d'indignes complots. Aujourd'hui , 
il ne Wr «<?roit plussi aisé de renouer leurs crimi- 
nelles intrigues. Ils ne peuvent plus communiquer 
avec leur chef, ni dans leur éloignem'^nt s'entendre 
facilement entr'eux. On leur ;< assigné les pays qix'ils 
}>ourront habiter. Les goi^vef'aemens , qui put appris 
à les connoître, les surveillent; et l'Europe , dont le 
repos tient à ce qu'ils soient dans l'impuissance de 
susciter de nouveaux troubles, saura. les contenir s'ils 
enlreprenoient encore de nous replonger dans- le chaos > 
des guerres et des dissentions. 

D'éclatans exemples de justice ont été faits. Un 
jeune militaire qui, le premier, avoit levé l'étendard 
de la rébellion , et dont l'exemple avoit ét4 si conta- 

B 2 ' 



{ 20) 

^ieiix, a expie sa fauie, ei Fa avouée en niouranf^ 
Egaré par un faux sentiment d'honneur, il avoit tralji 
ses devoifs et ses sermens, et sa punition est une utile 
leçon pour ceux qui ne seroient pas j>uidés par un 
ïhotif plus pur. Des militaires d'un rang moins élevé 
ont été jngés en différentes villes du midi, et con- 
damnés ponr des délits de révolte y de pillage et de 
violences. A ces exécutions légales se sont jointes en 
quelques lieux des actes de vengeance d'un peuple 
irrité, exemples dangereux qui aflligenl lami de la 
justice et de son pays, mais qui épouvantent du moins 
le mécliant. Espérons que ces actes arbitraires cesse-» 
ront à Paspect des nioyens réguliers ^l'emploie le 
gouve^'nement pour réprinjer les ^iialveillans. 11 les 
d long-temps traités avec indulgencfe; mais les voyant 
toujours incorrigibles et menaçansi , il s'est armé 
de toute la force (fui lui est nécessaire, et, de con- 
cert avec les chambres , il a pris des mesures pour 
en imposer àirx artisans de la discorde. Ceux qui don- 
' àértmt dès sujets Mgifiniee d^ eriiindre leunsr menées ,- 
' poiarront être détenus tant que le danger* durera. Cent 
qui osent proférer le crî de la révolte, subiront des- 
peines proportionnées à la gravité de» circonstances. 
Les ageûs. du gouvernement sont avertis qu'ils ont 
tous les pouvoirs nécessaires pour maintenir Tordre 
et la paix. La déportaiion purgera le sol de la France 
de' ses ennemis domesiiques , et les administrateurs , 
les magistrats, tous les dépositaires du pouvoir, en 
useront pour assurer la tranquillité intérieure par des 
mesures justes, mais fermes. 

Un dernier événement surfout , quoiqu'il ne se 
soit pas passé en France, paroît devoir produire iincr 
grande influence sur h conduite des agitateurs. Ma- 



rat n'-est plus/ Depuis son eipul^ioti de Naples, il 
n avoil pas cessé d exciter des troubles. Réfugié daus 
une île, Join de la surveillance de l'autorité, il y 
rav^sembla quelques méçonlens, et partit d'Ajaccio , 
comme Buouaparte de Tîle d'Elbe, a la tête d'une 
troupe adamée de pillage. L'insensé se flatloit d être 
accueilli par un peuple qu'il aiFoit tyrannisé; mais il 
a été repoussé de tous côtés. Arrêle nu milieu de ses 
effortsr pour organiser la révolte, il a été rais en ju- 
gement, et condamné par une commission militaire. 
Comment ne pas voir dans une telle lin un arrêt de 
la justice divine, qui a votilu punir Murât par les 
mêmes voies dont il s'étoit sci-vi lui-mêrae? Il à\mt 
aussi institué des commissions militaires ; il avoit pré- 
sidé à des exécutions; il avoit ordonné des lusiUaae^, 
Bon-seuloraent d un individu , mais de la population 
d'une grande ville; et dans un Code pénal donné par 
lui à Naples, il avoit pris lui-même la peine d'éta- 
blir l'espèce de trîbmial par lequel il vient d'être 
lug4 Son supplice lest donc une application exacte de 
'a loi du talion. Mais il aura d'autres eflFels. Il dé*- 
concertera les agitateurs > il leur apprendra le sort 
qui leur est réservé : il doit terriblement affoiblir dans 
leur opinion la dignité d'emprunt dont se paroit cette 
nouvelle dynastie , et ses admirateurs mêmes doivent 
être humiliés d'une fin plus digne d'un bandit que 
d'un roi L'exécution de Murât annonce au reste de 
la faniille ce qui l'attend ^elle-même* Tous ces rois 
de tliéâtre sont au dernier acte de leur tragédie. . 

Enfin, ce qui se passe actuellement sous nos yeux 
offre de justes espqrances de calme. Des lois ont été 
portées pour réprimer l'audace des artisans de révo-* 
îutioQ. Le plus heureux concert règne w^re le Me»* 



i 



narqne el les chambres. On volt dans le minîstcro des 
noms lionorés de restime et dé la confiance do la na- 
tion. On élimine chaque Jour des places ceux qui n'of- 
frent pas des garanties suffisantes de leur fidélité. 
Toutes les persoimes bien intentionnées sentxiitla né- 
cessité de se rallier autour d'un trône dont la stabi- 
lité nous importe si fort à tous. Nous voulons tous 
le Roi'; nous le voulons pour lui-même, et ensuite 
parce que lui seul peut assurer noire repos , et ra- 
mener parmi nous l'ordre et le bonheur. Ceux qui 
l'ont tfahi sont connus et appréciés. L'opinion les 
poursuit et en fait déj'à justice. Voyez combien Fiii- 
dignation a été générale quand on a cru qu'un homme 
prévenu d'un grand crime alloit échapper à raclion 
des lois. Toute/ la nation souhaite la punition des 
coupables, et ils sont déjà châtiés par le mépris, en 
attendant qu ils soient atteints dans leurs personnes. 
Jjg chambre de§ pairs est saisie d'une impoi tante af- 
faire. La chambre des députés s'occupe de mesures 
rfu^plps^ba^t iotéi'4t4 Toij.les deuîit^ annoncent riiifen- 
tion d'assurer de plus en plus la tranqiiillité de t'Etat, 
et d'appuyer l'autorité royale. S. M. a appelé dans 
son conseil des hommes sages et fermes , qui n'ont 
point intérêt à excuser des crimes auxquels ils n'ont 
point participé, et à favoriser des factieux dont ils 
n'ont point été les complices. Ainsi de toutes parts 
le besoin de l'ordre se fait sentir, et on appelle des 
moyens efficaces pour prévenir de notvveaux troubles. 
Ce sentiment général , cette volonté forte sont sûre- 
ment un gage de repos, et on peut concevoir des es- 
pérances quand on voit que tous les^ vœux, comme 
toutes les autorités, se réunissent pour tendre à un but 
dont la nécessité est généralement sentie. C'est près- 



( 25 ) ^ 
que avoir atteint ce bût que de s'y porter avec celte 
réunion de désirs et d'efforts. Quant à moi, j aurai at- 
teint le mien, si je puis par ce;s réflexions inspirer 
quelque confiance aux bons esprits, et quelque frayeur 
aux mauvais. ^^ 

J'ai rhonneur d'être * ' 

UN SOLITAIRE. 

r 
Nouvelles ecclésiastiques. * ^ 

Rome. Le 25 oclobre, on a célébré dans l'églîse de 
Saint-Louis des François un sei^vicesojennel pour Charles 
Clérenabault , ancien consul françois à Smyrne, mort à 
Rome, le i4 février de celte année. Son Exe M. l'am- 
bassadeur de France y assistoit avec la légation. 

— S. S. , attentive à procurer le bien de ses sujets 
comme Tavanccmeut des sciences utiles , a établi deux 
écoles, Tune de médecine clinique, Taulre dechirurgro 
clinique, dans. l'hôpital du Saint-Esprit et dans celui de - 
Saint-Jacques des lucurablt'S, et y a nommé des pro- 
fesseurs de la Sa pience, : ' 

-7^ les oimetières des anciens chrëti'ehs, où se sc^t' 
conservés tant de monumens précieux .pour rhIstoir6 
dii christianisme dans les premiers siècles, offrent aussi 
Àe tempd en temps aux recherches de l'antiquaire des 
oioQumens profanes dont les premiers fidèles se sei^ 
voient pour orner leurs tombeaux. On vient de trou- 
ver- dans ce genre, dans une branche du cimetière de 
Callixte, près la voie Appienne, un marbre qui pré- 
sente une horloge. solaire, avec la zone des vents, en 
grec. Nos savails s'occupent de Texplicalion de ce mo* 
Dument intéressant et unique dans son genre. 

— Un chanoine espagnol vient de fnire une dona- 
tion magnifique au monastère de Mont-Serrat. Le doc- 
teur Baimond Iglesias, chanoine de Sainte-Anne , à Bar- 
celoune^ avoit acquis à grands frais, depuis bien des ai> 



( M ) 

nëfts, u«e belle coUcclî<*n de lablcgnx. Il en a fait do^ 
nation enir.C'-TÎfe à l'abbaye de Morit-Serrat, si célèbre 
par la dëvotion de» peuples de ces contrées. Son inien- .. 
(ion est que cette collection soit placée dans une galerie 
qu'on ?a construire à cet effet , et qu'elle serve encoi^ 
à attirer les étrangers dan^ ce monastère, et à lui don- 
ner les moyens de réparer les perdes qu'il a faites Iqrs 
de rinvasion des François. Le roi d'Espagne a autorisé 
felte donation. 

Paris. Nous nops sommes déjà plusieurs fois élevés 
contre la manière dont quelques journaux donnent des 
nouvelles qu'ils prétendent tirées du Diario romain. On 
lit dans un de ces journaux , que le départ des Jésuites 
pour VEspagneacausé de vifs débats dans lacongréga- 
tiondes cardinaux-évéques , et un aulre journal , qui ne 
■vil que de ce qu'il prend chez les autres, s'est hâté de 
copier, le lendemain , cetfè nouvelle, que nous'pouvon? 
qualifier d'absurde. 11 n'y a point de congrégation des < 
cardinaux-évèqueSytet les cardinaqsç en généK-al doivent 
trouver tout simple que le loi d'Espagne rappelle ses 
sujets. Cet acte de justice ou de l>onté ne s^uroit e3C<<* 
citer des débats entr'eux. JUe premier journal ^jout^ 
fjue S, En}, le jR. A Fontan^^ gdfiéral^ de/t Sarha'-^ 
bites, a remis, au nom des ordres^ smvmtt la règle 
de saint Dominique et de saint François dans les Es* 
pagnes y des mémoires tendans à Jairf sentir te danr- 
ger d* envoyer des Jésuites dans ce royaume^ où la re- 
ligion s^étoit conservée si pure dans les temps de dé- 
mordre y par les soins et le zèle des autres ordres, La 
rédaction et le fond de cette note sont également ri- 
dicules. Le P. Fontana n'a point le titre (Véminence ; 
il n'est point chargé des intérêts des ordres de saint Uo* 
niinique .et de saint François, et il n'a assurément pas 
remis des mémoires contre les Jésuites. Ce pieux eL sa- 
vant religieux n'est pas persuadé, comme le journa- 
liste, qu'il y ait du danger à envoyer des Jésuites en • 
^s|)ajg;ne^ où cet ordre a pris (laissance^ où ii a produit 







dos jiaînte qae l'Eglise révère, et d'où îl à èrivoyë des 
apôtres en ittut de pays, e\ notammenl au Paraguay, 
Nous croyons que nos lecteurs nous sauront gré de ne 
point leur donner tlo parèrilles nouvelles, qui soûl d*'- 
pourvues de vraisemblance comme d'aulhenlicilé. Nous 
ne suivons que le Diario et des corresponduns sûrs, e\. 
nous rejetons tout ce qui uOus paroit altéré, ou mèm<^ 
fabriqué loin de Rome, 

Bordeaux. Le maire de cette ville a écrit une cir-r 
culàire aux commissaires de police pour leur recom- 
mander à l'observation de la loi du 18 novembre iSi^i, 
>sar les Fêles et dimanches. 

DiGN£. L'évêque et le cinrgé de celle ville ont envoyé 
au Roi l'adresse suivante : , 

« Sire, quand le clergé de Péglise de Digne, uni à 
son respectable évoque, vous vit remonter sur le trône 
de vos pères, il s'empressa de vous transmettre les té- 
moignages de la vive et profonde joie qu'il en ressen- 
toit 9 rapportant aux soins d*une Providence toute par-^ 
ticuUève cet événement à jamais mémorable. Fidèle à 
son devoir, non moins qu'à ses chères aSeclions, il a 
pvoavé, par sa conduite ftrme et inflexible, dans Ips 
douiotltWsW circO/isl antres d^Uù nous àorfons, qu'fl te- 
noit à cette maxime de notre droit public : Ouest le 
Jioi y ià est la royauté. Les menaces, les caresses des 
agens de la tyitinnie n'ont pu le détourner de ce prin- 
cipe 'sur lequel repose le trône des Bourbons et notre 
tranquillité, Par-là, s'il ose le dire, ice clergé a dirigé 
sans effort et sans bruit la conduite et des ministres de 
la religion et du peuple de ce graTid diocèse. On n'y ^ 
co2np4e guèi^ que des citoyens mébranlablement dé- 
voués à la cause et à là personne de Votre Majesté. Ils 
rivalisent d^imouv pour votre auguste famille, famille 
xjai donne l'exempk de toutes les vertus. Nos maiUy 
sont donc aussi nos modèles! 11 est doux et glorieux 
il'imiter ceux que nous chérissons à tant de titres. Oui, 
potir être heureuse^ U nation n'a qu'à leur ressjipiblçr, 



I ( 26 ) 

» Veuille le biel exaucer les vœux que nous formons 
pour la prospërilé de la maison régnante et du peuple 
trançois » ! 

CoMe adresse a éié apportée à Parîs par M. TTrenqua- 
îye, chanoine, vicaire général , député du chapitre ^t 
de M. l'éveque de Digne. Ce prélat est un de ceux qui 
" ont monfré le*plus de dévouement au Roi dans les der- 
niers troubles, et il a constamment refusé de céder aux 
instances comme aux menaces des agens de l'usurpateur. 



Nouvelles politiques* 

Paris. On se flaltoit d'apprendre la conclusion défiuîiîvc 
du traité de paix avec les puissances alliées. Elle devoit avoir 
eu lieu , disoil-on , le Soovembre ; des circonstances que nous 
ignorons ont apparemment retardé celle signature. Ou espère 
de nouveau qu'elle aura eu heu celle semaine, et ce qui ac- 
crédite ce brujt, c'est que Ton annonce le départ de lord 
Caslloreagli pour rAnglelerre. Or il est probable que sasei- 
f;ncurie ne partira qu'après que tout sera terminé. C) m pajie 
plus que jamais ce matin de la conclusion du irailé* = 

— Ce qirl bcciïfre acfjourd^hril tous Us rtprils, c*est 'Itî' 
procès du maréchal Kry; 'd<)ril oh rèteô(rtftii€riec*1'irts!rUièlif»H. 
La chambre des pairs a nommé pour rapporteur M. Sé- 
gnier, un de ses membres, et président de la cour royale. 
Seize témoins ont été assignés, le i3, devant lui et les au- 
tres commissaires. Parmi ces témoins sont MM. le prince 
de Poix , le duc de Duras, le duc de Reggio , difFérens mili- 
1ai^es et autres. On a notifié au maréchal Ney les' deux ordon- 
nances du Koi", et l'acte d'accusation des ministres. On ne 
sait pas encore quel jour pourront commencer les débats 
dans la chambre, ils seront publics, et l'on a établi deux Iri- 
,bunes pour les personnes qui seront admises. MM. les pairs 
ecclésiastiques n'ont poinl «assisté à la séance do i3, à raison 
de leur caractère qui leur défend de prendre part aux pro- 
^èîj^ criminels. Le i6, la chambre a te«iu une séance, /oii elfe 
a entendu un rapport de M. Séguîer, et la lecture de l'ins- 
truction. Lg vi>i\dredi 17, réquisitoire de M. Bellart, procu- 
rcivr- général du Hoi. On croit que la première séance pubU- 



(27) . . 

qne aura lieu lundi 20. Plusieurs pairs se sont récusés, en- 
ir'autres les membres du mioislëre actuel^ ainsi que du pré- 
cédent. 

— Dans la chambre des députés, M. Hyde de Neuville 
a fait, le i5, en comité secret, une nouvelle proposition 
relatÎTe a peu près aux mêmes objets que celles dont nous 
avons parlé dans notre dernier numéro. Il a développé sa 
proposition, le' 16, et elle sera jointe probablement aux au- 
tres de même nature. On sait qu'il s^gît dans ces qtialre prrp- 
jels de punir I(*s principaux coupâmes de la conspiration du 
mois de mars, et cl'amnisiier les autres. La commission char- 
gée d'examiner ces projets est. composée de MM. Berihier de 
Sauvîpny, d'Hardivilliers, Corbière, de Villèle, Jolivct, 
Feuillant, de Sesmaisons, Chifflet et Pardessus. 

M. de Bonald, rapporteur de la commission sur la ré- 
(luclion des tribunaux , a prononcé, le 16, un très-beau dis- 
cours sur ce proiel. Il paroît que les cours royales seroîent 
fort réduites, et on élendroit le ressort de celle de Paris, li 
n'y auroil qu^un tribunal de première instance pour chaque 
déparlement, et Ton n'accorderoit l'institution aux juges qu'a- 
près une année d'exercice. Nous donnerons un extrait de ce 
rapport qiiand-il aura été imprimé. 

Le vendredi ly, U y a eu séance publique. Un rapport du 
comité des^petitiom a été entendu j> la chambre a passe à l'or- 
dre du j<)Wy.«t <a;reovp/d le* div^r^es pétitions aux autjorité^. 
compétences. , . . - 

M. le duc de Feltre a été introduit;' il étoit accompagné 
de deux conseillers d'Etat. Il a présenté à la chambre, an 
nom de Sa Majesté, une ordonnance qui crée, dans chaque 
chef-lieu de département, une cour prévotale.. Ce projet de 
loi est com.posé de 52 articles. (I\'ous le donnerons dans notre 
prochain N**. ) 

— M. le ministre de l'intérieur, par une circulaire adres* 
sée aux^préfels, leur recommande d'instruire avec soin le 
ministre de la police des cvénemens qui intéressent la paix 
publique. Il les prévient que ce ministre a des fonds a sa dis- 
position pour assurer les mesures qu'ils seroient obligés de 
prendre. Il leur demande un compte exact des moindres faits, 
et les charge de recommander aux sous-préfets d'instruire 
aussi le ministre de la police de ceux de ces événemciiii qui 
cxigeroicnf une prompie iiolification. 



(28) 

— Il y » eu , le |4 novembre, une assemhlée générale tie» 
•onsoi 11ers d'Etal ei maîtres des requêtes. La séance éloît 
présidé<» par M. lé ^ande des sceaux, ministre de, la )asticf. 

— On dit que MM. Caruot et Sieyesont obtenu de résirler 
dans les Elats prussiens. Le généra! Hullin restera en surveil- 
lance dans une terre près de l'Allier. Le général Flabaut a 
été autorisé a se retirer en pajs étranger. Le général Excel- 
mans réside a Bîotn. 

— On parle d'un voyage de M^'. le duc de Berry en Nor*- 
' mendie et en Bretagne. 

— : Il y a en Alsace encombrement de troupes étirangëres 
a raison de leur passage pour retourner dans leur pa^'s. 

— La secrélairerie d'Etat est supprimée. Ses attributions 
passent au président du conseil des ministres. On doit suppri- 
mer également beaucoup de places peu importantes, et obte- 
nir p.nr-là une grande économie pour le trésor. 

• — On a arrêté et conduit pu corps-de»garde un colporleup 
qui vendoit les portraits de la famille Buonaparte. Comment 
se trouve-l-îl des gens pour acheter de pareilles marchan- 
dises? "^ 

-~ Le commandant de Condé, accusé d'avoir fait assassin 
ner le colonel Gordon , qui lui avoit été envoyé comme par- 
leijhentaîre au nom de LduisXVIIf, est depuis long-temps 
djuis les^ prisons- à Lille. C'(?st à tort qu'oa a aonné.son arres- 
tation^ comme récente ; IPdott être traduit pi*ocbai<iiemeat'4i«i- 
vant une commission militaire. 

— Le procès de M. La Valette doit commencer , le 20 , à la 
cour d'assises. 

— Une longue insirnction du ministre de la guerre» trace 
la marche que doit suivre; la. commission chargée d'e^aminei* 
}a conduite des officiers qui ont' servi pendant l'usurpation. 
Elle les partage eh quatorze classes, suivant les différences 
de leur conduite. Elle se termine ainsi : a La commission re* 
marquera qu'il ne s'agit pas en dernier résultat d'imposer 
des peine afflictives,.mais d'écarter de l'armée des nommes 
qui^ lors même qu'ils ne serôient sous le poids d'aucune pré^ 
yention^ n'auroient qu'une espérance en quelque sorte in- 
certaine d'y reprendre leur place , a cause de la dispropor- 
tion qui exibte aujourd'hui entre le nombre des concurrens 
et celui des emplois; qqe par une faveur particulière du 
l^Qi, ces officiers troiiven^ dans la solde dé non-activité^ qui 



( ^9 ) 

ieor est accordée, une îndemnilé de la préférence que d'dii- 
très obtiendront sur eux ; et la commission reconnoîtra des- 
lors la nécessité d'éviter l'excès de ^indulgence, parce qn« 
tien ne seroit plus contraire au service du Bot que de ren- 
dre à Tarniée des officiers qui n'dffrlroient pas une garantie 
snIBsante de leurs intentions, lorsqu'il leur est permis de 
conserver clans leurs foyers un Iraiiement avantageux , sans 
exercer sar les troupes une influence qui poifrroii être dan- 
gereuse M . 

— Les deux officiers d'artiîlerie qui ont volé la recette dé 
Rochecliouard , sont les nommés Ménice et Thibaud , ex- 
capitaines d'arliUerie^ le premier au service de France, le 
second au service de Naples. Ils ont été arrêtés et trouvés 
nantis de l'argent volé. On les a conduits dans les prisons de 
Ihîmoges. 

— D'après un avis de M. Iç préfet de la Seine, quoique la 
garde royale doive se recruter désormais dans l'armée exclusi-» 
vement, cependant S. M., a accordé à chaque département , 
pour la première formation , un nombre déterminé d^roie- 
mens. Ainsi , tous les François , militaires et autres , qui réu-« 
Diront les qualités requises, et qui justifieront de leur bonne . 
conduite et de leur dévouement au Roi , sont admis à se pré-* 
seater. Les enr^lemeiis seront reçus dans les mairies. • . 

— Le roî de N^aples a accord^ des prérogatires et des 
eiie9mpétoe» df'unp^ ^nx h^bilans^de Pizxo, qui oui OMHilr^ 
taqt de zèle lors du débarquement de Marat. 

— L'empereur d'Autriche a fait son entrée à Venise, le 3t 
octgbre. Plusieurs membres de la famille impériale se ren« 
«teni en Italie. L'a rcbiducb esse Marie-Béatrîx d'Est, mère du 
duc de Modène et dé l'impératrice, est partie pour Modène. 

Nîmes. Divers journaux ont présenté sous de fausses cou- 
leurs les événemens qui se sont passés dans noire ville. L'^* 
ristarque, par exemple, a voulu persuader aue les protestans 
tnr lesquels la réaction a porté en dernier lieu , avoient été 
▼ictimcs de l'intolérance religieuse. La vérité est qu'ils ont 
été ?i#times de leur zèle révolutionnaire et de leur attache* 
tnent à l'usurpateur. \J ArUtarque lui-métne est convenu 
i]a'i^ avoient prfsqus toua opté la cause de. la révolution , 
f^hraasé le système des idées libérales, et l'erreur qiU riôu» 
« liurés quatre mois au Corse, C'est «a effet' ce qui est a«se» 



(3o) 

connu. Dès les premiers temps (\eh révolution, les profeslnns^ 
ou du moins un assez |>rana nombre d'entr'eux, se signalë«> 
rent par des excès , dont l'histoire a conservé le souvenir. 
Ce printemps, ils furent loin de partager Fenlbousiasme qui 
éclata dans noire ville lors du passage de M. le doc d'Angou- 
léme, lorsque beaucoup de nos cîtoycnh s'enrôlèrent comme 
volontaires pour marcher sous les drapeaux de S. A. B. 
îie 3 avril, les Buonapartistes reprirent le dessus, et secon- 
dés de quelques militaires, il fuenl sentir leur puissance aux 
rçjalistes. On massacra plusieurs des volontaires qui rêve- 
noient dans leurs foyers; on injuria et on emprisonfia les au- 
tres; on en dépouilla et on en maltraita plusieurs. Il n'est 
personne à Nîmes qui n'ait conuoissance des v^xaiions et des 
avanies qu'on leur Si subir. Les royalistes furent en butte à 
ime réaction très-vive. On en trouve les détails dans une bro- 
chure de q3 pages în-8".', imprimée récemment sous le titre 
' de Recueil de J'ai Cs en réponse aux faussetés et aux calom-' 
nies insérées dans divers journaux sur les derniers événemens 
de Nîmes. On y voit à quel excès les ennemis du Roi por- 
tèrent la licence-, la vengeance et niémc la cruauté. ï^a ren- 
trée du Roi à Paris ne calma point leur zèle. Ils refusoient 
de la reconnoître. Les royalistes, impatiens de secouer le joug 
d^ la tyrannie, s'armèrent, et proclamèrent l'autorité du Rot 
dans Nimes. Le peuple étoit iiritè^ et ce fut alors qu'il y eut 
une réaction, fun.esie sans doute, mais dont on a neaucoup 
exa{^çré, ks effets. On a démoli le Café de l'Ile d'E&e, yt'' 
paire des agitateurs; ou a commis quelques dégâts dans des 
maisons appartenant à des hommes décriés. D'autres ont été 
victimes de leur opiniâtreté. Nous gémissons de ces actes illé- 
gaux ; mais on doit dire que les honnêtes gens de U ville ont 
fait leurs efibrts pour arrêter le mal. Ce qui est arrivé dans la 
"Vaunageet dans la Gardonnenque prouve à quel point l'esprit 
dé révolte a voit jeté de profondes racines. Il s'y est formé des 
rassemblemens armés, et les généraux autrichiens ont été 
obligés d'y envoyer des troupes, ^On peut consulter l'écrit 
que nous avons cité , et où on paroît s'être proposé de ré- 
pondre à Vj4ristarque jti de détruire les fausses impressions 
qu'il a cherché à répandre sur la nature des troubles du midi. 
L'auteur prouve assez bien que la^ différence de religion -n'y 
est pour rien, et qpe c'est l'esprit de jacobinisme et l'atta- 
cbement à l'usurpateur qui ont amené tout le mal. 



(3i) 



ÂV REDACTEUR. 

L'extrême besoin oii se trouve le Roi , et surtout la paix 
onéreuse que les circonstances fâcheuses ou l'ont nsis la der- 
nière usurpation du Corse, l'ont forcé de conclure, m'ont 
engagé à faire remise au trésor roval d'une somme de 9.00 fr, 
Otte somme m'avoit été accordée par S. M. comme étant 
chargé du service de deux succursales^ et j'en avois reçu le 
premier mandat pour 181 4» 4«e j'ai renvoyéxà M. le préfet, 
en le priant d'en agréer la remise au nom de S. M Mais 
qu'est-ce que 200 fr. pour les besoins immenses de notre 
bon Roi ? Ce n'est pas même le denier de la veuve. Aussi me 
«erois-je bien gardé de parleY d'un si léger sacrifice, si d'a- 
bord je n'avois pas eu occasion de vous écrire , et si , en se- 
cond lieu, je n'avois pensé que cela pouvoit engager, je ne 
dis pas quelques-uns de mes confrères (quelles épargnes peu- 
vent avoir en effet des prêtres réduits à 5oo fr. de traite- 
mens, et qui n'ont, comme moi^ rien touché pour 181 5?) 
mais au moins d'autres personnes, dont les facultés seroient 
plus considérables. 

Si donc vous croyez qu'il puisse résulter quelqu'ulilité 
pour le trésor royal de la publicité de ma modique offrande , 
vous pourrez en parler dans votre Journal , en laissant toute- 
fois ignorer mon nom; car, en vérité , il n'y a pas là de quai 
fee \anter. / 

J'ai rhomieiyr d'être, 

B., ci^ré de B. 



. C'est an graad mérite anjourdMiui que de rrsier dans sa sph/'re, «t. 
de ne pas affecter des connoissaoces e'trangères à son élat. Od a va de 
DOS jours OD cordonnier faire des tragédies, et voici qu'un vitrier 
publie des poèmes. Actuellement, c'est un pharmacien qui prc'iend 
expliquer les miracles de Mbïse. Molière se fût ^ans doute Cf^^yé 
d^m tel ridicule ; mais les apothicaires de son temps n'avoient ])as 
encore pris ce travers. C'éloit à ceux d'aujourd'hui qu^il ëioit rc- < 
spr?é de faire les snvans et de vouloir rendre raison des miracles. 
M. Virey, un des rédacteurs du Journal dç pharmacie ^ a inséré, 
dans un numéro du mois d'août dernier, un article sur le miracle que 
fit Moïse pour adoucir des eaux dans le désert. Il prétend y rxplir 
<|u«r ce miracle par des causes puromcnt physique^. Mipis ou M. Viroy 



croit aux miracles ou il n^y croit pas. Dans le premier cas, il deyroit 
savoir que des miracles ne s^explitjuent point par des causes natu— 
relies, et que par-là même ^u^i)^ sont miracles, ils sortent de Tordre 
naturel. S'il n'^ croit pas, il est bien bon*de prendre la peine d'ex- 
pliquer des récits et des faits qui n'ont pour lui aucune autorité , et 
qui doivent même souvent lui p^oître fort étranges. Or, on a lieu de 
penser, d'après l'article de M. Virej, qu'il ne nous fuit pas l'honneur 
d'admettre tous les miracles de la Bible. A quoi donc son travail 
peut-il servir? U pouvoitbien penser que nr^nn n'avions pas besoin de 
ses explications pour croire au miracle, ou plutôt que nous regardons 
ses explications Comme en opposition avec le miraclr; et quant aux 
incrédules, ils n'admettront pas plys les explications que le miracle, 
et ils t^ouveropt sans doute que Tun prouve Irop et que les autres no 
prouvent rien. M. Virey mêle dans son article l'érudition et la chimie, 
les pères et le muriate calcaire, les rabbins et les acides, et conclut de tout 
cela que le bois que Moïse fit jeter dans les eaux, avoit la vertu natoreile 
de les adoucir. Mais le prouve-t-il? Ob ! non : il se contenle de le dire , 
sans faire réflexion qu'en supposant mênre que les moyens rhimi<|ues 
pussent opérer lesbffcts qu''il décrit sur une bouteille d'eau, ils n'auroient 
sûrement pas autant de vertu sur une ma.<(se d'eau telle ^u'étoit, sui- 
vant toutes les apparences , l'a source de Mara. ISous en resterotis là snr 
l'article de M. Virey , et nous l'envoyons le lecteur à une lettre qui 
lui a été adressée par M. H. Gaultier de Claubry, qui a pris la peiike de 
le réfuter. M. Gaultier avoit demandé que sa lettre fut insérée dans 
le Journal de pharmacie , et M. Virey y avoit consenti j mais les autre» 
rediicleurs n'ont pas voulu admettre un éciit où l'on prouvoit assex bien 
U futilité des commentaires philosophiques, et des procédés chimiques 
appliqués à des faits d'un ordre surnaturel. Aittsi il est décidé que 
M. Gaultier aura contre lui les pharmaciens et le Journal dephar^ 
ma^ie ; mais il aura en sa faveur les amis de la saine critique et diç 
)ë religion , et comme il paro^t judicieux et sensé, je ne doute pas qit» 
celte compensation ne le console abondamment. 



L.IVRES NOUVEAUX. 

Le Ùesseruant, épftre h un de mes amis (i) , dont on a donné ua 
tairait dans le n^. 139, vient d'être imprimé séparément sur la de<- 
fn-ande de plusieurs abonnés. 

Le Nouvel Emile, o\x V Histoire véritable de V éducation d'un jeune 
seigneur françois , expatrié par la révolution; par un ancien profes- 
seur à l'Université de Paris (2). 

Nous rendrons comjste de cet oavrage. 

(i) 8 pag. in-80, ; prix , 3o cent, franc de port. Au bureau du Journal. 
(a) ^ gros vol. in-i8} prix, 10 fr. et \^ fr. franc de port. A Paris, 
eh«a Laurent i<;un« , rue du Bouloi , ii9\ 4 > ^^^^ bureau du Journal. 



(Mercredi S2 nouemore i8i5.) (N^. it^^) 



L'abondance des nouvelles polidques, et le grand 
intérêt de plusieurs discours y ncnis ont engages à y 
consacrer exclusivement ce numéro^ et à renvoyer à 
une autre fois des articles qui dévoient y entrer d'a- 
Lord. Nous' le faisons pour répondre aux désirs dès 
abonnés qui^ dans ce moment surtout ^ souhaitent que 
Ton donne plus d'exleosion à la partie pplitique. 



Nouvelles ecclésiastiques^. 

Rome. On dit qu'on a trouvé sûr Murat, quand on l'a ar- 
rêté au Pizzo, une espèce de proclamnftion dans laquelle il ap« 
peloit aux armes ses prétendus sujets , et les exhortoit à chas- 
ser Ferdinand. Il y parloit de ses prétendus droits au trône 
et de ses victoires , et comme son auguste beâu-frëre , il assu- 
roit aussi que sa femme et son fils lui séroietit rendus. Les im-^ 
posteurs ne peuvent pas toujours donner du nouveau, et sont 
obligés de se copier les uns les autres. Mais ce qui a para 
singulier , c'est un passage de cette proclamation qui , s'il est 
fidèlement rendu , prouveroit que l'ex-roi avoit totalement 
perdu la tête. On lui fait dire à ses soldats : Marchons, amis, 
pour délivrer le Capitole, et sous le double étendard de la 
croix et de la liberté, rompons les chaînes de Uantlifue Jta-^ 
lie, et assurons à jamais son bonheur et son indépendance. 
Ainsi, cet aventurier, dévoré d'ambition, aspiroit encore à 
conquérir l'Italie ! Il n'avoit pas un pouce de terre , et il pré- 
tendoit donner des lois à cette grande contrée î II voulojt dé- 
livrer le Capitole avec l'étendard de la croix I C'eût été sans 
doute une plaisante croisade que celle que Murat eût dirigée 
contre la capitale du monde cJh rétien , et cette association de 
la croix et de la liberté est une idée plus fpUe encore qu« 
tout le resté du projet qu'aVoit conçu ce soldat'en délire. Rom«f 
Tanié /^/. LAmi de la Religion et du Rqi\ C 



(34) . 

et Naples sont heureusement délivrées de ses phrases comme 
de ses complots. 

Paris. Les religieux de la Trappe ont été revus avec joie 
dans le pays qu'ils ont si long-temps édifié. Leur extrême 

Eiuvvete pourroit seule mettre un obstacle au bien qu'ils veu* 
nt faire. Ils répandoi^nt autrefois beaucoup d'aumônes. 11^ 
•e proposent aujourd^hui d'élever une école ^ oii les parens 
chrétiens sont bien assurés que leurs enfans ne prendront que 
des leçons et des exemples de piété. Mais ils ont besoin de se- 
cours pour former cet établissemeat , qui sera, sans doute ac- 
cueilli par les personnes attachées à la religion. 

— Plusieurs abonnés nous ont écrit au sujet de lar brochure 
de l'abbé Yinson, et nous font part de aiiférens faits qui 
prouvent que l'espVit qui a dicté cette brochure s'agite aussi 
en différente^ provinces pour perpétuer de malheureuses di- 
visions. L'ignorance et l'opiniâtreté vont Jusqu'à taxer de 
nulli4)fé tout ce que font des prêtres soumis à l'autorité. De 
pareillesL prétentions seroient méprisables si elles ne trou- 
ploi^nt pas les consciences. Espérons qu'elles cesseront avec 
.l'arrangement qui se prépare. Les négociations interrompues 

Sar nos derniers malheurs ont repris leur cours , et on a lîea 
'espérer, d'après les dispositions réciproques , qu'elles amè-^ 
neront bientôt un résultat dont l'éçlise de France â tant de 
bnoîn , el qu'eUe attend avec wul si juste impa|ienoe. 



Nouvelles politiques. 

Paais. Le 17 novembre, jour anniversaire de la naissance 
du Roi , il y à eu messe en musique au château. Les officiers 
•upérieurs de la garde nationale ont été présentés au Roi. La 
musique de la garde nationale a exécuté une sérénade , et les 
troupes ont célébré dans leurs quartiers l'anniversaire de la 
.naissance de S. M. 

«— Le 20 , à l'issue de la messe , le Roi a donné audience 
au prince de Hardemberg^ grand-tchancelier de Prusse , et au 
baron de Humbolt , qui ont fait à. S. M.^leur visite de congé. 

«*-Lt mime jour, Mapàme s'est rendue ^ à onze heures^ 



C 55 ) 

Goi parlais deâ' députés y qu'elle a visilé en détail. Au retour, 
^. A. R. a reçu Us cheux minisires de Prusse. 

— Le i8, un détâcliement du io«. régiment de ligne est ar- 
rivé à Paris, lia défilé sods les fenêtres (hi cliâleaj , et S. M, 
a eu la bonté de se montrer, et d'adresser quelques paroles 
<le satisfaction à ces ]>raves, qui, résistant à tant d'exemples 
^c défection , ont suivi avec zèle les drapeaux de Ms'. le duc 
d'AiigouIême^ La garde nationale leur a donné un banquet. 

— Le ig, l'inauguration du buste du Roi a élé faite à la 
mairie du 1 1*. arrondissement. M. Camet de la Bonnardière, 
maire; M. le colonel Acloque, et M. lé lieutenant-colonel 
Lé^é de Bresse, ont prononce des discours analogues à la cé- 
rémonie j^' et des airs françois ont été suivis de nombreux crî* 
de Vive le Roi, 

-^M«^ le, duc d'Angoulême parcourt les provinces di* 
midi j au milieu des témoignages de l'allégresse publique. 
S. A. R. arriva à Nîmes, le o novembre au soir, et y fut re- 
çue avec' enthousiasme. Ce fut une fête complète , danses , 
illumination: Le prince partit, le 7, visita Montpellier et Cette. 
Il étoit, le 14 9 à Toulouse. Les loyaux habitans du midi 
inaagînent toute sorte de moyens pour prouver à S. A. R. 
-leur joie , leur respect et leur dévoilement. 

— La commissionr d'instruction publique a, par son arrêté. 
'du 3.1 octijbre, supprimé les facultés des lettres d'Amiens, 
Bordeaux , Bourges , . Cahors , Clermont , Douai , Limoges , 
Lyon, Montpellier, Nanci, Nîmes, Orléans, Pau, Poitiers, 

.Reunes et Rouen, et les facultés des sciences de Besançon, 
JLyon et Metz. 

— MM. Delmas et Ferdinand Berthier , sont noinmés pré- 
fets de la Chartote-Inférieure et du Cahrados, et ont prêté 
serment en cette qualité. 

— Il e«t bors de doute que le traité arec les alliés est signé. 
On dit que toutes les bases en: avoient été admises dès le a 
octobre. Il étoit seulement resté quelques articles additionnels 
à régler/ Des villes et des pays étrangers avoient réclamé de$ 
indemnités pour des pertes que Buonaparte leur avoit fait 
éprouver^ car le nom de cet homme se retrouve toujours 
lorsqu'il est question d'injustice et de violence , et nn ne sau- 

C 2 



(56) 

«)rt Oublier qtie ce sont ses folies qui nous ont mis iAniVéist 
oii nous sommes. C'est surtout la ville dt; Hambourg qui avok 
été le plus mal traitée , et qui réclame le plus. Il paroît que 
ces diuércns objets 4^ discussion sont enfin termines, le départ 
des ministres étrangers l'annonce assez. 

— On dit que la France paiera annuellement aux alliés 
270 millions, dont 140 millions seront employés à rextinction 
de sa dette , et i3o à l'entretien des troup,es étrangères. Les 
puissance» ont Tintcnlion de diminuer d^une année à l'autre le 
nombre de ces troupes, si la situation intérieure de la France 
le permet. Alors la France pourroit mettie fin à l'occupatioù 
des troupes, en payant le reste de l'indemnité, d'après des 
arrangemens dont on conviendroit. Le i5 octobre , on arrétac: 
l'évacuation des troupes qui ne dévoient pas rester en France^ 

— Le maréchal Ney a voulu faire intervenir les puissances^ 
alliées dans son affaire , et a réclamé la convention du 3 juil^ 
kt , qui porte qu'elles ne rechercheront personne pour sa con- 
duite et ses opinions politiques. Lord Wellington a répond«l^ 
que cette convention ne lioit point le Roi de France , et qu«* 
ies alliés n'av oient point à s'immiscer du gouvernement in-» 
.teneur. On est étonné qu'un guerrier françois s'adresse ainsf 

à des étrangers ; cela n'îndiqueroit pas une grande confiance 
en sa cause. 

— On dit que le maréchal Masséna a demandé un pa9S(!V^ 
.port pour l'étranger. ( 

— MM Comte et Dunoyer, rédacteurs du Censeur, qui 
avoient attaqué M. Fellecoq, commissaire de police, pour 
violation de domicile , et atteinte à la liberté dans la saisie dvk 
vil*, volume. de leur ouvrage, ont élé condamnés aux dé^ 
penà par le tribunal de police , qui a rejeté leur plainte comme 
mcompétente. < 

— Quelque» journaux ont annoncé la mort du sieur P... y 
tanneur à Sens, qui s'est étranglé, le 10 de ce mois. Fou^ 
gueut orateur du club de Sens, P... y avoit provoqué l'ex- 
Bumation des restes du Dauphin et de la Dauphine , et ses aniis 
)ui dirent alors : Si les Bourbons reinennent , tu seras pendu. 
Ce malheureux n'a cependant pas été inquiété^ mais l'indul— 
l^nce des Bourbons n*a pas fait taire les reprocher de sa cou— 



(57) 

«ctesee, et k Providence a permis qu'aveuglé par «es remords, 
al exerçât ^r lui-même une af&euse justice. 



CHAMBRE DES PAIRS. 

Dans la séance du i6 , la chambre a admis les récusations 
3e MM. de Talleyrand et de Jaucourt, et des maréchaux 
Gouvion-Saint-Cyr et Augereau : 7 pairs ecclésiastiques se 
sont également récusés. Sur 214 pairs, 28 se trouvent dans 
quelque exception , et 25 sont absens pour différentes causes. 
M. Séguier a lu les résultats de l'instruction faite contre le 
maréchal. 

Le 17, M. le procureur-général a ki , au nom des commis- 
saires , Tacte d'accusation contre le maréchal Ney. La cham- 
bre y après en avoir délibéré , a décerné un mandat d'arrêt 
contre lui , et a fixé les débats à mardi , sauf à l'accusé à 
'présenter avant l'ouverture ses moyens préjudiciels. iSg pairs 
iiégeoient. 

, Le maréchal Ney a présenté une requête à la chambre 
ftnsT que le Roi et les chambres déterminassent par une loi 
les formalités de la procédure. On ignore ce qui sera statué 
sur ce nouvel incident qui prolonger4>it l'aô'aire. 

' Le 20 , à neuf heures du matin , un grand nombre de 
troupes étoient rassemblées dans les alentours du Luxem- 
bourg. Dans la soirée , leur nombre a été doublé. Une partie ^ 
sera logée en différens endroits du palais , le reste bivouacquc 
dans les jardins. Toutes les grilles ont été fermées, et toutes 
les issues gardées avec soin. A huit heures du soir, le maré- 
chal Ney a été transféré de la Conciergerie à la prison dispo» 
éée pour lui dans l'enceinte du palais. 



CHAMBRE DES DEPUTES. 

Dans la séance du 1 1 , la chambre a pris en considération la 
proposition d'iiiÇie loi d'amnistie faite par M. de la Bourdon* 



(58) 

Baye. Voici quelques passages de son discours , et le proj^ 
de loi qu'il propose :/ 

(c Messieurs, depuis plus de quatre mois le trône de Tusurpatettr est 
renverse' ^ depuis quatre mois le souverain légitime, rentré dans sa ca- 
pitale , a épuisé tous les raojrens de modération , d^indulgence et d'où- 
Lli, pour ramener les faoïlenx aux seniimens de leurs devoirs, et rendre 
à la France le calme et le bonheur après lesquels elle soupire depuis si 
long-temps. 

î> Après celtf dernière révolution , qui dura peu sans doute, maispeiw 
dant laqueUe tou$ les fermens de discorde ont éclaté, pendant laquelle 
les exagérations, les liâmes, l'esprit de parti se sont rais en évidence, 
ttn Bonbre infini de magistrats, d'administrateurs, de citoyens se sont 
trouvés compromis, et le (icenciemetii de Tairaée est devenu indis^n^ 
sable. Des hommes qui ont tout perdu, ou qui craignent de tout perdre , 
des coupables épouvantés de leurs crimes, et qui n'osent croire ni à la 
grandeur, ni à la sincérité de la clémence royale, sont devenus des 
jMixiliairesUïus prêts à un.nouveau mouvement, et les grands cons- 
pirateurs, augmentant les inquiétudes, ont profité habilehieùtde toutes 
ces positions embarrassées, peut-être même du désespoir dé qilelqucs- 
uns, pour grossfr leur parti , et le rendre redoutirblr. 

}j D un atiti*e oàié, la publiicàtion de Tordonnanne du ^4 piill^t^<> 1* dé- 
sip;nal»on .de coupahles ^ic Ton ne poi^voit alU^ndre, la liberté quej'o a 
laissoit à une autre classe après l'avoir placée entre Téchafautî çllc han- 
*nissement« ont doim^ à la loi'rbe des factieux de nouveaux' chefs d'au- 
4%Dt pins da4g(te4i|C, qu'ils ne votent de sàlui q«e dads le re-avetseoieut 
du gouvernement. 

» Juignez à toules ces fautes celle de différer la punition des grands 
coupables, celle hésilalion, qui paralyse l'cction de la puissatice. et 
vous connoîireiB, 'messieurs, que c'e-t an dé.ses|K>ir des uns, à l'inquié- 
tude de» autres, ei à la réunion de tous, que nous devons attribuer notr« 
situation dangereuse. 

» Pour la faire cesser , il e^l temps de recourir à de nouvelles mesures. 

iit!9 faictieui ne scmt pas à ocainda^e par çux-m^mesj ils ne peuvent rieâ 

4|ue p.'«r la inultittide (^{u'iis ége.reni ou qu'ils inquiètent. FsHte^ cesser oes 

' inquiétudes, isolez- les de leurs complices, ils auront bientôt le senti- 

naent de leur fofblesse. 

i) Pour faire cesser les craintes de la m.nhilude, nnc amnistie est né- 
"tecssaire. Cent «rmniM-ic cîort ^tre grande, généreuse, irrévocable j elle 
ne peut devenir irrévocable que par une ^Joi; elle ne peiU être gén«revs« 
qu'en couvrant du manteau de l'indulgence la presque totalité des cou- 
pables 5 elle ne peut conserver le caractère de grandeur qui doit la dis- 
tinguer de la foibiesse, qu'en exceptant ces conspirateurs déniantes, 
ces hommes dangereux qui, à-toutes les épc'£ues de la révolution, ont 
maraué dans ses rangs, l'ont, si j'ose le dfre , exploitée à leur profil, et 
élevé leur fortune sur les malheurs publics. Elle doit excepter ces génë- 
jrnux, ces- cam manda ns de corps qui-, traîtres à leur patrie, -parjures à 
lenrAsermens, oui donne' lé signal de la déîecticD, el renversé le trône 
«ju'jIs éloicnl appelés à défendre. 



(59) 

n CTcftl en isolant ninsi ces cbopables que Tofit les pnnirefe M«t 
ilanger. 

» Trop long-temps, messieurs, artisans de nos désastres, ils surent 
jse cacher derrière leurs nombrean complices, et échapper ainsi à des 
châtimens mérités. 

>i Le moment de la justice est arriTé. Ses elFets doi.vent être promptf 
et terribles, pour 'que le calme et la tranquillité renaissent de toutes 
parts, et qu'il reste de ces grands exemples une frayeur salutaire, ga- 
T*atKe d'un meilfenr avenir. 

(c C'est une amnistie baser sur ces principes qne j'ai VhomiMir de rbni 
proposer, Messieurs^ i< ▼ais les discoter devani t<mm, et je tarminem 
«n vous sôumeiiant lé projet de )oi ». 

M. de l'a Bourdonaaye a ensuite examiné et discuté chacnn ie$ arti? 
^e^de son projet. 

Projet de loi. 

Art. i*>*. Amnistie pleine et entière est aecordée k ceux q;ui, dîree* 
lemeot on indiroctenieut, ont pris part k la conspiration du i*''. mars^ 
tant pp«r les faits antérieurs de rébellion qui s'y rapportent, que pour 
«eux qui ont eu lieu jusqu'au S juillet, jour de l'entrée du Roi à Paris. 

a. Sont exceptés de cette amnistie : 

1°. Les tiiuiaires des grandes charges aJnimstrstives et militairet 
^i ont constitué le i^onverncrarnt de Tusurpateur, les^eHes cbarget 
seront déterminées par la chambre ^ 

a<^. Les généraux, les comroan49ns de corps ou de place , les préfets 
qui ont passé à Vu.«ftrpateur, fait arborer son drapeau, ou exécuté seè 
ordres, ou commis des actes de Tloiencc contre lés aiHnf^^és l^idmes^ 
jusqu'à l'époque qui sera fixée par la chambre^ 

3°. Les réi;icides qui ont renoncé k leur, amnistie , en acceptant des 
places de Tusurpaieur, ou en siégeant dans les deux chambres y ou tm 
M^ant l'acte addilionnd aux consiitvtions de l'empire. 

3.> Les ifidiividus désignés par les paraj^raphes i et s <ie t'art. » , «e- 
Tovft arrêtés et traduits, sâ.roir : Les mililaiFes deyant les cnn«diis de 

§uêrre; les roagi^lrats, fonctionnaire^ publies, les simples cito^enS^ 
eyant tes tribunaux c<H&pétctt8, pour y être jugés sur les faits* ou ac> 
ceptations de placer désignes ^ans les paragraphes i et a de l'art, i, 
«t condamnés, <si les laits sont constans, aux peines présentas par 
Tart. S7 du Code pénal, contre cens qni 0»t naTersé le gonyerpenient 
• établi. 

4. Les individus désignés dans le troisième paragraphe de fart, y, 
seront égaitement arirétcs, tradnits devant les tribimaux t;ompétens pou'r 
y être jugés sur )es faits énoncés audit paragraphe, >Gt condamnés , s'il» 
«ont constans, à la déportation , par adoucissement des peines encou^ 
rues par lesdits actes de rébellion. 

5. Lrs revenus des bjens appartjcnans aux contumaces, seront séquej^ 
très, déposés à la caisse d'amortissement, et ne pourront eue remis k 



^ 



(4o) 

|««rs familles qti^anrés les délais fixés pour la moét pmamée des ab- 
fitnSy et sous la déauction des frais de gestion et de réparation dûment 
fconstaie's. . • 

'Dans la séance du 1 5, M. de Bonald a fait, au nom de la 
commission centrale , un rapport sujr la proposition de M. Hyde 
de Neuville, tendante à réduire le nombre des tribunaux, et 
k suspendre Tinstitution royale des juges. Ce rapport se fait 
surtout remarquer par des idées neuves , des principes, fé- 
conds , et des considérations profondes , qui ristppelïent la ma- 
nière large et Tesprit scrutateur de l'auteur de la Législation 
vHmi^ve, Nous en citerons quelques extraits : 

« Autrefois la fpagistralare étoit le pTeiuier corps de l'administra- 
tion, comme le sacerdoce étoit le premier corps de la constitution ^ ad' 
Siiirable disposition qui avoit plac^ à la tête de la société la religion et 
la justice! 

» Les assemblées politiques qui se succédèrent en Fronce, et qui 
finirent par se rendre perpétuelles , ne purent pbafigcr lu cpnstitution 
fclu pouvoir sans changer en même temps les principes et lés formes de 
l'administration judiciaire. Les corps qui appliquoient la loi durent né- 
cessairement s'abaisser devant le corps qui la faisoitj l'ordre judiciaire 
perdit toute participation au pouvoir politique. Le droit de conseil on 
de remontrance, réservé avi^ cours souverames de magistrature, passa 
^ux particuliers, et deviut le droit de pétition individuelle ^ la bapte 
police, ou la polie^ politique qu'elles exerçoienti passa entre les main^ 
du gouvernement, et fit le département spécial d-ttn ministre. L'itistî-^ ' 
tution du juri^donna au peuple le droit de proponcer snr la vie et l'hopr 
■ xieur des citoyens. Les fonctions publiques s'individualisèrent, si on 
peut le dire; elles devinrent une affaire de particuliers, et les juges ces- 
sèrent d'être magistrats. 

■» On est, au premier aperçu , frappé de l'accroissement du nombre 
des cours d'appels ou tribnikaiix de première instance, surtout lorsqu'on 
considère que la matière même d'un gramd nombre de procès, féo^ 
dale, canonique, bénéfidale, a disparu; que des questions fertiles en 
difficultés ont été simplifiées par )ç Gode viles diverses coutumes ra^ 
menées à une loi uniforme , et qu'enfin les questions commerciales sont 
jugées par des tribunaux de commerce beaucoup phis nombreux qu'au- 
trefois, et les causes crimineties par le juri , qui n'occupe qu'un petit 
nombre de juges. 

» Quand le tribunal est à une juste distance du plus grand nombre 
des justiciables, les premiers mouvemensdespassionsontlè temps de I9 
réflexion; lès conseils des amis, l'influence d'un bomme consiaéré, U 
raison même des parties peuvent se faire entendre; t% souvent la con- 
ciliation termine un différend qui, porté devant les tribunaux, auroi^ 
ruiné également le vainqueur et le vaincu. 

» D'ailleurs, et c'est un vice universellement remarqué, tout se rapc-j 
fisse dans lés petits- ^ibp^aux, et inêp;ie la jnstice. Cc$ corps si peç^ 




(4i) 

nombremc, que l'absence ou l'emp^cbemcnt d'nn seul ju^e paraljrsé 
tout un tribunal, offrent presqu''à chaque scance le risible spectaéle 
d\ivoc{)ts suppléans quittant les bancs du barreau pour monter sur letf 
sicges des juges , et ce'dant bientôt la place à «a de ieur.< confrères pour 
reprendre le rôle de partie. Les juges ^ trop rapproches du peuple par 
leur fortune et quelquefois parleurs habitudes, le tribunal trop au ni-» 
ireau du public, n\>ut ni a«.sez de dignité, ni assez d'autorité, et daii9 
les petits lieui et dans des temps de partis, les parens, les ami^, le9 
hommes puissans, le^ hommes redonte's, le public , tout juge , hors le^ 
juges eux-mêmes : la connoissance dvs affaires, les talens du barreau 
avortent faute d'exercice et d?aliment, ou vont chercher un plus grand 
thc'âtre. Les lalens comme les fortunes s'accumulent dans les grandes 
ctte'sj les causes importantes, les (|ueslions compliquées ne trouvent 
plus, dans les premiers tribunaux , ni avocats, ni juges; et un jugement 
«le première instance n'est plus considéré que comme une formalité 
iDdispens;ible pour porter l'affaire au tribunal d'appel. 

» ppns quelle proportion, continue M. de Bonald, se frra la réduc-r 
lion du nombre des cotirs et dos tribunaux? Votre commission, mes- 
sieurs, n'a point d'opinion à ccté^ard; elle laisse tous les <lélaiU d'exé- 
cution à la sagesse et aux lumières du Roi et de son conseil. 

» Nous allons répondre aux objections qui ont été faites contre la ré- 
tluction des tribunaux. 

» i<>. On fera des mécontens en réduisant le nombre des tribunaux. 
Messieurs, on fera bien pis, on fera peut-être des malheureux^ mais on 
fait des mécontens et même des malheureux en réduisant l'armée, les 
administrations, les bureaux : la révolution, qui a fait et défait sans 
ceste, n'a fait qixe desiroéconten» et des malheureux. Le» mécontens 
seront les JM^e» ju&temeae destitués, et la fau^e n'en, est p«» au gouver- 
, xiementj Jes miilheureux seroient le& juges fidèles et intégres , et ceux-^ 
là trouveront place dans les tribunaux conservés. La crainte de faire 
des mécontens, et m-éme des malheureux, ne peut pas être une raison 
idc différer des mesures devenues nécessaires, et elle ne doit pa9 em-)* 
}>êcbef de réduire à de justes proportions les institutions gigantesques 
de gottvernemens toujours hors de toute mesure , et qui embrassoient le 
monde entier dans leur projet de domination. 

» Je passe, messieurs, k la seconde partie de la proposition de 
!M. Hyde de N^^uville, à la suspension, pendant un an, de l'institu- 
tion royale des juges; c'est-à-dire, comme l'auteur de la proposition l'a 
«ntendu, et la chambre elle-même, lorsqu'elle a arrêté de la prendre 
en considération , à la suspension pendant un an de l'inamovibilité des 
fonctions judiciaires. 

» Votre commission a vu, dans la certitude de conserver nn état 
lionorable, le prix dtr temps employa à des éludes longues et austères, 
«t la digne récompense d'une jeunesse sagç et utilement occupée ; elle 
a vu dans l'exercice non interrompu des fonctions judiciaires le 
moyen, pour un juge, d'acquérir ce coup d'<ieil , cette sagacité, en 
un mot cette habitude de juger qui ne s'apprend pas dans les livres^ 
et qui démêle le vrai nœud d'une difficulté, le point décisif d'one 
IBonteslation à trayers toutes les subtilités de la cnic^nç et toutes les 



(4^) 

niM>s Ae la màttraise ffH j elle a vu enflû, dans la' perspective a^.^urre 

3uc,la loi donne au juge de mourir dans sa place, le dédommagem<-nt 
^avoir vécu , iristemi-nt occupé à d^'roulcr le iun^ tableau des misères, 
des foiblesses ^ des crimes iie rhumanité , elc. elc. 

» Mais voire commission a p^nsé c^ue la suspension de Pinslitntion 
roj^alc pendant un an après la nomination , proposée seulement pour 
le moment actuel et la première nomination des juges, poiivoitêtr« 
^tendue à tous les leinps et à toutes les nominations, et être , à Ta venir, 
une loi constiit^te de Torganisation judiciaire. 

u Ici , messieurs, tous remarquerez peut-être la modération des sen- 
timeos de votre commission dans l'intcniion <p»Vlie a eu d'ôter to*it 
caractère de .spécialité, et, si nous osons le dire, de personnalité à ia 
mrsurc proposée, qui n'appliquoii la suspension quVux juges nommés 
dans Ut première et prochaine organisation des tribunaux : perstinnc d« 
peut se niaimlre J^une mesure commune à tous 

» Tels sont, messieurs, les motifs de nôtre opinion, et quelle que 
toit celle de la ch;)mbre, elle ne pourra , du moins nous le croyons , 
ique rendre justice aux intentions de sa commission. 

» Mais , dit-on , vous ferez donc juger pendant un an par des juges 
amovibles? MM. les ju^es de paix jugent et ne sont point inamovibles; 
les ju^s de commerce jugent, et même de grands intérêts, et oe sont 
pa» inamovibles^ les arbitres jugent et ne sont pasioamovible& ; les coa-r 
9eils de guerre jug'eot et ne sont- pas inamovibles j les jurés jugent, iU 
prononcent sur la vie et ^bonn(^ur des citoyens, et ib ne sont pas ina- 
movibles ^ mais même dans les tribunaux dont les juges sont ifiamo- 
Tiblt's, dans les tribunaux de première instance, il n^y a pas d^affaire 
un peu importante dans iaqufUe les avocats ne soient obligés de «tip* 
p'icer des ju^^s; vtiles avocatsstf^ipl^ils, loini&^êtreiaMBOviblcs, iiU>kU 
p4>4 luême lé caractère de juges. 

» Li's houiuaes estiiùables et considérés, dit-on encore , ne voudroai 
pas accepter des fonctions au hasard d^en être dépouillés au bout d^ua 
au {fiar Tintrigue et la prévention. Messieurs , descendes eo vous-mêmes, 
»t (iites-nous fii rbotinêië homme, Thomme de bien, éprouve jamais, 
en acceptant des fonctions honorables, la crainte d^étre destitué. Vit» 
surpateur, qui n'acc<^>rdoit rinstituUonà vie que cinq ans après la no- 
Diinetibn , non-seulement pour les fonclioes de juge, mais pour celles 
de conseiller d'Etat, n'a-tnl pas trouvé des hommes d^m vrai mérite 
et:d une grande capacité pour remplir cesdifFérens emplois? et vqu« 
douterii'z si ^ *avec la^ faim et la soif des places qui nous tourmentent, 
avec les besoins urgens où le roalhewrdes temps a plongé tant de fa-> 
milles vertueuses, vous douteriez si des places . hoQorai>lea ^seroiepl 
acceptées par des homflftesq«i iroiuverôieni, dans la conscience de leur 
intégrité, la co|>fiaace , d^soBS mieux , la certitude de les conserver ! 

V Si Ton croit nécessiûre une première épuration, pourquoi pas une 
seconde, une troisième, etc.? Messieurs, ne pressons pas les vérité» 
morales et politiques, si nous ne voulons p»s qu'elles nous échap* 
pent. Il faut tendre à la perffctioa dans les oomme-s^ nous n'aurons 
DKs snr>s doute des juges parlails, mais npus aurons un moyen de plus 
aVoHiler des }uges indignes de Têlre j U s'arrête la raison. 



. , . . . (43) 

»NoiïR (inîron.« par tiiip redexicn rjoc nous fi^nomman^ten» à h sé^ 
rieiîse atlenlion de la charahre: Messieurs, si rUonneiir, ta foituno ,■ 
iVxistenre même de vos familles elolent compromises devant ud tri- 
bunal, et que tout recours vous fût inierdit cooire'le jugement, irous 
Irembicriez à U seule pensée de rerrcur dont elles pourroient être la 
viciime. La socie'ld vous permet à tous ce recours , non-seulement à 
un second iribuQal, mais à un tribunal suprême qui peut vous ren- 
voyer aune autre cour, et annuler encore ce dernier arrêt. Kh bien! 
niessieurs, la France, votre patrie, la socidtd lonic entière soutienti un 
grand procès, et, on peut le dire, d«vant ses tribunaux. C'est^soo 
Jionneur, c^e&i sa sùrete , cV<4 son existence môme qui est raenacce^ 
le recours qu'elle vous donne à tous contre Terreur aun premier ju- 
Çemenl, elle vc-ts le demande à tous contre Terreur d'un premier choix , 
et dans ce genre, la, patrie vous donne plus de sùrelés que vous ne 
pouvez lui en rendre. Si les juges institués par elle trompoient sa 
confiance, si des attentats contre Tordre public demeuroieirt impu- 
nis, ou n'étoient punis qu'avec mollesse ou pusillanimité, c'en srroit 
fait de la France , cl des jugemens tels que de» exemples trop récens 
nou^ autorisent â les supposer, auroient des suites plus graves qu'use 
sédition. 

» Prenez-j gjirrdc, les tribunaux sont la dernière ressource de la 
France 5 elle n'a pas encore, cHc n'aara peut-être pas, dé qnelawe 
temps , de force raititaire assez imposante. Ce que la France a de plus 
cher, sa religion , sa rojanté , son Roi , sa famille régnante, sa tran- 
quillité intérieure, sa considération au dehors, peut-être l'intégrité de 
«on terriiofre, dépendent plus qa'on ne ^lense de l'autorité desestri- 
blioanx, ei ècVéiptiHfi «ét^ce et impartiale de leurs jugemens. Qu'on 
ne s'arrête pas aux mots quand les choses pressent de tontes pnris : L*i 
lettre morte dn la loi tue , c'est l'esprit qui vivifie 5 et c'est«lans l'e-sprii 
de la loi de rinamovibilité que Totrc commission vous propose une 
modifiGation qni ne la sospend momentanément que pour la rendre 
f*Vaê ntilc. Développer Tesprtt d'une loi n'est pas innoter ; la modifier 
n'est pas la détruire» 

» Vu l'art. 59 de la chartre : « Les eours et tribunaux ordinaires , 
» actuellement cxistans, sont maintenus j il n'y sera rien changé que 
» par une loi ». 

» Et l'art. 58 ; <c Les juges nommés parle Roi sontinamovi-bles ». 
» \-otlte commission , Messieurs, a l'honneur de vous proposer : 
» Que .Sa Majesté sera suppliée de porter un projet de loi, 
» i^. Pour que le nombre de cours et tribunSiux soit réduit ; 
I» ^o. I^mir déclarer que les juges seront inamovibles a^prés un an , k 
compter de leur installation ». 

Dans la séance dit 18, M. le duc de Feître a , comme nous 
r«voii$ dit y apporté un projet de loi sur les cours prevolales.. 



n en a etpodé les motifs et les dispositions clans le dîsi^ourf 
suivant : 

« Le Roi nous a ordannë de tous présenter un projet de loi tend<<nt 
À rétablir les juridictions prevAtaleA, et à les substiuier temporairement 
AUX cours spéciales. La chartre consiituttonnelle; a autorisé ce létahiis- 
Bernent pour les cas où il seroil jugé nccessaire, et des événemens affreux 
n'ont que trop tôt justifié sa prévoyance. 

^) Vous avez senti, messieurs, coqabien il devcnoit urgent et nécessaire 
de récourir à ce puissant moyen de tranquillité, et c'est pour répondre 
au vœu exprimé plusieurs fois dans votre enceinte, que Sa Majesté a fait 
rédiger le projet que nous vous présentons. 

» Sans doute, il seroit à désirer que l'on n'eût jamais à se départir, 
dans la recfaercbc des crimes, de cette marche lente et saif;e prescrite 
,£ga(ementpar la politique et par l'humanité, et qui constitue ce qu'on 
Appelle les formes ordinaires de la 'justice. 

)> Mais il est des époques malheureuses où la société, attaquée avec 
Violence, çst obligée de traiter en ennemis ceux qui, placés dans son 
propre sein , lui déclarent en quelque sorte une guerre ouverte , et à les 
frapper avant qu'ils devienaent assez forts pour la détruire elle-même : 
lorsque Thabitude des lois et du respect pour l'autorité a été ioteriom- 
pue^ lors<|ue de vains regrets et des ressenlimens de tout genre entre' 
tiennent la fermentation dans les esprits; lorsque la multitude çsl prête 
encore à se laisser agiter par des sug^^estions insensées, la justice #i be-. 
soin de plus de force et de promptitude: elle doit faire briller son glaive 
avec plus dVclat, pour jeter l'épouvante dans l'amedes mciphans, et, 
pour conirciiudre les hommes égarés à {vendi^ d^tis le .cain^ç.^e 1^ ré.-', 
flexion le sentiment de leurs vrais devoirs. r 

» Telle a «té, dans tous l^s temps, dans tous les pays, l'origine de 
ces\juridiolion^ spéciales, plus occupées du. fond que des formes, qui 
«emblent, aux yeux d'un observateur superficiel, négliger un moment 
la sécurité individuelle, parqe qu'elles ont pour objet de lui donner »< 
avant tout , la seule base réelle et durable, la sûreté de l'Etat. % 

«Remède salutaire, quand un gouvernement paternel, les retenant 
dans leurs justes limites, n'en use que pour ramener la paix, et pour 
les rendre elles-mêmes pi^mptement mutiles ; instrument terrible quand, 
un gouvernement imprudent permet qu'elles deviennent des armes dans 
la main des factions. 

» Elles ne s'appliquent, par leur tfature, qu'aux cas où il. y aurpit 
danger de voir les malveillans se porter aux attentats publics, aux vio- 
leuces manifestes, à ces actes dont il est impossible à la calomnie de 
feindre Texistence, et où la certitude du corps du délit ne laisse , pour 
amsi dire, aux juges d'autre soin que d'examiner la part individuelle 
qu'y a prise <ihacun des accusés. ^ 

» Mais si jamais on vonloit les employer contre des crimes secrets, 
comme ces complots tramés dans l'ombre, dont les meilleurs citoyens 
peuvent être si aisément accusés; si la sagesse de ceux qui exercent ces 
fonctions n'étoit garantie par les régies prescrites pjir leur devoir, ei 



. (45) 

Arlfcestië0y »ut yeux do tous, par la publicitë de leur» aetes^ sf «tf^oti- 
verpementrëgalatear, enfin, oe se rëserToit les mojrens de s'associer à 
cha<|ue instant à cette sagesse, bientôt les juridictions extraor4ioaires 
serviroient les passions encore plus que la, justice.; Tinnocence elle-, 
même en concevroit un juste etfroi, l'opinion publique se révolieroit 
contre elles, et le gouvernement se verroit peut-être e'branlë par Itrs 
inslilHtions dont il aurnit cru faire son plus ferme appi^f. 

u C'est d'a{rrés ces principes que les plus célèbres magistrats de la 
monarchie, que les Lhôpiial, tes d'Aguesseau, avoient constitué jadis 
BOs juridictions prcvôtalps. 

» Elles nVioient deslioees, dans l'origine, qu'à maintenir la disci-* 
pliue dans les armées, et à réprimer les excès de9-{;ons de guerre. Par 
une conséquence fort naiurt-He, on k'nr aiiribuoit les procès des déser- 
teurs, de tous les vagabonda, et des individus déjà condamnés. 

» Leur utilité conoue les 6^fe employer conire les crime» publics com-* 
mis avec violence, rpieis <|u'eirCussent les auteurs^ vols sur les grands 
chemins, avec effraction, avec port d'armes et violence publique, 
^ttroiipemens illicites, seViilions, émeutes populaires, levées illégales 
de troupes; en un mot, tout ce qui menuçoit le rcpos^ public , tout 
ce qui pou voit devenir plus dangereux si la punuion n'en étoit pas 
éclatante et rapide, entra. dans leur compétence; majs à mesure que 



cette compétence s'accrut, à mesure qu^elle einbrassa un plus gran^ 
nombre de crimes, quelles que fussent les personnes qui Us avoient 
commis, lés occasions d'en abuser se multiplièrent, et il fallut que da 



sages ordonnances en réglassent Texercice. 

» Ainsi les juridictions prevôlalcs étoicnt bien éloignées d'avoir rien 
qu'on puisse apnelerrévolutionnaire; maisTinstruction en étoitprompte, 
le jugement souverain , l'appareil imposant. ' . , 

» Os >iiges armé», qui se iransportoient subitement , rapidement, par- 
tout où se commettonent les désordres, effray oient la multitude, et 
l'i4éc seule d'être j^uges prcvôtatenéent inspiroit aux plus mutins uns 
réserve salutaire; le crime recalotl et le danger êessoit. " - 

» Lé Qfide d'instruction criminelle aujourd'hui en vigueur a établi^ 
«ous le nom de cours spéciales, des tribunaux qui ne sont pas sans ana- 
logie avec les juricliclions prevôtales: ils jugent, sans jnr«s et sans re7 
Cours en ca.<isation, les crimes des vagabond» et des g.eu> sans aveu 
dqn condamnés, et quelques crimes de la nature de ceux qui supposent 
une violence p:iblif|ue. 

» Maris, il faut le dire, Ténum'ération de ces crimes, faite pour nu 
temps paisible , ne suliit malheureusement pas aujourd'hui. 

«Leur poursuite et la procédure préparatoire conservent la lenteur 
des formes ordinaires : la compétence de ces cours doit se juger à la cour 
de cdssaûou ; ce qui, pour les départemens éloignés, retarde beaucoup 
trop l'ouverture desdchnts et h» ju<!ement définitif. 

» Il est vrai qu'on admet trois militaires parmi ces juges , mais «ana- 
les charger de 1 instruction, et sans que leur présence accélère en rien 
la marche des affaires. On a donc pensé avec raison qu'il y auroit 
d;* ^irAnds avantages à se rapprochrr de l'ancien ordre de choses, eu Ï€ 
combinant avec noire organisation judiciaire actuelle. 



(46) 

)» On il métaè tronyédiBDfiForganisAitDn aduelle desnifiyeas <}e per^*- 
fectiotiti«r en qnelqii«s f>oiQU cet ancien ordre de procétlurc. 

M On a donc «$taUi ud prévôt luiittai'.equi ipeiira dans la rèchin*cbe- ^ 
des crimes et daos la poui^suhe des criminels Ténerg^e naturclk^ à sa 
profrssion. 

» Comme autrefois, on régularise ses opérations par rassistance oé-* 
cefi^aire d^un jurisconAulte. . ^ 

» f n multipliant assez les prévôts pour qu'0 y en ait un dans chaqua 
département, on pourvoit plus efficacement que dans Taocien régime 
à la tranquillité publique, puisque le nombre de ces officiers ne mon-t 
toit alors qu^À trente^troii:. 

M La compétence ^e sera plus jugée comme celle des cours spéciale» 
à la cour de cassation, mais à la cour royale du ressort. On n'atten- 
dra même pas Tarrét de compétence pour ouvrir les débats, tt Ton 
hâtera aiujii le moment où la peine viendra effrayer et retenir ceux 
qui seroient tentés d^imiter les coupables. 

» Les formes de l'instruction établies par les cours spéciales se* 
roQt conscrTées, parce quMles offrent à rinnocent tous les moyens de 
te jufHifier , en atteignant ceux à qui la complication des formes ordi- 
naires laisse quelquefois les moyens de se soustraire à la conviction* 
Quant à la compétence, vous temarquerea, messieurs, qu'on a attri- 
bué aux cours prevôtales les crimes et attentais, coati « la sùnaé du 
souverain et de rEtat, et qui sont spécifiés dans le Code des délits et 
des peines, ou dans U loi récemment rendue sur les cris et autres 
acl^s séditieux , toutes les fois^jïùe ces crimes et attentats seront publics 
ou accompagnés de violences publiques. 

» Mais on en a soigneusement distrait las crimes siHsrets , les complots ^ 
et tout ce qui n^étant pas en -quelque sorte flagrant, (out ce qui pou« 
vant hre inventé ou dénaturé par ta calomnie, ou tenir à d^ trames 
dont il faut se garder de rompre le fil par trop de promptitude , a bc* 
soin d'^p'e scruté et examiné avec ta maturité des formes ordinaires. 

» Ces sortes de crimes ne pcuvcni plus causer aucune inquiétude, 
aujourd'hui que la loi sur les mesures de sûreté publique à donné au 
gouvernement le droit d'cmpâcher leurs auteurs d'en reprendre la 
•uile. ^ 

» Agir autrement, ce seroit s'exposer à tous les genres d'injustice. 

» Un gouvernement légitime ne doit voir qu'avec horreur tout ce 
qui pourroit ressembler, même de loin, à ces détestables tnbunaux> 
si indign^&de leur nom , qui ont ensangtanié notre patrie à une épo- 
que dont tout François voudroii pmavoir effacer le souvenir. 

» Qu'il nous soit permis de vous redire en finissant, qm; le but de 
cette loi est de faire renaître enfin dans tout le royî^ume ce calme que 
des institutions semblables entretinretit autrefois, et que vingt années 
de tempêtes cruelles rendent nécessaire^ d%timidrr les méchansqui 
verroient de nouveaux malheurs avec joie, pour peu qu'ils offrisi^ent 
de nouvelles chances à leur ambition; de les i.soler de cette foule, 
d'hommes foibles dont ils font les instrumens de leurs crimes j de ras- 
surer rnfin les citovens honnêtes contre la crainte sans cesse rcuivis- 
sante de uouvelltts convulsions. 



(47) 

» La loi remplira infaillibletDPnt ce but , lorsque son ex^cutioTi sera 
•onfiifc à des mains fermes et pures. C^estce dont la sagesse du- Hoi et 
sa sollicitude constante pour le bonheur de son peuple ne doivent per» 
mettre à personne de douter. 

r^ous ne donnerons pas aujourd'hui le texte du projet dt 
loi , faute de place. On en verra aisément l'esprit et les prin- 
cipales dispositions par le discours qui précède. Peut-être 
d'ailleurs ce projet subira*t*il des amendeiiieBS , et vaut~il 
mieux en réserver l'insertion pour le temps où il aura été cou- 
-verti en loi. U est fort long, et contient 55 articles. 

Le 20, il y a 'eu comité secret à la cbambre. La séance 
toute entière a été consacrée à entendre quatre orateurs seu- 
lement, qui ont parlé sur le projet de loi pour la réduction 
des tribunaux, et la suspension de Tinstitution définitive des 
juges. M. Pasquier a paiié contre les conclusions du rappor- 
teur, a proposé de passer à Tordre du jour sur la réduction, 
attendu que le çouvernement s'en occupoit, et a demandé 
la question préalable sur Tinstitutiqu. M. Cardonnel, prési- 
dent de la cpur royale de Toulouse, a appuyé le projet, et 
proposé seulement un amendement quant à la suppression 
actuelle des tribunaux de première instance. M. Royer-Collard 
a combattu les deux propositions du rapporteur. M. Roux- 
Laborie a proposé d'ajourner la question de la réduction , et 
«l'adopter la suspension de l'institution définitive. 



COUR D ASSISES DE PARIS. 

L'afiàire du sieur Lavallette avoit attiré une foule trè»-- 
'vcnsidérâble. Elle a commencé le lundi 20 , sous la présidence 
de M. le conseiller Cholet; M. Hua , étant avocat générai. L'ac- 
cusé étoit couvert d'ordres, et portoit entr'autres le grand cordon 
de la légion d'honneur. On a donné lecture de 1 acte d'accu- 
sation, d'oii il résulte que le 20 mars, à neuf heures du ma- 
tin, Lavalette se resdit k l'Hôtel des Postes, en disant: Je 
prends possession des postes au nom de l'empereur. Il fit dire 
à M. Ferrand qu'il pouvoit emporter ses papiers, écrivit à 
Buonaparte , arrêta les proclamations du Roi , et expédia des 
f rdres au nom de l'empereur. Ainsi il a usurpé des fonctions 



(48) 
|)ut)Iîques pour eoncourir au succès c!e Tentreprise de Buona- 

Sarte. L'avocal génërtfl a résumé les charges et a reconnu le 
élit. 
Alors rinstruction de la procédure a commencé. L'accusé 
est convenu avoir écrit une lettre à Buonaparfe en novembre 
i8i4- M. Ferrand, appelé comme témoin, a déposé que le 
sieur Lavalette vint le matin aux postes, et qu'ayant voula 
lui avoir deis chevaux pour son départ, Lavalctle lui en refusa 
pour Lille, et ne voulut lui en donner que pour Orléans. 
L'accus^ a cherché à expliquer les faits. 11 étoit venu , a-t-il 
dit^ pour demander audience à M. Ferrand. II a nié quelques 
imputations, et s'est efforcé d'atténuer les autres. Plusieurs 
employés de la poste ont été appelés, et ont déposé que Taccusé 
avoit aonné des ordres à la poste le 20 mars. 11 rédigea en- 
tr'autres et fit répandre une proclamation ou circulaire en ces 
termes : L'empereur sera à Paris dans deux heures, la capi- 
tale est dans le plus grand enthousiasme , tout est tranquille. 
11 fit défense de donner des chevaux que sur un ordre de lur 
ou des ministres de l'empereur. L'audition des témoins et le» 
débats ont duré jusqu'à six heures du soir et doivent être re^ 
pris le mardi. 



LIVRE I^^OUVEAU. 



JUstùirc de Vartcien «t du noupe^fu Testament ^ ri^ec des erplieaiiont 
édifiantes tirées des Saints Pères ; par Le Maistrc de Sacy, 86115 te 
nom du sieur de RoyaumoDt, prieur de Sombreval (i). 

Nous recommandons de nouveau cette édition qde nous annonçâmes 
Tannée dernière. EHe a droit à Fattenlion ei à Teslime des amis de la 
religion et delà jeunesse* On sait combien ce livre étoil d'un fiéc|Ufnt 
, usage dans les familles rtiréliennes. On le mettoit entre les n^ains des 
enfans, afin qu^ils y prissent de bonne heure la connoissance de l'his- 
toire et des préceptes de leur religion. Il est à désirer qu'on i'asse revivre 
cette coutume salutaire. 

Cette édition, dédiée au Roi , et présentée à Monsieur et à Madame, 
est faite avcc^oin et imprimée en beaux caractères. 



(t) 7 1^1. in'4°. avec 270 figures j prix, 27 fr. et 33 fr. franc ^le 
port, A Paris, chez Biaise, libraire, quai des Augustins} et au bu- 
reau du Journal. 



ÇSamedi a5 nos^mhre i8i5. ) (N®. 1 55. ) 

' ■ "' ., ' ■ I, , / '.'■'.! *\ ji / ' 'jF ■ \\\\ ' à 

Notice sur M. Vabbé Héme^y^ d^:ÀuberivBi 

Nicoîà*-Philibert Hémej d'Auberivé , docteur de Àorboif ne ^ 
àbbé d'Ebreuil, ancien grand vicaire d'Auti^i>^*pitk?de h^^n^ ■ 
archidiacre et chanoine d'Autun^ prieur du VaJ-Duc^'et de 
Quinquennavaud , naquit à ChâlonS'-sur-Marne en 1789^ Son 
père avoit eu quinze enfans , et avoit pria Wni que téuc reçus* 
sent une éducation soignée. Celuidoni n<Hi^ «ivons k parleir 
étoit le second de cette nombreuse, famille.ill 6t ses^tuaès au 
collège des Jésuites de Châlous,- et pfoitto des leçons de ces 
maîtres habiles, qui dévoient peu api'ës étr^^enlevjés à la so-^ 
eiété et à renseignement. Sa passioil pourli'étnid^rse. développa 
de bonne heure ,iet le jour ne lui suffisant pists po.upr s'instruire , il 
iravailloit la nuit. Il a raconté plusieurs foisqu^c'^oitlaî nuit^ 
et en secret, qu'il a,voit lu et appris Homëfe'.eibQyide. Aprè« 
avoir fait avec distinction ses cours. d^huxa^nités.^' le -jeune 
Hémey ayant témoigné du goût pour l'état ecclésiastique , fut 
envoyé à Paris, et entra aux Eobertins. 11 fit ses études thécH 
logiques avec beaucoup de distinction ^ et fut le seciond de s« 
licence. On croit même qu'il eut obtenu la première pèace^ 
s'il n'avoit eu pour concurrent un abbé de h^ute naissance. Les 
«véques se disputoient alprs les sujets qui avoiieAt brillé dans, 
leur licence. M. de Noë^ nouvellement évéquë dé Lescar, at-* 
tira M. l'abbe Hémey avec lui , et Iêî ât son grand vicaire^4 
M. de Noë étoit instruit, aimable, et renommé pour son esprit; 
mais sa conduite lors des actes du clergé de ;i 7l6o> . et surtout , à 
^e qu*il paroît, son extrême déférence pour un frère qui avoit 
donné sa confiance au P. Lambert^ et qui se laissoit diriger 
par ce théologien visionnaire et emporté , cofttfil^ûèrènt à dé- 

foûter M. I abbé Hémey j et tout en cpUserv.aut de l'estime et 
e la reconnoissançe pour le prélat, il lui, demanda la per-» 
mission de le quitter , et s'attacha à M. deMarbèuf , quivenoit 
d'être fait évêque d^Autun. Cet évêque, à peu près du même 
âge que l'abbé Hémey, avoit été plus à portée encore d'ap-' 
précièr ses talens . et sq^uhaitoit S-'en servir àom l'administra-? 
lion d'un des diocèses les plus étendus de la France. Il le lit suc-* 
eeçsivement ^rand vicf^^re, chanoine et premier archidiacre/ 
jf o/«fi /^i, VAmi de la Religion et du Boi, ï) 



•t se reposa sur lui du soin de beaucoup d^âil'aires* Cette con- 
fiance , qui ne s'est jamais démentie , donna même à Tabbé 
d'Auberive des rapports de plus d'une sorte. L'ëvêque d'Au- 
tun étoit président né des Etats de Bourgogne , et étoit obligé 
cii cette qualité d'entrer dans les détails de l'administra lion 
temporelle. 'L'abbé liémey le soulageoit dans cetle parlje , 
comme dan» le gouvernement du diocèse. Chargée plusieurs- 
fois de rapports^ de déroarebes , de discussions î' il se fit con- 
noitre aux £tats par ia netteté de son esprit, par la sagesse 
de ses aris , et par son habileté à traiter les aflaires les plus 
épineuses. Des personnes , qui l'ont connu à cette époque., se 
rap|5èllent combien sa conversation étoit attachante, instruc- 
tive et animée. Dowé d'une c'onception prompte et d'un esprit 
brillant, il y avoit joint des connoissances acquises par un tra- 
vail assidu.' On pourroit s'étonner qu'avec tant d'embarras el 
de distractions , i) eût trouvé le temps de lire et d'étudier au- 
tant. Mais il savoit distribuer son temps avec une sage éco- 
nomie, il se couchoit tard, se lévoitde graiftd matin ^ et pro- 
fitoit de tous les moniens. Il se forina une bibliothèque , plus 
choisie encore que nombreuse , et s'instruisit non-seulement 
dans les connoissances de son état , mais encore sur d'autres 
matières de sciences, de critique et d'érudition. 

En 1777, M. de Marbeuf fut chargé de la feuille des V- 
néfices, k la mon du caixlinal de là Hoche- Aymon, et vint 
deniueàrer à l'abbatiale dé Saint-Germàin-df s-Prés', oii M. lïé- 
mey le suivit. Os nouvelles fonctions du prélat augiiiéntèrent 
encore les travaux de l'abbé Hémey. 11 eut depuis celte épo- 
que une part pins considérable dans l'administration du dio- 
cèse d'AutUB) où l'évéque âlloit plus rarement. Il y faisoit. 
tous les ans un 'assez long séjour, et quand il étoit à Paris , 
c'étoit lui qui dtrigeoit toute la correspondance, et que l'on 
consnltoit pour les affaires. Actif et laborieux, il ne laissoit 
rien en arrière. Le Roi le récompensa de son zèle en le nom- 
mant, en 1780, à l'abbaye d'Ebreuil, au diocèse de Cler- 
mont , qu'a voit eue , en dernier lieu , Mâssillon , le neveu de 
l'évéque. L'ahbé Hémey en rétablit le temporel , qui avoit été 
fqrt négligé pair son prédécesseur. 11 répara l'abbatiale , et 
consacra la plu^ grande partie du revenu à vivifier le pays , 
et à en soulager les pauvres. 

Le grand vicaire et l'ami du ministre de la feuille ne pou- 
toU manquer de parvenir à l'épiscopat. L'abbé Hémey fut 



w effet nomme par le Roi à un siège, nous croyons que c^est '; 1 

à celui de Digne, en 1784. Mais il refusa cet honneur, redou- | 

tant sans doute le poids des devoirs qui v sont attachés , et ' 

aimant mieux travailler en second et avoir moins de respon* ] \ 

sabilité. U resta donc attaché à M. de JVIarheuf , et ce prélat . | 

ayant passé, en 1788, à Farcheveché de Lyon, ce fut l'abbé \ j 

Hemey qui fut chargé par lui d'aller mettre l'ordre dans ce , \ 

nouveau diocèse» Lié depuis long-temps d'amitié avec MM. de j 1 

Saint-Sulpicé , il descendit dans leur séminaire. On rétablit 1 ! 

la signature du formulaire ; on cessa l'enseignement de la théo- \ \ 

logie du P. Valla , et l'on renvoya plusieurs Oratoriens et ^ 

Dominicains , qui avoient fait de Lyon^a place d'armes d'un i ' 

parti fort connu. j 

M. Hémey partageoit son temps entre l'étude et l'adminis» i 

tration du diocèse lorsque .la révolution éclata. On pense 1! 

bien qu'il ne fut point tenté <le se lier au nouvel ordre de choses: 
Il avoit Tespirit trop juste, et il éloit trop attaché à ses de- 
voirs pour se séparer des évêques et de la partie la plus saine 
du clergé. U resta à Lyon le plus long-temps qu'il lui fut pos^ 
sible, gouvernant le aiocèse au miUeu des orages. Contraint 
de se retirer y il alla dans son abbaye d'Ëbreuil, se flattant 
sans doute de trouver la tran^juillité dans un pays oii il n'étoit 
connu ^ae par ses bienfaits. Mais là , comme ailleurs , les 
idées révolutionnaires étouff oient lavi^econnoissanOe ,^ et exal* 
toient les t^ies. Ceux qui pilloient les châteaux étoient encore 
moins disposés à éparçi^er une srbba^^e. M. Hémey fat obligé 
de s'enfuir, après avoir confié son mobilier, sou argent, ses 
papiers et ses livres à une famille de la fidélité de laquelle 
il se croyoit assuré. Mais à peine fut-il parti que la maison 
abbatiale fut mise en vente et le mobilier pille. Une malle , 
remplie de papiers, fut ouverte. C'étoient, pour la plupart, 
des extraits d'ouvrages , des notes sur différens sujets, et le fruit 
du travail et des recherches de plus de trente ans. Il n'est au- 
cun homme de lettres qui n'ait rassemblé de ces matériaux 
dans le genre qui l'occupe. Ce dépôt précieux des lectures et 
-des réflexions dé M. Hémey, fut enlevé, dispersé ou brûlé. 
Sa bibliothèque eut presque le même sort , et il en retrouva 
depuis à peine un tiers. Cette perte faisoit dans la suite l'objet 
de ses plus vifs regrets, et il n'en parloit qu'avec amertume. \ 

Après avoir quitté Ebreuil, il s'étoit rétugié en Bresse chez /. 
HB ami ; mais la crainte de le compromettre lui fit quitter cet 

D 2 



^ 52 ) 

tisile atl bout de six semaines. II gagna Genève avec lé de$-» 
sein de sortir de France , et de joindre M. de Marbeuf. Di-* 
verses circonstances s'opposèrent à ce dessein, et il mit lé 
parti de revenir à Paris , oii il vécut déguisé , et dans la plus 
grande obscurité. Il occupoit une chambre dans la rue du 
Bac , chez M. Le Seiçueur, qui ignora lonc-temps, ainsi que 
fia femme, ce qu'étoit leur hôte. Mais M. a'Auberive, avant 
appris à les conooître, et trouvant en eux des gens sincère-^ 
ment religieux , leur confia son secret. Il n'eut point lieu dé 
s'en repentir, et ils lui rendirent des services signalés, qu'il 
reconnut par un sincère attachement. Il ne voyoit presque 
qu'eux , et passoit sa vie dans les bibliothèques publiques y 
cherchant dans l'étude une distraction aux malheurs de la re-^ 
-Tigion et de son pays. Son assiduité et le gettre de ses recher- 
ches le firent remarquer des travailleurs qui fréquentoient ces 
bibliothèques , et même des savans qui y présidoient. Ils rei-* 

Ï)ectèrent son incognito; mais ri arriva plusieurs fois qii'ils 
e consultèrent sur des matières d'érudition , et ils étoicnt éton- 
nés de voir un homme fort simplement vêtu les mettre sur 
la voie, ou même résoudre sur-le-champ leurs difficultés. 

Ce fut dans ces temps malheureux que l'abbé Hémey re-* 
trouva un frère et un neveu, qui occupoient des places dans 
les hôpitaux, et dont la speiété fut pour un si bon parent 
un adoucissement à ses peines. Ce fut alors aussi, ou du 
moins peu après la terreur , qu'il se lia plus étroitement avec 
M. Emery. Se retrouver, après une telle tourmente, parois- 
«oit presque un prodige. Tous deux, à peu près du u^me 
âge, et tous deux fort instruits, mirent en commun leurs 
travaux ^ leurs vues , leurs recherches. Leurs entretiens près* 
que journaliers rouloient sur la religion, sur ses pertes, sur 
les moyens de les réparer , et on dit que la piété de M. Hé- 
mey parut prendre des accroissemens par ses fréquens rap- 
ports avec un ami si pieux. En retour, M. Hémey seconda 
M. Emery dans la publication de quelques-uns de ses ouvra- 
ges , du Christianisme de B/icon, des Penst^es de Leihnitz^ et 
depuis des Pensées de Descartes, 11 est probable qu'il eut aussi 
part à quelques écrits de circonstance rédigés par M. Emery sur 
les affaires- de l'Eglise. 

Lors du Concordat, ils suivirent tons deux la même ligne. 
On s'attendoit qu'ils seroient consultés à cette époque oii leurs 
IiiUBière« eussent pu être si utiles^ et ii paroit qu'ils avoieitt 



(55 ) , . ^_. . 

réJigç nn plan plus avantageux c|ue celui qui,a été suivi. Mail 
ceux qui n avoient pas des intentions aussi droites redoutoient 
des hommes qui ne vouloient que le bien. Leur influence fut 
«oigneusement écartée, et 'des intrigans s'emparèrent du soin de 
la négociation, et surtout de l'exécution du Concordat. M. Hé-» 
auey ne voulut prendre aucune part k ce qui se lit. Nommé 
«uccessivement à deux sièges , il les refusa. On sait que Buo* 
naparte lui offrit successivement révêché de Digne et celui 
d'Agen. H se souvenoit très-bien de l'abbé Hémey, qui avoit 
été chargé par la Emilie Marbeuf de le conduire dans sa jeu» 
nesse à Técole de Brienne» Mais TalAé Hémey ne songea point 
à profiter de ce fait pour satisfaire son ambition. Sollicité par 
le cardinal légat , il lui exposa ses raisons , et obtint de rester 
à l'écart. sjl avoit même si fort à cœur d'être étranger à tout , 
ce qui se faisoit, qu'il n'accepta point la modique pension 
que le gouvernement accordoit a^ux ecclésiastiques ; aésinté-r 
ressèment d'autant plus remarquable que M. Hémey n'étoit 
pas riche. , 

II continua dans la retraite ses études et ses recherches ac-^ 
. coutumées. Ce fut lui qui se rendit éditeur du traité intitulé ; 
Doctrinr. de T Ecriture sur les miracles , Pari^, 1808, 3 voU 
in- j 2. Ce traité , composé en anglois par M. Hay ,. vicaire 
apostolique en Ecosse , avoit été traduit en françois par M. Nar 
got; d^e Saint-Sulpice. On. trouve dans le 3*, vQlume des ob" 
servadons efaddilions de l'éditeur sur diftereos sujets. Elles 
forment environ 160 pages, et traitent de divers points de 
critique. Quoiqu'un savant hébraïsant ait reanarqué une er-r 
reur à là page 4^6, cependant ces additions' renferment sous 
différens titres des discussions intéressantes, quoiqu 'étrangères 
à l'objet du traité principal. 

Ce fut à peu près à cette époque que l'^abbé d'Auberive 
se mit à travailler sur Bossuet. ^I. Eraery avoit engagé un 
prélat, qui avoit alors du crédit, à favoriser une édition des 
OEuvres de Tévêque de Meaux, et l'un et l'autre sollicitèrent 
l'abbé Hémey de diriger l'entreprise. Il y consentit , et ce tra*» 
.vail l'a occupé jusqu'à la mor^t. On avoit d'abord proposé de 
continuer l'édition commencée par D. Déforis; mais l'exa- 
men et la réflexion firent renoncer à ce dessein, et l'on sentit 
la nécessité d'avoir une édition débarrassée de tout l'alliage 
cj[u'y avoit mêlé le Bénédictin. Li?bel , de Versailles, fut 
«liargé de l'impression. L'abbé Hémey ^ fjui y donna ses ^oin| 



, ( 54 ) 

«ans vouloir entendre parler d'aucune rétribution , publia d'à-» 
bord un Prospectus (i), puis au cominencement de i8i5, 
deux volumes , qui ont été suivis peu après de deux autres. 
Il obtînt de les dédier au Roi , et fut présenté par M. le grand- 
aumonier à S. M. , qui lui dit lès choses les plus flatteuses. 
11 n'a point eu la satisfaction de terminer cette entreprise ; 
. mais il a laissé des note^ qui aideront sans doute ceux qui 
seront chargés de ce travail après lui. 

L'abbé Hémey étoit d'un tempéranierft^très-fort, et n'a— 
voit jamais été malade. Un accident subit ra enlevé le lo oc- 
tobre. Il paroît qu'ayant voulu soulever quelque chose avec 
effort , il sentit une douleur i interne. Il crut que le repos la 
calmeroit, et se coucha. On entra dans sa chambre une demi- 
heure après; il h'étoit déjà plus. Ainsi fut enlevé tout à coup 
à sa famille et ses amis l'objet de leur estime et de leur atta- 
chement. Un frère, un neveu, qu'il aimoit Tendrement, le 
pleurent encore j ses connois;îances , qui étoîent nombreuses , 
ne le voyoient jamais assez. Recherche dans beaucoup de mai- 
sons pour les aeréraens de sa conversation , et pour la vivacité 
de son esprit, il étoit lié /tvcc àe^ personnes du plus haut rang , 
et la confiance qu'elles lui témoignoient tournoit au profit de 
la religion. Il savoit les intéresser à de bonnes œuvres , et il 
r^dressoit, avec autant d'art que de mesuré, ce que des gens 
moins instruits pouvoient laisser échapper de peu exact sur 
certaines matières. i 

On aura sans doute trouvé dans jies manuscrits des papiers 
ioféréssans. Nous savons qu'il s'étoit occupé de recherches sur 
la magie, et qu'il avoit conçu le plan d'un ouvrage sur cet 
objet, et il seroit curieux de voir comment cette matière au- 
roit été traitée par un critique éclairé , qui étoit eri garde à la 
fois contre une excessive crédulité et contre l'esprit de pyr- 
rhonisme. 11 avoit travaillé aussi à une Histoire de l'Art de la 
verrerie chez les anciens , et on croit qu'il y en à même une 
partie d'achevée. Car cet homme laborieux réuiiissoit beau- 
coup de connoissances diverses , et aimoit à s'exercer sur plu- 
sieurs sujets. 
^ Nous ne devons point finir cet article sans rappeler l'inté- 



^) r a narn à co sujet une brochure du P. TabarauJj Palibé îît'mey 
êtkî.nçoa <ry re'popdre» 



(55) 

rét qu'il prenoit à notre entreprise, et la bonté avec laquelle 
il nous commumquoit tout ce qui pouvoit nous être utile. Nous 
jlu^ souim^s redevables de quelques articles. Sa bibliothèque 
e'toit à notre disposition, et sa mëiuoîre ëtpit un autre tré- 
sor, oii il nous permettoit de puiser. Long-temps xnè\é dans 
lesaâajres les plus importantes, du cierge, témoin de beau- 
coup de faits , dépositaire des anciennes traditions , il avoit 
à raconter des particularités curieuses, et il, eût pu être fort 
utile dans un moment de restauration. 

Tel est riionoune qui vient d'être ravi à l'Eglise , aux let- 
tres et k ses amis. Je n'ai point parlé de sa vie privée. (Jue 
n'auroist*^je point en à dire pourtant de l'honorable simplicité / 
dans laquelle il vivoit? Ennemi des aises, habitué aux priv^a*» 
tions , il savoit encore trouver dans ^lui modique revenu le» 
moyens de faire dé bonnes œuvres. Il par^issoit généreux 
au sein de la médiocrité , et nous Tavons vu .mieux aimer sa- 
crifier une somme assez considérable qu'il pe devoit point , 
que d'entrer en contestation avec un homme de mauvaise Jbi , 
^u'il savoit d'ai^^n dans lé besoin. U avbit ^ . dit^Km , -été 
.question «, il y a quelles années , de le .faire entrée dans W^ 
Diversité ; mais il refusa constamment t<vile Mpfece de places^ 
et ne vbulut tenir par. aucun lien à un gouvernett^nt usuipa- 
teur. Il fut uu de ceux qui pfit lé plus de part au retour de 
l'ordre, et continua cependant à vivre àOfaf^ia. retraite. Le 
voisinajg^e d'une éghse oi^ il^lloit dire la nttise, s^si livreft^^» et 
ia société de ses amis 9 «ultisdient à ses désm^ et c'est, dans ces 
liabitudes modestes et ocjcupées qu'il a trou^v^é la^ fin d'r^e car^' 
jriere ;henorab]e ; et il a^roit pu, en sprtant de lâi vie , s*8f^ 
pliquer ce mot de cet ancien : 

Je ii^ai point fait dû mal , et ]*ài fait qùelcpic bien. 



Nouvelles ecclésiastiques. 

Home. S. S. est revenue de Castel-Gàndolfo , le l^pdi 3o oc- 
tobre. Elle a été accueillie par des. acclamations du perfple ro- 
main, avide de revoir son souverain et son pasteur. Le saint 
Père , après être entré dans ses appartemens ^ a paru dans la 
galerie , çt y a donné sa bénédiction, au pruplc nombreux ras^ 



/5«ïiblé su^ la :p^ic«.,Lfu canon du fort Saint-Ange et les clo-f 
jches des églises 9111 annonce le retour de S. S. 

H— Le mardi 3i , les premières vêpres ^e la Toussaint ont été 
"célébrées dans la chapelle du Quirmal. Elles furent entonnées 
j)ar le souverain Pontife. Huit cardinaux y assistoient. Lç 
iour de la fête, il y eut chapelle papale. Le cardinal Joseph 
4)oria, soiis- doyen (t) du sacré collège, chanta la grandV 
ïnesse , à tei^uelle assistèrent aussi les prélats et chefs d'ordres. 

• — . Le jeudi , jour des morts , il y eut encore chapelle des 
morts pour 1* commémoration des fidèles défunts/ Le cardi-^ 
ïial di Pietro chanta la messe, comme grand pénitencier, et 
ie saint Père fit \e& absoutes accoutumées. 

rr^ Le vendredi, il y eut chapelle, suivant l'usage,* pour 
les obsèques anniversaires de tous leJs souverains pontifes dé- 
cèdes. S. S. y assistpit avec huit cardinaux , et fil encore la 
cérémonie des absoutes. 

. r-»- Lesichanoines réguliers- de Saint-Sauveur ont été réta— 
hliii à Gubbio j 011 leur maison a fourni long*temp$ des hommes 
^minens en sainteté, et célèbres par leur doctnne; 

. - ~ M^J,. Jlivarola est de retour de Gênes. 

' ' — ' Le jour de la Saint -Charles, S. S. se transporta, en 
])K>mpe , à l'église de Saint-Charles et de Satill-Ambroise , et 
y tirtt cliapellc papale. La grand'niesse fut chantée par le car- 
t^inat Litla; après quoi le saint Père se rendit a la chapelle 
intérieure , où l'on conser^^e le cœur du scfint. S. S. y assista 
à une messe basse. > 

— Le même jour , le roi d'Espagne , Charles IV, xeçut les 
hommages et les félicitations des cardinaux , des prélats , des 
ji;inistres étrangers et de la noblesse. Deux Jésuites furent 
fidmis à saluer S. M. au nom de tous ceux de leur nation qui 



(1 ) Un journal qui , au moins par son. titre , devroîl se connoHre ;iuiç 
matières religieuses, a qualifie' le cardinal Doria de sous-^îàcre ; ce 
sous'diacre esi éveque depuis lonj^-tcmps. Le mcme journal dit, au 
môme endroit, que le jour des moils le Pape n donne' les ahsofutiftns . 
Li; rt'dricieur ignore sans doute ce que c'est que la çercfnonic des ab- 
soutes à l'office des morts. ' 




(57) 

se trouvent â Rome. La reine d'Etrurie reput le^même jour 
lin grand nombre de visites à Toccasion de la fête de son au*» 
guste fils Charles-Louis. 

— r Le dimanche , S- M. catholique fit visite au samit(Përey 
.qui la lui rendit le mardi. JL^a reine est malade. 

— La princesse Marie -Anne de Savoie , duchesse de Gha-» 
-biais, est arrivée, le 4> à Rome, venant de Toscane. 

— Les négociations pour les affaires de l'église de France 
se suivent toujours. La congrégation de cardinaux a achevé 
son travail. On assure que ses conclusions sont en harmonie 
avec le vœu général, et surtout avec les besoins de l'église de 
France. Le temps de la villégiature du mois d'octobre, c'est-à? 
dire , le temps oii jles cardinaux et les prélats vont se délasser 
de leurs travaux à la campagne , a dû nécessairement appor-^ 
ter quelque retard aux négociations. Le congrès pourra même 
faire quelque diversion. Cependant on espère que l'église de 
France ne souffrira point de tous ces délais, et qu'on les met- 
tra à profit pour consolider une oeuvre si in^portante et si 
désiree-i 

NoUV]ÇtLES PQI^ITIQUES, 

\ Pari/». Le aa , le Roi a prësiçlé le conseil des ministres , qui a dure' de 
deux heures à cinq. 

— A une heure, tout le corps diplomatique, rësldânC à Paris, a été 
pj-esenté à Madame par M. de la Live, introduc^ur des ambassa^*- 
(icurs, et s^est ensuite rendu chez le Roi, dont il a eu audiience^ 
LL. AA. RR. MoKSiEUR et Me*", duc de Berry ont aussi reçu les mi- 
nistres étrangers. 

— Mei". duc d'Angouléme, après être allé à Toulouse , est re,venu à 
INîmes. Il est arrivé, le 17, à «Saint-Flour , y a couché, et est reparti 
}c lendemain pour Clermont. 

— » La Gazette oflcïelie contient une liste de trente-sept personnes 
f]n\ font au Roi des dons plus ou moins considérables. On remarque 
dans le nombre M. f^rançoîs de Neufchâieau. 

— Les géneranx Belliard, Ornano , Campi et Colbcrt ont été arrêté», 
pi sont à TAlïbaye. 

— Le Roi â rendu, le i3 , deux ordonnances. La première nomme 
jyr. <lc Ballainvilliers pour présider, cette année, le conseil d'Etat, en 
l'absence des ministres. La seconde crée dans chaque doparïcmcnt uu 
juri pour Forganisation des brigades de gendarmerie. Ge juri sera com-r 



(58) 

p05c da préfet, du gooei'al commandant, dtx procureur près la conr 
roj^alc , et de deux oÎHciei:}! de gendarmerie. 

— Le Moniteur annonce cjuc les communications sur le traite dt 
paix seront faites aux chambres le 25. 

--* Oà croit cjliè le mari^chal duc de Tarenlc sera de retour a Paris au 
conimenceroent du mois {)côchain, le licenciement d« Tarmee devant 
élre bientôt termina. 

— La police a fait saisir une édition subrcplire H dès-lors très-fau- 
ti've du traite' de paix. Nous sommes autorises à de'mehiir cette publi- 
cation. bâti ve, qui ne peut é(r« que le résultat d^une infidélité commise 
dans une chancellerie étrangère. 

— Le défenseur de M. La Valette a appelé en cassation du jugeâieut 
rendu contre lui. M""*. La Valette s^est présentée chez le Ror. 

— Un événement déplorable vient d'arriver à Kîmes. Le général La- 
garde, commandant le département, ^a reçu un coup de pistolet au 
moment où il exëcuioit les ordres du Roi. S. M. a rendu à' ce sujet 
l'ordonnance suivante : 

' Loms, par ta grâco de Dieu, etc. 

* A tous présens et à venir, salut: 

Un crime atroce a souillé notre ville de Nîmes. Au mépris delà 
«harlreeoosittutio^^elle^ qui réconnott la religion calliolique pour la 
, religion de r£tat, mais qui garantit aux autres cultes protection et li- 
berté, des séditieux attroupés ôttl osé s'opposer à l'ouverture du temple 
protestant. Notre commandant militaire^, en lâch«nt de les dissiper 
parla persuasion vivant que d'employer la force, a été assassiné, et 
t^on assassin a chttrcbé uu asile contre les poursuites ^t la jus.tice. Si un 
teraiii^ntat restoit impuni, il n'y auroitplus d'ordre public, ni dcson- 
Vtrnement, et nos tninistresserotetitcoupafiles de l'inexécution desiois^ 

A ces causés , nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : 

An. i«r. Il sera , à la dilij3;ence de ilolre procureur-général et de notre 
procureur ordinaire, procédé sans délai contre l'auteur de l'assassinat 
commis sur la personne du général Lagarde , et contre les auteurs, 
fauteurs et complices de l'émeute qui a eu lieu dans ia ville de Nîmes 
le 13 du présent mois. 

a. Des troupes en nombre suffisant seront envoyées dans ladite ville ; 
- elles y demeureront aux frais des habitans , jusqu'à ce que l'assassin et 
ses complices aient été Iradùi'ts devant les tribunaux. 

3. Il sera procédé au désarmement de ceux des habitans qui n'ont 
pas le droit cfc faire partie de la garde nationale. 

4 . Notre ininistre garde des sceaux , nos ministres de la guerre , de 
l'intérieur et de la police géuérale, sont chargés de l'exécution de la 
présente ordonnancé. 

Donné à Paris, au château des Tuileries, le ai novemV<ï de Ta* 
de grâce i8i5, et de notre rcgne le ai*. 

° éi^/i». LOUIS- 



(59) 

— Le conseil forme en éxecution de l'ordonnance du Boi, en date 
du 3 août drrnier, pour l'examen des sous*offici'ers et soldats licen- 
cies;, ou prëcëdemment rentrés dans leurs foyers sans congé, soit ab- 
solu , soit de réforme , continue à tenir ^es séances à l'ilôiel-de-Ville 
de Paris, les mardi , jeudi et samedi de chaque semaine, à huit heures 
du malin. 

Ces sous'of&cîers et soldats y seront suecessiirement appelés par les 
maires de. It^urs communes ou arroudissemens respectifs ^ en conséquence 
ceux d^entr'eux qui nç se seroient pas encore présentés à leurs mairies 
&ont invités à s'y rendre. &ur-le»cbamp pour v faire connottre leur de- 
meure, et y laisser leur adresse. Le conseil d examen accorde des con- 
gés de réforme : i<*. aux militaires qui , à raison de leurs infirmités, 
lai paroissent impropres au service; aP. à ceux qui ont moins d'un 
mclre 697 miilimeires (4 pieds 11 pouces.) 

Il accordera aussi des congés absolus : 10. aux militaires ayant huit 
am de: service et au 'delà, ou qui ont eu vingt -cinq ans révolus au 
i^'. janvier 181 5; 2°. aux militaires actuellement mariés ou veufs j mat9 
ayant un ou plusieurs eofans; 3°. à ceux'qui prouvent, par un certifia 
cat du maire, qu^ils sont les soutiens indispensables de leur famille; 
qu'ils doivent pourvoir, par leur travail, ^ la subsistaincedc leur pore 
011 de leur mère, de leurs frères ou leurs cu'phelins; qu'ils sont fils 
unitipes; qu'ils ont un frère en activité ou mort au service, et qu'ils 
ti'r/t pa^ d'autres frères j qu'ils ont deux frères en activité ou morts au 
sf vice , quel que soit le nombre de leurs autres frères \ enfin , qu'ils sont 
ç^iefs d'éiablissemeqt. 

Les mili^ires jugés par le conseil d'examen noU susceptibles de 
reforme ou de congés absolus, sont destinés à entrer dans la légiorr 
departenlëntâlc. Ceux qui ne ms présenteront point;devant le conseil 
«îlaDS les délais {Ixés , et n'obérroot point à l'appel qui leur aura été fait, 
feront considérés et poursuivis comme déserteurs. • 

Paris, le :io novembre 18 15. 

Ze conseiller d'Etat préfet de la Seine , 

* Signé, CifABROL. 



CHAUfQRE DES PAIRS» 

Le mardi 91 , la séaiice s'est ouverte à dix ht?ures et demie. M. le 
garde des sceaux, M. le ministre de la marine et M. Bellart, procu- 
reur-général et commissaire du Roi, assistoieni à la séance, dans le 
parquet, au pied du bureau de M. le chancelier. MM. Dupin et Bcr-, 
rver, conseils de l'accusé, avoient une place assignée. A onac heures, 
l'abcusc est entré, décoré de ses ordres, et s'est placé entre ses conseils. 
On a fait l'appel des pairs, et on a fait fccture de Tacte d'accnsatioa 
Presse par U& commissaires du Roi. Voici les principaux fiûts sur les- 



(6o) 

quels il porte. Lors de la nouvelle du dcbarquement de Buonaparte, U 
ministre de la {guerre ëcrivii au macécliâl Ney , alors dans sa terre pré» 
CbâleauduD, de se rendre à son gouvernement de Besançon. .Au lieu 
des^y rendre directement, il vint à Paris, 11 prétend quM ne s^voit pas 
encore le de'barqucment, ce qui est peu vraisemblable. Youdroit-il 
faire croire qu'il n^ctoit pour rien dans les inesures qui ont préparé cet 
événement? Plusieurs témoins rapportent divers propos qui prouve- 
roient qu'il étoit pour quelque chose dans ces mesures, et qu'il en avoit 
du moins connaissance. Le maréchal fut présenté au Roi, protesta de son 
dévouement y m promis de ramener Bimnaparte dans une cage de fer. 11 
avoit d'abord nié avoir baisé la main de S. M. Il a fini par en convenir. 
Le maréchal partit pour Besançon, et dirigea sur Lons-le-Saulnier les 
iroDpes jde son gouvernement.^ On commença alors à avoir quelques 
inquiétudes sur ses disposiiionA. Il refusa de mêler à ses soldats, comm« 
on le lui avoit proposé, de fidèles serviteurs du Roi. Dans la nuit du 
i3 au i4 mars, il vit en secret un émissaire de Buonaparte, qui lui ap* 
|:>ortoit une lettre de Bertrand. Le lendemain matin, il annonça sa 
résolution aux généraux de Bourmont et Lecourbe; après quoi il ras^ 
sembla ses troupes, et leur lot une proclamation par laquelle il se dé- 
claroit pour Buonaparte, et insultoit aux Bourbons. Quelques soldats 
crioient encore ^<Vc le Roi! on leur suggéra un autre cri, et on le» 
débaucha par des promesses, par le pillage et l'ivresse. Plusieurs oflS* 
ciers se séparèrent alors du maréchal, et un de ses aides de campl'a- 
]><«ndoona. Le même jour, le maréchal fit imprimer sa proclamation, 
et chercha è séduire plusieurs administrateurs et généraux, il donna 
l'ordre d'.en arrêter quelques-uns, et agit toujours depuis pour le ser- 
vice de Buonaparte. Il est donc accase' d'avoir entretenu des intelK- 




M. Beliart. 



Le chancelier demande à l'accusé s^il n'a pas quelques exceptions à 
présente^. Le maréchal se lève , et ^près avoir salué trois foîÀ l'assem- 
blée, lit un billet portant qu'il supplie la chambre d'entendre son dé- 
fenseur. M. Berryer a pris la parole, et a prétendu qu'il étoit besoin 
d'une loi formelle pour que la chambre des pairs pût devenir cour de 
justice. Il a présenléjsur ce sujet diverses considérations. Il annonce en 
même temps qu'il a d'autres 'moyens de nullité à proposer. 

M. Beliart, commissaire du Roi, se plaint de ses* moyens dilatoires, 
qui semblent avoir pour but de prolonger une affaire déjà trop longue, 
Jl demande que les conseils proposent de suite tous leurs moyens d'ex- 
ception. M. Dupin parle dans le même sens que M, Berryep, 

/ La chambre se retire dans la galerie de Rubens , et le maréchal est 
reconduit dans sa prison. A trois heures , les pairs rentrent dans la salle , 
et le chancelier annonce que le commissaire du Roi sera entendu sur 
les moyens préjudiciels de l'accusé. M. Beliart a pris la parole, et s^ 
répondu aux argumens des deux avocats. Son discours, rcroar<jtiablc paç 



( 6» ) 

la forte et U elaxtéy a paru détruire les moyens allègue par les cô4-- 
seils. M. Dupin a aussi parle. Les pairs se sont retiré pour délibérer. 
Au bout de plus d'une heure y ils sont rentrés , etM. le chancelier a pro- 
nonce Tatrét suivant : 

La chambre faisant droit aux canclnsions de M le commissaire dti 
Roi , sans s'arrêter aux moyens préjudiciels proposés par Taccusé, arrèicf 
qu'il sera tenu de présehtercrrmulativement, et dans le délaide vingt- 
quatre heures, tons ses moyens préjudicieU^ et défaire assigner ses té- 
moins; sans quoi il sera passé outre, et Ton commencera les dâ)ats. 

La séance est ajournée à jeudi dix heures. M. Berryer ayant allégué 
que le délai pour assigner les témoins n'éloit pas suffisant, M. le çhan^ 
«xclier lui a dit : Vous avez entendu Tarrct, et la séance a été levée à six 
lieures. 

' La seconde séance du procès s'est ouverte, le jeudi a3, à dix hetires 
et demie. JVIM. Boissy d'Ânglas, de Ricbebourg et Lanjuioais sont ab- 
sens pour cause de santé. M. Berryer commence son plaidoyer sur les 
moyens de nullité. Il en propose cinq j le premier fondé sur ce que l'ar-* 
rèt, du i3 , n'est pas revêtu de la signature de tous les membres de la 
cb»mbre^ le second, sur ce qu'il n'y a. point eu d'arrêt p<mr mettre 1« 
maréchal Ney en état d'accusation ; le troisième , sur ce que l'acte d'ao-^ 
cusation a été dressé avant le d<'crel de prise de corps; le quatriè^m:, 
sur ce que l'acte d'accusation n'a pas été signifié légalemeni^ le cin- 
quième, sur ce que l'accusé n'a pas eu un temps suiiisantpour pro^ 
poser ses exceptions. Le défenseur a développé ces divers moyens. 

M. le commissaire du Roi y ft tépondu. Il a dit que la procédure sui- 
"Viepoufle maréchal Ney avôit eu des formes plus rassurantes que celles 
^ue le oroit commun accorite aic( vulgaire des accuser. La chambre des 
i>airs ne s'est point laissée aller à l'arbitraire. Elle a suivi les onlon- 
nancesdu Roi. Elle ne devoit point se constituer en chambre d'accu- 
sation, et par suite il n'a pu y avoir de mise en état d'accusation. La 
signature des pairs n'étoii point/*nécessaire pour admettre la plainte, et 
tous les pairs ont signé l'arrêt, du 17, portant docVet de prise de corps. 
Le troisième moyen n'a pas plus de fondement. Les pairs ont suivi dans 
l'ordre des actes la marche que leur traçoient le bon sens, I» justice et \at 
nature de leur assemblée. 5ur le quatrième moyen < les défenseurs 4u. 
maréchal ont, par une singulière interversion de princijies, pris pour 
une faveur accordée à l'accusé ce qui est plutôt contre lui^ c'est contre 
le ministère public que court le délai de trois jours, et qy»» au pro6tde 
l'accusé, qui peut toujours signifier ses moyens justificatifs. La cin- 

3uièmc nullité porte encore sur une fausse luterprétation d'un arUclo 
u Code criminel. 

Ici l!e1oqnent magistrat se résume strec autant de précision que da' 
clarté^ puis, annonçant par la gravité de son maintien et la diguité ild^ 
soi geste la hauteur de la dernière pensée qui Toccupe : 

jMcsffieiirs les pairs-, dit • il , i* me reste à repousser un rcp;*oc:itf 



(6i> 

plus siîrieux qne ce* faibles obi^ctions qoej^ai pr«i-/'tre emilToJ^ trofr 
lie temps à comballre. A entendre les détenseurs du maréclial , ia pni^ 
cipitatioa de la procédure ne loi laisse pas le temps de prinluirct sed - 
teiDoins à décharge, et leur audition est nécessaire à sa iustilicatioiî^ 

61 les commissaires du Boi Touloient procéder avec «ne rigueur l>leii 

éloignée du cœur du Monarque ^ dont ils sont ici les ministres eJt les or--' 

gancSy ils pourroient s'étonner que 1VI« le roaréciial ISev , qui , depuis si. 

^ long' temps, doit éire piéparé a la défense, n*ait pas encore toat prêts. 

ses mojens justificatifs. . ' 

Eh quoi! .il a paru devant nn conseil de guerre; sans doute il r>'é— 
toit pas d'aTance dans le secret du jugement d'incompétence qui & 
été rendu; il devoit donc avoir -sous sa main ses prtuves, ses pièce^sy* 
ses témoins ; et s'il les avoit alors , comment se feroit-il qu'il ne les eÛK 
plus aujourd'hui? 

hi maréchal Ney se réfugiant dans les cîrcons^nces antérieures A ^ 
l'époque du 1 4 mars, vent séparer leç actions qui l'ont précédée di*" 
celles qui, à dater de ce jour, de son propre aveu, l'ont rc^ndu si cou-, 
pablç.. il veut que le crime ait été pour lui une espèce de surprise, et ^ 
comme il l'a déjà dit, un eùtraînement auquel il n'a pu résister; 

Hé bien, Messieurs, cette supposition que nous pourrions repous- 
ser et combattre, nous Tadmettons dans toule sa latitude, et aussi en- 
tière que peut le désirer l'accusé. Nous n'admettrons pas qu'un homme' 
décore de tant de triomphes ait poussé la déloyauté jusciu'à rouler deS' 
projets de trahison dans le moment même oà il prodtguoit à son souve* 
rain des protestations de dévouement pte«qne démesurées et d'une na-.. 
ture qu'on ne lui auroit pas demandées. Nous ne dirons pas que dan* 
cet instant oî!i il colloit sa bouche sur la main de son Hoi, il la des«t 
tihoit déjà à proponcer les paroles de celte proclamation,. ^itiense- 
qui égara son arm^^-tious consentons que te 9 mars le maréchal Wey ; 
ait été un sujet fidèle: quelque avantage que nous puissions tirer contre 
lui de sa conduite précédente, nous la lui remettons tguté.entière ; nou& 
déclarons notre accusation restreinte aux événemens qui datent du 14. 
mars et jours sulv;ans. . ^ - 

Les témoins dont on demande avec tant d'empressement la produc- 
tion, cessent de devenir nécessaires. .. 

#f . le chancelier ayant fait observer qne le commissaire du Roi ne 
s'étoit point expliqué ttur le défaut de date dans la signification de 
l'arrêt de prise de corps, M. Bellart a pt'oduit l'original de la signifi- 
cation avec la signature même de l'accusé. 

M. Dnpin a reproduit les moyens de M, Berryer. H a terminé ainsi 
son plaidoyer: On nons fait grâce des faits antérieurs au i4 mars; mais 
nous ne voulons pas devoir cette faveur à la libéralité de nos accusa^ 
teurs. Vous voulez^ nous placer sous la foudre, et noos j nons voulons 
remonter à la naissance de l'orage, et faire voir comment il s'est 
formé. 

M. Bellart a répliqué , et M. Berryer a encore parlé après lui. 



_ • ( 65 ) _ . 

MM. les pairs se sont relirés pour délibérer. Ils sont teri^rés a rinq 
keares. On a raipetic i'accusé, et M. le chancelJ«'r a prononcé l'arréi : 
La chambre, faisant droit aux conclasions de MM. les commissaires 
du Roi, ei sans é<;;ard aux moyens de, nullité proposes par les dél]en* 
seurs^ les déclare mal fondés, et ordonne qu^il sora passé outçc, c^ 
qu'il sera procédé à IVxamen drs pièces et à l'ouverture des. débats. 

M: te chancelier a demandé à l'accusé quels témoins il avoit à faire 
as.«;ignpr, et quel délai il demandoit. M. Berryer a nomme quatre ou 
cinq témoins qu'il falloit faire venir de loin , et a demandé s'il n'y aw 
rorl pas d'indiscrétion à solliciter un délai de huit jours. M. Bellarl 
s'est plaint qu'on voulût entraîner la chambre dans une nouvelle dis-^ 
cussion , et prolon^r d&s délais déjà trop long^. La charabre a déli- 
bère, et à six heures un quart M. le chancelier a prononcé l'arrêt : . 

La chambre, faisant droit sur la demandât de l'accusé, ajourne aii 
l'jodi 4 décembre, pour tout délai , l'examen des pièces e^ l'ouver lu r« 
des débats, toutes assif;oations données tenant. 

En enleudapt cet arrêta qui retarde de onze jours l'instruction de son 
procès, le maréchal Ney, qui avoit paru singulièrement abattu pendant 
toute la séance., a paru se ranimer- un peu , et a souri à son défenseur. 



Dans la «éaiice du 31 , on, a continué à discuter le rapport de M. d« 
Bonald. Cinii orateurs ont élé entend us. on comité SFcret. A trois heures, 
séance publique. M. Faget de Baurf a fait le rapfiort sur le projet de loi 
pour la cour des comptes. U a vot^ pour l'adoption, aVec quelques 
amendtmens. ' 

Le aa , on a continué à discuter le rfipport de M. de' Bonald. Deux 
membres oidl^fiarlé contre^ trôifl^onl parlé pour, MM.^'^iqtiet, Blon-^ 
del d'i%ubeii| et dé Bouville, tous trois magistrats. M. de Bonald, rap-> 
porteur, parlera quand la discussion sera fermée. A quatre heures, la 
séanœ est deveqne publique, el^^ M. le garde des sceaux a donné con- 
noii^sance des 'lettres de naturalisation du général LovéVdo. M. Taba^ 
rîé, secrétaire de la chambre, ne pouvant en remplir les fonétiôn<), » 
cause de sa place au ministre de la gnérre , M. de Kergôrlay a été élu 
fecrétaire à la majorité de 181 voix sur 339. 



COUR D ASSISES DK PARIS. 

La deuxième séance de la cp^r «J^assises, sur l'affaire du siettf Lava-» 
lette, s'est ouverte à dix heures et demie. On a entendu les témoins à 
décharge : il y en a eu quatre qui ont rendu témoignage que M. Lava- 
lellc s'étoit.bien oooduit envers les chiployés les plus attachés à la 
cause du Roi. L'avocat-général a pris la parole et rappelé les charge* 
conire l'accusé. Six jours avant le 20 mars, crlui-ci s'étoit retiré ohe* 
M"'. Horteose; il avoit donc des inquiétudes. Le ao mars, au mat4n, 
ii vient prcn4re possession de l'âôteides Postes, fait des sictes dedirvu-» 



^ 



(64) 



irur général, arrête le dcpan des journaux , envoie la circulaire cifaec. 
Ses réponses et ses excuses sur ces actes paroissent friyoks. Il a , 
dit M. ravocat-ge'neral , pre'paré Farrivëe de BuoAaparte^ il lui a écrit 
à Fontaititïbleauj il lui a en quelque sorte tendu la main^ il sV&t 
installe' à la Poste pour le servir. ' 

Apres le discours de M. Ta vocat- gênerai, Faccuse' a lu une espèce 
de notice sur sa vie, oi^ il rappeïoit ses services à rarméc, ses cam- 
pagnes en Italie et eo Egy^e. 

8on défenseur, M. Tripier , a comnaencé soi!i plaidoyer. Il S^esl efforce 
d^ailénuer toutes les accujsations. 11 reconnoît que Lavalette a été im- 
prudent et qu'il a fait dès actes irréguliers j mais il nie quM ait parii- 
cipé à aucune conspiration. 

Après ce discours', Tandience a été suspendue p^^ndaiit deux heures. 
A six heures, les jurés sont rentrés, et M. Chollet, président de la cour, 
a fait SQU rapport. Les jurés ont pa.ssé dans la^chambfé des délibéra- 
tions, et n^en sont sortis qu^â ninuit moins un qikart. Ils ont répondu 
oui à la question posée par la cour î Lavalctt£ est-il coûpabfe d'avoiï^ 
usurpé les fonctions de directeur général des postes , d avoir Corres- 
bondu avec Buonaparte, d^avoir doiAie des orares en son nom, etc.? 
Le président du juri paroissoit émù en proùonçant la déclaration. Oit 
a fait rentrer Lavalette , qtd n^avoit plus alors ses décorations. 11 a 
entendu avec sang froid la lecture de la déclaration. Pendant que lar 
Cour délibéroit sur l'application de la peine, il a ti^e' sa montre, Ta 
comparée avec Thorloge de la salle , et a poussé un soupir en levant les* 
^eui au ciel. Le président a prononcé la c^ndaài nation à la peiiie d« 
mort, et a annoncé à Lavalette qu'il a voit trois jours pour se pourvoie 
en cassation. Lavalette s'est levé, et a dit adien à spn défenseur et aux 
employés de la poste. Le juri étoil composé de MM. Héron de Ville-» 
fosse, Petit, Bezard, Bintot, Keveu, Chapellier, Guéneau de Mussy,» 
Copamardf Juri^u, Parmentier, Yertietir et le balfon de CoitirviÙe. 



Livres nouveaux. 

Discourt sur la catastrophe du ao mars et lé reioûr dû Roi; par 
M. l'abbé Jarry. Brochure in-8^.j prix, n5 c. et i fr. franc de porc. 

Considérations morales sur la destination des çuurages de l'art, ou de 
V influence de leur emploi sur le génie et le goût de ceux qui les pro»' 
duisent ou gui les jugent, et sur le sentiment de éeux qui eh jouis- 
sent et en recoit^ent les impressions; par M. Quatremère de Quiney, 
Brochure iil-8°. gr. rahin } prit , a *r. 5o cent, franc de port. 

Obseruations critiques sûr t éducation ; par M. Charles le Gac , ptêlrey 
ancien professeur à Quimper. Brochure in-ia.- A Satnt^BHeuc , chea 
Prudhomnàe j prix, ^5 cent, et i fr. franc déport. i 

Tifous rendrons compte succesàlvemetit de ces différentes productions^ 
dout TannoBce a été retardée par l'abondance des mafièret. 



( Mercredi ag tiovehihre i8i5^) ( N^. 1 56. ) 



L'iMPORT'AjycE et rétenduô des piëcefi suivantes nous ont 
forcés de leur réserver exclusivement ce numéro , pour lequel 
nous avons adopté le caractère le plus petit pos5à>le , aiin d'y 
faire entrer plus de matière; 



Ihe 25 novembre , à rdidi, la ehambre dfes depulés s^esi rëniiieèn cd- 
inité secret: A une heure et demie les Iribanes ont^U ouvertes au pu- 
blic : elles ODt été bieûtôt remf>ties par une assemblée nombreuse. * 

A deux heures la séance est ouverte. Tous les ministres de S. M.', 
excepté M. le duc de Feltre, j assistoient. M. le duc de Richelieu monté 
à la tribuife , et sViprime en ces termes : 

« Messieurs, le Hoi noùâ a chargés de communiquer àr là chambré 
Tacie annoncé depuis si long-temps, attendu avec une si vive impatience^ 
et par lequel j après huit mois de désordres, d'alarmes et de Calamités 
6a ns mesure qui ont effrayé TEurope et désolé la France , lé' système dé 
iios rapports politiques avec les Etats et les souverains étrànee^s est dé- 
finitivement établi; Je tais^ Messieurs, fous donner lecture ae cet act«^ 
(Suit la lectuf» du ttdité principah) 

» Telles sotit les stipulations auxquelles les ministres du Roi n'ont 
pSLS cru pouvoir plu» long-temps refuser de souscrire. Les engagemend 
que la France vient de contracter soUt comme un réisultat itt«Vh«bla 
^«s circonstances extraordinaires où, par la fatalité des événemens^ 
elle se trouve aujourd'hui placée. Dans une poîàtion différente j et dafis 
d'autres temps, nous ne présen tenons à la ctiambre qu'un de ces actes ^ 
dont la série généralement uniforme compose te corps historique du 
droit public des nations^ nous noifs ferions vtti devoir d'etf discutar 
toufi les articles, et nous aimerions à en expliquer tous les motifs r 
mais il n'en est pas ainsi de la transaction que ûous avons à vous pré- 
-fienter ; elle se ressent, elle doit nécessairement se ressentir de la situai 
lion dans laquelle chacune des parties se trouve respectivement placée^ 
comme des intérêts et des considérations qui résultent d'un état d» 
choses inoui dans l'histoire, unique dans sa natue^ et qtu doitl'étr* 
dans ses conséquences. ; 

V Après vingt-cinq années de troubles et d'efiforts désordonnés qui ^ 
dans une suite non interrompue d'invasions, de conquêtes etdedes'^ 
irnctions sans cesse renouvelées , ont indistinctement compromis l'exis- 
tence politique, et menacé jusqu'à l'organisation sociale de tons le» 
Etats, la restauration de la monarchie Mgitime de France avoit été lie 
prélude de la paix du monde : notre indépendance , not^e territoire ,- 
notre considération au dehors et nos ressources réeUes , n^avoieiit souf*' 
ieri aucune al icration importante. Les souverains de l'Eurent se féli-*^ 

2 orne FI. L'Ami de lajieligion et du Roi. E 



..." ^^K 

loient Je la reçoncilîtition heureuse qnî veiioit de tétRhMtf «ntre f« 
France et les autres nations, celle conformité' de principes , cette rë^- 
ciprocité de maximes et de yues devenues , par un concert heureux, le 
^ge le plus rassurant de la tranquillité et de la prospérité de tous.* , 

» LVuvrage dci la i'dlicité publique marchoit chaque jour vers son 
perfectionnement, lorsqu^one crise alarmante vint tout ii <;oap le sus- 
pendre et en arrêter les progrès. \ 

«Une armée presque entière , détachée de sdti légitime souyerain»' 
qui, seul, a voit le droit d*en disposer) séparée, par la |»erfidie de 
quelque^ chefs, et par un entraînement sans exeroiile, de la nation au 
sein de laquelle elle aVoit été formée : une armée iH>nt k* courage sVm- 
ployoit à imposer un usurpateur à la France, et à TEurope un oppr'es- 
seHti a provoqué la lutte qui devbît amener, et sur elle et sur nous, 
tous les Jésasires et toutes les calamités qui Tont suivie. - 
y «Le Roi comme souverain, et la Frai/ce comme Ktat, nV>nt cessé 
de s^opposer à ce mouvement coupable^ mais, par uue combinaison 
peut-être sans exemple , tandis que U faction militaire mé/connoissdii la 
voix de Tua , et trahissojt les-sentiraens de Taulre , tousics drnx ctoicut 
réservés à soufiFirir rt des efforts de Canaque et de ceux de la résis- 
tance , et des succès éclatans et des prodigieQY revers (|ui ont carac- 
térisé Cflte courte et mémorable campagne. 

» Tels sont les événe inens qui ont soustrait, en quelque manièrn, la 
destinée Mtuelle de l'Etat à raciion de son eeuvernement; ih a él^ 
obligé de composer non-seulement a-vec Tes prétentions , mais a>ec les 
alarmes que cette fatale rebelliôti a inspirées à TËûrotM, et, ne pou- 
Tant méconnottre ni balancer l'incontestable supériorite <c|«i déramadoit 
des 8acri£caft pénibles, mais en grande partie tempomires , il n'a ptt 
voir dans cel sacrifices nécessaires qu'wn mo^eo d'umver à cette pé- 
riode d'es»érance à laquelle la France entièrv aspire , «i q^i lui i>ei>- 
mcUrveouo d^ Jouir en paix et avec sécante de %es avantages ftcr;- 
mauen». 

V Loin de nous , Messieurs , la penȎe im|>rQdcnle de former pour 
le présent , ou de jeter dans' l'avenir les germes d'un impolitique et 
dangereux mécontentement I C'est de cette assemblée, où 'siège Tel iur 
du peuplé franeots , où , par le suffrage libre el éclairé de leurs conçi- 
toyens , se trouvent réunis les hommes qui , par Tiuiportance de leur 
position et les divers rapports de leur existence politique, ont dû res« 
aentir plus immédiatement l'atteinte des raallieurs publics , et qui , 
par leurs lumières, doivent être plus en mesure d'en discerner le& 
causes et lé remède; c'est de cette, assemblée , di»-je, qu'il convient 
de faire entendre à la France des vérités sévères # et qui ne peuvent 
lui être révélées dans une circ'onstanee pins solennelle. ' ^ 

» La France a nourri pendant un demi-siècle le désir, légitime danik 
ton principe comme dans son objets de voir réforoker les abus qui s'é- 
toient successivement introduits dans le système dé sa poliiirpir Inté- 
rieure. Cette réforme, que des vœux conven^lement exprimés com- 
nençoient à obtenir ^un gouvernement paternel et sage, et qui, de 
lai-même, alloitsur ce point au-devant dq l'opinion éclairée du publié; 
cette réforme, facile pour lé gouvernement, étoit impossible à^des 
xéuaioiis nombreHses, où le désir du bien né peiit être toujours tempéré 



C67) 

ÎWTÏa prudence, où des tenlalive* hasardéçii.d«yattçcnt trop $ouVcnÉ 
a marche leoUs et assurée de Texpérieuce : de là des oh'iiacles ei de 
malheureuses «dcftaoces qui devoifnt produire et out en efl'et. produit 
des haines, des fé^isUnee^ et de fuocàtes ressenlimen!». L^iÛoiblisse'^ . 
ment, la ruine du pouvoir, l^ubli dv la. religion, le mépris des lois, |a 
dissoLudon des tiens, sociaux, ontélé en Fiance la suite immédiate de 
celte présomptueuse entreprise. tJrie alarme générale s^csl aussitôt ré- 
pandue ^u dehors ^ elle a, cpm.mre on de voit s^y attendre, proVçqu^ 
des guerres ians terme et saus mesure. La France, en hutte à toute» 
les nations, a dtM>lo)é une énergie extraordinaire j tous les ËLits ont 
souffert de ses,eÉEori&i elle a porte. presque partout ses aif mes victorieu- 
ses : mais, il faut le aire, partout où elle a vaincu , eHe a excité de4 
craintes, provoqué de^ vengeances, et allumé des rei^entimens que Id 
t^mps, <{u^une grande modération, qu^uDC pçraévéranie et invariable 
pruqence pQurron( seuls parvenir à calmer. 

» Vous »vÊx,élé te'mbiiis de rcxi>lo5ion de ces ressentinjens , lorsqu'à 
la seconde apparition de Thomme fatal à la France, qui étoit parvenu 
à se faire une pi^issance qu^il crovoit indestructible, de la terreur que 




que le même presii^ cntraînoit, et qui scmbloient animé>> du même 
enthousiasmé^ un commun in^tîuci de préservation a compie instan- 
tanément concentré sur le même objet toutes les craintes, toutes les 
haines, tous 1^. intéféts d.es peuples épouvantés.. La politique a oublie 
ses riyalHéj»^ tous les;, produits de ras^riculture, du commerce , toutes 
les propriétés ont été ofifertes en sacrifice ; les âges , les $ef^S , toutes les 
classes de. la population ont été entraînais par Ta même impulsion, et 
plu$ d^un million de soldats s'est précipité sur uos fronUcres. 

j» Sans donie, un tel appareil de forces n'eWt pas nécessaire pour 
abattre un parti qui étoit loin, comme on le pensoit au dehors, d être 
seconde' en France par le vœu national ,.par IVsseoLiment de Popinioii' 
publique, et il ne nous cfX que trop p^T^is de dire aux nations étran- 
gères, qu'elles ont été dans l'erreur sur la vraie mesure des forces 
qu'elles, ayoientà combaîtrej et que, dans \t moment même où la 
lacUon faisoit éclater^ ses fureurs > le peuple i^rançois étoit uni par 
ses VŒiit à son légitime souverain^ niais ses efforts ont été para- 
lyses par la perversité de ceux qui l'ont trahi \ etjes hommes généreux 
qui y de.^ous les points dé la monarchie, preparoient la ruine du pou- 
Yoir usurpe, n'ayant pu commencer leurs mpuyemens ayant ceux det 
armées aniées, ci agir avec la même promptitude et la même efEcacite'^ 
elles ont considéré la chute du tyran comme l'effet imméiiiat de leur 
victoire j et la France, par cette combinaison de circonstances mal- 
heureuses , ^ ▼ou ainsi exposée à répondre de tous les sacrifices', des 
perles et dks 'dommages éprouvés, bien qu'ils puissent être le résultat 
d'une alarme exagérée. , 

n La rigueur extrême de ce'principe auroit pu être tempérée dans son 
application par l'équité et la magnanimité des souverains ; mais il 
existe Ats considérations qui ont pu cntraînsr leur détermination , et 
çiu!il est indispensable de ^saoitre. 



( 68 ) 

' .> Les i(ouTerâîns inâuect sur la destinée des peuples par Vtxetci(^é 
de leur pouvoir, et les peuples, à leur tour, influent sur les conseil» 
des souverains parTaction puissante de ropinion : cette action acquiert 
Une nouvelle force, lorsque Topinion d'^n peuple est fortifiée pat 
l'aecord de plusieurs autres, et- qu'elle est devenue, par la nature 
des e've'nemens, une des causes les plus efficaces de leurs triomphes f 
si le souvenir de proce'dés violens , de vives alarmes , de maut long- 
temps soufferts et souvent renouvelés, vient se réunir à fexaltation 
du succès, alors les souverains mêmes sont comme involontairement 
entraînés à des mesures qui re'pugnent à leurs sentin^eus personnels; 
et malgré eut, sans doute, leurs déterminations ïC ressentent des 
passions mé^iues que leur générosité personnelle réprouve. 

3) J'ai cru devoir. Messieurs, faire, précéder de ces observations laf 
^communication de deux conventions accessoires au traité dont il me 
reste à vous donner lecture. Les charges qui nous ont été imposées 
sont pesantes, et les défiances qu^on nous montre sont bien faites 
pour nous affecterj mais réfléchissez. Messieurs, à l'impression fu-' 
neste qu'a dA faire sur TEurope étonnée et irritée la catastrophe mal- 
heureuse dont la France vient d'être la victime, et encore plus II 
facilité avec laquelle les séditieux sont parvenus à triompher de 
leur propre patrie; réfléchissez que les temps où nous avons le mal-* 
heur de vivre succèdent immédiatement à une époque fatale où, pen- 
dant vingt-cinq ans, le respect dû aux alliances, aux engagemeits 
de la paix, la fidélité aux promesses, 4a bonne foi, la loyauté, ces 
hases autrefois si révérées de la sécurité des Ëtals, ont été ébranlérs 
dans leurs fondemens : observez que la violation habituelle, ei, pour 
ainsi dire , systématique , de toutes les règles morales de 1? politique , 
tst comme i^ihérente au principe méùie des révolutions ; principe 
effrayant et funeste , dont il « été fait en France et aveiq tant d'éclae 
tioe pirofessioY^ roalbeiireuaeaient si récente : pensez enfin qix^ i^es 
infractions si multipliées de lK>ut ce au'il y a de plu» sacré parmi led 
liorames, ont fait tour à tour hî malheur, de tous les peuples, et que 
le plus grand de nos maux est d'être encore, malgré nos disgrâce** 
et l'utile leçon que vous Voulez en tirer, un objet de défiance et de 
crainte pour tous ceux sur lesquels nous avons exercé des droits que 
la fortune leur a donné la faculté d'exercer à leur tour sur nous. 

» Forcés de nous soumettre aux maux que la Providence nous en- 
voie, tournons nos regards vers le Roi que le ciel nous a rendu : nous 
jpartageons sa douleur : imitons sa noble et touchante résignation. Il est 
personnellement l'objet de la confiance et de la vénération des peuples 
et des roiSf sa magnanime constance a conquis pour nous l'amitië des 
souverains; cette amitié, si elle e.^t aidée par notre prudence, par 
notrfe modération, et par notre fid<t!ité à remplir les engagemeng con- 
tractés, conquerra pour nous la confiance et l'affection de tous lâs 
peuples. 

» Nous avons assez ambitionné, nous avons assez obtenu la fataU 
gloire qu'on ucquiertpar le courage des armées et par les sanglans tro- 
phées de leurs victoires : il nous reste une meilleure gloire à acquérir; 
forçons les peuples, malg^é le mal que l'usurpateur leur a fait, à s'af- 
fliger de celui qu'ils nous font; forçoas-les à se fiier àooiiA, à ftou« 



hieo cofinottré, à ie rcconctlier franchement et ponr jamais mrtc n'svi* 

»'Je vai», iVIeRsieurs, vous donner lecture des deux conventions ac« 
.4;e«sqires, dont l'une règle Tacquildes sommes anuuelles qui doivent 
compie'ter le paiement de l'iudemnkô stipulée dans Tariiole 4 du traiti^ 
|)rjncipal, et iVutre détermine la forme et le mode de Texécution de 
rarlicle 5, rel.tlifà Tentreticn temporaire d'une armée étrangère sur 
nos frontières. ( ^ oyez ;?/m5 ^11*. ) 

n Après des discussions longues et soutenues, oh. des demandes plus 

exorbitantes encore nous avoient été faites et ont enfin été retiiées; 

celles qui vous sont communiquées nous ont été présentées comme ua 

ultimatum, et les considérations les p)u$ urgentes et les plus impé- 

^ rieuses nous ont fait une loi d'y souscrire. 

' » Ces dem;tndes sont certainement la partie la pius on^-euse, lu 
plus dure et la plus pénible des stipulations qne nous avons eu à dis* 
cuterj et il suffit qu'on sache qu'elles ont été proposées à des François, 
pour qu'on doive en conclure que la nécessité, et la nécessité la plat 
indispensable, a pu seule les déterminer à y souscrire. Mais si, à 
l'exemple du Roi, que nous avons entendu, Mes&ieurs, à l'ouverture 
de votre session, avec cet accent de franchise et de bonté qui sont les 
traits les plus saillans de son noble caractère , vous exprimer la pro - 
fonde douleur dont son cœur est pénétré j si, dis -je, il peut nous 
^tre permis de rendre compte devant vous, et à la face de l'Europe,, 
des impressions que nous aurons ressenties, je dirai qu'arrivés à celte 
période de la négociation la plus épineuse qui ait jamais exercé le zèle 
et e'proa\é le dévouement des serviteurs d un Roi malheureux, après 
avoir épui<ic tous les moyens ()e discussion et de résistance que- pou- 
Toient suggérer la raison et cette politique prévoyante, qui, dans la 
bôDue comme dans la' mauvaise fortune, devroit être la règle coqs- 
laote de laconduiudes cabinets ^ voyant, d'une part, dapS les dispo- 
'sîtions des 'ministres des puissances ûai«^'termiB«tfoB invariaKlement 
arr^tée^ voyant, de l'autre, que la crise, actuelle mettoit inôessam- 
mcnten action sur l'étendue de la France le principe d^une oppression, 
cl^un appau;vri6sement,. d'une irritation, et enfin un« suite ae dévas- 
ta Lions qui scmhloient tous les jours s'accrottre et prendre de nou- 
-vf^iles forces, nous avons jugé que si nous laissions cette crise se pro* 
longer indéfiniment, il y alloit du sort de la France, du sort même 
de ceux qui nous ont imposé de si grands sacrifices, et peut-être de 
la. destinée de l'ordre social eo Europe. 

» Et c'est à la vue de tant de dangers que, sacrifiant sans hésiter toutes 
nos répugnances, nous avons accepté au nom du Roi, au nom de U 
patrie , les conditions qui vous sont présentées ». 

Après ce discours, qui a été entendu avec un silence profond, 
M. le dnc de Richelieu, en 'déposant .sur le bureau son discounr et les 
pièces qu'il vient de lire, a ajouté qu'il n'y avoil pas d'articles secrets. 

Traité entre la France et les puissances alliées , conclu à 
Paris y le 2 nos^embre i8i5* 

Au nom de la très-sainte et indivisible Trinité. 

I^s puissances alliées ayant, par leurs efforts réunis et par le succéf 



( 70 ) 

ée Içnrs armes » préservé la Frane-e rt TEarope de5 IxJiiYeTerseineB» 
dont elles ëloieot menacées par h dernier' a tlenlat de Napoléon Buona- 
parte, et par le système révolutionnaire reproduit eti France pour faire 
réussir cet allenlatj 

^ Partageant anjourd^hni avecf). M. T. G. le désir de côtisolidert par 
le maintien inviolable de l'aiitoritc royale , et la remise en vigueur de 
la chartre constitutionnelle , Tordre dé bhoSes heureusement rétabli en 
France, ainsi ^|ue et lut df' ramener entre la France et ses Toi«ias ces 
rapports de confiance et de bienveillance réciproques que les funestes 
efFctsde la révolution et du système de conquêtes avoient troublés pen- 
dant si lon^-iemps ; 

Persuadées que ce dernier but ne sanroit être atteint que par un ar- 
rangement propre à leur assurer de justes indemnités pour le passé, et 
des garanties solides pour l'avenir ^ 

Ont pris en considération , de concert avec S. M. le Roi de France , 
les moyens de réaliser cet arrangement ^ et ayant' reconnu que Tindem-» 
nité due aux puissances ne poiivoit étr.e ni toute territoriale , ni toute 
pécuniaire , sans porter aCteittte à l'un Oii à faiitrcdes intérêts essen- 
tiels de la France, etqiril scroit plus cenvetïabfe'dt crtttbiner les deux 
modes de manière à prévenir ces deux inconvénieris,*LL. MM. II. et 
KR.' ont adopté cette base pour leurs transactions aciutlles, et, se trou- 
\ant également dVcccïrd sur celle de la néeessilc de conserver pendant 
lin' temps déterminé, danS lés provinces frontrèrcs de la France, wn 
'certain nombre de trôiip(»s aHiécs, elles &6nr cofff¥r»ues de réunir les 
différentes disposi'iions fondées sur ces bases dans un traité déftvitif. - 
" Bans ce but et à Cet effet, S. M. le Roi de France et de Navarre , 
d'une parti et S. M, l'empereur d'Autriche, roi de Hongrie et de 
'BoUême, pour lui et Ses alliés, d'at^tre part, oôt nommé leurs pltf- 
nipotéiiliaires pour discuter, arrêter et signer ledit tnàt^ dé{lnittf ^ 
'Savoir: - — »• • ^^.- *- <. • .. • . . - ■- ... 

(Suivent les noms et qualités desyténiffmeutiarres,) 

iietqilcis, apr^ awâr échangés, leurs pleinjS'potivQirs., tro»vés en 
bboniie et «due forme j ont«ighé les articles suivans ; 

Art. i**". Les frontières de la France seront telles q«'*eHfcs étoieni en 
'1796, sauf fes modifications', de )>àrt et d'autre, qui se trouvent indi- 
quées dans l'article présent. 

i<>. Sur les frontières du Nord, ta ligne de démarcation restera teHe 

Siél'e'traité dé Paris l'avoit -fixée, jusque vis-à'-vis de Quiévrain : de là 
le suivra les anciennes limites des provinces belgiques , du oi^dcvant 
éyèchc de Liège et du du^ché deBouilion, leHes qu'elles étoient eo 
1760, teii 1a)6«'afft"lès territoires cnclarés de PhilippcviHe et Mafien-» 
bourg «aree Xe^ ^ices de ce nom , ainsi que tout le «uchéde Bouillon , 
'ktws des i^ointièrcs de là France ; depuis Villers', près d'Or val ( sur les 
confins du déj>a,rtement des Ardennes et du grand-duché de Luxem* 
loQvirg), jusqu'à Pei4e, sur la thaussée' qui condirit dç ThionvUIe à 
Trêves, la ligne restera telle qu'elle a voit été désignée par le traite de 
Paris; dePerîe, elle passera par Launsdorf, Walwich, Schardorf, 
Kîederweilinp, Pellweiler; roùs ces endroits restant-, avec K-urs ban- 
Uenes, à la France, jusqu'à Hourié, et suivra de là les anciennes Hmtiea 



( 7' ) . 

do pays de Sarrebruck , en laissant Sarre-Louis et le cours de la Sarr«, 
- «yec les endroits sitaés à la droite de la ligne ci-dessus désigna, etlenrt 
baolieues, hors des limites françoises. Des limites du pays de Sarre- 
bruck, la ligne de dem^arcatioQ sera la même qui sejpare actuellement 
de r Allemagne les de'partemens de la Moselle et d}n ms-Rbin» jusqu^à 
la Lautcr , qui' servira ensuite de frontière jusqn^à son embouchure dans 
le Rhin. Tout le territoire sur la rive gauche de laXauietr, y compris la 
place de Landau, fera partie de T Allemagne. Cependant la ville de 
Weiss<Nnbourg, traversée par cette rivièrç, restera toute entière à la 
frahcc , avec un rayon sur la rivegauche n^excédant pas mille toises, 
et qhi sera plus particulièrement déterminé par les commissaires que 
Ton chargera de la diîlimitalion nrodiaine. 

ao. A parMr de Tembonchure de la Lauter, le long ^es département 
«lu Bas-Rhin , du Haut-Rhio, du Dpubs et du Jura, jusqu^au canton 
de Vaud , les frontières resteront comme elles ont ilé fixées par le traité 
.de Paris. Le thaijiveg du Rhin forpiera la démarcation entre la France 
et les Ktals de T Allemagne j mais la propriété des îles, telle qiiVUe sera 
fixéeà la suite d*anie nônvelle reconnoissance du cours de ce fleuve , restera 

- immuable, quelques chângemens que subisse ce court par la suite du 
lemps. Des commissaires seront nommés, de part et diantre, par les 
Ji/futes parties contractantes , dans le délai de trois mois, pour procéder 
à ladite reconnoissance. La. moitié du pont entre Strasbourg et Kebt 

..•appartiendra à la France* et Tautrc moitié au grandndluohé de Rade. 
' 3«. Pour étabUr une^toommunication directe enAre le canton de Gc- 
lièye «t la SuJs«c, la partie du pays de Gex bornée à Test par )e lae 
Léman:, au midi par Je territoire du canton de Genève, au nord par 
i^rlui du canton de Vaod , à Tqiiest par le cours de la Versoix, et par une 
ligne q^ renferme ks communes de CoUex^losAy et Mt^yrin , .en lais-' 
Aant la commune de Femey à la France, sera céuéc à la confédératioa 
iiclveti^fie, pour é^ri; réunie au canton de Genève. La ligne des douante 
franooiseft sera placée è Touest du Jura , de Bianière que toul le pays de 
.Gex Sf trouve h ors .de. cette ligne. . . 

^ 4*- l^<^s frontières du canton de Genève jusqu^à la McJitcrratoée , le 
ligue de démarcation srra cdle qwj, ea 179)» separoit la Fraece de la 
Savoie et du eo|a»tc de Nlco. Les rapports que le traité de Paris de t8i4 
«voit rétablis entre la France et la principauté de Monaco cesseront a 
p«*rpétuité, et les m^me rapports existeront entre cette principauté et 
S. M. le roi de Sardaigne. . . 

.■ S°. Tqus les territoirra et dittricts enclavés dans les limites da tervU 
toirc frnnçois, telles qu Viles ont été dédern&inétis.par le présent artide , 
restetoiH réunies à la France. ' . 

. $^t Les batttes parties contractantes nommeront, dans le délai de 
'trois moisaprcs la signatnve du présent irai lé, des.com^iissaires pour 
r(%lcf tout ce qui^a rapport à la délimitation des pays , de part et d'autre; 
et atTwii6t que le travail de. ces commissaires sera terminé » il sera dressé 
des cartes rt^placé des poteaux qui constateront les limites respectives. 
• Q. Les places et les districts qui , selon l'article procèdent, ne doivent 
pins faire partie du territoire françois, seront remis àla disposition des 
puissances alliées dans les termes gsés pur Tarticle 9 de la convention 
militaire :anii€xée au présent traité^ et S. M. le Roi de.Francc rettonee 



t' 



(70 

k pcrp<<tùll^, ponr lui et ses héritiers n furrrRsrwr», au droit de son- 
verainttë cl de propriëlë qu'il a exercé juqu'ici sur iesdites placer et 
districts « 

3. Les fortifications de Hunipgue ayant e'ië constamment nn ob)et 
d'inquiétude pour )a ville de Èâle,'les hantes parties contractantes, 
nour^ donner à la confédération helvétique une nouvelh preuve de . 
Jrur bienveillaDcc et de leur sojlicitudr, sont convenues entre elles de 
faire démolir lès foriifioations de IIuninguBvet ie gouvernement ffan- 
cois ^'engage ;t par ce motif, à ne les i^otablir dans aucun temf^s, et 
à ne point le^ remplacer par d'autres fortidcations à une distance moin- 
dre que trois lieues de la^illé de Bâic. 

La neutralité de la Suisse sera ett'udue au territoire qui se trouve au 
nord. d'une ligna à tirer depuis Ugine, y compris cette ville, au midi 
du lac d'Annecy, par Faverge jusqu'à Lecheraine , et de là au laè 
iiix Bourgfit jusqu'au Rhône, de la même manière qu'elle a été étendue 
aux provinces de Chablais et de Faucigny, par l'article 9a de l'acte final 
du congru de Vienne. ' 

4' La partie pécuniaire de l'indemnité à fournir par la F*"^"<*^ ^"^ 
uîssanccg alliées est fixée à la somme de sept cents millions de francs, 
iC mode, les termts et les garanties du paiement de cette somme 
seront réglés par une convention papt culiére, qui aura la mt^ie forcé 
et valeur que si elle'étoit lextui llrment insérée au présent traité. ^ 

5. L'état d'inquiétude et de fermentation dont , après tant de secousses^ 
videntes, et surtout après la dernière catastrophe, la France, malgré 
lesNntentions paternelles de son -Roi et les avantages assurés par 1^ 
chartrc constitutionnelle à toutes les classes de ses sujets, doit néces- 
sairement se ressentir encore , exigeant , pour la sûreté des Etats voi- 
sins, des mesures de précaution et de garantie temporaires , il a été jugé 
indispensable de faire occuper pendant un certain temps, par un corps 
de troupes alliées, des positions militaires le long des frontières de la 
France, sons la réservée expresse one cette occwfTfallonne pt^^Cerà au- 
cim préjudice à la souveraineté de S. M. T. C , ni à l'état de possession 
tel qu'il est reconnu et confirmé par le présent traité. 

Le nombre de ces troupes ne dépassera pas cent cinquante mille 
liommrs. Le commandant en chef de cette armée sera nommé par les 
puissances alliées, 

Ce corps d'armée occupera les pinces de Condc, Valenciennes , Rou- 
chain, Cambrai, le Quesnoy, Mauheuge, Landrecies, Avésnes,*Ro- 
«roy, Givet avec Charlemont, Mézières, Sedan, Mooimédy, Thion- 
ville , Longw^y, Bitcl^e , et la tôte de pont du Fort-Louis. ' 

L'entretien de l'armée destinée à ce service devant être fourni par 
la France ', une convention spéciale réglera tout ce qui peut avoir rap- 
port à cet objet.* Cette convention , qui aura la m^me force et valeur 
que si elle étoit textuellement insérée dans le préitent Jraité, réglera de 
sn^me les relations de l'aràiée d^occupation avec les autorités civiles 
et militaires du pays. ; . 

IaQ maximum de la durée de celte- occupation militaire est fixé à 
cinq aus; elle peut finir avant ce terme, si au bout d(" trois ans le» 
•ouverains alliés, après avoir, de concert avec S. M. le Roi de France, 
ttârement examiné la situation cl Içs intérêts iéçi(»ro<jpies, et les ^m'o» 




, (73) 

près que le roteblisjcfmjent de Tordre et de la tranquillité aura faits e* 
France, «""accordent à rcconnoîlre que les molifs qui les portoient k 
colle mrsare ont cessd dVxistt'r^ mais , quel que soit le résuUat île celle 
^If'Jibôration , toule& les places et positions occupées par les troupes 
alliées seront, ati terme de cinq ans révolus, évacuées sans autres dé- 
lai*, et remises à S. M. T'. C. ou à ses héritiers successeurs. 

6. Les troupes étrangères, autres que celles qtii feront partie de l'ar- 
mer d'occupatioii, évacueront le territoire françois dans les termes 
fixés par rarticle g de la convention militaire appexée au présent 
iraiic. * ' 

7. Dansions les pays qai changeront de matire, tant en vertu du 
présent traité que des arran|»emens qui doivent ^Ire faits en consé- 
quence, il sera accord/^ aux hnbilans, naturels et étrangers, de quel-. 
que condition et nation vfju'^ils soient , un espace de six ans , à compter 
de Péqjiéance des ratifications , pour disposer, s'ils le jugcnl convenable^ 
de leurs propriétés , el se retirer dans tel pays qu'il leur ]llaira de choisir. 

8. Toutes les dispositions du traité de Paris, du 3o mai i8î4» rela- 
tives aux pays cédés par ce traité, s'appliqueront également aux di£Fe^ 
Ten s territoires cl districts cédés par le présent traité. ' 

9. Les hautes parties contractantes s'étant fait représenter les diffé- 
rentes réclamations provenant du fait de la non exécution des articles 
19 et suivansdu traité du 3o mai 1S1&, ainsi que des articles addition - 
Trels de ce traité, ^igné entre la Grande-Bretagne et la France, désirant 
de rendre plus efficace les dispositions énoncées dans ces articles , et 
ayant à cet effet déterminé, par deux conventions séparées, la marche 
à suivre de part el d'autre pour l'exécution complète des articles sus- 
mentionnés, les deux dites conventions, telles qu'elles se trouvent. 
j'Vntes au présent traité, auront la même force et valeur que, si elles jr , 
ëioient lextuçUement insérées. 

r o. Tons les prison niers^»it8 pendant Ié9 hostilités, de même que tous . 
ics otages qui peuvent avoir été enlevés ou donnés , seront rendus dans 
le plus court délai possible. Il en sera de même des prisonniers faits an* 
«érienrement au traité du 3o mai 1814, et qui n'auroient point encore 
été restitués. 

1 1 . Le traité de Parif , du 3o mai i8i4 , et l'acte final du congrès de 
Vienne , du 9 juin 181 5, sont confirmés, et seront maintenus dans toutes 
relies de leurs dispositions qui n'auroient pas été modifiées par les 
clauses du présent traité. ' » 

1 2, Le présent traité, avec les conventionsqni y sont jointes , sera ra* 
tifié en un seul acte, et les ratifications en seront échangées dans le 
le^rrae de deux mois, ou plus lot, si faire se peut. 

F.n foi de quoi les plénipotentiaires respectifs l'ont signé , et y ont 
o^v^osc le cachet de leurs armes. 

Fait à Paris, le 20 novembre, l'an dé grâce mil huit cent quinze. 
Signé, Richelieu, METTEnificHjWEssEMBEHG. 

Un article addilionnçl est relatif à la traite des nègres, dont les puis- 
sances s'engagenlà concerter l'abolition entière el définitive. 

Le même jour, dans le même lieu et au mênie moment, le même 
tr^ilé , ainsi que les conventions et articles y i&nnexés; a été signé entra 



C74) 

la France et la Grande-Bretagne, la France et la Pmsse, la France ci 
la Rusftie. 

Traité entre VAutriclie , la Grande-Bretagne^ la Prusse et la Russie j 
conclu k Paris f le 30 not^mbre 181 5. 

Au nom de la trés-sainte Trinité, 

Le but de ralliàncc conclue à Vienne, le aS mars 181 5, ayant élé 
henreuseosent atteint par le rétablissement en France de Tordre des 
chofteH que le dernier attentat de Napoléon Buonaparte avoit munien^ 
lancmcnt sobvcrii, LL. MM. Tenipt'reurd^^u triche, le roi duroyaunae 
uni de la Grande-BreUgne cl d^lrlande , le roi dn Prusse et IVmpereur 
de toute» les Russies^ considérant que le repos- de TEnrope est essen- 
tiellement lié à raffermissement de cet ordre de choses , fondé sur le. 
inninticii de Tautorité royale et de la cbarlre constftutionnelle , et voii* 
jant employer tous leurs moyens pour que la tranquillité générale, ob- 
jet des Yasuz de- Thumanité et le but constant de leurs c£torbi , ne soit 
pas troublé de nonvcan; désirant en outre de resserrer les liens qui les 
unissent pour Fintérét commun de leurs peuples , ont r^olu de don-- 
der aux principes consacrés par les traités de Cbaumont, dn t*''. mars 
i8i4, ^^^ Vienne, du aS mars 181 5, Tapplication la plus analogue à 
Féut actuel des affaires, et de fixer d^avance, par nft traité solennel, 
les principes qu^elles se proposent de suivre pour garantir l^uropc 
des dangers qui pourront encore la menacer ; 

A cette Qn,' les hantes parties contractantes' ont ndmmé-, pour dîs- 
coter^ arrêter et signer les conditions de ce traité, savoir : S. M. l'em- 
pereur d^ Autriche, le prince de Metternich et le baron d« Wcssem- 
terfti S. M, le roi du royaume uni de la Grande-Bretagne et d'Ir- 
lande; Je duc de Wellington et de lord Casdereagh; S. M. le roi de 
Prusse, le prince de iî»r4enberg et le baron de Humbdldl; et S. M. 
^''empeivnr de toutes les Bussies , le prince de Rasumowsky et le comte 
de Capo-d'Utria. 

Lesquels, après atoir ëcjiangé lenrs p1eins-rw>avoirs, trouyés es 
bonne et due forme, se sont réunis sur les articles snivnns: 
~ Art. i«r^ Les hautes partie» contractantes se promettent réciprooue- 
ment de maintenir, dans sa force et vigueur, le traite signé au)nurd Uni 
r%.fci>. M. T. C.,.ctde veiller à ce que les stipulations 6r ce tiaité, 
ainsi que celles des conventions parliculicres qui s^y rapportent, soient 
^ siriciement et fidèlemelU exécutées dans toute k*ur ♦«tendue. 

a. $'étant ensagffes dans la guerre qui vient de finir, pour mainle* 
nfr inviolables les arran^emens arrêtés à Paris Tannée «lernière j>oue 
jja sûreté et Tlntérét de VEiU'opc, les hautes partit^s cnnlraclànlPS ont 
jugé convenable de renonveler, parle j»réscnt acte, et de confirmer, 
cî»u\.mc mutuellement obligatoires, lesdtts arrangeuiens, sauf les mo- 
di(ic;ilioos que le trailé signé .aujourd'hui avec les plénipotentiaires 
cTe S. M. T. 0. y a apportées, et particulièrement cenx pour lesquels 
3\upo!éoQ Ruon.ipafle «4 sa famille, ensuite du traité du 1 1 avril 181 4 , 
ont c'té exclus à perpétuité du pouvoir snprême en Franco, laqueUe 
rxHusiun les piii»8i<nces contraclaitios sVngagrnt, pnr le présent acte , 
# m^inienir en pleine vigueur, et s'il vLcit nécessaire, avec' toutes K-ur« 



(75.) . 

foreen ; et comme Ips mêmes principes révolutionnaires qui ont sonlenu 
Ia domitre usurpation criminelle pourroient encore ,sous d^autres for-> 
n^s, déchirer la France, et menacer ainsi le repos des autres Etats, 
I(*s hautes parties contractantes rcconnoissenl solennellement le devoir 
«le red on hier leurs soins pour veiller, dans dos circonstances pareilles , 
À la tranquillité et aux inléréis de leurs peuples, s'engagent, dans le 
cas qu^un aus»i malheureux événement vtbt a éclater de nouveau, à 
cpBferlor entrVlles et avec S. M. T. C. les mesures qu'elles jugeront 
nécessaires notir la sûreté de leurs Etats respectifs et la tranquillité 
générale de TEurope. 

3. En roiivenant avec S. M. T. C. de faire occuper pendant un cer- 
tain nombre «ranoées , par un corps de troupes alliées, une ligne de 
positions milil^irr^ en France , les. hautes parties contractantes ont eu- 
en vne d*assurer, autant qu'il est en leur pouvoir, iVfff.t des stipula- 
tions des articles \^'^. et a du |>résent traité; et, constamment disno- 
»érs à adopter toute mesure salutaire propre à assurer la tranquillité 
en Europe par le maintien de l'ordre ifiabli en France , elles s enga- 

'g(*nt, dans le cas où ledit corps d'armée fftt attaqué on menacé d^une 
attaque djç la part de la Fr;mcc*, comme dans celui que les puissances 
fiissrnt obli^iées ûv, se remeHre en état de guerre contre elle , pour mainr 
tenir l'nno ou l'antre 'desdi tes stipulations, ou pour assurer et soutenir 
los grands intérêts auxquels elles se rapportent, à fournir sans délai, 
cVaprcs les stipulations on traité de Chaumont, et notamment, d'après 
les articles 7 et 8 de ce traité , en sus des forces quVllcs laissent en 

, 1* rancc , chacune son plein contingent de soixante mille hommes , ou 
telle partie de ce contingent que l'on voudra mettre en activité , selon 
Texigence du cas. 

4. 8i le* forces stipulées par Tariicle 3 se irouroient m^lhenreosc- 
nrnt if)Su£Bsanies , les hantes parties coptractanlfs se concerteront, 

«ans perle de temps, sur le nonihré' additionnel de troupes ir^nc cha- 
cune fournira pour le soutien de la cause coriimune, et elles s'enga- 
gent à employer, en cas de besoin, la totalité de leurs forces pour 
conduire la guerre à une issue prompte et heureuse, se réservant 
<l'arréu*r entre e)les, relativement à la paix qu'elles signeront d'un 
commun accord , des arrangemcns propres à ottrir à l'Europe une ga- 
rantie suffisante contre le retour d^anc calamité semblable. 

5. Les hautes parties contractantes ^'étant rcnnies sur 1rs ' disposi- 
tions consignées dans les articles prérédens, pour assurer IVfFet de 
•leurs engagemens pendant la durée' de l'occupation temporaire, dé- 
clarent en outre , qu'après4Vxpiration même de cette mesure , lesdits 
engagemens n'en resteront pas moins dans toute leur force et vigueur, 
pour l'exécution de celles qui sont reconnues nécessaires an maintien 
des ftipulations contenues dans les articles 1^''. et ti du présent acte. 

6. Pour assurer et facHiter Texécution du présent traita, et conso- 
lider les rapports intimes qhi unissent auionrd^buf les quatre souve- 
rains pour le bonheur du rao^de, les hautes parties contractantes sont 
convenues de renouveler k des époques détermineras, soit sous les aus- 
pices ira médiats des souverains, soi< parleurs ministres rrspcctîfs, des 

Téunions consacrées aux grands ihtifrêts communs et à l'exr.mrn des 
mesures qui , dans chacune de ces époques, seront j'igccs les pins sa- 



( 76 ) 

kitdires pour U repos et la prospérité des peuples , et peur le mainticv 
<le la paix de l'Europe. 

7. ïAi pr^.srnt tfaite' sera ratifié , et les ratifications en seront échan- 
gées dans deux mois, ou plus tôt , si faire se peut. , 

En foi de quoi les plénipolleâtiaireS Font signé, et y ont apposé Ut 
tachet de leurs armes. 

Fait à Paris, le 30 novembre de Tan de grâce 181 5. 

( ékuiuent Us signatures, ) 

Convention conclue en conformité de l'article quatrième du traitA 
principat, et relatit^e au paiement de l'indemnité pécuniaire a 
fournir par la France aux puissances alliées. 

Le paiement auquel la France s'est engagée vis-à-vis des puissances 
AÏliées, à litre d'indemnité par l'article quatrième du traité de ce jour, 
aura, lieu dans la forme et aux époques déterminées par les articles 
Buivans ; 

Art. \^^. La somme de sept cents millions de francs, montant de 
jCflte indemnité, sera acquittée, ^our par jour, par portions égaler , 
dans le courant de cinq années, au moyen-de bons au porteur sur !• 
trésor roya! de France ainsi qu'il va ^ire dit : 

9. Le trésor remectrà d'abord ani puissances alliées quinze enga- 
gemenii de quarante -six millions deux tiers, formant la somme to- 
tïUe de Sfpt cents millions, payables, le premier, le 3i mars i8iô^ 
le second, h* 3i juillet de la mc^rae année, et ainsi de suite de quatre 
mois en quatre mois, pendant les cinq années successives, 

^. Ces engagemens ne pourront être négociés; mais ils seront échan- 
Rés périodiquement contre dts bons au porlcifr, négociable», dressés 
dans la forme usitée pour le s«?rvîce ordinaire du trésor rpyaK 

4. Dans le mois qui précédera les quatre pendaift lesquels «n en- 
gageroeot sera acquitté, cet engagement sera divisé par le trésor de 
France en bons au porteur, payables à Paris par portions égales, de- 
puis le premier jusqu'au dt^rnier jour des qualre mois. 

Ainsi l'engagement de quarante-six millions deux tiers échéant le 3i 
mars 1816, sera échangé au mois de novembre 181 5, contre des bons 
au porteur payables par portions égales, depuis le i^**. décembre 181 5 
jusqu^au 3i mars 1816. L'engagement de quarante-six millions deux 
tiers, échéant le 3i juillet 1816, sera échangé au mois de mais de la 
même année, contre des bons au porteur, payables par portions égales, 
tlepuis le Ic^ avril 1816 jusqu'au 3i juillet (le la même année, et ainsi 
de suile de quatre mois en quatre mois. 

5. 11 ne sera point délivré un seul bon au porteur pour l'échéance 
de charjue jour; mais cette échéance sera divisée en plusieurs coupures 
.de mille, deux mille, cinq mille, dix mille et vingt mille francs, dont 
la réunion formera la somme totale du paiement de chaque jour. 

: 6. Les puissances alliées, convaincues qu'il est autant de leur intérêt 
que de celui de la France qu'il ne soit pas énaîs simultanémeot une 
»omme trop considérable de bons au porteur, conviennent qu'il n'y en 
aura jamais tn circulation pour plus de cinquante millions de francs à 
la fois» r 



(77) 

7< Il ne »era pay^ par la France aucan intérêt pour le délai de 9\ac(- 
années c|ae les paissances alliées lui accordent pour le paiement de sept 
oents millions. 

8. Le i«r. janTÏer 1816, il sera.remis par laFranâe, aux puissance!^ 
alliées , à titre de garantie de la régularité des paiemensy une rente soc' 
le grand livre de la dette publique de France, de la somme de>ftepO> 
mtllioos de francs, au capital de cent quarante millions. Cettj^ T^lte 
servira à suppléer, s^il y a lieu^ à Tinsumsance d^s recouvremens du 
gouvernement françois^ et à mettre à la fin de chaque semestre tes 
paiemens de niveau avec les échéances des bons au porteur, ainsi qu'ii 
sera dit ci-après< 

9. Les rentes seront inscrites au nom des personnes que les pui^s^ 
sanroe^ alliées indiqueront; mais ces personnes ne pourront être aépo> 
sita ires des inscriptions que dans le cas prévu à 1 article 11 ci-aprés^ 
les puissances alliées se réservent, en outre, le droit défaire faire le» 
transcriptions soûs d'autres noms aussi souvent quMles le jugeront né- 
eessaire. 

10. Le dép6t de ces inscriptions se trouvera sous la garde d^un cais-^ 
4ier nommé par les puissances alliées, et d^un autre nommé par le gou- 
vernement fraftçois. 

.11. Il y aura «ne commissidn miite composée de commissaires al-' 
liés et françois en nombre égal des deux côtés, qui examinera, de six 
mois en six. mois, l'état des paiemens, et réglera \€ bilan :• les bons du 
trésor acquittés conslalerout les paiemens. Ceux qui n'auront pasenoore^ 
été présentés au trésor de France entreront dans les déterminations du 
bilan subséquent; ceux enfin qui seront échus, présentés et nonf payés,- 
constateront l'arriéré el la somme d'inscripUons à employer au taux du 
)oar pour couvrir le déficit.. Dès que cette opération nur^ ^tf lieu, le» 
bons non payés seront rendus aux commissaires françoik , et la com- 
mission mixie donnera des ordres aux caissiers pour la r^ise de 1» 
samiac ainsi fixée, et le&-ç»iasiers «leront aii^etriiés e^. obliges i^ la re-< 
mettre aus commissaires des puissances alliées, qm eo disposeront d'a- 
près leur conveiiam^e. 

la. La France s^engage à rétablir aussitôt entre les maii^ des cais- 
siers une somme d'inscriptions égaîè à cellt qui auroii été employée ,.; 
d'après l'articfe précédent, de manière à ce que la rente stipulée à l'ar- 
ticle 8 soit toujours tenue au complet. 

i3. fl sera payé par la France un intérêt de cinq pour cent par an- 
tiée, dtpuis le^jour de. l'échéance des bons au porteur, pour ceux d« 
ces bons dont le paiement auroit été retardé par le fait de la France. 

i4- Lorsque les six cents, premiers millions de francs auront été 
payés, les aîliéîs, pour accélérer la libération entière de la France, ac- 
^''Njpront, si cet arrangement convient au gouvernement franoois, la 
i«'ale' stipulée à l'article 8, au cours qu'eUe aura à cette époque, luc" 
^u âr^èoncurrcnc^ de ce qui restera dÛ des sept cents millions. La Franc* . 
n'«ura plus h fournir que la différence, s'il y a lieu, • 

i5. Si cet arrangement n'cntroît pas. dans les convenances de la 
Fruj:i;e, les cent millions de francs qui resteroient dus scroient ac-- 
Quille* ainsi qit'il est dit aux articles », 3 , 4 <^l ^i «^ ^V*^ l'entier pait- 



( 7» ) 

mptit jfs sippt -renié milHpns, rioscriptioit stipuler à raplicIêS.serdit 
remise à l.a irance. .... 

16. Le gouvernement françois s'engage à exécuter, ]'ndépe»»damiD(*nt' 
de rindeiuniië |iccuniaire stipulée par fa présente convvniion, toivi te» 
cngagemens tionlractés par les cfonTen^rôn» paiticii^ièrcs conclues a v ce- 
lés difféientes puissances et ieurs co-alUés, reialiv«:ment à Thabitle-- 
mem et à ré({uipensent de' leoirs armées, ti /à fair»» délivrer el payer 
exactement les bons et' mandats provcDaDt'desdiCes con voûtions « en tant' 
qu^ils ne seroient pas encore réalisésà fépoque de la signature du traité 
jurincipal et de la convention présente. 

Fait à Paris, le 21 novembre de Tanl dir grâce 181 5. 

(ÇiUifcnl les signatures,) , 

Convention conclue en conformité de V article 5 iJu traité principal ^ 
ei relative a l'occupation d'une ligne militaire en Jurante par une 
armée alliée. 

Art. i^*". La composition de Tarmée de i5o,ooo hommes, qui, en 
Terttt de Particle 5 du traité cle ce jour, doit occdper une ligne mi- 
lilaire le long des frontières de la France j la force et la naturtdes cnn- 
tingens à fournir par chaque puissance , de même qiie le choix des gér 
néraux qui commanderont ces troupes, seront déterminés par les sou — 
verains alliés. 

a. Cette armée sera éotrelènue par le gouvernement françois de la 
manière suirante ; - "* 

Le logement, le chauffage, l'éclairage, les vivres et les fourrage» 
doivent être fournis en nature. Il est convenu que. le nombre total des, 
ratioQS ne^pourra jamais être fierté au-delà de «ieux cents mille poup 
iionimes, et de cin<]«ia«te mille jtour chevaux ^ et quVlles seMnt àéii'^i 
vvééê «uivant Je tarrf annesé è la préacste convenftion. ■ ..;>'>'' . 

Quant à la solde, Téqui peinent, rbabillement et autres <»b}cta«cces- 
soires ; le goiivernement f rançois subviendra à cette dépense nK>|r«BDant: 
le paiement d'une somme de' cinquante millions de francs par an paya- 
ble en nnméraire de mois va mois, k «later du 1^^. décembre de V^n-f 
née ySjS^ entre les mains de» commissaire^ alliés. Gesendanl les puis» 
sances alliées, pour concourir, autant que possible, a tqutcequi peuC 
satisfaire S. M. ie Roi de France et soulager ses sujets, consentent à ce 
qu'il ne soh \^yc\, dans la |^remtcre année, que trente millions de francs 
sur-la soUle, sauf à être remboursées dans les années subséquentes da 
l'occopalLon. 

3. La France se charge également de pourvoir à l'entretien des for-, 
tifications et bâtimens militaires et d'administration civile, ainsi au'à 
K'armement et à l'approvisionnement des places qui , en yertu die Jjjfar'. y 
ticlc 5 du traité de ce jour, doivent rester à titre de dépôt entre les maittf * * 
des troupes alliées. «-* ' 

4. Conformément à l'article 5 du traité principal, la ligne militaire 
que les troupes alliées doivent occuper s'étendra le long des frontièrra ^ 
qui séparent les départcmens au Pas-de-Calais^ du Nord, des Ar-. 



(79) 

denncs, ilé la Mciise^ -èe la- Mosf*!}*^ , da Das-Rliin et do Haut-RliÎTtf 
de riniëriear de la France, il est, de plu», convcoa qtie ai tés iroupt*^ 
«liiëes, ni lestroupes françoises ti^oodapcront; à moins que ce rx* sôit 
pour des raisot^s particulières et dVr^ commun accord, les imicoin^ 
et districts ci-après Dommés j savoir : dans le dépurtcment de la Somme , 
tout le pays a a -nord de cette rivière, depuis Ham jusqu'à son rro- 
bouchure dans la mer^ dans Je dépariejDoeot de.rAisne, les districts 
de Saint-Quentin , Vervins et Laon; *lan* ïe dtfpailement de la Marne ^ 
CMîux de Reims, Sainte-Menchould H Vitr^^ dans le de'partcroent de la 
Haute-Marne, ceux de Saint-Dizier et Joravilie; dans le départem<ni 
de la Meurtbe, ceux de Toul, Dieuie, Sarrebourg et Rlamontj dans 
le département des Vosges, ceux de Saint- Die , Bruyère et KemirC'» 
jnont; le district de Lure, dans le département de la Haute-Saône , 
et celai de Saint-Hippolyte, dans le département du Donbs'. 

Nonobstant roccupalion par 1rs allies de la portion de territoire 
fixée par le traité principal et la présente convention, S. M. T. C. 
pourra entretenir dans les villes situées dans le territoire occupé, des 
garnisons, dont le nombre, toutefois, ne. dépassera pas ce qui est dé- 
terminé dans rénumération suivante : 

A Calais , looo hommes j Graveline?, 5oo ; Berfrucs, 5oo; Sainl-Omcr, 
i5oo; Béthunc, Sôaj Montreuil, 5oo^ Uesdin, aÔoj Ardres, i5oj Aire, 
5ooj Arras, loooj Boulogne, 3ooj Saint-Venant, 3oo j Lille,. 3ooa^ 
Dunkerque et ses forts, looo i Douai et fort de Scarpe, looo ; Verdun, 
5oo5 Metz, .3ooô } I^ulçrbourg, 200 j Weissemhourg, i5o j Ltchtfm- 
berg, i5oj Petite-Pierre, loo; Phaisbourg, 6ooj Strasbourg, 3oooj 
Schdestat, 1000^ Ncuf-Brisack el fort Mortier , ipoo^ Bcfort» 1000. 

Il est cependant bien entendu que le matériel du génie et de l'ar^» 
iillerîe, ainai que les objets dWmement qui n^appariiennent pas prp- 
prenwtrt à >«0s places, en seront retirés et transportés à tels mdroil*. 

3ue Je gooveriiement français jugera 09fiv^nabl<ï,» pamYu ifube.fîe;;|.«n^ 
roits se Irmirent bèrs de 1^ ligne occupée par tes troupes alliées , et dé« 
districts oà U est coorvenu de ne lais^r aucunes tronpes , soit alliées , 
soit françaises. 

S'il parvenait à la connoissance du commandant en chef désarmées 
Alliées jquelques contraventiona aux sti|>ul«*tions ci^cssus, il adresse- 
roit ses réclamations , à cet égard, au gouvernement françois, qui sVn" 
gage à y faire droit. 

Les places ci-dessus nommées étant en ee moment dépourvues d« 
^arnisonsv le gouvernement franeois pourra y faite entrer, au$i»ilut 
qu'il le jugera convenable, le nombre de troupes qui vient d'être J&sé, 
en en prévenant. le commandant en chef ^es tronpes alliées. 

5. Le commandement militaire,. dans toute l'étendue dçs départeme.ns 
qui resteront occupés par les troupes alliées, appartiendra au gém-ral 
«*n chef de ces troupes j il est bien entendu cependant qu'il ne s'élen- 
<ira pas aux places que les troupes françoises doivent occuper cp vertu 
dv Tartide 4 ^le la présente convention, et à un rayon de mille toises 
autQuf de ces places. 

Q. L'administrati^o civile ,. colis ds la justicas, et la perception des' 



JtnposiUoos et contribaûons de toute espèce resteront entre les maios 
ôes agens de $. M: le 'Roi de France. 11 en sera de même par rap- 
port aux douanes. Elles resteront dans leur cftat actuel, et ibs coiu- 
mandans des iroupes alliées n^apporteront aucun obstacle aux me- 
sures prises par les émplo>ës de cette administration pour prévenir 
fa fraude j ils leur prêteront même, en cas de besoin, secouis et aS' 
sistance. 

L^article ^ est peu important. 

L'article 8 porte que le service de la gendarùierie continuera «l^avoir 
lieu dans les pays occupés par les alliés.- 

9. Les troupes alliées, à Fetceptioo de celles qui doitent formes 
Farmce d^ociupatioD , évacueront le territoire de France en vingl-uu 
)i>urs après celui de ki signature du (railé principal. Les terriloires qui,- 
diaprés ce traité, doivent être cédés aut alliés, ainsi qoe les places de 
Landau et Sarre> Louis, seront remis, par les autorités et le^lrouptrs 
françoises, dans le terme de dix jours à dater de la signature du traité. 

Ces places seront remises dans Télat où elles se trouvoient le ao sep> 
tembre dernier. Des cptnmissaires seront nommés de part et d'*aiWrê 
pour "vérifier et cortslaier cet état, et pour délivrer et recevoir respecli- , 
temcnt Tartillerie, les munitions de guerre, plans, modèles et archi\es 
appartenant taôt auxdiCes places qù aux diUérens districts cédés par là 
France selon le traité de ce jour. 

Des commissaires séiont également noBomés pour eiailiioer et cons- 
tater IVut des places occupées encore par les troup'es françoises , et qui , 
diaprés l'article 5^ du traité principal, doivent Uve tenues en dépôt pen- 
dant un certain temps par les alliés. Ces places seront de même netni&es 
aux troupes alliées dans le teiifte de dix jours, à daUr de h signature 
du traité. 

Il sera nosamé aussi des commissaires, d'une part par le gonrerne-'' 
ment françois^ de l'autre par le général commandant en chef les troupes 
aUiées destinées à rester en France, enfin par le géaérai commandant 
les troupes alliées qui se trouTent aujourd'hui en possesmon des places 
d'A\'esnes, Landrecies, Mauhenge, Rocroy, Givet, Montmédy, Longwy, 
IVTésiéres et Sedan , pour vérifier et constater l'état de ces places et des 
munitions de guerre, cartes, plailks* modèles, etc., qu'elles contien- 
dront au moment qui sera eonsidcré comme celui de l'occupation ea 
vertu du traité. 

Les puissances alliées s'engagent à retnettre, à la fin de l'occupation 
lciï)poraire , toutes les places noitiniées dans l'article 5 dn traité princi- 
pal , dans l'état où elles se seront trouvées à l'époque de cette occupa- 
tion , sauf toutefois les dommages causés par le temps^ et que le gou-^ 
Ternement françois n'duroit p^s prévenus par les réparations nécessaires.- 

Fait à Paris, le ao novembre, l'an de grâce îS-iS. 

(Suivent les signatures,) 

Un article additionnel est relatif à l'extradition réciproque dei* 
déserteurs. 

^.es mêmes communications ont et» faites , le mêmç }our ^ à U 
»br« des pairs. 



ÇSatnedi Sa décembre loiS,) (N®. iSy.) 



Âir HÉDACTEUR/ 

. i)ËPtJis iong-^jtetnpsi Monsieur, je désîrois savoir ad 
juste ce que c'est que les idées libérales ^ dont 6d parlé 
tant aujourd'hui. Etonné de leur apparition subite dans 
lé mondé , où il n'en étoit pas question > il y a quelques 
années^ je demandois à tous ceux que je rencontrois : 
Conhoisiez-'vous les idées libérales? à peu près cohiinè 
Lafontaine^ qui demandoit aux passans : Connoissèi'- 
^ous Baruch ? Non content dé cela, je (bfaerchois dans 
tous les dictionnaires > je feuilletois totté les calepins^ 
et ni dictionnaires 9 ni calepins, ne me donnoient 
d'éclaircissement. Je séchois donc de mon ineerti-^ 
tude,. et je me désolois de moû ignorance, quand y 
ton matin , en jetant les yeui sur un journal, j^ trou- 
vai une savante élucubrirfion oà M; M^-^B. a biea 
voulu ^ par pijlié pour mon etnbarras, définir nette-» 
inent^ et d'une manière amsi franche que loyale^ cà 
que c'est qu'une idée libérale. J'ai lu avidement ce 
passage prédeux ^ où il est dit qu uiïe idée est libérale^ 
lorsiluau mérite de^ la vérité, elle joint celui d'être ihdé^ 
pendante de tout intétét personnel, de tout intérêt de 
caste ou de faction, lorsqu'elle supposé dans celui qui 
la professe des séhtimehs générèuac et élesféÈ-y... enfin, 
quelle est t abnégation de tout égoïsme et de tou,t esprk 
de faction. 

Ce peu de mots a été pour moi comme un trait de 
lumière y et je me suis cotifondu en actions de grâce» 
pour ce généreux étranger, arrivé tout exprès de* 

Tome rKrjmide la Religion et du Moi. F 



( 6a ) 

pays voisins du pôle pour nous ëclairer. Il est clair 
f jue y sans un géographe danois., j'eusise ëiemellem<nit 
ignoré ce que j'avois tant intérêt d'apprendre. Mais 
aujourd'hui^ instniitpar éon docte commentaire, me 
Toilà au fait; et combien, il faut que je l'avoue, ri'ai-je 
ipas à rcft^ d'avoir trop souvent calomnié c^ nobles 
«t généreuses idées dôût je n'avois pas su mesurer là 
iiauteor ei apprécier la vert»! Car, votci comme je 
'rmsonnois dans ma simplické : Les idéefi libérales 
sont nées dans ce siècle; elles né jurent que par le 
siècle , comme ié siècle nie jore que par elles : or, ce 
siècle est irnéUgieuiE , immoral et abâtardi aii dernier 
^iat ; donc^ les idées Kbéraies ;sont irréligieuses, im^ 
xnoràiès et liâlardes; Et voici qu'éclairé f»ar la défini- 
tion de M. M.^B. , il appert manifeM'emeni; ^u6 les 
idlées fibéraies^ loin d'étm irrâi^elises^ sôm cbî'é^ 
^ieisnes , puiBqn''e]Iei Tepesent sur TitAnégmit^nynpAe y 
loin d'^etre immorales, «Mes ^o»t put^os fCfoagaie l'or, 
|mii(]ii'efies poussent le idesintéressemënt jusqu^à l%é- 
i^sme; 4èt que, Mn d'étr^ kâtanies^ <?Tiés soot'inè&i 
ié^tèmies^ etinenie , conma^ nous l'appïieûd M % M>B. ^ 
toutm m n im 'de id Jégitimiié. 

Ce n'est pas ti^; je m'imaginois isncore que lie?^ 
43éi» Jibéraids éttiiecit des idées ^iirigin^s, 4dk>nt nos 
l^fa^sîdogïM^seiLlsttvoîeDt iaolefj dés «déesse quek 

Ses Bavaas, à focce ^ oheijfsisf , avoient tFOsivéeë^ca»* 
ées au -fond dte quelque puits, dmi ils les ^a^oieiic 
^retirées ps^ fe secoure dé Jtinalj^ et 4e levier des 
contre-poids avec lesquels on balance aujourd'lm fe« 
tionstitiitionsxpnlkiques ; vet vôîËi que ce sont tmit sim-^ 
j[^lement des idées .bsisnales ai; triviales, des iieUK 
^oommtms que »toûUe snonde entend , qu'une ^servante 
peut explH|aer^fit^el'oli uouve dans tous les épi-^ 



lome$ rt dans tm$ hs traitât» <j!p «i;i(Jr<4^j par il u y eij 
d pus ijo seul qui De Ois^e Qiemiion dç TfiIîaëgaMoii^ 
dû diewiténefiseaient , des fie^4imep^ uçtlw Ç* élevas , 
prÎDcipes oDQSl«liOÛ& ée t^ut^ klé^ Jji^érfilf ^ Wr« des*- 
quu^ «o fe «ehercberoii ^aio^u^Oil,, jy^V^^^ijlI^fî^i^q):^ 
MonsieiRTy ^ r€^doi»> d^^os pi^nw ^Meu^glexa^qji;^ les 
idées Iîben»les jcommo ofîgÎB^Ie^; w^s mo^ e^€G^r ^i 
ma pnBTOBtiwa eftoiepileUés^^Me j> lesîP^e^is ftlale?;^ 
puis^'^Iks nvicâeot pfis iijtisaî^pce ayeç tQu^ Içs oiiâ^lf 
jaeura de ja reyoliMÛon, «veç Ja fcoc^rép loatio^alat 
avec JU IibertA mtîoQalé^âAreç J^ç nçprése»WH>ofi jmi- 
liemaliss# av^eiç l'^toque où u^e philospplN^ 4^lQyal^ 
célébrwt ses a9bv>»al0S| et oii> poifir jig p}u5 gts^ 
bien de TbiiimaiiHe, o^ massacroitja (sfi^ roy^lp.^ 
la jSscÊûon Mc^id^tak;. Pardonoes-^i^^e yiQ^ pri^> 
<:es rima» redoublées xjiii s^ ;pr«seai§iU tout tia^fiff^io^ 
ioftent à mou esprit fi^^p^.ei rftmpJi , ^epôis Ippgr 
temps y de tous les mats et de. tQMjtes les «çJbkOfes q^ 
out ^celte fiyDale^ Que ;y<Ms <£ro9^j^ f^ia^^ ?. M^ 
l^bfime ëtoit biea. plus Mipli^e ^u^ ]e jqi^ jgguf- 
rois .({ue toiii qe <{ul 4ast liédè fit mitjigé»; tPUV.c^>;<|ni 
compose avecIesSdwoîrs.et U!ausiige :^v'e0 krf)pri»7 
cipésy tout ce €|ui est -^ibk e^. adi^^iuistrLatiop v'^^f^ 
eô politiqfiie)! vé&^hâ m ixi^aJe^ ^oit MUe Hé^ :\ibé:*- 
rale; ^'un roiavoit dca idées ]ibÀ«A^Hqu^n^ il cour 
•fleotûtt i se laisser eÀl^i^ier une partie d» «Wj^^ntea^ 
rojal^.eïifu'tUii peuple ^a^iPiît des idées iiS^^ér^lj^ siV^api^ 
U reTeÎMlSc|iLoitlaiSi(mi^praàiieteâatiQQ0l^^4^ ^^^ 
libérales atténuoiaat à la fois étiéiu^rMiede I^ ycfrHi 
et rborreur du criniie; <fa idiles eondMÎsoieot k.^pg^F» 
der k trahisob et le parjuré 'CQVwike des ^fiairesid'çpi^ 
mon y au pOH>t<}u'îil vCéUM plus pççm^ de parler du 
mme de lése*ma)esi)é> iuèîae lctf*M|y^po j^to pris liii 

Fa 



ôimes à ïâ îuaiù. J etois sui'tout «fortifié dâos cette !iof-> 
rible prévention , quaidd je voyois que d'éloit par** 
iout Je parti de Topposition qui affichoit les îdé<'d 
libérales; que Murât et Pofliep invoquoient les idées 
libérales ; qu« tous les libéraux d'Europe se tenoient 
par la main , et ^'entendaient même avec letar&frères 
et amis d'Amérique; de jiorte qu'il n'y a peut-élré 
pas dans le Gbili et d^nsle Pérou un sauvage qui ne 
S'alFubte aussi d'idées libérales^ et- oui n'en fasse pYes*- 
tjue autant de tas que de ses petite niorceanx de verre ^ 
de«ei5 plunies ct.de -ses pendansd'dreiHesvJ'avôis vu 
dans les gâ^Bttes^ qu'à Saint ^^Domingae^ les deut 
majestés t^ivdJe^ riValisoiem même d'idées UbÀales^ et 
que c'éloit à)<ju4^eïï mettroit le' plus* dans sa eônstîti»- 
l&OQé Cette xoïHridence d'exemples et de néftexioniB 
mWoit siu^julièrement frappé ; et , paitant deU fègfe 
djanalè^^e., ^je- regardois èoçipié iliibéral loufcce qui 
étôit ferme sur )éS'pfluhipe&^: inflexible sur FJiou-h 
Yteur^^îg^^ 8jirt^Je<^ sernpfçç». C'éjfoi* être illibéral, à 
mea^ ye*^i) '<^ d'avoir hôrreiii* du'regicîde eldèrl- 
zétolér à Taspéct d'un révoiutlc«inaîre, (|iiadd il avoit 
Trii riche éciuipsfi^e^et un habU^brôdé. C'étoit être ilhr- 
•î)éral que de né pà^ôter son chajSeau devant des princos 
*ide fraîche date , à qui le système des- idées libérales 
àvoit ^fngulièrcnoÊEenl' profite^ 'et qui^ à force d'a^bné-*- 
-gation et de <lésimére2<^sementvétoient parvenus à aot* 
Cumuler les rïcliesses et lesr honneurs. Malgré mphres^- 
pect potir Jes souverains , j'aecusoisd'itre illibéral le 
roi d'E^agwô', qui^fait pendre sans façon un chef de 
vévokÀ pris en' narrant iielit,;et qu^^'^ns demander 
"^permissrion à pétsovt&e^ -vient de rappeler un illustre ' 
corps é^isetgnanty pour i^unîformité dé l'éducation 
Hâvioilale;^ ïtu gr^nd scaudiJe^de cem auxquels^cette 



(85) 
«miformite n6 plâîf. que quand oU^ exelut la religion et 
]a florale. Jç taxoifidu même crime dUUibéral le roi 
de Nâpjeft^qiii.s'avise.aqssi de demander un corps en- 
seignant ppqr le plus. grand bien de son royaume, et 
quit, san^ f espect povu: les droits de rfoôqinie , sans 
ibgard pour les dignités, fait expédier un ex-roi comme 
un simple palefrenier, et ne met point^de différence 
£ntre la cervelle de Mural et celle d'ui^ goujat. . 

J'ai voulu, Monsieur., vous déduir^e tous uips torts, 
et vous exposer la filiation de mes çrreurp,:et Teur- 
>C.baînement de.raij^a^ qui m'avoit conduit à un si 
fâcheux résultat; inais aujourd'hui , grâces à la défini-* 
tion lucide de M. M.-yB. , tout se débrouiijie dans mon 
iceryeau, les ténèbres. se dissipent, le grarjd jour des 
idées libérales m'éclaire et me pénètre.; Je vais passer, 
j&ans me méprendre, enU-e les libéraux et les illibé- 
raux;, cl 4onDer à chacun ce qui lui âpp^rtie^t. Je 
.^lîrai que }es premiers, d'après la définitiqu i^contes- 
tslhlement juste de M. M.-B., sont au-dessus, ^e fout 
intérêt de caste et de tout esprit de faction,. 'povif vu: que 
Voffi veuille bien , en revancne, ne pas tout refuser 
;uix seconds. J'admirerai, s'il le faut, Y abnégation de 
tant de libéraux comblés des dons de la fortune , pour- 
vu que l'on ne proscrive pas tant de pauvres illibé- 
raux qui ont plus songé à leur conscience qu'à amasser 
/les richesses. Jo conyiendrai que si les idéqs libgr^^es 
n'ont été jusqu'ici libérales que de ruines,' et géné^ 
reuses qi|Q 4^ fléaqx, ce n'est, pas lew faute, et que 
ce malheur vient de ce qu'on les avoit mal .con^prises 
et mal digérées. Elles ne sont pas responsables de ce 
.que le siècle qui lesî.a.mis ,en lumière s^est signalé 
.par tant d'erreurs et d^ folies.. Il s'étpit «trop hâté , ap-» 
jijircmmeiit, et les a¥oii vôula réali^ei: sans les avoif 



(8Ô) 
ikén exactement définies. Mais te lëger'incônvcnieuf 
ne sanroît défrtiîre la vertu, ni attënue)" le^ heureux 
effets de^ idées libérales. Vons tn'eti t^yci , Mon-» 
sîenr, épris plus due petsOnnne. Le jkh*trait scdiciisant 
qu'en ti^ée M. M.-B. , ne beat) idéal qti^i) développe 
si bien, ces ^etnîrtiéns généraux: qn'il éttrfe stir le pa- 
pier, m'ont tduehé au fond du cœur. PJous û'atons 
encore rien vti de YabAegation efieetitô et an désinte-^ 
ressèment pratique. Mais, patience; lout ne peut pas 
venir i la fois : c'est déjà beaucoup que d'âVaii- jiosé 
les principes, et ce «croit êtref trop eiigeafâtt é(tie de 
vouloir pnir aussitôt des effets. Nous tes verrons «vee 
élonnetnent qudqae four, il n'en faut pas dottler, et 
àlor^ fé m'emprèsaeraî dé faire mx idées Kbéràfes une 
répahïtiôn plus éclatante et plus sdlennellè encore ^ 
et d'expier, par lîne confé^ion qtie jé ne serai peut^ 
'^trc^ pas; obligé dé faii?'cf de sit^, le tftal que f<5n ai 
dît j*>*< , 'ée qui est moins éxéusaWe encore, celui que 
}'èiî àipéifîàé. ' < 
"' J'ki|TK)6n>Mrd*être, etii, ' : 



*«c^®3>-M^(jèé»te**- 



\ Nouvelles ECCLÉSIASTIQUES^ • 

\. ItOlitE. Isi^etne d'Etrdi*îe.ét te prince éon fils, ont 
f^\{ à d. 8. dèpttis s6n relbtrrrfe VilWgîalare, brie vi- 
f»iJe, que Je saint rèr© leur a rèndUe îe Içndemàiti. 

— Le* éfrarigers recommencent à affluer dans ceMo 
jrnélfopolé de la religioPn et des arts,. Oh y Voîl entr^ou- 
fres béatirotip d'Angfois qnî tiénhent vlsît^^r les cin-io^ 
Ki'r^s d'une tîflë ^ à ta délivrance de IftcjaeHé ris oui pots*. 
iar|llh«m Wt^iribiié, Plusiwrrs d'^ntr'eax ont ii4 pré?» 



(87) 

"M)tés ao saitit Père , qui les a accueillis arec bonté.'U 

popalatkHi de Boine, qiti^ en 1809^ étoit de 136^368 

ames^ et qfii, en iftio, ^(oit tombée à laS^oa?^ est c^ 

montée celte aonée ji ia8,384)» . . 

— Lé baron de Thoyll , généraI*majof au service de 
^assie, est arrivé à Borne, et a fait visite au cardmal 
Consalvi, secirétaire d'Etat. 

— - Le collée Capranica , ainsi appelé do rioni 'de son 
fondateor, vient d'être rodverl. On y conserve des ma- 
nuscrits fort anciens et' foit curieux. Le cardinal Pigna« 
telli) qui vient de monrir, y a laissé^ par testament^ 
aa biUiotbèque, et un présent d*br et d'argent. '* 

— Le 17 septembre, les Capucins de Boyei*edo sont 
rentrés dans leur couvent en vertu d'un décret de S. M., 
Fémpereur François IL. On a purifié Téglise et reslauré 
la maison, et tr-ente-lrois religieux y ont été .installée 
sôlasnetlement par M. Barlhelemi Piiccini ,. prélat delà 
fmaison de S. S, et prévôt de la cathédrale de Trente. 
C'a été un jour de fête pour toute la ville. Ori a conduit 
processionnell^nient ces bons relJgi^^ deTégli^l^ parois- 
siahk à lepr o^uve^t , et ik y ont renouvelé leurs vœux 
et repris ieur habit. Les babitans des environs étoienk 
même venus en grand nombre pour assister à la céré^ 
monie, et ils ont vu avec joie ce gage de la protection 
qu'un prince sage vent accorder à la religion et à des 
institutions qui lui ont été long-temps si utiles. 

Paris. M. l'abbé de Lalyl^^premier aumônier de S» A* R.. 
^loNi^iEUR, frère du Bol, vient d'êire promu à l'épiV- 
copat. îl a été nommé par le Pape à Kévêché d'Amycléo 
inpattibuê iffifidelium* Cet honoeor accordé à M. t abbé 
de Latyt a'étouuera point oeux qui ont été à portéjB' 
d'apprécier ses qualités, et qui savent avec quelle fidé- 
lité il €^l resté attaché depuis bien des années è un prince 
qui riionore de sa confiance Ou dit que M. l'abbé de 



(88) 

I^aty] doit Mev io\}s peu se àietUre m retraite à Issy/ 
pour se préparer à soi^ sapre^^et on se plaît à voir (lai)s 
çetle proQiotiop;]^ gage d'une aptre plus iihportante, . 

— M. Tabbé Carron^ si connu en Angleterre et en 
France par ses ëlablissemens de charité, vient d'arriver, 
dans sa patrie, qu'il QVpit quittée de nouveau au prinr 
temps, dei'nicr. Il a ramené avec lui les jeunes élèves 
qu'il avoit rassensblées à Londres, et occupe la maison 
qu'il habitoit précédemment dans Penclos des Feuil- 
lantines. Sa traversée de Douvres à Calais a pensé 
être fune$te. Le.bâtiment qu'il montoit, assailli d'une 
tempête, q été pbligé d'aborder & Bamsgate, à l'en- 
trée De ]a Tamise, et a failli encore se \^nset sur la 
jetée en arrivant à Calais. II faut espérer que l'homme 
lespectable , qui a honoré son pays, ne sera plus réduit 
a le quitter une troisième fois, et qu'il pourra donner 
tranquillement l'essor à cette charité active qui lui a 
fait faire tant de grandes choses, et qui trouvera à s'exer- 
èer au milieu des désastres de la religion et de la patrie. 

— Un digpe ecclésiastique nous a fait passer 120 fr. 
destinés pour le séminaire de Soissons. Nous ne pou- 
vons nous empêcher de remarquer encore que cea don!|. 
^e la cWrité/viemieilt préciséntént de ceux que taré-: 
Tultilidi^ a dépouillés de leur fortune. 



Nquyelles politiques. , 

Pari«. l^e président de là cbambre des députés ay^nt été 
fîiargé de présenter à S. M. les sentimens de la chambre ^ 
Poccasion des communications officielles, a parlé ainsi au 
Monarque : 

« Sire , vos fidèles sujets de la chambre des députés vous 
remercient de n'avoir pas désespéré du salut de PËtat. îh 
Itisntent que vos magnanimes vertus ont épargné de plus grands . 
maux à notre patrie. La chambre, Sire, partage votre pro- 
fonde dpuleur; ^ais, encouragée par votre royale résigu^tTi 




C «9 ) 

tîôn, elle retrouve de» forces pour tant d'adversitët. Sa con« 
fiance inaltérable en V. M. , son amour pour votre personne 
^atirée , et l'union des François dont elle donnera l'exemple , 
Allégeront le poids des sacrifices qui nous sont imposés. Fidèle 
à la parole du Roi , la France , avec l'aide de Dieu , montrera 
^u monde à quel prix elle sait garder la foi dçs traités ». 

S. M. a répondu : « Roi d'un autre pays, j'aurois pu per-» 
^re l'espérance; mais le ïioi de France ne désespère jamais 
avec les François. Qu'ils ne forment qu'un faisceau , et nos 
malheurs se répareront ». v 

Lorsque cette réponse a été portée à la chambre , tous les 
membres se levant tout à coup , ont fait retentir la salle des 
cris de Vis^e le Roi. ^ 

— *S. M. a répondu au discours an président de la chambre 
des pairs, pour le même sujet : « Je suis sensible aux senti- 
mens que m'exprime ma chambre des pairs. Elle a compris 
toute retendue des sacrifices que j'ai cru devoir au salu^ de 
mpn peuple. Je compte sur son zèle k seconder les efforts que 
1^5 circonstances nous imposent. Les maux de nptre patrie 
sont grands; mais ils ne sont pas irréparables pour une nation 
cgmme I^ nôtre , qiiahd elle est fortement unie de cœur et 
d'intention avec son Roi ^. 

r-r Le 3o novembre y les i^nibassadeurs d'Espagne et de Na- 
pics ont été reçus chez le R.o^ et chez Madame^ , 

^ Lé 24,M^^,,le dhcd'An|pulérae;i| quitté* Q«eo|)ble^,Qix 
i! a passé trois jours. Ce prinœ a été si satisfait de la réeep-^ 
tien des babitans de cette ville , qu'ij a dit au duc de Guiche : 
Jp^qilà d*Agoidt qui gagne son procès. Son opinion sur Gre^ 
noble est pleinement justifiée. Au moment de son départ, 
S. A. R. a témoigné publiquement sa satisfaction. Je suis 
bien aise y a-?t-il dit , d'ai'oir vwpar moi-même. Je sais que 
les habilans de Grenoble rCont point pris de part aux é^e^ 
nemens du mois de mars; ils ont été souffrans et fidèles. On 
dit que ce prince se rend de nouveau à Toulouse, d'oix il. 
compte visiter Jes j^royinces à l'ouest de cette ville. 

— Le Roi a décoré de Tordre du Saint-Esprit lé duc de 
Wellington , qui habite , depuis quelques jour^ , l'Eljsée 
Bourbon, et à qui on destine aussi j^ dit -on, la terre dff 
jQrfOsbois. 



(90) 

-<« M. BoocbeseicKe , chef de dtYÎsioD à la prëfeelure ië 
police, a donné sa démission. ^ 

— L'occupation nrifitaife de la capitale par les troupes 
étrangères a cessé, et le service a été remis an gouvernement 
de la !'•. divi^ionixiilitaire. Quelques postes extérieurs seule- 
ment sont encore occupés par des détachemens anglois. 

— On croit que la garde royale sera eniiëremènt complé-r 
tée pour le i*'. jatrvier. Les grenadiers à pied de cette garde 
doivent commencer sous peu leur service aux Tuilerie*. 

.. —M. de Roûssy est nommé préfet de la Vendée, en rem- 
placement de M. de Maleville, démissionnaire. On dit que 
M. Duhamel , préfet de la Dordoçne , remplace M. de Las* 
cours dans la préfecture de la Loire , et que M. de Monte- 
reuk , ancien préfet de la Dordogne , est de nouveau nouEimé 
à ce poste. M. le Roy de Chavigny est nommé soa»-préf«t dé* 
Saint*DeniSy en remplacement de M. Dubos. 

y Le général Drouot , qui s'étoit constitué prisonnier de- 
puis la publication de Fordonnance du a4 juillet, a, dit-6n, 
sollicité et obtenu d'être mis en jugement après le maréchal 

' —Le général Gilly a été arrêté dans le* environs deLyott^ 
et est actuellement dans les prisons de Clermont. 

•-r Le calpîtaine Rosey, qui aroit été précédemnKfOt ciÀi- 
daiQRé à atbrty a étéexéenté, le 23 novembre; 4 BÎM^4 

' -^'M**: Id duchesse* d*Orléans quille l'hôtel Nivemoisjpour 
habiter Thôlel Molé^ qu'elle vient d'acquérir de M. CJam- 
bacérès. . ' 

— Les. malheurs inséparable^ des derniers événemtens ont. 
accru le nombre des. pauvres.de la capitale. Les rigueurs de 
la saisoù.vont ajouter encore à leurs besoins. Un des pre- 
]iiiers.vœux.du Roi est qu'ils soient secourus. De^s^dçs me- 
suras ont été prises pour procurer du travail aux- indigens. 
valides. ^M. le préfet de la Seine, danâ le désir de remplir en-, 
ticrement les intentions de S. M . , vient en outre de former 
auprës/de chaque mairie une commission charitable ^ui> 
sans rien changer à l'organisation actuelle des administrations, 
de bienfaisance, doit avoir seulement pour objet de leur pro- 
curer des secours plus abondans , et d'en déterminer Temploi 
Vivant la nature des besoins. Ces conuaissions, présidées par 



!«« mâî^> s^roht camposécs de MM. lés cnr^s et «fefssérvafiiA, 
de trois tnembrcs pris parmi lés notables de l'arroiMlissement , 
et des prësidens des bureaux de bienfaisance. 

L'administration a la voîonté dé faire le bien; mais Ia*prti<- 
dencé lui fait nn devoir de caleulet Ses ressources^ Elle craint, 
avec raison , (tstè celles dont elle di«po^ dans èes temps or-» 
^naires ne soient insuffisantes anjourd'htïi. Elle n'hésite pas , 
dâh^ fititte circonstance, k recourir à là gënérettse pitié des 
cit<>yérts de tontes les classes. Les àutnônes de la charité, le* 
dons dé k bienfafsanee, les moindres fibéralitëé seront accep^ 
tes avec reconnoissânce , employés avec fruit. Les habitâns 
de Paris- ont déjà &it de grands sacrifices, commandés par 
les besoins de; l'État; bien moins coûteux , ceux que l'huma-^ 
nîté réclame/ encore n'auront pas^ une destination xiioinS' res- 
pectable. 

Les fonds pourront être déposés, soit aux chefs-lieux des 
mairies , soit eutre lés mains de MM. les curés ^ soit dans celles 
des notables qui seront désignés , ou desf présidens des bureaux 
de'InehlaisMice: On recevra, également les libéralités cmevbu- 
drdieni bien se d&arger de faire jpârvenir les dames de €^a^ 
rite des^ paroisses. Enfin ^ MM. les notaires de Paris seront 
piîés de recevoir tes dons qui poorroient leur être adressés 
en faveur de la classe indigente; 

Les maires dés doqie. arrondissémens feront ^acnn con^ 
m^^f. ^Jéur s administrés le trésorier dans la caisse duquel 
IçV^iiînortés recueillies chaque semaine dévrt^it .^t^ régu- 
lièrement versées. 

— Lès' traitée et conventidtis que nous avons donnés, tex- 
tuelTemeat dans notre def niéf numéro, èont suivis de plusieurs 
autres cdnVèntîôfis destinées à décider tous les' joints Stir lés- 
quels il éiôît reîté des diifieuîtés. Ainsi, une (ronvetiticin con- 
cltié confôrmétriéint à Târt. 9 du traité prîncîpal, est relative 
il fé^àniën et à la liquidation des réclama tioh S à* la dharge du 
gouvernement françois: Ces t*écîamations sont exercées par 
aeé particuliers, déS corps et déS villés; qtiî âvoîent éprouvé 
des pertes ou AéS injustices smis le dernier gouv^érnement. Ils 
devront justifier de leurs demandes dans toutes les fôrriiesJ 
Les réckinàtions du sénat de Hambourg seront l'objet d*unë 
convention panicûlière.n sera établi de* commissions de li- 

2tiidâtion qui s'ôc'^ciiperont de l'éxanien des réclamations , éi 
$s cdmqtiissions d'arbitrage qui- en décideront. Lès àUtrèi 



f 90 

JLtAiê auront aussi à rembourser à la France celles de leurs 
dettes qui avoient été mises sur le grand livre. Le pazemezit 
des intérêts de la dette de Hollande sei-a l'objet d'une con-r 
vention particulière , et une commission sera nommée à cet 
effet. Pour garantie de ces -réclamations , il sera inscrit sur 1q 
firand livre un capital de trois millions cûiq cent mille fraac$ 
ce rente. La maison des comtes de Bentheim et Steinfurt, 
.qui -répétoit une somme de plus de quatre millions pour les 
pertes que Buonaparte lui avoit fait éprouver , recevra 
Boo,ooo francs en argent , et 5 10,000 francs en inscription^ 
3ur le grand livre. » 

— Une autre convention fort longue et fort détaillée règle 
les fournitures à faire aux troupes alliées qui resteront eu 
France. ^ 



CHAIXBKE HES DEPUTEE* 

Dans la séance du 27 , la chambre a repris la discussion sur 
!è projet de loi concernant la supj>ression de quelques tribu-» 
naux et la suspension de l'inamovibilité des ju^es. La première 
proposition a été ajournée. « 

Le 28, la seconde proposition a été adoptée, après une 
longue discussion, k une majorité de 189 voix contre i58. 

Le 3oj il y a eu «éance pixWii/|ues St. de V^uhl^B/c>, njîr 
nistré 4e l'intérieur, y a prés^te un projet de loi pour dîs-f 
traire les cantons de Montbéliard et d'Audincourt du dépar- 
tement du Haul-Rlûn , et les réunir à celui du Douhs. La sousr 
préfecture et le tribunal seront transférés à Montbéliard. Le 
ministre a exposé les raisons de localité qui militent pour ce 
çliancement, lequel avoit déjà été proposé aux chambres l'an- 
née dernière , et n'avoit pas encore été converti en.loi. lyi. Cor^ 
net d'Incourt a proposé à la chapibre de revenir sur un article 
de son régleinent, qui supprime l'impression aux frais de la 
chambre de tous les discours, excepté ae ceux sur les finances. 
Son discours avoit fait quelque impression sur rassemblée , 
quand il a été combattu par M, Benoît, et il a été décidé 
que la proposition de M. d'Incourt ne seroit pas prise en con-» 
sidération. M. du Bouchage, ministre de la marine, commu-» 
pique un projet de loi qui proroge jusqu'en 181 7 le sursis aç« 



€àrdé aux cotons âe Sâint-^Domingue par la loi dû 2 décerner 
Lre 181 4* M. Le Marchand de Gomicourt fait vtn rapport sur 
Vingt-deux pétitions adressées à là cfhambre. La plupart on£ 
paru ridicules > et la chambre a passé à l^ordre du jour. L'une 
d'elle avoit pour objet de demander une loi qui régularise la 
répartition de ta contribution de cent millions ; mais M. dé 
Saint-Cricq a annoncé que le ministre des finances s^occupoit 
de cet objet, et qu'il serolt présenté incéSsammeïit un pro-^ 
^t de loi sur cette matière. La chambre discutera demam le 
projet de loi sur l'établissement des juridictions prer.ô taies. 

Le I". décembre^ la chambré s^étapt formée en séance 
publique à deux heures , M. de là Marre a fail f au noxà d'une 
comn^ission , le rapport sur le. projet de loi concernant les 
cours prevètales, dont il a prerposé l'adQption y sauf quelques 
légers amendemens. La discussion piiblique aura lieu lundis 
Ensuite^ M. le garde des sceaux, assisté, de MM. Royer-Col-^ 
lard et Cavin, conseillers j^ a communiqué à la èhambre un 
pr4>jetde loi qui supprimie les substituts aes procureurs-géné- 
raux faisacrt fonction du ministère public dans les cours d'as-^' 
sises , et qui charge de leurs fonctions les procureurs du ïlo^ 
près les tribunaux , et leurs substituts^ 



Chpié^hàn^note'^dtêssée^fdÀiêf mutùnrei des quatre cours 
" réunies à M, le duc de nitûêtlha, le a o novenwbte t,8^ 5. w 

Les soussignés , ministres des cabinet» r^nis, ont rhonâeur de fiom^ 
mnoiquer à S. Exc^ M. le dite dé RicheHeu h nouveau iraifcé d'alliance 
quMls viennent de signer an nom et par ordre dé leurs aagusteis «ouve- 
tains j trailë dont Fobjet a éié de donner aux principes, .çoosacres pai^ 
c«ux de Chatfraoni et dé VietKie Vapplicationr la plus analogue aux cir- 
constances actuelles, et de lier les (iestinëes de la France à l'jntërét corn- 
mun de l'Europe. >■..■ 

Les cabinets alliés considèrent la stabilité" de l'ordre des chcTsës heu- 
reusement rétabli dans ce pays comme une des bases essentielles d'une 
tranquillité solide et durable. C'est vers ce but <jue leurs efiForts réif-^ 
nis ont été constamment dirigés; cVst leur désir sincère de m'aintenir et- 
de consoli4cr le résultat de ces efforts qui a dicté toutes les stipulations 
du ^nouveau traité. S. M. T. C. reconndîtra dans cet acte la sollicitwde 
avec laquelle ils odl concerté les mesures les plus propres à éloigner 
tout ce qui pour mit compromettre à Taveoir le repos intédeuV de la 
France/ tï préparé des -remèdes. Icontre ; les dangers dont rautonté 
sojrale/ fbndcBieirt d« l^ordre public, pourrok encore éive meanoél. Les 



(94) 

^iicipaB.etiei tnlriPtîopt dcf •o«¥««(»tos idtt^l à tei égtrà Mot iaj^ 
n«blcft. Le»-enf^geiiuvt qn^il* ?i^Bii¥Jii de coQUàcter en fouroissenl la 
^reuit^ la mpins <équiyoqye$ m^iis le vif ioterdl qu*ils prennent à la 
salis&ctien die S. M. T. Jg.^ iinsi qu'à latranquillit» n a la prospérti^ 
Àt son myavinif , )xvt fait ewpéeet fjm les cfaaacM fmi«8le6, ssnppoeéetf 
daoseeft«iicageiBaMy ne «a tëatÎMisaat iattaù. 

Les £aliiDc$s Mé$ Immwi la prami^e c»r^iuie <)e cet «apoâr dana 
lesprinflipes aqUir^, k» saïuimans imignaoïioes et les venus person- 
nelles de S» M. T. Ç. S. Mw a reconnu avec eux que , dans on État dé- 
chiré pendant un quart de siècle par des convulsians réf olutionnatres , 
ce n'^est pas à la force seule à ramener le ca4me dan» tous les -esprits , la 
cooGance 'dans les «mas et Téquilibrc dana la» Aifféreaies ^parties du 
oorpB socûd ; que la facfsu^ dpit se jpipdre h la yi^neur, la modéra tioh 
à la ferinelé pour opérer ces chângemens heureux. ItoSp d^ Iraindre 
que 3- M. T. G. ne prêtât jaoïais roreîHe à des conseils kbpradens on 
passionnés j tendans à nourrir ks méeonienteaians; ài-enonveler les 
alarmes» ii ranime» iea haines «t les iditâstan», les «albineto Mé$ aant 
connlhanHsnt ra^sm-és par ks dispositions anssi sa|^s que .^néreuse» 
qne le fioiA annoncées dan^^ld^utes les époques de spn réj^e^ et ooum- 
tnei^ à oel)e de son retour âpres le dernier adentat criminel. Ils savent 
que S. M. opposera k jtous les ennemis du hiep piihlic et de lA tran- 
quillité de son royaume, sous -quelque ferme ^fii^ls «puisseM se peé* 
Semer, «on aitadheniHit AUL'kis'consiiftaliDnfiielles i^mnl^aées stm» ses 
pdrapnes aaispicns, (9a 'Vf^nné lUen ptonçuoée A^èu» le j^ére de tous Jie§ 
sujets, s#ns distinctfôn d^ classe ni de religion; d'e^iaic^r jusqu'au sou- 
tenir des mattx.qu*il« ont souEFerts , et de ne conserver des temps passés 
que le hien que la Providence a fait sortir du sein même des calamités 
publiques, (je n'est qu'ainsi que twvorax formés par les cabfneCs alK'é» 
pour la conservation de Taptorité constitutionnelle de S. M. T. C. , 
^ur le honhenr de son fpaffêti ^ojiFf^nlaîatieii 4leia|ianr>«la mon^e, 
aérant -eanrawtiés 4^n aueoés «oinplef^ et que 1» Fcapce , réu^je ^ur 
ses anciennes bases, reprendra la place éminente à laquelle elle est ap- 
pdée dana le sjfislânw européen, , f ^ 

Les sonasignés ont Vkonneiir de réitérer k S. Sic. M. h 4iic 4e Ri^ 
cbelicn ies assurances âe kur iiaute «oaAÎdér^tioii. 

Paris , «e ao ««vembre 1 6i S. 

Signé, MeTTC^VICH, ÇdlSTLtKEACH , HAaOXHBXBG, 
GAfO-D'IsntlA. - I ■ ' 



J^outfeau4:hoix de Cantiques de Saint-Suiffiéè , arec tous les airs en 
musique.; a^. édition , considérablement augmentée^ et suivie d'une 
Pïolice des principaux usages des catéchismes de cette paraisse; vol. 
m-i8 : pniL« I fr« ;i5 ç., et i,!r. i;5 c. franc de port.' — \Le même y avec 
musique, i fr. 8p ç.« et a fr. 8o c, franc de port, au Bureau du 
Journal. 

tiMdoUtrie , la licence et l'impiété ont trop souvent abu^i^ de k poésta 
■t de k mnsiqurpcAir frepalfer leurs pojsMWf c*eft feuacaer ka vers k 



i 95 ) 

leur destination prîiDiiiV?> ipie de l«s coostcrer à def objets de môraW 
et de ptéte'. Nous ne pagrioa» fns ici de cette poésie brilUnte quVn ad- 
mise dans lea hymnes de l'Eglise et dans lesodes sacrées, mais d^uno 
poésie plus simple et pias familièic cp|i amime les cantiques. Saint Peu! 
notis apprend que les premiers cfarélieDS trouToient dans le chant des 
canti<£ues leur consolation et leurs dëlipes. Les saints Pérès , et de pieux 
évêques, dan&les temps modernes, n^pnt pas dédaigné d*en composer, 
et s'en sont servis avec succès pour ranimer la piélé. *A leur imitation , 
des auteurs estimables ont cheaché à édifier et à instruire la jeunesse 
par de& cantiql^^s que la religion et le goût avouassent également. 

On n^a rien négligé pour que cette dernière collection fût compléta 
et intéressante. A quelques pièces de ce genre qu'ont laissées des au- 
teurs célèbres , on a iomt des cantiques et des airs nouveaux. D^autres 
ont été revns.avec soin. Peut-être trouver^>t'Oa qu'il y en a encore do 
foibles; ils ont été conservés en iiaveurde lapiéM qui y règne, ei de 
l'usage qui les a consacrés. 

Ces cantiqnes sont distribués dans un ordre méthodique. On y a 
y>mi des prières nouvelles, des s^lemens de vie adaptés aux diverse» 
situations des enfans , une Diotice 4ea usages de Saint-Sulpioe, et les 
principaux billets qu'on y récite. Xicsairs ont éié gravé» avec soin, et 
on a tiré des exemplaires avec ou sans mRsi^ne, pour la diversité dea 
goûts. Enfin, cette édition paroit stéréotype, afin de la rendre moins 
coûteuse , et pour que les pasteuw et les parei» n'aient plus à craindre 
de nouveaux changemens. 

Parmi plusieurs cantiques, dont les 'uns se recommandent par la 
gjrâce et la douceur, et les antxes par vmt. poésie plus relevée , nous ne 
citerons que le suivant^ où il y a pt«i8 d'élégatiee et d'idées que dans 
^ien de« pièces qui remplissent V Àtmanackéet Muses : 

.: ,^ ,., Tqidontlaiimîssanaçinfiniai^.,, • . a. ^ 

l)ù néant à fait l'uiyvers,^ / 
O toi qui règles l'harmonie 
Des globes roulans dans les airs ; 
pu haut de ton trône immnablr. 
Seigneur, daienc i^couter nos cnants/ 
Prête une oreille favorable 
Aux vœux de tas foil/les enCans. 

X • 
Gardiens des •célestes fiovtiqBes, 
Chérubins, d'amour embrasés. 
Pour vous nnir -A - nos cant iq u es , 
Quittes la gloire où vous régnes^ 
A notre -douce et sainte 4vvesse^ 
' Accoures mêler vos transports, 
V«iae aaBOurâmstMtendfiesie, / 

^ vos âccoffdsù iMSiaoconb. 

Tel qu'un monarque ddbonnairey 
Fuyant le faste de ^ cour, , 

. PescendjusqVàrhiinablechaiiJQi^ 
:* Où le pauvre lait ton séjour j 



(96) 

Tel , ;et plus généreux encore ,- 
jpes cicux abaissant la hauteur y 
Le Dieu que l'uniTers adoré 
Est descendu dans notre cœur; 

Quel torrefit Je pures délices 
InMnonda prés de tos autels 1 
j^cigneur, ]*y goûtai les prémices 
Pes plaisirs purs des immortels^ 
Là, de joie et d'amour raTÎé, 
Mon ame, en ce jour fortune. 
S'est paisiblement endormie 
Sur le sein de son bien- aime'. 

Pisfparoissev, plaisirs fragiles, 
Tristes voluptés d'crft instant; 
Loin de moi, richesses stéritefi. 
Honneurs, ^tolré, pompeut tféanl!^ 
Je Tai choisi pour moif partage 
Celui qui seul iae tehd iieurenz 7 
Fnfant du ciel, dont héritage. 
J'aspire à posséder les cieux. 

^h ! si de nos fôtes chéries ^ 
Jamais , coopable déserteur,' 
Je courois aux tentes impie» 
D'un pemple prévaricateur^ . 
Je veux que ma droite aixaéheV 
Péfisse en cet affreux motsent^ 
Et que ma langue desséchée 
S'alUche à ntioà {niais brùlaol.' 

Seigneur v€u traits inefiaçables/. 
Grave en mon cœur ta sainte }ai ; 
Bends-moi tes préceptes aimableSyr 
Ausmente Tardeur de ma foi^ 
A nos vœux cfonne Ifi victoire 
Sur la superbe impiété, 
Et nous célébrerons ta gloire 
patis Tim mobile étemHé. 



L^IVRE NOUVEAU. 

Considérations sur Pétat actuel delà feligiofi àatholiqué èh Franée^ 
sur la nécessité et les. moyens de la rétablir ; plir M. l'abbé Cot- 
tret, docteur en théologie, chanoine de Paris, etc.; vol. in-S^. r 
prix, a fr. 5o c. et 3 fr; franc de port. ÂPariiy ches Befin, et au 
Sureau du Journal. 
IVous rendrons e6tt|>te de cet ouvrage^ que nous recevoBS à rinstant. 



( Mercredi & décembre i8 i5. ) ( N«. 1 38. ) 



DisconBs sur la catastrophé du aa mars et le retout 
du Roi ^ prononce à Falaise, par M. l'abbé Jarry^ 
aiïcien vicaire général d'Aiixerré (i)« 

Les derniers événemens, ddût nous avons été te-^ 
moins 9 ont donné lieu à un gradd nombre de dis^ 
cours y et cela devoit être. Les orateurs chrétiens de-^ 
soient naturellement être excités par ces faits presque 
merveilleux 5 iït leur zèl^ n'avoît garde d omettre cette 
occasion de faire retentir les chaires , ou de leurs ac-^ 
tions de grâces envers le Tout-^Puîssant^ où de leurs 
avis paternels à leurs troupeaux. Les causes éloignées 
et prochaiùës de nos malheurs i lexcè^ de nos éga-^ 
remens^ notre profonde indifférence au milieu de tant 
d objets <â»pables de nous réveiller; cet «veuglemeibt 
qui nous empêôheégakuient et de bien juger le passé 
^4^'fkré>foiv l'avenir; ce sommeil léthargique sur no» 
intérêts les plus chers et sur «los devoirs les plus pi'es^ 
mn»; cet omAi de Dieu enfin, et cette insouciance iaor* 
telle sur la religion , tout cela étonne, nlarme et eon-- 
Ibnd la piété des pasteurs, ainsi que la prudence de cei^x 
qui examinent tout ce qui se passe avec le flambeau de 
la foi. De là cesiilstrucitîens répétées^ où l'on cherche 
à nous émou^mr, ce^ grandes vérités qti'on fait retentir 
à nos oreilles^ et cette Providêûee qu*on nous montre 
d'une manière si sensible, et Tei's laquelle tout tiùuà 

• (i) Brochure fti-S*. ; pfrMC, 7^ ceût. 6t i fr. franc ie port. 
A Paris, chez Adrien Le Clére, au buréatt du Journal ; et è 
FalaUe , chez Brée Taîné y libraire. v 

.. TomeFI.UAmidelaReUgionetduPifi* G 



(98) 
rappelle si éloqurnimenf. Conpiniçnt en efiet ne pa$ 
la voir au milieu de tant d^événemens qui se pressent y 
ou milieu de ces reslanratioiis îiiespérées, et de ces 
chutes inattendues; qi^aod les puissans sont précipi- 
tés de leurs sièges usurpés, ei que ceux €[ui éioîeut dans 
rhunûlialion se relèvent avec éclat ; quand rE«jlise sort 
de son deuil et ses ministres de leurs cachots; quand 
|e premier Pootife de la reKgîon recouvi^e à ta fois* 
et sa chaire et son trdne; qudud cette auiorité, <]u'oa 
s'étoit flatté d'nhattrey brille de son ancienne splen-- 
deur; quand 1 usurpation , Tin justice, la violence et 
Toppressiou font place à l'exercice ten^péré de Tau- 
torité léghimef quand la société se rasseoit stir ses 
bases, et que les principes révolutionnaires, qu^ ont 
si long-tempi ravagé TËurope, sont dépouillés de 
oetle âlusion qui nous avoit séduits, oh de ée pou— 
\tAr qui B€)«s avôit écrasés? Qui a pu, sin^n une 
main fbrte et puissante, arrêter |out à coup ce tor- 
rent qui s'était si prodig^^os^medt accru , ét^qttr^eiïikt^ * 
bloit devoir-tout en§IoulCr? Qui a aveuglé ce Pha- 
raon que Ton creypit si bien aflbrmi. Qui a anéanti tout 
à eoup ces masses ian^ubrabtes avec lesquelles il se' 
ji^eok invincible? Ëdt-eeque le simple récit de faits^ 
si eitpftovdiiiaires n-est p^s une éloqueaie prédieatioa* 
ou radion divine se montre dans tout 9on édat, et 
qui appelle la ré^xion cbex les phià ii3^^éreii8 , pre- 
voque le repentir chez les coupables , échauffe et re- 
double ta pieté^ éveille à I^ fois et r«id»iiralîon et la 
reconnoissance? 

Je ^ rti'ét<^pe dQjOiÇ foim rjup t^m d orateurÉt pe^ 
«oie^t eiDparéi^ dun.sî nche sujet, et eu «i^pt fait 
la matière de leurs exhortatioos* Nous avons annoncé 
successivement > depuis^ ph» d'u» an ^ un grand nom- 



(99) 
bre de clîsçottrs sur le^ étéiicmens religieux çl poli*» 
tiques, et il en est saris doute plusieurs qui ne nous 
ont pas été transmis /ou qui même u*oat pas él^ im- 
primes. Mais dans cette quantité de pièces y plus oU. 
nioiq3 Éorxe» de pensées , plus ou moins att^cliantes 
pajr Je mie y colle? qui fait le sujçt de cet article 
niérîte dêtre distinguée et pour la iotid des chpse^ 
et pour le talent de FexéQuiîoQ» L'auteui* paroit être 
à la jfois un écrivain plua exercé et un observateur 
plus profond. Son style a de la couleur, ses pen- 
sées ont quelquefois de l'énergie, et feès' tableaux 
joignent le mouvement à la vérité. Nous en détache- 
rons ce portrait de Buonaparte , que nous sommes for- 
cé^ d'abréger pour aous renfermer daps Ip. cadre qu^ 
apu» pre«(n*iTi&ot les limites de ootre JpurpaL 

a S'ileftt përi Taillamment, Tëpée à la main, au roi««. 
lieu des phalanges qu^ii savoit enivrer, d'un fanatisme 
qa'iija^pariageoitpas, bu d»puteroit sur celui qui vient 
de disparoih e. Une mort éclirtante atlroit emporté le aé^ 
€Tel de Si vi«; et le vulgaire, <\à^ 0*end le bnii4 pour 
la gloire 9 et de grands sutscès'pour de grandes actions^ 
le jugeant sufpérieui* k %€is deva^ieierSy aorvit peut-être 
CransRiis à la' postëritë le moii^nge de sp rcnotam^^f 

» Il a vouf^ vif re pour dé{r<Hnper et 4J!o|i£bodre ses 
admirateanrv il a voulu vivi^epour éial^ Itti*<méme son 
ignominie aux yeux de romvera, cet hypocrite qui^ 
caressant d'abord tous les partis , afin de les aœervir tous^ 
fit entrer jusqu'à la religion dans le plan de sea ipipos* 
tures ambitieuses. Un titre modeste et populaire ]i;ii a 
frayé la route à la doitiirtation )a plus absolue,* qu'nii 
peuple , frappé d^élourdisjiement , regarde presqnecomme 
un bienfait. 

» Si le cœur de Thomme pou voit être rassasié des dons 
de lafortune/qui «nfut^jamais plus conii)lé>2^£out auc« 

G .2 



( ïoo ) 
oéde au grë.dé se» désirs* Par une.a0rle d'eochaixteiiief^f^ 
les factions et les haines 3e taisent devant lui , et cons-> 
pifient à Terivi pour sa grandeur. Cliaque jour accroît 
sa puissance, et c'est pour accroître son orgueil et soa 
insatiable avidité* Tout un grand peuple enchaîné sous 
ses pieds ne le contente pas : il ne sera satisfait que quand 
il aura suh)ugué loua les peuples^ Il vole du nord au 
midi : rien ue résis(« à l'ioipétiioaité de ses armées; et 
la paix, par'sesknanœuvres peines, sert encore.mieus. 
ses dessems que la valeur désespérée de ses soldats.; Vqy e^-< 
le, ce dominateur farouiïhe,. chargé des dépouilles des 
nations, qui partage ses rapiues avec les compagnons 
de ses brigandages, et distribue à sa race impure les 
plus nobles couj'onnes de Tu ni vers. 

» 11 se i-it.de nos larmes et de notre détresse; il in- 
iolté i nôtre patience ; et paye tous n09 sacrtfieeb dm' 
son mépi*is: il ife goule le plail»v.de régner, qu'en mois»- 
sonnant chaque année les générations qui s'élèvent, tou- 
ionrs -prèlia saeHfier la uatioi^.t^iite e^n^ière à ^^s pro« 
j«ts extrnvagiias. • ^ . - 

: .)» La Franee a reconnu sc^n erreur. II est trppj%|:4^. 
Bile est frappée d'une plaie inçi^rapley et Ta^servisse*'" 
xdeat dte» aùtfefi royaMies <i$ laï^ae pour.perspeol^ve ». 
spn. désespoir ^ qu'jLi«ies(ervitude,éteruelle. 
- »«Bq effets -mes Fsères, qu'a-t-il manqué au brigand 
des tuMona <}ue de savoû^ ipuil* 'en paix, de sa fortune^ 
et de la oi^duiité de Funivers? Le seul ennemi qui f 'eût 
pas fléchi sous s^.loi, séparée par l'Océan, nç ppuvoit 
point l'atteindire. Quand on .cpnsjdéroit sea armées aam- 
oreu4ie8 comme les sables de la mer, sesimmeuses trér 
«ors, grisais sans eesse des tributs de^ tanit de peuple^ et 
du piliage de tant de provinces; quand on considéroit 
Fascendant €^'il ayoil pris sur l'ppinionj la terreur que 
iOD.nom inspiroit, et surtout le servile dévouement qui 
lui attaohoit celte foulè d'esclaves de tous les rangs el 
de t^usies pays» eippressés d^ mendier ses ïavenrs, et 
de- lui *vendj:e leur eauscienèe e^ leur pairie^, qui n^it 



' p6nsëqii^il étoît desiiin^ à oèangnr laftct diu iGboh^fti.el^ 
y fonder, sur les dëhcis de tou« lesi. empiras »uq o^r 
pire inébranlable? Âb I je ue n^'étpnue pl^a^ que cet inr 
sensé se soii otxx-granft en voyant f^mA ^'h^iii.ilier ^ saa 
pieds tout ce quil y avoit de grand Ai\r la terre, et, 
qu^enivrë de tant de puissance et d^adula lions, il ait dit 
comtne le roi de Babylone s Je suis seul^ içt U n^y en 
a point un autre après moi îJ0 placerai mon iréhe àù^ 
dessus des astwes, et je serai semblable âH Tn^s^Hat^t* 
Il donne te sifoal» et F£uw)p6 docile s'art^cke ée^ aj||t 
fondement, el se précipite avec lui sur Tempire d6a 
Czars5 mais la mesiire eat comMée s lar flèche da Sf»« 
gnear, partie du Septentrion» a percé cet aatre An- 
liochus : un r#vera 9 4écid4 pour JMiâia 4« a« foflun% 
et de sa renooEimée. 

> Qn'eat devenu eé fier génie, si ^t^ àim ftii fr^^ 
jets^ si fécond en reâiH>nrces? Reeoniioi86esrVM9 tncwm 
oetre bumenr indiomptable, cette èrrd§a»le auddoe <|tti 
ae vantoit de maîtriser lea événemena, «t du kAr^ \à lét 
i Isr d^tinée? Esl^^e là peini qdi ae Iroavoit à rétrcNJI 
d^a les bornes du monde? Ak i «0» Frèrea, il ajm 
lérbh qu'ira mâStréplus^puiaAfailai a«aîldMpart^V|(^ 
nement il a'e&roei^a de lé reprendire^ ee «era^ pcilir lia 
marquer par des chut^ nouveltea et {àoa iH^i^iattaea) et 
faire dea mutea qn^on n'aiteodi'Ott paè du éfiinsier ca«^ 
'|Hlainé» ; ' ..;-^''^' " 

» Cherches maintenant te grand homme^ le'conqué* 
MDt» le l^i^lMlQur^' U int^v^e d^ sqi» aî$o{e, Torgueil 
de 4a n«tur^ ^rMim (c'éteit. le lanj^age de sea «idala^ 
taure); iLm tai reate^ mènpte pa^ cetl^ )»r^ vouée com» 
.xiamift.4* Thomine, ^i eai la.premèra( v^^trin du sol^iit* 
lie fiquv«att Xerxè$ jSm/ mmm^ wi^wm Uxmàk^, 

A ca pa34ag<9j| qui ne maïKfae^ ce âaâiMf> ni 4a 
V€i:ye9 Pi surtoal de fidélité ^ noua aiir^oos pu joindre 
r^kge du Bai et.dejiii fmûllero^^e» jte deninsor* 



( ï«>a ) 
cétuxpios pârticùIîèremeQt faits pout* la cliaîre^ et 
ou l'oraieuf d'adressant à des chrétiens , clierclie à ré- 
veiller lenr foi suf la causé de tant d'évënemens , et 
les rappelle aux grandes vues du christianisme, et aux 
règles invariablies de la morale. Mais nbus devons lais- 
ser au lecteur, qui voudra. connoHre ce discours dans 
son ens^mblq, le plaisir d'y trouver du nouveau, et ce 
que nous eu ^itefions n'auroit peut-être plus la même 
grâce y étant dotaché du reste de la eompositioâ. 



. . . ) 

' Pa]US(« Mil j^abbé Marini, ga^rde des archive^ serrèles 
du YaticaD, «l <fi»î avoit M envoyé ici par S. S. pour 
recevoir ee dépôt et le faîv« partir pour IWin^, vient 
de térmiilev sa mission. Toutes lesardlkiveS'Sonteyi.reiâte 
ponirle^ir destination; mais ayatit appris ^qn^ leuf.tvai^- 
i|3^'l tivoit ^pf^u^é i^iti^lûu^^ ài&i^uMs e\\ Safvpie de la 
fsLi/ï d^lidtiahûM», M* Iwafrini elt 'paini.lni-ifiéme' pour 
prévenir 49 «emhlable» iiKonviénien», ^t pour aci4>m- 
pagoer j:u6qti'ii ftome utie eoli action si iiup^lanle^ €«t 
.ecclésiMli^ue'esb nev«u do prVJat Marim;, lUortà Paris 
Tétë dernier, et célèbre en itolie par. ses counv^tseancts 
.«t ses ouvrages.: - = ' 

t -^ Les Wli^'dnnairesqiïi' dévoîeul rtHor donner tïrto 
tttisiwon à drléjkOA , l'ont ouref le en «ffef^ le 25^ noteto*- 
hté.AûtîÉ r^gtit^ cafthtVJralo de oette ville* Ijs fortt 
trois iftstruclfon» par jour, à six keures eC demie du 
matin, à ^3*è heai^W H èrtim\ keUtéB^ 4ué<Sitk^ La ri- 
gueur do 1? saison n'a pas empécbé que dès les premiers 
jtjuré lélirs eiei*cîcfes lîié fi/9sént' frê^suiv!??,' et 'depuis 
r^ifflaërfe^ fté Tâff qtt'augniei^icr, Des JnfMiùcli^HJsVfui île 
-|VWrri*-i*e*lioi-çhët» «t trmal0d/ une «teoiliittit&iBrçlo 



( ïo5 ) 
«l quî n'en est cfwe plu» persuasive^ beaucoup de façl- 
Jité, d'onctioti et à^ zèle ^ font espérei* que les hommes 
^*espeelJEibles qui »e sont ^évoués à ce œ in istëre pénible , 
recneinetx>nt le frnîl de leur piélë et de leurs Iravaux., 
•dans une ville où l'on sait appfë<îier le mériVe d6 la par 
roie divine. . . 

SôissbNS. Au niilien â^ .Iribûlatlbils qui ont ^dâailti 
'celte brtiiëë k séhiinaiiti de cette ville, il ^ i-etèehti les 
ëCfetîfdë la prbléction diVrrie, et y à Hpohdu për une 
lihmblë.recoritîôissàhçè. Lorsque les élevée furent chassés 
c!<5 télir maison , au mois de juih dbrni^r, ilâ tirëiit, poUr 
la recouvrer, un voén à Nair6-Dan;i«^ de Lîfessé, qui Se 
trouve aujourd'hui dâtis la (Di'rcons'cri}1li'6n dé ce dlocèsé«. 
Le retour du Roi leti a rétablis en efifel dàïïè bette niai- 
son, et l'inléiêt général qu'a IhsjJiré leur désastre dli 
i3 octobrie, les secotlk^TS que deâ a'itiès piëuéès létlr oiit 
envoyés de diverses partieis de la JPrîihCë Igt. dé Télràh* 
ger, et les libérâlilës dé 5. M., teui* btit imp^è unfe 
obligfiiion pïijê ëli-bite d*afcquillèi^jéui' Vdeii. Itsrbiit fait 
le <2i ndveiiiibrè, jour de la l^HsehiâUBn de la saint» 
Vierge, et Ont porté sôfennelleraent à Liesse urt cœur 
en vê^tnail^ reliféi\d3aut lek rifjfins de tènrâ bienfaiteurs» 
ave<i ceux du Rôt et de soti âùgUsIe faâaîllè, Oelte céril- 
mopie aVoit aftiré^ùh grand coricours de pel^ple, et te 
supérieur a saisi celle occasion pOur célébrer là tHûnlfi- 
cence et la pi^lé d'un Roi qui est à la fois iViempIe éi 
le père de ses pètiples, et dont lés vertlis deVroiènt être 
pour tious uh motif elbcâce de revenir à là i-eli^îon do 
nos pères. Il à contracté l'engagement d^érjgër dans le 
séminaire un monument pour perpétuer fé souvenir de 
ce qiaè le monarque a fait jpiiiir cet établissement, 

CoLBtAîti Puisqu'on a parlé d'iiï| curé dfe celte pro- 
vince qui s'est signalé par son dévonenient pour 0uo- 

•naparte, il est jusie, par >coinpensaiion, de foiré men- 
tion du dévouenieui contraire ûani le clergé d'Ain^p^ 

Ai généralement donné l'exemple. Nous avoite (luai^ 



(M) 

fians ce pays, des eurës sîncèreineTit attachées à la cause 
iroyffle^ et qui n'ont rien omis pour inspirer les mêpses 
sentimens à leurs paroissiens , soit par leurs discours , 
6oit par leprs exemples. Leur conduite leur attira pen- 
d^int rinterrègne une honorable persécution. On menaça, 
les uns 9 on arrêta les autres, on les di^cria tous aux yeux 
de leurs peuples. M.Hoffînann, curé de Beiningen, fut 
firrèté et conduit à Mulh^usen , puis à CoJmav, pour y 
être interroge pav lie gënëral Rapp. II faut dire, à la 
honte de notrp tolérance, qu^on laissa les enfans s'at- 
trouper après ce respectable ecclésiastique, l'injurier, et 
lui îeter des pierres et de la boue. C'est ainsi que, sous 
Buonaparte , on chercboit à faire respecter le plergë. 
M. Hoffniapn fut interrogé, le ii m^i, par le général 
Bapp, qui le remit en liberté. Mais le préfet d'alors, 
voulant montrer son zèle, le fit arrêter de nouveau, et 
l'envoya à Strasbourg, ofi le général s'étoit rendu. Ge- 
lai-ci persistai à absoudre le curé, contre lequel il n'y 
avçit aucune charge sérieuse, Le préfet, piqué de tant 
de mollesse, n'en fut qpe plus \it à poursuivre le pas:- 
ieur. Il ordonna qu'pn le renvoyât de sa cure, et voU- 
loit <^u'oq^ lui donnât la jparQJs9.e, ]4.^pliis désagréable et 
la plus ^^ïivre^quand rentrée 4ca alliés fit cesser cçs 
vexations, Cependant les prêtres fidèles fiu Bol ne sont 
pas encore exempts de tracasseries, et les bupnapartîslej 
p'ont pas encore cessé toutes leurs menées. Lçs mau- 
vaises nouridles, les clameurs les plus absurdes, les pro» 
pos contre les prêtres continuent toujours, Les ennemis 
de la religion, qui sont aussi ceux de noire repos, n'oqt 
pas encore renoncé à leur système. Ils ont leur foyer 
dans des spciétés secrètes, qui ne sont pas anipiées da 
meilleur esprit. Il y a tel endroit où dominent cerlainea 
gens qui n'ont conservé de leur religion que la haine 
pour les catholiques. Ils n'ont plus de croyance propre- 
ment dite, professent Tindifférence, et crient perpéluelr. 
lement contre les prêtres. L'influence de ces gens-là sur 
h peuple est entretenue, soit par leur nombre, soit 




(,o5) 

par Mir» richesses , et le ctergé , qn'îls n'aiment pas » 
a besoin que rautorité se déclare en sa faveur, et qti'ellè 
xreiile jïiir des menées qui ne tendent pas moins à trou- 
bler l'Etat qu'à empêcher la restauration de la religion 
et de Id saine morale* 



PîouvELLES politiques- 
Paris. Depuis le i*'. décembre , le service de capitaine def 
gardes est fait auprès du Roi pai* M. le duc de Grainmont , 
au Heu de ]\J. le prince de Poix, 

— * S. M. a établi auprès de Monsieur un comité composé 
jde trois inspecteurs-généraux des gardes nationales. Ces ms<^ 
pecteurs sont : M. le. comte de Bruges, M. le comte Jules de 
•Polignac et M. Allent. 

— Les ministres et généraux étrangers qui étoient à Paris i 
sont partis presque tous de cette capitale. 

— Par décision du ministre des finances , les extraits du 
Moniteur et àes autres journaux qui se crient dans les rues» 
sont assujettis au timbre comme les journaux mêmes, 

— > M« JiaB)uipais viea t ; dt pHUiei" t^' jflémoiffe jusi^adf \ 
^e sa conduite. Puisqu'il descend ainsi daris Taréne , il consent 
à courir les cbances du combat. M. Lanjuinais traite ses en- 
nemis, ou plutôt ses adversaires, avec beaucoup de hauteur^ 
il invoque aVec une extrême confiance la pureté de ses prin?* 
cipes et fa loyauté de sa conduite. Il prétend même le ^str-^' 
lier d'avoir été président de la dernière chambre des représen- 
lans, dont il espère que l'histoire portera un jugement fa- 
vorable. Je ne sais en effet si la postérité réhabilitera cette 
chambre; en attendant, les contemporains en parlent asseE 
mal. Mais ce qu'il y a de plus singulier dans le Mémoire de 
M. Lanjuinais, o'est le style. L'auteur paroît avoir oublié 
qu'il parloit à des François^ au moites un grani nombre d'ex«p- 
pressions ne sont pas de nptre langue. Il en veut beaucoup à 
ceux qui Vineriminent; il nous dit qu'il a été pendant quelque 
temps tuable à vue. Au total plusieurs parties de cette bro^ 
çhure so^t propres à attirer quelque ridicule sur l'auteur, et 
Je suis étonné qu'il n'ait pas prévu tout le mal qu'il pourrait 



( io6) 

se (àite avec eelto arme , dont Teflet est si ^uîssaift daps nos 
it^oéurs. 11 j a surtout une raison fort piquante qu'il allègue 
de son zèle à servir Buonaparfe ; c'est qu'il avoit pour lui la 
visibilité; argument assez plaisant s'il éloit sérieux^ et qui 
tendroit à justifier tous les gouvememens , même celui de 
Robespierre. 

— On réclame contre «n «rtide du Journal général de 
France , qui paroit inculper les autorites judiciaires du Loiret. 
On ne sait qui a pii môtivcr cte que ce jdutnal a dit de ces 
corps , dont la conduite dans ces derniers temps fait honneur 
à letir lojaUté. Dans le tribunal de première instance , dix 
membres âur quatdràte ont refusé de prêter serment k Buona- 
parte. Peut-être y a-t-il peu de tribunaux qui aient offert le 
supme exeliiple» Les auteurs de propos séditieux ^ traduits à ce 
•tribunal , n'ont pas évité la berne qu'ils méritoietit, et deat 
individus ont encore été condafnnés pour de6 faits de cHte na- 
ture à la dernière audience. A la cour royale, 6t\ a ttiis en 
accusation tous ceux qui éCoient déuoncés pour ces sortes de 
délits , et si quelques-utis ont été acquittés par la toikt dW 
sises , on sait qu'elle ne peut s'en dispenser qiiand la réponse 
dés jiiresest négative. La coiir royale compte sept de se« mem- 
ferés qui ont refusé le serrtient. Un journal rédigé avec esprit, 
. et souvent avec im bon esprit, devroit se faire scrupule à'ac* 
>»«éFMgèi¥)fietit de Mëles^jéttdu Rot, étd'âp{)eier sui- éui 
il'MiJQsles soupçon d. 



CIIAIlIBAfe DES PAIRS* 

Dans la séance du 28 novembre , la cliambre a écarte , «près 
tiTN» asspi^ longue discussion, la proposition faile par Un inembre 
pour qu'iliî&t permis aux pairs s^sens de faire voler éri leur 
absente par un fondé de pouvoirs. 

Dans la séance du 2 décembre, la chambre a adopté à 
l.'Unanimiié, Inoins une seule ytnx , le projet de loi relatif aux 
droits, à perce* oir sur les denrées colomales françaises. 

Le 3 , la^arde natiènale, les grenadiers royaux et les gardes 
du corpd on pris possession des postes du Luxembourg, et les 
grilles du jairlin ont été fermées^ Outre les vingt témoitis qui 
av oient été entendus précédemmeirt dans k procès du mare- 
càaLN^y, tfent&Kleux autres ont été cités, et comparoitronl 



i}»ns'le9 ^éBals. Le marëchai Ney â {aît'dîstirihon* un IStë- 
mo)re*.tout en citSittons, et «pu rapporté dt«9 traits de sa yiè , 
extraits des journaux. 

Dans la séanée du 4^ lès ^léfenseiirâ an maHobal Ney ont 
distribué un Mêntoire oii ils Veulent ûlOritrer ^ue, vu la cofi- 
veation militaire du 3 juillet^ le niaréchal ne péat étne; fe- 
cherché. A dix liea:res. et demie > on a fait entrer raccosé et 
les témoins. On lit Tacte d'accusation 4 Un pair y M. de Cho- 
let, dit que l'instruction est finie , et que le jugement va avoir 
he^. M» le chancelier lui fait reonarqneir qu'il n'a pas )e drdit 
de l'interrompre. Il y a dtx-^^étif tëaBi4i«né à charge ^ et aiitant 
a décharge. Les téiiKnps «e rétirent , et M. le châneëliér com- 
mence Tinter ro^toiré de Tàetusé. • 

On lui. demande. seis notes, âge et qualités. Il satisfait à 
cette question, sous la réserve ^ dit-*^il, de faire vak>ir les 
clauses qui l«iisont rekfiVes dan»>la ootiventâondu à jaillet. 
Il résuite de sdn interrogatoire , qu'il étoit k sa terre lors du 
déharcfueBient de Bnona^artëi ; qu'il n'a appris «et événeitient 
qu'à Pans, et qu'il y a vq le' Roi. Dài^il être fastUé, lacéré 
en mille morceaux, il croit avoir dit que l'entreprise de Bttè- 
naparteétmt ai extravagante qu'il nîéritoit d^étre ramené dans 
vKke ca^de fer< Ar^t^-il ajouté qu'il *le raftiënèroit? Cette sot- 
tise , s'i44'4ivoit éittj i prquveroit qu'il avoit dans le coew» Fi«- 
lénliim^ ^'éenir le Eoi. MwLariivé , Je;^ , k L^xvtiktSmÂ^ï^s 
il a trouvé un des agens de Buonapârte «ptt^lui a remk «ine 
lettre du général Bertratnd. Cette lettre a été perdile. On lit la 
proclamatkm du maréchal. M. Bellart demmrd-ë à l'accti^é 
quelles décorations' il avoit quand il reçut les étoissairés de 
Bnona parte, il répond : Celles du Roi. -^ /). Avek-^ous con- 
auhé qoelqu'uti sur cette proclamation? •**» jR* Lei généraux 
I^ecourbe et Bournliont. -*- D^ Quels ordre» aveï^vous donnés 
alors? -* a. Celui démarcher sur Df}(>n s comme l'^voit en- 
iQvnt Bertrand. -^ Dé RecdnFtloi9se2*>V^s l'ordre donné à M. de 
la Jennetière le ï4 mars? - — R. Non. O* Ik cet ordte qui con- 
tient les dispositions que doivent faii'e lé^ troiËpôs pour se réu- 
nir à Buoriapajfte , et qfti enjoint à tovis \ês ofnders- dé quitter 
les décorations des Bourbons. Le maréchal convient etisuife 
qti« tet t^tàtié a été 'dobtié èkm ta mâftirvée dtll 4. fl re'coiinoît 
«Md i'otylre , «igiié de iv^ ,• dé faire àt^rêxtn le^ oMders qtii ife 
voudroient pas servir Buonaparte ; mais il fait Remarquer qiie 
O^t l«rdr« «« du >*8 , <iuUl kvm él^ pr#toqud pat» Buotiaparte , 



(loS) 

•t ^ne pour Itli il j6aoit un rôle tre»-misérÂble dans eeife cir^ 
Constance. Il nie avoir écrit à'qaelques personnes pour les en- 
gager à servir Buonaparte. 

On fait entrer les témoins. M. le duc de Duras dépbse ^e 
Je maréchal a vu le Roi avant «on départ, a baisé sa main, 
et lui a dit qu'il espéroit ramener Buonaparte dans une caae 
de fer. L'accusé ne contredit point cette déposition , que M. le 
prince de Poix confirme. 

M. le comte de «Scée, ancien préfet de Besançon, trcÂsième 
témoin , dépose qu'il y avoit beaucoup d^ènthousiasme dans 
cette ville , et que le maréchal Nej a donné l'ordre de mettre 
de cèté tout l'argent des caisses. L'acciisé nie avoir jamais de- 
mandé de l'argent. On m'a tellement demandé de l'argent, 
dit M. de $eée, que le bon de i5,ooo francs, signé de vous, 
est au ministère de la eùerre. 

M. de Rochemont déclare au'il fut chargé , le i3, par l'ac^ 
«usé , d'aller explorer la marcoe de Buonaparte. 

M, de Tavemey dépose contre le maréchal, qui rejeta le 
•ervice des gardes nationales, et qui prépara la défection des 
troupes. 

M. de Bourmont répète ce qu'il avoit dit dans ses anciennes 
dépositions, et y ajoute qudqueâ circonstances à la charee 
du maréchal; par exemple, qu^il portoit les décorations de 
Puf » a p « rt»; M* Bioltlrt et Tarocat Berrjfr. foni. d^Téreniss 

Suestions au témoin. Celui-ci demande entr 'autres à M. de 
ourmont si, le 149 il a crié F^ive le Roi. La chambre im- 
prouve cette question , qui tend à des personnalités. 

M. de Vauichier, ancien préfet du Jura, dépose que le 
maréchal luî parla contre les princes, lui reprocha sa li^tîse, 
qu^il portoit l'aigle impérial , et qu^l luî dit que tout avoit 
été arrangé d'avance pour ménager le retour de Buonaparte, 
Le maréchal nie les pro|)06 contre la famille royale, et prét- 
tend n'avoir pas porté ce jour- là le grand aigle. M. de Yaul- 
chier confirme le fait. . ^ 

M. Capel certifie la même chose. 

M. de GrWel déclare que c^eeît j£ maréchal qui a entraîné 
les soldats. 

M« Clouet, aide-de-camp du maréchal, ne peut expliquer 
sa conduite que par l'habitude de prendre aes résoliilions 
vives et subite^. ' ' 

31. le due de Beggio paroît. On lit des lettrea que lui 



( to9 ) 

^jressa Vàeeoaéf et oii il lui proposoil de se eoncertef aveu . 
lui. Pourquoi , l,ui dît M. le cnaacelier» n'aves-tTous pas at^ 
tendu ce concert? I/acctisé répond : j'ai mal fait, trës-mat 
fait. L'entraînement du i4 est cause ae tout. Vous jugez de 
cela après la tempête. 

On lit des lettres de Paccosé an duc d'Albufera. Elles sont 
dans le même sens ^oe celles au duc de Reggio. 

Dans la séance du 5, on a continué l'audition dés témoins. 
Ceux à décharge ont été entendus. Parmi eux a paru un joail- 
lier , (jtti a déposé que fe ntaréchal Ney ne lui avoit acheté 
que le 25 mars les décorations de Btionaparte. Les autres té-* 
moins ont rendu compte du mauvais esprit qui régnoit dans 
l'iirmée et dans les pays oit elle se trouyx>it. D autres ont parlé 
des qualités et des taïens de Ney, et ont cité des faits anté- 
rieurs au 20 mars. L^audition des témoins^ terminée , M. le 
commissaire du Roi a résumé les chargea dans un exposé ra-» 
pide et lumineux. Le défenseur de Faccusé a été invite à com* 
mencer son plaidoyer. Il « prétendu qu'il n'étoit pas prit , et 
la séance a été rtinise an mercredi 6. 



€HAMBiq[rtn:fi^ DiPtJTis^ 

Dans là séance du s décetiibiv, la ebif^re a «AapttS, >!« 
majorité de 254 voix contre /^t l& proportion suivante: «Ltf 
sutsis accordé par l'art. i4 de la loi du 5 décennie 1814, ^^^ • 
{M-orogé jusqu'au i*'. janvier r&iS». 

Avant la siéance publique ,; les membres de fa comcoissîon 
cbargée, d'examiner les propositions de M. de la Bourdbnoay# 
et autres se sontréonis. La séance publique s'ouvre à nortdi et 
demi sur la discussion pour les cours pre votâtes. M. Rm com- 
bat l'article f8 du f>rojet.*M. Cintelan défend ce projet, f^- 
ministre des finances est introduit, et présente deux projets de 
loi , dont l'un crée sur le grand livre quatorze millions de 
rente cooforméitieot au dernier traité de paix , et dont l'autre 
ordonne que provisoirement les quatre premiers douzièmes, 
des contributions de 1816 seront perçus sur les rAles de r8i5. 
La discussion sur lés cours prevôtale^s recommence. Ijc minis^ 
Ira df la gue/re annonce que S. M, a cônstnti las aouenda^ 



( ,.o) 

tatns pfoposéffpar la i^ctiimlssio'ih. ^J. pcrpt^9S»T9 >ote pdur fiî 
profel, eh proposant flç rétablir l'ç scrpplicç de -Ta corde. Il 
se fait âe viotcns murmvrcs.'M. d'Ar{^<*ns»n parV fortement 
contre le pro^l en invoquant les idées libérales. M. Trînquc- 
lagues et M. Ciivier le réfutent. Les douze premiers articles 
sont adoptés avec «ineiques ainéBdetti^s.' 

Dans la séance du 5 , la discussion a recemmenc^ sur les 
cours pr^vôtftlp^. M. 1^ duc de F^Ure ç* M. Cuvicr qtçieiit 
présens, |il. Tryjpr^^se, pour aIB^Qd«UleI^ à J>*art. la, d« 
comprepdr^ )e cqm€.|d'incen4iç d^u^ la çoippélençe des qours 
prevQtfiles. C^t amendemçQt «srçQipl>«ttu p^r MM. P?isquïer, 
Koyer ^t Deserr^, l| est écartjé , ain^i au'uii anlre ^mepàe^ 
ment du mepibre qui di^m^ndo^t q^ç les yo|s de vases sa^ 
crés daQS i?s églises fus^eB^ compris dans le^ ajttf^ilnitioqs des 
c^urç prevQt^l^s- L'art. la çst adopté, Sur V^rX, 18, amendé 
par la çoi^imssioxi çoii^in^ ^ntac^^ d^ rétroactivité, Af. de 
Corbii^re d^i^^qde que la pr«>l^ui^|ne réduction s(Ât maintenue. 
Q^ avift 49l^np liçtf ^ \ine 4i«cussioA dont 1^ résHiîtat est de 
le rejeter. . . • ;. - ; ^ 

Il est trois heures un quart; tous les arlicfes sont adoptés 
jusqu'au 35*. inclusivement. 



w w " > f m ■! » yi I f 

... ^, i^V^^^DAlCTEVR. . . .._,,, 

""Monsieur, pnisaà^iy a des gêna nui -veulent encore avoir l'air da 
douter, dû fcori dé Mtiral, otqîii, fiU^'s- que oe lambeau de discorde 
soitelpiot, Toadroient encore.«0fis>P fpPWTaPt|er^nevt-'éi«Q«$tr}| h^o^ 
pour Cf)t)per court aux espe'rancesqit'ils fei^pent d^avoir, et tes empê- 
cher de faire (3e« dupes, dç n^utii^îie'r les'ppèuve:; de la fiti de^leurlieros, 
3\t pliiï; vous transnieitre à ce sajei des détails très'Circohstanei^ que je 
tieVks dVn cbiirri^r dtt oabinet napoliuiv/leqvel est allé d# Naplet k 
Piiso. a assisié à Teséouiion dndit Mural, ot est venu depuis- à Pari». 
Je l'ai interrogé f iteo ^in snr ce. (]»'il » vu ^t sppri^ sur les lieux 
mêmes» et Yoiçi ep qa'Ù II) a. racop(é. 

Murât débarqua , le 8 octobrç à midi ; ayec trente homipes. Il «toit 
armé' d'ut) sabre et de deu^ pistolets à la ceinture. Arrivé sur=t^ place 
delPJzro,'ir trotova la miliee raÀ8embMe> qui- passétt la revue. Alors- 
ceux qui Vaoconpaipioieiit sa mimt â ctior ^we J^nckim. Le peu- 
ple ne témoigna que de r^toasi^meni. Murât aperc^yant un vélérsn . 
non^m^.TrentarÇjipiU)» Ta appelé sans qve le vétéran se mit en devoir . 
de Jui rcpondr^. Quelqu'un de la sujle de Murât a couru après le -vêlé* 
vAo , en lui disant : Le'rotvOu» appelle: Mon roi est à J\^apiês', a i^tpris 



( »'0 , • 

U vciérsin , »t éttr-i^p-chanip ièa invité ïe p«upl6 à se uii«ir àe Mnral et^ 
lie sa buito. Oi\ s^st eu «iFei mi» à kur po|ir»oue. L«s geDS<<3e Mùvat< 
se sa<it dëCeodus, et Murât lut^même a dt^ch^rgë plusieurs fois «c» pis'* 
toiets; mais ^e troiLTant pressé, il a'eM enfui vers la côte, où ne trou* 
vant p\us lef deui ha^q^ies. qui ravoiçnt amené , il s'est jcte dans on 
peii( baleaa ^^ péçheiir, jusqu'à ce qi^e voyant qu'il ne poùyqit eciiaj>*' 
prr à la malum^ç'qi^i rçqviroquQlt, il s'e^t rendu lui et sa.^He. Qîi- 
lui a arrache ses ëpauleites et ôte çqp ui^ifqrpn^. U^^ fe^iDqe ^g^pep- 
pie (neut-étrç éioit-ce une mère) lui a arraché un de ses favoris dont 
(m sait qu'il fahoit beaucoup de cas. La milice s'est emparée de lui, et 
Ta ftoustrait à la fureur du peuple. On le mit dans le fort. On apprit cet' 
ëvénement à l'ïapléiB , le 10 au matin , et le soir même' un courrier du ca- 
binet hi% ejpédie au gënëra}, Nunziante. Ce courrier arriva à Piizo ; le î a 
à midi. Le i3, à neuf heures du matin, le conseil de guerre s'asscm-' 
bla , et la séance fui terminée à quatre heures par la condamnation de 
Murai. On Itiî pranosa de lui envoyer un prêtre, avec lequel il s'entre- 
tint pendant one neii^e. il «ortit ensuite de la prison , dont la porte* 
doanedaps.la petite cour du f»rt, et là il f«t fusillé pat* huit-grenadiera^ 
-vÀçnim de la divisioa qui avait aocbmpagiië Ferdinand ete Sicrle. Le' 
{^uple en entendant la luaillade se mit à crier ^/ve le r^f Ferdinanti. ■ 
Ob transporta ensuite le corps dans Téglise , et Poii fit les priéies ponr 
les morts. 

Vous pouvez compter sur l'eiactitude de ces détails, et je souhaita' 
qu''ils puissent trouver place dans votre journal. 

Votre abonné et ami , 

J C. ÇrJlVIirASI. 



Wons ^qriqns d<> répondre pliifqt a qi^clquestettres, purn^i Ipsfjrarllf*.. 
it y en ^ qui soqtdéjà ^n pe^ anciennes. Nous espérons qup.rabon-« 
4aa€e 4cs W?*^!^'^^ ô<>V» «ervif? d'^xcusç: flîo^» aUç^$ p^yer en re* ur 
celtes qui nous patôissent d'une date plus reculée, et auxqiieltea p»r. 
conséquei^t il ^erpit moins pardonnable de di/Férer à répondrç. 

W. h <wi de §. n^s çç^t pouf h plî^indre d^ «ïn mfiiffi, ,e|.pour, 
npV? çi^^gçr « k foirjç d^ti^^f 1;, C'es^ pq^^ ^U^^of^er ua prédit que nous, 
n^avons pas. m.U cure 4qU pQtJ^FSffi p^intes.4 l'avtQrité. Ces fait«> 
«|H^il a^'licule paroissent de nature a pr9duire l'effet qu'il délire. 

M, r^^i]VI. a 1% hçnl,^ 4^ pT«JI*dr€ fait et oi^pse pour ppntj et de 
no^^ suggérer u^ ?qvH^^ ^ faire- i iia censeur Qpii^i44Q9 ei/ «i«cr. 
ïîoBS adppteçiçits spfl pian ^P défe^|^e, qjii no«s parQÎt foitsage; si 
iioujf n aymn« pensç qu'il yf^oit W>¥P^ IH^der le s^ilenoe sur le» aCtaqui^s 
et k^ chicanes d'^if Vonç^"^^ qui vqudroi^ faire du bruit. JN<>us, qqus- 
ai.a>Qns la p^ix» et nc^i^ n'av{>fia pas le temps de n,âus battre ave<i ui^' 
ffrr^Uenr fÀ 4à^mné. . V . 

' Dtt autre abonné vondroit que nous insérassions un avis pour eri^;<-r 
§ar tes iu|iiérieurs a se défier d'un sujet renvoyé de son diocèse, et qui; 



• (lia) 

|)iontra chercher à tromper encore. Il nous semble qae notre journal 
n'est pas la voie qu'il faut prendre pour un pareil avis, et qu'il seroif 
plus convenable a^ëcrire directement aux évéaues pour leur signaler 
rhomme contre lequel on croit nécessaire de les prémunir. 

M. T. 9 curé de la C-, réclame Tinsertion d'an article que nous n'a- 
yons pu' mettre dans le temps, et qui aujourd'hui parottroit un peu 
vieux. Vous espérons être plus* heureuit pour une secoiide commanfica- 
tîon , s'il arrivoit qu'il nous en fit une. 

Un curé voudroit ^u'on supprimât les notaires certifiealeors , et 
({u'on délivrât les certificats gratis. Le même demande qu'on }^oigne 
pour les vieux ilesservans leur pension ecclésiastique au traitemenide 
Doo fr. Il est probable que cet objet sera pris en considéra'cion , quand 
on s'occupera de l'élat du clergé ^ dont la ^étresse s'arcroH, de jour enf 
jour. La situation des pfétres âgés et infirmes est surtout déplorable. 

M. H. , curé de G. , se plaint de l'article de ia loi qui défend aux par- 
ties , de .faire bénir leur union avant d'avoir contracté dcrant Pofficler 
<;ivil. Rien, dit-il, n'dle pluâ de considération aux pasteurs, surtout 
dans les lieux qù des maires mal intentionnés détournent les contrso- 
tans de leurs devoirs religieux. Or, il y en a assezde cette espèce, et 
beaucoup de curés savent la peine qu'ils ont épronvée et qu'ils éprou- 
vent aujourd'hui plus que jamais à'faire sentir à leurs paroissien» com^ 
bien il leur importe de ne pas négliger nn acte de religion aussi es^ 
•énuel. ^ 

M. D., curé de M., nous adresse une relation' d'un fait qu'il te- 
carde comme prodigieux. Mais sa relation est vîh peu longoe , et peut- 
être qù^en l^abrégeant, nous aurions atténué l'intérêt et les preutesd'uc 
fait dont nous nous abstenons tirailleurs do juger. 

La sentence du tribu|nl de* Iro^uois est une all^;orie dont le l^nt 
.ctiairssi louable que itranifeste. Hfais efleefit ocCnpé xine de no» feuili^» 
«n entier, ot nous avons été obligés, faute de place, de supprimer une 
jpdaisanterie qni a nn sens Crès-solide, et dont Fapplication n^est pas' 
sans intérêt. 

M. M. nous demandé i^ne décision sur un sujet sur lequel il* ne nous 
tppartiendroitpas d'en donner de nons-nd^es, mais sur leqne) il y en 
a de fortes et d unanimes. L'autorité, voilà la règle. Il faut se d^er de 
ceux qni ne tiennent à rien , et qui n'obéissent à personne. 

M. B., curé de V., désireroit que nous insérassiobs des règles dtf 
conduite sur les cas les plus diâicilcs qui peuvent se rencontrer dans 
l'exereice*du' ministère. Nous ne demanderions pas mieut en effet que 
de iransnMtlre à nos lecteurs les décisions des tnéologicn? les plus ms- 
truits. Mais avec l'abondance dèls maHères que nous avons déjà , il se- 
roit difficile de prétendre embrasser tous les cas difficiles qui peuvent 
«? présenter. H pourroit se passer lon^-tenips ayant que chacun trouvât 
la solution de ce qui l'intéresse. Il nous semble qu'il vaut mieux atten*' 
drc pour cria un temps moins fécond en nouvelles que tout le monde 
déiire savoir^ 



(Samedi ff décembre i8iS.) (N^ 139.) 



Traduction nouuelle des Prophéties d'Isate j avec U14 
Discours préliminaire et des notes i par JÇvgèuÉ 
Genoude (i), 

A ne considérer les Prophéties dllsâïe que sous le 
rapport littéraire, le goût y trouveroit encore assea 
de sujets d'admiration et d éloges. La magnificence 
des images , la vivacité des tours , reoergle et la rapi- 
dité des pensées, pourroient donner lieu a un assez 
riche commentaire. On y Veleveroit tour à tour, et 
cette sublimité d'idées quand Tauieur lit dans 1 ave-* 
nir, c^ cette simplicité de récits quand il raconte des 
événemens passés. On y verroit , comme dans 3Ioïs0 
et les autres écrivains sacrés, ]a grandeur des objets 
rebadssée par la concision d'un langage à la portée de 
tous. C'est bien de lui qu'on peut dire que 1« stylcf 
est ce.cpii l'occupe le moins. La pompe cles .figures jr 
quand elle se trouve sobs sa plumé, a Tair d'échapper 
à la richesse de son imagination; et la variété, le\ 
mou?ement,. l'audace, la verve de sa composition ,( 
annonceroient encore le {iremier des écrivains à qui 
ne vou^roit l'envisager que sOus ce point de vue. 

Mais combien ses prophéties acduiérent de forcé 
et de vigueur qUand on y voit le Ktngage de l'Êsprîf 
saint! Combien cette inspiration divine et le mer-* 
veilleux accomplissement de tant de prédictions éton- 

^ ' '■ ■ ■ ' ■ ' r , I , . . . I I ■■■ I l _ 

(«)Unyo]. iB-$*.3 prim,6 fr. et&fr. frâiieiitl>Qft.'AFam# 
chez Adrien Le €Iere ^ imprijOLeur de l'Archevêché; at \ Pr<y« 
vins ^ chez Lebéau. 

Tome Fl> JUAmi de la Religion et du Roi. H* ' 



("4) 

nanies ajoute à notre adtmration ! Combien la re-^ 
rite du fond accrott ici la beauté àes tableaux ! Ce 
n'est plus un écrivain doué de plus ou moins de gé- 
tAej qui en stut les mouyemens, et qui nous ravit 
{)ar rélévation de ses pensées et par le nerf de sa dic- 
tion; c'est un prophète du Dieu vivapt^ qui obéit aux 
inspirations de l'^prit^ et par qui Dieu nous coaunu- 
nique et les vues do sa Providence , et la sagesse de 
ses préceptes 9 et la j[)rofondeur de ses décrets , et les 
. trésors de cette science qui embrasse le passé 9 le pré- 
sent et l'avenir. Jadis les poètes païens, voulant nous 
peindre leurs sybilles et les prétresses de leurs faux 
dieux 9 les supposoient agitées , hors d elles-mêmes 9 
et possédées a une espèce de fureur. Ce n^est point 
avec ce désordre et ce tumulte que s'énonce la^ vé- 
rité; elle ne feint point une extase y une gêne , une 
ivresse y qui sont plutôt le cachet de l'imposture. .Le& 
prophètes, sous l'inspiration du vrai Dieu, conservent 
toute la liberté de leurs sens et tout Iq caractère de ■ 
Teiir génie ; seulement le flambeau sacré rg^i k^ écl^ûre . 
ajoute à leurs lumières, et leur ouvre le^ secrets de 
revenir. ; -^ : 

Isaîe , dît M. Grenoude , qui paroit l'avoir étudié* 
avec soin , Isaïe me parott le premier de tous les poètes 
- ^lyriques. Son style a tour à tour l'énergie et l'élévatioa 
de iMtéïse, et la aouceur et la tendresse de David , sans 
que jamais on y remarque l'âpreté qu'on croit trouver 
dans Ëzéchiel, ou la foiblesse qu'on a reprochée queU 
ijuefois à Jérémie. Ses narrations se-4tstinguent par 
une rapidité qui ne s'attache qu'à l'essentiel. Il ra- 
conte les fidts^ les plus merv^leux sans enflure comme 
sans étonnement; il parle de ses actions les plus éc!a- 
tintes conune s'il s'agissoit d'un autre* Sa mission. 



( ,.5) 
pCoùvëepar le^^véoemeos^a rendu ses ébrits lobjef' 
de la vâiéralîon de sa nation; et le christianisme^ qui 
y a trouvé les titres de son origine et presque le récit 
(le la vie de son auteur ^ a joint ses respects à ceui; 
du peuple choisi. L'£g!ise a fait entrer ses prophé- 
ties dans ses offices; les pères et les docteurs en ont 
admiré le caractère do grandeur et de vérité; et ses 
prédictions de Ta venir sont si frappantes > que saiat 
Jérôme Tappeloit le cinquième des évangéiistes* 

Après avoir cité plusieurs exemples de la vigueur 
des pensées, de la beauté des ligures, de lonctioa 
des paroles, le traducteiir continue ainsi : Les Pro- 
phéties dlsaïe me paroissent une suite de chants su- 
blimes qu'on doit lire et relire comme ce que la poé-* 
sie lyrique offre de plus grand. Il est impossible 
de trouver plus de chaleur, plus de richesse de co- 
loris, plus de génie enfin dans aucun poète. Isaïe^ 
emporté par Imspiration, ûe dit rien de mortel; les 
pins grands objets sont peints, dans ses chants, avec 
les couleurs qpi leur sont propres. Le- monde renou- 
velé, uoe^ Jérusalem c^este apperoissatit sur la terre ^ 
Dieu lui-même habitant parmi les enfans des hom- 
mes, le ciel fermé par le péché et ouvert par Tamour 
s de Dieu, tout se suit et s'encliaine dans ce pôèmt 
admirable sur le Messie. C'est lalliance du ciel et 
de la terre. 

Tel est Técrivain que M. Genoude s'est proposé 
4e traduire. On se plaignoit , depuis long-temps, que 
ooas n'eussions encore que des versions imparfaites 
de cette partie si importante de l'ancien Testament^ 
la majesté de la parole divine disparoissoit sous un 
style dépourvu de force et de couleur. LoTVth, en 
Angleterre, avoit cherché à lutter contre les beautés 

Ha 



( m6) 
de ForigioalV Nous ne sommes point arases faimiKèr» 
avec sa langue [X>ur JMger pieinemeut du mërke de 
sa traduction ; mai^ nous savons cjue- les Ai^loîs en 
fynt le plus grand cas, et qu'ils la regardent comme 
un ouvrage classique. On verra donc avec pbisir qu'tm 
François ait voulu enrichir noire liiiéralnre d une ver- 
Mon fpii pût donner une idée de l'éloquence du pro- 
phète, e^ on jugera du mérite de ses efforts psfr ]vs 
Kissages siiivans. Dans le premier, Isaïe raconté la déb- 
ite du roi de Bahyloue. L'application est frappante :^ 

Il Vous porTerex ninsi en figurât contre le roi de Babjlone , 
tl TOUS dires : oominent a ceaaé tout à coiip ce maître iinpw 
tpyable! Qi^i a mU fin au triimt ifu'il exigepit de iiom§7 l^e 
Seigneur a bi isé la verge des impies , le sceptre des cK>ni<na^ 
téurs; celai qui frappoît les peuples d'une plaie inc4irafa!e, 
celui ùnî Commandôît aut naiîous dans èa colère, et les per- 
séeutoit 3ans relAche, Toute la terre s'est tue dans une pais 

Îjrofande; elle s'est réjonîe, et a jeté des cHs d'^llégreiise., 
jCS sapins et les cèdres du Liban ont tu a¥ec joie ta ruiae* 
Tu dors, ont-tU dit? qui maintenant s'élèvera contre ifoùa? 
A toD approche le séjour de la niort a ^Eé~'ii^blè|o8git'âii 
i'on^ de ses ablmtis'; aùrcfevant de tbi âe SOiU ëtàfK^ iëà prlii- 
ce^ qnî rbabitent : les maîtres de la terre, tes rois des aationa, 
sont descendus de' leurs trônes. Totis ont élevé leurs voii , ei 
ont dit : Eli quoi! tu hs été blessé eomme l'un de nous, lu es 
devenu semblable à fious. Ta gloire est tohibée dâos fabimé,. 
t^ii (iadavre est étendu pur lalerre, les insectes te dévorent , 
les vers forment ton vêtement. Comment es- tu tourbe' du. 
ciel , astre luminou^ , fils de l'aurore? Comment as-tu été 
renversé sur la terre , toi le fléau des nâtîon^?Ta dî.«»ais cfan« 
ton cœur: je monterai par-desstis les oiénx,'}'ét'ablirnî mon 
tf^né au-dessus des adirés, ]e me reposerai près de VaquHoD, 
sur la montagne du te^ameot. Je m'él<;verai au-dessus des 
nues, )e serai semblable au Très-Jlaut. "Mais tu seras jeté 
dans Venfer, au plus profond de rabimé. Ctfux (|ui te verront 
se pencheront vei*s (oi , te regarderont de près, et dimnt : 
Ijài-ee là çti h^moB^^ fui a t|-6ublé la terre^ qui a ébranlé 



( liy ) 

ks .TQjâMm^s^ ..qulik fali de l'univers une wlUudft^ qu»'^^ 
rfoversé Ips YÎlles, et qui p'a cessé d'appesantir ses fers sifr 
ses captifs? Les rois des natrons sont morts dans la gloire : 
tous ôQj( leur tombeau. Pour toi, jeié hors du t^épulcre-, 
pooKiie une/racLDC, souillée, comme des lambeaux cquveris 
de san^^ cop^odu a%'eç de^ soldats tombés sous le glaive, 
précipite sans honneur dans la fosse, comme un cadavre bir 
deux, tu n'entreras pas en partage de leur sépulture; tu »a 
rainé ton pays,' tu as massacré ton peuple: la race des mé-" 
cbaiMine clurera pas toujours ». 

Wous pourrions encore cîier, dans le même genre., 
ie cbapUre xLvii^ sur rhumîlmtiôn -de Bdbylo«i«; 
maïs nous aimons mieux ^ pour montrer le talent de 
Tautear sur des sujets divers, clioisir le chapitre xL, 
où. Dieu, après avoir ebatië son peupte, lui annooce 
des pensées de mismcûrde : 

. ce ConsM>le-toi, confie- toi, mqu peuple,, dit U Seigneur 
top Dieu. Partez au.cœnr de Jérusalem <, el.appele:t-la par son 
.nocn. Se9 fnaqutsfuit fini^, ,son iniquité lui est piirdfKinée ; elle 
a reçiidu 8eipieur de&griâ<^es qui surpassent ses i^rimea. On 
entend la «oix 46. celui <|ui, crie dans le désert i.Prépare:» la 
yojB, ivL,^t\gi»mr,j rmdtit droits les sepiiers de la pUifia» 
Q{?oxir^ar|^J|«s chemina, qu'on appWisk lea routes 1 abai#'> 
çez les.co}ltiie6,.cpmble2 les vallpna. La .glaire dn Seigneur va 
/dater, le Seigneur, Ta parler, toute Ja ferrf yerrii *otr« 
Sauveur. Une voix m'ordonne de crier, et j'ai r,éf|dndii : due 
dirai- je par mes cris? Tous les mortels ne sont que dé rheroe*, 
ev toute leur beauté ressémbTe à la fleur des obamps. Le 
Seigneur a répandu un soufBe bn\lant; Therbe de la prai«- 
Vie s'est desséchée, sa fleur est tombée :' oui, les peuple» 
•fionl comàie Therbc de lia prairie. L'herbe sèche, fa fleut 
tamber ^^^^ ^^ parole de notre Dieu subsiste dans l'éternité, 
.^ontea êVLr le sommet de la monlagne, vous qui éyaogéliseï 
Sion; élevez la voix avec force,.vous qui évangélise* Jéru- 
salem. Criez encore plus haut, ne craic^nez pas. Diles aux 
viltea de Juda : voici votre Dieu. Et Voilà que le Seîgiieur 
I>»e^ paroît revêtu de force. Son bras signale sa puissanée^ 
le prix de sa vrctoi're c^t en ^» maios , ses ojvw^^ h çréçè- 



iinl clVannoncctrt. irgooYcrhe son trotipeati «n pasteiir TÎgî- 
lant, n rassemble ses agneaDt, îl les presse daos ses bras, H 
les rédiauffe sur son sein , il porte lui-même les brebis pleines. 
Qui a mesuré les eauji dans Iç creuii de sa main , et qiVi , Ta 
tenant étendue, a pesé lescieux*? qui a soutenu de trois doigts 
la masse de la terre? qui a mis les collines en équilibre? qui 
â conduit l'esprit du Seigneur ? qui est entré dans son conseil? 
'<|ui lui a inspiré quelqu'idée? qui a-i-il consulté? ^ui Ta 
instruit? qui lui a montré les votes de la justice? de qui tient* 
il la science? qni lui a ouvert les routes de la sagesse? Leis 
nations sont devant lui comme une goutte d'eau dans un vase 
d^airain, un grain de sable dans une balance; les île^ sont 
comme la poudre légère. Le Liban et ses forets ne peuvent 
suiBre au feu de ses autels; les animaux de la terre ne sont 
poipt qn sacrifice digne de lui. Tous les peuples sont devant 
ses yeux comme s'ils n'étoient pas. Ils sont pour lui moins que 
le vide et le néant. A qui comparerez- vous votre Dieu? quefs 
ir.iits pourront former son image? Le fcmdeur fait vos dieux. 
L'orfèvre les couvre d'or ou les orne de ciselures d'argent. 
'L'ailiste Kabiie choisit un bois incorruptible; il Pexpose en 
un lieu solide o^t it ne sera pas ébranlé. Avez-votis compris qdi 
a jeté les fond^meYis de la terre? c'est celui dont là terre est 
le trône,' eti présence de quî les mortels sont oomroe dea.m— 
«ectes. C^est lui qui a étendu les eienx comme un voile, et les 
a préparés comme un pavillon pour l'homme* C'est ttr? àîii 
it^garde c^ pitié W science des ^ilt>S0pbî^V^'^^ '^^f^^ê^^s 
juges de la terre. Un souffle les frappe tout à coup ; ilssèl^iet»t 
^ussitèt, et «D tourbillon les chasse. devant lui comme la 
paille légère. 

Les coonoisseurs conviendront certainement qu'il 
y a dans celle version, non-seulement plus de suite 
et pliis de liaison que dans les traductions précédentes , 
mais aussi plus d élégance, de nerf et de propriété 
d'expression. L'auteur parott nourri de l étude des 
bons modèles; il s'est animé au feu de lot^ginal, et 
sa jprose, agréable et facile, pourra réconcilier ceux 
cjui n'entendent pas le iatln avec le prophète dont ils 
n apprécii^ient point les. beautés. 



/ 



r^ 



( "9 ) . 

Dans un discours préliminaire dpnt nous avons, 
profite, M. Genoude traite de la poésie hébraïque et 
d'Isdïê } mais ce qui paroitra peut-*étre plus précieux 
encore, ce spnt^quelques cfissertations et. des- notes 
qui ternûnenrle volume. Elles annoncent des con- 
uois^nces dans ce qu on appelle la critique scriptu- 
raire , et l'auteur a la modestie d'avouer qu'il en 
doit une partie à un savant qui n'a pas votdu être 
connu. Il réfuté en passant quelques littérateurs bi- 
bliques de rAUemagne, qui dépouillent nos livres 
£|aînts de leur caractère ^e divinité ; il compare l'his- 
toire, avec la prophétie 9 et explique quelques en- 
droits obscurs. 

Quand on songe que M. Genoude est jeune y on 
ne peut <|n'applaudir à ce% usage qu'il fiiit de ses taiens y 
et on- ne peut que l'engager à consacrer ainsi son 
te]:n(>s à des. travaux utiles pour la religion et hono- 
rables pour lui» Nous avons ouï dire quil se propor- 
soit de donner une traduction de Job dans lé même 
jieiire;^/>as osons , sans être prophète , lui prédire 
r^'ipprolî^lj^n des gecîs de goût et T^UiTie des gens de 
«jbfîen. V 



NoirVEtLBS ECCLÉSIASTIQUES- 

^ Paris. MM. les vicaires générau^L. viennent de pu- 
blier un Mandement relatif au rétablissement de la pa* 
roisse des Invalides. S. M. a voit' déjà manifesté ses in- 
tentions à cet égard par son ordonnaDce, di^-a janvier 
derni^, et avoit chargé le minisire de Ingnei^e de 
se concerter avec Tajatorité ecclésiastique diocésaine. En 
conséqiieilee , MM. les grands vicaires avoîent provisoi- 
i^ement ôrdonué^ie 19 octobre derpier, que les fonctions 



( 120 ) 




est destîi^ à compléter l'exécution de. cette ordonnance; 
et ils y exhortent les habitans de cette paroisse, aux- 
quels U est adressé» à profiter du tendre intérêt que leur 
t^oigne S« Mt> et des secours de TËglise pour avan- 
cer dans la piétés Ces changemens seront soumis à 1^ 
ratification! de TaixlieTèque de Paris, quand Dieq. aura 
donné un premier pasteur à ce diocèse, 



Nouvelles foutiques* 

Paris. Le Hoi a nomme son ambassadeur en Angleterre 
M. le marqOis d'Osmond , pair de France , précédemment am« 
}to^adeur à Tnrin. 

«-^M. le çemte de La Châtre ^ pair de Prabce , est créé duc. 

•7- $, M. a afx:ordé les entrées de son cabinet à MM. d'£sn 
cars et de Puyséeur, cfipitaînes des gardes de Monsibur, 

— M. le duc d'Atigouléme est arrivé à Toulouse le 28, no^ 
vembre au isoiri S. A. R, doit visiter les villes de Montau-< 
ban, d^Afili et de Gahors, d'où eilo rerieadra à Toalonse^et 
«pfÀs'quelf^es JQ^rs de re^^ dans, cette ville,, e.j[le.irfi 4 
Baronne et À Bordeaux. Ainsi toiit le midi aura eu le ^onbeur 
de vôtr «e'|Jrince, ^ui^ J * laissé dé si tonchans souvenirs. . . 

-^Les troupes étrangères, cantonnées dans les environs de 
Paris, ont .quitté successivement, ces joujs dernier», les postes 
qu'elles occupoient. I^es Anglois se rendent directement à Ca-* 
lais et à Bouloene , oii ils s'embarqueront* Les troupes des 
Pays-Bas se rendent eh Belgique. 



CHAMBHX^ DES P.AIR$* 

DMs la séèAoe àtk 5 , dont tious h^avons donné qu'un eottrt 
nperçit^ et sur laqueHé par conséquent nous croyons à pro^ 
p^ de reTeàir > on a çbtitinné dVnteqdre^lés témoins. MM. Mat* 
gnÂ> Pantin, Quaifrolles, df Félix et Gautier, déposent à peu 
près d^ios 'le méoBi$ aens t el rapportant des propos du i^aré«, 




chai Ney en fî!iv«ar de Buonaparte. M^ Grison ^^ capitaine danf 
îa Hgùe , ïe charge encore pîus sous ce rapport. Le maréchal 
nie les faits, que M. Grison confirme d'une manière précise. 
M. Casse rapporte aussi des propos injurieux au ]^' Bourbons 
tepus jpair le maréchal. Un joaillier de Paris prouve par ses 
livrer qu'il ne lui a vendu les décorations de Buonaparte qu'a*^ 
près son retour à Paris.rM.. Bellart fait observer que cela né 
prouve rien j et que le maréchal avoit pu en trouver de sera- 
blabled à Lons-Ie-Saulnier. M. le duc qe Maillé , 3/L le comte 
de Ségur et M. le marquis de Sorans rendent témoignage des 
bonnes dispositions du maréchal avant le i3. Plusieurs autres 
témoins parlent dans ce sens , et rappellent la surprise que . 
leur causa la défection du maréchal. 

Le maréchal Davoust, M. de Bondy et le général Guille- 
miuot, qui ont intervenu. dans la convention de Paris^ du 3 
|iiïl!êt, avoient été requis par l'accusé d'en venir expliquer 
le sens. M^ Bellart consent qu'ils soient entendus, quoique 
leurs dépositions ne touchent point le fond de l'aiFaire. Ils 
i^erlifient que la convention sfipujioit Toubli des opinions po* 
iitiques et de la conduite passée. 

M. le commissaire du Koi , dans un exorde éloquent , a 
rappelé l'ancienne gloire du maréchal Ney, et 9. regretté' 
qu'il l'eût' flétrie par une grande faute. Il énonce .soiiimaire- 
Tncht les principaux faits j là visite chez le Roi, les ordres 
du ministre. Accordons-lui d*avoir été fidèle jusqu^aU i3 marSr. 
Mais ce jour-fe , il reçoit , non pas un , i^s plusieurs émis- 
saires de Buonaiiàrle^ il les reçoit la nuit, il délibère;, il est, 
déjà cHminel. 11 a l'àir de consulter d'auj^iie^ généraux; spn 
parti etoit déjà pris. Le maréchal a protesté contre la dépo- 
sition de M. ae'Bourmont; mais cette déposition est confir- 
mée par celle du général Lecourbe et par la condiiite même 
du maréchal. Les faits du i4 ne sont que trop connus, ils par- 
ant d'eux-mêmes. Le maréchal dit que le torrent l'a entraîné. 
Il s'est trompé. C'est lui qui a entraîné les autres. Vous ave« 
entendu son aide-de-camp > et jusque' dans sa réserve, vous 
avez pu voir combien il blâmoit son général. II ^résiste, taiif. 
Ais que le maréchal lui donndit un si triste exemple. On nous., 
parle de dangers; un mîtitairCj un général doi^-il être em- 
pêché par de tels motifs de faire sçn devoir? Si on blâme un 
magistrat qui cède à la crainte, que doit-^on penser d'un ma-. 
r;îçbÂl?.La $uite de sa conduite répond à ce moment d'oubli. 



l 



(122) 

Il n'a cessé depuis dinjurier ceux qu^l avoît trahis. Qu« 
peut-on dire pour justifier une telle défection, et n'aurions^ 
nou« pas désiré^ pour l'intérêt même dé Taccusé, qu'il eut 
confessé ses torts avec loyauté , et qu'il edt dédaigné cette es- 
pèce de chicane indigne du rang qu il occupoit et des service» 
qu'il a rendus? 

Les défenseurs n'étant pas prêts ^ la séance c^t reqaise aa 
mercredi 6. 

Le 6 , l'audience s'est ouverte à dix heures et demie. Quatre 
ministres étoient présens. On entend le témoin la Jennetiëre , 
ui lit une lettre que Ney lui écrivit, le 16 mars, à deux heures 
u matin, et qu'il avoit niée. 11 lui ordonnoit dans cette lettre 
de sortir de Besançqn, et de n'y rentrer qu'après l'arriyée à 
Paris de son auguste souverain, 

M. Berryer a commencé «on plaidoyer. D a rendu grâces 
à S. M. qui a voulu que la défense fût lihre et publique. Il a 
remercié MM. les pairs des délais accordés à l'accusé. Ces dé- 
lais ont donné aux témoins le temps d'éclaircir les soupçons. 
Plus de crime de préméditation. Il reste à prouver que dans 
la niatinée-du'i49 le maréchal n'a fait que céder à la forcé 
majeure. Le défenseur a rappelé ici la marche rapide de Buo-; 
naparte , le délire de ses partisans , les scènes de Tournus et 
de Màcon. Le maréchal apprend dans la nuit du i3 que Buo- 
naparte est parti de Lyon avec i5,ooo hommes, et qu'il est 
joint successiveme^it par beaucoup de soldats.: Sa ligne de. dé-- 
£en$e n'étoit désormais plus tenable, et il WaVo(t point d'ar— 
tilîerie. A Bourg, le général Gautier avoit été arrêté par se^ 
soldats ; il pouvoit' en arriver autant au maréchal. Dès émiis- 
saires de.Buonaparte circuloient dans le camp, et répandoient 
des affiches. et aes proclamations. On fît voir au maréchal la 
guerre civile, on liii montra des pièces qui sembloient prouver 
que tout étoit concerté avec les puissances étrangères. En li* 
sant la proclamation à ses troupes, le maréchal ne faisoit que 
leur conmiiiniquer l'extrait d'une feuille publique (violens 
murmures), L action du maréchal Ney n'a eu aucune in- 
fluence sur les troupes qui n'auroient pas jvouIu se battra j 




éprend à 
mvoque la con- 
vention du 3 juillet. M. Bellart l'interrompt pour dire qu^ît 
est scandaleux qu'un François accusé invoque une convention' 



( 125 ) 

Signée par des Anglois et des Prussiens. Cette convenlîoû est 
l'ouvrage des étrangers; elk n'a été ni ratifiée , ni approuvée 
par le noi. D'ailleurs, si les défenseurs de l'accusé avaient 
voulu offrir ce moyen comme préjudiciel , ils dévoient, d'à- 

Îrës Farrét dé la chambre, le présenter cumulativement. 
)'aprè8 ces motifs , les commissaires du Roi requièrent que 
par respect pour la dignité nationale , qui seroît blessée en m- 
vomiant un traité conclu avec des révoltés , et que , suivant les 
rèâes de l'instruction criminelle et l'arrêt de la cour , il soit 
^fendu aux défenseurs de faire usaee de la convention dû 
3 juillet. 

M. le chancelier dit qu'il auroit pu s'opposer au dévelop- 
pement d'un moyen qui auroit dû être présenté au commen- 
cement du procès; mais qu'il a cru devoir consulter la cham- 
bre , qui a pensé comme lui qu'on ne pouvoit invoquer une 
• convention a laquelle le Roi est resté si fort étranger , qu'il a 
rendu l'ordonnance du 24 juillet, dans le temps même où 
les troupes des souverains alliés occupoient la capitale; or- 
donnance qui fut contré-signée par le ministre même qui 
ayoit étéprésident de ce qu'on appeloit le gouvernement pro^ 
▼isoire. En conséquence, M. le chancelier interdit aux dé^ 
Censeurs de faire usage de ce moyen. 

M. Dupin ,^ conseil de l'accusé ^ dit que le maréchal n'est 

Îltt€ Fran^if > par le traité du 20 novembre , ^ui a faft passer 
érré^LpuisYsa patrie . soiis une autre dcwnnation^ 
• Le maréchai Ney s'écrife avec véhémente , qu'il est Fran^ 
çois et qu'il mourra tel. Puis il déroule un papier et lit : Juç- 

3u'ici ma défense a paru libre , je m'aperçois (|u'on l'entrave, 
e remercie mes défenseurs de ce qu'ils ont fait et de ce qu'ils 
sont disposés à faire encore; mais j'aime mieux n'être pas du 
tout défendu que de n'avoir qu'un simulacre de défense. Je 
suis accusé contre la foi des traités , et on m'interdit de les 
invoquer. Je fais comme Moreau; j'en appelle à l'Europe et 
à la postérité. 

IML le procureur du Rot dit que si on a-un reproche à faire 
an ministère public , c'est d'avoir trop accorde à l'accusé. Il 
a eu la plus grande latitude dans s^ défense; on lui a accordé 
tous les délais, plus même qu'il n'en avoit demandé; on a 
souffert que les défenseurs étalassent dans cette enceinte des 
maximes bien peu françoises. 

M. le chancelier dit au défenseur qu'il peut continuer son 



( "4 ) 

iilaîdoyer^ en se renfermant dans la question. Le xnaréchti 
défend à ses avocats de parler, puisqu'on refuse d'entendre 
tous ses moyens. ■ , 

Après un moment de silence, et avoir conféré avec les mi- 
nistres, M. le procureur du Roi dit que puisque le maréchal 
persiste et qiie la défense cesse , l'accusation doit cesser ausi^i. 
il ne répondra pas aux arsumens des défenseurs. II lit donc 
son réquisitoire, et demande que )e maréchal Ney, comme 
coupable d'avoir entretenu des intelligences avec Buonaparte, 
de lui avoir livré ses troupes, d'avoir excité plusieurs per- 
sonnes à le reconnoître, et d'avoir trahi le Roi et r£tat, soit 
condamné à la peine capitale , d'après le Code pénal. 

Le maréchal ayant dit n'avoir rien à répondre sur ce réqui;- 
sitoire , on fait sortir l'accusé, les témoins et l'audience, et les 
pairs entrent en délibération à cinq heures. Ils y restent jus*- 
,qu'à onee heures et demie. Alors la séance est redevenue pu-. 
blic^ue. Les défenseurs de l'accusé sont absens. 

M. le chancelier prononce l'arrêt qui porte que Michel Ney 
est convaincu de haute' trahison-,- et qu'il est condamné à Ifi 
peine de mort. Ce jugement ser^^ signifié aux, défenseurs et 
a l'accusé. 

M. Beîlari requiert que le condamné soit déclaré avoif* 
manqué à l'honneur, et né plus faire partie delà légion d'hon- 
neur. M. le eh^ncêlier faisant droit au réquisitoire, déclare 
en effet due Ney ne &it plus partie de la légion.., 

Le 6 aécemprei à cinq heures du soir, leiiiaréchA]JVey».au 
sortir de l'audience , a été reconduit à sa chambre. Après s'êtrp 
promené quelque temps., l'air agité, il s'est mis à table, et a 
diné. Pendant son repas, il s'est aperçu qu'un couteau, placé 
près de lui , fixoit les regards <^es personnes qui l'entouroient., 
et il l'a jeté à quelques pas , en disant : Je ne crains pc^ la 
mort. Il s'est ensuite cbuché, et a dormi plus de deux heures. 

Il étoit plus d'une heure du matin quand M. Cauchy , se- 
crétaire de la chambre des pairs , est venu lui lire son arrêt. 
Le .maréchar s'y attendoit, et a paru écouter avec -calme. 
Après avoir rempli un triste ministère, lui a dit M. Cauchy, 
flsérai-je vaus parler d'autres objets? M, le curé de Saipt-r 
Sulpiçe est ici; il vient vous offrir les consolations de. la reli- 
gion. Elles pourront adoucir la rigueur de votre situation. 

Le maréchal avoit en ce moment assec de monde dans s^ 
chambre, et, n'accueillit pas alors la proposition de M» Cau* 



( 125 ) 

chy ; mais ane heure Éipres il a de lui-même appela M. De-^. 
pierre, qui ëtoit reste constamment au Luxembourg; ils ont 
passé ensemble près d'une heure et demie. Le n^aréchal avoit 
été élevé dans des sentimens religieux. Il' savoit plusieurs 

Îirières par cœur. A la fin de la confession , il a pris , suivant 
*usage de 1* Allemagne j la main du- curé pour fa baiser. Le 
curé se jetant dans ses bras, Ta embrasse de Ir manière la' 

Elus affectueuse. Ils sont restés encore quelque temps ensem-* 
le à s'entretenir d'objets de religion, t^'est alors que le ma- 
réchal a dit à M. Dëpierre : Monsiem* le Curé, j'ai besoin de 
prières {faites dire, ie vous pfie, des messes pour moi, et le 
plutôt possible; et il mi a en même temps dotfné une somme , 
tant pour cet objet que pour les pauvres. 

Le maréchal a vu ensuite sa famille; à huit heures un vé- 
téran a été prendre un fiacre à la place Satnt*Michel. Le mA- ^ 
réchal j est monté un peu avimt neuf heures, après avoir 
fait monter avant lui M. le curé de Saint-Sulpice , qu'il avoit 
désiré revoir dans ce moment suprêsœ , et qui , pendant la 
route, lui a suggéré les réflexions les plus analogues à sa si-- 
taation. La voitnre, aprèa avoir traversé le jardin du Luxenl- 
bourg, s'est arrêtée au bout de la nouvelle aveime, en dehors 
de la grille qui est vUi^Jirvis l'Observatoire. Il n'y avoit la 
que plusieurs détachemefns: r ' 

La voiture a^étant arrêtée, le maréchal a embrassé son con^ 
fesseur , et lui â tremis une tabatière d W qu'il l'a charg;é de 
porter a sa fémoie. Il est descendu, 9^ niardiéi}'uu pa$ ^rnie 
au lieu de Tei^éeution, et a lui-^uên^e comiii^ndé la décharge 
d'une voix assurée. Des vétérans étoient chargés de l'exécudon^ 
Ainsi a péri an milieu de sa carrièra nn nomme- coupable 
d'une grande faute. On a été étoitné que mieux ipspiré par 
lui-même ou mieiix conseillé par ses amis, il n'ait pas re-» 
connu plus noblement ses torts , et qu'il ait cherché , pendant . 
un mois, à cbicauer avec la justice et à marchander sa vie. 
La veille de sa mort eacore, il a joué un peu la comédie 
en appelant k la postérité dont le jugement est déjà prononcé 
sur lui , et en feignant qu^on entravoit sa défense , quand il 
n^avoit plu^ rien à dire pour sa jv^stification. Elspérous du 
moins que la voix de la religion , si:pu«$8aute daus ces derniers 
luomens ^ u'aiira pas inutilement retenti au fond «le son cœur^ 
H puisse le saerince de aa vie avofîr etpié ce que T}ien et lef 
immmes avoient à lui reprochai* l 



( «6 ) 

Ce <{m a rendu la dernière séance de la clian^e des pairs 
si longue, le 6 au soir, c'est qu'il y a eu cinq appels nomi- 
naux sur les diffiérentes questions posées. Le demjer appel , 
relatif à la peine , a présenté 140 voix pour la mort et 12 pour 
la déportation. Le nombre des votans étoit de 161 ^ mais il y 
avoit quelques réductions à faire , à raison de parenté entre 
quelques-uns des pairs. 

CHAMBRE DES DEPUTES. 

Dans la séanoe du 4^ dont nous avons déjà parlé, on a 
adopté la loi sur les cours prevotales. Le résultat du scrutin 
a donné 290 boules blanches et i3 noires. 

Le lendemain il n'y a point eu de séance publioue ni de 
comité secret. Les membres se sont réunis dans les bureaux. 

La chainbre a nommé plusieurs commissions composées 
chacune de ïuf^£ membres ; la première pour Texamen des 
pétitions ; la deuxième pour TexanAen du projet de loi relatif 
aux cantons df Monlbelliard et d'Audincourt ; la troisième 
sur celui relatif aux dettes des colons', et la quatrième sur ce- 
lui portant si||»pression des siÀstituts des procureurs-géné« 
raux. ^ 

Dans Ja sëanojç 4^ ^» 1^ rapporteur de la commissioii chargée de 
reiamen àù projti4e lo| rdaîpr au surfis accordé aox àoloQS de&iinir 
Domingue, fait CjH^n^ltre^ Favis de la commission y qvi esl pour Ua* 
doption dui projet. /^ . , . ...» ' , 

A dent heures, ions les nunîsUes sont, iatroduits, L^attention pu^ 
blique, puissammeM excilée par ceue démarche, l'a été eacore plus 
par ut) éloanent distoors de M. le duc de Richelieu, qui a fait sentir 
le besoin de mestî'ffis fermes, et qui en a nàoQtré TeMcacité par de 

frands exemples |^if dans notre propre histoire, et donnés par 
(enrî IV lui-même^ ^ous ferons connoîire ce discours. ,l^ous devons 
^Dous borner aujourd'hui ai| projet de loi présenté par le.mioi.sU'e. 11 
. est ainsi conçu : 1. Aipnisiie pleine et entière est accordée. a tous ceux 
qui directement ou iii4i*'^ctement ont pris part à la rébellion et à 
rusnrpation de Buonaparte, sauï les exceptions ci^aprà». a. L'or-- 
donnance du 34 juillet con^i^èra d'éire exécutée à Tégard de tous 
les individus compris dans Part. 1*'. de ladite ordontumce. à. Les 
individus cbmpris dans Tart. a de ladite ordonnance sortiront ^c . 
France dans les deux mois qui suivront la promulgation de la pré- 
sente. 4* Tous les membres et alliés de la famille Bnonaparte, jus- 
qu'au degré d'oncle et de neveu inclusivement, seront exclus à per- 
f»étuité du royaume, ft sont tenus d'en sortir dans le délai d'un 
^ois, sous la peine portée par l'art. 91 du Code pénal. Ils ne pour- 



(' aa? ) 

rent y jouir d^aueua droit cÎTil et y pMséW ftoams biens, Utrfs. 
rentes et pensions,' et ils seront tenus de rendre, dans le délai de sis 
in ois, les biens de toute nature qu^ils poss^doieùt. 5. La présente am^ 
nisGe ti^ést pas applicable à locrtes les personnes contre lesquelles ont 
été diriges des poursuites ou sont intervenus des iuf^mens avani la 

t»romolgation de la présente loi. Ces poursuites seront continuées et 
es îugemens exécutés conformément aux lois. 6, IHe sont point com- 




méoaent aux lois. 

Cette lecture finie , totite rassemblée sic levant à la fois a fait retentir 
la saUe du cri répété de A^iVe le Roi, * 



Extrait d'une letti^ de M, Benoit^ Joseph Flagety évéque de 
Bardstown, dan» les Etats- Unis, à un de ses amis à 
Paris., 

, ^ Grayson County, 31 janvier i8i 5. 

. Depuis mon retour en Amérique, mon cher, je vous ai écrit plusieurs 
fbts, soitde Baltimore, soit dn-Kentockey; mais je n^ai jamais reçu de 
réponse,, et peut-être aussi n^avez-vons pas reçu mes lettres. Yous de- 
mies avoir appris néanmbins que. dès les premiers jours de mon arrivée 
dans mon diocèse, mon séminaire, composé de trois jeunes François, 
dont un sous- diacre, çommejaça a 4tre en exercice. Quelques jeunes 
§ens du. pays s'y sont joints dans la suite. 11 y en a qui se sont re- 
tirés peu après ; mais d^autres plus constans, on mieux appelés, y 
sont encore , et mv donnent beaucoup de satisfaction. Quatre d'enlrVos 
ont reçu bi îôn^ore Tannée passée, et trois on quatre autres la recevront 
dans le cours da( carême. Tout cela va lentement, parce qu^ilfaut com- 
xnraoer par les pÉremiers élémens, et puis parce qnt la vocation k Vécat 
epcUsiastique est une cbos4$ absolument nouvelle en ce pays. Les courses' 
considéralnes que nous sommes obligés de faire, les privations de toute 
^^pèce qui accompagnent nos fonctions,^ l'éxtréme diâiculté d'obtenir 
du peuple quelque secours, repoussent les jeunes gens; et comme 
il y. a peu de pays au monde où il y ait plus de facilité de gagner de 
l'argent , on SfC tourne plutôt du côté de la fortune que vers un état où 
l'on ilVnTisage que la pauvreté et le travail. J'espère cependant que' 
lorsque j?acrraf\pu ocdonner trois ou quatre jeunes g#ns dn pays, le 
^crme de la .To(6ation s'y développefa. 

J'ai été menacé de perdre M. David, qu'il étoit question de rappeler 
à Baltimore.. Mais 'fsX représenté le besoin que i'avois de ce digne ec- 
clésiastique pour. mon sâninaire.' Il en est le supérieur, et en m^lme 
temM curé de la paroisse. Celte école seroit tombée s'il l'avoit quittée , 
et il l'a mise sur le meilleur pied. En été, les jeunes gens se lèvent à 
quatre heures et demie. Ils ont trois quarts d'heure de méditation ,'puis 
assistent à la messe. Les études Ou les classes vont jusqu'à sept heures 
e^ danle. Al^t on sonne la déjeuner , qui consista <é un verra de 



( ^=^8 ) 

lait et du patn 6e maïs. Les études ou les clasMê reoQVM«iiceHt àpréc 
A midi, le dîner, pendant lequel on lit quelques bons livres. Au lièudi 
la rëcréalioD , nous avons introduit Touvrage des mains pendant trois 
heures et demie. Ces jeunes gens s^y livrent avec zélé; les uns tra- 
vaillent au jardin^ les autres abattent des arbres, les éauaris»eot et 
les scient en planches. 11 semble qu^ils niaient fait que ce mëlier tonte 
leur vie. Ils m^oni élevé à eux seuls une maison de trente pieds de long» 
dont ils ont fait tous les bardeaux, les planchers, les portes et les fe- 
nêtres. Les classes, la lecture et les prières se succèdent jusqu'au sou- 
per, où on leur donne une tasse de sassafra, un peu de beurre, deux 
cuiilcréfs de pommes sèches bouillies , avec du pain de ttiaïs. Je me 
trouve lOQJoni's i la récréation du soir, auand je suis sur les lieux. 
On lit quelques passages des Lettres édifiantes, et M. T)avid et moi 
nous lâchons d^égft^er la conversation tout en instruisant ces jeunes 
een8< Le séminaire est fort pauvre. Mais plusieurs terres censidm- 
hk^ qui sont Aiijourd^iii de neo de valeur, en acquerront par la sùKe. 
Elles reposent sur ma lèie, efc je compte en assigner quelques-unes pour 
soutenir cet établisse hnen t. 

M. Ghabrat, que j'ai emmené de France^ est entièrement consuçré 
à roM«vi«; des mistions. Ses courses sont si longues et si multipliées que 
ce nVst f^nère que Ions les qoinsc jours qu*il tient se reposer aU sémr- 
naire, ou il me comble de joie en me racontant, J^vec autatit de si»- 
pliciié que. de gaieté^ les grands biens que Dîpu opère par son minis- 
tère. QiiM) y ait des prêtres parmi nous employés aux missions, cVsf 
Tesprii de noire fondateur. Feu M. Emery a voit en Tinténtion d'établir 
un noyau de mission ches ks Ulinofs. Ce fut pour cela quNl m'y en- 
voya av<c IMM. Levadoux et Richard, et il fut fâché qu'Oii mVfit 
fait revenir à Baltimore. Me voilà aujourd'hui év^ne de tons \es pityi 
qu'il avoit en vue. Moti diocèse va même s'étendre (usqu'î la mer Pa- 
risque, et comprendra d'innombrable» peuplades de sanva^es qui ha-* 
biieni ks bords du Misscniyy et ceux de la Columfoia. Le gouvernetir 
Clarkc, av(M: lequel je suis lié depuis phi< de vingt ans , m'^a parlé sou' 
. vent de ces peuples, qui l'ont bien accueilli dans soft voyage, et qu'1 
a trouvés doux et humains. Il m'a inspiré on grand désit d'ailer les vi- 
siter, et d'y pr4cher la foi; mais mes fonctions ici, etencore f^us' 
mon âge, se rt^fosent à tin pareil ministère. Pourquoi ne se tronteH-K 
]ias des prêtres jcuneaei xéles pour entreprendre le défrichement de «s 
"Vastes Cimti'éis? C'est d'£f»rope que je les attends < Le malheur est, 
qu'avec un diocèse presque aussi étendu que l'Europe, jesitisleplns 
pauvre de totts les évêqiiqs. Je suis abs<Jament hont d'état de payer le 
voyage drs missionnaires qui voudroient nous veAir aider. Je eoifl{'te 
sur vos secours et votre Eele. Vous examinerei ce que vous ponvfi 
faire , non poor moi , mais pour tant d'ames qbi se perdentv Je vont 
ai exposé nos besoins. Ce que )«• voudrois surtout en ce morsifirt , 
«.'est un second pr/*tre pour aider M. David Nous mandions ai«si <1e 
livres. Enfin si vous pouviez me faire passer quelques tabreanx depictr'^ 
ce scroit tin ornement pour nos pauvres églises. 

Vous connoissez , monsieur et ami, les seniioiens avoc Ifsqttcls j* 
sui» biçn.sincèiKmeut, 

t Benoît- Joseph , cvéquc de BurJstown. 



(ÊTèreredi iÔ décembre i3iê.) (N^, i^^o.) 



Fies des justes d4ns la profis^siçn dés àmtes (i)^ 

Fiés des justes dans les plus humbles çoi^itionfi de Uà 
société (a). 

Tdlie^ est la' folMessè litunainé que noua arvçp^ bésoiol 
3'exemples pour nous ûider a marcher dans le séatier 
de la vertu. Où se dédouragcnroit aiséxuent si ou $â trou- 
Voît engagé seul dans cette route âpre. Là presencef dé 
voyageurs fermés et déteriflinës qui lapaf Courent ayetf 
nous , est un stimulant qui nous empêche de nous aper« 
ce voir de lalongueur et de la d&iticulté desixf^mins^ et 
bous suivons leurs tracés arvec plus de Confiance qpan4 
Dobs lés voyons courir <f ua pà^s assuré^ sads s^étxnjbàr^ 
fassér dés obstacle*». C est dùnô par tiné singiitiéra^ 
disposition de la Providence , qu'il n'est point d^ 
conditions dans la société qui né nops o^ren^t $es jwh 
dèles. La vertu a brilla sur le tréné comme 4&6à If 
cabane^ au milieu du moïK^e et dam la sôfifu<le^ datis 
les grands emplois commfe dans lés éonditions obs-* 
éures^ àm^ les camps ménpce et parmi )é tumi|ilte def " 
€x>mbats. Ainsi cbaéUn trouve dans le radg pu tUfvL 
Y ai placé des encouragengfens et des exemples^ et les 
positions les plus dtOiciles pr^séutem de> s^éours pra; 

, ' : 1 rrr-f^. r. U, 

de port. 

(2) Uh vol. io^i2j prtZi ^ fr. Sacéajt.d^t 3/r. 2,5 c^t. ^ranc 

•4e port, r • I • 

AYersaiIW^cK«zLeBel^etàPari«,eliéflr AdnèsLifClm^ 
TomejTjf.L'^midetaK^ligiùnetduRoié l ^ 



_ ( '3^) _ 

portionnés. Lliîstoire des saÎDt&du eliristîanî^mc coB- 
firmeroit abondamment celte vérité consolœie. Tous 
les états y ont fourni des héros ^ qui se âont distin- 
gués par les plus hautes vertus ^ et qui ont combatta 
si vaillamment dans cette milice sainte qu'ils ont rem- 
porté la palme du triomphe; et le sete le plus fdi- 
hle comme Tâge le jplus tendre ont pris part à ces 
combats y et ont mérité par leiir courage et leurs ex- 
ploits d'obtenir aussi la récompensé immorteU<e pro- 
mise par celui dont la parole ne trompe^ jamiais. 

L'éditeur des deux ouvrages que nous annonçons, 
avoit publié un livre du même genre dans lequel il 
présentoît des modèles à la jeuness^^ et nous ren- 
dîmes compte, il y a peu de temps , de ceue" pro- 
duction de son zèle. Aujolird'hui nous avbns à pan- 
ier de-detUL volumes qui se rapportent au même but, 
-M. Fabbé Çarron; car pourquoi ne nommerions-nous 
pas ce respectable écriyain? M. l'abbé Carron, fOH* 

ëuîrs oc<îupé dt ce qui peut intéresser le service de 
îéu et le salut des aiiM^s^ a^ réuni dans ce» deux vo- 
lumes les vies dé i^usieurs'' pén^dtfn^lés 'xjpiï ^*§6nt 
sancti^és dans des conditions diverses. Dans l'ui)^ il 
pous montre des gens pauvres, des laboureurs, des 
hospitalières ennoblissant leurs travaux par l'esprit de 
piété, de soumission et de charité. Dans l'autre, il 
çious fait voir des guerriers honoranjt, par l'esprit de 
religion, la profession là plus exposée aux dangers 
du mauvais exémpfe. Ce»dernier ouvrage contient les 
^es de onze militaires, dont plusieurs sont déjà cé- 
lèbres dans nos annales, et dont les autres méritoient 
àiissi d'être connu^et célébrés. Ils appartiennent pres- 
qtie.tpus à des famiU«rdistinguées pi»r leur naîssaoce; 
laaiâ iU se distioguèreni encore mieux par 4'éolataiites 



qi]^îtés. Ils sont pre^qe tous Fr£U(iç.ois^:et doiveiit^ 
sou» ce rapport, nou^ intéresser davantage. Honneur, 
doqc 9U zèle éclairé de réditeur, qui sert si .bien, à la 
fois et la religion et son pays , en rappelant les guer-^ 
riers at^^ devoirs qu'ils ont à renupJir et comme chré- 
tien$ et comme François y et en leur montrant dans 
leurs généreux devanciers les modèles de riiouneun 
véritable et de la vertu sans tache! Liés portraits s^ 
parés qu a réuois ici M. l'abbé Carron ne seront sà^ 
rement pas sans etfejt, aujourd'hui que tout proclame 
Idt nécessité du retour à d^s idées plus justes et plus 
s<'ÛQes. Nous pourrons une auti^e fois détacher un de 
ces tableaux ^ et donner une notice succincte ^r ua 
serviteur zéié de son Aoi.,. dont M. Carron nous fait 
connottre les I^ljbs .qualités. 



Zp; hàsj^ de& Sociétés ciriics et des Gqu\fememens , ou 
^ï Espoir des François fidèles à leur Religion été 
JeMT ^$ot^«rr^f p(f^'J^* Ï'^M d^ Bréard de^Neu-* 

t;; ville (;i} : in^t?MK^eA,Augsbourg en i8o i. 

Pans uns temps où le vulgaire des écriyaios étoit 
emporté par le torrent des nouvelles opinions, et ou 
la souveraineté; du peuple , consacrée cqmpie prin-- 
cipe, eu trainoit après elle cette foule de conséquences 
quç la raison auroit pu prévoir, mais qu'une terrible 
ç:(périence a démontrées encore mieUx être plps dao^ 
gereuses enqore qu'absurde§; lorsque la France, flot;;: 
tam entre le despotisme ^t l'anarchie, n'éyitoit' un 



(r) Un vol. in-f 2 j prix j % fr. et 3 fr. franc de port. A Pari», 
au bufiiilitt 4u JouTOfu. . 

■ . ' I. a • ■ ' 



précipice qnç pour tomber dans im,atitr£r^ et qûVgâf 
ree pafr dés pubiicî^tes îgnorans, elle cherdboit à-cou-^ 
Trir ses erreurs par de pompeuses théories y essayoit 
chaque aanée de cpustitutious nouTeUes ^ et expioh 
ees essaû jotalheareux par des àgitatious toujours re- 
aais^ntes et par des désordres prolongés, il etoit 
digue d'un François ami de son pay», de travailler à 
fonder la société .sur des bases plus fermes et plu» 
si^s, et de montrer le vice radical de ces principe» 
prétendus constitutifs qnWoît rêvés la philçsopiiie. 
C'esl*là proprement lé bot de M. l'abbe de Bréaid 
daqs ce court volume, qui est plein de substance, et 
qui pamh être le fruit de longues méditations. Un 
aperçu rapide de son plan et de Texéculton de ce 
plau^, ne sauroit maùquer d'intéresser les lecteurs, qui 
connoissent tonte l'étendue de la. contagion des maxi-' 
lues révolutionnaires. 




abandonné à lui-même après Favoir créé, n'eût ja 
inais çu Fidee ni senti les besoins de s'associer, il e» 
auroit encore moins eu tes moyens. Diroitron qu'ui> 
homme de génie s'éleva à la hauteur de Fétat social, 
ou des .connoissances et des moyens nécessaires pour* 
le créer, et qu'il en fit connoitre et d^irer lés avan- 
tages? llfàudroit' prouver son existence et ses œuvres, 
et ouand on pourroit s'en dispeofseF, il fandroit encore 
expliquer comment les autres Pauroient tous compris 
sfBins langue , comment il Icrrr auroit appris à tous cell9 
g^'A A^'^W^ Wveiuça , ou oouuïieut \I^ ^urqiçj^tt ipim 
et en mcmeteçups inventé la 'n^êmâ langm»; jte. (^utf 



( .'155 ) 
por^dne n^a'ettcere tenté dV^xpliqûer^ pat'ce qvie lotit 
cela est évidemment inexplicable. 

Quand il en^serôit àutrenient^ il ne s^eosmyroit pas 
que le droit de commander et le devèit-d obéit né 
dussent pa» ém^iér immédiaiement de Dieu, commç 
iont pensé totfs le» législateurs et tous les p^eupleiii 
Pour expliquer les sociétés civiles el le pouvoir ^u- 
veraiû , sans lequel elles ne peuvent subsister^ il faut . 
donc nécessairement attact>er lo premier anneau de 
la chaîne sociale au trôiie de rEiemel ; et il ne suffit 
pas^ def dire qu'il en fut Tauieur^ comme^ auteur d'une 
raison qui est la manifeslaûon de sa volonté ; il dut 
encore le reconnoltre comoM auteur et chef suprême 
de toute société.,... 

M. labbé de Bréard examine ici la souveraîneCi^ 
en publiciste éclairé du double flambeau de la raison 
et de la foi* Il en trouve la p^ection dans le g6u*« 
vcrnement d'un seUl; prouve ensuite qu'une reli^- 
gion 4îvine, ee&t-i-dire, révélée ou réputée telle, 

}>eut seule faire observer lea.lois^ et, produire toutes 
es âcïiôds'clout là' société a besoin , et il établit l'in- 
suffisance dé tout autre ressort y tels .que la force ou 
les chatéoiensy les disû»étiooSy TaB^iOur de Tordis et 
du bien public, la considératio»^ Vhonneur, Tintéret 
personnel, 04 ime religion sociale ou eivilè. Il faut, 
dii*ii; que U rdig^n décide tout ce qui peut être 
nûs enqHeslioa sur lies devoirs sociaux.;: au^emeot lès 
devoirs 3ooiau«,; soulnis àuxi raieêunemens de l'intérêt 
étdes passious> seroienides devoirs arbtirairefb Sous 
la révobtion on à ioutilemeot tenté de détruire la re- 
ligion chf éiîenne, et oa & été réduit à ||puvecner par 
raibéismé un pèttplé qu'on n'avolt pu fëire atbeev La. 
révolutioi^ apprendra d<!Mac quTl est impossible de gou^ 



( '34) , .^ ^ 
Terner Sans religion^ ou par de^ religioûs phîloso- 
phiaues. 

Cnacqiie des absurdes constitutions qu'on a essayé 

• *de donner à la France , dit le sage auteur^ a confim^é 
rimpossibilité où ëtoîent ces rêveries politiques de se 
soutenir. D'autres événemens, certainement très-pro- 
cbains^ adieveront de démontrer qu^un consulat ne^ 
peut. pas plus gouverner la France qu'un directoire, 
et que la France chrétienne ne peut être régie que 
par un souverain légitime , et chrétien comme elle. 

:Ëlle sentira que son souverain légitime peut seul désar- 
mer ses ennemis et calmer ses agitations intestines. 
Buonaparte a promis cette naix qui peut seule pro- 
longer son existence; mais il la demande inutileiçent 
à l'Europe , qui -ne peut ni ne doit la lui donner.^ 11 

:|iourra forcer quelques puissances à la lui demander 
elles-înémes ; mais de nouveaux ennemis suçc<^erqbt 
toujours à ceux qu'il aitra épuisés, jusqu'à ce quîï ait 
tout'deiruit ou quSl soit détruit lui-même. *. A cette 
nuit affreuse, dont tant de crimes et ^èHÛiSS^kMi bnt 
percé les ténèbres,, succéderont les jours heureux des 
règnes de Charles VII et de Henri IV. Un peuple 
chrétien renaîtra d'un peuple philosophe. Les triom- 
phes de nos persécuteurs auront moins étoniié que la 

. chute qui doit les vouer à l'exécration des siècles 

Il ne (tuai pas perdre de vue. que M. Fabibé de 

^Bréard écri voit tout ceci en i8oi. C'est cette année 

:là (Jue son livre fut imprimé à Augsbourg. Il y s^voit 
quelque mérite ^forsr 4 jugei' aussi sagement. le pré- 
sent, et à prévoir aussi bien l'avenir. L'auteur ne. se 
laissa aveugler ni par de pompeuses apparences, ni 
. .par d'éblouissans succès. La réflexjion lui fit sentir 
quelle dcvoit être la brièveté de cette prospérité. Nous 



( ,55 ) 
ne sommes donc point surpris que son ouvrage ait pro- 
duit alors une assez grande sensation ^ et que des pei^* 
sonnes distinguées par leur rang et leur espjât en àient^ 
félicité l'auteur. Des écrivains allemands même vantè- 
rent cette production comme un antidote contre les 
principes révolutiontiàires^ qui chercfaoient aussi à se 
propager en ce pays. Aussi ^ quoique cet écrit ne soit 
pas nouveau, nous n'hésitons pas à te i;ecomiiiander 
encore; car nous ne savons que trop qu'il y a encore 
des hommes que le passé n'a pas corrigés , et pour 
ceux-'là il sera hon de leur remettre sous les yeux le« 
tristes résultats de ces théories, qui ne sont pourtant 
plus spécieuses, et le spectacle de ce naufrage, qui a 
failli nous engloutir fous. Quand on n'a pas eu assez 
dé sagacité pour lire dans l'avenir, il faut au moins 
avoir assez de honne foi pour interroger le passé, et 
pour se rendre aux leçons qu'il donne quand elles sont 
Btgfisi fortes et aussi terribles. 

11 ne reste de cet ouvrage qu'un trés*petit libmbre 
.d'€ ■ 



Nouvelles ECCLÉsiASTiQt7i:s. 

Rome. Les Pères de la compagnie de Jésus ont célé- 
Wé avec solennité, dans l'église de Saint-André du Qui* 
rînal, la ftle de saint Stanislas Kolska, qui avoit été 
élevé dans cette maison , et qui y a donné de si beaux 
ëxeâiples de sainteté. M. Menocjito , sacriste de S. 8. 
officièif^ S. M^ le roi Charles-Emmanuel IV a assisté i 
toute la cérémonie. 

•^ Les cardinaux Pacca^ Galeffi et Saluzzo sont de 



' ( i56 ) 
retoof d^itt-Gtlte capitale, ainsi que l€»,préIato.Moroaw«i 
(ftiPedicini* 

Ml. Biùûub continaa d'être vkUée par un gi^bd nom^ . 
lir« d'étraugors et suriotit d^Anglois* Ptusteuis de oebx-ci 
foht adniif à «àloer lesaiol Père» dont la constaiite Tertio 
«t led longue dis^âpes ]fi reudept i'pbjet 4e leur admi* 
irationr '^ 

pÀtii^. Oh a dftyémttqucrr , il y ttâéji longtiemps , dans 
rhistoira de iiofre rëvoluticm , qoe les personnes' les ploa 
^ttaohëas ^ la reiigi^ai étoiént aussi les plus dévouées à 
)» caaae rpyale, sans doute parca (}ua la j^'éxé est amie 
de la lëgitimité» et qUe quiconque conçoit bien les règles 
dttt cbrîstianisine y sait à quoi elles obligent envers l'an-» 
torité du prjpce, Ceux qui se suul Uh un devoir et une 
iiabifude de l^obëissancë et dé la sounuViuii, u'ont pas 
de pane i appliquer ce |>rincipe lorsque l'occasion Veh 
présente. Cest appàr^^tnineht par la raii>on contraire; 
qOe l'on a va un% cortaitie classe de gens montrer dana 
les dernières çirconMancea une affeciion singulière potii» 

J'muj^t^r» pesanf^ua indocik's de l'flgliseont n^oina 
le çbemm k faire jppur frondor fes lois dtt,?ouYej!.\^^|, 
Leur esprit d^ taquinerie et d'opposition les porte, asseis 
itaturellemeat à ne pas plus naenàgev une autorité que 
Vautre , et quand on s'est accoutu^ié à déclainer contre. 
pelle->ci , on est bien près de secouer celle-là « 

-— -IiOs religieux Trapistes, établis au monastère du 
Port-durSa|ut,prè»Layalj vojenl leur établissement se 
consolider de ptus en plus, Ile n'étoient dans Forigine 
que quatorze; aujourd^iui ils sont dix-huit^ jdont cinq 
prétreSf On attend encoi-e plusieurs sujets, tant anciens 
religiéun; que laïques | qui d<âmaridént à se joindre ^ 
etîx. Tôi|t le pajs environnant ,se leiiciCe de posiséder 
des h5tesisi estimables, et qui répandent ah loin la benne 
odeur de Jésus-Christ. Leur pauvrelé est grande; inais 
iJ&U ft^pportefit avec résignation. Ou noas cJjarge d'à»-» 




C i57 > 
iU)ncerqa'Us ne pieuvcnt v-eceroirl^ lettre ûonafltaiH 

chiei), et qu'ils Hupplient les persoiiaes qui leur écrivent 
de ne pas les charger d'une dépense qui est au-dessut 
de lears Facultés.. 



Paris, M- le préfet 4e U Seine a nommé une commission 
chargée de veiller à l*acffuittement des dettes de la ville de 
Paris pendant le séjour acs troupes alliées, et de diriger les 
opérations financières aoi doivent conduire à ce résultat. 

— - L'ass9$sin de« deux .ecclé^iastiq^ues d<$ Condrieux , k, U 
poursuite duque] on éjtoit dépuis trois mois > avoit .été arrêté 
en Provence; mais il est parvenu à blesser la personne qu{ 
s'étpit saisi de \vtiy et s'est échappé. Il s'est réuni a quatre 
indit^idus armés avec lesmiels il rode, Tous quatre sont eit 
htiAt miKiafre. Son complice a été arrête dans le Dauphiné^ 
et est àkùs ce moment dans les prisons de Montbn^on, 

r-^ Mr. jle.duç d'Ançpwlême, partit.de Toulouse, le 4 ^-^ 
cémhre ^^qur visiter M<mtaul»an et Cahors. B dey^ît y reye-r 
nir le '6. Les T^a^nlousains ne peuvent se l^sîer de voir en 
prince , et de hu témoigner leur attacnement et leur reepect.' 

4- On a reçu de« nouvelles dff rarrivéé de Boanaparte k 
f Ue Sfti^te^Hâene , à ia mi-oeti^Nre. Oa dit qu'il avoit éta 
d'aasez bônoe humeur pendalit |a tr»versée; mais qu'il s^ei^ 
montré assez mécontent quand il a vu It Ucfia ou il d«it rési-i 
dçr j q^i eM'le 50n3u1iet.de la u^ontQ^nç où habite le gouver* 
nettr. Ses co^jLpagnons de voyage étoiênt fatigués, et on s'at-? 
tendoit que plusieurs demanderoient eu risvenir en Europe. 

— Le OT^artier-généràl du «aréchal BluChér a été dissons 
à Aîx^a-Ckapetie, et Fpn a donné de nouveaux ordres au|t 
corps , qui étoient restés en Fran^ , pour hâter leur retour. 
Cetlè m^mre a été prise tér la nouvelle qu'on a reçue que le 
&01 de France avoit donné ordre aux càoMaMnd^ns des forte«t 
ressea dé le4 rémeitrè aux éirapgcrs. 

MT ][^s troupes an|;loise$ ettiauevriennes, qui occjiftoieiil 



ri38 ) 

. les environs de Paris,' yiennent toutes de partir pour les frou* 
tiëres. 

— Par un traite, conclu à Paris, le 5 novembre dernier, 
entre l'Angleterre et la Russie , les sept iles Ioniennes forme— 
ront, sous la protection de la première de ces puissances, un 
Etat sépare, libre et indépendant. On donnera au pays une 
constitution nouvelle; L'An||;leterre y entretiendra un com- 
missaire , et les forces militaires du pays seront sous les ordres 
d'un général an^ois. . 



chaai'bre des pair^. 

Dans la séance du 9 décembre , le ministre de la guerre a 
.présenté à la chambre le pKo}et de loi sur les cours prev^ 
taies. Le ministre établit que la chartre constitutionnelle , dans 
l'article même oit elle interdit l'érectioil de toutes commisisions 
et tribunaux extrsiordinaires , a déclaré expressément ^ue les 
juridictions prevotales pourront être rétablies si les circona-* 
tances lès font regarder comme nécessaires. 
' « A répoque oii cet acte précieux nous fut donné , conthiae 
M. le duc de Feltre , person^ n'aurojt pu croire que cette dift- 
posit^ç dût recevoir une. application si ^^ocbaioe., .. - 

H Aptes vingt aos ^eiforl» îttoiris , d« ioufi^aatercrinilM , 

. la France re^posoit sous le gouvernement le jilit» ûhtitt , te n|as 

régulier ; les hèns citoyens ne songeoient qu à réparer les mets 

de nos désastres; l'industrie, libre de toote^ entrave , preooît 

un essor étonnant , etc. 

« » Malheureusement, des sëntimens méprisables excitent 
qnelquefois une activité extraordinaire dans ces cœurs avilis, 
qui préfèrent ïétir fortune à leur patrie, et à qui Pordre et la 
paix s<^t odieux^ et notre destinée a voulu que ceux qui étoient 
^nifi^és de ces sinistres passions, 'l'emportasseiit. un instant sut 
rimmense majorité de 4a, nation. 

«» Des suggestions perfides , des bruits absurdes ont prëj^rë 
les voies : l'homnoBe qui avoit usurpé le pouvoir a paru ino- 
pinément pour le ressaisir, et le court espace de quelques se» 
maines a vu naître des maux que des siècles entiers répmeront 
âpeioi?. . ... . ' 



( i59 ) 

" «1)e ces maux, le plus grand peut-être a iié le reVeil ie 
toutes le$ passions , de toutes les haines. Les temps les plus af- 
freux de la révolution ont ^mblé renaître ; et si le prompt re- 
tour du souverain n'a pas laisse le temps d'en renouveler tous 

. les forfaits , il n'a pu cependant en étemdre toutes les haines. 
Du sang a été versé dans plusieurs provinces; Taction des lois 
lès plus bienfaisantes a été interrompue; le monarque a été, 
pour ainsi dire, insulté dans son propre palais ». 

De ces considérations générales, le ministre passe à des 
considérations particulières qui militent en faveur du projet 
de loi. Les deux chambre^ , l'une en réclamant , l'autre en 
adoptant le préambule du projet de loi sur les actes séditieux , 
ont, pour ainsi dire, adopté d'avance k création des cours 
pre fatales. 

5. M^, pour jprévenin. les inconvéniens de cette juridic- 
tion, a voulu que l'on ^tt les plus grande' précautions dans 
son organisation. Si la force des circonstances a obligé d'en 
étendre la compétence , on ne leur a soumis aue les actes sé- 
ditieux, qui, jAr la violence ^ont ils sont accompagnés , ou 
par leurs conséquences et par leur publicité , se pretetit à une 
instruction sommaire» 
'Le projet^ rédigé d*aprës ces principes et porté à la cham- 

'ike des députés , a éprouvé quelques modifications auxquelles 
S. M. a donné son assentiment y parce qu'elles tendaient à rett- 

, ént^mtkmsoîkstfi te 8oiii.que jl on veut prendre de^ne jamais 
compromettre rinàoeence. ^ 

Après ce* disc€Hirs> M. le duc de Feltre donne lecture du 
projet, et le dépose sur le bureau. . 



CHAMBRE DES DEP17TE8. , , 

Yoici îe discours prononcé par M. le duc de Richelieu, 
dans la séance du 8^ et que. noiis fi'awns pu ittsérer dans notre 
damier numéro. 

«llfesisieurs, un grand exemple d'une juste sévérité vienf 
d'être donne; les tribunaux sont chargés de suivre le cours de 
-Itf justice conti<e ceux qui leur Ont été renvoyés par l'art i*'. 
de rordotanaace Hu a4 juillet; et, s'il est des prévent» qui 



< i4o ) 

te soient SérAés aux poursuites « le jugement par coiitn-» 

inace qui sera prononce servira d'exemple , en attendant le 
châtiment. ' 

» Mais , a la suite de la plu9 violente commotion qui ait 
ébranlé un Etat, le gouyemement a du prendre d'autres me- 
sures ; il est des hommes dangereux qui ne peuvent rester au 
sein d'une patrie qu'ils ont déchirée , et qu^ls menaûent en~ 
' core. La sécurité de tous txige que Tautorité s'api^s^i^tisse 
sur eux, 

» Ce n'est pas dans le ^ours de la révolution, françoise qaé 
noiis irons chercher de^ exemples. L'histoire des nations not|$ 
rappelle que d|ans les gouvernemens ie» plus libres , il j a eit 
des époques oiAIa liberté publique ^ le premier besoin des peii^ 
plés , à èxîçé de "grands exils. . 

•V C'est dans'ee but que l'ordonnance du. 24 juillet dernier 
a désigné trente^ljuit individus. k . . 

M Cette ordo^ance po^rtoit que le» chambre» prononcer 
roient sur ceu% qui devroi^nt être renvoyé» devant les tribur- 
naux; Tuais vous avez vous*mémes reconnu qu'elles nepoi:^ 
voient être appelées à les juger, au moment oii l'autorité royale 
déploie toutf; son énergie , et que dcs-lors la mesure du hmr 
nissement d/oit seule swsistcn 

»» Pendiai^it qhe les uns disent que cette ordonnance est in^ 
complète y d'autres k trouvent trop sévère et arbitraire. îfou4 
répondrons aui^ unei et aux autres <|ne jamais > a^prëé tànt^d^at?- 
triais ^1611 ne prit une mesure plus doâèe. Aprè»^é gi^o4^ ^ 
rébellion /il n'étoit ni juste ni politique de bannir tous ceux, 
qui y ont pris part, il falloit se J)omcr à quelquee-uns. tJne 
sorte de clameur publiaue a indiqué, les individu^ dont les 
noms sont inscrits dans 1 ordonnance. Il en existe de plus cri-* 
" ii)inels peut-être ; mais qpand la justice puMique est réduite à 
s'exercer sur tapt de grands coupables, ceux qu'elle frappé 
doivent se résigner à leur sort J et mériter ainsi que la clé- 
mence du Roi puisse un Jour s'adoucir. 

» Les ineinbre's d'une faniillé ^ui a causé tant de maux à 
la .France ont quitté son territoire; qb'ili n# s'attendent pas 
qu'il leur soit permis d'y rentrer^ une loi doit élabiir de» 
pe.:i^3 pour les cas oi^/quelquesHun^ d'entr'eujL o»e;roîent s'y 
représenter.. 

» Si la rèlideuse fidélité à la charir^ 9 à la dispositioa sq«. 
leiiuclle par laquelle elle a aboli Jsy confiscation y ne penufit 



(»40 

iMij» âe 1^ dépouiller des biieiis acquis à titré onéreux , toii^ 
les sentimens se réunissent pour leiir 6ter des droits, dey' 
Ixèns et des titres qu^ils. ont obtenus à titre gratuit. Cette vo- 
lonté est exprimée dans le projet de loi qui va vous être 
soumis. 

» Apres ces exemples y toutes les autres classes de citoyens 
doivent être rassurées. 

M S. M. , par sa proclamation de Cambrai f a déjà publié 
line amnistie qu'elle veut étendre aujourd'hui. 
***» Le. droit d'amnistie, surtout après les révoltes, les sédi^ 
tions et les grandes commotions politiques ^ est inhérent à la 
souveraineté. S. M. , dans. une occasion aussi solennelle, se. 
I^aît à y faire concourir les grands cor|JiS, de l'Etat qui parti-<'i 
cipent avec elle à ^exercice de la puissance législative. 

» S'il étoit besoin de cherciier d'a^rtres motifs de cette am- 
nistie , nous vous dirions que les lois qui viennent d'être ren-* 
dues donnent au gouvernement une force capable de réprimer 
à faVenir les désordres publics, et d'étouffer les conspirations* 
dans leur naissance. 

» I^e Rot se félicite qu'une partie des pouvoirs qne les nou- 
velles lois lui confèrent ne soit que temporaire, il en usera 
avec justice, mais avec sévérité contre ces hommes que la 
elémence même ne sauroit corriger , et que rien ne réconcilie. 

t» La vigâance et la rifueiir envers ei^ui qui osent ourdir de 
nouvelles ttames vC^vpAt d'àilt^ot'q>rus^3uates , ipie la demaoee, 
du Roi aura été immense. j . , 

V» L'armée é^rée a été cruellement décimée aux champs; 
de Wâterbo. Quelques-uns de ses eh^fs'ont reçu depuis unç 
niort qu'ils eussent préârée' trouver dans les combats. 

A Docrle à la volonté du Roi , aux V(«»ux de la France , Tar-* 
mée a cédé aux notttheurs des iempâ^ , elle a été licenciée. Le^' 
soldat», dispersés dans leurs familles, redeviennent citoyens. 
Bient6t ils recontfottront qu'on ne peut séparer, le Rot de U 
natrie^ et lenr sentiment, pour l'un et ^ur l'autre ,s'âccro;- 
ira en les confondante 

» H est temps, Messieurs, que la France se rallie de' 
tontes parts, et ne forme, comme le Roi le disoit nia^nère 
à votre président, qu'Hun seul faJ^eeau pour réparer nos liiaj- 
beura* 



(,ï4a) 

» Une as^z^ande c^ilamité a pesé surlA Fraiice; ne cher^- 
ckons pas à l'aggraver encore. 

w Le traité qui vous a été commiyiiqué exige pour 3091 cxé" 
cution le concours de toutes les volontés et de tous les efibr Es. 
La France y ^usoa^ici redoutable par ses armes /se recom- 
mandera' par sa fidélité , et se relèvera par sa constance et par 
son courage dans son adversité même. « . 

» Les cnarges publiques sont pesitnte» sans doute ,, et nous 
avons cherche lonç-temps les moyens de^ les faire supporter^ 

Ï>ai' les auteurs deAios maux ; m^is^ quel. que grand que soit 
eur nombre, une surtaxe extraordinaire dans leurs contribua ^ 
tion«, n'^ût produit qu'une ressource médiocrç; dW autre 
côté, il eût été difficile de se garantir de Tarlntràire^ et de 
contenir les passions. 

» L'agritéulture poursuivra ses travaux, Tindustrie renaîtra' 
plus libre; lis commerce, la navigation, se livreront' â des 
. spécuiatious utiles. 

' » Les François seront rassurés ; ils verront désoUofiais les 
emplois publics confiés à des hommes éprouvés par leur inté- 
grité, leurs lumières, et leur dévouement au Hoi et à la patrie* 
» Le Roi s'est fait rèndVe compte ^ Messieurs, :dç vos pro- 
positions diverses jet de vo^. utiles délibérations. Le testai^ent 
de Louis XYI est toujours présent à sa pensée, et ses paroles, 
sacrées, en maintenant une des plus importantes dispositions 




a chargé de vous présenter^le projet de loi dont vovs ^Skz en- 
tendre là lecturis ». 

• Ce discours achevé, le ministre ^ lu le projet delo{; puis il 
a ajouté : « Cette loi d'amnistie n'est pas nouvelle, Mesaeurs. 
Qenri lY, dont nous aimons à rappeler les exemples, en porta 
une semblable en 1594, et la France fut sauvée ». 

Dans la séance du 11 ^décembre, il a été £ait divers rap- 
ports sur des projets de loi ; le. premier, par M. de Barante, 
sur la loi provisoire 'relative aux cqntributK^nis de 1^16. Le 
rapporteur conclut à l'adoption du projet, attendu qu'il est. 
îndismtisable de pourvoir avcx rentrées. La discussion aura 
lieu le i3. . . 

Le second rapport, fait par M. Blondel d'A<iber&, propo^ 
d'adopter saos amendement le projet de loi sur les, cantons dç. 



( »45 ) , 

MonliëHard et d^Ar^ncourt. La discussion aura également 
lieu )e i3. 

M. Beu^ot fait un autre ra}>pon sur le projet de loi , por- 
tant création de plusieurs inscriptions sur le grand livre , en 
éxecution du demiei" traite. Il a fait sentir la nécessité de - 
^ cette mesure. Le cours des efièts publics depuis le traité , a-t-il 
dit , nous avertit de ce qu'on peut espérer du retour de la paix . 
Toutes les volontés partiéuhëres s unissent, tous les intérêts 
ae rallient à Pintéret jB[énéra1. Alors il ii'y a plus pour un 
grand peuple de calamités qu'il ne surmonte et de perte qu^il 
ne répare. Nous chercherons à fournir aux puissances les ga- 
ranties les plus sûres et les plus promptes , et nous leur prou- 
verons que la France, si anciennement renommée par sa loyauté 
dans l'exécution des traités, en retrouvant son Roi, a retrouvé 
cette antique veHo. 

La Toi relative aux colons de Saint-Domingue est adopté« 
par 265 votans contre 3. 



Un article du Moming'Chronicle solfiroît pour faire con- 
notice l'esprit de ce journal, si sa répntation n'étpit bien étar 
blie en Angleterre comme en France, et si l'on ne savoit B^ec 
qjùenë' infatigable assiduité U calomnie la France, et injurie 
même U fSmtîle royale. Mais il s'est surpassé dans son nu» 
mérb dQ.2i4f novembre;, a propos <ie t'émèote arrivée $ lïime9 ^ 
et de Fassâssinat da général Lâgàrde. Il jette , à cette iocca- 
ai«p, dVMlféux soupçons sur un prince qUi beurénsement est 
au-dessus d'une telle accusation. Sa sagesse , sa vertu , et sur- 
tout sa piété , ne lot anrbi^nl pas permis de suivre la politi- 
que tortueuse et machiavélique qu'on lui suppose. On n'a pas 
reproché aux Bourbons d'être hypocrites et persécnteors, et 
cette famille auguste est assurément bien connue par sa booAé. 
Le prince généreux , que le Sforking^Chronicle ose nommer 
c»nime chef d^nne^c/tora fanatique, n^a porté dans le midi 
qoîe des paroles de douceur et de modération. U a cherché à 
calmer des esprits irrités par de grandca injustices. Les' buo^ 
napartistes de ce pays, qui ^ pendant ^interrègne, avdieot 
fait peser sur leurs adversaires une réaction très-prononcée ,' 
étaient sujets, tn dernier lieu , à une réaction contraire. Le 
priaoe a employé la persuasion et l'autorité pour fiiire ceftser 



( t44 ) 

en Ypngeanc<*i; illégftip», to«}ours fun^slM. Il n'a faîl accep- 
tion de personne , ei a blâmé les torts de quelque cèié qu'ifs 
ifintiseoi, 11 CCI reiourné en lonte bâle à Bhues à 4a «ourplle 
de l'émeate, cl fi faui espérer que ies ■<M*dres et les conseils 
d'an si digne et si reliaient prince rétabliront ^a paix dtfos 
ce* contréis; que les nns^ se déponiJIaBl de loul présagé ré* 
toliilîonnaire, riTaliseroot d'allacheiaenl à \a caase d'un Boi,. 
père commun cfe tous ses stijets, ct^ue les autres , les Voyunt 
rénnis a?rc eut de^eoUinens cl de vceait^ les reigardei^nf 
ccinroe des ùere^^ Le gouTcrnesne n{ esi décidé à jnéprioBer 
tout c« qtti est violent et arbitraire. Cl ce n'est pas 9m% par-* 
ticnliers qu'il appartient de se faîrtf jusliee. Voilà sans doute 
)e vériiaDle point de vue sous leqi^ on doit i«ig«r l«s Irott- 
blés du midi. Nous avons re$u à ce sujet plusieurs écrits dans 
un sens tout diflerent. Ici on peîgnoit la na)orité d'un cer* 
tain parti comme boonapaitiste. Là-, j»ar une esa^génation , 
qui nuit à 1a cause qu'on vent défendre, on peignoit ce même 
parti comme accablé sous une proscription épouvantable, et il 
sembloit que des ruisseaux de sang coulassent dans tout le 
midi. La même pièce, écrite par que^ue enibousiaste, et 
surchargée d'bjperbeles accumulées et d'apostrophes véiié-s 
mentes, se permettoit des insinuaiîons moins impertinentes y 
mais non moins fausses que celles dn Momjing-Chro^icieé 
Mais Tune et Pautre, dictées au fond par le même eiprîtde 

t' artiatité, méritent .d^étre ensevelies dans le même oubli/ 
.cura auteurs, st ardens à censurer ceux en qat il reste ua 
|»eu de religion, ,prél«ndrotent-ils par basard avoir, en vertiv 
des idées libérales^ le privilège d'iniiiHer el de^aJ/pMnier? 



tïVRE WÔUVEAtr^ 

Lettres âe quelqjuejf ^n^fs ppriM^ats,^ ^ilemçn<U ei paJ^kais à 
M» àe Voltaire ^ auec un petit Vommentékire extrait d'^an pfûf 
grand; par M. Cuëa^. ^•. cdiljoti , t^vute et corrigée siir le manus- 
frit de l'awtrtir, et «11^611166 de w» Mënnotres sur la fertilité de là 
Judée ; 4 vol. ia^ft} psix, lofr. et if ft. -franc de port: A !PïiriSvCl)<^^ 
M^quiglion, )iaiior, me de ia Ibtffpe, et chea Adrien Leidé^, an bu'^' 
reau da Journal. 

Knîi« fiarleraus vAamftammttii de cet' ou^vrage,* dont U ti\>xf\9éCMef 
%%K faite d<{fbiS'loi^»emps. . 



(Samedi i6 décembre tSiô.) ÇIS^. i4i.) 



LéPolHique chf^étîen^ OU là Religion chrétienne vengée 
dés outrages de tiricrédUtitë , sous le seul rapport de 
là pbiitique; sm\fi dii Portrait de là fiance gous^eméé 
par VinctéduUté; où V Incrédulité convaincue par téx-J 
périénce dé la Jhiisàeté de ia doctrine en rHafièré 
politique^ ^àr M. B.Çi). "^ 

Cet c^vrrage^ cBl rantéûr &ii-méiii6 dantf ^a.JPn?-^ 
face, esl tsdoafosé de deux livres; le premier doctri** 
tk'd}y et le'4eo(M3d iiistoMC|ue. Le preayiisr én^blit le», 
principes de laf reli^on^ et râute les niaiîpAes» de'. 
î'inciNxliilité siiar Foriginé et la naiiice db rài^tOFil!^ pu-- 
bliqiie. Lé secotad fint l'apfJicatioa ée.de|(e doctrine 
k la Ff jftioe y en prouvdbt par ksr faita qu'elle d5>it toutf 
ses mâfikeilrs à l'é^prh dirrëligîon ddnt dtt^ est io-* 
fecfée depuis la réToludon* Ainsi la sagesse de. la re-* 
Kgîou > et la lUfe de l'inipiëté dimar le goavepietaieii| 
des empires ^ prouvée» jpar le raisouoemiêat fe|)pitr f ei^ 
perience j yddk ce ifom noua ^ffroiis a la' m^littiiippi 
4è nos emopatirioies* Ce n'est ici m vm H1iil4 d^ I^-^ 
gislaiion et de diplomatie » ni un essai de littérature 
e€ d'étoqueneë^ ni nn. étalage de sc&eMre ^.dlénifii- 
tion; c'est, dune part, une iskaple. disseilatioii tf^tf^ 
tin stif^t èfûi iifetéresse tout ie .monde , et d autre par^^ 
nu diaôours raiseimé^' IiiÀ>nHpie.et moral s^r d^s Âiitf 
i^hcûlré ttéeaDis. Le sujet du/premîer livre je^t^^fiif^ ^ 
^rieux; èW de la politii^e et âe.k xhé^iç^ hé 

'■ ■' *» ' " ' ■' fc ♦ '' . '' t ". ' '» ' "*» 

(i) 2 yoli in-8^. 5 prifi , 8 ir^ei ei *&• franc ^W^^P' Àï^ris^ 
<:Iles AJme Le Cliîre , viq^iinf ^r 48 1 A^cHâv&bé^ fjgiai de» 
Aug^stinr, n** 35. , . . * 

. Tonve f^jf. I/Ami dé ta Religion et du R^t.^ * BL 



(i46> 

seconcl, quoique non moins important ^ sera cepen- 
dant susceptible iTomemens. 

Après avoir emprunté h$ pqrqles mêmes <}^ lau-* 
l0Mr ^urrendrç. raison de son pl^n ^ g<^neral^ îî 
çOPY^e^i quÇji pour le faife mieui cçnnoitr^j ppus 
e9triQ0^ dà^sles d^t^i^, et q^ nous, pfésetiti^ms une 
^ni|i]($^ 4^ Touvrage. ISH». B. poçe d^abor^l la^natiirè de 




dk i}ue la ^ilosophie s'irpste à là iegn^i.h» chrçiieo 
trou4«Hâè0 pimcipes êàvs à aet égabrd da»s flmtpire. 
et la i^eUgton^ dansTAafcli^uftment de la mooarcbie 
cket tes Héliréux y^âast lai* Kmreè dé l'fiimuisiXeQta- 
me«t^ ^afiKf là <âûotrme i^ctJiésnfir-QMÎiiii.^ dçt «lUNOt 
Faut.' Cle n^est ym cfoè le ichmiiai|iani^ o iidi|»^9^. 
4|^\iiié fbdtte de gou^vemeril ;; il hesp^^cte An ooti* 
tr^irë, il ^ffèWÊity il céoswM Umies c^k^ «:pù a0o< 
fM^S^^'êt te conduilbe lîni^orme d^ 4^ i^ 

pfttJËiliMdfl^liM^ cillai <pie ceUe ées bo|u«ie^i€^ pjua 
f é y rirtiMrfpd tJ)y^4^ lej' «M!^ s%3^ j^/aioi^^ le 
sceau ;cf^ feup^pieôeè à A enseigMtettitfit 4eis..Uvrc||l 

NîwKis'a^AoM' piaisSr à œivrè ranteur dantieeu^ fUiâ- 
tbn ée principes «t^ ^.failB conoordaus qui nous^pi^ 
réi$stMeht«iioltVfP puiflnMmentkdoetriqie:qU;il ppor 
RMsb 9 ioP8i!|Yie noué smapift éfce s^bpriA do Wi jvqmt j^'ar-* 
Htër aHàës îoâguenMot a;u]l oofumadtaki^ d^ q^intao 
àrtidè»^^ »6dtt.'fi noua pfafif qheic'clol^ ^or^kun 
peu de s on wqeib De^«ea4|uati:» articles ^ le premier 
«etii Vq4€^Qè n|>poM; aiMCiia pvâaian^ icipporelle; 
les trois autres ne trêként ipÈt^Ae choses eooléftiasii-' 

sance 



quj^, de Fwtor^té des 4écr^ts. du (^cii<^' de' C^ 
l^ce^ de foÙeryation i^es cah^àij et (le Fc^Sssai 



( »47) 
due amc^cçUioii» dogmatiques du $aiat $iege. Il txy; 
tt lienJi <}uî i»it h moindre rappo^rt avec J origioe ou 
rus«ig« de.rauiorité cmie^ et M. B. nous pera^tu 
de Bavoir ie^ qu'un hors d'cçuyre, quQ uqu$ Jiû p^r*^ 
dooiiQQ9 d'autiMiit moins qu'il fM3mpe 1^ ^ .duuadi^** 
9eriAt΀M3^ue) oous saivioii^s avQc ïffu4véi..^f s^îS'Wq 
tfu'il dit^. pour ^'^xQuaer^ que ce qui; 1'^ engage à ceti<{ 
digreasiôu» QWrabûsiiiai^Q qu'où a fait do ee$ qi^^ 
tre ^aMnÀcIfSSy 4'iibord eu 1790^» et eu derui^r lieu lori( 
de la gu^rrfa <|mi/uu dësppll^ 4i«lb«£j,«$u|[. et violc^i^s^^n 
eiu oopire' }e V^^u^bfe cMf de rj^glise. Xai vu'^v^ 
plaisir qu'il tiOinb^tlit ces âbua^ al que^ loip d^ par-r 
tagjCf les idéas e^cagérées d^ qm^J^ès ihéolcj^if^^ 
loufoiin» ireudus à Ja ptiis$^<f^. civile, il su^i^:)9Ht 
plusieurs MÎnu de^ intei^pretatiou^ .éloigué^s 4^^ ^( 
ejjeèsk MdW «uopr^ uoe Ibis , non erat ^is lMS^ft :M J 
a ptu0». Utte digr^ssioù èn^^gouène Uue '^Mtrq^ . em; 4 
profM>s du M*oi«ièfiae arû/ole 4e i^Ç^i vçil^ ]U[*^f 
qui se lance dans une discussion sur le Ci^MTOf^a^ 4# 
i^ipêiuixmitosk au resie qui est peut--étr« ij^teef un 
peu aupwfickllemeac. Oi^ eii69Ji Vioi« qu9 fa^i^iF 4i0i(, 
eait>anrasiN^ i ca qu il n'a voulu biésè^r p^(»pi|pe, C^ ' 
trèsrbîw (ait en soi ; mui» çepeudaut 4M»i^ A4t{^<^t. pai 
eaipMii^r'de po«èr tf$.pnQ^)lè$^ / . .^t-, ,; 

Âprea c4i$ ^iacd^, 4làu«i(Nque4«fepeQ^t>.|9 
me plaiafi.l0 dii'ev l'auteur ^» i»cMKvwt,)>ieu.vtt iq[^^i|u| 
4e U weiure; il rêiiientètoui^jet >h^ «6*^*^ W/^yff 
téiM d^<|ue)qi}e$ mpder«Q9 sHr r4t^|iil0[(j^>j^)4i^ 
ritf». Ilft^oubrâvié J8.o«(aai>:(|<ifîljQoiMrat.<;oucki ^i^if 
le peupk} 9tr«pi):ï àqtti il i^oosei^K» 4 c^?;? ç^M^H 
4ont j(ta o4>«robTe d^ traces itidl^pai^t^idciu^W 
ModéU aa côuservé I9 soutenir^ do«|t-.«fi^^' pei)^ 
fxm.Mett%vmé r<H«j|ijpdl^ «^î^uq tQ<^.i^uMâp^ iii(Di;» 



iifiées de ce ^aete iTondanieuial , gage et gdimfot'de^ 
leurs drolu. Mais Forigioal oi les copies ami égale- 
ment disparu, jusqu'à crc qu'il plut au i8*. siède de 
ïes toétire eu Jumière. Si vous dites aux publiantes de 
nos jours que ce coBli*ât -t^'a jamais eti'sté ^ ih \om 
répondent fièrement qu'il a dû exister, et ils croiront 
Avoir répondu à tout. M. B. leur fait un argument 
très-foit; c'est cfue si Jeur principe etoit v^ai^ il n'y 
auroit jamais eu dègouverneiiient légitime sur la leri^, 
qu^ toute prescription s^oit nulle ^ toutie dynastie im- 
ji^ossibley toute puissiafice tyr&nniqtie. L'auteur répond 
ensuite aux objections qu'on péurroit faire contre sa 
dœtrme^ objection^ qui <d'âi] leurs n'en attaquent pas 
le fond y et qtd portent pïotàt sur ë,ûs accessoires et 
4es malentendus. Dans le cours de cette partie , raii-»- 
lieur nous a paru, sinon toujours aussi seiré qu'il l'an* 
^k \n!iy du moiu^ clair, facile, et, <ee'qui oér plus 
précieui encore , pensant isiveo^juâiesse, éti^àbôûinànt 
âveîsmélfaode. 

^ te second volume* eéf^ oominé' nm»\ V^^hnê ru , 
li'tmé attire nature qtie le jprèmifr,^ et Talêitéill^ Ta pèr-^ 
fthemedt' car«ctérise en t'appâiant Hà dikëdurè raî^ 
•ooné,bisftot4r{tie et moi^K II- hf^ôintni»née'à }>eiii>rès 
à l'époaue de la révokit|diSj ^qif il suit duns^sés causes, 
êsmé ses propres ë|dlns^<ak résîurltâtsV U recb^ercbe 
lés prinei^^éèf'eéi vei<m«leis<^eta elli^ «'est faue, et par 
le'm<wen ^desquel» elle «'est continuée. II e^s^ixM 
q<iiél^6ill*^là|<kkFi^aci€een ffdgyet^^ qûetious 
tarbi^ gstgné à tant de diangemens, 11 trâéè emË^ ime 
hisitoii^ allrégée tie >eeite ^érdluiion , ûkA {^>|k>ur- 
tAbt tt&é'lAstoit^ détaillée et suivant l'o^dtid chr6iu><* 
Ic^que^ mai^ telle que la comporteroit iinf^dimours 
^^ ^e^ iseroit traité se^di]^ Jes'jSâfrmes aotftëraes à 
en ^(É»é à&ùtmpoàtimï. Oa,'wit qwQ[ l'âiàtaiii- i tt<»ils 



< .»49 ) 
,xfbcr.cbé.à dire tous les faits, qu'à mpntrer Vcnclial- 
aiement des principaux , et à (aire voir l'esprit qui 9 
guidé 003 gouvernans pçodaiit vûi^i-ciaq aps. Il s'est 
jSiTvplé su^;toul sur le règne extraoi'di»airje de cet hômnic 
qui a épouvaiilé le monde par son amWtiou^et ses fu- 
reurs, et" qui a secçiblé suscité: tout e,xpiès pour châ- 
tier les peuples; époque lerrible dans 119$ aùnales, 
qui montrera;loute la puissance du génie di| mal quand 
.Dieu lui pçrmet de dominer , et^qui doit nous faire 
héliiv de plus en plus fe/jq\ip .signalé de nôtre défi- 
^yrancé. , , 

Cette partie forme le second volume de l^'ouyr^ge 

.de M. B. , «t est ^eocMiipagnée de beauéofip de dé- 

\'eloppep[ieus 9 deréfl[exions, et mén^e de digressions 

qui se rattachent cependant par quelques rapports 

. avec rob}et principal* L'auteur est abopd^Hit; il a une 

î^^ginatioo vive, et il s'y laisse aller, p, 'écrit avec 

liûe e^trênae f3cilité, et il ne soqge poii^t à en repri- 

Imei: l'esspr. Son style a rabaudoo t|éla eonvërsatiqiiy 

,i)ù des objets disparates «ont quelquefois amenée siHts 

4ju'pu niiis|e it^ujours en i^s^ Nous 

pé faisons point à TautéUriiïfVëprochê Aéœ ton'sim" 

,p{e etiai^iiUi^r , qui cependant Ta enlraîiie un peu loin. 

il n'est pa$ lout-à-fait permis de 'parler en public, 

.icogooin^p OU le feroit au coin de sou leii, et on u est 

ni reciierché ni alfecte pour soigner un peu sa côm-^ 

j>osition quand ou la destiné % 1 impressiôtf. Je crain- 

drois que M. $. n'eût pas fait assez d'attention kcp 

devoir d'un écrivain, qui vt?ut instruire et plaire en 

même ten>ps, et qu'il nëdi pris de Jô négligence pour 

du naii^rel. J'ai été surpris aussi de le voir intituler 

un de, ses ,çba pitres Puissante interpeltatïpn â la philor 

' Sophie. Cette manière d'^nponcer son propre écrit est 

, çjU pe^ singulière, et ^ peut-êire riq.cQpvénient dt 



Rendre le lecteur plus esigedot , en lûî Ikbatit esp^er 
quelque argument d une grande force ^ et 9 se pourrott 
. qu'on trouvât que, dans le cas présent, cette annonce 
a porré malheur à fautenr; car le chapitre n'a rien 
de remarquable. 

On pourroil aussi chîcatiéf sur quelques jtigemensy 
))Iâmer quelques réflcmions , contester quelques aper- 
çus. Mais malgré notre désir dVcarier toutes les mi- 
utitie's, peiil-étrè li'âtons-nous déjà fait que trop de 
part â la critique. Ce qui doit surtout àttirier l'atten- 
tion dans une production telle que celle qui nous oc- 
cupe, c'ed Tesprit général dç l'ouvrage, les senti- 
mens qu*y itoôntré l'auteur, le hut où it lei:^. Or, 
sous Ce rapport, le Politique chrétien g^i digne des 
éloges dés amis de la religion. Son zélé pour elle, son 
désir de ta servir, ses tableatit des.fâcheuiL^fiets 
de i'incrédnlité, tout cela est d'od hotntae qui teut 
le bî'eti i et qui prend la ' JSonùe route ' pour l'opérer. 
^Wusieûfs passages ^font'\oir que rautetrr est ecclé- 
îiîiistîqtiè', et tout renserrïMé d^ son Kvre donne lieu 
de peliser qrfil a Tespifillde spn éiq^'^n^ U e^t un 
autre éloge à ajouter à celui-là; c'est que Sf. B. ,pro- 
Ifesse, dans tout son livre, les. sentimens d^unlboti 
François, un attachement sincère au. Roi , iet un en- 
tier eloi^defnent pour les mauyaiseis docirinôs^^ pour 
hiurs coupables et aveugles partisans. 



-«<sô4>'i***®ei=- 



NOU VELLIS ECCl'ist ASTI^USfr.. . 

ÈoME.. Le baroh de Thuyll ; major au service de Rus* 
'sîè, envoyé extraoï^dinaire de sort ÇiQûverain prcv$« S., 
'^ eu son audience •du saint Père. 

— Lé 24 novembre , tA. Odesculcbi , nouvel auditeur d# 



< i5i ) 

'txAéy après «tdlr touleuo teà coochis^ons^ a pris 6ëancif 
dans ce tribiinaL . 

-^ Les coti^Moeft pabliqoes de morale, que don^ 
noreht i^s prêtres s^oHers d^ ftitiion de Tapôlre saint 
Paaiy sous la présidence du caitlinal de||a Somm^^giia, 
ont reeomtnencij , et attirent beaucoup de pi^ëlals et d* 
membî^es du clergi^. 
. — Les. Jésuite espagnols Zunîga » Oasùna et Silta sont 

'ârrîtés & Barcélonne, où ils ont é\è reçus avec dlstinc-» 
tien par le rharauis de Vil|ena. lU en sont parlis en- 

'feuîle pour Madrid. Le.roî d'Espagne a nommé un con- 
seil, présidé par te due de rinfantado, pour ti'aiter des 
afiàires des Jé^uî^ès. Oh remarque ^ù'il y à , dans le 
nombre des membres, dédx anciems novices de la so- 
ciété/ " ; ' 
— Le 8 novembre,' le collège des Jésuites a^le ou* 
vert à flegRÎo, dans l'Etat de Modéne. L'évÊqueà of- 
> ^cvé >p<kilWéaleib^m , en présence du duo i^^gHànt-^ de 

*9es frèréfté Mj. AA. RR. avoienk voulu assistei^ îi pelle 
reli^îeiMQ céréMoiiie arec toute leur coor. L« P; Fimtti 

^prononça Utk dittoours , qui a ét|é fort goàtë. Après le 

.Te JOeu^ et la bénédiction,^ le dùo^et sa famille vbi- 
tèi^m le'cofté|;ë; et^atc^fréitl une^^latibii'quWteiir 

^^«ffWt. fis témc4gtièrent au^e ^H|;îeuK teunè Mrle d-iiK 

'térèt, et le duc a déclaré prendre le collège soMsâ p«è^ 

aebtkHi «tiéeialù*(4). r 

PAkTS. Ot^ journal ahnMcé t{u« M. de Boufafgn^^ évA- 
qM'delVoyeSv doil prononeel^rorUseiii funèbre de 

'Louis XVi datis l'église métrc^Ûtatne^ ië ai janvier 
pmehaln. Moiisut sat^ensce i|ui en est \ mais tious croyons 



.mard 

réiitKi^é pltH'thih Jwtiiteè. Ësi-cé lii^tfete? fcgt-ce hiilfcé? Tlôas n'(U 
'^ffoi ymmoncnv;' mais uoim rftieojpoaé 4é jo«rmU«i« ^u ZKhVm db 
.Bjomit, <lii ^4 nOTeni1^r«., no, 9J^Ji Ttrcaver^ini r«c)it tres^cirpopsUn* 

rie «lu bon arciieit laîî par le <liic ^e Modèac aux Je&ttUcs. Cela est pcutr 
•itféifèplofalîte, tiwfitdarwtAir. ^* ' * 




( ,5'. ) , 

iqtie les fidèles^, amis de la religion et de l'ëloquënce de Ift 
capilale verroient avec plaisir ce ctéièbre orateur occuper 
la première chaire de la capiljQle daps celle 0iê{tiQrahle 
jcircooatance. Le mèm^ journal annoueeqti'il y. a iQainle- 
nant dans riiôpital de Truyps cinquanie^un élèves du sé- 
minaire al teint s ci'unernalofdie coiitaciease. Nous sommes 
Irès-aisesde pouvoir assurer que lepitest de toute faùs^ 
peié. II est probable ^'^tHeurs que si les séminaristes de 
Troyes Ploient ipalades, on nelesenverroitpasàrhôpital, 
.et qu'ils trouyeroien^dans la maispn les secours dont ils 
^uroient besoin. Us sont loges, cpmme on sait, dans I^ 

Ïalais mj^me de révêque, qui avpît vppîu paiiag.er sop 
abitatioq ayec eux* It a oblpi^p depuis la restitution de 
y^ncied grai|d sémùiair^ de la ville , et h trançl£(«ion des 
(élèves dans ce nouveau domicile doit se faire quand il 
aura été mis en état de les recevoir. Ces détqils peuvent 
iranqûilliser^ur U , santé ^es sét^inaristes de 'JTroyés. 

•^ VQrdù du^dipçèse paroit. Il contient ks «mns d0 
a^ prêtres dn diocèse ,• luoirts .d^^puis le %0 Qpipbre d0 
l'année dti^iàre, Dana le noml^re ^ remarque M. d^ 
La Garjie, dernier supérieur des 3arnabit<e$ ; M^ Cli^-^ 
^Kmnel^ ancien xecteuv d^. l'CJoiv^rfitéî M. le^Bjche^ 
iit^X^i i^ SorlMma; l^^lltfQard.^/fiiieieyi gi^iût V:^ 
fcairé d-^xfsrre *, Idw 4» Bt^ndiii y pui^ «le SaintrËtienn^ 

4u*Mont« 

* ' • 

— La faculté de théologie de l'aca^lémie d^ Paris u 
ouvert ses coûr4, te mardi 12, dans la chapelle 4e TE- 
cole Normale^ M. Tabbé d'Andre^el, inspaolépr-général 
fde rinstructiofi publique, présidoit à la cérénlonié^qui a 
pommenoé par une messe. du SaintrEsprit, célébrée pqr 
M. Tancien évêque ^le Châlons, pair de France. Ayant 
l'annonce des cours,, est arrivé M. le duc de Bichelieu, 
«t la présenpe du neveu dé rillustre' cardinal de ce npld, 
p'^ pas étéun in^diocre relief pour petto séance. M. l'abbé 
Guillon, professeur d'éloquence sacrée, a prçnonçé un 
discours qù il a cherché à venger la faculté des repro- 
phes de '%^\ détrijcteurs II a célébré, çomn^e il le df- 






C i55 ) 

voU/ el les'grandes vu«$ dq inînUtre de Louis XIII, %t 
les g4.Wreu?i; efforts dea ministres de Louis XVUL Ce rap 
proçli<$nit!U^ étotl trop hçureuxpour échapper à Torâteor, 
Ou dit que les docteurs ont supplié M. le duc de fiir 
cbeliefi de faire rendre les bâtiçiens df) la Soi^boone à 
cette faculté ^ Pionneur d^ clergé ^ufppéen. Sans doul^ 
il seroit à désirer que cet édifice fut rendu a sa desttr 
nalion primitive, Majs uous seroîl-il perpiiâ de faire obr 
server ici, sans prétendre bleç^ei: U. réputation de la 
nouvelle faculté, et san^ priver ses. membres deTestlme 
due à leurs taleqs, et de la reconnoissance méritée par 
.Jeurs services, nous seroit-il permis de faire observer 
que cetljd nouvelle faculté n'est pas tout-à*fait IVucienne, 
q^relle ne.p^u.t p^s encore être investie de toqte lu con- 
sidération et die toq^e la gloire d'une si illi^stre école; 
qu'ejle pourra un.joiir yrccueiïlir ce brillant, héritage; 
maisquen attendit il est prématuré desupposer, comme 
jon Ta fait dans un journal, qu'un porps ooi|uititué tout 
récemment est la Sor bonne naème ressusoitée, ^ice-corpa 
célèbre, qui, dans tous tes temp^, sut allier, par Vac^ 
cord le plus Iwureiix^ les çlevoirs du chrétien avec le^ 
firoits des sout^w^cdas légitimes? Ce corps encore, un^ 
foi«, quoique créé p^r un homme qgi.pilQÎi paa irèih 
légitime, poiik^rA''|leveiiirjn9fthée; uMii^'y,«*lril pa» iM» 
excès de compliment à dire quHt r#st déjà, lorsqu'il 
compte à peioe quelques anaées d'existence? Au surr- 
plus, rien ne ppuiroit le condoij^^e plus sûrement à cette 
jcéjébrilé que la protection 4'uo uom illustre à qui l'anr 
cienae Sorbonne doit tant, et. à qui il est peut-Être etv* 
core réservé de la faire sortir de ses ruines. 

Poitiers, Çielle ville, qui est i^ne de celles où la i^li- 
i;lon.s'étoit le mieu^ conservée avant la révolution, mais 
qui n'a pas été, Qialheureusement, à l'abri des ravages 
de l'incrédulité et des Fureurs anti-sacerdotales, cette vtll^ 
pnt oit devoir être une de celles qui reviendra le moins 
difllctlement auK mœurs et aux habitudes antiques. Ell^ 
.coAjpte dans spn scia beaucog^p de faipiUes qu| x^'oi^ 



( »54 ) 

point perrfu tes* botane» traditions, iet qui ont gardé prë- 
cieusement la foi au milieu delous les orages. Elle compte 
des eceiëdiastiques télés, dont la conduite est la fneiU 
lettre rëpotise à toutes les préventions, et dont lès soins 
et les travauic tendent à guérir les plains passées, A éciai* 
rer l'igtioraoce, à ramener, à consoler, à fortifier tant 
d'ames qui âe sont égarées. Leur ministère, leurs instruc- 
tions, leurs écrits, sont le plus puîsjïant itoolif d'espérance 
que ti6us ayons de voir refleurir la relrgi<^n. Il a para 
ici quelques duVt*à^és dan« ce sen^/ Le ^fùs récent eat 
ihUitolé : Lé Salut de la Finance. L'auteur, qui ne s'est 
pas nommé ^ est sans doute un ecclésiastique. Il cherche 
à ranimer parmi ses compatriotes le teti sacré- de4A reli- 
gîoii, et il croit quVti moyen d'y parvehir seroit de 
lépéiidre une dévotion qui a déjà produit d'heureux 
^ISHs. Il veudroft qu'on fondit dans V^^lhé cathédrale 
une chapelle dédiée au s^tvé Cœur de lésu^; et où l'on 
acqutfler<yit totis les ans un vœu solénhel. L'aftrteur pa- 
rôît croire qu'il séroit besbih pouf cela d'urie autonsa- 
tipd spéciale^ mais il nefaut, sans doute, pôtnr exécuter 
ce projet, que la piété des hahttans. Aux considérations 
•i^Hgréttsés, l'auteur^ joitit, sur la fin de s^ é<*rit, des 
reiktotttranees et des avis hnx ennemi» au Boi. La 'pa- 
Wre de cette <î6%n^VprodBfetibn , et l^esprît dans lequel 
elle e^ rédigée, peuvent la rendre utile pour plus d'un 
pays. On à lien dfe croire qu'elle est partie de.la même 
aiaiu qui donna, il y à quelque temps, un dialogue en 
Térs, intitulé : Alplionde et Victor, dortl il a été rendu 
compte datis Ce JournaL * 

Madrid. Le ro! vient de renouveler la confirmation 
'des' privilèges dés iot*dresq dise consacrent à la rédemp-> 
*tichi d^ cdpti&; ll'éioit d'usage que celt^e coilfirmatioa 
cfût lieu tous les^ dix an», afin que les relrgiéiïx n'es- 
*suya5$pnl aucune entrave dans la coHection de leui-s au- 
mônes, il est marqué dans le tiouveau rescrit de 8. M., 
qu'ils pourrotil recevoir toutes espèces de legs, d'aumônes 
el d'uffWmdes destinées iiu rachat des captifs-^ à la charge 



seutement d'eii'Vëiuïre bompte an chapcfaîn d'honneur 
ifti roi. Il leur est dëfendu de faire des quêtes hors des 
lieux ou se trouvent leurs coùvens^ afin quMs ue s'<S- 
.loigucnt: p93 de:i«urft. cloîtres* Le& cures des paroisses 
: r^avrottl les sotHines qiie 1 on voodroit leor faire passer* 
, Les ëY^llt8 ool ordre de eooeourir à rexéculion de oes 
-»e8nr(«v ^ ■ . 



" Paris. Lorsque S. M. se tronvoît 4 (Stuid, oe printetHpA, 
et que des François ^dëlës irenoient dé* tbtttes parts se rallier 

'éollmr de ses drapèaBi;^ elle ititCitaa tm ordre ^ dit de la Fidé- 
lité , pour perpétuer le souvenir du dévotiement de ce^ loyaux 

'éiiîtots.%>ti:dit>^«« Cette iiistdfotiiMi aura soh effet au mois de 
janvier prochain , et que le Roi nommera alors les membres 
de cet ordl*é. -Voici le texte de rordomiance : 
Louis, etc. 

'An milieu èsÈ éyètieiaïeûh ikialheUrétix qui nous retiennent 

éloigfeé de- notre toyêntùe^ notre cœur a vivement- apprécié 

les marques de dévouement que plusieurs de nos sujets- nous 
__^ j — _'_- .. t — 1 .- _• ... ..'j». 11- .v__^ jç per^ 

une ins- 

^uî vi^oni écouté que leur devoir , et un eôcoiirageinent pour 

'ceux dont les circonstances n'ont pas encore secondé le zelc. 

A ces causes, sur le rapport de noire ministre secrétaire 

d'Etat de la guerre, et de l'avis de notre conseil , nous avons 

. ordonné et ordonnons ce qui suit : .. 

Art. ]*'. Les François qui se sont ralliés autour de notre 
personne , recevront une médaille d'argent de vingt-quatre 
miUfmètres de grandeur, qui portera d un côté. notre, effifîe, 
.et de Vautre» Je mot-fidélité, au milieu d'une conromie for- 
mée de deux branches de laurier et de chpne : cette médaille 
.sera Suspendue au. côté gauche de TJbahit,, par un ruhan de 
quarante millimètres dé largeur , |)laBC et bleu,^ et à raies 
égales, ,. . 

i, Lw tVâtiçôîs 'qui ctttttribneront , pat déS services signalés , 
'à >eriVéniCT le goivcriiéinenf de ru^ai-jiâtélit' , ceitx dont le 
'Afvoatmeùt* âin'â #te é^buVé-far des actes de àa tytaniiîe, 




( r56 ) 

iiuroât le droit êe è^m^nier la ^édailje de U Tnlçlit^;,^ 
'^dresseront leurs demandes et les preuves de leurs droits 911 
ininistre secrétaire d'£lat , ayant le département auquel iîa 
ressortent. . * • ' 

^. Toutes les dematid^s pour obteiflioir de la médaille de la 

• Fidélité, seront examinées dans un conseil , ^r êera. composé 
de deux princeâ de noire mMon, de deoxpaira ém rojaum^, 
de deux officiers-généraux de nos armées, et de quatre par* 
sonnes choisies par nous « dans Tordre civil ^ le conseil sera 
présidé par notre frère bien-aimé MorrsiBua. 

4. Les breveta onî seront délivpéa<it|FQo U médaille, feront 
mention des motits pour le^uels elle aura été accordée. Cea 

, brevets seront simàé par nom , et coMreédgnés par nos miiiis- 

• très secrétaires ^£tat, pour leurs dépaitemens respectifs. ) 

5. Tous nos ministres sont chargés de l'exécution de la. 
présente ordonnance. ' • •. 

Donné à'Giand,le. if mai de Vbvl de grâce 181S, et de 
«loire régné le viaglièmer 

Signé, LOVIS, . 
Par le Roi , 

JLç ministre ^ecri^airo d'Etat de la guerre ^ 
Signé, duc ns FBipTRf . 

— i L'évacuation du territoire français par les troupes alKée9« 
qui avoit été niomentanémeni retardée, a repris toute son 
jactivité dejpuis la signature doUr^^ du ao novembre. NéaQp- 
mdîDS ]a'¥igiÉètLf â&ht tsisbftl Kteploséibilxté de faine marchl^r 
rapidement UQ au$si grand nombre de troupes sur les mêmes 
routes, et' fa diiliculté de réunir les vivres et les moyens de 
transport sur tous les points de passage , ont néc/sssâu'eme|it 

• empêché leur mouveiâent de s'exécuter avec toute. laprompr- 
tituoe .désirable. Pqur éviter les encombremeps . et l'entier 

' épiiîsèmeyit des pays <jue traversent les armées alliées, une 
partie de l'arniée anglaiie a retardé son mouvement; la poiv. 

'tipn de cettie armée tfui devoit évacuer la Frîince, s'embar- 
que à Boulogne et Calais ; celle qui doit faire partie de l'armée 
d'occupation , -est entrée. ei| cantondenîeiis dans les départe^ 
mens ae la Scftoé et de S^ine et Oi^ , qu'elles évacueront eû- 
tfèi'exbent à^la'findécTeiiioié; - ' • ■ 

, — Le recrutement et i!organisati<^ de la garde royale avan» 

' cent chaque jour, ïl arrive de différentes parties du rojaun^e 

(des âétaeti^qienf destinés k co^p]|é.tf^ Içs c^orps. l^'e^rit d^ 



C '^7 > 

«iràdatsrèsllkm , et ils se montrent parfaiteAmt-disMii^s. t^ex" 
cellens officiers les r^dpontde plus en plus dëroues à la cause^' 
du Roi. Ou espère qu -avant la- fin du mdis, il -y aura à Paris 
huit Ou dix mille hommes de cette garde /et la composition 
de ce noyau est une garantie jpour' celle du reste et pour la* 
Ibrfuation de l'af mëe en géuëraf. 

-^ Lé jetterai Dec^aën ^ qut oommandait ^ AirdeauK au sa 
mars, vient d'être arrêté. 

-^ Lia Oaeette offittieNe de ce^ jour Gootient^deux ordonnant' 
ces du Roi f en date dn ^gnoventfbre* Pune concerne )a.hl^i<^ 
et l'administration générale e^ particultëre des ports* et arse- 
naux de marine., et ravitrc règ!« la nouvelié organisation dea 
dffiéiers dé la màHpé. Après cesrdéux drdonAancfes , quiportetit 
d'abord là signature' du l^oï et du i!hinistré de la marjne / 
dn lit: . . • . 

« Louis-Antoine de France, fils de France-, duc d'Angon-' 
leme , aiïiirâfl de France', vu' l'ordonnance ci-dessus à nDus 
ifdressée , ïnandovs aax «fficiers militAifëtiiet civiis de la f na- 
rine, et tous aittlrf^^ qu'il appartiendaà ^ de lenir la mmn k* 
l'exécution -de la. préseï^ ôraotnianter < 
> » Domie 4 CaMrs, lo 4 ddoembr^ «Siâi »^ • 

Par Soft Aliesset>r4fakfie chevabif' »» Ea'Uvcat; , 

< -^ Le ministre seôrÂa^ d'Ë^âtdéfértattlteèv minuit informé' 
^'î4 eiWr<al^diiss^pl«m»lM'4li^ 

portatit d'un càté Peffi^'^ctf Sv'M. , mais sanaiiom deti%'^ 
Téiïr, et sur le ^^revèM^'it «pièce, ii&» drdiëi;d«i>îratiéE^ 
milltisime de f8^$,fiM^Éux déu« t^Vt»éë'f^ «âRMate^ «Mié^ 
lleftr de lis et hi- letfiftf X*/ c<Mfslèi$y««H iifué c^s espëceis n^cM 
point été fahri^^i^ dans les hé^r d^i^ liftMiioies de S. If. ', et: 
qu'il est contraii-o atfxlbfe d'ën^ aèrtorîser le' cours ^eofasîMuwt! 
^peiidaût qne léS citoyeffs^otit pif être iitdtHU 49n «riieur, soit* 
par l'exactitude du poids- de e^s pt^es*, aoît^pur les eirconsw* 
tané«!» qu^ aoconiÉ|>2l|n^ent leur émission,' et qu'il peut iim* 
jtWleée letirehfatfikterl^Bmplof; ^ ' ♦ '' ' * 

Sur le rapport de radmiiifslràrîdli^éfei|]imBoofeSt^rvéte)C» 
qur^tiitr '•'"•<»• 'i ■ ■ • :' :f • i. •'.»... 

An. P'. Lés pîëceTî de 20 fr. à r«!%ié'deiLotti8 iXV|îl;' 
êkti9^ihée gi^vëur^'portont au nsyers <i« iâ pièeê temâlén! 
«Ime'de l8»5v laideur de lis M \$t )ett^^y«é poittiroil^/^-^ 



( »5a ); 

n. Ceê «qpeceti «etvNil roçue» ^dwM.le» bAtfk. jk«'9»Bii^â»> 
de Paris, Roiiev, LiUe, Ëordeaun^ Penpî^^a el Ba^yopot, 
peadant le délai* de «kux mois» à «çoi«()t^r de |a fMikUcalioa. 
du présent. ^EJl9•; aeroetadmisiSs çeNU»e éianl ^u liti« de 
O98989 et ptkyéefi aaOoasëauenGet coslpvmenieat «tti tarifs,, 
au piix de 3,o84 ^i** i3 c. le kilo^rainiiie. 

III. A rezpiataDoii dtt - délai êi--desM«s fi^é> les pièoes de 
20 fr. dites à labeur de ils , ne seront phiA refues aux dtk^mfftê' 
des hôtels des monnéies ,< ^u'èn lingolfiy e|:pa^«es sur le pied 
du titre constaté par des essais ,. CQpfermémelit aux Uri&. ^ 

Fait à Paris , le 7 dëcembre. iBi Jf. • 

-— Quoifjue ^lous #jQ^s déjà parlé de l'arrivée de Buoiia«-^ 

Îarte à Sainle-Jiélène, cependant l^s détails suivans, extratts, 
es journaux anglois, nous paroisgsent propres à satisfaire la 
curiosité "des Ifcteuf^. :, . 

. ,-. . „ • Sainte-£U1èp«, h. i9ontobre.. 

« Nous sommes arriWs îi» lt^6, «près une tr軫4oiigif6''et' 
très-eniiuyettae 4ra<f «csée , et in>us' avoiis dâiavqué Napoléon^ 
le 18. Il est actuellement lo{*é à la caMiagne ,'chec nn ^til-* 
homme nommé Be)ooi*e, jusqu'à o» que LengWood soit pré- 
paré pour hii* CémL» q«i< l'ont suivi sont fatigués , et regrettent 
sincèrement , je crois , de l'avoir accompagné» M^*. Bertrand , 
qui |tark- àsset 1»wn /anglais^ aHidii si«f6«nrhQi que Tile 
^i «bsolnnimi-iia dAsf«l),'e«4e \i^4^:9mm^c^dfx démon 
£nmtii. Elk. stoyiwidt idjîfc». j ipli m wi fr ;.i#»>r:E»r^ pOM i^le* 
vor seftèolans*^ V - -- ..u >u».'-t :. /' ;••. 

» i'm 4lné» quatre; toi$ anfn^ Bmom9!p»rip 4 :ti bord dn AW 
thitmMl9àé/ii parUai^pfkH à tabl<$ , i»t-cin.g^iéral il adresst^itr 
Uiiàrola à TamiraK ^ prwta&t iwH d\l?t«reice , tt dans le '^9^ 
il se prQfl»caio»i^se«)cw6aipeQ99ni «i>râioift â^f^x hear^ss aprè& 
le tdiner . Lck général Bfirtnmd 4^t i*'^ Ci(s#s sont W plus grands 
fiiyans{ il conveasoilrrafemeiptiaiiiEicla» autrç^.' 11 JQiioi^ aux. 
carÊry loua lesaf irày et4'«|ii^s49idi« taïK^.éch^s: 11 se (sou<hpiJt^ 
4a bonne hea«e et se kyoît trèp-tHuxiU 11 ^^t, pn efhm$ls 
dans une mauvaise disposition d'efp/it-i^jt'd^His^'iT^st «r-^ 
ay«t4èi:v«yrinas<'esApiflW»i9lio»^e« '' " .' 

» L'ile est strictement gardée; il y a des signaux entre tous^ 
hÈ'poti$ da i'Qe cl 1^ yliftsiie^^x ^ des^b^^eatipi ;de'gar^e et des 
bridka eroisen^ autour ^enrspr te qu'à i;)aoii^ qn'H ne ppusse. 
s^onSToler^itl «st^myipssibki f|i«l s^éobappe* Ù n!^ pemis k 
personna d'&iin dbîiMU de.i0A mm^. «frès^ laMc^i^cbi^r ^ 



•oleii , et chaqae Taissetu est pvet à filer son caUe ftti pr<H 
Biier signal », 

On raconte que durant le vojage., le général BertrandiriHi^ 
à Famiral Cociibiim^ que Bii<niap«rtc étoit très-sensible. au ses 
attentions. L'empereur, «««^il ajouté, est si reoennoîssanl y 
i|«e oe matin il me 6îsoit que, quand; même à trçuTerôit Voc^ 
casion de s'évader, il n'en jprofiteroitjpaf v«t qu'à: ne Youdvoi^ 
pas comprocuetUDie un officier qui le Iraitoit^si Junorablemeot;' 
L'amiral a répondu t « S'il m'avoitdît celaiui'saiéme, yhu^ 
n réis mis deux sentinelles à ses cètés »,* ( The Courrier, ) 

»' I l m I ' 1 I i 

CHAMBRE D|;S DÉPUTÉS. 

Le 1^, il n'y a êii à îa chambre ni réunion dans 'lés liJii- 
reaux ni comité secret. * ' , * 

Les commissaires cluirgés de discuter pour les difféféns bu- 
reaux le projet d'amnistie, sont: MM. de Yillèlé , Pàr<3|èsSiis,' 
Ile Germmj , de Cotton , Cardorinel , Bertier de Sauvigny , ôe 
Corbière, Chifflet, et du A^erg^r de Hauranne. 

pans hi ^apce .du 1.3 , M. de BouviIl« , vice-présidei^t , oc- 
cupe Je fauteuilr .On a d'abord fait un rapport sur quelques 
pétitionfi, doxntquelmies-uues ont été reuvçjées aux mjioistre^.. 
M. Laf orét d'Armaulé a fait un rapport sur la suppression dee^ 
fnbstîtnts des jprocureurs près les cours d'assisss.: Ce rapport 
tend à l'adoption dti']^r<^et. M. Gratter a fait un autre rapporif 
sur les lettres de naturalisation de M. de Lôverdo. Elles sont 
adoptées pas assis et lever* Lejttwistie dés finances entre avec. - 
deux conseillers. d'£tat. La dMcouion s'ouvre sajc ii^ pip^et 
dm- loi relatif aux contributions JH» i8t6. Pkisiennf «ra^u» 
qui' s'ëttHent d'abovd fait inscrire, se sont fait rayer ai«lnte; 
ÏT.; dé Vilîèle parle seul; non centre le jptbjet en ltfi-4néme,^ 
uiais contre la, partie qui cumule les ceiiUmç^ ^dditionnèis 
^yjdç les autres fon^s.. Catteiqîiestiçiii fis^t écartée poiu* le. mp<-« 
nEi«nt,. et le orojeteA. Mkpte fartoSà vnk'oonttie a. L'aûttie 
projet relatit à 'laf «tréatlon de sbinf millions de unîtes cet «gwy 
lement adopté à l'unanliàité. ^ 

Le i4, l'ordre dii^fo^nr^aippefoit lé iiscibli^*! sur la réunion 
d«s cantons de Moi|t b i Bii »i ri :,eidqt # Jbia »^ dépiijrt«ii[âBnf . 

du'Doubs. Les #oit ar^îeks du^pffpi«t*âe ki-SMii smc^tés sans 
disçiis^on.. ' ' * '-u ' • v./ î ,1.^ ., » . ;^ M 

JLe géi^érd A^g^r )f}}ft up Vapppirt èj^' la coiâmîssîon de^ 
pétitions. Une eu^'aj^r/çfi^^i^t^^'^tleAtJQn^ç,!^ 
c'est cdb i« M. te comte de Boangn^nt» ?mMire d» fi^diMiil , 



( i6o ) 

âépàrtomehi^ la Gir^4e , qui profiDse qqe , vu l'état de dé- 
tresse des curés dans les campagnes , il soit permis aux pa- j 
f^4l|rs d'accorder volontairement ' un supplément aux pas- 
teurs. La commission propose à regret r.ordre du. jour, parce 
qu'une semblable mesure , dépendant, de l'autorité législative, 
ne peut être provoquée par des particuliers ^ ct.eUe reconnolt 
combien ri ieroit importent de £sire jouir lés. curés de plu» 
d'aisance. Un membre demande le renvoi au miaistre. M . de 
Marcellus dit que comme rien n'est plus important pour les 
députés de la nation que de faire bien coiœoitre qu'îf^ par^^ 
gent le vœu général pour le rétablissement de la religion , il 
s'oppose à Tordre du lour,* e% propose le resT^oi au ministre j 
compétent. Le général Aubier dit que si l,a commission fi'» | 
pas proposé le renvoi au mroistre , c est qu'elle peiisbit qu'un 1 
mepfibre feroit -une proposition de Ipï stgç, la pétition. Mais ' 
comme le renvoi au nimistre n enipêcbê pas çelté proposi- 
tion, le renvoi est prononcé. 

.1 ^ ^ . ^ 

Le i4 décembre y on a, plaidé en cassaltoti 1 aileurc- de M. LàTafcÙe. 
M. O^J'^î^'f» conseilïer rapporUîii^, a faiC le rapport cleTant la ^ecltoa ' 
critnin'e)[l< ^réddee par M. -Bartris. If a rappelé' n)us Icrs -moyens de cas-^ j 
«fttioD f^é$f ifV^ par VÀcanêé. i^ ptétaiet ëièft Ir^itdé )im ce qae la* «rjit» ! 
HoisBatice ècn cri«ir6 4r kante trabiion ^toit aienho<irmr la cliinnre à k 
^ailàbr«^des ip»nfrt ci kp.çecood.itit di..Vers défailles de lOrme qa^'^a pr<^ 
trndoil atoir eu iiei^dapslc prçcfs. Lt: rapporteur ié$ a âi«ci|t4 aom- 
mairccnent. M. T3<4rinux , defcQScur de Lavalitle, a piris la parole, et a' 
cbctdà^ à faire viiCofr le» tmiy*tf«**jlj<!gi«^. W. M^iirrû, pttNearevr-gë- ! 
4iéT$i\ y y et rëf^méé. h n t>iirtit w<î èr t j 1 ct»t rottebsll a> I^Uc cÉip ^l iM » pré-' { 
tidBdtieé* bt cour 4V%sisir6, tt a dit. qii^ la lot ft^^'aot pas eacare d<fi«L 
1«» adtefiiaU q^i 9exi^ieql^fptl^& ôe^nni la oUapa^re 4^f paks, ils ^i^t 
}iVS|j[cia^es ^^ triJ^upj^i(.oç4inairçs. li a repvusfie ëgâlemenl les au- 
tres m aven s, Vt a fait ressortir la sacesse et ^ soin apporta» par le 
fîfésidriit de U ùouV d'issisës. H a coiJcW au reiet du poèirVoi. L* 
cmr sVst'retîifeê'^^s Kl 'cliaâtfbim dt| cètr/iiëil ,• H oprès^ i/ne- hevre 4é 
Mlbéraliaii:,- •llit<«(t tonirik , a/»Bf Me f»é^ïêtmt't\ pf nmidé V.smét^ 

---^.;.^ • . 

Bw^i*tt>Ow^ |Midli«c<9£8iàfiÀa> dA' BèMiËra .fWodaiK' Pannee i6>«|' 
. èi'«M|p*èli(iiMésf(detJbit9irfinx^b$«^ lt. fi^^cdfeporf. 

A Paris, cbes Adri^^n LcClcre, au Bureau du Journal. 
Oido^nancfî ^^ M*^f.f l,¥y#4M* A% yersaillBs pour la orcitatiôn dû "firé- 

vîafredans la f&rtie clé soh diocèse, d^^^ ^ajls/' 

smrnfe iB'i^V F^^» 75 ^ï»*) «^ fi^- fr«ft»*^dè'p6rt. 



(Mertredi ac décenilre îSiS.) Ç^\ ^4^^j 



*ÙËvrBES de Boisuet, éuêipie dé Meaux , revues sut 
les màniiicHts' otigiriàùjô et tés éditions lès plus cor-^ 
rectes (f). 

Apres avoir parlé, aaos uti premier article^ de' 
èetle nouvelle édition en général, nous devons paiW 
ïer dans celuî-cî de ïa prénûère livraison de ceUe 
entreprise. Cette livraison, de 4 voluine's, se com- 
pose excfusivetoent des* ouvrages sur rEaîture sainte^- 
^m même n^ôilt pu y entrer tons^ eft dont qùelqaespf^nsr 
ne paroftronf que dan$ la seconde livrsôson. Voici la 
liste de cent ^ui forment ces 4 premiers volumes; le 
Cômiùetitairê sur les Psaumes et les Cantiques, celui 
tor les Lîvres de Sàlomon', rExplication de la Prophé- 
tie d'Isteiïe sur renfàntemeot de là Viét*ge, et du Psau^' 
aie XXI âur la Passion,* TËipIication de F Apocalypse, 
les Dissertations lur la ruîiae de Ba|>ylone, contre We- 
renfels, l'Averfissemeni sur' les Ré^éxfions motales, Qt 
deux inslritctioDS sur le nouveau Testament de Tré- 
voux. . . ' : 

Tools Ces oùvfages montrehif combien Bossuet' s'é- 
toit occupe de rÉcriiure sainte. Il en avpit fait^'oBjet 
de ses études les plus assidues, et âvoit lu et le texte 

■■ •• I-.. ■«■* .!■ ■■. I ■ ■ ■ .■■■■ ■ ■ ■■ .^r ■>■■!:> «IW I I H ^I— WW^M 

(i) Il p>roit.4eiix KyrtûoiM de cet impofûtitl OKvrajgQ;' lot 
iroisii^me «st so^ preste, et les autres soivro^it sad^ ^^î» 
pour le pi^ix et lès eondîtioas, voyez tom. III dç ce Journal-, 
pag. 8i , n». feVr». A VéraailW, <*cb I^ B#I> et k Vk^'xs, 
^^hes Adrien' Lé Ctèreyâirbàreèii dit Journal. 

Twne F h UAnti de l» Hetigi^nét d» Rot. < . % 



(.02) 

et les ouvrages des plus fameux coinnieotaieurs. II 
vouloît meure à profit ses lectures pour composer 
sur chaque partie de la Bible un commenjUiirie a.bré^^ 
où les ecclésiastiques qui u'ont pas le temps (Je. par- 
courir de gros volumes , trouvassent , d^us un court 
espace y la solution des principales difficultés , «tlez- 
phcation de ce qu'il -peut j «voir d'obscur. Ce fui 
dans celte vue qu'il s'adjoi^'oit quelques savaps ofien^ 
talistes, avec lesquels il s*entretenoit sur ces matières* 
Les abbés Renaudot et de I^ongueruey d'Herbelot e% 
Thoynard, et les deux frères de Compiègne et de 
Vcil, assistoienl à ces conférences^, quicommencè'- 
rent en 167 5, et qui ne durèrent quç quelques an- 
nées. C'est ce qui a donné lieu aux notes de. la BilJe 
de Vitré, qui existe encore chez un libraire de celle 
capitale. Mais plusieurs livres de .raueieu Te&tanjeul. 
n'ont point du tout Ae notes , et TA. Héiney^ qui avoit 
examîï\é cette Bible, croyoît que tr^s-peu de no(e& 
âpparlenoîen^ a BossueU La plupart i^out del'écri-^ 
tuct de rabliéJBlcui^* u , .,, „ . .^^ _ ,..4U. 

Le Commeutaire^r les Psaumes , qui pjroît lè pj)^ 
mier dans cette édition , fut sans doute publié aus^i 
le preiàicr pair Bossùet à cause du rang qu'occupent 
les Psaiune$ dans les prières de FËglise, II a placé la 
version de saint Jérôine à côté de la Vulgate , aftp 
de suppléer aux obscurités de cette dernière. version. 
Lè Commentaire de Bossuet ne consiste qu'en pote» 
assez cotutes et dam les cas nécessaires. Elles sont en 
iatin eoBame4e teste. Dans uoe di^smtaûoa -prélimi- 
Daire^ Filhi^r^ auteur donne quelques notions sur le 
but el Je style des Psaumes ». sur Ws /o)>scurités qui 
s'y trouvent^ sur h teU^^ lesi.ûîr^^i Jes. var^îoasy. J^ 
myet^ les.«ttli&urs ^i h foém,^ i;e$ cantiques , eofia 



( i«5 ) 
tiXT lenr intel^ence ef leur usage. Cette dîsseiiauoi)) 
-en hiiit cèâpitres, est rédigée avec i>eauoou|> de c(H9h 
çisîaBw Boimet y failt eonivÀVte Fesprît qui a dicié les 
Psamuies, et les seèours qu ils offrent à la piélé^ leUr 
caRactére prophétique^ la morale qu'ils respirent* La 
beauté du style excite particulièrement son atteuttoa, 
et' le sîén s'elêvuit avec sou su^t, îl eo cëiébi^ avec 
.elKisioo la lua^îficéQoe et l^ douceur. Oo volt que 
S0I3 génie s échauffe aopi^ dé ce feu sacré > et les 
deux premiers ehapiu^es de cette dissertslîoa rapell^- 
roQt eo géaéral la maoière db Bossuel. Dans lo oom* 
memaire^ nous iiidir|iieroos aussi lé cantique Hiie^ffur^ 
ficat\ 'Gomme UD de ceUx où il y ^ûroit le plu» à i^ 
caeilfir. A la snite du comtaeulaire est i écrit ;ii»ti«- 
tcdé : &apphmiâ tn Psalmois.€,9 siant des ao£ea qa^ 
Bossastoi'a faites qtta|ires les préoédeuteà^ etqttiteit 
pour ebjet ^té&uer Gratins el quelqpae^ àirtjres pro* 
testaos sur lapplîcatiKHi des pmjdléues i^ Jésus-Clùrist. 
Il *y rassemble^ les textes' propliéû(|iias qui s a{^^ 
quem à Jéstia^Chlist , el qm 'mï)f m f 0m <riap pli<|MQr 
qtt% kttj il^ks «develof^j it «lettr ^dcNane ^plus (le 
foree> par cctfCe'iiBiiaioo. Celle «taspédededisserti^iw 
temdiae'Ibrr btcn le comiBiieaé^iveV ^stesumcrdta p^r* 
,tM ks phis importaQles du travail de Bossuet sur 
rEerilore. - ••. r. .,.'.• ^r .* 

liwliwe» da>6al(»aoii ocQUpBBi ie^secotid>vpli|ii^ 
de celte édkno: Ghaoun d'biax' est «précédé tdiVtf^ fr^ 
face, où^boiiude dans osHe des Ftotanes,o»ArOi9^e 
1 eJ^iioe )onite ài'érodilioDry.et la mbriétf d^fpi^-* 
sées jointe à la justesse. Ces pré&ottsfûat'c^nilo^e 
le Uivre, 1 auteur ^ les tradâcteursi èc donii^Jk^ an- 
tres reoseigneiseni» les plus» iléoessaîres* Data.ceUe 
mr les Pa)veièes> fiosi^M^.^ explique pott^^ 

L 2 



('64) 
ceur sacré a choisi de préfereDce dos sencences et des; 
traits eoims et vifs qui se gravem mieux dans la lué^ 
moire. Dans le comntentaine sur lemMue Uvre^ ]es 
chapitres X) i^ 35 et 36; XII ^ f. 10; XXXI ^ '^. 5, 
-seront peut-éu*e rematx{ué8 du lecunir. Ce dcroier 
contient un portrait de la femme forte traoê avec au- 
tant d'élégance que de vérité. Dans la pséface sur 
FÊcelésiaste, Bossuet rèi^e tine erreur de Giotiu»^ 
dont les conjectures hardies tendent si souvent à.ÎQ- 
*£rmer Fautortté de FEcpituve. Quelques notea du 
'tommentaire sont aussi dirigée» contre ce critique^ 
-auquel des savans, du temps de Bossuet^ accordoient 
-beaneoup trop d'estime et de confiance. Dus celles 
*siir le GinliqMe des Cantiques , îl a eu surtèut à cœur 
'dte montrer les sens Hel^peux et les insiruetioas' mo- 
rales caché» sous des eipressions daM la» licence a si 
'fort abiise. Ses notes sur ce livre sont plnsJsDgiuee^ 
•^s développées, et méritent d'être lues par les leo- 
*teut*s qiii ebercbent ce qui esi<grave et aolids. £tles 
|ièd«vieMiNH^^kis<(0oiirtes sur la Sa^sse^ i» TËodé»- 
Mastique. Cepencfeitit^ y. en «pluaienrs'^ansc^li^rm 
'qui sont assex étèiidnes, et Bosmèt. j eottiWt eDOore 
"érotiùs, en tegiMldnc^W homme*st instruit ait «onki 
trop souveot dire du nouveau et de* rcilraofdio we y. 
au lieu de suivre les interprétations les plus, nelu- 
' fëHéà et les pluk «Ufiorisées. L*illu^ri évéquea placé 
^ pduir Jrse lîvrie, en ^regard de la Vhlgaiei^ la^ version 
' qu 6n afIpeMe Siitioe, sur laquelle il laut liréoe qaVfu 
'dk'Mditeur, qui retèveniiem^MÎsede Td^bé PSrau 
'ét^dé Faïfcé Lequèui;. 

" ' ' Lés eiplicabonS'd'Isaiié et;du Psaume ixbci y qui on<- 
' vfèntle troisième volume, sont lesciernier» au vraies 
* de Bossuet, ^t conirue lésdeoiaieis i&laics/de sèn gé- 



me |l/^e,pra(los^.dY ré%er les soçîàie;ias, ci àe dè^ 
velopper deux caractères de la ilivmilâ dp .J«su»-r 
Oirisu Ij'^xpH<vMÎûo de ri^j:>Qcah'pse y qui suit ^ est 
un trailç éteHda, e% qpi ni^r^teroit d'être plus coudu. 
Ce j^ao<Jl{^v^ci^eji'Cl)vqu^ ^'e^^^KHlre les dédaina-t 
ticms 4^ protestaûs de so^ temps qui pretcudoîeot 
trpuver la Bâbylone de, ^i^iot Je^a daqs TApoca-^ 
lyp$^ y eatd^eprit de veoger FEgtis? de Jésus-^Christ 
et. la, jçliaire de.s^t Pi/srve.i et il e^ r^nviirquable 
que dfP^Î^ 1^ plu^ célèbrefr potes(2MQ».out h pcii près 
al^it4<^^lçurpdie«se interprétatioa, qq'^u liooi^iijey 
qui; iie.df^it vC^tholique ', a j>Ojurtaai osé recueillir ^t 
renouveler dans un écrit récent. epfaofé parle p^us 
ppd^^l^ ^ar4?iiienXj; et ice q^i BJoyle le ridiçMlei au 
délire y ç'f^t que cet ^lomiue (de parti et lQ^ siens u*oiit 
pa9/crp4Dt4)0. s'appuyer, de rautérûé de.Bos^\ie)tv ]ÙL§ 
vqqS;raoQi4(^ pariÇMt m^ ^mqi^sfUv^ supposée 4^ 
B9!|9i9ç(;^f}9c Iki.§«v^ty OÙ \U le ^i abonder daps^î^uf 

dest Sp^n^ fbps wp l^uv© <jai, i|'e«^ p^^ 4ç Jw r^t 
€^'oi;i.4^it e/Lre,rou]iJ:r«7^ 4\MO couv^lsiowamey pi^nié 
le P« 4&.(^qqe9» YoèUi Taplpr^^^ur jaqyieUex^a prête ^ 
Bû^su<|tjmç ppioiop iv^ii|gue4';fO bpoime si judideur, 
si4cJdiré et si.eiu^. ;jL.e «o^Jléa^rjsiue 4^ Çossuet est 
p^^uppqsitîçu .4çsiif uée (de fopdsfueut ^td^ vrair 
sem^l^<^vQu^iat ^J'appliç^tioa qu'fl fi»it,4es^di£[é- 
r^tes pafUei^ 4^ l^prçpbiétieâiux évéuemen^ de Tbisr 
loîre, Û pp propose ses conjectures guayep.ifîe,nïO* 
destie f{tfi Qât, ypir. ^^ncore qo^bieu il put épê éloigné 
d'autoriser des hypothèses hardies et contraires à la 
iraditîoiv A.l^ suite, de . son explication dej'^pop^* 
Ijpse^ j^ eq a présente un abrégé fjtt'^ ^J^fi^ .p\^ 



(/es) 

propre k donner nne idée de ée lirre divin ^ et de sa 
manière de l'interpréter, 

UJàvèrtissemetit aùiif protestùns sur kùr prétendu 
accotnpUssêrnent dès prophéties est nnê réfutation de 
leurs invectives contre T'égUseromaitaé, en tAnt (ju'ils 
les appuyoient sur TApocalyp»©- Bossuët y ptivérise 
entr autres- le système de Jurieu^ dont leë ilmsions et 
ïes fureurs avoienl eu quelqtie temps ééf la yogue dans 
son pcirtT^ et tOnlbèrt^nt peu après dans Un mépris 
prOfdtid| BossnM, accôétuthé à lé bAtré en ittines, 
fait ressortir ïes côdtradidioiM et fcs eicès de ce minis^ 
tbe/f âonVh postérité a poHi'le méiiie jugeiheift que 
soiiiiltnslr^ adversaire.' ■ •''•--. 

L^ëx'f^aiiott^e TÀpckiôlypse fut regardée parles 
pt^testï^ns cofronae un ouvrage trop ihtpbitîtot pour 
qu'iU n'entreprissent pas* (fy réporiidl-e: Sl^rfii^^Wc* 
rehfels, professeur de thébte^^îe li'Bfllé!, Rt^outedir^ eu 
î yaï, ^rt- Jacques-C-ffristoiihèiselitw^^i^ù^ 
eotttré Eèsiîoèt, Wl^ fui ëtrvôya JBossilet^ i^pbttdit 
par récrit intiibl^V Be extidio Ëdh^WàU épièifsnik- 
tum Jùùmeniy^iik il dAtoôtitre, \^: qu^il é*y > dam la 
tJabylofaeJ dont parle sahit Jeaé^ aiiçnii ëàractèife qui 
fcolivieîntie i Tégli^' rdmàibe;^ 2*. què^bè '<j6ë*dlt le 
jyfophèté's'àpntîqneàîlèmé tdoîâtré; 5i»; (^ Pifatér- 
prétatîcm *^û*il éVbit doniiéé'eit cfetifornie' atr' texte. 
Cette eimèfce dé disseriatl^rt, He pi*èé 'de defttt cents 
pagés^/^ ëit*' û'n't'^fttiAaé âp^ lidute^ lès precri^/dôo- 
hées'cfetià^'les ébrits pré<^diitii'',' et o'À y *<lmîrtï, dit 
fkbbe Hâhey , la lîdéKté' dé ^ctëïfaoîre et % Vigueur 
dé stylé 'tViiëBosiuct âvdit ' côûsèi-véés dan^'hû âge 

* U Avertissement siifJé Iwre det'ftéfféxiàni Hiôrahs 
est assez i connu 9 et il ésrinûtîle d entJHîi*' 'dans 'plus 



( »67 ) 
de MmU mr une production dont nous atons dé^ 
eu ocea^on de parler. M. de B^usset^ dans scm his-* 
ipitede Bqssûet y a donné loiû les reasèi^uemeiis que 
Ton peut désirer sur ce lièvre 5 sur^sa publication i^^ 
dve, et sur son titre trompeur . 

Ce quatrième volume est46rt|iîlié par les- deux ins- 
tructions sur la version du i^ouveàu Testament de Tré- 
voux. Bossuet avoît été particulièrement blessé de 
Tesprlt qui régnpit dans celte .version <,. et de raffoc- 
tatiJQQ 4e Vaiiteiir à laisser de côte Jes cpmmentateurs 
c^tbiQU<^^9 et à «ceue^lïir If^s iifterprétatioBs soci^ 
i^ietPHi^St Çel auteur étoîi l^iehavd $^mon> connu par 
ses Histoires critiques' de Famdên et, dû wouveau^ Tes^ 
taihent>i qpi veu<HC de puWier ^ Tiwoux, eu 1702, 
iMieti^adaetîoVi du nouveau Testament. Critique liardî , 
il ^uivoit presque pas à pas les çommenta^ircé de Grô- 
tîujs^ JPfjfgij^^^jplfiyn ayeCtiCprse pomre 5;^tte pa^thode ^ 
J^^iw^pUisi daogf^fa^se eficore daps un aiM^ui^ cittholi^» 
iflBW?^ :0I àm» U|i jprétre. ; U iento- dé- • ramener Sinsm 
j^^ns plusieurs entretiens ; nid$s^n [iarotl que côTàî^îi' 
promu do/aire d^s çorreçtionf , 4^ qu'ensuite il ne 
cti^rqlh,^ qu'^ ^éluder se'&^proju^çsieS;. oa niauiai^e fi^ 
^ngagP«.%ss«^<| i^e le,plu$ ^i^nager^ptil dir»gç«f 
Qoutff |i4 dqux ioâimotiQiMijVÙ Urtirfèvfe ftne /bule <tor 
p » flflQgc » de kf uQuvette trai^^^'/ ^^^ ^hérettians j< 
des ie9tpHtz|MiBeRs' isomnîbBOM y ém naidi * hàfitie^ ^ é<' ' 
un' 'pettdiaat niàmfejK) à ftivôrisef de^ èW éàts trèsr 
graves. Simon se défencSt; par qiVelques rottres. ' '* 
. Tpls, ^o^^ l^s Qu^^rages qi^ remp^sseiiC c^s .quatre 
yplun^ji.: jL>t4ret des ^ujeta ce. joà^ m nom de Boii4^ 
s«et pow appeki^i'atl»ttâoit*M la eifriosité du public 
religieuxâUp cette première If vrmsdn d-unè entreprise' 
«jcw se i^c^rsuit^ôvéc aciivitéi' Oâ annonce la secgiïde' 






l^j^son wmîi^e cjQvtol lriè.s-..|^iochaiiiem«it'jiàrdttre^ 
et l.^s. édiif^urs ;iK>Qti:çot un louable empressemenc à 
satisfaire le. public .pa^ U célérité aiUaiiit que par lès 



Rome. Le 2^ noyçmbi*e, les cardinaux^ isulTanl un 
$nc\en usag<), oht adresse ^iix ministr<^ rësfdenç près 
i% saint Siëg© leurs Micitfitions et ^l^^s souhaits pour* 
Il fi^t1e pyocbaine àé lé Niitifité de notre Seigneur. Le$' 
maigres «ont .ch»rgë.s^iAé tiWnsmettre à leurs «Dcrvemins^ 
re6p6cti& c§3 iënH>igii2^ges de «etigioti. gt/<i^.p glilme .. 
Le8 cardinaux ont £^'\i la mèpie déip^rçh^^ réga):d«4^ 
leur? icijoliè^ttes abseus, . ' ,. ' 

f r- L'académiô,diteTîb(?Hne, a* tenu une géince ex- 
traordinaire pour ic^iëbi'er la i-eMitution deft-pt^vînee» 
D(HBaiae.v Beâuceupde icarditiaux, de^pnéiatseif â't(l«H^ 
t|r«s ^!rangei*s y ofol IfêijivV ' '• * *"' >' *>** ♦ ^'i.<^ 

Paris, S. A.B.fttdKsiEUR^ est parti, noûr Sens, où 
rfle assistera au seryipe poo»^ M, le Dçiaphin, son père ^ 
ihÀrt eh i^65. On se ra|ipelle que ce pnhce ^t. le même 
myage Pann^ dernièt^ à eette époque, et ll'^pàrèîl qu'il 
s'est imposétons le&auft ce pieux oe?oir. Atesl sur veytim 
dont cette ^.iigosle famflle.isons donne TeMÀplèi, il faot 
joindre encoip h raspect peul* )«|.nncètce9t.tet le ^iu 
d'àdresspr pour <eux de^ prières au oici, . ., • - 

•—M. rdbbé Frayssinonjs prêchera , jeuAr îii% dan» 
iMte assemblée de ebarité dans l'église de Sainte Vibcent 
dePanU Dn regrettera aam diaute-de-iie pas euMidre 
c;?t 9rateur. dans, une ene^inle plus vaste, et ceux qui 
i^'oj^t .pas assisté à s($ copféi^quçes^ çt epçpr^ pins i^l>^ 




( x69 ) 
qui leji OTl .frëqjueul^^, voieot ftv^c peine passer ré--, 
poqu^e où il avoi,^ couttune de Je9 coiaifieaceL', »9vs (\^XiK 
soit que9Uon de les rouvrir* On ci'aiiH qqe d'autre oc* 
qtYpatioas n'eœpèoheot cet éloquent ^poU^giste de la, 
religion de se livj^ei: à une œq^re si ^9poitanie poin> 
tant et si utile* , : 

— ^ Nous avons la douleur d'apprendre qu'un prêtre 
da dioeés^rde Carcassonnea éié ti,*aduit devant lu conr 
d\'is8i^es Aq celt^ ville poui: pvopos séditieux» Les témoins 
n'^élajQt pa9 lous présefis, il a élé r&nvoyé à la prochaine 
session. Le^joprnal de Toulouse qui nous révèle ceUe^ 
triste particularité, y ajoute des réflexions fpft ^gf$«i 
Tel est, dit*il, le résultat d'une révolution qui a inter- 
T-erlij^otUes. les nolions de fidélité et de devclir/Il-re* 
naairqii« qn'no'tel exemple, est heurenseinent fiorirare,- 
et que. ce. scandale est convert par rimmensemajôritét 
des prêtres qui ont éîé dociles à la roix de la conscience' 
Gl de riionneur^ 

.î ' • ^* ; ' • • . »f ' r . . • . » • 
.' -^, On sait que la cfQngrégailioi^.)des prêtres dçs. Ml4*> 
«îaa8-»Btrangères, rétablie en i8o5, avoitété ensuite sup- 
primés déns un éooès de colève ^ iSo^f L'ejEiiiiehi» ^e 
la roligié^ydocoofë alors àfaitie la gnerre ou Papie^ Ae 
Totiloit pas laisser stiMsIer dcs'iélalytissenitn^fairorsMes 
à l^figliae> et frâppar dn/ nveitte ooop plasienrsrrwiitveB- 
ÎBAlItqtÎMS; qu'il airah porii. f^mf^iwer i'mhovA^ Parafai' 
raison cantram:, oii & dû ««ttendiia^veiceS'iiistUuPtâaiMM 
scroient protégées eiBcacement sous un gouvernement 
animé d'un esprit toot^ d i ff i^ i e nt. ti. M, a donc, par 
«n décret du 3 mars dernier, rétabli la congrégation 
des Mi8sions-iEinii|gèrssf;v)et «KPpntefCtiX'éiabHssement, 
fondé sous Louis XIV, et une des grandes créations de 
ce règne, va sortir de sa rdiYiesVet rempèit^ se* îpéfiî- 
blès et kotlorn^tes ftmc lions.* Les misëtôtis WifTttjftes^^' 
l'Orient manquent de plus eu plus d'ouvriers',^* appeW 
lent le zèle «et» Je CQurago de nouveaux apôlreç. Lançon- 



( >7« l 

gi'^galion des prêtres du séminaire est a«i)OQrd*hifî très- 

tfti . nombreuse. Peut-être des sujets animés de cette 
elle vocation n*Altendoietit-ils que ce moment po»r s'y 
consacrer avec plu* de sécurité , et la restau ration de 
Ja monarbhie sera aussi celle d\itie nfeuti-e si noble et 
si pieuse. Il est question actuellement du départ de quoi-' 
quçs qaissionnaires. .....•, 

'— Les journaux ont artnoncé que M. de Barrai, 
ancien archevêque de Tours, ëtoit tombé en apoplexie. 
On ne sait ce qui a pti doitnei* lieu à ce bruit; mais 
Oh nous assure que le fait est faux; cft que. cJe* prélat 
n'ff point cessé de se bien porter. - • '. ' '^ 

- *^!1V1. Tabbé ftaOEàn, cTiapetain du «Roi, est |»ârli, 
le itâ'fdQ de'meis'^ pom^ Oriéanls, où il virWjbifidlic;Mix 
ibiesibiuaHaivet qui sont 4epi>îs quelque terop darns cette 
xiUe^et dont'IesinsIniQlion» y altir.eut.toujopW la fo^ie , 
et y sont couronnées des plus heureux suocès* Les sorns' 
et ié zèle de M. l'abbé Bauzan ne peuvent qu'acçroiti-e 
eîiedre ces fruits de ' béii^dictiôn et dé sâlùtl * ' 

>-* hiù vendredi 2i'f i\ y aura asMiiniïiléèfilÉ oiiimlé 
ft 5^itt^T.RoGh. Le aei-nioa kera prononoé ptar.M. Tabbë 
BWrier4tM. ie cui^ pl^éaetiterd lei.laUeau do nombre 
d«s:notiviHM»y aiiisi que d«B sccotîrs}^ distribuer^ et -des 
é|4l4«saeaienft formé», par l'astooiattioâ de charitië; Les 
ddMies de Ifassooiaèkw. naetteiUeront les ^nmte^s^ 

. ' • ; I .!' .f i i i t n >i i^ inn i i i li n ; .. ., 

NovyU«I»BS» FOLITIQVBSU e' 

-TisHîs. Dtieaiiclif 17,,$. M. reçu le priece de )Vortem- 
brt^^,i^jn% l« V^ê$e, $• M* a.r^u aussi lejB,lM>mm^esd'ua 
gr^td iiombre 4e fbifc^on^aires civils et i^jif^irj&;.^ . 

* -^ Les page» M S. M. , ctnî' seront au nombre dé huit , au^ 



^ '7^ ) . - 

^hl pôiiî^ g<>tiv^înièur !é comte MactiëW^ata; pour sbus^gofi- 
Vérnetil", lé baron Géwibwid d« Rftiat; pour prëcépteinr, 
Tabbé Yillaré; et pour sous^prëceptédr , l'abbé Laf on; 

, . • • . . . . , . < <• 

— Une ordonnance du Roi supprime , par dçs raotifs.d'ëco- 
nohiïe,' une direction générale oe l'agriculture et du pôin- 
ïrietcé; uuê' attire de Tadministration des communes et des 
hospices s et une intendance générale dés arts ct'mohuméns , 
qtiî avoient été cr'éées pi^écëffemmeot. 

.-— S. M. a nommé, par diverses ordonnances, à un assez 
grand nombre de places dans les cours et tribunaux. ; 

' -i- t)(ès fonctionnaires jet autres çOntînnejit à ofFrir des 
somtne^ jKmr les besoinf de r£tat, ou à faire l'abandon dé 
aommés qui leur iortt dues par le gouverbenienil Parmi eujt 
on remarque. plusieurs ecclésiastiques. M. MioUfs, évéqiie dé 
Digne, a faitj rabandon.d^ ce gui lui restoit à tpuçbcr sur 
ï8T3. Dfver^ cures ont renoncé a des portions dé leur traîtfc: 
iiiént '-.•'>■ ' ;- . • ' ' ; ; 

^^ Om a £rappé une noëdiaitie en l'honiiei«r*de la Satn^*^ 

Ckarie», fôtede Mtmùnvn, et de rhonniwg» reofda c« jdi;«^ 

lii à S. À, K. par là garde nationale parisienne. Mi le due dé 

i Jl^lgio «présenté cette .médaiUe ai| prince. (^ ' 

— Le premier conseil de guerre doit s'assembler prochai- 
nement pour juger le général Drouot, qui s'est constitué 
prisonnier depuis long-temps , et qui presse l|ii*méme son )u^ 
gemént. î '»«/•! i ■'.. j .-. ; *K) 

— Par un avis du ininistre de U guerre; , on rappelle ^ux 
fôtictiomiaires et partiàdfers , qu'A est' défehdu d'acheter des 
armes aux militaires, et que toutes' c^^lles* qui aorôient ét^ 
«bandoéaiet lOi^ Tendîits parxeax><ci , floiffvnl être rabdaes au 

^ fr-Xç^ )!^"triciiiVns ont ùiil, le u, lerir eiitrép a Lfiçdavj. 
Itt.'de yaublanc, ministre de rintérfctir, âvoil écrit préce'-; 
diémmënt au;|i]aire, de içetfe ville une leHrfi pour (uî annoncer 

?ue Iç Roi aVoîr pte obligé de sliptilpr h redditaôn de qiçtté 
\dx:él ^ Tel .'est , *T i 'loi 1 1 e m i n i si r^ ^ î e ' résn Wnt^dç fa con spi ra- 
tïdri^Pâ i'aàicrtc rnsiiTi^aTcur èïi Ffawcâ. Vn honteux aban- 



( ii7<* ) 

don des draptAtix de. là. patrie noue a-eondiiito sur hi^ord ê0, 
î'abime , et de grands «acrifices oçt pu seuls pôus epipecher 
d'y tondïer. Le Roi n'a pu «ai^s- une prqfonde affliction se ré-* 
soudre à vt)us séparer de sa grande famille. 

— Ml', le duc d*Angoulénie est parti de Toulouse, le^ i3. 
lies l^abitjms de cette ville; «nt trouvé le tempe de son séjour 
parmi eux, beaucoup trop court, et se flattent que S. A. R* 
reviendra avec Ma dams. Le prince afijéoà dans ce nopieot 
à Auch et à Bayonne. 

— L'empereur d*Autriclic est toujours à yenise oîx on lui 
donne des fêtes , et oii il s'occupe' ae régler Tadministratiott 
de, ses nouvelles acqiiisitions. Il ne partira que loroque tes che- 
vaux de Connthe f t le lion de Saint-Marc auront etf replacés 
pu ils étoienij. S. M. fera son entrée à Milan, et on persiste à 

dire qu'elle visitera Florence et Home. . 

( ,1 • 

^On parle cVun mariage de Ferdinand VÏI, roi ^d'Espe-i» 
gne , avec sa nièce , {^ seconde fille du prince régent de Por^ 
tugal. Un journal avoit annoncé que ce prince prendroit une 
iftMm dânif >une cmin du nord. Un .tel. choix, anrott été e«n^ 
i^ré «.la pciUtÎMie deVE^p^gn^^ et'à mo usage constant de 
nli ppintlcwisif des princetoes étimngms 4 la religion catko^ 
lique. Il paroit qua |(« v^îgKimlioii» )Ma»iq aMm|[a fnffM* 
avec une princesse de Portugal sont déjà fort avancées. 



.i.t I ■. . ^ ^ • . . 

CHAMBRE PES PAIRS. 



paç^.la s«>noe/^ir ^2., yfeisieurs pif^rt |^p|jrl^s^> pri^ef 
de^oipourjesicçiufspjçvotales., i ; , . ".î ;îî ^-.i» -. 
I Dans la séance ^4% i5 , km, a enlcqdi»lè Tapp«n<dktfavbmB*« 
mission nommée pour cet objet. Le rapportées icÉ8itiM."lii 
con^te Eeirand , qui a. conclu pour l'adoption, du nrojct. Un 
pair ^ cpihbattu cet avis.. Aiictuit «^1^,^^ ^f demîanAinV laT^paii 
rôle , ion a nroc^é au scruli^^ et le prçffit a réuiiî^ 120 sufi^ 
iTragès sur i3xVTi'i{)résidént a proclamé son Uôpdon.j '^^ *^ ^ 

Dans la.séaf^c^ dp i8, la chambre. |9i,disput&li? prpje:^ ;5ur^ 
f 'inamovibilité ^ef jwçç%. - Wp^ei<u:v pai^»l PPt.içté ^ni^niu$^ 



( 175 ) 

lyewK. entr'atrtretfmt prononce déè diicôur» ubh longs. Huit 
xieiahres tout âutrils pour le Imdemaiti^ ^ • 



CHAMB&Ï DES DiipVTESr 

On dit cme iucoB le comité secret du 14 « la chambre a ar-^ 
rété des réductions $ur ses dépense»^ LeI £irat8 de la questure 
tét les trahemem des employés ont été dimiiinés. M. Michaud 
m fait la proposition de* voter des remevcimens à ceux qui, 
au mots de marr dernier, ont défendu ie Bm et la monar- 
chie. On a remarqué le passage suivant de son discours» 

H Vous savez, Messieurs, a-t-il dit, que dans nos troubles 
révolutionnaires la royauté légitime a eu' le même sort ({ue la 
religion. Le trône et raulel , Dieu* et îb Roi , se trouvaient 
toujours confondus dans les imprécations des factietix. Mai.4^ 
comme cette Eglise, contre laquelle les portes de Tenter ne 
prévaudront poiht, la royauté a triomphé au milieu des per«- 
ilécutions ; comme l'Eglise chrétienne aux îours de calamité , 
'îa royauté fégitime n'a jamais cessé d'avoir pai^out des ap6- 
treà et des disciples qui otit 90uff^ toutes tes misîJres et bravé, 
tons les dangers. 'Mais, conmie l'Ëglise aussi, fa rotule rié 
^^Ibit^Uepgi» réserver ses palmes à* èedx quiimt somSeii pour 
elle? «e iott^^efte umk «ucritv daiii ws fiRiites'>les noms^de ses 
jhartyrf etidéses dofenaeors? - * -» * - 

» Je poorrois ajouter aux mtotffs que je* viens d'exposer des 
considérations prises dans les plus grands intérêts de la so^ 
ciété. Depuis vingt-cinq ans, le triomphe du crime et les 
longs mallieurs de la Vei*ttt ont jeté de ! incertitude dans les 
consciences , et causé une fttneste révolution dans lé monde 
moral. C'est a voâs qu^îl appartient de recréer la moraîe pn* 
blique, et de refaire en quelque sorte la conscience du peu- 
ple. Tous les devoirs dVi législatetbr sont afiijourel'hui renfer-^ 
mes dans ces paroles du monarque : Je reviens pour punir /éa 
méckans et récompenser les bons ». 

Le i5, ir y a eu encore comité sebM, dans lequel M^. de 




074) 

requérir M>n alK>Utioil.cl»iiB4ae.legîbilàtaifc (j|)< .^ 

Le i6, il y a eu séance pubKque. On a fait un rapport sur 
différentes petitioits. Il^^n-a^maonnàbles qui ont été ren- 
voyées , soit à des commisaons , soit aui ministre». Il y en a 
de ridîcul«f dont on a fait justice. Un parlicdlier, par exem- 
ple, abandonnera une somme de 87,000 francs > que lui doit 
le ffouvemement , & condition qu'on lui donnera it lui , à ses 
ennns et à toute sa famille, des places locratÎTea. Une péti«* 
tion, faite par un magistrat 9 pour demander la sapprcssion 
du divorce, let plasiears antres qui tendent à foire supporter 
)e9 frais de la gverre par cens qui ont provoqué le retour de 
l'usurpateur, sont fenvoyées à une commission. M. Montjoye 
et quelques autres demandent que l'assemblée proclame que 
raaniversaire de la mort de Louis T^V l^era un jour de deuil 
et de>j^ûne^ et qœ aul.n'avoit le droit de Jf^juger. Renvoyé 
k une commission qui s'occupe -de cet o^et. L'ordre du jour 
appeloit la discussion sur la auppression à^ |>rocureurs cri- 
xnitt^. M« Duptessis. Grénédan propose un amendement 
qui est rejeté* Les articles du projet et li^s amendemens de la 
£(mimissioo sont mis au*: voix et adoptes. On passe ensuite 
^ rappal'Jioiniiial et an ^^rulin , et la loi est acceptée par a5i 
voixcoatse 3. . 

Le m^me }a«r , 9greli k séance publique , la chambre Vé^ 
tant ffiriii^ éH' cottUfiS'éëcrat pour diseiiter le budjet dcvses itfr^ 
penses^ M. de Saint-Romain a fa» le» voles prottoncâ k ki 
conventiou, iors du procèa de Louis XSl, par quat^ indivî- 
..dus à qui, T'aqnée derai^re^ la chambre «voit accordé des ' 
nemioi^s i comme étant f nqlens employés du corps légiidatii. 
La lecture de ce$ votes a excité, une indignation générale. On 
est allé «uip-le*cbamp aux voix , et la chambre a arrêté, d'un 
jnottvement unanime , que les quatre conventionnés seiroient 
.rayés de la liste des pensibni^aires. Ç'eçt sans doute une assei( 
^uce punition de leur crime. Dieu v^uilU qu'elle éveille ^ 
fiuxlfi remords. 

. ■ .- ■>■ . ' . ■ ■ ■ ■ ' I ' "r 

(i) P^are* soa otovr«|t «yaiA pour Mire : XHi I^iyfiKceeonùdéfé on 
i8v. siècle reiatit^ement à Vétat domestique et a tétat pub fie Je- 
nnciéxé î seconde édition, t vol. in*8<>. ; prix, 3 fr. 60 cent, et 4 fr- 
^a cent, franc de poct À Paris, ches Adrien Le Clere, «11 buNan Ai 
Joufiml. . . . . .^ 



(175) 

Lt i4 « # «ne licnKê, U séalioe n été «SaverCe. M. le^c ie 
Kictielieu, M* àe VMiUanc et M. Bec<|uey dnt pris place au 
b^qc^^a ministres. Us apporipieiil une Mi sur les élections. 
M. de Vaubkric en a donné les motifs dans un.discours où il 
a 0nalj^ ]e$ principales diflpo«i4ioiH de la loi. U y aura uA 
.call^^ él^totAÏ dana chaque cantén^ £tt sepoitt- membres les 
soixante p1i?&< imposée durcantop, le^.linéfiideBS des trihiniaaY, 
les juges de. paiK ,. les^maijreSy les vicaireMénéraux, curés et 
dcsaervans. lU noimnent lea ëledeum de depariement; Sont 
. de. droit incjmihres des -c^Uéget de défMrteiMent les acchevéaues 
et évéquMt et les.sojxantes plu^ imposés. Ainsi k jderge ne 
sera pins j^ctfté tpt|fr-à-*fait, comme il l'était defuîs.si ioRgv. 
. temps V dies a^^mbléesjélectorales, et il est même remarqna- 
.Ue que. lep évéqnes çont mis en iefe de toos les. aotres. On 
peut 4tre élu h vingt-cinq. ans accomplis^ I^ea préfets et oom* 
mandans militaires; des aénarlemens n'y sont point éligibles. 
Les départemeos serwot repwrtis par le &oi en cinq séries, 
dont la premjèrt cussiera ses fonctioas avec la présente ses^ 
sioa, ^ ainsi des autces» Chaqoe oollé^e nomme deux sup- 
pléans. Les dépiitéi peuvent ^re indélioiment réélos, et ne 
.racolent aui;un traitement. Lts.i^oOéges f lectccaux ne peu* 
vent s'occuper qi|o des électûms , ret ne .peuvent demer m c»- 
hiers ni mandats* * 

^ Tellessont les principales dispositions dn projet , qui est en 
3^ .articles.' Nous en dpi^nerons le te]Lte,^umLiLanra été cmi*- 
veitienloi. 1 » . r ^ 

SpiÈgR%, MSt. , a dit le ministre èh fSniauint, que vous étés 
placés çntre rantiq[ne monarchie si cbère/â vos aïeux, et ce 
^ooLVemement , qui commence au mitieii dé grands malheurs, 
|1 esl yvAi , mais sons les auspices de ia vertu assise sur le 
trâoe. Ne.perdec psss de v«e que la loi nôuvèUe^ en fortifiant 
.ce trdneyvtransmet à la itostérit^ «ne mMsarcUe qui jwrce 
avec éclat les nuages de 1 adversité, ^et qui met les maxtiiies 
nouvelles en harmonie avec les anciennes. Garantissez aux 
âges futurs les promesses de v6s aieux,. les vAlres, celles de 
vps fils, et préparea^vous le bonheur iet h gbire de pouvoir 
dire un jour : rfovs fûnéfs- é$ ceux ^i.^frkènnt dans sa 
course ie char ierrièk 4e la-féiH^i^tÊ,^ v 



Il paroit , depuis quelques fours , un mémoire et une péf i- 
ti^n au:^ chambres, au nem i^ M. le marcpis de Forbin* 



( <7« ) . 

Jafts<^A^ en faveur dû tomte ForUn- JanMo , son liJs. On y 
rappelle la coôduite politique de ce dernier, et on s'y dissi- 
mule même pas ses torts. Le comte de Janson &e mit, en 
février 18149 ^ la tête d'un Corps franc dan» le département 
. de la Nièvre. Cette année, au mois d'avril, et par conséquent 
après le dé]M[rt du Roi , il accepta des places civiles et ûiili- 
.taires, et siégea dans la chambre' des pairs der Baon aparté. 
Ka famille , en avouant ces' fautes , réclaÂie cepelklaût contre ' 
l'insertion du nom de M. dé Janson dans Tordoilnance dû 24 
juillet. £lie expose que la petite casmagne qu'il fit l'année 
•dernière , à la tête d^n corps franc , n a pu motivef cette in- 
sertion, et que quant a ce qu'a fait M. dé JaAson après Je dé- 
part du Roi, comme â n^a point trempé dans U c<mspi- 
ration , l'amAistie de Cambrai doit lé convrif . £Ne deiïiandé 
qu'il soit jugé selon les lois , pour connohre s'il a toulu. le 
déchirement de sa patrie. Il ne nous appartieilt ^îYit de 
.prononcer sur une qaostion qui est soumise au jugement de 
l'autorité. Mais on ne peut s'empêcher d'être touché des 
sollicitations d'un- père en faveur de soA iils. M. le iharqn» 
de Jaoson , dont le zèle pour le Roi n'est pas équivo^e , est 
plus recevaUe à pkider une cau^é qui né doit pars Iti:^ être 
moins, chère. Il pourroit invoqiier ses services personnels, 
ceux d'une famille dont le nom figuré honorableilic^ da»^ 
vnotre histoire, Oei^x de pkisieurs de 5és parens qui ont péri 
'dans les temps fikheioc de notra réfrolulioa, victimes èe féor 
vtAe pour la cause tvyale. 11 pourroit citer le dëv«iif«iMfit 
d'un autre fils qoi, à l'époque fotalie du mois de mars, dW ' 
offrir ses an-vices à MADjmE à Bordeaux, joigi|it M. lé ddc 
.d'Angoulême dans sa. coilraj^éose et trop coujrfe campagne*,; 
sauva de malhenrenx royalistes , et coui^ùt ensuite à Gand 
pour y être utile à la même cattse. Mais M. le miarqùis dé 
Janson ne crok pas «toîr hesoita de ces considérationaf àcces^ 
soires. Il eil appelle à'ia lionté du Roi , qui'a cfouvert de l'am- 
nistie de Cambrai' les délits postérieure au i3 mars. 11 en aiH 
pelle à l'exaiûeii de la eonduite de son fils qu'il a sollicité oer 
ministres. U en ïijppeild afvx «ball^brés oit la loi d'émnistié e^t 
aujourd'hui; porté*. Sa fHkitioÉI^ a été reitVôyée'à la cofhlbis- 
faon chargée de disculev* lé* projet. Elle n^èstpas sanfquel<^ 
que vivante . (pii ne tmin- point sans doute au fond ae Ut 



u 



{iSdmedi q3 déccthbte iSiB.) (Nô, i^l) 



, Il est un roj^uirie, asiea voisin de. noua» où le nool 
Aé JéMikes.a i^uffi loag-ttetnps pour esciten les plus vivei 
alarmes. Un seul Jë^uile f qui oivoit débarqué dacfls quel? 
qae cbin de TAngleteiTe, ocQasioniaoit une arumeilr ef^ 
fi*QyaUe; L'église établie jeti>it4e8 hauts cris, les chairea 
retenlissoient de. plaintes anoièrèsi le pancleioitot riedôiM* 
bioit de riguiaur», le peuple de^LoiMees faiaoit aniieR'dri» 
le mot de raUiemeat, /x»iro^ de papùtmei Ou cberctioit 
partout le coupable qui avoit ose souiller. un soi ^ree** 
testant, tklà ivanquillilé et le bonheur. netoieÉt ren-» 
dus à TAtiglelen^e que quasd dn aviâ't £ait justice de ce 
dangereo^t' émissaire* Jusque^li, le r6i> lè.parleaMnt^ 
les év.èquesi' tout le clergé ét^ent inquiéta et agiles; Cet 
«sprit, qui- a régné dans ^ Grande-Breta^e pendant 
près de deux cents ans^.sW bieti amocti aujoacd'huû 
Cependant il. a liEÉisaë encoce quelques ttaées, .et nous 
avons TU i'aiiciéé dernière un nieiob^e des cimunimei 
déplocei* Tivement la bulle dooiiée par Pie Vil, jet. expri- 
mer aved àmectumieraes alanaatfs s»r le cciiçiptj» d'un^ so-<» 
«tété, étertlalip^uirftttitfitdesenuemiadttnMnaadloltlIu^ 
MsMa ces alarmea ^t cas péaiiitl^y qni.n*olit rien dt 
Sqfî euitttMr4tiAiive;dans un pnya pruteslM^V ffûuran^Hl 
pai^DtM. plus étoonanles quand eUe9( iMi font èotmdfîf 
4laas u» Htatcaiholiquè, et m qmiis'iâcpliqne dana jaiaè 
bdicbe anglicane ^ est bien; pktt singulier dwiSjJn-êçxi^ 
Tain qui lait ppoft^aîon d'être sattaobéÀ Téglisèi ronâaiiley 
li'horreiir^piaitr'le papisme steroit^il donc paasé la melv 
-et te icri.notioxfal point de pVéàre.ipoùitdkJéMmte dsr 
^iendf oit^il' aussi, ckeis nous un Biot xki ràUieméai? iifi$ 
clKimbiws setéient-elle» condtaiiiéesy' cùcavo» sad^^bnê 
U parlement m^is y k ^nitaadri» 'dk.rî^«'déekasalîoi|ir 
<ontré la société? Si.noasn'enlveboutf^alè,}rce «feaf^ilir 
jias làfsiilede Tanteor de hr bfpchitvë^ Ce dign^hotaiin» 
paroH ^nisné tl'tt» aèLe fs^vX ardent ïOoAÉr* kft Jétfoites^ e|t 
éui t avec cbirleiir le prooèslqu'iliair ainf«lilé« Voilà , à iM 



. i^^^- 



^m- 



( »78) 
eoQiioiasatice) trais ou auatre ëcrîjU que sa plame fôcoode 
a enfantes en moins d un an. II les varie sous toutes Ieâ~ 
forme»; il compulse, il compil», il abrège > il cxmliBente, 
il se fatigue; ce qui est d'autfinl plus Ccheux que» n*é^ 
tant plus jeune, il aurait plus besoin de mëjuagemens. 
Cet bomine, aujourd'hui si Terbeux, n'avoil jamais 
éerit avairt le moment acIileU i) •v.oik laisse passer les fpo* 
^nea les plus Ocl^eoses de U révolution sans le plaindre; 
maiaJia p0rapective du fléau dont nous sev»iwes menace » 
rdpoavante el le désole, ^ei dans tin 4aD(|er ai pressant il 
ne s'est paa cra permis derestet* moei« TcniI te mundf^ 
est soldat dana.les twipa de crise* U s'esi dune armé de 
foutes pièces , et le Toili qui fait un feu roulant «uf 
ses ennemi^* Voulez*-fanasav«Nr quels.sont les4raîls^tt*il 
leor-décçcbe? U a d^abord luneé dans le public As f^é* 
Hêé de fhitt^if^ ecUuuttiqué, coolre ef rtaiiis. Mémoireê - 
qui lut déplaisent fort; il a forliiié eette première bro- 
tbme d'une selDOode intiluiëes Là» iimUha teiê^^-U^ 
mtU été danm Fordtê fwligiéum, maml^ê politique* G«e 
deiuc etlaques n'ajant paa en apparéaMiaeiit'beattcoo|i 
de succès^ lieAre vigouraïuB chasspîm a déchargé uit 
ctMi^ de aajMsaue dans^ uipe Premianr XeMr^ à.Ftu^ 
«sur d$ê dâémùireer^ lettre qatr, :par oonséqoent » nous 
fnënacsu ef inmiis tfu|ieirstceMd^|. et M$ékm éamrla mi>- 
neMt oà Je ^art», il tienii eoeeee de desoendro dana 
la earrièns, et d6 doimwr un.dernier. pmphlet^ inli* 
ixài tOu fykMiê§emenl4l$e Jéîmiiee en Jh-anoe, Afaia 
«dnaiaeE Tôijustice et'le ^nauvais^ §eAt da siècle; «rièxr 
^e «ont «ela ne se .yetidoit* U a donc faUo émnmf ce 
jêidkax écrit* On Ifa cdponé partôoly on^ Ta 'distii* 
%ué à km» lès paiva^ à tiens les députés ;ieaT il<éloit praa^ 
maïAdmAm piémuœr.eoiitre le dai^r. Il n'y aeoit pas 
4e UmBfà i perdre. L'emMmi étoît aiux poil«a« On avoit 
eignaM enr* léa i^tas de BroreBoft Je bàliment qui por^ 
<oiti Sencebnne lea Espagnols que Ferdinand VHrep^ 
^le.; On prétend nèine qu'oii a vu è Parâ quatquea 
^lésnités qui^ «endoicnt d1t«iîe.en ^gieleiTe^ sans res^ 
feci pouj&ies «inils dn feriieiiivÉt, qui leur iiUerdisent 



(m) 

de passer «pal* la France. EnRii, il y en a euqni ont oai 
#Aci^lflr «piD^^Uia temps dans la capitale , sous pr^texle 
que M. Tabbé CbauTmfit,4<oit mort, que les décrets' de 
baonissemeot ëloieiit tombés ^en d^uëtudoi et qu'il y 
airoît* pi^etKuiptioo. 

- €es faits scandaleux ont réveillé le zèle de no(re ati» 
teiir , et ici pou» sonifnes obligés de relever une méprise^ 
qû'im p faite da«s un joumat, où on a attribué cette 
production è une des colonnes de Tégiise oonslitution^ 
nette, a rattii des ^oîrà, à Tavocat des Jiiifiî, etc. It 
' fanC rendj*e justice i ^i elle est due. La brochure dont 
il est question n*eât point de cet îilustre conventioniiel^ 
mais bien d'un homme m^ins fameux, qiii, daiîs ses 
trait écrits prdcëdens y. aroit déduit ses qualités, et laissé 
deviner âOiiHNHn 9 «aïs quf', cette fois» s'est enveloppé 
de plus àe mystères. On lereconnoit toutefois h plusieurs 
indices, & aço 2èle ponr l'ancienne magistrature, à sou 
affection pour de vieilles erreurs, et au soin q^u^'d a de 
se citer luî^mènie» L'ancifvt magistrat paraît ici armé 
. de tous les argumeùs du barreau i et $on oremier moyen y 
oelni qu'il propose avec le plua de connance , c'est que 
Isa Jésuite» ont été jugés, et qae Ton ne ponrroit tes 
riubt)r sans iaire it^ureà (a mémoire des anciens ma- 
gtstraH^^rineort ^us àMliede tputs XV etde Locûs XVI. 
Mais dalmrd. qtu lut parle .du rétablissaient de».Jé-- 
stiites? «c'est lui seol qui élète (^etN quostiotf , et qui 
Téut faire du bruit.Nous m aong^oos à rien moins. Nous 
n'émelt<ms même ici :aucun fceu po^r ce.rétabUssement 
qui répoMvrate. Nous ne traitons c^ aujetque sous le 
rapport historique. Il doit êtreaasiu*ément bien permis de 
juger dii fait arrivé ii y a scMbuinle aps, ^t de repoussa 
Câacieniii^ liaiomniei, et c'est i cela qu^ nous voulons 
nous borner en cem^ment. Ënsoite que miici Louis XVI, 
qi|i n^a prM^ucujMpail à la desti*uction dès Jésuites? Le 
fari^ de a^fS éioi| resMlu quand ce prince monta sur 
lé t^nfe, et la deatraetioa 4les Jésuites éioit consommée. 
It n'étoit 49Qc..pas«iliiîde ressusciter cet ordre; mais 

Ma 



(tSà) 

il en rappela lés fnembres dans !éùr patrie, et fil cessef 
la proscription inique portée par les parlemens. Quant à 
- LoujsXV , Dieu nous garde de vouloi/' offenser sa mémoirej 
iiiais où .^ait qu'il ne' joua dan^ cette affaire ^u'ùn rôle 
passif, et qu'un ministre puissant mit en motrvemënt les 
ennemis des JésûiCes, et facilita leurs cotnplots. Si M. S. 
ix tant de respect pour les princes, il devroit bifuî Corap-^ 
ter aussi pour quelque chose l'opinion du vertueux Dau- 
phin, père du floi aetuel, qui mit faWt d'intérêt à la 
èoûsérvation des Jésuites, et qiii ne dissimula pas la dou- 
leur que lui caasoit leur deslructîoti. Le sentiment d'uA 
prince SI sagef, si religieux, si éclairé, peut tnét tire quel- 
que potds dans la balaince» 

Mais, dit M. S., ce serôitiarre une înjore 'manifeslG 
à la itiérûoire des anciens mafgistrdls. Oh'! vraiment il 
a dé la bonté de resté de s'intéresèer si fort à ta réputa- 
tion de ces me;ssieurs , morts il y a quelques qûai^ante ou 
cinquante afts. De boftne foi, voudroit-'oil nous faire 
illusion sut" les motifs qui les ont fait agir? Ne comioîl- 
oti psTs les causeà de la destruction des Jésuites? Les 
jansénistes né se sofat-ils pas vantés que c'étoiefit eux 
qui réîîversoîeht la' société,^ et les philosophes, de leur 
ç6té^ àe se sont-ils pas danné la glohe d'avoh^ contri- 
bué à cette bonne œuvre? D*Alembert ne dit-Il pas dans 
sa Co&êajkfndancé y que c'est la raison et' YEh^çlopé" 
die qtii Ont frappé Ce grand -coup? Se flatfô-t-on quie 
nous ayons oublié les intrigues qui eurent lieu alors, les 
ressorts ^u'oii fil jcruer^ les passions que Fou mil en 
mouvertieht? Dieu fasse paix à messieurs du parlemènr; 
mais des historiens récens' n'onl-ils pas révélé quelques 
'Uns des moyens secrets que Ton employa? Quel(jues 
'parlemens de province répugnoienl 6 cette mesure; ou 
'n'Omit rien pour les gagner. Dans d'antres, rinjuslice 
se trahit elle-même. Ici ; on commença par dé^dider que 
les conseillers qui faisoient partie des congrégations de* 
' jésuites rie'pouri oient avoir voix dans célt^ affaire; mbi< 
'ftlors, pour moiilrer ctne exti^rie imptartisrHleyne fal- 



^oit-il. pas exclure aussi des délibéraliofis les ennemis dé- 
clarés des Jésuites? Là rérapoiiement alla jusqu'à qua- 
lifier 6^ impies les constitutions deij Jésuites. Le concile 
de Trente avoil, appelé leur institut pieux (pium); ou 
prétendit que celle interprétation étoil contraire à la 
bonne foi. Comment qualifier une telle iausseléî 

S'il élôit possible de méf-onnotlre la passion qui dicla 
le jugement, on ne pourroît s'empêcher ^u moins de 
la voir empreinte dans ces deux barinissemcns succes- 
sifs. Deux fois le parlement bannit en ipasse quatre miU« 
religie.ux , sans distinction d'âge ou de mérite , d'in- 
nocent ou de coupable, quoique leurs ennemîî^ raênics 
reconnussent qu^lly avoît parmi eux beaucoup d'iwnQ- 
cens. Or, une telle proscription est elle seule une preiive 
d'anîmosilé, et le parlement la décréta deux fipis.Deux 
fois il bannit à perpétuité un corps entier de religieux 
qu'il avoit dissous. Ensuite quel étoit le droit du parle- 
ment à proscrire qinsî un ordre approuvé et autorisé 
dans le royaume? De quélle'autorité jugeoit-îl des cons- 
titutions munies de Tassentiment 4e l'Eglise? De quelle ati- 
lorîléannulloil-ildesvœux, c'est-à-dire, la chose la plus 
'jindépendaute'de la puissance civile? L'Eglise nedevoit- 
elle pas'êlh'ecohsuKéé dans cette affaire? Non-seulement 
on ne 'raconta pas- niaîs on supprima, que dîs-je, les 
rnagistrats les plus sages en rougissent aujourd'ltuî,|oïi 

* brûla même les brefs du Pape et les Mandemens dés 
évêques en faveur de la socîefé. Lès ennemis seuls' des 
Jésuites puj'énl écrire contre eux; leurs amis furent sé- 
vèrement punis. 'On bannît aussi à perpétuité 4eu;x ô'ii 

' trois écrivain^ qui avoient osé élever la voij^ pour ledr 
défense. Voilà ^quelle fût rtmparh'alilé dé ces magistrats, 

* dont Tbonnéur touche si vivement M. S. * 

S'il s'agissoit ici d'opposev autorité à autorité, .nous 
aurions a faire valoir des av.îs'et* des. décisions qui pour- 
ro4en^ contr'e-balancer ceux des parlemens. Clément Xlfl, 
qui étôit peut-être juge. aussi compétent sur ces matièrps 
flue des magistrats, donna en faveur de la société uiifJ 



buIlQ «olennelle et des bref» nombreux^ Quarante- cinq 
ëvèqiies, cunvoqu& par le ftoi pour émettre leur aTÎs à 
cet égard , «^exprimèrent de la inanière la plus favora* 
ble pour le corps , et plusieurs assemblées du clei'gé suc- 
cesst?es réclamèrent avec force contre l'abus que les par* 
le/nens faisoient de leur pouvoir^ et contre leur mépris 
de l'autorité ecclésiastique. II étoit assez connu qu^à la 
cour^ M.le Dauphin, la Reine^ la Dauphin'e et tes autres 
princesses^ éloîent loin de partager les vues des ministres, 
et d'approuver leur mollesse du leur con;iivencé avec les 
magistrats. Quelques parlemens mêmes ne purent ^trè ^à • 

(;néS) et laissèrent les Jésuites tranquilles, l^es' personnes 
es plus attachées k la reUgion ne se dissimufoient pas 
le but de toute cette intrigue^ ^t en prévoyaient les r^* 
sultats funestes. On ne se méprenoit pas ,'au motif qui 
animoit les parlemens, et ils eurent abondamment Iç soin 
d« mettre à toute leur conduite en cette occasion lé cachet 
de la haii^e et de la vengeance* ils poursûi voient dans lés 
J&uitès lés ennemis de leurs pcélentîoii^ exagérées', et dès 
honimes qui s'étoieut toujours déclarés cbntr'ëux dans 
leurs, disputes a v«c la cour, lia pcfursui voient surtout teé 
fsnqemis d^ l'appel et d^s appelan^ Car il faut bien le 
^tre, putsqti'ftùssî bien let; faits sont notoires^ J^e ,pàr^ 
}.emebt de Paris favorisoil,^ depuis quarante ans^'les noii- 
v«IIes ppinions , et en avpit pris les pakisàns sous sa 
|>rotection spéciale. Ilçomptoit dans son sein de fer- 
veos admirateurs des ipiracle^ de âainti-Médard et méind 
de9 convulsions* OnTavoit vu constamment prendre le 
parti des uîiset des autres contre les évèquès, et II ain^a 
niieùx se faire exiler une (ois qpe de né pas sévir cont^« 
un Mandement de l'archevêque de f^aris^ où le, diacre 
Paris !> les miracles et les Nouvelles ^t oient traités avec 
quelque irrévérence. Toute Thistoli^e de ce temps-là dé-- 
.pose, de ces préventions obstinées^ et de cette faveur pres- 
que hpnteuse accordée par le parlement à. un parti d^îi- 
travagans et,dti,farnatiqijejB; et M. S., qui nous çiîe avec 
confiance, comme de graves autorités, les discbûi's' de 



C »«3 ) 
TM>é Cbaovelitt, el les catnplM rendus de H. de Hmi^ 
clar, deyiHiil $nf0\t qoe oeâ metileiirs ont on pea perds 
de lèor ei*édtl, et que le temp a flétri les coitrociiie»i 
qn^on ieurutoit d^eiMii^èB. It Tftadr^it atsonément ttlien]r> 
poar Um: inùntieur^ ne plus petlér 4a rète qifMs jooè*- 
rMt'eH eètle retocoiltre. 

Mhis, dk M. 8.9 ces fugeotMs da parlemiiil é^otetil 
motiVéè éur les oofistitiitians des Jt^ites^ mr leur en* 
sei^nement, s«ir leur emlé«i!é, foutes choses ëgaletmnt 
délestablis. Les constituUotts^ tseloti ce fidèle icho des 
appeians du tettips pasé^, tendoietit à établir au sttin deé 
Btats une ttiotlarcUte indépendaal^ par l'obëiisaiice avetit- 
gle qu'elles exigeoicftil die^ intlk^euts enréra leurs çhefi» 
Mais cette 4>Mis8ance est fet^eMHtl iiiooiquée "dans toua^ 
les eorps réguliers. Elle i H>u)oufl^ passé pour le lien iè 
plus str d^ ta dlsoiplme Tiioiiastique /et lee ptuè asitiia 
fendafeUFs d'di'di'es i/otit )a4ftMi uaMiqué tè'eil firit^ uft 
dHiMe oap!t<il èe la régie. Ou'pMïl nkmêt d» 4^ prki<' 
t>ipe , eanë doiK^ , ootnitie tm p^t «iMi^r d« <% qfnTil 7 
8 dé plus Sage crt de plùsjuéi^; Mais, ^eottsua» le dmiià 
Cfétlé oeeaston itoCuâe ^iMseiifMi* du ctergé d«>ff6r, éi 

fkéât% èm5r jlw lÊfs^wii' isÊténOêi atiiM ÉMJfmi p^ 
¥^Wi£fà p&êaiéleé HaffièeM fkw "âéttêlù^ une mbUi qui 
^iuriiêêoU )Bm éafin^eêêt la pt^&êÊéiyM dé dèu» éièdlèé m 
y^pjM^^otpt^ottéeé énwffuiêêtihéêè, 4p»d mi férdf^ reti" 
giéuM àm pêuiétjtàUer éffié pùê i^mMaw le hUbnà 
SON? il n'en e&i utéeumbm tté ^HtiUaÊhM^çdèm éiM 
Vtxàméh qu'en èuppo^ Oé^cMPhui néceêéoiUt. U éQ|l 
-clâîr, on s0ét/ tfiie les repWeëes faits aut Jésiiilcii 
étoi^dt applk^bies k i0^$^k»e6rpà retîgieox, èl qiie k 
^eau^uet^n des premiei«s'ét<i}tit)OtarM am eutti q,ue Toft 
se prbpojNjTA d'«ilefidre k 'KyUtf-tes autriM. Qb< u*y « pan 
HMilqdé^ et hs pfa{lo90pli8< 4tHiôf tarent 4am*le tencÉ 
nièMHd ttfi dès pliia chauds <d»» m i l » is 4ia lémtfei, La 
Chakftais, â'i^é» bU iMtiir^^ lVt|^lg|gMa(ifiKi dtoti 



t 



( m ) 

Alors o0iiis,çj^Qiiifiou6iaUp«v0u deJui i^fondreé : 

^ Mak P^Qtfjigueineiit^et la conduite dçs Jësiiit^fi! L«# 

iJ^ihB8 ant eu à la v^érlte d^tl^^^nvs repif^hen«ibte^, 'ih(^ 

Tabri de ce malheur? Les Jé»viite3 eomp^f^ ^f^»^9^r 
hî^'ffodi^^:à'é^i1k$lm» Qu'y H'irÀ i^étoiinaiit'^uiî 
4dafis.oa:Ti^«hre plluaieur^ise soient ëgai^^? . Mais n'oal-il» 
tonflc.eu §<ji^ dea. «orivuiqa Qi^âfila^ d« t>^oa ttiéolo^iens? 
K^'onMb p^ft produit- MD? f(»ule.de li^reto de.pd^lé? JLia 
jnpralft dti P, fioi»rd£dpue.fst-«Ue «cand^lpufQ, p%v e^JMmr 

Île? Le9 ouvrages duP. Befftbifiiv apiit-iia digpéi^du fido? 
etiJ/8lÔle8imtQiiric^i9P(relittéraiured^eicç«lien&é$;ritaj, 
^t il.:^ r«l»arqaable qo^ l«ia,auiei}r8,doaf.pil)a§ »plaiot 
Jetplus ëloiept /étrangers k iiotra u^tiou. I^a |)lM|)art 
4élQiw4tf^|ibii^s'qc|and Pa s'avîsn.de lesr^u^iler pooi: 

iJÂlA^ kie^ étrange iim^dp prpscnve..^ jésuite» &amçoîa, 
rnil^GQ't piirpe i^ deux oentu ^loa app^rgvaiat dça Jër 
iuUisç.e^pagiipla a^çiepit ayaocë d^s ma^meik poodaœiiar 
.blçfl^'^JItoi»:]^ ctfMTps^ldiVilli, ad'tptQit l'Opiaio» dé aaa 
iile|iil)iia^^.^t lu 9e^jé|4^»Y0Ît»plHM* principe de najâiiiaî» 
jlai/t^* f)<lfidt'Mdl9n«t\ kni^^oiMyr^gesii En f;ei fx%s la ^^ié^ 
^MfQii #i»iAs «0i|tf^q Jk 1^ fiys.d^opioions bien iÇ^mykrar 
:diçtQirea^ «Uoi Ml^it ^fidçgpt^ 4# ppi^v et Iç contre ; car 
ipoor ¥A Jmiit«,qpt «««««ig^oifc m»e airwr » il stwaraur 
voit d<^ gnîiiv ^pi^b^tlç^^Qt. QiieU^^ règle .duîiToi^al^lVf 
If» çcw'p^,?.J5^Arai»gepijril, exfK'è^.du côté du Jèfiiita nmr 
quQ qiiÂ4H*$i$^it; upei dl^iw0iQ^:i^péè2 Po.n'oaefpit le 
idir^; W,«3>Wté5 ^iWi^te^^i w Jai#8pit^QH<^ani«eirAii^ 
j^^B 4( s^i«|iei|iibre.s Ak^^JiifSQjftiété.ri'avQitguf»'^ de/c^ 
iriitV4?^: Ç^Mliii^t^^Q JéiN^'tf»^ 4<i|(| lfîs,éprit$.oi)tët4.prQar 
jÇè'^Rè,^»^!^ ^iFffapqft,».d^nfi l^twp»où:itef^^f^ 
^^ ^lâdtf ,rt»»ÎWa« dapf; ^dî ^ùiil# »'€|> fiXPi«pt f aa.^» 
. ; Ej^fiM^^lftil^hf» M. St riisKimhlA lRlJ|eMe^ foroç^a pour 
;npu8 p6iedv%dte9^wte<*W)bi*îpIu^P9iw ia|piM*'qM^ d^ 




( xSS) 

discours du docte' et pîeux abbë Chaiivelin , et rarrfit du 
parlemeat, auquel il n'y a pas de réplique, puisqu'il 
forme sept pages in'4'\y caractère fin et serré f^ c'est sai 
judicieuse reinarque. 41 rappeilo tous lo^ décrets d'éxT 
puLsÎQn portés eo diQéreos temps corUre ie9 Jésuites ^ et 
pour ne rien négliger et enfler ua peu sa liste, il rer 
cueille scrupaleuieo^ent les mesures prises coatr'eux dai}9 
las Etats protestaps , à Tépoque pu on y proscrivoit la 
religion catholique* Ainsi, ce qui est }xn titre A'hQniieay 
pour les Jésuites, devieot, sous la.pluoie de M, S*, un 
sujet de reproche^. Us ont été chassés 4'Angleterre sous 
^li^beth çn h^ine fie leur sèle pour la foi, ils ont été 
poursuivis, emprisonnés, mis 4 inort. C'est une preuve 
qu'ils étoieut coupables. L'égI ise, catholique d'Âi^g'^^^^^'^^ 
les reg^i'^e coipmdd^. martyrs, victiuies d^ la pçrsér 
potioa d'une pripcesse vindipative .et çruellev . lAibbé 
Chauvelin et M^ S., rendent plgs de justice à Elisabeth j 
et Teunemie des J^u jtes comme 4es prêtres trouve grâoç 
A leurs yeux. Ilsapp^udissent également auj( mesure^ 
prises contre les Jp^i^ites dans d'autres Etats protestaus, 
t^uHoÙandc , eo Russie^ et ils dissimulent que l^s ennemia 
Ues- Jéôi^Iieg Fëtoient aps^ de la religion, et q^e c'étoit 
}a /*eJ)giop q^'oi^ haîs^ojl. et qv^'on poursuivait ei^ leurs 

peivoone^i^, i • .• . t- .. • ,•• 

Après s'être ain^i éirertué .contre des hommes qu'il 
déteste, M. S. , la vue toute t^^oublée par la pec^^ s'écri€ 
/d'un ton effvayé} Les Jésuites, si ton ny pr^nd garde-^ 
nous iapôstissenti et jiçus pénèirent de toutes parts. *.,f 
Les moyens pressent,:,. C'est une inqndatiçn générale 
guf^jnous merpçtce ^ e^Us (figues qui pourroieni T arrêter 
pqrois^ent rçtnpves dq toutes |>ar^. Risible. exagération 
cl'uu JbkOiome qui jpi^.JL^ frayeur^ par nou^ ne pouvons 
1q crojr^ asse^ poUfOç pour être véritablemept fort iur 
timide, lly.fi d^inssçi^. fait, quelque rusp/jui ii'est peut* 
.être pas l^ien fine. |1 a b|e£^u sonner le toc»in, jetçi^ des cris 
perf^aysji appeler tout, je monde k son secours, pomme 
h^ îffp^jxie qui 8€| n^i^ p^ett^ inofi<lation générale n'^^. 



( ,86 ) 
^î^Me qiM {xmr lu?. 11 est elmr qne Yn fienr Tavenglr , 
et que son niierù9c6pe ginosiil Jes objela oolre^mesore; 
et parce qu'il n'esl paa tranquille , il ne reut pas* nous, 
laisser dormir «il repoa. II est bon qu^'l sache pottrtaut 
que te métier de d^nonciatvor esi kmez peu consi- 
d«té y -et qu'uii bonnêlé homme m donne pas Tath^esse 
de aes ennemis. Mais d*oà yiemient donc au fond ces 
alarmes ridiciilei et ces inquiétudes exagérées ? Du 
mim^ parti qui a |>cuvsu}n les Jé!«uîtiï< et qui a pro^ 
curé leur destrnctioO. C^ parti frémit de voir que que!*- 
ques branches de .cet arbre vaste et fertile aient ve^ 
fleuri en quelques Etats. H y a en eiet dé quoi gémir 
d'un tel changement;. Pie Vil a ^ faire revivre ki so^ 
ctelé, sans consulter M. 8. Il â fait le plus grand éloge 
d'un corps qn'avoit supptMibé un de ses pi-édécesaears 
pour te bien de la paix , et par déftrence pour de puis* 
sautes fntercessioiis. il ne tient ntikl' compte th» arrêts 
do patleiihent , qui sOHt pourtant si décisifs sur ce point, 
let par coitaéquent il fait aus^i une injure aux andenn 
wnagiMtraié. Le roi d'Espagne rappelle dans s^ G|tatar 
tqueltjués Tietllèrds iréuérables, éprouvés par.près de ein- 
quaiile ana d'eitil; M.S* lui prédit qu'il s'en répènlii^: 
Hé rot de Naples 'eat plus bl&mabte encof^) i^iu-, ll.aTa 
bonne fol de i*ecoiinoiti^ son erreur, et de prôt^er effica*- 
oentent, i soixante dna^ cek religieux qu'il a voit proscrits è 
«{oinze. Le f*of de Sardaigne et le duc de Modèhe les t*ede^ 
ffliamient et leur donnentdes collèges. Ils ont , à ce qu'on 
dttj quelques maisons enftusisie, en AngletetTeet avxEtat^j- 
17nb; par où il est tdair qu'ils /lotia iripeetiseent et nous 
pénètrent de toutes part9 , et que si cela continue, nous 
allons être noyés. Il n'y a de remêd^ que dans une vi«» 
goureuse croisade. H «st de toute nécessité que les puis- 
sances alliées -se Hgdenl de nouveau pour arrêter ce tor- 
rent » et qn'ort .forcé, par Un boh traité, le Pape et les 
aodveraitis i cliaéser ehcot^ lés Jésuite», puisque E^sa- 
betb leur a dodné ;^dts ce boi| exenaple. L^ deux 
ejbaitnfores^ auxqtielles M. & a diatribué ^llibéralemeui 



. ( »^7 > , 
sn brochure^ vont sains douté s'dcctiper, totale âfitre af» 
fiirè 06^nté; de cette importntite détibérati^n* Z^^ /wo- 
menè preasènL Cela eA bien autrement urgtnt que le 
bùdjeroà l^s lêtectionsVèt H est di^à ^sàete fôdièux que 
' ]es' ttïinrstfes , ïfoit à dos5éîH,^tt par m^garck, aient 
otfiî» d'in.<jéret* dans te projet d'aninisrié an article qui 
e(ï excei^re notïini^rtient les Jésuites. Je ne rëptndruis 
pas que litv S. ne soirpçonnAt t<^héiiii?n1ément cd» arti* 
$am de tous maW^ndi'avolr facititë te retour de Pusur- 
pat^t'y te<jâiéi létoit, au su de tobt le monde, leuénfni 
et léui^ prolecVeUr; et je l'etrgage à faii*e une nua^elle 
Wofehure sur fce swj^t:* Je crains seiiléitieiTt que , maïgi^é 
«1 bot>n^* vblohtë ,' il ne puîsse y knetlrè plus d'iîXhgëi-a- 
tion,: d*afiintosité, d*esprit de Jiai^ti et de toauraise foi 
qîie dans son prenAer ëcrîl/ •. * 



' BûMis. Lé îo novembre , ÎS* Si alla çëlébrei' la hSéssé 
dans ta basilique dé Saitù -Vaut,. in P^ià asiiefiM^ 06* 'les 
eàlarr» de Saint-Benoît , parmi lesquels on compte 5. S. > 
ont' loo^ôUrs ibnné Texiwipte dii zèle dt de b igfii\L[ 

-**Xc câirdt|]àl Ltlla, ë^êqtië do Sabine et préAt é^ 
ITuJex, sic dispose h partir. Il est chargé par le çàiiW 
Père d*àlIer7côYhDnmenCer rém'pèreur d Autriche. 

— ; L^universite Grégorienne a payé son tlibut an^^ 
nue! d*él6gès*â son fondateur',' Te pape Grégoire '^111. 
Le docteur Tîberî a prOredncéle.ûisçonrs, âiiqùel ont 
assisté les cardînaux Sommaglia, tîltfi "el Pacca , lé prc'- 
]ât Testa et le prince de Pjombiao^ }\\û est 4^ la fti*- 
niilië de ce Pbntrff. ' ' ' . ; * . ' ' 

PAlils/ Assez tteg4)lii^ àrsejii le Hial; hoiis Voutobs 




cùéii^t rî^'pi'iacds; ûo^ ëiifiigrës'el nOs' prêtres, iierroit 



( .68) 

fcien nous i^pdr^ moins sésères daiw nos îygçmen* snjr 
elle. Je sais que pour se dispenser dp ip reconnoissance^ 
iun dit qy^elîe a agi en. cela p^r politique. Mais il y a 
ausbi pefi dedélicateâ^equedVquilé à (étendre ce motif à 
toujte la nation, et quand pn adopteroit yue le gouverir 
pjement avoi^ agi par une telle considération^ ce n'e^t 
point là sans doulj^ ce qui a déterminé tpnt ^^ libér£|- 
.îittjs particulières 9 tant ^'oftes, tapt ç|e. dons qui se soï?t 
soutenus si long-temps, et qui alloient chérchev les mal^ 
heureux François dans i'asile de U souffrance et du mal* 
heur. Les secours, abondans qu'ont rccM«, pead^nt plus 
de vingt ans, nos proscrits,, sont oçrl^pement pn dee 
traits d'humanité les plus bop/orables pour FAugleterrç. 
.Ces secours ont continué cette année même. A peine, 
au mois de mars dernier, lea prêtres et les ^piigrés onl-i)s 
été obligés de quitter une patrie inhospitaflière, que, sans 
qu'ils le demandassent, le jparlomeat anglols vola des 
. fonds pour eux. Ils ont été réguliènîment acquittés, et, 
quoique le* Hoi soit rentré dans Paris au mois de juil^ 
.Jejt,, cependant il a.rté^jtatné que les secom^ss^roient con- 
tinués jusqu'à la fip de l'année, et ori a même payé svr 
ce pied ceux qui sont rentrés en France, Il faut oon- 
'veiiir que s'il y î» là du machiavélisme, il est bien câ- 
(ché. t^ particuliers ont d'aUIeu/*s poofléré ^ comme le 
parlement, à ceslibéraliléd, et nous savons que M, l'abbe 
Carron a reçu, pendant les six; mois qu'il à passé en Aq- 
^letçrre, environ sept cents louis, que de bienfaisans 
Anglois le chargeoieiit de disti'ibuer aux maJbeurèux, 
'dont il est le père, . 

^ M. Laurent- M jchel Eon de Cely, ancien évêqiio 
d'Apsl , qqi étoit rentre en France depuisi plusieurs an- 
nées, et qui hânitoit une campagne, prè» de Marseille, 
V est naort Ip ip décembre. Ce prélat, hé en 17.55, avoît 
été fai^t éveque eu^ 171^0, , , î . 

JKIÂp^iDl S.'M. avoit eii récours au Pâjpe poiirlepiiér 

, dp felevpr, de rïrrégularitdj les ecclésiâsliquesj séculiers 

jét'réguliçrs ^u? a voient Combattu dan? là dççnière guerre 



( ^p^ ) 

jSolir la défehfie âe leur religion et de leur pdy*. iJn èv^ 
cret de la pëciitencerie , du 25 juillet dernier, auloriiie' 
fes évêques à absoudre ces ecclësiastiques des. censures, 
eo leur imposant une p^^iitence salutaire. Il annulle l'eF- 
iel de ces Censures, et ïes rétablit, dans leurs t)énéfîces et 
dans rex€^rcic6 et leuç^ droits. Ce décret, signé du car- 
dlinal di Pieiro, granfl pénitencier, a été transmis pai? 
8. Ms aux archevêqu«fs et évèques et aux chefs d'ordres, 
et le conseil de Casli^k en a cndonné la publication. 



'Noi/VELLES POLITIQUES. 

Finis. Lé ig déc(finbre^ après la lùesse, les atnbas^adeurr 
et ministres étrangers oat présenté leurs hontmages au Roi et 
k la foniille' royale* 

— Le même jour, après la messe, Tétat-major des quatre* 
compagnies rèûgei , lef grenaditers à cheval , les chefs de lé- 
gion , et les officiers de' la garde htftiohale et lès gardes de kt 
porte, formoienit Àne «doubler haie avec l'état-majorde latgarde 
royale dans le safon de la Paix. L'objet de letir réunion étoit 
l'anniversaire d^ Ma dà tf s, chee laquelle ils se sont r6aida5 
après avoir présenté leurs horàmarges au Roi. 

— i Le 20, S.fM. ar ténu un conseil des ministres, qui s'est 
prolongé pendatit plusieurs heures. ' ^ 

— r' Le Roi a '^supprimé, par une ordonnance, ie$ titres et 
«niploi de premier ihspecteuf-généràt de Iff niariÀè. Mii$ une 
autre (ordonnance Rétablit l'emploi d*ins*ecteur-général dès 
cla!^«es, et y nommtele viccr-amirâl Gaittneaume. 

— ' Une ordonnance' du Roi traùsiirèt à M. Ëdxnoiid d'Alton 
le- titre de pa:îr • de France et de courte, dont est revêtu 
M. Sbée. Une antre transmet à M. d'Aux de Lescourt, gen-t 
•drfe de M. de Lôlly-'foletfdal y le titre^ de pairie de ce dernier. 

— M«^ le duc d' Angoulên:ie , qui avoit été légèrement in-t 
disposé, est têtsAAi, et S. A. R. a^ dû partir de Toulouse, 
ie 18, pour continuer son voyage. 

<— M. le bailli de tlrussol,.paîr de France, capitaine des 
gardes de Monsieur, chevalier des ordjres du Roi, vient de 
tnourîr à l'âge de 72 ans. Ses obfifquts' ogit eu li«» à Saint- 
<Thomas<-d'^atn, «a paroisse. 



( 19^ y 

. — La garJ«' nationale a éle^rekvce, le i5,ïbn5 ohte 
postes, dont elle étoit precedetninetit chargée.- M. le maré- 
chal duc dé Regçio a voulu par-l« diminuer les fhtigues d'un 
service dont la .garde nationale s'acl{uitte avec' tant de zèle. 

— Le 20 au soir , le sieur Laval^te s^est ^chappë'deÀa pri» 
son. Ce jour^là sa femme étoîl réntie dîner* avec lui ^lïiva&t 
sa coutume. EHt ëtoit accompagna Ae sà Me", àféé àç àùme 
ans, 0V6C sa bonne. \ ers les- sept heures et demies C408 deun 
dernièm se sont pw io l o e s k k grlUe , et ont diemitndé q^'on 
leur procurtt ta sortie* Elle* paroissoi^nt soutenir M"*. L^ 
Valette, enveloppée dans sa tourrure, ayant la tête couverte 
d'un chapeau, et tenant son moitchotr ¥ur ses yeux. 

Les emplois de la prison étpient prelfens; mais habitués à 
voir ainsi sortir ces trois femmes tous le» soirs, et se trouvatit 
peut4-étre émus de «ovipas^ion en conéidërànt Fétat de santé 
de M*^ Lavalette, et la position oii elle se trouvoit, iia ont 
négligé les précautions d'usage pour s'assi\r^r de Tideatité. di( 
aa persoime. " ' ^ ': 

Quelque» mitijUte» après^, le concier^ étant allé dans la 
ehambire du eondaniné, et n'y trouvait plus <fue M''^ lava- 
lette, restée à la placé jde son mari , s'ot écVie (taivant k dé* 
<l«ratioa de cetle'dame) : Qu'oi^ep'VùMfmtS, madame? vouf 
fn*ùpe% pejniul Elle petisa' auasiiot ^pie soti iviart, n'étant^pas 
encore loin, pourroit facileaaeni être attteint, ti supplia le con« 
cierffè de gairtlèr k sik*0e sur révMoii^:ToH|rant qu'i( né se 
rendoit pas à ses instances, reUe ^rcba il le iifetenir de ibt>é< 
par k iH-as ; daiia l'effiMrt que fU |e oojicif rge po«r%^fcj^ipér 
«eltekidéchkall^vlaiiIcKé de soli habit. , . 

Il accourut au. trrtflb, annoilça Ijue ,k pVisovnîer s^etoit 
«vadé, et ordonna de courir après/ Len gaiwbis seront dinV 

r'i sur Avers points. Quelquea^wa d^Bntr'ellx: ont arrêté, sur 
Pont-Neuf, k ckiiso dan4 la^^uolie.M'**. Lavaietta s'étoit 
fait porter à k prison. 

Aussitèt ^e la aouvelle de Tévasioa del^avaktte a été cou* 
Bue , des ordres ont été donnés pour faire fermer ks barrière» 
4e Pam>.d«s.estafliiUea>oiit été^axpédiM piMl* ^i^ljes Içs irootes 
pour porter le si^nalem.eut du ceqii«suiié> el.ï'ovdrç ià t^iiteft 
les auturtiés défaire ks' recherches et \^ parquifiitiittis If&^ilu» 
scrupulei^aes pour parveuw à i'eHrrêfe9r.. . . . - :< . > 

Son EiiL I^sr. k mioMlre /de Ja. pioiice fénéraJe^.afi pre* 
loier avis, q^'il reçut de^t évcq^m^t , sa reipditsiM^lt^f baiv^ 



( *9' ) 

Jk U prJMNi , aecompègiitf de M. le préfet de fidlîce ; ils ont fait 
isttbir à tout k« eœplojés un intefro^alatre, k la suite duquel 
te CQwierfje ei ufli porlr«ciéft ont éu. arrhes* Le pemier est 
Accusé de négligence; mais le soupçon de. conoir^Ke |>}aiK 
fWtemeat sur l'autir». 

«^.Les notaires de Lyon ont fait «a gonyoniement l'aban- 
htm des intéfléts de leur jcauteonnemenl pendant trois jms. Les 
.officiera et professeurs de la Flèohe ont £mit une offrande au 
^Qt, et hê élèves se sont réunia à eiixf ils ont formé en 
tout one somme de S746 fie. , destiiiée à contribuer au son^ 
lAgement de l'Etat. . . < 

— On a arrêté e% conduit à TAbbaje le maréchal de camp 
Csimbacéras» frère de l'ex^-archichanceKer. Celui-ci vit fort 
retire. 

— Lessienrs Veaux ».Le^ea8> Hamonjt et Royer, détenus 
.d^pi^is quelque temps è Di)<Mi , viennent d'être tranférés , sous 
escorte y k la citadelle de Besançon. 

— Le 1 i décembre , la cour d'assises de Toulouse a condamné 
à mort le noiiumé Rouzil , dit Sans--Gêae, soldat, qui ^ le 3 mai 
de^pter, attaqua, sans provocation, des royaHstes dans les 
nies de cette ville , en. étendit un à ses pieds^ et mutila l'autra^ 

— - Les eoqtin^ens des divers départeméns pour la garde 
royale se remplissent avec empressement. * 

— . tJjQ nouveau type a été adopté poor la fabriciuion de»- 
jMèoes de 5 francs. Il sera mis en usi^ k dater de tSuS. On 
.Sélermînera L'époque oii les pièces dor seront soumises à un 

— Le <^âtean de Bouiuçn a été évacué par ' Ie« troupuy 
françoises, et remis aux troupes des Pays-Bas. 

. — Le priiiçe d'Orange y* épouter la princesse Annei<» 
t^awlowi^ , sonr de l'emjpi&renr Alexaodro. 



' CHAHIBIIS DtS PAIRS. 

I1019, on a centinoé la disenssion sur la résolatkii de la 
cAiam|ire de» députés rel«t»^e à i'inaafeovibîUté des piges. Plu- 
aiettrt orsrteort ont été entendus. A trois henres, lemimstrè 
dot fiMttoes a etcpoié les motifs de dena pro|ets de loi , l'un 
^anf le racourreauNt provisoire des impèts de 1816 d'âpre 
les ifMos 4e iSiS^ l'autre sur la création des ftntei conforts 



( toi), 

mémeiit au dei*nier traite. Le mîmstre s'^taiit retiré, i>tt â r€^ 
pris )a dtscu.s&ioD , et à cinq heures on a proche au scrutin. 
La resolution de la chambre a ëtë rej^tëe k nne majorité dé 
91 vQii^ contr« 44* * * • . . 

Le 21, M. le garde des sceaux a lu à là i;hambre i« pfo-^ 
jet pour la suppression dés p^cesde substituts èes procdreurs- 
ffénéraux, faisant fonctions de procureurs criminèia daiis les 
uepartenjenSi La chambre a délibërë ensuite Sur deîix> profels 
de loi présentés précédemment^ savoir t sftr le reco^iv renient 
des impots de ibi6, et sur la «cpéation de rentes. Us ont été 
adoptés dans cette même séance à l'unanimité des sufira^s.- > 



CHAMBRE DES DEPUTES. 

Les coiTiinissairès nomfnéS pbtir TeifaThèh dé la proposition 
de M. Michaud, sont : MM. ïtîchard, BouHenne, le comte 
d'Haqtefeuille , Delaïuarre, Amariton de Montfleufy, de Bo- 
fiald, Micbaûd^ lé cheSaîiér Dubotichage, 

Ceux pour la proposition de M. de la RochefotScaufd , sont ; 
M. de la Rocbeioucault) , Fornîef de Sàîiit-Lary, de Coupi- 
^y, le prfnce de Broglî'è , lè Comte de Mâifceîlus, Bàcot «t 
Pontet. 

Dans le comité du 19, M. de* Castel^ajéc a fah un^ propo^ 
éition tefida^tè à ce que les évê^ue^ et éurés fussent au- 
torisés à recevoir les legs et donations qui leur seroîênt failV. 
M. de Bfaiigy^ a proposé d'augiuentef le traitement des curci 
aussitôt que les circonsUinces le permettront. Ces deux dé- 
putés développeront plus au long leur j^u^^ositK^h dans ui^ 
prochain comité. 

• M. Hydé de Neuville, dans un comité secret , â proposé de 
purger la salle des députés des statues des Grecs et des Ro- 
mains dont elle étoit jpicuplée, et de reiDplacer Brutus et Sce« 
Vola, par saint Louis, Louis XII, ïienri ÏV, Louis XIV, 
Louis XVI et Lqnk Xyil. .C^te propo/ijliqvi a été accueillie. 
Pïous avons assez de grands hommes en France pour n'étré 
' fias obbgés de reebHrir a ces <vièùxjépttbUMn4,nn,peuf^d^i'' 
^t un peu farouches, 4|Mi ne doivent, soui $ùguii ^rapport, 
«ous servir. de. modèlef. ! • . . ^u \ . i y . • . 

La communication lâai^i'^tàrtelk, <|iiiiap[%itf:ét# aoBûiuni^ 
pour le jeudi, n'a pa^.eii \m\ ^ et il aty «a ymaf in de séati^ pu^ 
«bljque.et particulière, i, s .î « ;• v». it 1 ,i;..'a t.*^ i. ' yi 



! 



{Mercredi û'/ décemtrf^ l8iS») (N®. t44') 



CoNsit^ÉUjirioifs sur l!éiaù actuel de la teUgien catho^ 
ligue en France^ et sur la nécessité' et les moyens 
de la rétaèlir; par M. Fabbë Cottret^ professeur de 
lafacuké de théologie, chanoine de Paris ^M mieair^ 
général de Coutances (ï)....é 

Ih n'est personne y pout péii qu il s mlei*esse à lu 
religion ^ qui a'aît pensé avec.amertunie à l'él^it oiL 
Me se tixmvé parmi noua. Les perte» qii'eile a faites^ 
Ja servitude et loppressioil où elle étoît réduite aou3 
le dernier gouvernement , .liodifférencie des una^.ranr^ 
jtîpatnie: des antres , roid)li pvoTond ob vit ja cet égardl 
:^n nonJbkve^ malbeilreiÉiemeQt.tircip grande de FranT-* 
-çoîs^. lit. négligence à slinalnaMy et les vicea de Vé^ 
<incalîoQ .publique etpilrdcillière), la situation dix 
dei*gé, qui voit dîsparoilre dbaque )Qi;ir.'ae& menkbres l^g 
plus distingués et les plu» uti&si ^ aé09 eiltnervpir naênNi 
les sioyens de réparer le» lacunciS ifsm b.mbrt laissa 
dans ses rangs > Findigenoe ok vivent ii4| ]pla|iar.t (jLa$ 
.prêtres, et qui contrihoe «ncore au> peurdbe ^u^cès'd^ 
•leur ministère, toùt'Cda"lbnnè pour «iB'i|ini:de t^ 
'gH$e nn specude d'autsÂiiplusiaâUgi^am^qttjiUgDorft 
jooinnitm:elle pourra soîtirr d'uniiaJb$me iiglù<b ^euse 
ide j^tB^iepi^^lua. .Si ces tristes cotsiAér^tion^ ^W-;' 
-ment lé nin^lei fidèle, à €dmbîen;^ltts^fofrt0 nosQii 
doiveai^Ues toueber des .e^olésiastkfMOSi» :qui smt 

^- i ■ ■ : ! ■ > ■! " i i i » rt | i ■ ifi 'i I >■' k 

• (i) f v<4* m<-8''.;'prix,ii.£r.'&»oept4^3 &wjfraiiGde pdrf< 
À Pari5^.4e l'in^imerie de JBtljfl^ ru^^i AfJ^tUurioji Saint-** 

Jacques. . * "* .. ï . 

' l'omc ^ï. VÂmi de là Keïisiôk et du )îï/.' . W * 



; ( «94 ) ' 

comme les 9eBtiue]les avancées de la religion, et 
dont le devoir est de signaler ses dangers? Tout le 
monde applaudira dôoc à hi pieuae sollicitude <\m u 
porté M. fabbéCottret à élever la voix en faveur de 
TEgUse. Ufi 4oct6ur» un professeur^ uh grand vicaire 
pouvoitnil rester muet dans de tèllt^ circonstAndes? 

La brochure qu'il vieat.de publier se divise tout 
naturellement en deux parties; des réflexions sur la 
^tùaiion actuelle ^t la rcK^fion, et des vules sur IV 
^fenirV L^auteur oômitieiiee par eiamiiier comment 
nous en sommes venus an point ah nous nous trou-^ 
vous , et q^^ies ont été les causes de cet aifoibKssc- ^ 
tneiit progressif du ressort reiig^trr. Mais il me seni^ 
ble que, pour offrir ici un lablenu phis c6mptet^ il 
nuroil éd remonter lin peu phisliaut qu'it n a^feit^ at 
indiquer plu» fottelDieiit celte ligue trop.ovoi^c^ dei> 
imvâkis ^y depuis plUs duis^avke ans, poursui-^ 
épient te cliriidaBinBi^ eomnie uq êiAienii dôfit ils 
^voieoft krrë'k nita«* D n'est pas douteux que leiirs 
%8bi^^^ kni^ mi f i s^ ^ tom* eoùmn n'aieut^ 1»^» 
4iiièrè es ^ plus SrCifve des cs(ciS0s du dépérasaemer^i 
'4e la wKgftm; Leur audaee- croli^ot à ttièsiu«>dè la 
/feiblesse quVM loetioit dv les répi^mer, et lîetiis anir- 
ikes siiptfl&MaA à la (Vivc|li»^. de leurs^ ârgumens ^ \h 
^«urem Ia;ti4sti9 gloire d'éieindre ia ibi danis le cœur 
d» plusieurs Ae leurs cobeitoyens^ et <|e jeter js^rmi 
iMms Ude àeÊÈtè^oe ^e discércie, et nii brandon' d'ÎD- 
^c!etidie;doBt uous éprouvoktsi enodre tes ravagea. 

Mais M. Cotlret parotl s'être berne à des causes 
•pkis prociwnes et plu»'vii£siuer de ftknis; quoique 
iies can^ei ne soient* ellèAriêmes qo^ "des effets par 
rapport à la ^usfi jprincij^Ie que vous yenons d'a^ 
signer. U en compte sîxV i'iihpuaiié des 'mauvais li-* 



Vres, la mauvaise ÂJucatioja^ le défiiiAt do {Mré(re$, leur 

îmiîgenoe ^ IHoflaence du dernier ^ouveroeineBl f ; et 

ié ec^ {|is*if la donné. 11 développe ces dÎA^erses ^^^uéiesy 

«ÎDCQ avep uoe grande profootleùr de rùea et wn# 

grapde vigueur de pinceau^ du moios avec assepd'iQXAO* 

tHndetiet^de raison. Il y a surtout, daw J^eOë ^re^ 

'mièi-e- partie à(r ht Lcoctiure^ deux morceaux où il 

*m^a paiu y. srvoir plus d'observations |tsdi«iea$€fs; ce 

aool cep\ où ii est trmié dé Féducaiioii et du codQ. 

<Siil*' )e nfemier point, on s'aperçoit aisiémènt que 

^. Tabbé (>Ii4treC a dos OEmnoissauces partici^lières et 

pr«ÉCÎéua«sl Employé lui-même dans réducation, el 

eiiargé'dk Jaconduite du petit séminaire, il à pâ 

xlaosJ^eiffrcicc assidu de siéi (uacûons obaèewr.bâaur 

txmp ttfiiiMavëiiiei|i»attadiés au système aciiiel:, pt son 

•^pértenee dempé ini iiri nouveau poids aux t>é|lç](îoQS 

cdr son^ zéie.ç Ou. ecok' pourtant s'apercevoir en ^q^el^ 

tiues^endro^itf 'que(lameiur^no(>^eu]enie):it ne veu( se 

mettre mulirvêd persoam, mois qu'il loue aJ^e<) b^eQU* 

. rtCKi^up iropi de\^amp^iséipee}ixn corps et desi p^r^îcu^ 

'liët*s ci^nlH larnligipn n a pas jeu: toujours i^ ^ ^Ç^^/i 

tatft^t <^t:diffieîle <pe nos plafesttià(lùwt|>£kÀ¥m* nw 

jdgàmena.--/, . - .i;.; ".ûi. :.:*••- .> 

M^ 0>ttii€|t croit que y pour Assurer à la jeunesse 
'^oe éducation "vériublementmoearctitque, îl faut un 
'^^égtme d'etiseîgnement.qui fioit napproché du trôn^ 
et qui'tktmelsoQs ttdépeHdànce.toua les otablissa-* 
tàeto^tiDds itfs eûtoyenb quK appartiennent g rinsinix^- 
lioïij Saivs 'doqte ^ bu .tel ré|[ime peut aVQJu'' les. «avan- 
tages. IMaii >esUâl: vrai do dire* qu'il /sOÀt indi^^ens^ 
feie^ po<|r aasuccir k'kijenqeaae uee édi^Uon, inanai^ 
elûque? Ce régime n'exîstoit pes a^ap^la rév^i^tion. U 
V » eaisUMt pas spus Leiûs 3tlV* où FédtiçWiop étoit aiwt 

• • N a 



ttiouaîi^biqtie i{iie possibles. M. Cbtlret uiS/Mt aèi;ort*tf 

{>as èipriméplus justes'ileùt «Iti que lîe rl^gmecoiijvf)- 

«of t peui'^étMé. aux) cîrqoDstàaces-^^ après ;d«'9 femps, dt 

^rdlibtes. Notib Itit dem^iuderouseQcore.la'^aiïmiâ^id» 

de n étr^ pas de «m. aviser un pdsoà ^^9 iteporp 

tàfiilt. M:' CMttf'ei ne paroit.pars souhaiter le^rMour ièes 

'iiii^^itneâ corporations cuâcîgiimitcs..IL.Jiie' çroiit {>«» 

*tit ^tablÉssèment possible , et eherclie à. prouver a[)h; 

l'esprit dii siècle y 'est coutîrairet Ih drwÀ/ffOL'O^iW 

•J)erde beaucoup de icn>f &a<;esfii5fl^5iii/mcftfl?iirf: et eji 

attendant une restauration inc^rtaine;^^ilSiÀi'hé$uto{ip 

'{«lus de fond sui^ le ^oin.d«0niaârë99k|aeK daitf «tes^yti^ 

^Vçrsit^ , -^t^Ci^il etehorté éq ]iièsaiit à a^'OÎnài)<îf€iK>y^ikii^ 

-m des'tfiQNirs; Mais s'il «toiûvrikiqaftki.«iia^'o^Jbe- 

'ËM^in^ 5f^ottr avoir 1 une et.Fanure-, 'dés/aviaiil} (l'mir 

^tèiir/Vil ^tok vrai <»pi'ii n!ofiit»énii}iasleo€orè '»;<îQt 

*egàtd idis «garantie suffisaut^y | <^:serD{d^aià\seiid>^)y 

•nive râis^nide nlua pocnr déaimr^lponr |lrosh9lE>l^•rc^ 

-toufid^ -«tei i€t)r{VorfiîoDa^ , s% traiu|iûlIiBADle6> fKHia» w 

'ihippbt%/(^nï r^fftfàoimt l^edudsiiiaoncefanneiUii'der 

tvôii'f et «oo cqniitie uo. ifnctîèri !eii«ilt èstiqjiiesliob 

^é'es^^i' je tie 1 p^nae ^»dst epK cq) sibibilic \g»ipm^r 

tions que cette dénomination puisse s appliquer. Ëllc^ 

îivoîeht ftfe'l»Hr pneavey Qt'tDite&i'eoinfftlODt tenixOre, 

yk)àr la ^àjpf9tt^>deî3'iHncmlM*es qu ént.été utiles dftiis 

r Celle pariî^ym qjiii s'y devpticnaient sansxJoute àveip 

le mêiiie ^èle.' Le tmimsMfàieMA ^de M^ ^t 

^Bbnc p/'0cisënient> Fipiieits^) dex^ehi» «|u'ttf.«ii|:(»K' dii 

"ÎHir^y'H ^'ne se^roit fias kteodibqudidiMîiâ uuou^ 

'^i'age clèMit^àifïomianilesbôjrcDâii^ re^ 

'^ït^op càlboKMe^>tHuteHrfanii»iiiQbiiMii^ éf^- 

'\c^ t4ii'd<*S''pl*ë|Wfis««ijs*'(»* *//u -i. {• '>r ni) '.'«..•'. * , 

-^^' «Jô' soUscPtii plus ^-ojcimicrs^^àf ccu^)e.^*aiitAJW>dit 



( *9t ) 

ûi% -nixlo^* et de 1 afifei^falioA <!<? ivy pas jiarhT (Je, ce*" 

li^ioa, ixxïiHMe ^\ ç eijjt dû^êlre uiie cho^? éirsuigér* 

S.ia'lc%idb4io«'*Cc^'OObli cakulé,' ceitQ. profonde iq- 

tdlfl<^re«ce ^ur.m objet si impoiiaot , ont é(,é sajas dout^ 

d'up. (Ài»e$t« :^i,^«;npte pour ie peuple ,, let. ce, ue pôur: 

voài éli?e 4|ftlV)«* i9^..^sîç!0le^€fuVR>'aYMat cl<3.,rayçf;.Jç 

^aùxu d6 DleM dhxyi .cpdç de lois^ .et de ne icompleir 

pour w^n pofiioJjli^llon^Teligieu^e*, et uos.r^.pport^ 

«avec U dîvjiiHié 4^D6 Tac^e/OÙ Ion détajlle fortviniT 

»utieu$^i}»^at;l^# Ahli^alions envers; la sociéLéj.et d()# 

capporls W.u^s euv^rsjes auirg^. Ce système est dû 

jsiux fihstr^QÛoos des.pbilpsqplies du dernier siècle^ 

qui ont.âQigi^useineiat iiiculq4;ie d^s leurs écritâ l^ 

jiéoessîle d'isoler, la le^isUiion de la. croyance reli-^ 

^^iens^i) ei ^Sviuconyéniem.de.leç appuyer Tune. par 

i'aiitre- IU.ayoient leurs vues ça frjôchant ceiie docr 

4.rioe^qwn§!r(;p(»3e a.u, fond" que sur dqs sophisiqe*, 

^t;»ur uoe^^élaphysique froide» et dessécbanje- . , 

Avant cji'pPUxîr cipns, le détail ;des, xwes,d'aïu<?lw>rar 

liou que propose. 1^1. labï^e.iQQttrqt y. on nops perpietr 

Jra dex^nutlfHT q|iielque^^exlions. qu'on troMV^e .ç^ ,€;t 

Jà (^aâ.lii^(pr/eiiû^.rQ pariHî'de,$j)brQç]|)urej^.et.qu\^uoji|^ 

Jparotssent ^ug(dièr4;& pu iiasarxlécs». 11 a.,ccu deypii* 

.douper qu^lque^' élo^S;aux,j|ii^icipqs;f:t à là cppd^^te 

•du clergé ff^oçois., et ce u,^ p&s,,çe ^ye.npu^ hlâ- 

.nions; maîsil stimble que.iûç. ]:|eiidevoit,pfiSf4|Lti^ avx 

idépens du clergé des autres, églises. jCJifiZ'nous^^^^t 

iàp CotÇret^ Je sof^rdocpétQit^iqss^^^iGllemçutfr/Jffffoi^, 

,essorUielhmGnt social f>>..; M fiàxertaiin.^q^,cJ}fiAfif^cjLfrfe 

..mais exercé uhe at4ssi i^tile inJlufin(^*ÂiU6^s»f ellp çfi^ 
• tenait des f^ratii^s^i ch^i^.nQHs, eliq f^^nikai^àQi^ji^ 
. devoirs >^.,, Cest pwniJes pretfef^ j^:çi^<^isijq\\\(^nka T0^ 



( «98 ) 

mmftjaé de tout temps de gratis taUns unis à de grand&à 
^vertus..... Il n* a jamais existé au sein des sociétés hu^ 
mainesy aucune institution ifui ait attiré mur elie ^ comme 
tépiscopat françois , l'attention et le respect , qui se soit 
montrée pins digne de f ambition des ^tm^s élevées, plus 
grande dans son ensemble , pb$s auguste de^ son ori^ 
gine, plus imposante dans ses personnages ^ plus puis^, 
santé sur le cœur des hon^mts* On $«- râpjpeilê avoit 
entendu dire a ]>en prestes niémes ctmsès Van bbmm^ 
andigmlé ^ qui à la vërîté passiûl pour tm peu hâbleur. 
Cet honnme, qiHavtHt été conriblé d'hoMétrr dans que 
^Itse étrangère, ue parloii Déimuoins qu'avec beau- 
coup de mépris des prélats étrangers , et une de ses 
madiès étoit d'exahei' le clergé de Ftauce aux dépers 
de celui des autres pays. On ne peut se diisimuler que 
'cette manie tient i Ib vanité natiouuie, et qu'il y a 
«quelque. petitesse à rabaisser ainsi les atitres pour noua 
élever nous-mêmes. Cette jactance, uû peu ^asconpe^ 
est m^e inpiriéuse à la relijgion^ qu'elle Slippose ayok 
letxnmns d^ influence Hilieurs qu en France , puisque tt 
elle u'ôbteHoitCfûLe des pmti4jues^, tandis (fa'itÀ elie^om- 
^mànde des devoirs. Cette ôp|K>$itio]l pe«i« Èi^ir été inni- 
ijinée pdr qttelque Français uéi f^n présoiutUueixi qui 
'aura voyagé en pays élrSangêr, ^ï qoî n'aura vu que la 
àwrface; màîsi de boto^ foi, n'y »^-il doùc plus de 
-pictrf éu ItaKe et aillei^rs, et sied-il biefi à dés gens 
avissî mélades eui-^méhié^ et »TSsi pauvres^ que tioûs 
*Ur scônnies sous le rapport de ki religion, d'insulter 
à d'atrtr^yqjttlsotet, je croîs ^ nsoii^s pauvres et moins 
Àalàd^? Le sacerdoce et Tépiscopal fl^ancms étoient 
assurément fort réspectabks ; mais il n'est pas de na- 
Hk>a qui ne pÔt revendiquer pour eJJe le$ élog^ qiie 
M. Cotinet dotme à sou p^ys, et dans la graede ta- 



('99 ) 
mille dy chrtstiaoisme , il n est nî cliarkable ni bum-* 
Lie de se mettre absi sans façob au-dessus des autres. 
Il est écqt que quiconque s élève sera humilié. Nous 
avons été assez humiliés pour n être pas tentés de non» 
çleVer encore. 

M. Tabbé Cottret parle quelquefois ^egaUtcanisme 
et dukramontanisme, et j en suis fâché. Ces dénomi^^ 
tiatîons si vagues, et dont on a tant abusé, devroien| 
du moins éu*e bien détertaii^s , et U faudrait que le 
)<!Cteur sût quel sens I antear y attaché. J'ai entendu , i| 
y a quatre ou cinq ans , dansîe temps des plus gratidei 
hrou^lleries avec le Pape, des geAS parler de leur^^f* 
licànisme; ce qui ne me parôissoit pas alors fort gé- 
néreux, et ce qui étoit aii moins fort équivoque» Ld 
gaïUcanisme de ce temps-là étoit assez suspect. Celui 
d'aujourd'hui scroit moins hardi peut-^tre; encore 
\oui^oi#-je Savoir ce quon entend par-là; car ce 
mot, comme celui d'ultr^imontanisme, sont pris souf 
Vent dans des acceptions fort différentes* M. Gottret, 
^àt exemple , dit que lors du Concorda^ les (Hrétrei 
ont transigé ax^ec diirerses xxpiniom, et se sont êoumiê 
à Tuitramontanisme. Je ne croîs pas qu'il se montra 
ici un* fidèle inierprèle des sentimens de ses confrères* 
Us n'ont point prétendu transiger oifèc des .opinions 
Ws du.G>ncordat; ils n^ont point cru se soumettre à 
ïultran^ntanisme , du moins dans le sens défavorablf 
quoQ attache à ce mot. Ils ont vu et ils ont dû voi? 
Je bien de la religion ; ils. ont répondu à Tappel di} 
^ehef de TËgUse; iUse santsouïnis k lauiorité^ ce qui 
est bien dliférent de se soumettre à tuJtramonÊJunisme\ 
ils sont acœufMs «ui: cris de leurs oua&lfes qui Ics^ re-r 
demondbient. Ce nVst pa^ là;^ encore ùneibîs, trattr- 
siger ayec des o/?//iio?ii.'JeDtends enwre moms ee 



( !ï6o ) 

qti*ajoute M. Cottrct, que depuis^ îes mêmes frêtrés, 
dans f espoir d'empêcher le schisme de renaître , se sQft^ 
soumis à f autorité du gallicanisme. Et où? et quand? 
S^irôit-ce lors des disputes de Buona parte avec lé Pape? 
J aurois mauv^îsq opinion , je J'avoue , des prêtres qui 
se serpient JOWfnrV au gallicanisme tel qtie l'entendoit 
l'ennemi dé la religion. 11 u'y a pas d'apparence qud 
cé soit de cç gallicanisme là que yeuîHe parler l'auteur * 
M* &)ttrei, qui a, je Je soupçonne, maljuf^ê les 
ffispositions des prêtres relativement au Concordat , 
a-t-îl mieux connu cielles dés peuples?' Je croîrois 
pouvoir en douter. !1 dit qaen i8oi/il j avoit plus 
de foi parmi les François, plus de zèle qa aujourd'hui 
pour le sacerdoce, plus de respect , plus d* estimé^ plus 
d'attachement pouf les ministres des autels y f^ il ajoute 
ailleàrs qne îa religion a continué de s'affoiblit parmi 
fe peuple depuis le Concordat, Je ne sais si ces obser- 
vations sont bien exactes; ce qui est certain, ce que 
nous avons vu, nous qui avons suivi la révohiiioii 
dans ses diâSÀr^mtes piiBfte», «t qui iivoiis étudié i'ips-J-' 
J)rit général des peuples, c'est que le Concordat a pro^ 
duît , surtout dans leS premiers temps, des effets ircs^ 
militaires. Il avoit imprimé, si j'ose parler ainsi, une 
secousse religieuse; il avoît remué les consciences, il 
îivoit réveillé des hommes engourdis. Ces heoi^eiix ef- 
fets ont pu être aperçus par tous ceux qui se trou- 
voient alors en France, et je suis porté à croire qu'ilj 
ènt été plus durables que ne le suppose M. Cotlret. 
" Nous ^iprminons ici nos observations sur éette pre* 
mière partie de la brochure: Si nous avons plus in- 
sisté sur *|neîquès assénions hasardées ou inexactes, 
ce n'est J)as que nous fermions les yeux sur ce qu'il 
peut j a'Toiï* de bien pensé^dansFouvrage; mais nous. 




nvons cni<l'aû!nnt |)lns nécessaire d'en f*i?levcr les dé^ 
fanis , que les ikres imposans de Fauteur pourroient 
loin- donner quelque crcdlf . Nous antres," simples par- 
ticuliers, quand nous nous trompons, c'est sanscon- 
l»fV[uence , tandis qu'un docteur et un professeur en 
tht'ologîe est une autorité si grave qu'on ne sauroit 
trop se hâter de redresse^ les erreurs qui lui échap- 
pent, de peur qu'elles tic se propagent à l'ombre de 
bon nom. M, 



Nouvelles ecclésiastiques. ' 

Rome. Le premier dimanche de l'Avant, S. S. tint 
chapelle papale au Vatican, Mé^, Morozzo, archevêque 
de Thèbe^, chanta la messe. 8. S. ëtoit assistée au trône 
par les cardinaux di Pieiro, Antoine Dorîa et Fabrice 
ftufFo! Après la messe, elle porta le saint Sacrement 
do^ns la chapelle Pauline^ qui avoit été élégamment il- 
luminée. ' 

— Le. P. Vincent Zanli, Jésuite, est noniiné théologien 
de 1.1 pénitencerie. M. Fornici, maître des cérÀnOnies 
pontificales, est ijétabli dans Temploi d'écrivain delà pé* 
nitencerie. Le P. Jacques Belli, ex-procureur génécal 
des Mineurs Conventuels, et un des plus célèbres ora- 
teurs d'Italie, est rétabli dans ses fonctions de consulteuL* 
de rinquisition. 

— L'abbé Sylvestre Torelli, procureur général des 
religieux de Saint-Sylvestre et consultenr de l'Index , 
est mort à Rome, le 3 décembre. 

Paris. Le samedi aj décembre, il y a eu une ordi- 
nation dans l'église de Saiut-Sulpice. C'^st M. André, 
ancien éveque de Quimper, qui a fait la cérémonie. Les 
onlinans étoient au nombre de^^, dont i4 prêtres^ i5 
diacres, 1 5 suus*diacres , 25 minorés et ng tonsurés. Dons 
Je nombte des prêtres, il n'y en avoit qu un pour Paris j 



( 2©3 ) 

I pour Poitiers, i pour Avigiioa,'i pour M«»ux , 2 île 
Rnuiiet, 3 d'Auiuu, cl 5 d'Orléans* Sur les diacres, il y 
eu avoit 5 de Paris. Ainsi le diocèse ie Paris n'a qu'ua 
prêtre, 4aridM que le dernier Orcio annonce la mort de 
trente prêtres pour cette année. Quelle sera la destines 
d\uip église qpi ne répare qu^ainsi ses perte» ! Quelle 
désol.mte perspective! 

-M»> Le jeudi u I , M. lablié Frayssinons a prêché, eoinme 
noti$ Ta V ion fii annoncé, dans la paroisse de SainirVio- 
cent de Paul. Son sujet a été le panégyrique d^ cesain^ 
même. On entend toujours rappeler avec intérêt les 
hautes vertus et les bienfaits prodigieux de ce héros de 
la charité; et le lalenl de Torateur trouvoit ici une ma- 
tière digne de lui. L'assemblée étoit nombreuse, et Te- 
glLse, déjà fort petite, le paroissoit encore plus pour, 
une leUe circoofliance.. Plusjeura personnes n'ont pu y 
euiiter; ce qui. a augmenté leurs regrets de voir qui) 
M« l'abbé Firayséinous ne reqpmmente point c^teanués 
|«s flvnférençjBs* Son auditoire se seroit accru c^tf e atinés 
d'ijQ «sfe» gra.nd notubre de députés ^qui étoiept venui 
à Paris avec le désir de l'entendre , ainsi que nous l'f voui 

;■ — Le Roi vient d'ordonner, la construcjfjon d*99 
sofiaUflôenl sur Je terrain qui fbrmoit autrefois le cimer 
tière de la Madeleine* Une chapelle consacrée à. Sl^tinU 
L^uts.renteriQpera deux s^utels. qui m^irqkiei'ont les JiQUJ( 
<»Ù avaient été déposés les corp$ de Louis XVI et delà 
lieine, son au'guste épouse. Des portiques eu vifonneron( 
TfiliceHile de ce cimetière où reposent Ij^s o.endre^.de.t9nt 
de fictives, et des allées dVirbres isolant, le mçoumen) 
des maisons voisines ^ . achèveront d^ lui donner le csi 
rftiHbre religieux qui doit lui appartenir*. Les travaux 
nécessaires k l'exécution du plan, qui a obtenu l'appro^ 
l^iliva de S/ M.^; von( êjire sur-le-champ entrepris aia 
Itvais de la liste civile»» L'acquisition du terrain est déji 
tVite, et la coîistruction de cet édifice va nrocui*er UQ 
nouvfl emploi aux «ombreux ouyrie^f de la capitale. . 



( 203 ) 

— Le jour de Noëlj M*»®, la duchesse d'Orléan* , «fonaî- 
rière, a assisté à la grand'messe dans Téelise de Saint-^" 
Sulpîce, sa paroisse, et y a ^'etidli le pain bënit. S. A, S, 
est entrée par k gr^od poirlàil ^ et a lra?eraé l'égNse pour 
sei*ondre à \9 pâct? qoi lui avoU été préparée dâiis un^ 
de^dYarpeltes atttàtir dti chœur* M. ratrbé Bonvoirin, «on 
aumônier 9 a présenté le pain bénit, et a été à TofFrandi) 
au notn de la prUicesse. Les gens de la livrée suivoîent. 

-*y On continue à ofFrir des dons au Roi. M. d'Osmond, 
évéque de'Nanei, a offert 5oofr.; M, Bar, ctiré, îSo^ 
JVUM, Deviltci Ouypt et Lovèg^iev 200; M. de Grande 
niaisi^n, i33; M. THernault, i35; MVl. Briou et Ber*- 
i)titl,'75; MM« Coster ^ La Cretdie ^ Scbnmafcher, Da- 
mont y PlflQtard'/Baiiiy, Prient et Deferriet^ xdiaouii 

— ^ .Uiie circulaire de MM. les tîcafres géiiéranx de 
PÀrîsj du 18 decenibre, annonce que la quête qut se- 
Fait ordinairement dans ce temps-ci pour les sédiinnîrés 
et les ecclésmtiques , Vaurà pas lieu ; les s^ours oiTer^s 
précédemment étaut suffisabs , pi & M. y ayant ajoute 
(l'es bietifails patijeuiiers. 

-j^a.M» vient d'ordonner qufl-ftit îiCcoFdémKïC îndi- 
|èifs dé la capftale de nouveaux .«econrs sur Tes fànds d<i 
la grande aHm5nerî&/M$^ lé grand îrniiiôi»îer a écrit à 
ce «ujet â MM« lés curé^f, «d leilr demandant d^ ven^ei* 
gnerbcfls 'sur le^ besoin» ém pauvres d« leurs p'troisseé* 

-i- Ufl jôin^ial èe siimedî dernier d« qne fo^ CâètUh 
^ngh, pendant êon^ séjour à Païenne ^ a m plusieurs 
jBnt retiens avec le nonce du JPape, le cardinal ^^Paeca^ 
èur le projet de régler, d'après un nouveau plan , les 
relations des cctthàliqùès i^làridoiê û9éc le- saint Siègv. 
Il n'y à qu^une petite difficulté à cela ; e*es« que b- cai'* 
(final Pàccia n'a jamais été nortcfe à Vienne, et q«*î! Vii 
point été dans (:ette capitale \éci Aq la tenue du cotir 
grès. Ce que le m^e journal paconte des négocîatiorït 
.n'a pas le moindi'e fondement, ^^ft on aes^est mènie pas 
dwMié ta peine d'yiicftinerqtniîqUe'Coulçur de viéiiseai- 
bliince. * "^ 



. . ..C.^«4). ..... 

N6uyE.i:^LES .POLITIQUES. ^ 

Ta m S. L'entrepr(s<^ ^u rëtabliissettient ie ht statue et 
Httiri lY se poursuit «avec activité «.et on ei^ëre pouvoir 
^commencer , au mois de mai , les x>pérAtioas re^btives à la 
fonte. . 

. •— Le général Cambronne , qui avoit été fait prisonnier è 
Waterloo et conduit en Angleterre , est arrivé à Paris, oii il 
doit être jugé conformément à Tordonnance du Roi du 24 
juillet. 

— La cour d'assises de Bordeaux a jugé les individus im* 
pliqués dans l'affaire de la Réole. Yarret,- prévenu de pillae» 
et de sédition , a été condamné à mort ; Dnclos à vingt ansid* 
travaux forcés, et Yiand à dû ^s de« b^snissexnent. Deux 
autres prévenus et une femme ont été condamnés aux travaux 
forcés pour plus ou rooins- de temps; 

— Il y avoit. quelaues troubles à Avignpn au sujet d'un dos 
principaux auteurs aune émeute', que le peuple vouloit faite 
remettre en liberté. Le préfet s'est retiré' à Carpentras. Son 
dépaft a suffi pour faire rentrer le peuple en lui-même. Le 
calme s'est rétabli ; Tindividu a été remis ' eh prison , et une 
députation a été envoyée au préfet pour l'engager à Teve^ii** 



CHAMBRE DES PAIRS. 



Dans la séance du 23 , la cbambre a adopté à l'unanimitc 
.)e projet de loi sur la suppression des places de substituts fai- 
sant les fonctions de procureurs criminels-d^ns les dépaitemens. 

' ' ; ' ' ' 
CHAMBRE DES DEPUTES. 

Dans la séance du 22 , après la {proposition de M. de Casr 
telbajâc , dont il sera paplé plus bas , &f , de Blangy a fait un^ 
autre proposition tendant à ce. que l'on s'occupât du sort cl)i 
clergé, et à ce qu'on supprimât les pensions dont jouissent 
les prêtres qui ne sont pas rentrés dans le sein de l'Eglise , 6t 
qui n'exercent aucune fonction. M. le comte Hunîbert.^e 
Sesmaisons propose de demander aux ministres des éclairci*- 
semens sur l'évasion de JLar^lette. Il développera demain » 
proposition t 



(205). 

., Le. â3; Ja «eance «'ouvre à ^nidi. Les ministres des finances 
et de rittlerieqr sont présens , iaiasi que les conseillers d'Etâï 
iPasquier^ deBarente, Saint-Cricq, Dudon et Portai. M. le 
ministre des finances annonce le projet de loi sur le budjet , et 
en expose les motifs/ Les dépenses j dep fort considérables., se 
sont accrues celte année d*uue qîiàrge nouvelle. La prëifalèrç 
ressource a été la suppression des \raitemens inutiles i et la 
réduction de ceux qui sont nécessaires! Le Roi a pris l'initia-* 
tive en faisant rabandoh de dix millions sur sa^ liste civile. 
Le ministre expose ensuite les divers moyens qui oht .été jugés 

néc^ij^s^res. '.]•'•,. , ' ;"*.■ 

M,.jt)adon lit le projet de loi eii j/j articles./ Ce* projet 
mainliejit Tordonnance du i6 août, qui autorise la levée 
d'un emprunt iiç cent caillions. Il ordonne qu'il sera perçu, 
pendant, Vannée iSijS^ ei^ cenliiijes additionnels , et par forme 
de subvention extraoi:dinaiî-e , la, moitié du montant totâl'de^ 
f ôU*ft des contril^i^tions foncière , persoimelle , mobiliaire , de» 
porte,s et fcnêtrçs et des patentes die *i8i5. Le paienoient en 
sera fait, pqr huitième- .Les contributions directes seront 
d'ailleurs les mêmes qû^en i8i5. La 'récette, pour cette an- 
née, est axée k.&ao iniîlious, et la dépense est réglée à là 
jueme somme» l^s çautionneniens sont étendus à un plu$ 
grand nombre de, fonctionnaires. Il sera créé une caisse d'à* 
mortissement, à laquelle on attribuera le revenu des postes. 

Deux autres^ projets de loi accxniLpHgntiîeiit le pirefmièr; Tuij 
sar les contributions indirectes ^ TauL^e sur les âonan^èsi Le 

Î^remif r 0st l|i par M^ 4^ lîjrerite , qui démoTiïre l'inipossibi- 
itéde^dummier le fardeau Jl a toiun butions dans les circons- 
tances p^esentes-Xe pçoje^ comprcuaii^ 36S arricles maintient 
la ta;xe sur le$ , toi;3sons ,î en cuorcb^nt^a diminuer les' abus 
de 1^'exercîce. U. met de nouveaux droits sur les papiersV'les 
fers. If s cuivres, etc^ Le ^i?^ oiid ]>roiet r:ontiimt le tarif sur 
les do^anes..Çesç[eUx proj[ Is n'ont pris été lus » et ont été seu^ 
Icfujent dépO'^és suip le feurcju Leur longueur nous (fnipéche 




positioft 
Sesinatsons ^pr l'éVasion de Layalette. M.'de Sjwmai- 
.sonsann9fi|oe.q]^ des considérations gravés et particulières \t 
.frrcent k suspendi;^ le dévéJopjenient de Sa proposition. 
j!)4,, Feuillant infi§té,pgiir quf,M.^«eiSesmaîsorti^ deveroppe sa 
J*'?P5^^aiiiÇj)l^Sf9ftP Mj4*sc^ s'omve sUf-lâ-cUanïï) à 



iet é^ajtd. M. <3e Bouville 4innonce r|ji*iiyest pr^î-é %,tnkef 
la mime <^ves!ion que M." de SesmaisonB , et t{vri\ rèprmàri 
k prapositiQQ y sija cbaitibre Je juge convènabfe/. Le prési- 
dent croit que le réçlemeût s'y oppose. M. Blanquarl-éafl- 
leul.p^rle dans le même sens. On demanda à aller aux voix, 
Jorsqiie M. de Sesmaisotî$ annonce qu'il cède, au rœa de la 
ipliambre^ et qu'il va deVelopper sa proposition. 

Dans son discours, il n implique m n'accuse personne; 
mais il croit que la chambre à droit de demander des expli- 
catioYis. Pourquoi les délais qui ont suivi Tarrêt contre Lava- 
lelte? La fuite qui a suivi les.delais donne lieu.à des soupçons 
^u'il ixfljpçifie de. faire cpssèr. Lavalètte n'étoitTiI douc'pai 
survei/Iç dans^ sa jprison ? W 'y à-t-il que de là fatalité dans cet 
#vencnȍnt? CVst pour les ministres autant que pour nom 
que nous devons lour demander des éclaircisseinens qui lès 
justifient, M, de Bonvitle appttte la proposîtioft et M. de 
^esmaisçBS, et s'étonne encore pTùs' d^utte évasion dont W 
circonstances Iiii paroissent inconc^iables avec la surveillance 
qu'on exerce envers les jmsonniers ordîiiaires. "Il détaîllç fei 
jm^leurs du jirgénient, les diâicûifés '^ f 'é^'^a^ioo , et s'afflige 
d'un fait qui peùt^ selon lui, déconsidérer' je çouvememenf. 
l\ demande, que lia cbambre nomme une commission cbafgéè 
de rçxueiilir des Tçnseiffnémeps sur cette ^ a^raiif*. M. Belfart 
aiTirm^V^ur sa parole d'honneur, que les^ d^ékis observés à 



régarà ik Laviuetle l'auroieat été à T^ari^e rbçnpwçt 1« 




;propQjsiliôn est înconstitmiohnellé. M. d^ SamtTAoïitaih craint 
4\ne:M, h garde des sceaux n*ait fàvof îké', il ne ditpas l'év*- 
>iou de. Layalette * mais ses espérancfe^ ? murmures, L'^ratcnr 
fit inU:»ronajDji,. Il vote daiis lé setlVde JifM. de Sesinaisi^s 
et de BouvîUe. M. Jollivet croit qu"^)ij icnéj: trop d'i'npor- 
^ance à cetto alTaire, et e$l d^^vis d'ajourner ]a prt^^ition. 
JW. de lierçorlay dît qu^urié éfa<pï4t&<*t un iévW pouf la 
fiiamW» et qiie cette enquêté est*de^Sl4téréftmémé des mi- 
nistres , .qui doJVf nt écarter toui doiiie sur leur actîVité et leur 
jjelip* M. dé Yaublanç rappelle les rénsetjpemem bu*a don- 
jiéê, M« Bjeif^rt sur'lef délaiâ. H péfi*^ que rasseomlée doit 
«it^dre Tes i-fsullaU d^ l^-qu4t« jttdkiairé.qui se f^ùMk 



( 207 ) , . , 

devant le ministère public , él au*il y «uroit de rînc(a?vénipnt 
4 suivre l'exemple ae rassemblée constit?iaote, qui dë'crédi^ 
toit les miniat^es t>ar des deioandes cont. Quelles d'eiK|uétes. 
if: Bourdeau combat la proposition de M. de Sesmaisons. La 
Question préalable est invoquée et rejotée , et l'a^jernblée dé- 
cide > à une assez forte ma)onté, que la proposition de M. dé 
^esmaisons sera prise en considération et renvoyée dans lef 
iHireaiii. Ainsi se termine la séance , à cioq heure» et demie , 
•près ont disetuston ^ivc et agitée- 



Si quelque chose peut consoler Ira amis dé la rttfpim des malbcdus 
q«^elle a eauwiyéê et de Vé%aA oè eiic gëmct encore , .cPmt sans «lonte U 
pi^fspective d'iMi avenir pè«s betireai} cVsi lacertiliide oi\'its sont que 

-le monaMUe vent la relever- de ses mines; c?est Patiente de la protec^ 

-lion quMie réotame. Il eel per«ii« 4'espÀer ^uel^ bien se fera, qvaod 
•n Toît de» personnes charges des grande intMia de PEiat montrer 
la meilleure yolonië pttur «filâcer les traces dn passé. On n'a point 
asÀes remflrqiié rexeeMente nomposiiiondè la cbnmbre des députés 
9«m9 le répoort qui nous intéresae le |)lu9. £l}e est formée, en f^rnntie 

'imaiorilë, d'homme^ sinréremeat -.religieux, qui non - scnlemeoi na 
^issimalen^ point leur croyance, mais qni s^honoreat d'y «onfor^ 

•"tter 4ê«r eotfduiie. Depuis Vingt -cittcf ane, les lagiêlftiures qui se 
sont .snceé d ë o » avoient offert précisément tont le contraire. Le pea 
de bons cbrëtièns qui »Y' ^'^''^^'"'^ < n^oeoiènl ee'monlRir dans une 

' nssemblée où dfs dispoeitièiM fors dfifférentmraireiant préralnuOn n!v 
re^arrdéit I» reUgion qu'abc les yaus>dc< tfêa d i ffrfispm ou fk >a poUii* 

^|iieyjeè'>eacf09sni|1ni lairf be«uçoup-d'ivmni*nr de la toWfefi^per égard 

'fKmr i^s préjugés de la foule. Mos députés d'aujoatfd'liui sont un peu 
plus asgés que iears devanciav». fièanconp d'eaAr*ea« sont de firanne 
«iTréticiis* sitSM loyàvs dtfna<leiiv a^ pour la religion qne dans leur 
«ttaçliement pour le prince, voulant bien décidément k taffermiase- 

^ètft dé Pané et de Vautre. ]|on# les' vojroos âvae édification dans nos 

-égliaes jofndt'e leurs priéeee tiaa n^res poork u^xèê de lenra efforts. 
IfOttS les entendons avec joie, dans lencs conveaMiibns particultér«s, 
éqoliccr le désir de faire refleurir la rtligion pour faire refleurir la so- 
ciété; ci on a pu é^apereevoir par las deuils de plnsinava séances, du 

•tif intérêt qae maùoieni» basucoup du msmbrea à ica qui ooaaéroe le 
«le^é. Mail, parmi lès ^rapasiëonsr faims k ne enieti, il. fau$ disiin». 

'Mer le discours proMHbeé.dsm la séance du aif'ptr M. le -vioomhr 

"fle GttsuAliàjac', d)ép««é 0u âaès. il est impossibljç de sa mostrar plvs 
çiAvailemént et phia«ia<^émènt reUglcnk, et jb /omirois presque que 
cette fribnné, qui aiaoit «nttadu s> souvent; utai^nire laimagi^ ac^ 
éiki ééôanéé de ceKsi^hmi cilea l i ls il i iée.)onr>|à. M. df vasiellimac 
a t*rié dés maltA»» de la -relMpon ^ de ia tf a ^U dea^sapp^dulité pour la 

^^d^tarAleri da l^itra l >éi» ltt t m des bieiw^efdéfiasiûittes^ ds la proscrip- 
tien despHtrcs fidèleil (qu le croiroitméme?) de Tttpidsîaa Jbs rf- 



( ao8 •) 

]igi>ut hors (le leurs oloîlres. Sos |>Iai'nies -sur ce dernier point au- 
toieut, i^ti'y a pas ïong-lemps i-ncore, e'ié couvertes de risées, cl au- 
roient |>a$sé pour une éanueînade ; et cc^t quelque chose , qu'après tant 
de travers d opinionif aes réflexions &i saine» aient ^lé ëcouiecs avee 
iiilérét dans un des premiers corps de TKutt Peut-être cet exemple cn- 
gagera-t'ît quelques mécreans a éii e plus rtiserrés sur œt article comme 
sur tant d*autres. 

M. le vicomte de Caslelbajac a donc passe' en revue Tëtat actuel de là 
religion; il a montré les campagnes manquant de prêtres, les églises 
«handoonéeSfdes pasteurs afFoiblis par l'âge et par les fatigues, obligés de 
partager leurs soins entre plusieurs paroisse», la mort éclaircisi|ant ci»aque 
]our les rangs du clergé, et Tindigencc assiégeant le peu d'ecclésiasii({ues 
qui Iravailient encore. Le»beM)in6de TB^tsont impérieux, et ne {)er- 
mettent pas de faire pour les ministres des autels tout le bien qui est dans 
ie cœur d'un monArque pieux autant qu'éclairé. Mais alorç »e seroi^ce 

Sas travailler pour i'Ëlat , comoie po«r la religion, que d'aukoriâer k» 
ons volonUires et les dotations olFertea par. la- piété « dotations qui 
scroient admioistrees par des Aembretf.iaénifi du- oUilgé; car il im- 
porte, a dit.M. de Caslelbajac, que le gouvernement oe puisse pr»- 
tf ndbre à aocune action sur les biens qui seroient alFectéa è i'ii^glisc. 11 
importe -qite les revenas de ces biens ne soient jamais confondus avec 
les revenus de l'£tat.>Les évèqvits, assistés d'un conseil , les adminiare- 
roient pour leurs diocèses, .et les curés «avrc la fabrique, pour feuis 
paroissies. Celte entière liberté d'administràlioBi est 1« saul moyen d^in»- 
pirer de la confiance aux donataurs. i . i 

L'orateur propos&dona à la obarobre de prendre en oonkidt^'ralion son 
iprojct, et de. supplier S. M: de ppésenier .utie Ui qui autoris«*roit. une 
«nis poftr toai£&, let évéques et les onrés.à recevoir toutes donatioift 
de meubles ouimneublKt pour feMrttif». «lu culte, ponr les prêtres, 
piiur las, sémioairtft, ou pour tout autre éta^Ussemeat eccMa^ùquc, 
sutrant i'intatiiie» diiè denafie«r< Ces dooalionsatiroteBt leur effet sao» 
être joumiseS'ebàqae^foi» à l'approbation du gouvernement, pourvu 
quVUes fussent faites suivant Ws formes prescrites ps^ le Cfi^f et les 
bien S' seroient irégis par.uu conseil pustosent ecclésiastique, ou pCàr l0^ 
curé et la fabrique. - • ^ '. 

• Telle est l'analyse du discours et do f>ro jtt.de M. de Castelb^jact. ^o»- 
neur à ce députe sage et religieux, qui a néttOBcc^ le premier À l» ui- 
^^une cette vérité, constatée par iVxpérienoe;, ipie le cJergé, pour, être 
eonsidéré, a besoin de sortir d'un. état précaire»' et. qu'il lui faut de,^ 
biens toÊÀB ]MMr opérer le bien, avec 4>lus de sécurité, pour ajir^ir plitf 
de erëdiiljnv'iif sprii ^es.pf»iples^ pqurformendes éuWis^na^o^ soiidçs 
et stables î Ils Jt^ajcaiem biea- senti: ceux qui dépouiUèrent PKf^Use de 
• ses biens f et cette, spctliaiion ne fut(jque.le; préliMie de Jeurs £(V^^ ^ 
usures eoMre W religion^ 11 faut dote lairte^ip^wr répara, JieiMl.» ^'^^ 
verse de. œ anVmia fpitippur le produire^' etaous devons ^^piW*^** 
liinicres et des<iarienlii)«adpeileS'et pures da(^>o^ver.nçD»eut,f^ 4»-^ 
ccbainbre, qiie ètt.jàifmriant «biet sera pais ea^cgiS^idéfation. 'IV^t^ 
.monde est d'aosord «uriW/méeAssiléde.f^bièr ej^4(i pcotéger^ if^ii" 
f^ion; et le «loyen. qtte pt6pasc M4 de €aflribeiito\yi l^ul, cobii»1)«i^ 



(Samediâo décembre i8i 5.) (]>(«. i45.) 



Au lieu de rarticle qui commence ordinMreftiefit chaw 
que numéro , nous donnons à la fois dans c^Iui»ci , et 
le rapport d^ M. de Corbière sur le projet- d'amnistie ^ 
et le discours de M<^ de Biaagy eo faveur du olergé. Ces 
deux pièces roulent sur des objets qui appellent eii ce 
moment toute Tdtteption, et les lecteurs ne nous repro- 
cheront sûrement pas d'avoir laissé cette fois la parole 
M des orateurs plus éloqiiens que nous. 



-<l:a*>T-*»«:>- 



NOUVELLES ECCLESIASTIQUES. - 

• 1. 

BoME. S. S. a fait présent à la basil^ue d^ Seint'^ 
Paul, dans le monastère où.elie^a piv^ tant d'années, 
d'un calice et d'une patène de grand prix. 

— Le }6ur de là filte de Ta Conception ^ -et' }e secdn4k 
dimanche de l'Avent^ il y a eu, comme & rordmaii^e^ 
c^^pelle papale au paJt^is.,Quîçii]^aL Le P« Frédéric. de 

.Sainl^ieàA, Ca4>it9iny pri^dicatenr ap^tolique, a confr 
mencë sa station de l'AitoBt deTMit 8«/9»-et le m^otè^xolt* 
Mgfi* . , •' ' • 

— Le cardinal Spina, arcfaer^ue de Gènes, est ar- 
mé, lé g, à Rome* Il a salué le suint Pèré^ et dit vi- 
site à tous les cardinaux. M* Bardaxy, auditeur de i ote 
espagnol., est aussi arrivé en cette résidence» 

Paris. Leë oiBces de la fête de Noël opt été célé« 
brés à la chapelle du château des Tuileries. Le Boi^ 
la famille royale et les personnes de.U cour y' ont as- 
.sisté. La. veille, à huit heures du matin ^ S. M. est 
descendue dlins sa chapelle, y a entendu la messe ^ ^t 
y a communté. L'après-midi^' elfe a également assisté 
«itMC premières vêpres, et à -roffiice de la nuit en- en^ 
lier. Ms'*. de Coucy, évêque de la fioefaelle, a officié 
* ïoil^Ti I^' Ami de la Religion tt du Roi: O 



( ^'^ ) 

ptmlifiealeitient à la me^^e du jour er aax offices éff 
Itaprès-niidi* U y a ea sermon par M. l'abbé de Bou veii$« 

La piëlé et le recueillement du Roi, et de son au- 
guste faoaiUe, dans ie lieu aaubty toat toujours u<i ob- 
jet d^édifieûtkifi pour les asaistaus. Ils suivent les prières 
de l'iE^li^e, Vanissent.aa chanl des psauraes^ et n^tpa- 
roîi^seat occupés que da la présence du Tvès^Haal qtiNJs 
nous» appr^un^nt à révérer dignement parat^isi grané 
exempiis. Les fêles de saiht Etienne etoe^^a^nt Jearn «nt 
également été célébrées. à tla.ciiapelle royale. . ' 

-^ Une circMlair.e d«i .mînîstire de i'inlétiear aux 
itrchevèques et évè()ues annonce qu'il ne sera pas pro- 
noncé d'oraison funèbi*© de Louis XVI au 21 janvier. 
On lira seuleipent le testament de ce prince, monument 
sublime de ta piété la plus courageuse, et de la généro' 
isité la ptMs.rare. . ' ,. . . .l\ . 



NoirVÏLLEÇ POUt-lQUEÇ 



L> : 



. I^AAis. n y aura uw^gt^ie réç^jj^oft qrf ."SÇ^ilei-ifs, |>oui» 
la nfcuveTlé amiëè. Le Moniteur annonce ^'®rij«j î^ presea- 

- '.a;, ta Gazette àffidelle^^ ^^\ftM\è ta loi (hd,\kuiër&v? 
Al fraîlé^^pÉirfi^'déi^ë'hov«inbre', étaiKtstîf JeJgrtttïà^Kvrt 

mesure des besons dé l*£tat et des engageœensOoa tractés arvet 
les puissances* ; • . . • ' r. . 

— La' ineàiQ gazette publie aussi la loi <|ui orfïqane ^ue 
proviéoire'nleint', et attendu le retard 'force (][iî'éproilvera fa 
confccticw^s rôles de i 8 16 ,* les'qualre premiéirs 4ôuzièmes 
de la eontribâliôft fonéiëfé , de la cobtributibtf pt'er^rànetle ^t 
mobjiliaire y de U Cen^ribution des? portes e^ |if qétce^ » . et de 
cibles de~ --*—•— -—- ^* -^--— »— -^i- j- -*>^^ -* 

que 

cesi 

près- lès lois Vétilles dails la 'sessîoit *^è*i8i4 j pour '^exercice 

l6i5.-.' î ^ /y-- • ■'- - ■' .'•'■'••'•■ •^:- •* y- "••■■ 

«^ Une troil^ëme loi ordonne la suppression de6 4ubstîts(s 
4es procfireur^Ttgéi^éraiix faisant fonctions de jptotnrettcs-m^* 
.fjoinek dans les d/ép|r{emens. ^ > .--^ , i 

^*-r tJiie'ajrdoi|aaaça r^oyale , en date ^^^ ;»o fiéfeiçilH^j. gprt« 




(2") ^ 

dépaNltèment sont supprtmés ; et , dam !e mois <}ui gcrivrà 
la pubHcadon ée \a préseate ordoonance, radministration en 
lera renû«e à celle ée$ préfectures. Cette rpunion ne pourra 
donner Hen A aucune augmentation dite frau de bareaux dés 
préfets. 

•^ La Gazef^ ofiieieUe du mémejoifr, donne an septième 
relevé tbs sojnbm offertes au Roi pa> plusieurs ofGiciers de 
Êts armé^ pour'sAiyvemr aux besoins de l'£tat; il se monte à 
Miiïj h* ^ cent. Un maréchal de France , qui a gardé Ta*- 
MBYme, y est^DOifiris pour 9600 fr. 

-r« Oftm'oaciuAencé , le 28 , à frapper les nouvelle^ piècefs 
de 5 fir.^ .mai^ elles ne seront mises en circulation que <{uel* 
ques jonj» après le jour de Tan. Les pièces d'or de 20 et 4p fr. 
oe seront irap^ées i|tie Ters le milieif de janvier. 

•~- L'organisation de la ^arde royale se poursuit aveaacti^ 
^feé. àlfdéity svoMrèâjoard'kniiitie grande* rerne an Gbaïkip^ 
de^Marsb \ys réginie*! des cbaAsenrk à cheval > ^ûi s'est û^rmé 
à Chartres ,>ést taraivé hier. D'antses «orpa ai^veiront socceé* 
«veomt: Le3 soins qn'on a pris màrJa fbroMftibn iaot une 
garanâe de l'esprit qni^ régnera dans ocitte garile,'<t les di»^ 
]>asilifm'4es'a»Mats|iwaisaftnt;cnKe<^ 

y* h^ HML d^£qia^e; Jéyousa tme^faincessaida- Brésil ^'.qm 
déjà est' attendue à Cadix. On parle même d'ain antre «*- 

il iiMvdk;i^nir#S:»fN»gn âM!k^^4mAeikÈe^ 

^hHv^|»Pivfo*BiyHlacorédbecesbsMtti(aip^^ .K-r»"-'1 

Dfii^^s^ll¥«da s^, lés.ii(inistiwiWt p^ ài.^ çlitm^ 

hre ie^ pr^jats 4^:191 adaptés p^rj^^^ml^re des dépui^s^ f t 
reiati£s.;le premier «à un^ prprog*t4«n de.sarsis acâ>r4é anipc 
aolons de $avft^iiDoqffngiie ; Jli^ itcpnd « >m^ canioiis à^ ^onir 
LeHiacd. et 4*Au4ifiCourti La <^m)>tW s^ést divis4ft.;ffi }>PT^a!^ 
pour les exanûp^, ?i s'est ^nsnite ref<Qn«té? ^ l^f»^ €1°^ 
faite ives' daux projets n'uymit ^çité .aucune^ réi^lam^^n , 
antété adoptés à une nii^imilé pfasqt^e ahsollie. . . 

CHAMBRE tJBS H^PiJ^i'Ê:. 

Dans le comité secret dû 26, U/'^e\i!nn(^éiiltga» a fsûU 
ail nom delà oommi^ony son rapportj.#i»r la proposition qa 
M. de la RbcliefoucauM. L'orateur à èj^imé éloquemaient 
les sei^tittcâs da tai>ta îa natîoïi sui: lia crimëTiorTOlé,' éf il • 

z 



( 212 ) 

#ait. sentir la néce»îté que la preuiière assemUée légale 
libre , formée «ous un gouvernement légitime , lavât fa Frani 
de la tache au 'a voulu lui imprimer une assemblée coupai 
Il a demande que le Roi £ût supplié de proposer us projet 
loi qui établît par toute la France \m service soleonel , et 
deuil général le 21 janvier. La discussion est renvoyée au 
•AL de Bonald a développé sa proposition contre le divorce 
et a fini par supplier S. M. de présenter une loi ^ui fasse di 
^paroitre du Code les articles qui autorisent la dissolution ( 
mariage entre les catholique. Ce discours., .01» respire la pror| 
fondeur de vues et la sagesse de réloqiient auteur^ a été en* 
tendu avec un vif intérêt, et sera imprimé à six esenplsifesr 
•Nous essayerons d'en donner une idée. Un membre a demaxïèî 
de djévelopper, d'ans quelques jours , une pr^posifiDn qui tm* 
droit à rendre aux curés et desservans Içsjreg^trBs de Féut 

^ivih ^ . i . . : i 1 ;•,:.-■ • 

La séance du 27 devqi^t être iconsacrée k entendre le ramw»* 
sur le i^rojét d'amnistie. Les tribunes éloient remplies ci tnie 
-foule de ^^ectarteiurs.' Quatre -ministrési ><»Bt .été. intn>d4iit& 
'M. de Cornière^ itap|)(^ear de la commisabn , a la prole^ 
-et >pn>nbnçe!le ^iscour$«itvani : .''';* 

Messieurs , la grande ixiesure que . nous venons présenter | 
IvptrB^délibérlrtioajœcufe depuis ieop tong-tenpsi peut-^Kv 
-taosle^jespiits. ; . ^ ' y : . • i î' ; . 

' fiife est : devenue ëgaleàniènti l'omet de» e^r^uoes et Ai 
-jttfpôétudea..^ jto|ir;les .^ànçois ,v;»|;, ^ ît^iKm^.êsnl^^^^ 
fermes , et de ^^vtu qui 4»t &illi dans VhànMB ttionruisioB à 
trpis mois, qui nous. a laissé pour ^^nt ^'années des mallieuri 
de tout ^genre à réparer. *'•■•" 
• La'ffémféi^ pehseedu'Rot; an inothent ob il altV rend» 
^aux viGeii* de ses peti|>rés , a'é|é de. rassurer hs uns contre h 
^teneur €rop justinée par leur conduite récente', sans décon- 
nrager îè'zèfe des afeti^s par le dan^f^d'une^ffl-a jante impn- 
^nité, et d'àltitoncér^ dé nouveau son iiiépnîsdblé démence, es 
^se résèrvianlî d*** ftîcer les bomeaf dans sa justice'.» 
' ' Tel ^^été; Messieurs, Fobjet des déclarations dé Cateao- 
Cambresis et de €aih^¥ai, monument de beiité auquel n(nr$ 
devons les pre.Daie^;^ii^r l'qxfmple d^ respect. 

I^e^Roi a rpromiSpder pardonner ^ux Fraapois égis^rés «tant 
•» ce qui sest pds^d'è]Viïîs*le joifi^'oti ff^voit fauîtté Lill« a« 
, ^Z lôilieu de tant dé'fai-mfe, juïqA'at^Urâr'Wîf^st rtotré duns 
■> Cawphlî au uiiKeu'dfé tant d'acclâmâtibiisV. 



imèiX a «cceifrtë dû pardon les instigateurs ^t l^s aiitenrs 
cette trame horrible , qui doivent être désignés à la ven- 
Bce des lois par les deuk chambres. 

^'est tout ce que le premier moment poayoit exiger, et 
si tout ce qu'il pouvoit permettre. 

j'ordonnance du 24 juillet a le même bat; elle indique un 
it nombre d'exceptions. individuelles, et porte cependant 
ore de salutaires réserves. 

Llle présente une première liste dé dix*neuf individus qui 
vent être mis en jugement (i), et une seconde liste dé> 
Dte-huit autres (7,) qui doivent se retirer dans les lieux qui- 
r seront indiqués , en attendant que les chambres statuont 
'«eux d'entre eux qui devront ou sortir du rojaume , ou être 
résà la poursuite des tribunaux. 

Li'article 4 porte que ces listes demeureront closes , et ne 
BrroDt jamais être étendues à d'autres , autrement que soi-* 
it les lois constitutionnelles. 

Cest seulement pour les individus compris dans la séèOnde 
19e que l'ordonnance autorise dé s'écarter des formes régu- 
res de la justice ; mats d'autres coupables peuvent être pour- 
vis selon les lois^ ordinaires. 

Vous avec été frappés, avec toute la Franca, de l'impor-' 
K» de celle partie de Vos travaux, de, l'influence qu'elle 
it avoir sur le» Jt^ini^s de la patrie, sur le trÎMIphe dlï« 
Mè de la grande cause de la légitimité,' tftemefle garantie 
la sûreté de la nation; 

n n'est pas un homme qui ait pu rester Àirauger à des in^ 
tu aussi pressans. Tous les lesprits se sont en même temps 
rtés vers le même objet , tous les cœurs ont été tumuhueu- 
Bent agités de sèntimens centraires. 

X jN'ey» Lahcdoyère, les deux frère» LaUrmant» Drouel-d'Erlon , 
Hvrc-ï)çsoon fîtes, AmeiUi, Braycr, Gilly, Mottlon-Ouveroet , 
^uchy, Clause)', Laborde, Debetle, Bertrand, Drouot, Cambroaey 
vaille, Rorigo. ' 

a) Soalt, Alix, Excelmans, Marbot, Félix Lcpclletier, Boalay 
« ^a Mi»oiihe ) , Mebée , Fressy net , Thibaudeau , Carnot , Vandam- 
nLaniarqae, Lobau , Harel, Pjré, Barrére, Arnaull, PommereuU 
gnault(dc Saint-Jean-d'Angcly) , Arriçcbi (de Padoue), Dejean 
s Garrau , BcaI ,' Bonvier-Duraolard, Merlin (dcDouay), Dirat, 
'feniioDi,Bory-Sainl-VinceDt, Félix Desportes, Gamier (de Saintes), 
•jlinpt, HuUin Cluys, Couriin, Forbia-Janaoïi fils aîné, Lelorgne-. 



\\. 



> 



(3'4) ; . 

C«tte {efnaenUtîoB étoii inséparable àèê èrémÊt/ternsetïnet' 
' dinaii'es qui veiment de remettre en.HUge tous les^rnts^ et 
compromettre toutes les sûretés. £lie ne poavoit trouver <k 
remède que danV là maturité de tos daibérations, daosk 
sagesse d une loi propre à calmer toits les esprits en bisat 
cesser tous les g#rés de craiftte. 

Vos premiers regards se sont portés sur cet objet^ il •coiii* 
' tamment occupe vos pensées. 
^ç ' Pèf roiiverCure de cette session , quatre omtewrs se siicc«- 

dèrest pour vous soumettre leurs pit^sitions ; vttus en cod- 
ftAtes Teïamen à nue même oommisêum. 

A ses propres réflexions ,. cette i:orami^on voalut joindre 
les. lumières de ceux qui ponvoient le mieux l'cdairer, cdks 
des ministres de Sa Majesté. 

« Elle étoit prête k vous soumettre sou tr«v«iU lorsque le 
gQUvemement a tou]t à coup 'abandonné la rési4utioa qa il 
a voit suivie jusque-là de vous laisser prendre rinitîativf . 
' Le 8 de ce mois , les uttnikresdu Roi sont venus présenfer 
en sou nom le projet de loi sur lequel vous* ave» mainleiuBt 
à délibérer. 

Une amnistie est nécessaire; t»ut le mondes ^ .pense ,!« 
iwooiinoit . La .premiibre qnéstiùn qui semJile se •résenler scroit 
de Savoir quel est JC: 'pouvoir auquel ti aypartfeuVck fVfMm 
cet^Famofc'.ter'^x- ••''- j- - "•v sn-^-r-^'-s. r.^, 
' .L'expos4 des motifs du projet de lot porte jqôe ie droit 
d'jIVauîstie étoit inbérent k fa souveraniel» , surtoat mfrts \n 
^pévbltei et les grandes commotions- politiqttes 5 mais <^Si 
Majesté, dans une occasion aussi sole&neiiey se.plaisoitàj 
foire concourir les grands corps d>^ l'Etat. 

S*i\ faut une amnistie, elle doit contenir def excephoos; 

Personne ne le conteste. Mais ici , comme dans touç les objcti 
ê discussion, Ics^ principes généraux Seuls sont sans applic»- 
tîon. Chacun peut énoncer' à peu prës les mêmes m^^iniesi 
les répéter presc^ue'daps les mêmes ternies, quoique le «lisse» 
tfment réel contuiue toujours. 

Depuis les derniers événetneiâs, on à éans^eeese eu reeça^ 
aux exemples , et, je crois , sans beaucoup de friiit. 

On a cité dans des écrits réjceqs la clémence d%ngaste ^ 
Gelîf de Henri VÏI dan» la conspiration de Perkins» 
' L'histoire de ces cleux princes eÀt pu facileoMntt fourmi 
êts citations contraires. 
On a répété surUmt le nwifi de Henri IV j exemple la'pta 




. (2.5) 

li^uren Sèment choisi , puisque ce nom sera toujpur» tnsiépa'* 
rabîe de l'idée de la clémence. 

' Mài^ eh l'appelant' une amnistie qu'il atiïçprdoit à ses &U)ets 
long-teznps aveuglés, on peut raj^îer aussi et les billets d'eiil 
fk les atrets d^e condamnation qui précédèrent la promulga- 
tion de cette loi bienfaisante. Il faut remarquer qiie ce srand 
prince alli^ toujours à la bonté qui fi'agne les cœur9 , V^^^il^té 
qui dirige les esprits, l'activité qui les surveille et la ferinetrf 
qui sait punir. 

' Les exemples peuvent donc facilement égarer. De tous 
êotés on s*«mpare de cette arme et Ton en abusé. Les esprits * 
«tendus sont seuls cajpables de s'en servir^ en comparant les 
ftits, les causés des événeineos^ la disposition des esprits,. el 
toutes Des circonstances si variables, et qui mettent quelque- 
fois tant de différence dans des citations qui peuvent à^ahotà 
paroître semblables;' ils recueillent dans le §i]ençe toutes les. 

constituent 
stinguent les. 
spéculatives et d«s 
mouYeméHs jNissîonnés. 

Le projet de loi (|ui vous est soumis donne liec^ à deux, 
difficultés principales, auxquelles semblent se rattacher toutes 
I^ OibiiK:tio«s de dctuli. Les uns ^nt été ar^ités par ces dif- 
ëeftltês^les antres oiit cru les rlsoudie»; .;./•. 

* 'Piremièremefif , on vous propose de |Nrônoncçi^ le b^mMK 
ifetcfnt, Tewl,^ <m, si Ton veut, la ^simple sortie, de France 
dl( t'OUs lès*hommes dont les noms'.so tr<o.)ivenf inscrits sur la. 
second^ liste. Etes- voua jugés ^ Ëtes*-yous les juges de ces 
kbmmes? Novl ,sahs doute. 

On a répondu qu'il ne s'agis^oit pas d'un jugement, jUfaîSs 
de'ijuél nom faudra-t-il donc appeler une peine pronobcée 
c(>nti«'des hommes individuellen^ent atteints, et à raison de 
là (condhite repréhénsible qu'ils doivent avoir tenue anténeu- 
rèiiiènt à l'application de cieHe loi ? ^ 

Ces dispositions, dit-*on, sont moins un jugement qu'un 
coup d'Etat, qu'une mesure de sdreté publique.. 

' Toutes, ces dénominations auxquelîes on a eu recours, 
Wannoùcerpient-elles pas ïe besoin de dissimuler la difSculté, 
plus qUi^ la possibilité de la résoudre? 

] Tout cela prouve bien que le jugement sera éludé , la chost.^ 
eh ixàset visible j mais esV-ce un oon moyen d*ea étotAir la \i^ 
Illimité? 



( >'6 )• 

Comment d'ailleurs pronopcer en coq noiMaiice de cause sur 
ce* trente-lmit individus 7 

.La liste présente des noms qui se sont fait remarquer dans 
nos longs d«sordre*;mais quelques-uns aussi sont bien obscurs. ^ 

Pour ceux mêmes des inscrits qui ont perdu Tespëce de 
mvilége attaché à Pobscurité, il ne suffit pas qu'on puisse- 
leur imputer des vœux innocens ; il faut encore qu'ils aient 
pris une part active à la rébellion des trois mois. 

Le gouvernement n'est entré dans aucun détail , il n'a fait 
aucune révélation. Yous n'apportes ici que vos connoissances 
individuelles, et, pour y suppléer, le secours qti.eIquefoi5 in- 
certain de ce qu'on appelle une sorte de clameur publique. 

Tous ces hommes n ont-ils pas droit de dire , et plusieurs 
l'ont fait dans des imprimés qui vous ont été remis : Qu^ 
que soit le pouvoir que vous veniez exercer, en statuant àur 
notre sort, savez-vous au moins quel)» sont nos crimes, et 
<}n elles en sont les preuves? 

Si le Roi vous saxMt de l'exercice d'un pouvoir extraordi- 
naire , il doit âtre déterminé par des motifs que vous puissiez 
apprécier par vous-noLemes. Sans cela votre concours n'auroît 
plus rien de réel) on ne sauroit plus quel nom lui donner. Si 
vous 4>diquez le droit d'examiner, refusez donc aussi le droit- 
de prononcer* 

iiSt rédackon de Tartiçle 3 ai^nance qu'une p^tie tede d a e at 
des trente-Jitttt individus sera , ou tenue de sortir du foyâvine^ 
(nrfivr^e k la poursuite 4K^ trdmnâux^ Cela suppose un^xameix. 
ultérieur , une ressource qu'il seroit injuste ue leur enlever, 
puisque Tordonnance la leur accorde. 

Nous avens pensé qu'il pouvoit convenir de ne pas traiter 
de U n\ême manière tous ces individus; que quelques-uns de- 
vroient être mis en jugement; que pour d'autres l'exil ne se-^ 
roit peut-être pas même nécessaire*; que le Roi pouvoit seul 
peser définitivement les faits qui leur sont imputés , et que 
ee seroit déjà un grand bienfait que de remettre leur sort au 
plus clément des princes. 

Si l'on nous disoit que nous n'avons fait qu'éluder la diffi- 
culté , et qu'en rejetant les mesures proposée^ nous tombons. 
dans les mêmes inconvéniens , nous croirions pouvoir répon<t 
dte qu'il est bien différent de renvoyer l'examen au seul pou» 
voir qui puis^ le faire, ou de demander que les cbamorea- 
statuent directemeot ft efi masse sur une liste t*Ue que celH 
qu'on vous présente. - ^ = 




(217) 

Il reste à examiner une seconde difficulté, H eHe ii*est pas 
moins sérieuse. 

Nous venons de dire qu'il ne nous étoit pas prouvé que 
tous les individus portés sur la seconde listedussen('nécessai<- 
rement être ranges au nombre de ces grands coupables qui 
ont compromis le salut de l'Etat , et imi ne peuvent plus res^r 
ter sur le sol françois sans troubler l'ordre public , par leur 
présence seule. Mais d'un autre c6(é, tous les hommes de co: 
genre sont-ils inscrits? Si l'on s'est demandé pourquoi certains 
noms se trouvoient sur les listes , on a été surpris d «n voir qui 
n'y sont pas compris. 

Plus la mesure sort dans ses formes des règles du droit or-- 
' dinaire , plus elle doit avoir en elle-même un grand caractère ' 
de 'justice , de force et de prévoyance. 

Le remplaceipeqt de l'article 3, par d'autres articles addi-^ 
tionnels , nous a paru remédier à tous les inconvéniens. 

£n premier lieu, ce ne sont* pas certains individus , mais 
certains genres de crimes que nous proposons de désigner. 
Les crimes doivent être plus énormes , ils doivent être ma- 
nif<fi$stés clairement, pour qu'il n'y ait aucune incertitude dans 
l'application; ils doivent être prévus par des lois antérieures, . 
pour ne pas tomber dans le vice de la rétroactivité. En un 
lïHKt, nous avoâWottta ^ire porter l'eixeption sur .les crimes. 

£fl jsécoml Jieti , nous avons respectrf hs promesses SmBébis 
Voilà pourquoi nous ne proposons que la mise en jugement 
de ces mêmes individus , et nous nous arrêtons à Fepoque 
du a3 mars.; 

Ne croyez pas, Messieurs , que nous prétendions excuser ce 
qui s'est passe après cette fatale époque. 

Ceux qui se sont précipités aux pieds de l'usurpateur, qui 
ont reconnu son pouvoir , qui ont concouru à le défendre y 
qui n'ont pas craint de souscrire les actes odieux par lesquels 
il avoit voulu les lier sans retour à sa cause > tous ces hommes 
ont été coupables, et ils n'ont pas cessé de l'être, par ceja 
seul que la trahison avoit réduit le souverain au malheur de 
quitter le territoire françois. 

Plus le bon droit étoit en péril, plus étoit grande l'obligar- 
tion de le défendre. Ce seroit une pernicieuse doctrine qufe 
oeUe €|Hi attribueroil, à oe qu'on veut appeler gouvernemeiH 
^fi^Ui d^s droits qui n'aj^Artiennent qu à la légitimité. 



/ 2,8 ) 

Ainsi la traliisoii et la Ucfaeté ne seroient plus des crimes , 
la fidélité cesseroit d'être un devoir, au n^oment même oii 
Toccaisiott de lé remplir se présenteroit. Ce devoir ne seroit 
^'une chimère , la stabilité des empires n'auroit plus d'appui.- 
Nous venons vous proposer de comprendre dans la loi d am- 
iiîstîe ce qui a sujvi lé 23 mars , et non pas le justifier. 

Troisièmement efntm , nous avons dû prévoir que diSS^rens 
ibotife , qu'il seroit quelquefois indiscret ^e pénétrer , pour- 
rt»e*rt empêcher de poursuivre quelques-uns dé ceux qui se 
trouvent compris dtans lés classes d'exception que nous voua 
proposons. 

. Ainsi) dain notre plan, les ponrsuiles à faire seront près— ^ 
que toujours subordonnées à la souveraine sagesse de S. M. 
Nous ne remettrons pas le Roi dans la nécessite âe punir ptui 
qii'il ne veut, ^ 

£n un mot , les lûtes ont paru susceptibles d'être révisées 
sous deux rapports. , 

' II y. a dés noms quil n*étoit péut-êtî-c pas nécessaire d*y 
pfacêr: oh en a omis, que la justice réclajpe. ïl peut être né- 
cessaire dé laisser ces pointa au Hoi seul, parce que lui seul 
]^ut connollire tput ce qui appartient à cette grande mesure 
àE? sûreté ptfbîique. ^ ^ . *.. 

' Notrt avons déteniittc dès çrinàes çlaîrèmeijlt caractérises, 
et n^m avims fixé la prescription à un délai^.rès<oiirt, . Ai 

jpridriftis*V et pendant l!^6p lông-temps^ 

Uiie déniatide, qui Vous est parvenue dé foutes parts, est 
e'ëlle dé soumettre à une indemnité péctiniairé ceux (jui se« 
rent reconnus pour les principaux auteurs, de la rébellion qui 
a*çaiisé tanlcle maux a la îrauce. C'est pour satisfaire a ce 
vœu général que.xK^vbuS proposons l'article 5 du nouyèa^i^ 
projet. /\ \- " .^ 

' t*?rticïe qUrconèmiW la. famille Buon^parte pfésénte We 
d^ ce^ inesures donî tout le monde doit reconnoître la néces- 
sftj?.' Noû^ proposons seulement une rédaçtiou qui. a paru phts 
jArjéclsè, et une transposition de l'article. ..... 

' * "Votre commission a cru indispen^ble d*étenclre cette me- 
.filure à une autre classe d'hommes que leur conduite, dans 
lê| derniers ti^oubles , doit séparer éternellement du peupla 
franpois. 

Vous prévoyez que nous vous parlons tie Ces hommef.qui^ 
aprè5* s'être rendus"xoupabléS^ du plus grand dçs crimes, ont 



frôcFamé eux-mêmes leur furieuse persévérance, qui ont 
osé proscrire celui qui leur ayoit pardonné, et dont t ingra- 
titude es t. proportionnée à l'immense hUrffait de touàli dcnti 
ils avaient été côuîferts, 

' îài vousr êtes placés entre la nation qui demande justice , et 
le pi^nce qui ne veut se rappeler que son premier pacdon, 
quoiqu'il ait été méconnu avec tant d'in('^igmléi 

La commission eSt bien loin de vouloir s^écarter dir pyb* 
fond respect dô an Roi , en voUs proposant de rétracter 1 di^- 
bli- du passé qu'il prononça une fois. 

Si le premier crime pouvoit être pimi , ce ne seroit pas un 
simple eloigneuieot du >ol françoia dont nous viendrions vous 
parlef. 

<^«ielque énorme que puisse être le second crime , nous nt 
proposons pas de lui infliger la peine qui lui serôil due; mais 
les hommes qui se sont. souillés de Tu.n et de l'autre , se sont 
mis désormais en état d*hostilité constante contre Je' goaTer«4 ^ 
nemant lé/^ilimfe: TU' ont prononcé eux-mêmes qite lettr exis- 
. 1«nce en France éloit incompatible avec l'autorité du Rôi. 

C'est comme dangereux, et personne ne peut Télre plus 

3' u'éux , qu'ils doivent éti'e obligés de quitter la France , oii 
s ne peuvent rester sans se lier personnellement à tous les 
mt>îeU simisjLjres. Ea titf mot, nous demandons qu'ils soient 
li^ites'cÀmii^k famille de 1'^ - 

^ Qâe* ceux (^î n*appronvvro{ent pk^^tte mesnre no^Sk di* 
aent s'ijs trouvent des motifs moins pnissans pour 1«S uii& que 
pour les autres. 

Nous nooâ sommés acquittés de la tâcbe dont vtws nous 
jrvies chargés, et vous êtes en état de jufger toutes les diffi- 
cultés qui te sont p^^ésentées. Nous àvon^ eu à remplir h la ^ 
fois et À concilier toutes les obligations que nos fonûttpns nous 
imposent, et il n'en fut jamais de plus diificile. Le senttpent 
Je notre devwr pou voit seul nous soutenir. SrnQire<«<ièe'nous 
«voit égarés, nous sérions doublement à plaindre. 

Nbus vous proposons d'adontèr le pi-djèt de loi avec les 
«mendemens que la majorité ae la comùiissiôn a accueillis*. 

P^rojeî de loi, 

' Jlrt. 1^. AàinTiitfé prelno et eioiere est accQrdeVâ toos ceux'^^ di-> 
rcetement on inditectemenC » ont pris part à la rébellion et à Tusor- 
iMeto d« Napôlëoft Qaoaà|iâtite , «Mif les exceptions ei-aprés : 

3. L^ordoDitsioee du a4 îuillet coniim^erst d^élrp cxécutiM a Tégar^ fl^ 
ÎBëÎTidos cojopris dsiis l^rtide i*r. de c«lte ordonnance. 



( 220 ) 

3. L« Roi pourra « d'à os TestMce 6e deux moic, à dater <ie 1» prO' 
vnlgadon de la présente loi, éloigner de la France tons les individus , 
compris sar la deuxième liste de Tordonuance sos-mentionnée , qni 
n'auront pas e'të traduis devant les tribunaux, et ks priver de tous 
biens, titres et pensions à eux concëde's à titre gratuit. 

Ils ne pourront rentrer ep France sans rautorisation expresse du 
Ror; le tout sous peine de deporution (i). 

>^ 4* Sont exceptés de Tamnisiie, comme principaux auteurs et ins- 
tigateurs de la roTolte: 

lo. Ceux qui ont ëié complices du retoar de l'usurpateur ea France, 
e^ correspondant avec lui et ses agens à Ttle d'Elbe pour lui en faciliter 
les moyens; 

'3°. Les individus qui, avant le 33 mars, ont accepté de Pusurpa- 
teur les fonctions de ministres ou de conseillers d^Etat; 

S**. Les préfets^ nommés paè le Roi, qui ont reconnu Pasarpatear 
avant le 33 mars; 

, 4®* Les maréchaux et généraux commandant une division , ou soos- 
division militaire, qui se sont déclarés pour Tusnrpateur avant son e&« 
trée à Paris ; 

5^. Les généraux en chef qui ont dirigé leurs forces contre les ar- 
mées royales. ' . , 

Con^ormémetat à l'article 4 de TordonBance du 34 )uil)et, ces indivi- 
dus ne pourront être poursuivis que par-devant les iribunaux , et sui- 
vant les formes constitutionnelles. 

Néanmoins la prescription de dix années , déterminée par Farticie 
di du Code d'instruction criminelle , est réduite à trois mois a leiii 

5. Dans les poursuites qni pourront avoir lieu en vertu desâriiole%' 
précédions, le trésor public se portera, par ses agens, paftie civilepoor. 
requérir eontre les aùgusé^^V iU sont^iugés «•uf^Mes, fitttkmàiCe des' 
prAfitboi^^aMxsés à t*Ëtat. -.^ 

i,e produit de ces condamnations prononcées sera appliqué au paie-' 
ment des coirtrilmtions extraordinaires de guerre .- 

6. Ne sont point comipi-is dans la présente amnistie les crimes ou 
délits contre, les parucubeirs , à qtielque époque qu'ils aient été commis.", 
les personnes qui s'en scroient rendues coupables pourront )kre pour- 
suivies conformément aux lois. 

7. 1^. Les ascendans, enfans et descendans de Napoléon Buona- 
parte, sts <mcles et ses tantes, ses neveux et seU nièces, ses frères, 
leurs femmes et leurs descendans, ses sœurs et leurs mads, sont ex-' 
dus du royaume à perpétuité; ils sont tonus d'en s«nîr dans le délai' 
d'un moiSy sons la peine portée par l'article 91 du Code pénal (3). 

Ils ne pourront y jouir a'aucun droit civil , y posséder aucuns biens, . 
titres, rentes, pensions à eux conoédés à titre gratuit ; et ils seront' 
, , -/ 1, • '. 

(t) Cet article et les deux suiyans sont proposés par la comqaissWn 
comme addition au projet primitif. Elle a également change la rédac-r, 
tion du commencement de l'article 7,'^<t a àJQulé le second paragtan 
|Aie qni le termine. 

(3) Cet article prononce la peine de inor^. 



fenôs de Veiuire, dain le di$lai de six mois, les biens de toute nalure 
qu'il» posséderoient à titre onéreux. 

*i9. Ceux des régicides (mu moment oh M. le rapporteur a tu cH 
article y un grand tilence t'est fait dans ta satte) c|ui, aii mépris 
d'une cl^ence presque sans bornes, ont TOie' pour l'acte additionnel ', 
ou accepté des fonctions ou emplois de rusu^pàteur, et qui , par-là, Sf 
sont déclarés ennemis irréconciliables de ta France ei du gouverne- 
ment légitime, sont exclu<;, à perpétuité, du royaume, et sont tenus 
d'en sortir dans le délai d'un mois , sous la peine portée par l'art. 35 
du Code pénal (i). Us ne pourront y jouir d'aucune droit<( civirs,. ni 
posséder aucons biens, titres ni pensions à'éux concéilés à titré gratuit. 

L'ouverture de la. discussion , pour laquelle une centaine d'orateurs 
s'est fait inscrire, est fixée au mardi a )«invier. La séance a été iei-' 
minée |^ar im rapport de la commission ^ies nétitiqns sur des obji>t6 . 
irès-insignîfians, et par un scrutip pour procevlcr au remplacemeMLde 
M. Despalières, secrcùu're- rédacteur, M. Coucbery « obtenu a4i sut> 
frages sur 280, et a éié proclamé. 

Dans lc,«omllé secret du a8, on. a entendu plusienrs orateurs snr U 
proposition de Al. • de la Rochefoucauld. L'aftspmbtée a adopté le' pro- 
jet de la com.misiri^n à une unanimité 'enii^rev IXy aura, W ai fartvier, 
4eull f}éaéral el setvice «olenvel dons ioute9les é(;lises, et il sera élevé 
s«f ttfic^ pia«f de la «apil^ile mue ttatve à JLmùs XVi. 



Propasilîdn faièe à la chambre des députés , dans là séanck 
' arftf 2S dérembre 18 iS, par M. Iç càifite de ^fefljg^V ^"^ 
* puté du département de VEùre , imprimée p^r .çrdp9. de Ia 

ch^ambré^, ».;..'•• ;..... v .•>.-, 1 

■" ; * ' ' .f< „ ..'••»» 

l'ose le dire^fle mW. devoir, je v\cda vous, ICiiqifelef la proposuion que 
fài eu rbônàépr de vous soumettra. Ae douifin). ^nullement des inteft- 
lifins pieuses et ^a>érne)les de S. M.', connpissânt les sentimeoi^ qui 
vous animent, je suis^plus enliardi à solliciter votr& jp.Hice ep faiveup 
de cesbommes soutTrans, rr velus du caractère auguste et sacrf de mir 
nistres des àuteU. C'est pour eux, c'est pçjiir ces vénér^t^Wdçssefvam^ 
do nos églises de campagne,, que j'eléye nia voix; depuis )on^«tfmps 
'* ' ' "^ " oblû' 




^ jusqu'au moment QÙ. ][es.4B^^^Q^cs < 
l^ôient con(lce^\; conjointement avec le ïfcV;..,?,:des hommes Aoim4s dy 
désir du l^i^îi', » jaloux delà gloire de leur pairie. CVst'vous, Messifeurs, 
qui êtes appelés a réparer les torjsdes premières, assemblées françaises^ 
c e^ a Vous c|i»*âpf)ariieiii la gloire 6 »ak Ài^àm Dieu et .pour le B(Ou^ 
Matis jetofis uH voile ép^iis sur ce que Te p^a^ie'nlius ofFre, ne nous t^ 

> (t) Cet aciictefiroft(|uoe Ift-dépilrMii^ê^ *-' ' "* 



( 222 ) 

rçvdouvpQons ^oe pour éTÎur de tomber d9;i&'lc% m^m^f foi^tofr^ 
les4iiell«6 nous eniralneroit Foubli des Tiais {iVincii^r-s. Un efiViyptuft 
\^ unps jDalhcureui 6*ëloigBent^ plus nous pouToos jiv((«r «veccaiiapy 
et avouer au'il n^y a que ia vérilé muIq qui peut coDtribucr fi noire 
bonbeuf ici bas. 

Lorsime le clergé fat d^povillë de ce qui lui apparl^ooit , lorsf{ira 
Tenvie de tout détruire, ei surtout de saper rediiicc de ivoLre mo»»!'» 
chie dans ses viîriubles fondenm»» fut résolue, les |vea&i«rcs a^sem* 
blees ne purent s^empécber de recoiiuoîlre crae la rolji^ion catholiquey 
apostolique et romaine c^toit et devoitêtre là.religioa duTEiai^ aloiY 
eues fixèrent aux ministres de cette religion ua trj»jtem.eiu, Mnon pro- 
portionné à ce quelles venoicnt de leur enlever, ap moins nécessaire 
pour les mettre éa-dessus du besoin , et surtout d«^ |a ^itié tle leurs 
paronstrait. Si ce traitcmant, pour b^aucoo(> yentr^eux, ne pou- 
"voit suffire à lenrezistence et an smihgement des pauvres, au raoin^ 
pottvoit-il encore leur permettre quelque sacrifice; mais aciuellcment« 
Mesivenrs, j'ose tous interroger; que peuTcnt les curés de nos campa*, 
goes ? combien leur sort nVf t-il pas k feindre de voir le malheureux 
sa^ftîîlre en étal de ie secourir! ije«x auxqnels Mt «onfi^e l^enfiiner de 
' no« villagies» qm eaoMcrcnt leur -vie à ovufroler l«>pàQvTv, à lé rendra 
\erti»eux^ we «lénUnt-ils pas votre.nrinapal* «ilr«ition ? 'P»r irespi'ci 
POiic b. v«ligil»o , dont ils sont les nioistaea , yom» Hok forcé» é^àétféKiit 
leur sort; par reçut Qois)»a»ceLpo«r In bâin qu'ils font f t«M. lenr éi^ 
ve& une main secourable ! 

La proposition que faï rhonncur de tous soumettre , Messieurs , 




ment exprimé dans les adresses déposées «nx pieds 4tt fràne, tt panriiC^, 
sans nul doute, par fiu -^ . ' i^.». r w. 

'lUU II estl%ùe de«MI«ftséekiia^, Meysienipf; ;,dfV roin 

|>onr den^ander au plus vifitueusd^^s monarques ;'d^çuî!eqpjre colle, d^ui>< 
partie de ses enfans. Ils <hit gardé le silence , il nVifi est que pjiiis 4o' 

Suent : mais nous, nous ttte pouvons nous'tairé, et te devoir de rep^^rer 
es torts parle à nos cœurs él à nos Consciences.' tJnis pm les oiémes 
trntinietT^ , uniis pïr le fflétne désif , poitons aux pieds du fils de s«iot 
l>on?s ce que sa royale bdnié a sùrtrmeiit dé}à regretté de n^avoir pi| 
exécuter; rendons-le déposilailrë de notre vo&u le plus cÊer, qui estdf 
rendre à la religion sainte , que nous professons^ rbommage qne ponf 
lui devons dans ta persontie d^ ses ministres. ' ', , > . 

ChercboBS k efftcex lés tôr^ de tout oé quinousa pi^^cedé; parlonf 
franchementde nos deTdit^,''et'nè craignons pas d^avouer oe qqe nou^ 
Voulons chercher à inculquer à nos énfaos, aussitôt qu'ils pcu>e^ dou| 
«ntendre. ' ; * 

Je ne me ^nlets ici, Messieurs, que de former ce fôéfy^ qfii> .]>% 
suis certain, est vivement '|i^irtagé par vous; Je n'entre ((a(ips^ aucuns dé* 
taiht, abandonnons-les au tértueux môtiarque que la Vrôvideuce nous 
•• si hew ffii usei f Bt re nd n. Mais il me semble que le elergé, dépouillé en 
vj^tier au comniat«t«i«nt d^ ja^lrt ^ol«itoi , pfirmfi«.àsÉBttMéè Uvk- 



( 225 ) 

çoine, JcToTl rrtrAOTrr dan» une »vk\n ajurmUee Traimont natinnalt', à 
la fio de DOS longs malhi-urs, une existence analogue à notre siluaiiun 
•t à ia dip;nité de ses fonctions. 

if est t«mps enfin, Messieurs, de replacer à la tête de tontes nets 
insiitulions , cetl^ religion si long-temps oublkfe, ce iiretB de toutes 
les passions,. et aue nos philosophes eux- mémea^ont trouve sublima. 
La religion catholique, apcjstolique et romaine, déclarée par nos ion 
religion de TËUI , doii donc être honorée dana TJStat. Ses minÎMres , 
par la méoie conséc|Qence , ont drojt d'atCcodre.4ça reprcBentaos d« la 
nation, un sort qui les tire delà posÂtion où. nos maUieurs lef 00c 
plongés. 

^%près avoir réclamé de votre îusticaj, Metaieurs, l^amaUoratioa àkk 
sort Je nos fidèles desservans, ]c viens vous proposer' dans l'ûrtérêt 
de la religion et dans celui de TElat, la. suppression dé tontes les 
pensions aoai peuvent jouir lea prêtres mariés^ aft ceux qui ont renoncé 
volontairement au sacerdoce. 

Je ne crois pas 9 voir besoin d*eairer dans de granda dévclopp- 
mens sur la propqaition que ia viens aouniettre à la ehambre ; re- 
noncé SfBol me paroU sufl^ant, pour réunir totis les esprits i oii seul 
at jtiiique avis. Kn cf&t. Messieurs , que pourroient mémo dire ceu^ 
qui soqi rohjct de ma proposition? que fiaurraiantHils avancer en 
leur favfuir? Je ne le ponçois pasi ila ne piîenitmt invoquer, po4ir la 
«main lien de leur^ pensions^ qna 1rs décréta de 1 aMcablée du ig juih- 
let 1703 et du k7 sepUv^bre même année, qui disent: Vnn^^ifù'aU- 
miae loi ne pourra^ a Vai^nir^ privçr de leur inaitemeut ies mirùtft^t 
du culte catholiefue qui se marient ; et Tautrie, ffeM ie» prêtre* tpâ 
feraient v^upéttA par leurf commut^ef , à rméèon d^ icar mariage , 
êeroient liire$ de. ê^ retirer où Ht vofidtoientf et reeet^roient , darts 
le lieu qu'ils auraient choisi 9 Umr traitùmmù ,iauac frais de la eonh- 
tnun» qui Us. aurait expulsés» 

Je vous le demaâde , Afesaieurs, Tonhli de Mufts idée morAlat M fk • 
perversité la pins gradade^ peuvenlr*c\lca ^ 990^^ f^ ^mo ! Ua étniènt 
instruits dans l^art affreux des révolotions, ces Honncs qui <mi aapélt 
trône etTÉutdans son véritaWt fo^amonl. Déa leurs premiera pas , 
iU ont été au but : la rcliiûon Le». ^Inoil ^ ils ont aenln i^ovilir; lU se 
sont débarrassés de son frein,. fit en soutenant nue «laase d'kontfnes 
mépris^ et méprii^ables, ils. opt ^pé^i corronapre la mnlIitudWén la 
forçant (}i\gaider an milieu d'elle deaêt^es qnî avxHant abinré tout ffHn^ 
cipe, et dont Tandaca devoii, aiig9i0nlar #n iSai^ate de leur conduite. Ih 
n'ont qne trop réussi, ces novatanaa f^dUts» atnaa malheurs (irésena 
doivent nous apprendre à d^test<r lanr jiNivragr. 

Comment les individus oonire lesqncU ja m'Aèire )nali^eroiènt*î% 
qn^ils sont dignef des secoun accnrfléapar.le goiiv«nie«iant, al oûùii- 
nues jusqu'à c^jour? 

Certes, Messieurs, nous le savons Ions, qnel ëxcnaple effeoyabl* èe^ 
hommes déhontés oui -ils donné à Wnra «anci^jptms.? que de maux 
n'oQt-ils pas £aits, et de,coinbirn de ma«« ne annt*-ils pi|a la oauae? i% 
le libertinage a passé des grandes villes dananoaéiaaaMMuxI, nVat«-oe pas 
à enx que nous pondons en i^ttfibnec la ptlna^ grande ^pattta? ficaadalè 
aalbuUfti, as k jparMot^p9r^wi« «ft k.B»^rii|ifHLIafc«ttii«ai^>auaf 



f 224 ) 
\vnu punition de leur afiFrense ccmdnite j ils ne peuvent donc réclamer 
avec justice. 

Il ne faut pas tous le dissimuler, Messieurs, les co£Êres de rÉtal, 
par je ne sais quelle fatalité, paient ces individus souvent avant les 
iidèles desservans de nos églises. J'ai eu plusieurs fois occasion , cOmme 
maire, de signer des isertificats de vie pour les faire payer, avant même 

Ïu'il fût question du traitement de nos ecclésiastiques respectables. 
Tailleurs , quelle différence mettriex-vous entre des fils coupables et 
des enfans fidèles, si, par l'État, ils sont traités de même? Ceux qui 
ont profité de toutes les phases de notre révolution , ceux qui n^oot 
écouté que la fougue de leurs passions, peuvent-ils être mis sur fat 
.même ligne que ceux qui sont toujours prêts à tout sacrifier à leurs 
devoirs? 

La religion cathplique , apostolique et romaine est déclarée la religion 
de rÉtat j elle doit donc être suivie en tous points', quant à sa disci- 
pline, par le gouvememeot : or, elle ne reconnott en aucune manirfe 
.le mariage des prêtres j donc FÉtat ne doit rien à des individus qui, 
\ukr le fait, ont rompu de leur propre volonté le Ken sacré qui les unis- 
soient à TÉglise. Ils se sont juges eux-mêmes^ et, rentrés dans la simple 
classe de citoy^as , ils ne peuvent plus être censés appartenir au oor|)S 
qu'ils ont abandonné, et qui ne les connott plus que pour les plaindre. 

Ne pourroii-oii pas, Messieurs, sans grever l'Etat pour le moment, 
et en attendant une nouvelle décision de votre part, faire retourner ai/ 
profit du clergé les pensions supprimées ? Ne pourroit-on pas y joindre 
aussi ces pensions viagères acooraées aux autres membres îde cet ordre, 
dont la mort a édairm les rangs. 

Ne craignez pas, Messieurs, de prononcer sur le sort de tons les in- 
dividus dont je viens de parler; outre quMIs se sont rendus incKgnesde 
la pitié publique, par Wur conduite , ils ont eu grande partie un état 
vu une aisance indépciidante ; ils ont su se tirer de 'la mtstre où sott 
tombas «eux que t emjii i ^é et leur devoir ont entiatfner peii^nt long- 
4fÀ|ia attr das rivés éliwigérss, on forcés d'esercer dans l'ombre leur 
minisière de paix. 

Ces indiviaus, pour braver l'opinion publique qui toujours les a 
accablés, |M>ur se sni^porter eui-mêmes, ont dû profiter de tous les 
moyen» qui se sont oSeruà eux, pour se donner une aisance qui les 
relevât À leucs propres yeux, et les rendît- moins à charge. Aussi, 
INIassiours, nous les avons yu figurer dans lootes les places lucratives, 
s'emparer des marob^, des fournitures, en \m mot, penser au umpt 
'.présent, dans respértfnce- de pouvoir oublier' le passé. 

J'ai donc l'honneur de proposer a la chambre de rcconéotire eu 
l>rincipeqiBe Ifr^ortdês ecdesiaîliqués doit être amélioré ; qu'une hum- 
nie adressé aoit Irittri Sa Majesté, pour lui exprimer le vœu solennel 
<ie l'assemblée , et la supplier de faire présenter une loi à cet effet, aussi- 
tôt que la sitaativn^des finances poorra le përibeltre. 

J'ai l'honneur' de proposer, tkt outre, qulmfe 'humble adresse sort 
iaitâ à Sa Majestéf pour laisnpplter de faire pfésedtbr une loi , (antdsi» 
Tintérêt de la retigton queuans cehii de l'Etat ,.pniihr la suppressioo 
4;oule de toutes iea peasienè doht peuvent j6nir les prêtres mariés, A 
^4«ta qmvaloM«ires|iiift <|a|ial»aadoaiié'leU)itetdoce, * 



{MetctëdiÔ janvier lé le.) ' (N<'. 146.) 

Nous recevons <5[tiejques lettres de reprocîies sur 
les délâk qu éprouve la publication des Mémoires 
pour sennr à l Histoife ecciésiasiique penddttt le iS^k 
siècle^ et en effet les deux derniers volumes auroient 
dû parottre beaucoup pljitgt. Nousppumops tiotys fes-* 
cuser 4e ce retard enei^.détiiMlhnt les dîverseï» causes^ 
si nous né craignicMis de fatiguer Je lecteur par dea 
minuties; nous ne ferons ddnç valoir ici que le soid 

3ue nous avons voulu mettre à rendre qçt ouvràgç 
igné de l'estime du public reUgieqXf Ge ^nî a,.î>fO- 
duit, surtout dans les dei-mières épreuves ^ idès chan*< 
gemens qui ont allonge l'impression/ Nous 'annon-^ 
cens aujourd'hui avec plai$i^ que nou9 ^n soinii^Gs fi 
l^derioiere épreuve de chaque vp}^llfle5etql»^il n^nô^ 
l^este plus a imprimer que la fable >quiv doit ieiitiiiiec 
Touvraçe. Cette table ^ qui. sera dotiblë> Tune ppuf 
les noiatièresi Tautre poût les auteurs^' d^tnaùderâ^en^ 
core quelque le.mpsji pt iv)us enipédiié de faire ps^ 
roitre Vgwm^é pour le commeocfooient ée l'année ^ 
comme nous nous en étions flatti^s. Mak iâK>tis pou-^ 
Vons promettre que Tepoque de là publication esf 
trèsHTapprochée 1 et npu^ nous ba^èrpns^d'^p ^if^ipaç^f 
jdaoa eè Journal 9 le moment précis^ . . > 

Eu attendant, noearinsércm&ici dçu$ ànides l>iôgra^ 
pllîtjue^^ tirés drf4*' volume. Ces ariicles font coiiûûî- 
ire jdeux hom^ies morts récemment^ et sur l|Çi$(»iiçls 1) 
«l'a encore été tien publié» Part-là nous açquittoès la 
promesse que nousavîons faite dedônner unie Notice tïùr 
Tup deux , en même temps que nous mettons ie lecteur 
'kmèm^ de jjyjprdesfi^çjberçifie* qni% faite* TilWfi^r df 9 
TonwjrLL'j4ftUdalaIi€ligion(stdulioi^ ^ P 



( 226 ). 

Mémoires^ et de Fespril dans lequel il a rédigé ce^ 
articles de biographie. Les deux hotumesy dooi il va 
être question 9 sont, le philosophe Nmgeon jet le^oons- 
litutionnel LecQz^ deiis persouDagt^s entre lesquels 
nous ne prétendons d'ailleurs instimer aucua rappro* 
chement : 

Jacques-André Naîgeon, litlïraleui» tl J>lii!ôsoplié ,' tiaqtiit 
à Paris en 1738. £lëve et ami àe Diderot, il hérita de ses 
sentimens et de son zèle , et il les signala par plnfliestfs pro- 
ductions. Il travailla à la première En{jrcloptdia,et y donna 
entrWtres Tarticle Unitaires, Le Militaire philosophe ^ \*jQ& y 
est de lui, et fîit compose, dit-on, sur un manuscrit intitulé : 
Difficultés sur la religion ptoposées au P, Màlebrofiche; lé 
dernier chapitre est du baron d'Holbach. Ce fat Naigeon qui 
publia, en 1770, le Recueil philosophique, ou Mélange de 
pièces contre laj^Ugiôn, et qui retoucha et ]>ublia, en 176g, 
le Traité de ta tolérance de Cretl , déjà traduit du latin' parle 
prbtestttit le Cëne. €e fut lui aussi qui fut Téditeur du fy^s^ 
§éme de la niUurB\^ ;ct il r joiffnit un Discours préliminaire, 
qu^il fit imprimer 4. Londres, il fut égalemient r éditeur de la 
traduction de ^énë^ue , par la Grange y de V Essai sur la vie 
de Sénltque, de Diderot; du Càncuiaieury d'è'Turgot; des 
Elémens de mùrdle, du barciA d*Holbâiliv t7^.> et dèpîu- 



aîéurs des o«vraçes j^ilosophiques du même. En 1700/ iT -fit 



impriiher une Adresse à VassemUée nçtionale sur la libffrt^ 
des opinions et sur celle de la .presse. Il rédigea la Collée^ 
iion des moralistes anciens, et yjoîgnit un Discours prèlimî* 
naire. Il avoit fa£t , en 1777 j sV Éloge du médecin Roux , qm 
étoit, comme lui, de la 'société intime du h«ron d'Holbach^ 
et OQdit xnâme qu'il coopéra à Y Histoire philosoj^iùfUç ée 
Raynal. Mftis-ce qui distingue éminemment Naigçon, c'est 
\^ Dîcïlbhnaîre de philosophie ancienne et moderne, qu'il ré- 
digea pour YEncydopédie méthodique. Cet <>«*vrage , qui pa- 
rut à âne époque de vertige et de crimes ^ en porte la mal— 
beure|)se empreinte. L'auteur y affiche Vimmoralité , finhu- 
manité, et l'athéisme dans toute Jeur turpitude. Ses cMres- 
sions soitt analogues à ses pensées. S'il parle des prophètes, 
€^lt pour les appeler diîs^i/*. Les Pères étoient, pour là fia- 
TfSjcif Uris-^'ffnûrans el dune crédulité stufidc... Là smpersti^ 



( 2^7 ) 

Hùn est h gwrmédes hommes. . . Il faut munuseler le prêtre. . . 
Tel est le ton polj de ce doux prédicateur de la lolérance. 
pans l'article Académiciens, il excuse les vices les plus hou-' 
teiix. Mais rien n'égale le ton que prend Naigeon dans l'ar-» 
ticle Meslier, Ih cit0 le voeu attribué à ce cure : Je voudrais 
tfu^ le dernier, des jrcdsjut étranglé aaec Içs boj-aiix du der-- 
nier des prêtres, C'esi^là, dit Naigeon , le vœu d'un vraiphi' 
losophe , et 4fui a bien connu le seul moren de tarir partout 
en un moment la source 4^ maux qui affligent depuis si long^ 
temps tespèce humaine, ,,\ On écrira dix mille ans, si F on 
veut sur ce. sujet ,. mais on ne produira jamais une pensée 
plus profonde, plus fortement conçue , et àont le tour et Vex" 
pression oient plus de vivacité, de précision et d^ énergie. Cet 
article est signe du citoyen Naigéon en toutes lettres , tom. III, 
pag. 239. Il avoit dit , à la page précédente, qpue leprédica^l 
ieur le plus éloquent d'un Etat\ c'est le bourreau. On voit 
que \e citoyen Naigeon étoit à la. hauteur de l'époque oii il 
ecrivoit; que s'il ne fig|ir^ pas dans le nombre des Dourreaux, 
il aay oit faire l'apologie. de. leurs hauts faits, et qu'il étoit di-* 
|;iie d'être lé disciple de celui qui avoit dit : . 

Et ses mail» cinrdficoi^bt les entrftiHes du pr^kre, 
A défaut d^iMi cordott pour Àraogler les Tois. 

Il est à çtoirè que NaigeoH auroit bien vo^lù depuis rayer soti 
nona accolé à tant d'ipramies; mais la Philoso^e ancienne ei 
moderne est là boiït 'accuser sa mémoi^, et on verra en lù*^ 
2'admirateiir et le complice des cruautés de i^3 et de 1794* 
Il donna, en 1 708 , une édition complète de Diderot, eh 16 
volumes 5 en looi, une de Rousseau, en ao volumes, avec 
MM. Fayolle et Boncarel; et en 1802, une de Montaigne. 
Toutçs sont accompagnées d'avertissemens et de notes rédi- 

fées dans le même esprit. Mais c'est surtout dans celle de 
)iderot que Naigeon s est donné le plus de carrière. A tra- 
vers tous les éloges qu'il prodigue à son mattre , il lui trouve 
cependant, tant u est dimcile, quelques momens de foiblesse. 
Il se seroit consolé , ce semble , que son ami eût payé sa har- 
diesse de sa tête, et s'écrie : Les lignes tracées •avec le sang; 
du philosophe sont bien d*une autre éloquence ! Ailleurs ,, Iç 
pétulant éditeur nous révèle son secret tout entier. Dîde^ 
rot, dit-il, souvent témoin de la colère çt de Vindignation 
^vec laquelle je parlois des maux sans nombre que les prêtres,- 



(238 ) 

les reb'gion.f et les dieux de tontes les naiimks * ainneni Jàiit 
à tespèce humaine, et des crimes de toute espèce dont iTs 
ofoient été la cause, di&oit. d<-'s vœux ardene que fefortmns , 
péctore ab mojpour l'efUière destrurtionées idées r^igieuses^ 
^el qu'en fût tobjei , ifue c'étoii mon tic, comme^^e/ui de Voi^ 
taire étoit d écraser V infâme. An moiss^^ceia ft'e«t p«s «litti» 
mule; et le ton de colère et d%idign»tîoii av«c letpel Mi^ 
geon 8*exprime , ajoute au prix d'un tel «reu ^ ft «st un xé^ 
fnoîgnage éclatant de l-irapartfalite et dé Js ib6ÙMM d'un- 
lel homme. On jugera si un iel suffrage n'eat paa pkw kâtt- 
ieux que tfatteur pour le parti auq^uel fl étoif-atlicllét èl itf 
là religion n'a pas quelques motifs de se eoBèoi^ d'ittYoli* eu 
pour adversaire et pour ennemi eelui qui rétoîl «usiî è» )%0'- 
jnanité , qui a applaudi au vœu de Metlier ^ qui l4. regardoifr 
^omme le seul tnojren de tarir nos nf€Hi^, «| Mi4v(«u^oâ 9( 
admirable Vélotfuence du hourreau, Nous n'tiNms pM besot» 
de dire que îe même komlue a vxècM d^âlre iMU^Hlaiithf 
Dictiùnnaire des athées, éh MatécM Je <!itg timtfni» • t» 4» 
nos esprits^forts tes plus décidés, €epaida«l' Lakmda bii # 
reprocbé depuis de ne pas Mer eonventf ^*û flt'^diie. H 
paroU que Naigçon av^oit eu la jtféteiitio^ M ^e9^.$49^téuf , 
et qu'il craiffnoit.que.âa rëputalidii d'atb«fi,M wi f4t PKÎsil*^* 
Ainsi il tomboit dans cette .pusiUanimitë y 'H reproche, ai&ên 
rement, dans son Dicti^njiaire y &l(a]rle,.àf'.'Volt9Û-e, ki^K- 
lembeft et k IMderot faû-^méme. Hal^eoé ^ iWhi beadcouj^ 
4e renseîgtiemens , à l'auteur du Dictitnin^dlKrdéàimumg^ 
mnowmçs, sur les véritables auteurs Ati Bv^nfîl fh&osMil&quei 
tien^nt la deriiiëre moitié dû xvm*. sleclé, (tes rfttseîgne- 
mens ont paru suspects à beaucoup dé pêi^tiâès',/ei on croif 
âne Nai^eon, soit pair zële poiir la mémoire <Jd Baron d*Bo|* 
Sacfhv ^^t par toute autre faisoo , lui i^ fktt l'honneur' de tiri 
attribuer des écrits auxquels le balrôti nVùt d'aïitre'pait que 
^e Tes encourager et de' le^ uayer. H étoit loetfibra âè llns-^ 
tîtut, oii plusieurs de ses éonrrères le iroyofent arec j^ebie sié- 
ger avec eux. La Harpe Ta toUnié en ridicule AsMs sa Cor^ 
respondance Ultéraire avec te gràndUduc de Hussik^ tome II, 
pag. ii35 et 3o2. Mais qu'est-ce que dei rfdicule^ auprès de 
rhorrible doctrine qu'afflchoît Naigéon, et des Voeut atroces 
qull ^ /Qfsé consigner dans sa Philosophie aticitnne et mo^ 
dt^rne? Ce professeur d'athéisme ^Xîit barbatfe katmrutk 28 
février 181 1» . «^ » - 



( aag ) 

. Cîatîcle.le r^,varcUi?v<?que <Je. Bpsançon , cjoif né au tlîdp 
cbse de Qiiiiîai|>er«n 17401 «t fut d'abord profesM?iir au col- 
iége Louis-le-Grand , puis principal a a colley de Quiinper- 
4Zv$ modestes fôuclioos ne sembloient pas devoir Telever au 
ran^ des premiers pasteurs; mais la révolution ]^ ajrant 
donoé occasion de montrer soq patriotisme, il en fut récomr- 
peofé paf Tcviçcié. fon&litutîopnel d'Ille-et-\ilaine, et fut 
sacré en cette qualifié, le 10 avril 1791. Il prquva/ comité 
de raison, dana d'éloquentes pastorales, la Wi^limit^ de «a 
mission , et prit la.peiae 4e rémter.les brefs oe Pie YI., On !• 
regarda ^amme l*avteur de Vjfccord des vrais prinçivi^s de 
. i'JSg^isfff de. Jn morai^ et de la raiHtn sxw In ^comUJtutian 
,4ibfUe du clergé f 179^; que l'auteur du Diciionnaine dfs.ou* 
vm^e^ anoxgrnms cr«il -pourtant 4lre de lej^eton.. En 179Ù 
.le Cozfut nommé rriembre db rassemblée législative , qui .suc- 
céda à U'oonstituflbte, et s'il «'y montra toujours patriote ai{* 
<lent , du mollis il ne fut pas ecclésiastique scaqfd^eiuc. Il fut 
toujours opposé au mariaçe des prêtres^ et dans uôe Jettre,« 
du 22 mat 1793» qui fut miprimée, il s'éleva avec queWe 
;courage contre nn de ses sunragaQs^ qui avoit fait dojiner i^ 
bénédiction nujitiale à un prêtre. Cette .démarcbe inciviqu/s 
fut |ieut*etre la i:anse pour laquelle on le mit en prison soi^s 
la lerreur; mais, en 1795, il reprit ses fonc^pns d'évcque., 
adbéra ai^x encycliques des réttius , et fut.usi des plus zélés 
clxms ce parti.. JDlii^ «ne lettre, pastpra^e». de J't^7» il déclaoMi 



de 1^ manièt^eJa plus injurieuse couture Pie YÏ, ou'iK'accur 
soit â^BYùïV provogué une guerre de. religion^ et çTavoir^l^ 
rouler le sang mtec ses Brefs hon^icid^St et après ces fleuj^ 
de rhétorique., le bon prélat daûrnait Swe des vœux ^poûr 
qne Je premier siège de la caikoUcité ne fâi pas frappé des 
foudres que sembtoît appeler sur lui une poU{ique.auss^fau^S0 
qii*anli'<hr^nne. C'est ainsi qu'un évcque fpisoit sa CQur a.u 
Dioecfti^irc, et ^traitoit le souverain ï^onUfj^, vo^n^cé cbiaique 
jour. pur un gouvernement violent et im2)ie. £ni799, le 
métropolitain de l'Ouest, car tel étoit le titre -de le Cof , tint 
. un s^ode , dont il publia les statuts M réglemeas,, qjii for* 
.metit un volume în«^i2. U&*y trouva une quarantaine.de pré-r 
très sur plqs.de trois cents curés; c'est dire asse^qu^ Tai^^O^ 
rite épisco.pa]e; du 'prélat constitutionnel -n'étoit pa^ fqrt £;^^ 
néralemfent reconnue. Là, comme ailljBurs, la plupart de* 
j;>retres avpî^t repoussé la constitution, civile du clergé. I^ 



( 25o ) 

Coz publia , vers le même terap» , no Avertissement pas-' 
toral sur Vetal actuel de la religion catkoU^e, et d'autres 
écrits de circonstances pour faire aimer la république et la ré- 
volution, n eut Thonneur de présider aux deux conciles dfe 
1797 et de 1801, et s'opposa aa projet d'un sacranientaire 
françois , conçu par ûu abbé Potwignon., et favorise par 
révéque de Seine-et-Oisc , Clément , et par celui de Loir- 
' ct-Cber. On a sur ce sujet une lettre de le Coz , en date du 
' 3 décembre 1799* il J ^ auftsi de lui des Observations svr 
les zodiaques d^gj-pte, en i8oa, et il fournit quelques mor- 
ceaux aux Annales constitutionnelles de son collègue Dësbois. 
On cite encore de le Coz une Défense de la ré/élation chré^ 
tienne et Preuves de la divinité de Jésus-^Christ , contre le 
'Mémoire en faveur de Dieu, de Detille de Sales, in-8'., 
' 1802. Celte année là, Pévêque d'Ille-et-Vilaine ayant donné 
'sa démission, fut fait arcbevêque de Besançon. L'intérêt de 
l'Ëglrse, le bien de la paix, la sévérité des rëgleis, auroient 
'demandé qu'il fit quelque réparation pour sa conduite ps- 
^, et les intentions du saint Siège à cet égard n'étoient pas 
équivoques. Mais la protection d un homme en crédit, et la 
' souplesse d'un agent ambitieux , qui trompa la cour de Borne, 
empêchèrent les rétractations, et le Coz eut bien soin de 
'publier partout qu'il n'en avoit ni fait ni dû faire aucune. U 
s'expliqiia ainèî entr'au très dans uq Mandement» du 14 juin 
i8b2, et n'oifût aucmie ^casion destrier ^vec Krâinear de 
son administration à Reunes. En 1004,.^ l'occasion d^MQ^ 
'lettre d'un de ses grarids-vicaires ,, il fit l'apolosie de la cons- 
'titulion civite du dergé et de ceux qui ravoient suivie. Il 
s'entoura d'évéques et de prêtres constitutionnels, et réserva 
pour eux les faveurs et les. places, en même temps qu'il fai- 
. 'Soit la guerre à ceux qui .avôient tenu une autre conduite 
"que liii, et qu'il avoit la charité d'en dénoncer et d'en .faire 
'eitiler quelques -^ uns. Cejpendant, en 1804» lorsque le Pape 
'vint à Faris,ie Coz, mandé cbez S. S,^ comme. les autres 
• couslitutionnels , signa, après quelques difficultés, un acte 
ainsi. conçu : Je décîùre , en piisence de Dieu, que je pro" 
^ fesse adhésion et soumission aux jugemens émanés du saint 
Siège et dé V église catholique, apostolique et romaine sur 
^ks matières ecclèsiasticftws de France. On ajoute que; dans 
'l'entretien, particulier que. |o Coz evt avec le_ souverain Pon- 
tife y il protesta avec larmes de sa sincérité. Si depuis il a 



Inanîfest^ desf cNsnosîlions contraires, ce§^ variations proave-* 
roient bien peu Je fixité et de bonne- foi, et n'honoreroient 
pas plus son caractère que sa caùtse. Il entra, vers le même 
temps , dans une controverse différente. Le 8 novembre i8o4f 
il adressa auit ministres, protestans' dé Paris une lettre pour 
fes exhorter à la réunion ihrec Téglise romaine , et le a5 mars^ 
1807 , il composa une autre L^tra à M. de Beat/fort, ju^ 
risconsnite , sur son projet de réunion. Cette lettre, qui est 
longue et raisonnée, ayant attiré u|ie réponse de M. de Beau- 
fort , le prélat publia Tannée suifante une troisième Lettre 
aux acaiholiquifs de son diochse. Ce nouvel écrit, de 216 
pages in-B*. , peut servir de suite au précédent, qui en a 
1 5o. Tous deux annoncent dans Tautenr de Tinstruction sur 
les matières de controverse. Le Coe avoit en effet des con- 
iibissances, et même une sorte de zèle. Mais nourri de lon- 
gue main dans des préventions çontr» le saint Siège , il. s'at^ 
tacha à va parti , et ce fut la source de toutes ses dusses dé* 
marches. Il mit par Bts opinions le trouble ^ans so^ diocèse, 
oii te clergé étoit déclaré contre lui. ^a^s ces derniers temps 
surtout, il se montra aussi erroné eâ politique qu'en reli^ 
gioii, et se rendit ridicule par àoti admiration pour Buona- 
parte , dont il servit la cause par des Mandemens', et surtout 
par une' liist^uction pastorale,' du 20 décembre 181 3, sur 
Vambur de lu -patrie. Il y ei^rtoit fortement ses- diocésaine 
k matdief 'pokir ^epoasier^lêi dllîét, ^u'iliiépeigiioàt oomaiê 
4e8 bvrbftret ibèHant piirtiMit 46 1er ei iknlei», à p«i| prêt 
cajikine, en 1004, il avoit,' dans un fit^re MaodefneAt , ac<# 
oimulé les iz^ures contre le gouvernement anglois. II. s'é- 
puisoit encore dans cet écrit en .éloges pour- jon héros, et 
après la chute de celui-ci, oh crut remarquer une çxtrême 
différence entré les louanges magnifiques qu'il lui avoit prodi- 
guées,' et ia manière froide dotlit il parla du retoûr'des BoprbonS 
aans ses deux lettres paStbralês; des 26 avril et ig mai i8i4« 
Aussi 'dii sait que cette dtitfée4à, lors du passage d'un princfi 
anguate* par Besançon ,i 1 Vircheréqae eut défense de paroître 
devait 'Iqi.' On voulut iittére#ser. & chambre deS'4éputés dans 
son affaire, et le Cos en ei^nserva,. à ce qu'il parott, de h 



rancune coutre n^s princes. Quand Buonapaiite revint .de 

l'île d'Elbe, il fut un des plus ardens.à se déclarer jpour lui^ 

* * *a de venir à Paris lui présenter ses hommages , et pu-r 

ir ^ retbur "ùû fityaifieau Mandement, queTon dit4tré 



1 

se &âti 

bHa sur 



( iï5a >) 

cufieus.. Il-fiOii |n4me k vic4;ii9e àe len i^le; '<fas tjtiit vobI« 
|irécber ^.!tfl: quelqpip Bort^^^ la croisade, et s'etant mû à pâr^ 
courir t pcMAp^cH. eSfi%^ .spo -dio^ëfe , il se fatigua tellemieiit 

au'il:fiit:8ai^ a-uoe flusioii,die poitrine qui remporta au bout 
e trois joUi^€« Cette fin», et le a^Ie qui l'accéléra « étoient âij 




4f»)ce cDpMmipée* LfVpo^e dé sa mort e^t le 3 mai r8}4- 
• ' • .*'■ ■ '; — --«^l^tî— ^#©*>*- ~ 

- Pa.1iis« N«m8 atoiiâ défi annoocé l'arrivée dans ce!f« 
riipit)iU"de^« Gariberlrny ëvéqire àm MaxrmîatiopoHa ^ 
«t Vicaire sl^ostoii^e ^o^* \h fWme^A^lËfyo^êt; Depuis 
sont ariirés* P«t*«, M.Poynter, éifèque dt}aKe, et 
^lcal}*é 'abôsfoïrcjué du district de Londr^, et M; ië 




did leijii^ bitiki0« Cee bieifa fW >9Ît||é9 en Fraii,çe; mais 
)e»n ont étrf 4oë^ 'axifrëfbis fpar d«a eom^tridtea pfi\ 
¥0C|idî«fi» pomrVdJr A l^fAiditioit ècietM«lM|ub dafc jl0ui»ëi 
^éfi» tfè lèùrr ^ary^, l^ëT tfôië jfiïHéiftta distiàadd^mt tfM-^ 
réûïetiieftl ^ù'drt IWlèdt' reîrd'é^ rtab qà\>h leur ^ 
Serfdè aûsàï TâdViîfiïstiVti'oA, ddiït jusqfu*ici Te Couver* 
iit;méh<^frangoî« ne sixôxi pas inêlë. Ce fut ïtubnbjpaiie 
gqi inMpgiq^.H&xréer uue administration tout*à*fait se* 
çuiij^r^» ,Lj^ coliégos fureVit ^étOMrnéa de jeur véritable 
(taitii|^tiôb, Lea eceléai«atiqKe6''<]^i y avouent seola droifii 
en 'furent exclus ^ >$t les lmii*8es' furent données è des 
Ft>ar]ÇOts:t|fdi n'^aveierit aucun titre poor eèla* La jas^ 
fïcèVt'frè bien dfe ta reltgkJii ^îcîgèrft ég:àïeteieflt que Cet 
iihàwgetaëûï f^^^ trois prélalar dèoianâënt donc 

eue )a i^âfitdtiôn soit pleine et entière, que ehiîque na^ 
tîpft lëçouvie I3 parUç des f>);;i$.^ii]i Jai ^{ipartenoil ^ 




que 1<^ collèges soient rendus à leur destinali^m , qui 
est dVIever des ecclésiastiques, et que dea étrangers ne 
soient pas chargés d'admiin'strer ce qui ne leur appar- 
tient pas. Un arrêt du conseil d'Etat, du i5 juillet 1707^ 
fiouinettort seulement ]e.s écoliers irlandois aux règles éta* 
hliés par rarchevêqu^ de Paris pour le bo^ ordre du C0I7 
lége. Bien de plus juste. Les culiéges ne demandent pa9 
à lire M)naiiaits à la juridiction de rordînaîreii Les prér 
latSy députes par les catholique» des trois royaumes» 
«spèreJit de réquitë deS^ M. qu'elle co«(flii'mera ce qu'elle 
avoit commencée l'année dernière , et qu'elle les laissera 
«naitres absolus de teurs biens; Une régies ëtra«»gère est 
aussi contraire à leqrs intérêts qu'à levttb dtoits* 

— ^ Méssipur^ lés grands- vicaires du diocèse ont arr 
relé de remettre à M^ssieHrs de SainUSulpice la d^irec- 
lion du petit âémitiaire établi près Saint-Nicolas-du^ 
Chardonàet. Cette maison devoit leur être confiée, lors 
de sa formation; maison cbàugea d'ayisIorsdeTpragé 
qui éclata contre eux soiis le cardinal .Maury, et qui 
amena leur expulsion du grand séminaire même. Us sont 
rentrés l'année dernière dans cdui-ci, et rentrent eu ce 
monaen^t dans l'autre^. Jl.qppT.ieAtjn effi^l que ces m*ii-' 
3qus^ qui pnj^^j^tr'elies des rapports si intimes, soient 
dirigées. dans le 9)êa)a esy^rit., et on a iietjr de croire que 
sous l'influence de jces maîtres estimables , assidus et q«* 
«intéressés 9 le sëario^ire Saiol-rNi/eol^ y» prendre une 
facç iK>uve(]e , et mieux remplir ^ 4>ut d-une ^l prér; 
cieuse institution, .Celui qui en étoit 'chargé jusqu'ici ne 
pou voit allier cesimpoutantes fonctions avec celles de ses 
autres places, et il -est à crdire que, 'quel que soit son 
;5èle, il am-a volontiers céd?'^ fardeau a des tiiaiids plu* 
accputumées ft le jiorler. 

—V Cest par méprise ou'il a été dit dans le dernîw' 
pnméro que le sermon ilti jour de NoiSl avoit été prê- 
phé à la chapelle royale par M. Tabbé deBdavens. C'est 
Hi Tabbé Cpqlpp, prédipaleur d^ Rpi, qui a parlé ç^ 



.. . ( 254 ) , 

jour-là devant S. M. , comme cela Revoit être. Il a ter- 
iiiitié par-là sa slalion. Son .s^raou rouloit sur lés gran- 
deurs de Jésus-Christ. On a pa remarquer avec; quelle 
religieuse attention S. M. et la raniilte royale ëcoutoieut 
IWateur; ce 'qui vient surtout de leur respect pour la 
parole sainte, maïs aussi sans doute de l'iult'rêl qu'y sait 
liiettre M. l'abbé Côij Ion, qui d'ailleurs a'fait sespréavci 
dans les chaires catholiques do Londres. 

. : — MM. les vicaires généraux du diocèse, le chapitre 
d^ la nififii'opol'e et les curés de la capitale, ainsi qu^ua 
gi^od riofÀbr«d'«ccIësiasliques^ unC été admis, le 2 jan- 
vier , à prësHot^r lenrs honimages.au Biii.-^IJn de MM. les 
vicaires généraux. a eu l'honneur de haranguer. S. M., 
cjiii a eu, la bonté de répondre qu'elle .étoit persuadée du 
dévouen^ent du clergé de la capitale, et que, de son côté, 
êllè^ se feroit un devoir de protéger la religion. Ce mo^ 
>iaî*q'ue s'est recommandé, pour lui et pour U France, 
aux pi'ières des ecclésiastiques qui se trouvoienl là. Les 
j^rïnbes' et Madame ont fait également l'accueille plus 
obligeadt au clergé.de.Paris. 



' .. « NouVfeLLBS POLlTIQtr«S. 

* Paris. Le 36 fléceittbre, les officiers de la garde nalîonale 
^TÎt eu ri^tinètir de 'présenter leurs hdmiBages aii Roi. Ils 
élèiènt réunis dlins la galerie de Dianer. MoNStEua s'y est 
cendd et a parcouru le« rangs. Au retour de kr inessè , le Roi 
f 'étant placé déna la^saJle di) trône, et. ayant à sa droite M. le 
duc dfB Berry, et lés principajiix: ofBciers de sa maison, Mon- 
sieur est entré à la tête de rétat-major , et placé au. centre 

des offipiers, il a parlé à S. M. en ces termes : 

*■' ' ' ». j 

. . Ai Sire , 1«^ giirdi^ n^itîpQale. de yf^Xve bpupe yiUe de Paris vient 

renouveler aux. pieds de Y. M. rhommage de son profond 

respect, de son uialtérable fidélité^ de son dévouement sans 

iboruéft au plu» aimé des rois, et. 4es -viaeux ardeus qu'elle 



(255 ) 

adresse au ciel pour la gloire, la prospërîté de votre règne, A 
nécessaire au bonheur des François ». 

Le Roi a répondu : « Je reçois avec la plus vive satisfaction 
l'assurance des sentimens de la gardé nationale. Si j'étois assez 
,/ malheureux pour en douter, je n'aurois qu'à ni« rappeler le 
. jour de mon départ ^ cçlni de ma rentrée »». 

Monsieur a présenté alors Successivement les officiers d«i 

tréiee légions., et S. M. les aecueillant avec cette bonté «t 

cette grâce qui sont un des henretix dons qu'elle, a reçus du 

-ciel , leur a adi^ssé , dans la personne de leurs chefs, les choses 

•iésplus flatteuses. Les officiers ont été ensuite admis à pré- 

^sester leurs hommages aux princél et à Madame. 

' — Le 3 1 décembre , M. le chancejier a offert au Rpr, en 
ces lermçij, les vœux 4e la chambre des pairs : . ■ ' . 
N Sire, les pairs de France sont les auié^ de la graii4« fa^ 

-mine dont V* M. est le père; quand vos enfans se f^respent 

. autour du trône pour vous apporter l'hommage de leurs pro- 
£»iids respects et.de leurs tendres voeux., nous nous gloritions 
d'être les premiers^à remplir ce pieux devoir» N^ç.aimooâ « 
finir, comme» naos l'avons commencée ^ <;ette>MMiée trop loiH 
Me de cent jours; mais nous avons la doueé eq>érance que 
Pafinée qui vas'ouvitr sera i^us baureose; la France « sauvée 
par la so^sse et ies vertus de son Roi , n'a plus qu'à s'enten*- 
are pour îoair de ««irliiâiifaits. La chamht« des paiv« lui don- 
nera constamment l'exemple d'une reconnotssance sans bornes y 
d'un amour eid^' une confiance sans mesure , et c'est aûasi qu'elle 
méritera un iMmheur sans nuage ». 

i, S. M. arëp^du: ^ ' . 

, i<c Je,rèçàis>ayec d'autant plus de pUi^ir.et da sensibilité 

l'assurance dessentimens de la chambre des pairs, qu'eilean'en 

^nife eJmque ^our de houirédes preuvern. • . 1 

AI- le président de la chambre des déj)>u(é« d^s départemem 
a'-èst exfiriaié ainsi :. # . . 

» « Sire^rTos fidëleft sujets de la ^^hambrè des députes vous 
louhaitent et vous préparent une année phis heurease h, . 
. . X-e Roi a reponau : : . ^ . 

«» Je reçois tpujours avec plaisir j'assui^nce dei sentimems 
dé la chambre, des députés. Vous parlez 4e me préparer une 

'ônnéç |>ltis ^heureuse; rtlh* quî'Va comniencer s'ouvrira par 
une discnssic^%ien fliiportamè. Je vous ai ftiit connoître mes 



< >56 ) 

ifiteiiUons par me^ ministres ; je compte ^vec ii»ft entière coik* 
fiance sur le dévouement et fe zèle de la cha^iWe des dépn^ 
tés pour seconder le plus cher dé mes'yœusc, <5elui d'assurer 
le repos de la France ». 

' »*-Le i*\ îaBvier « une parii^de la çarderajpafe , composée 
de trois régiment d'infanterie , trots rei|^iinens de cavalerie ^t 
vm escadron d'artillerie légère , ayant «ix pièces de canoti et 
deux obusiers, a été passée en reVbe par Si M. dans la cour 
. des Tuileries et sur la place da Carroiiisel. 
* Immédiatement après la messe i If Boi ^st monté en ca— 
lècfieavec Madame. S. A. R. MonmxvA étoit à cheval, ac- 
compagné de Ms'. le dt»c4ie Berrj^.de plusieurs maréchaux, 
dignitaires et généraux. Les troupes étoient depuis onze heures 
>n "bataille ; 1 infanterie dans la cotir des Tuileries; la cavale- 
rie et rarlillefie sur la place. Une foule immense remplissait 
-ieb e^tés ; le fofid de 4a place et les rues adfacentei. 

Le cortège royal a parcouru d'abord lea rangs de l'infan- 
terie. S. M. a voulu les- ve^r tous. Elle saluoit les drapeaux et 
•les officiers des coirpsavet une affabilité toaehante. Des cris 
'iwille fois répétés de Vive le Rot! Fismnriet Sùurèons! se 
^soient entendre de toutes parts et satis înterruptîoii. 

Ldrsqne S. Mi a eapassé l'inlVifiterie en revue, la cortège 

.est sorti de la èo^r . et s'est avancé sur ia place oour la revue 

làé h cavateriè <t de rbrtilieTte. Ëiie a- eu fieu éans le itiéme 

(frire que la prehlièrv ^ et«iM^té aecompaj^née des tnémes acdb- 

•miifjdins. 

Le Ren, rentré dans la cour ,'a'est plaeé , ainsi qu# le cor- 
tège, au milieu du bataillon carré qu'âvoit fbé^me rinjKfnti^ 
rie. Là, S. M. a fait un discours qui a été inierrcttmii à. tlrois 
'repi^sèis par léH/'êHs' unanhnei à^ f^Jè le *Rot! FiPent les^ 
^Boiifbensi '■ \ . 

Lorsque le Roi a cessé de parlet', il « fMt avancer sa voi*« 
^tufè- auprès du portique principal dfii palfdà, et ÏA régitâens 
d'infanterie , de cavalerie et I%irtillerie ont i^éfilé devant S. 1^ 
<llfe liouveîtés'^dttîiiatiélis fee sonft étevëés pendant' l^te \% 
.durée tle <<ette «t^arcbe*- ' ' 

— Le ministre de Fintérieur vient ^'(Tpêrer une réforme 
dans ses bureaux. H en résultera une ^cono^ie considérable, 
j— $. M. yipnt de créer duc , M- le. coynte de Damas-, .prer 
mier gentiUiQiQfiie .de.JVI. Ip doc d'Âon^lêuif^. 



^^ On d ditribaé aux mcmbrefs de ]a ddambré deé Hfnéië 
une réclamation de Vardfe éef MaHe , qui demande la restitu-' 
tion de ceux de set liîefis^ qui ne sont p5 vendus. 

-^ Mé Fouché, qui étoit depuis peu am b ast a deur à la cour 
^ Dresde^ est révoqué, et il lui est iirttfrdit de rentrer eu 
ITrance. 

— Le» oiSciers âës compagnies routes supprimées , qui ces- 
•eut en ce moment leurs services , ^"etant présentés k Tordre' 
le der;lîer jour , S. M. leur d témoj^vfé ses regrets du sacri-* 
lice, qu'elle avoit été obligée de faire. 

«^ La deilmièim^ division de Tarméé angkiise f qui étoit e^f 
garnison à Versailles , est partie de cette vîHè peur Ie9 fron-^ 
tières. 

— MP". le duc d' Angouîlme a dû arriver, le 23 , à Bayonne ^ ' 
et le 24 • Saint-Jèan-de-Luz. S. A. R. devoit revenir à 
Batyonne f et repartir après les fêtes pour fioiideaux. ' 



€HAIirfiR£ DÈS DCPûris. 

La s^ancf dti 2 j;anVier étoît consacrée à la discussion sur 
le pri^et à^ija^ilitp Ayant qu'elle camine]||S;|t,t , JVf . le mini«^ 
tre de I^niérieûr a présenté un projet de toi relatif au souIj^ 
^^ment du criergé. U porte que wt renies via^ces et pensiops 
sur le trésor royal, qui s'éteindront k l'avenir, retourneront' 
aux autres ecclésiastiques. Cinquante mille francs seront mis 
à la disposition du minisnf'Q , à valoir siTr le prbduit des exlinc-. 
lions qui auront lieu cette année* Le projet est renvoyé dans. 
les bi(ffi*aux. 

(Quatre ministres assistent k la discussion sur le projet d'am-^ 
ni^tie. M. de Germini prend la parole au nom de la minorité' 
de la commission^ et combat les ameudçmens proposés par la 
in^orité. Il vote purement et simplentcnt pour le projet des, 
ministres. Il croit que lé droit d'aii>i»iàtie appartient exclusi- 
vement au Roi , et trouva de graves inconvéniens dans un 
système d'ë elaseiftcèti^ générale qui etiveloppe trop d'infli- 
vidns sans atteindre ïcscooOables. il considère d'ailleurs l'in- 
demnité proposée comme luie vcritatiic'conf^scation. 



C ^3« ) 

Un «litre diçpti te soccëde k latqbane à M. de Germinî ^et 
-pense ^ne le Koi a. reconnu la compétence de la chambre^, 
puisqu'il lui a soumis It jptrojet, ot il vote pour les aiuende-». 
mens de la commission. M. Siméon est d'un avis contraire. 
Le droit d'amnistie, dit-i!, est une dérivé lion du droit de 
grâce, et n'est pas du ressort de la puissance législative. Sî' 
le Roi a communiqué lè projet à la chambre , cest unique- 
ment pour lui donner plus de solennité. M. Siméon discute et 
combat les amebdcmens dé la commission. ^ 

M. de la Bourdonnaje parle dans le sens de la majorité de 
la commission. Il fait un tableau animé des crimes de la ré^ 
voîulion et des richesses (Requises par ses auteurs; puis s'a- 
dressant aux ministres, il leur demande avec véhémence s'ils 
veulent assurer l'impunité de tous les crknes, et consacrer 
l'inviolabilité des régicides. S'animant de plus en plus, i! leur- 
demande compte de Tévasion de La valet te. H est interrompu 
par des murmures. M. de YaubJanc, après avoir répondu à, 
ses interpellations, s'attache à justifier le projet âes minis- 
tres. M. Ganilh , qui succède au ministre , défend aussi le 
projet. 

Il est trois heures. La discussion continue. L'assemblée pa-^ 
roh partagée entre les deux avis. 



Parmi le» objets^ graves et itoportans qQi.orciDp<?«»t b phambre it%. 
dtfMiiM^ U n'jfrn tuAiftÀti qui mérite phi» dv fiiier ri>UQ»ti€)« du legîs- 
htrur <]uc cettii dotit M. de Banald eotfetintta «baimbre le .^d«i mom 
dernirr. Ç^tok à œt^riyain Moquent qu^ii ap|»arleiioit de tiaicrr la 
question du dÎTorce, etde faire entendre aujourd'hui- à des coilégnea 
aussi bien inU>nuoiitiés qn\^clairi^, dra vérilës cfu^il avoit vaiocinrRt; 
adressées daos des temps moios heureux à des- Icgisla leurs encore ira- 
Iniis des principes rëvolulionna ires. M. de Bon»4d ëloil là sur son ter- 
rain, et ce sujet, au'il avoil médita et approfondi, prenoit un nouvel 
intérêt sous une plume grave et forte. L'orateur Fa dcvelop,# avec 
ort enchatncment de xdritës anoiemies et de vues neuves qu» tifiiineot 
à tout IVnsemble de sa .théorie. Il sVst entouré de toutes Lp^s preuv^r 
qui établissent le dogme religieux et social de Tiodissolubilité du, 
mariage, et a invoqué tour à tour «t le précepte du christiaoîame, 
et la voix de la morale, et le voeu de la société, et l'intérêt de la fa- 
mifle, et le ért de Texpérience. H a rappelé ce grand movd» légisfa^- 
lettr suprême des société* : Il h* en. étoiêpas ainsi aucoÈtmencement ' 
U a nftontré comment le cbrislianisme, vëvoqwint ce qui i)'avoit été «o» 
léré qu'à cause de la dureté de ccéar d'un peuple inaocile.et grossier» 
épura 1m lois, tt ab«Iii peu à pç« 2^ c«tt4omas lu^enoieuscs H Msbares*; 



(259) 

T^» <]ivorQe fui de tous les desordres celui qui resjsl» le.pliif loDg-ien^ps 
à rinfiucnre do l'a religion, et l^>o yil \e» porilii'es slaihitr, pour h 
détruire, d^une rigueur que dans dés temps de corruplioii nous sommes 
portés à* croire imprudente) mais qui'étoit peut-être TeiFet d*une sa- , 
gesse supe'ricure à leur siècle «t au nôtre. La reforme vint rrlàcher de 
nouveau les liens du mariage, et la révolution les a rompui>. On en a 
TU les funestes elFcts. Ils oet été tels quUis ont été sentis par les hommes 
les moins bien disposés en faveur cie la religion et de la morale, et 
rusur^>àteur abolit le divorce pour les membres de sa famille, et Tau- 
loit aboli pour lui-même, si Tintérét de son ambition, c]ui, à ses yeui, 
devoit passer avant tout, ne lai eût fait violer pour lui ia loi qu^il imr 
poftoit aux autres. *.,*•• 

Le divorce a toujours été cher aux partisans les plus ardens de 
la révolution, et ce monument de honte e( de licence est resté dans 
^ notre Code pour accuser nos lois et nos moeurs. Si la religion, comme, 
on nVse plus le contester ' aujourd'hui , est le premier besoin an 
peuple, un des moyens de la rétablir est de lui rendre son auto-: 
rite sur le inariage. Les Iqîs nouvelles réparant la religion et la po-r 
litique avçc autant de soin que les anciens législateurs en méiioient 
à les rénDif, ne eonsidéroient le mariage que comme un contrat ci- 
Til, sans aucun concours de rautorité religieuse qu'elles afFectoient' 
de ne pas reconnoîlrej a et à ce propos, a dit M. de Booald , 

I'^oserai réclamer, au nom de la religion et des mœurs» au nom dd 
a liberté individuelle, et même de la liberté des cultes, contre U 
tyraanie de ces unions dans lesquelles une jeune personne, irabicr 
par sa propre foiblesse, par Fautorité de ses pacétis,.et quelquefois, 
nous en avons vu des exemples, par une înâuence supérieure, e( 
engagée seulement par Tacte civil, voit éluder, ou même formelle- 
ment désavouer la {>rome8se de la bénédiction nuptiale sur la foi de la- 
quelle elle avoit di^uné sa main> sans qu'elle puisse obtenir justice d^un 
parjure, et forcés itinsî de vivre dans un élai qui ^çssf ^ideucpt lff$ 
mesttis publiques et M iitppre «oDSciedce «b - ?> ^ ■,/. 

L'orateur déduit en^iike, autant ,qne les i>omefi (run discours peu;- 
vent le permettre, les faisons qui doivent porter ie légUlateur «pro- 
noncer rindissohibilîté du lien conjugal, raisons prises dans la na-/ 
turë même physique de rhommé^ raisons prises dans la .nature 
morale, raisons tirées de la loi civile, raisons tirées des consi- 
dérations politiques. Noiit ne le suivions point dans cet exposé, o^ 
il trace fortement notre corruptioA, et nous fait rougir et du scandai^ 
de nos mœurs y et delà foiblesse de nos lois. Ce n'est pas assez, a-tril 
ditj de rendre le divorce difficile ;- il faut rendre le mariage bonoru-. . 
ble ', el ne pas a)outcr, k toutes les causes de corruption qui agissent sf 
piiissamiDettt dans, une soeiété avancée, cette provocation à Tinoons- 
tance naturelle à l'hom^me , dont l'indU^nlubililé du lien conjugal, doit 
<tre le remède. La religion cathoHquc ii'est méine pas seule ifci î^rë* 
damer cette indissolnbiutè. La qaesfioi» de. l'abolition du divorce, qui^ 
n'a lieu en- Angleterre une pour «ne sealv tàvtue , la plu(» grave de totrte*», . 
y a déjà étépropoiée plusieurs fors', et des ëcrivaitis protestans ont re^^ 
#Mfi«la'«Éfe«tt des«aitiii<»4e4!agli|«wcliioli^^^ .• 



( Mo ) 

* MtohK-Dooft, Messieurs, éé faite disparoftrè de ^ôtre I^i&U^ioi} 
c^ttc loi Unhle n {amssc rjui la d^honorç; cette loi, fille athée de la 
()hilo50plne, qoi a bontevcrse le inonde et perdu ta France, et €|ue 
M méreif hontousc dt 5t?.s deoortcmeiis, n'essaie piùs m^c de d^fcn-* 
dn*; cette loi repousse^^ par fa conscience du plâs ^rand nombre, désa** 
^otiée piir les mœurs de tous, et dont reux à qui elle est permise p;'.r 
lewrs dogmes n^useut pas plus que ceux à <|ai elle est dcfl'endue^ loi 51 
folMe et si £ausâe que le^ le^islafeurs qui l'ont portée, en voulaiTr qu Vite 
f ftt posfiible , ont cherché à la rendre inapraiicablc,' et en Tentourant de 
difiicutltis et dVbstacles, ti^oûi pas craifkt de la flétrir à Pinstant mei»e 
(ju^ils la proposcH en (..... 

»Pour nous^ Me/isieurs, dont un grand Aonob^e est au moment dei 
Toir terohlner, et neut-élre pour touioars, une carrière à peine cittn- 
Avcncée, laissoâs du nioins^ dans la loi fondamentale de Tiâdissoluibi- 
lilé du Hrn eonjugal, un ïnonunoient durable' d'une eiisience poliliV|ue 
fti fugitire. Si le temps Aous a manqué pour remplir une mission cjne 
âons avions reçue, que nous avions acceptée , résignes à en alteimlre le 
ferine, noos aurons da moins posé la première pierfe , la pierre an^ti- 
faire dtr l'édifice, que d*antres plus heureux achcVeront de reconstruire. 
Premiers confidens des miiibeurs sans nombre que Pinvasion élrant^ère 
à attirés Sur notre pa)'S , et ministres des sacrifices rigoureux qu'acné 
lui impose, nous nous ferons pardonner p^r nos concitoyens cette clou- 
loureuse fonction , fious en serons soulagés à nos propres yeux si fkou9 
avons le t(*ft)ps de laisser plus affermies la reb'eion et la nioraleJ Je 
propose qu'il soit fiit une Respectueuse adresse a S. M. pour la sup- 
fiitt d^domoer qtfe tous les articles relatifs à la dissolution do ma* 
tiàw^ et BU diforcc^ qui sont contenus aux' cb*apitrcs 7 et 8 du titre V, 
et dans |es ebapitrés'j, 3, 3, ^ tt 5 do titre Vl, soient retranches 
4tt Code civil i>. 

' Telle est l'analyse ijt ce d^éours, oà iW retrouve partout le p«ia-' 
leof t)rOfolid« U Mgc l^islaieur» le moraliste sÂr. Mais ce ç|[ui est |«lus 

firëcfe»x. ejDCOre , c'est le caractère religieux q»i f est- empreint. M. de 
onald nVsi point de ces puBlicistes frivoles ou perfides qui, comrnrie 
il le disoit tout à fheure^ séparent la religioà de la politique. If 
àense avec rai$on que leur intérêt matoel cbt de se prêter appui , et 
tontes deux se rcuAlssent 6n effet |)our proscdtc une loi rendue à titfre 
^oqoe de licence, de vertige et d'impiété, et faite pour disparoîtré 
dans des JQurs plus lieureux. Soâ discours, dont nous regrettons de 
n'avoir pu citer que de courts extraits, parotira digne à la fois ft de To- 
ratenr, et de l'assen;iblée de'vant laquelle il parloit, et de la cause qu'il 
^oit à défendre (r). 




Adiiea 



( ëamedi 6 janvier i8 L &. j {^K 1 4f • ) 



Observations critiqués Sur V éducation; par M. lé Gacy. 
prêtre i ancien professeur du collège de Quiiu- 
per (i). 

Lettre à MM» de la bhambte des dépUÎés sur Véducatiori 
publique et sur le choix des instituteurs (2). 

Le Noui^el Endlé y ou t Histoire véritable dé TéducdtioH 
d^uh jeuhé seigneur jrançois expatrié par la réy^olu'^ 
iionj par uu aùcieù professeur a TU Diversité de 

■ Paris (5). 

Ce sérolt sans douté uùé comparâisôïi a^sez (:urîeu^e 
que celle du ^stéme actuel d'éducation avec lé mode 
que r6Ti suivoit il y a cent ans ; ce ne îleroit pas uif 
rapprochement înoins piquant que celui des livres qut 
traitent aujourd'hui cette matière, tfved lès ouvrages^ 
que l'on publioit sûr le mênxe sujet il y a environ onî 
siècle. A celle époque,, des hàmntcfâ gf*àves et sages' 
écrivoiént aussi sut l'édûcaticm; mais* leurs écrits nei 
ressembleât guère à la plupafCde ctoi que notis vovon^ 
cclore actuellement. Dans les premiers, ôiï cner-^ 
che vmneitiênt de Tesprit, des traits s;Eiillans, dêsvue^ 
neuves et hardies; on n'y trouvé que de là simiplicitéy 

(i) Brf'ôchuré în-12 -pm^ 7^ cent.,' et i fr. fraVic de port; 
A Saint-Brieuc, chez Prud'homme, imprin^urj et à Payis,^ 
<ihez Adrien Le Clere. 

(2) Ce petit ouvrage ne 8c' vend pas. 

(3) 4 gros vol. în-i8; prix, 10 fr.. , et ï4 fi^. franc àç-pori: 
A Paris , chez Laurens jeune,' Hbi^àire, rUe du B^mloiy n'. .4 ; 
et ani bureau du Journal. 

. Tème rL^jàmi de la RûUgion et dà Rot, jQ ' 



de la clarté, c!e la mcihode, du jngometît et à\\ tois» 
Leurs auteurs vont terre à terre , et marchent datis 
les sentiers battus, an lieu de s'élover a de baixtei 
Spéculations , et de tenter des essais aux dépem des 
générations à venir. Lisez le traite de V Education des 
Jilles, de Fénélou* le traité du Choix et de la méthode 
des études, de Fléury ; le Traité des études , de Rol-^ 
lin ; V Institution d'un prince , de Dugiiei ( vous n y vei^ 
rez aucun système, aucune prétention, rien d'extraor- 
dinaire ni de brillant. Ces bonnues si judicieux, et 
de plus, ricbes d'une longue expérience, nVvoient 
pas conçu réducâtion telle qu'on se Test figurée de-* 
puis. Us ne visoient pas à faire des prodiges de science, 
a éblouir par de Spécieuses théories, à renverser les 
.méthodes existantes pour en substituer cTaufresar-» 
frangées avec art, et présentées d'une riianièrcr at- 
trstyante. Plus curieux d'être utiles cjue détonner, il» 
«'occupoient à perfectionner de plus eb plus le mode 
usité par des arnéiiôraûons dotices et insensibles, et 
iPKm par de&cb^ngemens brnsques; ils mçttoiènt tour 
^oura çn première ligne Dieu, la religion et la mo^ 
raie. G'çloit à cela qu*ils dirigeoient leurs iXstructious 
et leurs ^jas^.ëtils croy oient avoir rempli plus de 
la moitié de leur tache quand ils avdieut ap|uis aux 
jeuues,geiQ# a honorer Ja piété, à être modestes, sou- 
mis., francs, affables, et à les convaincre que leur 
premii^r dçvoif étoit. de servir Dieu selon lu mesura 
île leurs taleosv 

Ces idées, si conformes à l'esprit d'un siècle reli- 
gieux et aut yueç jpure^ et chrétiennes de ces illus- 
lr<?s écrivaiqs, se i^aintinrent taut^ qu'on ne voulut 
pas trop raisonner sur l'éducation. Mais vint la niani^ 
da ranalj^se, dés systr^oJies,, des réforines complète»;^ 



C ^45 ) \ . 

et après s'être exercé sur une foule de sujets divers, 
on imagida aussi dti nouveau sur l'enseignement. Un 
des écrits qui, dans 1 origine, fit quelque Sensation 
à cet égaixî, fui ï Essai sur l'éducation nationale, jpar 
La Chaiolais, le même qui s'éli>it signalé contre les 
Jésuilôs, et qui depuis soutint un procès si fameux. 
Nul homme n'éloit -peut-être moins propre à traiter 
un sujet qui , plus que tout autre ^ demande du calme , 
de la réflexion , de ja pratique. La tête ardente et 
l'imagination vive du procureur-général le rendolent 
susceptible de préoccupation et diliusion. 11 n'avoit 
d'ailleurs nulle expérience siir ce point. Toutefois son 
livçe fut beaucoup loué. C'étoit assez pour cela, qu'on 
y dît du mal du passé , et qu'on prétendît y réformer 
tout le mode d'enseignement alors en usage. D'au- 
tres écrits, qui parurent vers cette époque, tendirent 
au^méme but. Le plus connu, sans contredit, est YE^- 
mila, qui a eu tadt d'influencé sur le siècle, et qui, 
égarant à la fois lès auteurs et les pères, a servi de 
modèle à tant d'essais insensés en théorie, et funestes^ 
dans la pratique. Rousseaqfyvpoûssà au ^ei^nier degré 
Cette manie de froi:}der l'ancienne éducation; Il voulut 
être neuf, et il y réussit complètemerit. Sa méthode «t 
son livre aious pçiroissent avoir été également bien ap- 
précie^"pâr un écrivain employé aùjoui*d'hui dans les 
plus hautes fodctio|is de Tadminisit-aiion , et qui au-* 
paravant avoit jeté un coup d œil , souvent fort juste ,» 
»ur les auteui^s et sur les productions du dernier siècle. 
<c II étoit tout simple, dit M. de Barente, queRo«s- 
seau, s'occupant d^éducation , Voulut élever renfànt, 
non pour la société, mais contre la société. Il est parti 
de cette base, et conséquemment il a du faire un ou-» 
vrag^ inapplicable, s'il n'est pas nuisible^ En dSet^ 

Q a 



quand on à formé Thomme de manière à ïe c'oostî-* 
tuer en hostilité avec ses semblables ^ et qu'ensuilé. 
on le place au milieu d'eux , il doit se révolter contre, 
tout ce qui leur sert de règles. On lui â appris à jae 
suivre de règles que celles qu'il se fait à lufc-même; 
mais rien ue conlribuepa à le lïlaintenir dans ces rè-, 
•les imaginaires , bien qu'il se les soit présentes» Soff 
intérêt, son orgueil, ses habitudes d'indépendance,, 
les lui feront transgresser sans que l'exemple univer- 
sel puisse Vy rappeler. Il sera coupable et màlheu- 
reun ; eh même temps il ne rencontrera ni pitié m- 
bienveillance, .et se trouvera confoiTue au phi4oso-. 
phe qui lui a donné upe telle éducation. Elle a en- 
eore un aulre vice; c'est de placer Tenfant dans^uu' 
ensemble de circonstances factices , arrangées autour 
de lui pour prodiiire un effet calculé. Cette méthode 
de jouer 1» comédie avec les enfans pour leur ensei- 
gner comment on doit se conduire dans la vie qui 
est toute réelle, a été adoptée p^r les nombreux ins-* 
tituteurs qu'a vu éclore la fin de ce siècle. Chacun 
ift voulu tromper l'élève, luid^ttiser ce qui^se pres- 
sente, à ses yeux, dipiger sa volonté au lieu d'obtcuir 
«on obéissance, le conduire à la yertu par des che-- 
mins couverts- de fleui*s , et à la science par l'amuj^-^ 
xnent...«. Il ne fauj pas avoir pour l'énfënt une coiw-- 
plaisance que la nature n'a pa& pour l'honuxie ; ou» 
doit lui parler franchement; d'ailleurs on ne Je trompe 
pas aussi facilement qu'on le croit, et dès qu'une fois^ 
û a aperçu la fraude, tout est perdu. Une* autre con- 
sidération s'élève contre toiis ces systèmes- d'éduca- 
ÛQjp; ils ne sont pa^ applic;^bles à Téduçation publi- 
que; par conséquent ils sont inutiles^...... Rousseau 

tombe . dans- de grossicpes erreurs sur 1» marche pro- 



agressive Je's idée* et des seniliiiieas dans les eiifiiOë. 
'Mais n'<?tait-îl pas juste cju*un père lel que Rousseau 
-«léconDut lenfanee? Il faut en effet îgnorer.bien coîu- 
plètemcnt les premières notions d'éducation publique 
pour vouloir que reiifant refasse, à lui tout seul, lé 
travail de la eivilîsaliou , et invente tout ce qu'il doit 
apprendre, depuis le» sciences jusqu'aux vertus (i ) ». 
Nous avons cité presque en entier le passage de l'au- 
teur, parce qu'il est rédigé dans un u^ès-bon esprit , 
et qu'il sape par la base ces fables drariiatiques et ces 
conslructious métaphysiques avec lesquelles on a dé- 
figuré rédiicalion. La manière dont M, de Barente 
juge ces efforts d'imagination doit faire d'autant plus 
<rimpression sur le lecieurV qu'il ne t-raite pas tou- 
jours aussi sévèrement les philosophes. Si son plati 
l'eût conduit à parler du Cours nï Etude de Condillae, 
jjous pensons qu'il se fut élevé aussi contre cette phi- 
losophie froide et spéculative, qui fatigue la tête d'un 
enfant pard<îs abstractions hors de sa portée. Quand 
on lit son ouvragé powr le' prtnoe de Parme, on ne 
peut que féliciter le prince d'avoir secoué de bonne 
heure cette métaphysique ardue dont le philosophe 
vouloit charger son imagination. Condillae âvoit, 
comme Rousseau , lia prétention que son élève rcr- 
fît tout le triavail de la civilisation. Ce n'est pas 
ainsi que Fénélon réussit à développer dans le duc 
dé «Bourgogne tant de venus, de qualités et de lu- 
mières, «t ce contraste de Féducation de la religion 
avec celle de la philosophie 6St la meilleure .réfuta- 
tion de ces nouveaux systèmes, présentés depuis cin- 
■ — « — ",. ' '> ' • - M ^ . ■ ' :— : ' ' ■■ ■ — ■ 

(i) De la Littérature françoi se pendant le iS'^^ siècle (pa» 
-M. d^ Barente), page 174.. 



( 246 ) 
<]uaD(e'ans sous les formes les pkis séduisantes, prœ 
nés comme merveilleux dantf les cabinets, et <^ vien- 
nent à ciiaque fois échouer c6tltre la raison et Texpé- 
rîence. 

Il ne faut point oublier que Tépoque qui vit naître 
ces brillantes théories est celle de la destruction des 
Jésuites. En proscrivant des maîtres renommés pour 
leurs succès dans l'éducation , on eut peut-être en vue 
d^arréter ces mêmes succès. On vouloil de3 chango- 
inens, on se débarrassa de ceux <pii y aurolent été 
contraires. On éioit dégoûté d'ueeéducatioiï religieuse; 

* il falloit éliminer d'abordceux qui en étoient les prin- 
cipatkx soutiens, piiis invoquer d'autres maximes, ap- 
peler d autres» insîtres, établir un autre système, in- 
troduire enfin la philosophie dans Tinstruction pu- 
bhque. Ce plan fut suivi avec beaucoup d'art et de 

• persévérance. Los collèges j ôlés aux Jésuites, furent 
«confiés en grande partie à des séculiers contre les- 
'quels il s*éleva bientôt toute sorte de plaintes* Ces 
nouveaux maîtres, pris snfllveni au basard parce qu'oo 

' éioit pressé et qu^on avoit besoin des sujets, manquoicnt 
a la fois de' luttticres, d*cypérieïice et de bonne vo- 
lonté. Affranchis de tonte discipime entr'eux^ ils ne 

•savoient point la faire observer à leurs élèves. Ils n at- 
taclioient pas beaucoup d'importance à la re%4on, et 
négligèrent de rioculqucr , soit par leurs discours , 
soit par leurs exemples. Il y en eui {^usieura qu'on 
fut obligé de renvoyer, et- qui promenèrent de ville 

-en ville leur incapateité et leurs scandales* H resta 
encore à la vérité plusieurs congré^tions vouées à 

J'eni&eignement; mais elles se sentirent aussi du coup 

, porté aux Jésuites. L'Oratoire, par exemple, qui 
avoit déjà tm assesi grand nombre de côU^es, se- 



- (247) 

ifont chaîné de diriger plusieurs de ceux qu*on c»- 

le voit AUX Jé^uiles , 'manqua de sujets > et devint n^oios 

difficile sur Tadmission de ceux qui se préseutoient ; 

^ «t cette augmepf ption d'étabKssemens; dont on s^étoit 

peut-être félicité imprudemment , dans ce corps > 

-comme d'iaoe- conquête, fut précisément ce qui af- 

foîblit la congrégation, ce qui y introduisit un autre 

esjwît, et ce qui prépara sa ruine. 

Ainsi la suppression subite des Jésuites fnt dou- 
|)lemein fatale à rinstruction publique , en écartant 
•tout à coup des mat 1res connus, religieux, et liés à 
<;es fonctions par obéissance et par devoir , et en for- 
•çant de recourir précipitamment à des maîtres qui 
noffroiént aucune garantie, qui n!avôient aucune ex- 
périence, qui ne se croyoient astreints à aucune rè- 
gle, et qui regardèrent leurs fonctions comme un 
moyen de fortune, ou au moins comme une ressourcé 
•contre la «misère. Elle produisit encore un autre effet, 
qui n'a pas été assez remarqué. Ce ne fut qu'alors que 
' les parleméDs se mêlèrent de l'éducation. Jusque-)(i 
-]es collèges étoieul presque partout sous Tinspection 
'<tes évêques; ce qui éloit d'autant plus juste, que 
4^s IVrigine ils àvoient été généralement fondés par 
•le diergé. U étoit d'ailleurs assez naturel que l'auto- 
•rké ecclésiastique eut Une , inspectioti sur des éta- 
H»(ksi^mens si importons pour la religion et pour les 
'meeiirs. Cette surveillance des évéques étoit assez 
feeilé lorsque l'éducation étoit entre les mains de con- 
grégations religieuses vouées à cette bonne œuvre , et 
qui s^en acquittoient dfi«isf la seule vue du bien; Tout 
-phangéa lofs de la destruction des Jésuites. L'iufluence 
fiesévêques fut écartée d*tns la formation des nouveaux 
^ollé^. Le parlement se l'attribua toute entière-, ef 



«omma Je» commissaires , pris dans son sein , pour 
prcsiiIfT à celte opératiou. U institua dans les vHle^ 
^les bureaux composés de laïques pour diriger Tsid-r 
ininisiration des collèges. Ainsi Ja surveillapce eccléf 
Masiiqucy qui auroit été encore plus nécessaire sur 
.des maîtres laïques, fut précistiment ce qu'on éloir 
îgofi avep le pjjis de soip, et Téducalion publique, de 
toute religieuse qu'elle étoit, devint loule profane. 
Les bureaux composes d'hommes du monde, qui 
avoienl d'antres occupations, ou qui étoicnt peu rer 
ligieuij , mirent pjeu de zèle à surveiller les maiu^e^ 
•dans cette pariie, et l'esprit des maîtres eJaqt piiangê, 
Jes jfsunes gens prirent d'autres principes^ et la plii-r 
Josopbie |>rof]ta et dé l'adresse de ses partions , et de 
^'imprudence de ceu^ qui. ne l'étoient pas, pour s'i»- 
troduire dans des lieux dont l'accès eut du lui éfrç 
feryné pour jamais* - ' 

• Le désir de tracer cette espèce d'histoire de l'é- 
dncatiqu dans le siècle derpier, nous a empêchés de 
faire çpnnoître plus p^tîculièrement les trois ouvrages 
que uops avOBs annoncés au cpmmencemeLpt de cetar- 
ticlé, et sur l0sc|ue]s nous ri^viendrons. Mais peut-être 
j3toit-il à propos dé remarquer le grand changement 
.opéré sur une matière qui a des liaisons si étroites 
avec la religion, la mprale et la société. Nous ne 
voyons pas que ce changement ait assez excité l'atr 
tfsulion des observateurs et dps historiens , et quoique 
pous ne l'ayons raconté que sommairement, et qu'il 
fiut été facile d'accumuler plus de dét.iils.et dé preur 
\*cs, cepcudatnt le peu que nous en avons. dit, sufr 
(ira pour mettre le lecteur sur la voie, et pptii' écl^r^ 
pir pc (jui iipus reste k dite* 




(«49) . 



NouVELLEiS ]ECCI;ÉS;[ASTIQUES. 

Roule, Il ëtoit d'usage qu*il y eut clikpelle royale de 
France le jour de sainte Lucie, dans la basilic|ue de 
SainUje^T) de Latran^ celle première église du monde 
jcalholique, qui compte Heni*i IV qu nombre de ses 
bienfaiteurs. Cette cérémonie a eu lieu le i3 décembre. 
iLes cardinauji: délia SomagHa et di Pietro y nssisloîetit , 
Ainsi que M. de Pressigny,. ambassadeur de S. M. T, C^ 
^t M. Oubourg, évèque de fa Nouvelle-Orléans* M. Belli, 
^Vphevèque de Na^ianz^ et cbaooinQ de SaJnt-Jeàn de 
X^atran, a chanté la messe solennelle . en pi^ésetube di| 
chapitre. Le même jour l'ambassadeur de France donn^ 
un grand dîner aux cardinaux délia Somaglîa, di Pie-r 
tro, Scotti, Gabrielli et Consalvi; aux prélats Naro^ 
Dorîa, Sanseverino, de Gregorî, Belli, Lanle, Odes- 
Calcbi, Cuneo; an sénateur de Rome, au prince Altieri , 
«u duc Lante, et à plusieurs membres distingués de 
l^ambassade de France^ Le jour suivant , S. Bxc. donna 
encore un dîner où se trouvèrent les cardinaux Spina 
eVÂibaniy et les prélats Vîdoni, Mauri, Frattini, Mur- 
ray, archevêque d'Hiérapolis et coadjuleur 4e Dublin i 
Murphy, évêque de Cork, Guerrieri, Malva»kt,vMazio, 
Sala, le prince Buspoli, des chanoines de Sàint-Jean de 
J^atran, et autres personnages de distinction. 

-^ La veille de la fête de la Cpnception , S, S, doi^na 
la l>éfiédiclion du Saint - Sacrement dans Téglise dëÉ 
dotiKe Apôtres, du couvent des Mineurs Conventuels» 
iSenf cardinaux s'y trouvèrent. S. S., à Pexemple des 
jglorieux Pontifes Clément XI et Benoît XIV, professç 
une dévotion p)airtipulière au mystère de celte fêfe. 
M. Jean Murphy, évêque de Cork, chanta dans là même 
église la messe solennelle le jour de la tête, et M. Murray 
y dit la messe. Le discours fut prononcé par le P. Lar 



( 25o ) 

fini, secrc'laîr«-g(^néral de iWdre, qui a prêche arec 
succès dans plu&ieui-s grandes villes dltalie. 

Parjs. Des militaires et autres sujets fidèles du Roi, 
feront célébrer, la semaine prochaine, dans une grande 
église de celle capifaTe, un service pour iVl. de la Roche- 
Jac({uelein , qui a péri glorieusement ,.('élé dernier, pour 
la cause de la légiliioilé, dans les mê.pies pays où lui et 
les ;sîeus avoient déjà monlré tant de,, courage. 

— Les travaux du Temple destina? à vet avoir M*K dt 
Coudé seront bientôt terminés. On établit une chapellv 
AU rez-de-cbàbssée; mais on' a le projet d'eu avoir dans 
la suite un^ plus grande qui ouvrira sur ta rue du Tem- 
ple^ et ou le puUic pourra entrer, 

. Strasbourg. S. A,ie prince évèquedeBâle^ M. d§ 
Nev^, a bien voulu se rendre ici sUr l'inTilalion de 
MM, les vicaires-généraux , le siëge vacant , et y i^ donné 
IWdiiiallon aux Quatre^Tempa de Noél. L'ordiriatîou 
«i été nombreuse; 76 élèves du séminaire ont reçu la 
^^it9ure et les giialr^ ordre» mlpeui^, 3a I0 sous-dia- 
|CO«Mit,;57 Ip di^cp^|al, et i3 1^ prêtrise. Ces !t^:eiz€i der-» 
iiiers complètent le nombre d.«.So pr^i'ea 9,ui ont é\i 
ordonnés pendant l'aonée^iUiS. 



Nouvelles politiques, 

» l^âRis. Le 1*'. janvier, iî y a eu crand couvert au cKâteait. 
La table étoit dressée dans la galène. Le Roi en occupmt le 
GOté. principal. ^Sur le coté , à; droite étoit assis Monsieur et 
iM*'. le duc de Berry. En face, étoit Madame, parée avec 
une grande. ma^gmiBceape. Derrière Iç fauteuil du Roi , étoieat 
l^s grands ofl^oiers.de sa maison.. Les duchesses et autres dames 
bccupoient des tabourets derrière le Roi et les princes. Les 
ambassadeurs, les ministres et les généraux formoient une se- 
conde ligne debout. Une balustrade siéparoît la cour du pu- 
blic, <jm entroit par la salle des marébh'aui, défilott devant 



(25. ) 

le Roi ,' et sortoît par le pavillon de Flore. Le coup cïœif elolt' 
magnifique; la musique a joué pendant tout le repas. &. M. 
a adressé plusieurs fois la parole aux personnes qui étoient 
. oerrière àbn fauteuil. 

— A la revue, du i*'. janvier, Te îftoi, placé au milieu des 
carrés d'infanterie , a dit ; Mes amis , je suis content de vous. 

-Les preuves d'attachement et de dévouement que vo^s me 
donnez , me touchent. Je compte sur vous. Je dirai ^ comnïe 
Henri IV : Je puis vous présenter avec confiance à me 9 amis 
comme à mes ennemis. 

— M. le maréchal Victor, duc de Bellune a commencé, le 
l*^ janvier^ son service comme niaj or-général de la garde. Il 
a un appartement aux Tuileries. 

— M»', le duc d'Angouléme est arrivé à Bordeaux, Je 58 
décembre. Il a reçu le lendemain un grand nombre de corps 
et de particuliers. La présence de ce prince excite toujours un 

•nottv«! entliousiasme dans cette ville fidèle. 

— ' Un rapport du garde des sceaux au Roi donne' le ta- 
bleau des conseillers d'Etat qui doivent être en service ordi- 
naire et extraordinaire dans le courant de cette année. H est , 
à peu de chose près, tel que celui de l'année dernière ; il y a 
trente conseillers d'Etat en service ordinaire, répartis en cinq 
comités, de législation, du contenlictix, de l'intérieur, des 
finances et de la marine. A chaque coniité sont adjoints den 
maîtres des requêtes. Vingt-deux conseillers d'Etat, chargés 
de difFéi'entes fonctions , .sont en service extraordinaire. Il y a 
aussi des conseillers honoraires. 

— S. M, a nommé le prévôt, les juges et. le président de 
la cour prevôtale de la Seiiie. Le président est M Chrétien de 
Poly. Les juges sont, MM. Danguy, de la Haye, Dupuis et 
de Quîncerot. 

— M. Guiton de M<H^eau , célèbre chimirte , naais co^nn 
aussi sous d'autres rapports, qui avoit été membre de la con- 
^Vention, et qui àvoît eu le malheur d'y figurer d'une ma- 
nière fâcheuse dans ime occasion importante , est mort , le 
a janvier, à l'âge de 80 ans. 

-^ Le duc de Wellington doit partir sous peu de jowry. 
■Le9 postes anglois qui eiistoient encore dans la capitale ont 
'été retiré^. 



C 252 ) 

— Le roi d'Espaçne a terminé Taffaife des membres déf 
portes et des autres hbëraui. IU.sont condamnés , pour la plu- 
part, à quelques années de prison. Les ecclésiastiques seront 
mis dans des couvens Un seul des libéraux pavoît destiné à 
périr sur up. échafaud. C'est celui que IVm conoois^oit sous le 
nom de Coxo (fioiteux) de Malaga. 

— La nouvelle^^onsûtution de Pologne reconnoît que la 
religion catholique étant, depuis^ les temps les plus anciens, 
la religion nationale, doit jouir d'une protection particulière. 
•Cependant les autres communions auront le libre exercice, 



CHAMBRE DES DEPVTlÉS. 

Dans la séance du 2 janvier , ^ont -nous avons déjà donné 
un aperçii , M. le ministre de l'intérieur est monté a la tribune, 
et a présenté le projet de loi que nous avons rapporté en subs- 
tance. Vous avez entendu, art^il dit, le ministre des finances 
déplorer l» situailion du clergé , et annoncer que de nouvelles, 
maisfoibles ressources, seroient employées pour l'adoucir. Les 
pûnistres ne peuvent faire -que ce que les circonstances per- 
jtnetl^nt^ Dans le. budjet qui vous est présenté, ce n'est qii'à 
foi'ce.de sacrifices que Von est paryeitu à mettre Içs recettes 
au niveau des dépenses. C'est encore par des sacrifices que 
l'Etat parviendra à améliorer un peu l'état des mfnistres de 
la religion. Il est des moyens de deux espèces; les uns peuvent 
faire la matière d'une ordonnance royale, le^ autres sont l'objet 
d'une loi. Telje est celle que je viens vous remettre au noni 
de S, M. Ell^ tend à faire toijmerau profit d'iihe classe resr- 
pectable l'extinction des renies viagères et des pensions ëcclé-?- 
siastiques. Cle commencement est me\r fbîble sans doute ; mais 
vous le savez , une bonne administration est celle qui marcbant 
toujours d'un pas constant et uniforme, parvient au but qu'elle 
s'est proposé. 

Voici le projet de.loi : le produit des extînclions'par décès , 
sur la somme qe rentes viagères etde pensions ecclésiastiques , 
comprises dans l'évaluation de la dette publique pour 181 &, 
est spécialement aflècté à l'amélioration des fonds du cierge 
;fit des institutions qui en dépei^dent. Le trésor royal tiendra 
chaque mois, à compter du I'^ janvier, à la disposition du 



( 25^ ) 

Tiiknistriè', ttufe** somitie dé cinquante mille francs k valoir avbf * 
te produit des extinctions. 

A la iîa dé la même séance , M. Blondel d'Aubers a voté pour . 
1q protêt de la commission. Il né faut pas s'effrayer , a-^t-il dit, . 
des ciaq classes des coupables établies par la commission. Qua- 
rante-cinq individus au plus sont dans le c^s d'y être compris, et 
vous remarquerez que ces quarante-eînq iilâividùs ne seront 
point exilés arbitrairement, mais traduits devant les tribunaux. 
Ne voyons pas, a-t-il ajouté, toute la Francedans Paris. Ce n'est 
pas toujours là qa'û faut formelr son opinion. Songeons aux 
Suites de la trahison ^^ à tant de villages dépeuplés , à ce budjet 
si effrayant ^ et nous ne nous trouverons pomt tii>p sévères^ 
M. Royér-CoUard parle dans un sens contfaire. Il croit que la- 
laesure d'exil n'est point un jugement, et que la cham|)re 
n'est pas incompétente pour le prononcer. Il repousse surtout 
les confiscation^ sous le qona d'imdemnités. Qu un autre plus 
hardi entreprenïie ,. dit-il ,• de faire rétrograder la clémence 
du prince. Je ne me placerai poij»t efttre le Roi et les cou-» 
pables, je n'intercepterai point le par<ïon royal, je ne lui' 
. ferai point rebrousser chemin vers le' trône quand il en est 
descendu. M. de RoncheroUes vote pour les amendémens de • 
ls( commission, sauf un léger changement dans la rédaction' 
d'un des articles. La discussion est terminée à^ cinq heures , et 
renvoyée au lendemain. 

Dans U séance du 3 / aprè^ une réclamation contre l'usage 
de parlei^ au»Qom de la minorité dVne commission , la discus~' 
sion a. recommencé en présence devuatre ministres. M. Bec-*'^ 
ouey a combattu les anien'demens de fa commission. Il a trouvé 
dangereux de ranger' les crimes par classes. Ce seroit prolon-»' 

fei" les inquiétudes, tandis qu'on ne peut rendre le repos à la 
rance sans étendre sof le passé le voile de l'oubli. Le B^r 
at proclamé sa clémence; pouvons- nous lui proposer de la 
rétracter? M. de Castelivijac fait l'éloge du rapport de la com- 
mission y qu'il ti;ouve plein de sagesse et de mesure'.' Un Etat' 
lie peut avoir de base» stables que sur la justice. L'article 3 
du pn^et des ministres nous érige en triounal. N'est-ce pas 
être juge qtfe d'infliger la peine He Texil? £n soumettant aur 
Eoi le sort des trente-huit individus, la commission a satis- 
fait à toutes les convenances. Quant aux régicides, on ne sau' 
Foit^ inspirer trop d'horreur contre eut. M. le marquis de la' 
Maisouioxi jf^niSe .q^e l'acte d'amnistie est moins un acte de' 



C 254 ) 

ctemetice t^u^un acte 3e sagesse et derstison. Il se Hvre à 
des recherche^ historiques , puis vient aux derniers évenç- - 
mens. Le rapport de la cominision , estimable dans son nna^ 
cipe , est d'une exécution presqu 'impossible dans les détails. 
Les basies en «ont justes, et commandées par la pro}>ité; mais ' 
ne sont point admissibles dans Tétat actuel 11 conclut pour 1^ ' 
projet des ministres avec l'amendement de M. de RoncheroUe. * 
M. de Bouville se plaint qu'on ait fait changer de direction À . 
la discussion. Plusieurs orateurs ontpîrésenté le projet. de loi 
des ministres comme un acte de la piûssance souverame , tan- ' 
dis que, pûis<}n'il n'est que projet, la^ïhambre peut le dis- 
cuter, le modifier, le rejeter. Le Roi n'a pas prétendu ôter à 
la chambre son droH. S. M. ne repousse aucune objection ; 
elle appelle de toutes- parts des lumières-, et nos disbussions 
ne lui sont poiojt étrangères. C'est un devoir pour nou^ d^é- 
dairer sa religion en nous expliquant avec une entière liberté. 
Nous ne ai^urions proscrire en masse trente->huit individus , 
sur lesquels on ne nous donne aucun renseignement. On noua 
parie de coups d;'£fats ; nous , nou$ parlons au nom de l'hoo- 
reur. (Murmures dans diverses parties de la salle; plusieurs 
voix : Nous parlons tous aii nom de l'honneur). -M. de Bou- 
ville continue , et rappelle les adresses nombreuses des pro- 
vinces , qui ont demandé la punition des coupables , et les ré- 
clamations générales contre leur impunité. M. de Caze, mi^' 
tri«tre de la j>oiiee $ ft fait valoir le u^ des ministre» ^ le$ ^x^, 
pressions mêmes de 8 . M. deiix jours auparavant ^ et les ince»- * 
véniens des classes , telles «|ne les propose 'la commission. Les 
ministreis se dévouent à la responsabihté qu'enf faîne pour eux.* 
l'exécutidb de l'ordonnance. M. Dlilbrt^ de la Gironde, parle 

e>ur le projet des lininistres , #t iwite tc^us- le» François^ àou- 
ier le passé, et à imiter lis démence de leor Rot. M. Par- ' 
dessus défend, dans un long discours, les amendemens deist' 
commission. Les ndinistres restent maîtres d'exiler les trente- ^ 
huit individus. On a parlé du vœu partimilier de S, M. C'est, 
un grand poids sans dchite dans la balance. Mais n'est-ce pas 
de cette enceinte du'est sortie la première idée d'une amnis- 
tie? Il faut nous élever au-de^su^ des considérations' person-* 
nelles. (Murmures). Que dé 'tels débats ne soient pi» le si- 
gnal de divisions fâcheuses dans cette chambre^ Au surplus , 
s'il y a ici une opposition , il est bien remarquaUe que loin- 
d'aâbiblir la prérogative royile^d^ tend, à la fortifier. L'o- 



nateur «/fini par des' témoignages J'efitimeet rie çoWfb&cè 
pour le miiiislëre, Nos.sentiinens sont unanimes, dit-il; nouff 
voulons tous le Roi, rhérëdité dc.soif trône, In charte, le' 
bien de l'Ëtât. M. Pai^essùs est descendu an milieu des mur-» 
mures d'àpprobitfioni (Quelques cris de Pwc le Roi! $e sont 
fait entendre* 11 est cinq heures. La séance est terminée. 
. Dans la séance du 4v ^- Colomb^ des Hautes^ Alpes, a' 
parlé le premier, et a combattu le projet de la cominissior.- 
ll croit qu'on a conçu des alarmes exagérées , et <{u'il fant se' 
reposer sur les mesures prises successivement contré les en- 
nemis dé Tordre. L'orateur attaque successivement les amen- 
demens de la (Commission ^ et pense qu'il faut abandonner la 
décision k la clémence du Roi ^ qui a déjà prononcé. M. Be- 
noît, de Maine et Loire, dans un long discours, a traité ces 
trois questions : L'amnistie estr>elle nécessaire? La chambre- 
peu t»elle discuter le projet- de loi? La ré<iaetion de la corn-* 
mission est-elle la meilleure possible? > 11 partage l'ophiion de 
la commission sur les deux ]>remier8 points, mais il ne juge 

Sas les amehdemens nécessaires^ quoiqu'ils aijent été conçus- 
ans des vues justes y sages et paternelles. 11 vote pour le pro- 
jet des itiinistres avec le seul amendement de M. de Ronche^-* 
rolles. M. Micheletcombat le système des claistficatiotiircomme 
trop rigoureux , comme effrayant ^ comme dangereux par les- 
alarmes qu'il répandra. Il .est pour le pronet des ministres. 
M. de Salabéjry est â'mi ^viâ contnâre. Il examine ce qui 
t'est passé au ao mar$( Ceux qui «ont conspira alors pistent 
encore; ils ne sont pas convertis, ils attendent; s'ils parois^ 
sent aujourd'hui du parti de la légitimité , il ne la veulent qoe 
viagère. Quand ils n attaquent pas, ils calonmient. Une juste 
sévérité peut seule lès contenir « M. Pasquier^ dans un dis- 
cours improvisé , a combattu le projet de :1a commission; £zç 
adoptant le mode des cithégories^ ielle n'a mis aucune pro- 
portion dans le dfgré de culpabilité; elle :a établi des diflé- 
Kenecs chimériques.' La culpabilité des ^néraux cesseroit I& 
ao mars , tandis ^ue celle des fonctionnaires civils s'étendroit 
jusqu'au 23. On a dit que le projet n'avoit pour but que de 
poser les principes et de fixer Fopinion. Il ne faut point faire 
de lois inutiles. il*a péroraison d'un des préopinans d'hier m*a 
frappé. Oui , nous sommes tous unis , nous marchons au meine 
but; Mais ce n'çst pa^ assez ; il Caut encore le paroitrei M. ChlC» 
âet conclut dans le seos de la «ammission, et cherche surioul' 



( 3é(ï )• 

k justifier l'article de l'indeinnitë potfr les frak de la gûèrréV 
Quelques membres demandent la clôture de la discussion. Elle' 
e$i ajournée au lenderiiam midi. 

Le 5 , la séance s'ouvre à midi et demi , et la discussion 
continue sur le projet d'amnistié. Les mêmes ftirnistres as-' 
sistent à la séance. M. Serre parle contre le système de clas-* 
sificationB et de cathéeories proposées par la Commission , con-' 
tre la demandé d'indemhités , ^t contre l'artïtle réldtif au* 
régicides. 11 conclut pour le projet dés mmistres. M. Feuillant 
pense (}ue la chambre ne peut, sans sortir dé ses attributions* 
législatives^ prononcer sur le sort des individus exceptés de 
l'amnistie, et qu'au Roi seul appartient le dfoit d'amnistie/ 
ï)'aprës ces considérations , son. âvîs séroh que la chambre re- 
jetât purement et simplement le projet de lor. Mais la discus- 
sion est trop avancée pour qu'il soit possible de là faire rétro-' 
grader et de lui donner une autre direction^. Il vote donc pour 
les amendemens de la commissioti, qui, dir moins, dispen'^ 
sent la chambre de juger et de condamner, et qui atteignent 
ks coupables sans les frapper. ' 

M. Ûuboucbage , ministre dé hi marine, défend le projet 
de loi. Soft discours trës-anhné paroît produire sûr l'assem-»' 
blée une vive impression-, qui se manrfeste par dés applau-' 
4is6emens. On demande la clôture de la discussion. La cham- 
bre décide que le rapporteur de la commission sera entendu, 
ti prononcera demain son discours , après quoi la délibéra- 
tion commencera. Il est trois heures. Lt chambre Se form# eir 
comité secret. 



Li 



VRES' NOUVEAUX. 



Le Teslaïhciit du Roi Louis. XVI, qui doit être lu, le 21 janvier, 
dans toutes les e'glises de France, se trouve chez Adrien Le Clere, aiif 
Bureau du Journal : prix , ^5 cent, franc de poft. 

Sermons pour le Caréthç ,■ par M. l'abbë Gérard-/ chanoine de Saiîàt- 
Louis dû Louvre,- autenrdu Comte de f^aimontet des Leçons dé 
r Histoire; a vol. jft-i? : prix, 5 fr. ,. et 7 f r. fraqc de port. A Parts, 
che^ Biaise, quai des Auguslins, eb chez Adrien Le Clere.- 



ERRATUM, 

, Dans le dernier ]Snm(<ro, à la fin de Panide U Cot/a» Ktu de iSf 4^/ 
U^QC dernière^ /<Vez^ i&r5; 



( Mercredi i o janv^ier i8l8.) (N^. 1 43. ) 



SvB une Lettre relative aux négociatùms avec Rome. 

On désire que dans ce Journal, qui doit èti^e le dé- 
pot naturel de toit ce qui peut intéretôer la religion, 
. nous inaérions une letlre, publiée 9U mois d^màr» der- 
nier, «Dr Tétat des négociations avec Borne. Elle porte 
le noia dfs M. l'évèque d'Orthosie, nomaië, par S. M., 
.à la place. d'auditeur de l'ote, et est adresaévi.lVte^. \s% 
grand-aaniônier. Le gouvernement de fiuoiiûparte la 
ti^euTd, dit-on , à Paris, et la fit insérer di^ns le Jtmrnal 
de Paris, du .29 mars, av^c Vîntention sans. dente do 
tourner à la fois en ridicule et la cour dé Borne et lea 
négociateurs françoi^. On publioit alors tant de noa«- 
Telles apocryphes et tant de pièces fausses, que.celle-çi 
dût inspirer 4]iielque df^fiance. La police de l'usurpeteu;: 
ne se faisoit pas scnapule il'in venter 00 4'dltérer des 
éci4l8v euivaot ses intérêts; et ce moyeu fut sans éomX^ 
•employé pins d'une fois à celte époque de déception et 
de mensonge. Noos étions donc aulorisés à regarder ia 
lettre attribuée à M. rëvèque dXDrthosie commeune sntta 
de ce système d'imposture, et hoos j>laignions ce pré- 
lat dont on avoit chosi le nom pour te fair^ servir à 
des.viies iniques. Nous étions décidés à ne point p^rkr 
d*une pjè^e fort iiuspecie^ yu ie canal par lequel elle 
noua étoit traiismiâe, lorsque noiis l'avons trouvée ré- 
cemment dans un ouvrage périodique, oà pn la donne 
comme authentique et vraie dans toutes ses parties. Il n'y 
a donc plus d*ii>con?étiient à f'insérer dans ce Journal, 
et il est même utile de montrer au dernier éditeur à 
quel point il s'abuse^ et combien cette lettre porte de 
caractères qui doivent la faire rejçteç. En voîci d'a- 
bord Je texte, tel qu'on le tixruve.et dans le Journal 
Me Parisy et dans la Politique chrétienne de neverabre 
dernier : 

Tome FL L'Ami de la Religion et du Rm:, R • 



( :i58 ) 

Rome, 8 mars 18 1 5. 

« Monseigneur, je n^ai reçu la lettre dont votre £ic. m'« 
honoré ; du 29 janvier, que le 1*'. mars; et encore par faai&rd, 
car le roi de Sardai'gne arrête le courrier de France , je ne 
sais sous quel prétexte ^ depuis six semaines ; et nous étions 
dans une*véritab]e peine détre si long^tcmps sans lettres de 
France. 

» Vos lettres, Monseigneur, sont pour moi une véritable 
•atisfaction ,' car je n'en ai pas d'ailleurs; nous attendons avec 
nnpaûence réponse à la note que vous a portée M. le comte 
Jules de P^lignac ; pour moi , je crois qu'elle est facile à faire, 
car je suis invariable dans ma façon de penser, et je crois 
même qu'il tt'y a que l'avis q|ie j'ai eu l'bonneur de vous ma- 
nifester qui puisse arrêter un schisme tant à craindre , car 
personne n'a plus mot à dire en regardait comme non avenu 
le Concordat de 1801, et rétablissant l'ancienne circonscrip- 
tion des diocèses. Il a échappé à M. dé Sambucy de me dire 
qu'il vous avoit donné le conseil de demander le. hoûibre des 
evéchés que le Roi désire, et qii'on ciïvoyât en même temjls 
la nominatioh des sujets destines à remplir les sièges que vous 
■urée conservés ; je lui tii répondu net qu'il avoit donné un 
mauvais avis^ car si vous demandez seulement un certain 
fiombre d'évéchét , ce sera abandonner le principe , et ce sera ' 
une nouvelle cf^tio^ û*éyMiéa. Utrticim c^etf^é et France,^ 
si illustre , si distingué , pe peîit pas être sujet à de pareiRés ^ 
vicissitudes) et si vous envoyez leis sujets avant la bulle, on 
se permettra des réflexions sur lendits sujets* on ira jusque 
dire qu'on sun|]Aiè lé Roi qu'il ert homme d'autres, si quel- 
ques-uns ne plaisent pas. On veut toniotirs s'éloi^er du poiilt 
de la question : il ne s'agit pas de créer , H ne s agit pasd'ii)* 
nover ; il s^agit de rendre à 1 église de France son lustre. Il s'a- 
git ^pjje fe Roi conserve les droits de sa couronne. Rétablir les 
anciens diocèses dans leurs anciennes limites /c'est reconncltrt 
le principe qu'ils n'ont du jamais être détruits. Quand la buUa 
«era rendue, c'est alors que S. M. daignera interroger ï« 
clergé de France , pour voir s'il est expédient de réunir quel-^ 
^Ues évédbés pour le bien de l'é'glise de France, comme plu- 
«leurs fois on a voulu le faire pour Grâce, Ve^ et Sénez. 

» Votre Exe. présentera ensuite, dans la forme accoutu- 
jpnée, à S. JM. , les sujets dignes d'étrê évêques, ce qui de^ 
i||t»de la joliiSjiiAre réflexion ; eC ensuite oh se présenteia an 



( =«59 ) 

l^ape dans les'formes canoai(jues «t usitées en France depuis 
François I*'. 

» Ûayis que M. de Sambocy avoue avcHr dMine , d'envojer 
au Pape la liste des sujets nommés avant la confeclion de la 
bulle, prouve évidemment à votre £xc. qu'il s'est laissé in-^ 
fluencer par les personnes (fu'il voit ici , puisque c'est exacte- 
ment ce qu'où a demandé au Roi dans la note communiquée 
à votre Éxc, par le nonce du Pape, eu date du i5 septembre 
1814 ) et dont vous avez bien voulu me donner copie. 

» Je vous. supplie,, Monseigneur, de vous en i^irc dcmner 

une seconde lecture» Il y est dit « Sa Sainteté n*a pas Hp^i de 

douter que le Roi ^e fera un plaisir de lui notifier confidenf^ 

tieU&nent les personnes quil a intention de nommer; iarae^ 

vation qui çomproniettroit le» droits du Roi. £t commcfnt 

M. Ae Sambucy a-t-il pu se prêter àVous donner un |>areil . 

«vis ? Dans la aemiëre note , vous ne devee vous arrêter qu'à 

uQ^^eul article, celui oii il est dit ^ue sa Sainteté consenti 

rétablir i'église de France , et tous les-évécbés que le Rov ju-i- 

^era à propos de demander. Eh bien l que le Roi daigne, dîréi 

Je les demande tous...,» J'ai entendu parler sur le bref àl'é-- 

Teque de Bàle; ils voudroient J'^aéantir s'ils le p«ivoieiiti^ 

et une personne eu place m'a assiuré que M<'. Testa, secré*- 

XBMKJ^-àAaUnis f c[ui l'a rédige^ pourroit bien étre^disgiiàcié* . 

» yj9u« ai!«2 bi^n rattoa. £{ dire i|ue lescaîsa^ qu'on dooiM 

jx>ar oe pas l'étemire à toute l'^ghse de France jont bien iu- 

tilies. £nnii , il existe. 8fil existe pour une église, il existe pcuÉ* 

tottles les autres. Si on «toit inâ»ranlable sur le projet ^ue 

jWois indiqué, et dans lequel je persiste, on . ootiçodiH^ > 

Avec cette cour, il faut avoir, de la ténacité, de Ja fernqteté. 

. On n'^ jamais mis en avant une^chose qui les feroît trembler: 

c'est que le Concordat de 1801 ayant' été fait sans le Roi, il 

ne peut le lier, en aucune manière^ car pour (ju'un i* le lie , 

il faut qu'il ait été consenti; par toute» les parties itttéresséei^ 

or , le Rot éttoit farieusement intéressé à ce que son ancienui^ 

église, û renommée, si belle, si illustre, né fiit péis bouler 

versee. Le Roi a beau/ jeu à s'en tenir à son avis; ^K>n droit 

est incontestable. Des trois commissaires qu'on nous a fâissés, 

il n'y a que Fontana d'éclairé ; mais il est de mauvaise; foi. 

Pourquoi l'ambassadeur ne dit-il pas au Pape : f^otre Smnr 

tetê rrinL eni^fi'son pro- secrétaire d'Etat pot^r. me di(\e 

éfu'cUc traiteroit avec moi ou €tvec le cardinal Patpa. D'a^ 

près cela y je ne reconfwis plus la^commission : queiiQtm 



C 260 ) 

Sainteté la çonsftUe si elle ^^eitt,. mais îîoua rit hd r^ônnoi.^^ 
sons p^us pour son organe , mais srtilement le cardinal pro* 
. sveréUntiB (TEimkx à ^ui votre Saintvté a dofùié i^dre de trai- 
ter avec nous, et dana le plu\ bref délai. 

• »» Oui, on dit ici, en effet, (|uc Con«olvi veut tout finir, 
ot qu'il in&inue des di/EculWs pour avoir le temps d'arriver. 

» Le Pape a accorde tout au riernier gouvernement, et tout 
ce <|tt'il a demandé , parce qu'il a dit t Je veux ^ et a été in- 
variable dani «ea demandes. 

M Nott&avons. négocié» voilà notr« tort. Il falloit dire au 
l^ape c Je^e veux tfue le Concordat fait avec mea anoétrrs el 
^os préétcefée.urs) ^ct je n'en veux pas d'autre y je n'r'n ne* 
<Bamois pas d'autre^ ou il n[r, en a^na fwint comme aupara^ 
yrtmt'i et je rais Assembhr icrvlcr^. de nmn rcr^ume pour 
màsermux mojnns à prendrtf, 

' ' 9 tJne pareille détermination, fi^rme les aurmt fait trem«- 
fcter; ils seroient à vos genoux, et vous êtes aux leiirs; car 
-fis TOUS disent : Demandez y el l'çn inïus donnera, i^ui est 
l'ôftneé ici ?. €\B8t le R61. 

• . n Je comtois cette cour ^ je connoiâ les Rokuains^ â favii 
'^flarJer.aim} ; mais plusieurs me l'ont dit, voustie finisses rien 
•fiarce que vous ne voulez pas; vous he demandez paç avec 
énergie. Voilà ce que des gens bien pensams motittfit. Oui, 
Môt»seigucinrY4%isoiicia««Kt •l'irréliippn po^ |[^8?!^ ce |iav«-cj. 
On ne pense qu'au tempord , «t kûn Tta^ens ^liLoTit été en 

Frapcè avouent que k bon Dieti y est mieux servi qu'ici 

r » Votre £xc. « bien rais<m de dlK icpie la Fronce -a louîours 
été la pi'emière à venir au secours du Pape, ,et ménie-à pr^ 
«eut c'est la plus fidèle ; voyez ce qu'on fait enî- Aliesiiigne , 
oèt la religion calèoliqtte n'jipas Je .pUia petit priviljége pkts 
que lés autres rtffcte», même les Juifs , à qui on va donrurr la 
4{uaH! • de citQvefiii. £u £^giDe,:un)CRKvojé:d(u Râpé ,'n(Muii«é 

^M^, Naaialt) et trois feligieHix, jr^ui fl^loisntdarncb.fXïyaniAe 
|)our desrAifairei ipcclésiastiqties , mais dans le fond p»Ur se 
niéier de l'intérieur de la displinie de ceXte égliae , ont été ren- 
voyés de Saroelone^ et ill sont de rètoaT. . 

» 3*^i été pnarfbilidéftiefrt aénigé-,Motise<i^eur, devoir que ^ 
•taî^dis qweidaws tout le royaume, et raiém^ 4 Tétranger., oh 
•« «ilenttisé d'une manière si imjHisante l'affreux 2.1 faxivier, 

ÎvÀ téTe'iHttkis souvenirs les :W»6 amers, nous n'ayons rien 
lit icir-^h ai eu l'idée; mais, comme la personne en q^ies- 
ttiôih. n'aime pas qu'on lui en suggère, je n'ai pas osé lai insi- 



(36. ) 

nuer ce qu'on, (}evoit fuiro; \e me sitij' contente de dire la 
messe dans ma cha}>éUe privée , et je ne mus- pas rà*tt <le tout 
ie jour. 

» Quant à moi, Monseigneur, dont voua av«z la bonté de 
vous occuper , mon lUTaire n'est pas une affaire , et elle finira 
quand le Roi vo«tdra. Depuis le mois d'ao4t, H Tamb^^ 
8a()eur n'en a pins parié ; mais cela ne m'ote ouUement m» 
considération. M. le cardinal Pacca , pro^seorétaire d'£tat , 
donnant un iitnf'r d'Eiat^ c'e$t^-^re, dipJeuiatiqMe , m'in-r 
yita ov«q le prince de Sa^ie-Gcitlia,. les lutibassadeurs , le lord 
HolUmd et le duc de Bedford; j'étois le seul auditeur de rote» 
{lome ne fait nMlie difficulté de «dire que cela finira biept^ti 
(au reste, .jVi une cjEindùtte noble, mesurée .#t discrète , et 
M. r^mbassfideur) s'il dU 1h vérité sur mon compte, dira que 
je jouis d'une con^dératioi» méritée; et toute la légation en 
dira de même. Je tiens toujours ie rang et l'éclat que doit 
avoir l'auditeur de rote françpis, eu égard à mes revenus 
boroés. 

» L'einpereiir d^Allemagne vient de nonan|er le sien , 
M^'. Odescalcbi ; il a en son billet de la secrétairerie d'Etat pour 
être reçu« Voilà poiifiiinr fia jeune homme qui passe ^vanC 
mpi., Il est vrai qu'oif ip'a'dit, qu'en ma qualité 4'éYêq)ie« 
j'iiurois Iji préséance sur les attires, et surtout aqx cbapeile^ 
papales, ou je sfrois assis sur vm. tabouret à i^<>té du Pâpe^ 
avecf la niilre ênUête, i^û lieii qîfe les autres ^ont assis sur. les 
gradins du trôné. • ' 

» M*', de Gi*égoH vient dé dire à l'évéûue dé Pergamei 
qu'Isoard avoit donné sa démission ; on mis ra dît de plusieurs 
côtés; mais je ne vois pas'veoir le . billet d^ la secrétâireili^ 
d'Ktat. 

» Duon^parte ^ qqirté l'tle , d'Elbe dimaiiqhe pa^sé» 26 
février, à quatre benre&.du matin. Il avoit ,fait embarquei^ 
X 20Q boninies la veille si^r de petits ba,^iaiens ven^ «(ans CQ 
portj et lui est monté sur le brick rjnconsiarUf^Qn ne peut 
encore rien savoir de son but, ni oîi îl a été. 

» L'ambassadeur de France n'a point envoyé de courrier à 
Paris. Mais voilà bien une longue lettre; je pnerai. néanmoins 
Vôtre Exe. de m'eii' accuser la réception. 

» Je suis avec un tendre respect , Monseigneur , votre très- 
huiuble et très-obéissant serviteur , 

Vcvéiiue utOnhosié, 



( 302 ) 

» P. S. On Jit qn*aii archevêque a fait un imyr^ee d^tes^ 
table et plein cle niuMetés ; je crois qu'il est intitulé Frag-* 
mens. Je prierai votre Exe. de me 1 envojrcr, s'il n'est pas 
voluinineai. Ce monsieur a fait beaucoup de mal dans Tio- 
terrëgne ; i) confirmoit Buonaparte dans toutes ses idées , et 
lui faisoit croire tout facile et permis. Au reste , pour moi qui 
ai été obligé de* vivre, toujours à Paris ou dansles environs, |e 
connois tout mon monde; et si votre Exe. avoit besoin de 
rensetgnemens aur tel on tel individu , elle peut me les deman- 
der. Pendant mon administrafion apostolique en Normande , 
j'avois pris des renseignemens exacts sur tous les prdtrea des 
diffél'ens diocèses et d une manière très*impartiale , même sur 
les prêtres intrus. C'est ainsi que j'avois envoyé des notices 
très-vraies et exactes à Pie \I, qù il m'avoit demandées sur 
4ous les évêques constitutionnels et intrus ». 

, II n*est personne quj, en lisant cette Içlire avec al- 
tcntion, puisse être lenlé de rattribuer au prélat sooa 
le rïom'dtiquel on a voulu la foire passer. Il n'est per-» 
sonne qnî ne voie ce qu'un tel langa^^e auroit de d«» 
plaoë dans la bouche d'on évèque* Quelle apparence 
que M. ré«%que d'Orlhosie s'exprimât sur la cour, de 
liome avec cette légèreté offensante! Ce prélat est né 
sujet du Pallie, a été employé par .Pîa TI dan^nlitsiiars 
missions, et t| tvé fait évlque par le Pape actuel ; e^Ton 
Voudroit* nçus faire accroire qu'il a pn écrire leut ce 
que nous venons de lirej Avtc cette cour, il faut avoir 
de. la ténacité i de la fermeté; on n'a Jamaie mie en 
avant une chose qui les feroit trembler... Nous avons 
nigfÀAiy vàilà notre tort^.. Une détermination ferme 
les auroit fait trembler; ils éeroient à vos genoux, et 
vous ^éteê aux leurs... . Je connois celte cour, je con* 
nois les Romains; il faut parler ainsi..** f^ous ne finis- 
sez rien parce que vous ne voulez pas; vous ne deman-- 
çlez pas avec énergie. Qui ne reçonuoit ici le langage 
d'un ministre de Buonaparte? C'est ainsi qu'il traituit 
{«vec la cour de Borne, et il avoit accoutumé sesagens 
il en user de même. Ces phrnses sont digues dç sa po^ , 
lice, et on peut , saQs iiijtistice, la soupçonner de les 
nvoii"" iosévées, Elle lies .à ptns d'une fois mises en pra- 



( 263 ) 

t^e; Mais un ëvèque ne peul être raisonnablemeilt àc- 
ousé de prendre ce Ion arrogant. Un évèque ne tnettroit 
pas tant d'empressement k £aivQ trembler le chef de TE- 
gliae. Il ne diroit pas qu'on a tort de négocier. Ce n'eat 
pas là le style du Roi très-cbrëtîen , ni de ses ministres. 
On trouve même ici une phrase qui décèle une autre. 
main« La lettre seroit d'avis que le fioi dit : Je peux 
Pancien Concordat, ou Je vais assembler le clergé dé^ 
mon royaume pour aviser aux moyens à prendre. CetXe 
menace est bien encora dans le ppolocofe du dernier 
gourernement.lVIais quel prélat s'exprimeroit ainsi , pré* 
cheroit la division, et censeilleroit au filsaïué de rÉgKse^ 
de prendre les mèiiies mesures qui ont si mal réussi à 
l'usurpateur? Quel ami delà paix que celui qui recom- 
mande la ténacité et l'énergie y qui veut qu'on fasse irem* 
h/er? Ce seroit un singulier négociateur que M. l'ëvèque 
d'Orthosie , s'il n'étoit clair que quelque hussard s'est ici 
oaché sous 9on manteau , et lui a prêté son ion mili- 
taire et ses forihes aussi peu diplomatiques que peu épis-v 
oopales, ; » 

V fl est encore pluskears traîu 4e cett€ lettre qui mât 
peA^kiies (Putt évêqueé lltY en a d'iiu4rë8 qui Mac-^^ 
'^«ustiint Ta malroe' des faiseurs; Paf «jceéafj^ , on- y Eût 
dire àii prélat : J'ai une concluité noble , mesurée et dis^ 
crête..!. Je Jouis d^une conmUratt0n méritée. Nous ud 
doutons point que M. l'évêque d'Orthosie ne se conduise 
ainsi, et ne soit considéré, comme il ie méi*ite; mais 
il âe lendit pi^obablement pas. C'est un ridicule. que sea 
ennemis ont voulu lui donner. 11 est fôcheux pour ce 
prélat que son nom se soit li*oaVé compromis. dans-oetto 
intrigue. Nous ne saroils s'il en est infstruit, dans Té- 
lojgnement oî!i ilne^ li^Ouve; mais nous pensons que , 
lorsqu'il l'apprendra^ il ne saùroit trop se hâter, de dé- 
savouer l'écrit dont le charge la malignité , et qui ait 
ftigeroit ses amis, s'ils pouvaient l'en croire auteur. 

Quant au fond de la lettre, c'esl-àrdire, aux négo«- 
cîaiions entre S. S. et le Roi^: nous ne pouvons dire 
ji«6qi«>'à quel point k yéL*ilé y tal altérée»- Il est po«^ 



sible que quelques détails îsoîeul exacts. AIais ddpms ce' 
temps la négociation a «ans doâte œnrcbe. Od répand* 
même q»(B des pas importai)» oht été fails récemm^oU 
Quelques. personnes s'ëtontieiit des dëiai3; mais né sont- 
iU pas inévitables dans un arrangement si important , 
et qui embrasse tant d'objets? Les transactions entre d« 
simples particuliers sont quelquefois si longues^ est*il 
surprenant que des affaires du plus haut intérêt pren» 
nent beaucoup de temps? Sans doute on îroil plus vite 
avec le sabre, comme c'ëloit la manière de Buonaparte. 
Mais quand on veut un trbité durable, on procède plus 
lentement. Ce qui se l'ait par la violence n'a qu'un terme 
fort*court. L'énergie, la menace, la peur sont des moyens 
de révolution et eont indignés de la sagesse d'un prince 
légitime» Les tyrans ne négocient pas parce qu'ils sont 
pressés, et parjoe qu'ils n'ont d^auti^e voie pour réussir 
que la force. Mais les rois sages mtirebenl avec, plus dé 
mataritë, pai^e qu'ils travaillent pour i'aveniri Con- 
fkm^-nout ucinc ^Jeinement danf la piété du Pontife et^ 
dans la religion du Monarque, et attendons uu heu<*<' 
rèvtx résultat, de leur a^e peur l'Eglise, ainsi que de 
la mii^émiion, de lapriytkiice^^ el de» soins de ceux 
qtt'Us ont charge de régler de' si grands intérêts. 



JVouVtLLEÔ EtttÉSI ASTIQUES. 

BoHil. Le 18 décembre, il y a eu conststoîk/e secret 
au QuirinaU S. S. y a préin>msé pour l'évèché d'0«* 
sifUo et Cingoli, CharIès*André Pelagallo, auditeur de 
la obambre apostolique; pOur révêché de Litomeritz, 
Joseph Hurdaiek, doyen de cette cathédrale; pour Ori* 
hutia , Simon Lopei^ , de l'Oratoire de Saint-Philippe de 
Neri.; pour. Albarazin, André Gaix^ia Palomarés, cha- 
pelain du monastère de Saint-Frahçojs de Saks à Ma« 
drid; pour Durango, au Mexique^ Jefau de Castiani.siiy 
recteur du collège de Sainl-lldefonse au Mexique; pour 
Panama > Joseph- Ignace-Duran Martel^ religieux de la 




( a65 ) 
Merci; pour Poiio-Ricço, Marieri-Rodrîguèsd'OImedo; 
pour At4gr^, daiw l'île Tercèi'e, l'évèqu^ de Malaccâ ; 
pour Çiucuyie, Jean-^Papl Woru»»iç;î, di>yeii de V^iiïTii-.. 
vie; pour les ^y èché$. in. pari ibasidti iielliduïde, deGeie». 
Yiiaaopoiis çt deTih^iiade, Danii»! Ostrùwtiki, chniipiuid' 
de.Gueslie, q;}i en st^ra M^fTragaut, Laurent dWntUtii, 
ci^aaoiae de .Palei'me, et Eliuuue Gusstouyl, ohanoiue 
de Strigonie.. 

r^iLiki 21 d^'cemb.re, le caidiiial Maltui, doyen du sa- 
cré collège, se rendit chez 8. S. (au lieu du cardinal» 
C^râcclolo, absent), accoispagné du cardinal della^o- 
magUa, préfet de* vils, de Ms»'. Sala, secrëlaire de iietle» 
cougrégalion,^ et de ^1ç^ Cavjtlii, promuleur de la tui, 
et^ ils soumirent ^ 3. S. ta qtieHion aaivî^nley relative à; 
la cagj^e d^, )a béatification d'Alphotise-Mane de jLigiiori , 
i^véqu^ de 3.;^i.nt.e-Agàiliïii des Got^, et fondateur de la! 
congrégation du Saint-Rédempteur : Après av^ir coii(^> 
talé les vertus du vénérable évêque, et àe^tx, niiriicles 
opérés pftf son iiitercepîïion , peut-ou procéder à sa béa-* 
t4li.c^ttou? Le saiut Père prononça aifirnVali veulent, et 
W d^^i*et • , été l'oadu eu conséquence. » 

:r-Lç Moniteur, de Paris 4i^, dans son numéro 3», 
que Je P, ITontan^ a envoyé en Espagne, au nom des. 
ordres qui suivent U règle de saint Doaiiiliqi^ ^t celle- 
dQ s4i/>t François^ des Mémoires ppur faire ponnpîti^ 
lie.d^ngOr de recevoir des Jésuites en ce royaume. Qui^ 
conque connoit la manièi^e de penser, le cai'actère et la 
iiiénle de ce âa^vant religieux , aura senti aidémeni U 
fausseté de cette nouvelle. Mais pour détroaiipev les au- 
tres, nous prévenons qu'il ne faut a|outev aucune foi. 
^ <*e bruit,. qui est une pure calomnie., 

Paris. La fête et l'octave de sainte Geneviève onl 
été célébrées, dans l'église de Saint- Etienne» du -Mont, 
où on ^ conserve le toml^eau de la sainte, La foule. 
Se'y. est portée chaque jour, et les paroisses de Paris 
s'y so/it rendues successivement. On y a vu surtoui 
beaucoup de gens des campagnes environnantes ^ qui- 
ot)t ^conservé l'antlquo dévotion pour la patronne de. 



( 266 ) 
Ptiris. Un grand exemple a prouve que celle 3évDlk>n 
subsiste encore dans le plus haut rang. Madame a vi- 
site le tombeau de la sainte; elle a voit fait dire* qu'elle 
ne vouloit aucHU app n cil , et ses intentions ont été r^* 
plies. S, A. B. s'est rendue à la chapelle de Satnte-Ge- 
novièvo, et y a fait sa prière. En sortant , elie^a invité 
M, le curë.à prier e^ à faire prier dans «on église pour 
le Boi. Nous en avons tous bien besoin^ a dit la pieu^ 
princesse. Elle a fait' renselire 5oo fr. pour les pauvres 
de la paroisse* ' 

- — Nous pouvons donner comme certain qae, sur la 
demande de Ms^ l'archevêque duc de Reims , pair de 
France, grand-aum6nier, M. dé l»Fare, ëvéque de 
r^ancy, premier aumônier de Madame, duchesse d'An- 
goulème , a été nommé adjoint à Tadministration (ks 
afihires ecclésiastiques, confiée à Ms^* TarehevÊque due 
de Beims., 

] Okiîèktus. On vient de terminer ici une mission doot 
le souvenir vivra long-^temps parnii nous. Elle a été failt 
par une société d'ecclésiastiques qui y ont montré une 
charité ardente eb on zèle infatigable. Leurs travaux n'ont 
point 'cessé pendant deux mots de séjfoury el paroû^aot 
«ifoir £iit dans Jitiétte villr tin ^^ é%tPé»rdhîéiré. Oti 
pourrait en jng^r par une sente oirconstanee. En arri- 
vant, ils avoient annoncé liis prenviei^s exercices* de la 
journée pour six heures du matin, et dans ces'deraiers 
temps, la place de la cathédrale était couverte dès trots 
heures et demie d'une multitude de personnes qui res- 
toient là, malgré la noit et la rigueur de la saison, et 
q^ni chatiloient des cantiques en attendant l'ouverture des 
portes vers quatre heures et demie. L'église étoit pleine en 
vk\ instant. Les gens de la campagne venoient xle trois et 
cjuatre heues, soit aux exercices du nrntin ,soit à cens 
du soir. Déplus, il y avoit souvent des discours^et des 
conférences dans d'autres églises de la ville; La semaine 
av^iiit Noël., on annonça une retraite pour les hotpinei' 
seuls à Saint^Pierre. L'affluence y a été tdleque IV^lisa 
étoil à peine; asse» grande 5' elle s*est soutenue de iné^ 



pendant les six jours de la retraite. Le plu» grnucl re^ 
cueiliement régnoit dans l'eiiceinle, et n'éloit interrompu 
que par le chant des prières et des'can tiques. Les mis-- 
sioiinaires pr^choient chaque jour, tantôt remuant les 
coeurs par la force de leurs discours, tantôt les tou* 
•chant pai: leur onction. Ils ont fait le renouvellement 
des vœux du baplèmey et une amende honorable au Saint* 
Sacrement pour les outrages commis pendant la révo* 
I^itioh. Plusieurs autres cërëmonies, ciSlëbrëes avec pompe j 
ont fait beaucoup d'impression. Le 5 janvier, la mission 
louchant a son terme, on a pl.inte, près Tëglise Saint* 
Pierre, la croix qui doit en perpétuer le souvenir. Elle 
y a ii\é porrëe proces^onnellement depuis la calhëdrale,. 
Tout le clergë, et même les fonelionnaires de la vilie^ 
put assisté o cette cérémonie, qui a duré quatre heu- 
res. Les rues ëloient tapissées comme le jour de la Fêle- 
Dieu. La garde nationale et la légion du département 
ëtoient sous les armes. Quatre-v^ingts p\irsoanes de toutes 
les classes, parmi lesquelles des chevaliers de Saint-Louis 
et des fonctionnaires, s'étokmt offertes pour porter la 
croix, et ëtoient divisée en cinq compagnies qui se re- 
lefoietit «iccçsfiivement. M» labbé Rai^xan a prononcé^ 
un discours ^oiogue^ la ^ircoostan^^^ voyani^ le^ 
drapeaux blancs., qui flottoient à toolaë le* fenêtres^ 
il en a pris occasion de montrer Tacoord intima qui 
existoil entre la religion et l'aiitoritë légitime, et a ter-' 
miné par les cris de f^ipe JÉSUS ! F'we le Roil^ qui 
ont été i^pétés sur-le<champ par toute la multitude; 
La croix a été ensuite plantée, et le cortège est relonroé 
à la cathédrale, où on a chanté le Te Deum et donné 
la bénédiction. On annonce le départ prochain des ir«is-* 
sionnaires* Il y a deux mois qu'ils sont parmi nous. 
Leur courage et leur ssèle sont digiies de tous les éloges^ 
çt ne paroissent pas avoir été peidiis. On dit qu'ils 6n( 
fait, beaucoup de bien, et on se flatte que 1^ eQets er¥ 
seront^ durables dans une ville qui comptoit déjà de 
beaux exemples de piété. Lesmissionnaires ronl, dit-on , 
fliierà Angers, où iIsfiOQt impatiemment attendus. Nous 



( 2B8 ) 

ne lés voyons pas partir 6)»tis de vi& regret», eï sans itnf 
jusîe recouuoUiiÂnce. 



NotJVKLLBS POLlTIQUKSi 

Paris. Le 6 lahvier, LL. AA. RR. Madame, duchesse 
tl'Angoulême, MowsiruR, ]Vf«'. le duc de Berry, et LL. AA. 
SS. M"**, la duchesse d*Orîëans , douairière , M"*, la duchesse 
de Bourbon , et M- le prince de Condé , ont âlrié avec S. M. 
On a tiré le gâteau des rois. Le sort a fait roi M. le pHncè de 
Condë, qui a choisi Madaote ponr reine. Aussitàt S. M. s'est 
levée, et, avéi; cette grâce q,ui raccompagne partout^ elle a 
porte la santé du roi et de la reine. 



•CHAMBRE DES DÉPUTés. 

La séance du 6 av oit été indiquée pour délibérer sur le 
projet d'amnistie. La chambre n'en avoit pas encore 'eu aiiî 
fussent aussi intéressantes et aussi animées. Les députés s é- 
toient réunis à onze heures , et M. Corbière , raj^orfeur de 
la commission, allôit prendre ta parole, lorsque l'on a fWit 
observer que beaucoMp de membres étoieot absens, et que la 
séance n'avoit été annqncée que pour midi. En conséquence ^ 
l'assemblée sVst décidée k suspendre quelque temps. A midi 
et demi, M. de Corbière est mmitéà la tribti^e. vous n'it- 
tcndèz pas de moi, a-t-il dit,' des vues nouvelles; je vais seu- 
lement résumeriez points principaux de la discussion. La com- 
mission a proposé plusieurs amendemens. Lé premier est de 
ne pas prononcer l'exil des trente-huit , et dé remettre leiir 
sort an Uoj. Nous devions nous attendre que cet article n'au-» 
roit point essuyé de contradictions ; mais tout est Hé dans 
nos ameudemens , et il règne upe parfaite unité de principes 
dans ce au'on appelle nos scrupules et nos rigueurs. Si nous 
avons établi des classes, c'est que nous avons craint de juger 
san^ pouvoirs, et de condamner sans procès. Ce ne sont pas 
les homnies, a-t-on dit, c'est la mesure seule qull faut con- 
sidérer, comme s'il étoit facile de séparer les hommes de la 
mesure. On nous a reproché la désignafion de certains genres 
de crimes. C'étojt, dit^^on , rétracter Hamnistie royale. Mai* 
la proclamation die Cambrai et l'ordonnance du 24 juillet ré- 
servent les poursuites légales , et c'est aussi ce que nous pro- 
posons. Le rapporteur justifie ensuite les diverà amendemcos^ 



( û69 ) 

piivttcle de» indemnités, et celui contrôles r«ég΀ÎdfS;."La qwej- 
tion la plus délicate , dit*il , est <{ue nous serions en oppcxs»^ 
tion avec la valontë du Roi. Mais toutes les fois que le Rot 
nous fait présenter un projet de loi, c'est aussi sa volonté , 
et cepondant il.ni^us'f^ permis <ie la^scatîr el de la contre- 
dire. C'est bien açsez "d'Avoir laclié de justifier les /motifs qui 
noyis ont p^ru nou« faire un dey-oir <^ou^o«r<?ïlxde suivre notrd 
conscience^ puisque nou^ n'avons pas été asses heureux pouv 
persuaderas Ipin^tres. 

.. Plusieurs vpi^ dçmaçdent l'impression de ccdiséowrs'; d'^n* 
tiees In i^oi^ibaUent. .MM, Clausel, Pardessus ^t Marcellus jm»'^ 
.lent dans le premier sens? MM, BelUrt,. dU Vergier et Pas-» 
Guieç-xlans le, ^ns contra ir(?. M^ Corhienr déclare que,. ^011 r 
faire' cesser cette ^iscu$8ion » il fera tnirprinler son discours à 
ses frafs.'Pn pi lojl* (procéder à la «lélibératisin ,- torsqîjé les mi*' 
pistrW'Ont den^dndé.qne la séance fôt su^ipendue iin instant. 
Alors MM. de Riçhaliev , d.e,Vàoiila#îc .et de Caae îKmttsortii 
. fie h 8alle», lUiisont.rfnti^és à deux bettes, et M., k drue deRiA 
çJielieu a prisla-paroj^i^- ... .. •• ' : •' • I 

. Nous» ayons ren^MiCeiai^te n S. M^.., ditril , de ccttb dt^u»* 
^jk)n oii tant de b^nne.foi s'^lje •«JantVlej^iasentiment, *ft «il 
iaçt, di'amoiir de -la juslico se iihêie à tant d<^ vénctaAiOki». -poîftT 
la vcléfne^çe fJur.Rpj, ïoncîiéB des lionoral^les «orumilea qui 
fpntçroiro k i^\^9i^^'r^ d'entrfe ¥t>ws qjï'iUjioni appelés k.jnctc 
des hppanies ^éj^il frijl^^és f<^ç li»t pcwifcbir «^ue la néces^tëlui 
déféra^ B.. Mt'^n^^t^fi i^sore^ ^an$ j'arbcle. 3 ki facdté de 
bannir.i >'4f :n6iysQni p^ftL^radtNil <d«yai«l; les pfibfanwx^ h$ 
jtreote:^)! uit ;rndiv{idus compnis d<»iisi la i^eoéoda liatt^< : Le iloi 
awrouvf. ja .nouftetl^ DédaÎQtion de i'ar(icte;4» rdkalif a la fn» 
nulle de l'^â^ifpalfHir, Ce^njb les senisafR^ndeméiàts Auitqiwls 
Je Bpi noifi a chargés dé donner. soïi'assetEdii^n/. Cé;seroit 
pins qn'nser de 1# l^ctikécl'afhiend^r .^uje^dts changer i'«co** 
jaoïnie d'une loi* G'eftt un projet de lot,qrtti vous est présenté; 
mais c'est au«si un. acte 4e soâ^i*a4âèléi Voui aveî tons ret 
i;onniUf;qufe }^ 4^oit d'ainmstic eftt .nnjdw attributs dâ .pou- 
.Vioii: ,r«>ynl^,«çl,,tetJEU)i. a voulu doaoerîpliis de solennité à cet 
âptp en yo^as yràs^o^anty.Des ^ranç^ /pcfitaoroidit^ils l'hon* 
J;l^nr df ptao-tager k.«lé«»en^& de Ie4ir Roi:? Le snÂnistpe ^'snc* 
.cessivem;en«t «eoml^j^tin les' divers aaien3emens,'ks tndemni<» 
lés, la utespre contre ks régicides.- Qu'il me soit pwmis eA 
ivgi Jusant ., ra-t'>il dit, de vous conjurer, Messieurs, de "ne pa# 
«<Miffrii:.<|«i'une.Ui;ti!e,|pràce devi^ne une cause de discorde «i 



et pour emprunter vas propres eitpressioils , faites qu*apred 
le aéingede maux qui ont inondé notre malheureuse France y 
cette loi apparoisse sur notre horizon politique comme un si* 
gne de réconciliation et de saint pour tous les François. 

M. le président'fait nn court résumé des amendemens pro-« 
posés, çn regrettant que dans des débats sur une lof de grâce 
les opinions aient été si fort partagées et sur le nombre des 
coupables 9 et sur la hatUfie des peines. II parle entr'autres de 
la mesure proposée contre ces hommes contre lesquels la nc^ 
turc se soyJève, et que le ciel semble cependant vouloir pro^ 
téger par la main de deux rois, puisque nos pères apjpeloieni 
les rois l'image de Dieu sur la terre» 

On arrête qtie Ton commencera par voter sur le projet de* 
ministres, et que Von ^nira par celui de la commission. M. de 
Kergorlai demande la parole; on veut la lui refuser. Il parle 
ait milieu du bruit, et se plaint qu'on tend la chambre sim-» 
plei&ent consultative , de législative qu'elle étoit. Il descend 
de la tribune. M. de Bonald veut qu'on spédfie que le Roi 
pourra prendre d'autres mesures si les circonstances Texigei^, 
M. de Darente répond que cette faculté est dans la chartre. 
Ces propositions sont écartées par ia t[(iestfOn préalable. Od 
procède à la délibération sur le projet des niinistres; les ^r 
ticies I et 2 sont adoptés. M. de Ronclierolles reproduit son . 
amendement sur r«rt. 3. M. le due de Richelieu annoncé que 
c'est précisément fa rédàetictf approuvée par j5. M v Elfe e^^.. 
adonlée. Les articliea4et S pÎEiâ^nt %alément. lit. deTrinr 
queJague propcisè iine nlouvelle' rédàclidn de l'articie 6. f! 
craint qu'on n eii abuse contre les royalistes du midi. MM. Serre 
et Try s'opposent ii ce changement. M'. Hi^de dé Neuville de^ 
man^ si on vent aussi amnistier les assassins àë^ prêtres qui 
ont été immolé dans le midi. M. de Gaze répond que l'am- 
nistie ne porte que sur les crimes rêlatifis à ta rébellion et à 
l'usurpation de Duonaparte. L'article de M. de Trtnquelague 
est rejeté, et le projet de loi des ministres adopté. 

M. le président Itt le premier des amendenkens de la coin-^ 
mission, qui étaUit plusieurs classes ^e coupaMea. La ques- 
tion préalable est invoquée , et mise âUx voit. Les épreuves 
étant douteuses, on procède à l'apjN^l nominal Le tioinbire 
des votans est de SSg; il j a 184 voix pour la question préa- 
lable, et 175 contre. Ainsi les cathégories sont rejetées à la 
•majorité de 9 voix seulement. On passe au second amende* 
«tcnt r^atif aux indemnité». M^ CUu;»«l deCçuss^rgues parlé 



rt cet amendement, et est fréquemment înf^ïrompu par - 
murmures. M.. Bellart s'étonne que Ton parle contre une 
disposition de la chartre. M. Cornet dlncourt proposé une 
autre rédaction. La question préalable. est mise aux voix,, et 
rejetée à une foibie majorité. Plusieurs réclament Tappel nc^ 
mmai. Le président remarque qu*on ne doit point suspecter 
la bonne foi du bureau, qui a vu d'une manière unanime. 
M. de Kergorlai demande que la bonne foi du bureau, dont 
il est lui-même, soit suspectée. La discussion continue. Plu* 
sieurs membres parlent contre l'amendement, et M. de Yau- 
blanc les appuie. L'amendement, mis de nouveau aux voix, 
est rejeté à une majorité qui n'est point douteuse. On passe 
•u dernier amendement sur les régicides. M. de Bethisy est 
»eul entendu. Il parle avec chaleur pour l'amendement, et 
contre les auteurs d'un crime odieuse. Il s'objecte la clémence 
du Roi. Laissons lui, <Vt-il, ce. beau titre de clément; mais 
nous, chargeons -nous de la justice. Il doit nou^ en coûter 
beaucoup d être un instant en opposition avec lui, a nous qui 
avons tout sacrifié pour le servir. Mais , comme ces bons 
Tendéeni, au milieu de la persécution et du carpage, nous- 
nous écrierons , dans leur langage simple , mais expressif: f'i^e 
le Roi, quand même! ^ 

Ce discours a été entendu avec. un vif intérêt, et le dis- 
sentiment qui avoit régné pendant la discussion précédente? , 
cessant tout à coup, tous les 'députes se . levant à laJToi.s 
ndbpteùt Fainendement au mffj|eu des cris de /^/«e le /jp//. ^ 
LVuthousiasme se communiqué ^aùx tribun^s^ et des applaun ,:. 
dissemens retentissent dans toute 1^ salle. On se rapp^loit 
sans douté' que cet été encore cette même enceinte avoit 
retenti des cris forcenés de ces mêmes hommes qui avoient 
condamné leur Ror, et qui en proscrivoient un autre. Les 
voilà bannis par la voix aes députés.. Le président annonqe 
qu^il est obligé de faire la contre épreuve. Sur la négative,, 
-troiiô députés seulement se lèvent, en disant : Cest par res» 
pect pour le Roi, On va au scrutin sur Tensemble de la lof, 
€^\ est adoptée par 334 voix contre 82. La séance est levée à 
MX heures. 

Voici le texte des articles adoptés : 

Art. !«'. Amnistie pleine et entière est accordée à tous ceux 
'qui', directement ou indirectement , ont pris part à la rebel- 
*lion et à l'usurpation de Napoléon Buônaparte ; sauf les ex- . 
ceptions ci^apràs : ' , 



( 272 ) 

2. Uordotinance on 24 juillet contfiia^ra a être cxcctitrfc 
• à Tffgard ties individus compris dana Fart. ^•^ de cette ordon- 
•nance. 

3. Le Roi pourra, dans Tespace de deux mois, k dater dte 
. ]a promulgation de la présente loi , éloigner de la France ceaic 

des indi\icJus compris dans Tart 2 de ladite ordonnance ^/V/ 
j- maintiendra, et qui n'a«ront pas c(c traduits devant les tri- 
bunaux. Dans ce cas, ils sortiront de France dans le délai qui 
Jenr sera fixé, et n'y rentreront pas sans Tantonsation ex- 
presse de S. M. , sous peine de déportation. Le Roi pourra 
pai-eiliemeitt les priver de tous biens et pensions àenx concé- 
«dés â titre gratuit. 

4- Les ascendans et descendàns de Napoléon Bnona^ 
parte , ses oncles et hei tantes , ses neveux et ses nitces , 
ses frères, leurs fetfimes et leurs descendams, ses sœurs et 
leurs maris, sont exclus du royauif^e à perpétuité, et sent 
tenus d'en sortir dans le délai d'un mois, sons la peine portée 
par l'art. 91 du Code pénal. U^ ne pourront y jouir d'au- 
cuns droits civils , y posséder aucuns biens , titres , pensions 
à eux accordés à litre gratuit, et ils seront tenus de vendre, 
dans le délai de six mois, les bien^ de toute nqlure qu'ils' pos- 
sédoient à titres onéreux. 

5. La présente amnistie n'est pas applicable aux person- 
nes contre lesquelles ont été dirigées des poursuites , au 

.sont intervenus des ju^emens avant la f>romu)gation de la 
présente \o\^ les poursuites seront continuées, et les pigemens 
seront exécutés conformément aux lois. 

6. Ne sont point . compris dans la présente j^mnistie, les 
crimes ou délits coJUre ùs partiauUers , k quelque épofoe 
qu'ils aient été commis; les personnes qui s'en seroient i^e»*- 

.(dues coupables pourront: être poiit-suivies conformÀxient aux 
lois. 

7. Ceux des régicides qui» au mépris d'une clémence pres- 
que sans bprn^» ont vote pour l'acte a^dditioanel , ou acceplé 
des fonctions ou emplois de l'usurpateur , let qui par-là se soat 
déclarés ennemis irréconciliables de la France et du gouver- 
nement légitime , sont e^xcluS à perpétuité du royaume, et, 
^ut tenus d'en SM*4.ir dans le délai d'un mois , sons la peine 

.portée par Fart. 33 ^41 Code pénal; ils ne pourront y jouir 
d'aucuns droits civils, y posséder auc^uns biens, titres ni pen- 
sions à eux concédés à titre gratuit. 



(Samedi iG jarn^ier ièi6.) (N^ 149.) 



tJoNsïDÉiiJTipNs sur fêtai actuel de la religion catho^ 
liqué en France , et sur la nécessite et les moyens 

* de là rétablir', par M. Tablée Cotlret, professeur de 
la faculté de théologie, chanoine de faris., vicaire 
général de Goutances, elc; (t). 

SÊCÔ^t) ARTICLE. 

» » . ♦ • . • ' i î l 

A^RÈS avoir |>eihi )a situation a/ctuellë de la Religion 
et du cîei^'é de France , ou plptot après avoir ]pré- 
%enté seulement quelques parties d'uù laMeau (fié 
M. Cotirei n'a psrs vouhi raootrer dan^ àôn ehs^mble^ 
sans doute pour ne pas trop nous ^ffligèi* t[ar'iin si 
iriste-^èctade , il arrive an, lùoyeti de rëtan'lii* là rc^ 
ligion; et dé dévoit être là, ce' seifiblé', Itf jiirfftieitt 
plus intéressante àé sa brôçfcurè. C'etoit dti înoins 
telle que nous lioui sonnriesi etnp^ssiés de fir^ itecflé 
plus de durîosité, dans respërancé d'y trouVéi^ des vuei 
l^rofondéméût àiéditees et sagethçnt cdnibînééÀ pou^ 
la restafuratiim dé l'église de France'. Nou^ notisy at-t 
tendions d'autant p|us que Tauteur nous aUnonçé içi'il 
à sotivebl inédite sur fce sUjèt. Nous n'oïoniWe' que 
Éious avohns été trompés dâni notVe attenté'. Il jf tcét-^ 
tainemént dané cette pai'tïe, côtiime dànVlal |)réçé- 
dente^ des vues droites çt dés vœux louables /mads.eit 
Ihéme t<hnps, îl faut lavouîer, peu de suite et d*cn-4 
, ' ,. , S' . ■ , ' 

(i) 1 vol. m-8*. ; prix, 2 fr. 5o cent, et 3 fr. franc de jport. 
A Paris, (Je rîiDprimerié de BeHii, rue des MatKurins SalnK 
iàoqiïes. ' ' : ^i' • = ' J ^-"i ■ 

i Toniê VL Jjjàmi de ta HèkgiQm etduIiQi. ^ ^ 



semble, quelque chose de haché el d'incomplel. Rien 
n'est approfondi et développé. Nous n'énonçons^ ce 
jugement qu'avec une eitréme timidité ^ cortiine il con- 
vient quand on jest obligé de contredire un docteur, 
et nous sommes portés à croire que ses nombreuse*,, 
occupations seules ne lui ont pas permU de digérer 
et dé'irtârir davantage ses plans pour le bien , et de 
rendre sa brochure plus digne du publie et de lui. 

M. Coltrel parle peu du cîçrgQ dii second ordre. 
11 ne dit rien sur la théologie, (juoiqu'on eut pu. es- 
pérer d'uft professeur de ceuç science quelques vues 
sur un sujet qui rentroil dançt son domaine. !{ ae,di| 
rien des écoles ecclésiastiques, de la mauièi*e^ de les 
diriger,^ des éludes et de la.dibscipUne quil convient 
il'y cuivre,, qu^oiquil §e retrouvai,. enàore Jà sur son 
terraidvU pQSe, à la fin de son ouvrage, uue^'rie d» 
qpiesU9i|s, et il ne les ré^qt. pas. Si c'est n^odestie^ 
tuous oserons nous en plaindre à l'aufeior.^ ex il nous 
paroU^cptaprjès nou« avoir annoncé les moyens ^aré- 
tablir tf religion ^' c'est tromper crueljeiuent i^atçeat- 
tepte gjiç ae uou^ bisser à moitié; chemin, et d^ n» 
pas nous conduire jusqu'au^ but où'OOKiâ^ef^éàons ar- 
yiyef Avec un si bon. guide. - . . 

,. jMjgiis^.siM. Cottret- p^rle.peudtî second ordre, il 
piÇ laritrpoiat.sur, Icpremier. Il a. extrêmement à 
cœjw:.,q\ie les; évêq^es soient ce q^'il^,. doivent ^être^ 
et en cela il a pjarfaitemmit raison | çj^r. cç sont eux 
qui'Conli:ibqeronl le plus efficacement à la r^taura- 
tion de la religion, et leur zèle et Jeuvs exemples sont 
le hioyen'lê plus ptiissani qqe Dieu tient en. réserve 
pour rarmer lin ofergé'pieiix.et iï^fï^ri^it,^ pwr édifiet* 
lè troupeau, rétablir la discipline, et rendre à llEglise 
>isi ^)reiiiiériivî«luifssai3t î^i .1^ parole é9^angélîi|ue sa 



(^75) 
pretïûère vertu. M. Coitrel dit ici de fort bell^s choses 
sdr la modestie et la fniiçalit^ des évêques. il redoute 
extrêiôénieiît pour eui Ja tentation des richesses et 
les dangers d'une trop grande opulence , et il ne veut 

{>oiiit qu'ils brillent d'un autre <?clat t|ue de celui de 
eurs vertus. Cependant puisqu'il souhaiteroit' voir re- 
vivre l& ekrgé pieux du temps de Loats XIII y et le 
clergé suivant et honoré du temps de Louis XI F', il dc- 
vroit se l'appeler que ce cierge joignoit à l'éclat de 
ses vertus d'autres avantages; ce qui j'wouve qu'il n'est 

Eas ab^himent néc^^ssaire de réduire les évéqùes à la 
esace pour qu'ifs aient une conduite et des qualités 
dignes de leur caractère. 

On parlpit beaucoup, an commencement de la ré- 
volution, des richesses du clergé, et de Ja nécessité 
de reveutr à h prbnitive Eglise! On répétoit qu'il fal- 
loit faire- révivre les évêqùes du 5*. siècle, ou, ce 
fjui eût été' plus parfait encore > ceux du i^^. Et en 
^ffei, à fàifx de nous reporter aux temps ^anciens , 
on est parvebu 'assez bien à- faire des coiffessèurs et 
dtw martyrs/ Ces ihaxitues si rebattues sur Je danger 
des richesses 'ne sont plus gué^é de saison aujour-^ 
d'hui que le dergé n'a plus rien f elles le sont d'âu-^ 
tant tiidins qu'il n'y a pas d^aj^p^renee qu'on rende 
les évéqms trop riches. 'L^^état du trésor, et peutnêtre 
les dispositions des esprits s'oppèseroiebt égalen^ent à 
be'qu'dn lit déR<;0Dcesiaon^ ^pgénéreuses au cleigé ; 
dû Saura bieh , sans qûHl 'ait besoin de le 'prêiiher, 
tut prouver qu'il faut aser i son égard de la^ plias stricte 
«économie ; let que la gloire de Dieu et l'édiftcatioù de 
TEglise demandent qu'it reste pauvre, et qu'il ne soit 
riche que? tfe ^es seules' vertus. 
' Jbts temmHàfi M. GottrêtHK>ât doM un jpett eia--^ 

» 2 



gérées > ël ses conseils se rapportent à des temps dov4 
nous sommes déjà bien loia. 11 trouve qu'un ëvéïfiie 
fivec 2 ou 3 mille écus seioit dans un élat d opulence 
relative; ce qui n'est pas trop généreux ^ surtout de Id 
pE|rt d'un homme qui par ses places réunit k peu jarès 
le même traitement. Crain^lr oit-il donc q^^ les évê- 
€|îues ne fassent plus riches que lui? Il e^tméme ici 
en cointradiction avec Jiui-méme^ Car il remarque fort 
bien que le dénuement où on a laissé le clergé est 
une des causas du peu de considératioiaCdont il jouit; 
dope pour lui rendre de la con^idériitioni^ il &iulroit 
Je faire soi^tir de cet ^t de jnéUipçrîte. Q^e fera un 
évéqué avec 2 mille écus dws }st plus petite villq 
lie France ? Il trouvera , dit M. Cottret , des rt^qurces 
dans la chailté des fidèleii. Mais, ne vai^t-i^ pas iï^.ie|2}^ 
qu'il les poise dans son. propre fondai j^ xi'esirce .pa« 
lui pterja faculté dé faire beaucoup /di5 bieu,.^e,ci!er 
l'obligée à recourir, à tout iustwt à d'ai|tre^^ .. . , . 
^ . A eei^yeub sin^uljier de i;é]taj)ïir le (^ft^Ut et j'ip- 
fluentce^es évêquès:^ M* O^ttre* fa joi^t .d'autres suiç 
lesquels il notis, peftmpttr^ de voir autrepBçnt que luîr^ 
Djq afvoit jugé a^z générfilçment qu^. (^ j4^|C, cir- 
conscriptions dîes diocèse^j^ ràncieiane.et la nouveÙe, 
l'uïje.éloit trop nombreuse et tjropJn|éî{f^te, et'i'auirq 
beaucoup trop re&serréjej:e^qjiÇjle !^ipù dfs l'jpgiise 
^q^i^uderoiti q^'on prit \m cp^y/ep ^éjrn^^: ï-aul^iuir 
iifi^st.pas de cet avis. Loin dje .ti:ou]iier; gu'ili^. eut ajur 
^ibj§ trop; d'évechés^^ il pieuse qu'il n'y ^en^avoit ^oiut 
âsse2>ji et.ii voyâdi;ojk qu'otï s'oecupat plus .^e, j^é/i^ aug- 
me|il€fr qae de Jes réi}uifie..AinS|i^.dân^'ee. système^ 
<fH.rétabiiroit.des éveph^s; à» i^tidi, qui .n^'av^oie^t ^qip^ 
vingt ou trente J^aroiss^. A.qomhien. ^i^M^^jénieus 
iitt#. j^^UI^ x^eaure..!^ a^roitreUe pi^3>ujifi^«^l.Iijy a 



(;^77 ) 
toîlepeiiie* vilïe qui avoit autrefois un évécl)fé,^l oh 
peai-eire il reste à peine. uûe église et un cure* Oit 
prendroit-on là de quoi former un chapitre? ou 
}o{^eroitr-OQ l'évêque et les ebanoines? .coi^dm^nt 
crëeroit-on un séminaire? Je suis persuadé qu'il y u 
quelques-uns de ces anciens diocèses qui ne fourni-r 
roient pas dix prêtres, et c'est avec de tels- élémen» 
qu'on voudrôit rétablir Un tioûteau siège. DeS'é^éché^ 
si petite, non-seulement ne^éont pa$ nécessaires, ma» 
seroient presque ridicules. Us seroient nécess^trement 
dépourvus des établissémens qui maintiennent ladis^ 
cipline. 11 en seroit de ces diocèses comme des mo- 
nastères trop peu nombreux, où la règle n'étoit ja- 
mais bien observée. Encore fg^ut-il qu'un évéque ait 
un clergé. J'ajouterai que dans ces petites ailles l'évè* 
"(que ne trouveroii aucune ressource dans la èharita 
des fidèles, lés fortunes y étant ordinairement ass43» 
restreinte^. Enfin, ce seroit charger le trésor royal 
d'une a^gi^ibrie dépense dans le moment précisément 
'ot'i'on' a le *pluè besoin d'éco^mie. 11 i^ f^ut j>oint 
comparer lés temps présens à d«s temps d'abondance 
et dë'prosp^iité. Les années de famine sont venues.* 
Un évéque bien doté vivifipit autrefois un ï>dys;* au- 
jourd'hui il aura plus besoin de recevoir qu'il ne pourra 
donner. Il' faudra entretenir la cathédrale, ie* chapi- 
tre, le séminaire^ l'administration diocéêame.Ën on 
Diot, on aura un état-major auquel il i^e manquera 
que des soldats; ^ • . 

- En général, M. l'abbé Cottret, nous^mous plaisons 
k le dire, paroît animé dei meilleures internions. Il- 
montre, non pas seulement du respect pour la reli-* 
gion,*ce ne seroit pas un titre d'éloge pourvu ecclé-- 
âûistique^ mais du zèle p(^P te ^oir refleurir^ Si SQU§ 



n'approuvons pas toiue9jes vues Cju'it propose à cel 
égard 9 nous n'en rendons pas moins justice à J'esprît 
qui Tanime. 11 s'explique partout comme un pré(r<i 
qui, aime TEgUse, et qui a à cœur de la voir sortir dé 
cet état de langueur et de ruines où elle gémit. Il est 
respectueux envers rautorité^ et ne s'écarte point des 
égards quil doit aui supérieurs ecclésiastiques. II y a 
pourtant un passage. singulier dans sa brochure^ el 
qui 9 se trouvant précii^ément à la fin, marque da- 
vantage, par ^ela seul , et laisse dans l'esprit une im« 
prjessioD pénible. L'$iu-eur s'exprime aiôsi : Je dois 
pré^nir d'une chose , ifui ne peut être impunémfint ou^ 
bliee.dàn^ la réorganisation du clergé; cest qufi cette 
sotte d*érmncipation y qui iest opérée dans les esprits 
dopuis vingts cinq ans, n^st pas tout^-à-^fait étrangère 
eux ministres des autels* Cette émancipation nous porte 
à juger, avec rigueur les hommes et les choses, eé sur^ 
tout Jes, personnages qui nous sont prépo^és^ J^tle accou" 
tump aune indépendance indwii^ue^Je qui-lfh^ dahà "^ 
ViàolemetA et dans une espèce d^ abandon tes ^ autorités^ 
que, dans d^auXres temps ^ on eût environnées d'éganis 
et dp soins, quelle queJtH l'idée quon eûtpui' en ài^oir. 
C'est cette raison qui m'a porté à insister sur les qua^ ^ 
Utéti nécessaires aux évéques d aujourd'hui. Le cieboe 

9U SMCOWi) OUSiBB ifM .CÉPBJU Qv'jl LÂSCENDÂNT VD rBJi 

MÉBirs* Le commeoQsment de cette tirade poùvoit 
encore, laisser douter ai M, Cottret.approuvoit cette 
émancipation et cette indépendance habitueUe dés mi-* 
mstres des,au$els^ mais .sa dernière phrase fixé le sent 
de ce laorceau. U étoit difficile de diro plus claire* 
ment aux évéqaes^ qu'ils deyoient prendre garde à 
eât'y:«tMqtie. le clergé létpit dépidé à. ne céder qaà 
tasçendani du vrai mérite^ Ce vrai méHte, ce seront 



( ^79 î 
s«as dotil« les inféneurs qui en seront juge^. Uénum^ 
eipation est un peu forte, et cetjle indépendance indi^ 
uiduelle prépareroit de irisies jours à l'Eglise, si elle 
étoitune fois enracinée. Le moindre séminariste, re-' 
pris par son supérieur, se rédresserbit pour lui déélaw 
rer qaH ne cédera quau vrai mérite, M. Cottret nVût 
pas sans doute trouvé la décldraiion respectueuse et 
polie , et peul-4lre eiir-il chas^ le petit émancipé^ 
Siim ce qui seroii irrévéreot envers un supérieur d« 
sémÙLiaire, le seroit-il n^oiu^ envers un évêque, et 
ne seroit-ce pas un présage d'anarchie , si le sin^ple 
prêtre se prétcndolt aùton<>é à ne céder guàu ^raimé* 
rite, ou à ce qu'il jugeroit tel? Nous devdns croire 
que M. Cottret ne l'a pas entendu ainsi, et qu'il sent 
fort bien, quoiqu'il ne l'ait pafs'dit, qu^un des pldâ 
puissàns moyens de rétablir là religion est 'la sunor* 
dînation, la discipliné et le respect pdur rautofité.* 
Peut-être pourtant n'eût-iï pa!» élé inutile d'insister ùh 
pen^ur ce point , et ^aprês avoir môturé tant dé zèle 
pour mprigéner les (Jvêques, tfen montrer tin peii' 
aussi po«r prêclier lé clergé dti second twdi^; et dé' 
â^éle ver surtout contre eétte émancipatùon e^ cette iW 
dépendance ihâividueUe i qui ne iseroient pas un dë^ 
inoindres maux de F Eglise? - 

Pour résumer ce qtié nows -avons à dire sur cette- 
brochure, nous aurions vonl» pouvoir là louer sao» 
«çstriction, et témoigner à Fàtiteur notre estime en 
souscrivant a toutes ses vues. Mais nous n'avons pu' 
nous dispenser de relever cç qu'il y a dinexact ou 
de hasardé dans cet écrit. L'empreinte de la rapidité 
du travail s'y fait t'rop sentir. Ohy court «d'objetà eé 
..objets, on effleure les matières. Point de siiité^ dé- 
liaison et d'ensemble. Le style mêmen^y esï pas au^éF 



C^So) 

spigoé qn ou devoit 1 aiiéudre d un lltiér^Teap éxerei 
et attaché long -temps à la rédaciioD d'un journal y 
EnQu, c'est un ouyr^gè croqué, et on serbit tenté de 
oronge que M.. Cpttrcit n^a) voulu faire qu un canevas» 
qu'il s^.prqposoit peut-être de remplir dans un aoire 
temps. S'il développe \m peu plus ses vues, s'il des^ 
jcend dans les détails, alors sa brochure pourra être 
utile j telle qu'elle est, elle apportera peu de lu- 
"loières ppur Ijb ^établissement dé l'Eglise , et sera 
4'un iôîbie secours ^ ceux qui sont ^ppelé^ à lu rele- 
ver de se^ ruines. 

. Comme nou^ finissions cet article, nous avons va 
un numéro d'i|JD ouvrage périodique, oà M, l'abbé. 
Cottret et son écrit paroisseot peu ménagés. Là^^ 
on lui reproche d'être trop favorable au Concordat , 
t^ndis que d'autres l'ont accusé du défaut contraire; 
c'est joi^ de malheur. Daqs 1|^ même ouvrage, on- 
rappelle, avec quelque malice, un discours prononcé 
à Notre-Dame par IV^. Cottret, et on en cjtedes pas-* 
^ges, qui ne so/it pf^s plus fdrts que^4i|nt d'umrei^^ 
qu'on e^Cendoit ou qv^pn Jisoit à cette épeq^ie» Noua, 
PC serons pas aussi indiscrets que le critique, ei nous 
ce réveillerons pas d^s souvepirs désobligeans. Nou's. 
dirons même, en finissant, que la brochure actuelle 
de M. Cottret {inpctnc^ \in vif attachement poùr.la cause 
rjPy^e, et up gfand ?èle pour la soutenir, M. ; 



NptJyELLES BCÇLÉSI ASTIQUES. 

BoME. On mande d^Espagtie.qvie l'arrivée do» Jffsuifeii 
f»oinp<»sant 1^ coipmission générale de l'ordre y a fait* 
^m grapd^ sensation* A Yaleaçe;^ l'ârçhevëque> qai es\. 



4^ l'ordre des Bënëdictinç, a été aa-devant d'eux, le» 
A fait monter dans son caiTOsse, et les a conduits à soa 
palais, Le capitaine géqéral est venu les visiter. IlsonJ^ 
dû arriver à Madrid le li nover^bre• 

«— Uqe nouvelle fait beaucoup parler ici; c-'esi le mar'. 
riage du i|lsdtt prince Gabrielli $vec la fille d'un.prince» 
de nouvelle fabrique y qui a joué. Tannée dernière, ua. 
rôle asses} peu honorable et assez imprudent* On dit que 
le cardinal Gabrielli ^st fort ipécooient de cette alliance. 

— On prépare au Quiriiial des appartemens pour 
S. M. l'empereur d'Autriche, qui est, dit*on, attendu 
à Borne yers la mi-carême. 

-T^ La catastrophe de Murât à Pizzo paroit un coup de' 
la Providence. Il se proposoit de débarquer à Saiernej* 
où il avoit des intelligences parmi la troupe qui avoit 
servi sous lui. Mais une tempête l'éloigna de celte parV 
lie de la côte, et le décida à descendre à Pizzo, oà il 
n'y avoit que des ti*oupes qui avoient suivi le roi en* 
Sicile. . ' . 

Paris. L'hôpital royal des Quinze- Vingts, dpnt le 
^onvernen^ent atoit toujours appartenu depuis so^j ori- 
gine aux grands^umôniers de France, subit k l'époque 
de la ^évolution le sort de tous tes établissemens royaux. 
La chapelle a servi depuis ce temps aux offices d'une 
succursale. Dès l'année dernière , lorsque la France 
&]t rentrée sous raulorité de ses Rois légitimes, le Bûi, 
après avoir pourvu par sa munificence ato: besoins tem?) 
porels de cet établissement, fondé par un de ses plus 
illustres ancêtres ^ désira y voir rétablir les anciens ré* 
glemens. £a conséquence, Mi»r, le grand-aumônier de 
France a'non^mé un chevecier et plusieurs ecclésiasti- 
ques chargés du service spécial de cette maison , et a 
rétabli l'ancien usage de prêcher dans la chapelle les. 
stations de l'A vent et du Carême, qui devront Têtre, 
Tannée suivante, à la cour. Le ii janvier, M. l'abbé de^ 
Puelex), vicaire-générfil de la grapde-aumqnerie, a iqs- 



^-» 



(28.) 

tallé, comme cîievecier, M. Tabbë le Mercîcr, ancîea 
ducleur en théologie de Paris, et curé de Chambly. Tous 
}es aveugles étoient présent. M. Fabbë de Quelen a ra|.- 
pelé les bon lés du Boi sur celte maison , dans une coUile 
tahortation pleine d'onction et de noblesse. On a paru 
aussi vivement allendri par le discoot^ dé M. Talibé Je 
Mercier* Une messe eii inustqtie a élé exéculée par tes 
aveugles: de. la maison. On y a entendu >l€ beau f^U*ai 
Rexy de M, Tabbé Boee, ainsi que pltMieurs motets 
cju'ilarcompofés pour celle^rémoriie.MM. 1«b vieaires- 
généraux de Paris nyant dt^oiftodé à Ms'.>le grand-iapmo- 
liier que l'on continuai provisoii^eœ^ial Tollice paroissial 
daqiK^a chapelle , un règlement , donné par Me^ le grand- 
dunionier y et revêtu de l'attache de l'autoi-ité diocésaine^ 
fixe les droits du. clergé de l'une et l'autre juridictioo, 
el le temps réservé pour leur» différais offices;. 

-*- Un MarideHieut (i) de MM.ies vioaii^fS^BérauK» 
4u 9 janvier, dinionne que le service aoiiivn»aire pour 
la mort de Louis XV [ bera célébré, cette- aniiëe^ le sa- 
medi 20 janvier, et que le Testament de ceprince sera lu 
dani^ toutes les égh'ses, à la place de touf autre dt«c<mrâ« 

-^ 0â journal annonce que M. le baron do Céramb, 
cbamtitelian de l'empereur d'Autriche, ôsl arrivé à Laval 

Four se rendre au monastère des Tralpâ^ établi depuis 
aanée derxjière près.œtle ville. 
CosNEv Puisque Ton a parlé d'un euré de cette vîHe 
qui a abuiM' àt son ministère pOur favoriser i'illégiti- 
mité, il convient de parler aussi d^un pasteur qui a 
donné des exemples bien différens. M. le curé actuel de 
Cosne , qui l'étoit alors de Lorgnes , fut déiioticé , près U 
<ra mars^ pour n'avoir pas voulu chanter le Te Deumi^ 
l'arrivée de Buonaparte. Un autre cas plus grave encore 
donna lieu à une seconde dénonciation. Le jour de la 
Fête-Dieu , quelques jeunes buonaparlistes formèrent le 

(i)- Se inmTe au bureau da Journal *, prix » $b ^mU 



( 285 ) 
projet dVntonner eux-mêmes, à la mé^.<6, h prîèw ponr 
Btionaparte. Le curé, qui en fut crverli , annonça qu**il 
ne diroit pas la messe si on ne Jiâ prometloil d'empê- 
cher l'exécution de ce projet. On le lui promit en ef- 
fet , mais on ire lui tint point parole. Après la commu- 
nion, ies troia buonaparti&les entontièient la prière. Le 
curé les arrêta au pi^emier mot, et sa fermeté les dé^ 
concerta telimnent qti^'ls sortirent aussitôt de l'égti«e. Il 
devoit s'atiendi^e à tout après un tel iicte de vigueur. 
Bn effet, le sou^* préfet dô C. vint quelques jours après 
à Lormesy à deux heures du matin, avec des^omme^ 
armés. Il investit la maison du curé, qui, avec moîn» 
de résignation, eût pu profiter des dispositions de «^ 
paroissiens, pulir repou^iser les satellites' de lu tyrîuinie, 
et qui »e laissa emmener, au milieu des cris et ûi^ mvtr* 
mures de plus de deux cénl» personnes. Arrivé à Nevers, 
il fut.inten«ogé par le préfet^ q^ui le condamnai «impie- 
jnenl à reMer en sun'eillance dans la ville; Mais une lettre 
du ^ousrpréfet.d? C. le fit arrêter de nouveau et .mettra 
<lans la prisofi.pgbltque, où il resta treize jours au sç- 
crel.c,,il «11^ sorlit Mur. èlre qp aur^reillaupe; car I^Jy^ 
rannie,a^uit sMr^.<^9M au tyran. Enfin pourtant vinj le 
règne di^. la justice. Le curé de Lorrâes fut rendu 4se3 
paroissiens, pais promu à la cure de cette ville, à l;i 
pjacc de Tancien curé. Nous nous Félicitons tous leS jours 
d'un tel choix, qui aura sans doute deM'influence sur 
l'esprit de celle viUe^ et qui efiadera les traC'€is du pàf^é. 
Cottitùeni résister aux exemples et aux dtscoui^ d^un 
bon prêtre qui allie la piété arec le zèle et l'afltacbefuenlT 
«a Roi , avec ta charité pour ses ^nailtos? 

MiLAK. La régence vient de donner Tordre qu'à da-< 
ter du l«^ janvier i8i'6, tes officiers chargés depuis la 
rév^olutfon des registres *de l'état civil, cessassent letii's 
fonctions, et remissent les jregi&tres aux curés, <|ui ei^ 
seront charge comme par le pasçé. L^empeceur, ins- 
truit en même t^mps 4le l'état 4e pémiFie de beâueoup 
de eut es ^ a cotisacré une stimmefiier So^oo écus, ^ni serai 



(^84 ) 

dUlribuëe entr'euip, en aUendant un règlement gêuérU 
plus avantageux pour le clergé* 



Nouvelles politiques. 

Pàhis. Le 9 janvier, uae députation de la chambre et» 
députés a été admise chez le Roi , et lui a présenté la résolu-» 
tion relative à Famnistie. On dit que S. M. a dit, en riant, 
aux. députés : Messieurs, vqus ne crierez plus ^ive le Roi^ 
ifuand même! 

— La garde Royale, s'organise de jour en jour, et reçoit des 
recrues oe tous îes départemens. Elle fournit chaque jour ^ 
pour le service des Tuileries, 3oo hommes d'infanterie et loo 
nommes de cavalerie. 

— Le inaréchal de camp Berton et le capitaine dé gendar- 
merie Thowassin ont été arrêtés et conduits à TÀbbaye. Le 
dernier est au secret. La méine prison renferme, en ce mo* 
ment, les (généraux Béliard, Omano, Cambrone,, Drouot, 
Dufour^ Debeile, Depaen, le icontre-amiral Linois et son fils, 
Jes colonels Bpyer et.Faudoas. 

— L'arrêt de condamnation contre tavalette a été exécuté 
en eflSgie^ suivant la forme ordinaire. Un écriteau , norfaal 
les^oms du conâainjié et la nature de ta^îne„àf ëté*atlaclié 
à un poteau sur la place de Grève. Deux gehdàràies y sont 
restés en faction pendant quelque temps^ 



CHAMBRE DES PAflVS. 

L,e 9, à deux heures, la chambre s'est réunie. 

Les ministres des a&ires étrangères, de la justice, de TiiH 
térieur, de la marine et de la police générale sept présens. 

Après Tadoptien di^ procès^verbal, M. le dnc de Richelieu , 
président du consei} îles ministres, monte à |i| tribune : 
< « Messieurs, dit-il, après avoir appelé.]^ chambre des dé-< 
pûtes à concourir à l'amnistie qu'il a voulu donner, le Ro; 
nous a chargés de vous présenter le projet de loi qui la con- 
tient. S. M. , dan§ le cours de la dîsdùssion qui a eu lieu à la 
chambre des députés , a consenti* k denx amendemens ? mais 
il a été fait par ceUe chatnbre, ià la fin de la délibératioD^ 
vne,addition importante au projet de loi. .. 



( iS5 ) 

^ . >> Elle coDsistè à expulser à jamais de ]a France des Iiotn-^ 
mes qui, au mépris d'un premier acte de clémence sans bor« 
iies j n'ont pas craint de devenir une seconde fois Tes instru-»' 
mens d'une odieuse usurpation/ 

» Malgré cette criminelle récidivé , l'inépuisable bonté de 
S. M., inspirée par le vœu du Roi-Martyr, répugnoît à la 
pensée de séparer leur cause de celle d'autres François coupa*-' 
Bies pu égarés ^aris ce* dernier» temps. Mais le vœu éiiergi- 
que , et on peut le dire , imanime qui a éclaté dans une assem*»-! 
blée composée des députés du royaume, ne permet pbs' de 
dauter que le fœu deja France entière est conformé a celui 
que viennent de manifester ceux qui sont chargés le plus spé-' 
qialeaient de faire connoUre'au Roi le sentiment et' le» besoinr 
de soiî peuple. •' . 

H II ne faut rien. moins que lé coiicotirs d'une nation et de 
ses délégués pour vaincre le cœur du plus généreux dés mo**' 
niirqae». Cédant enfin au cri général qui s'est étevé dé toutes 
parts , S. .Mi a ordonné de comprendre dans la pi'oposition de 
li^ loi, la disposition àddt tionnelle ^ qui en formera ainsi l'arli»* 
cle/VII. Lorsque le premier corps de l'Etat aura confirmé 1^^ 
vœu exprimé par les députés de là France, S. M! retirera la 
main, qu^elle dvdit étetidUe sur des sujets aussi coupaUea, et 
ils seront alsiandoiinés à leur destméiei 

» Ujie cUosè fait crolr^ àt S/M. que la justice divinese filit 
eatendrç par; la voîx dk son peuple; c'est que l'expressioà de 
ce vœu à été , dans la cbamore dés' députés, le signal ck? 1«! 
ooncotdé, et que de cèmfoâaent ent cessé méncç-^es dissèMi- 
nofcekis d'opinioni qai avioient éclaté dans les discusisioiiLS.. Te-' 
moins de rélan de toutes les àme$ dans ia-séance du 6 janvier y 
BOUS croyons pbuV^ir^dire que ce jour-»*!» là chambre des dé- 
putés, a offert ui»> spectacle digne des pli» beauv temps de la 
](nonarchie.> La réuiniion des esprits , devenue anssi sensible que' 
qetUe qui a iqmjours^ existé dalis les cœuie,,proniet assec que 
le ebwpert detrdeitx cliamères aVec le gouverneBibnt de S. M." 
joe sera« p)Rs mterrempti y et que nous marcherons tous en^m** 
hlè 4iu but vers'lequfà tèndetit et les dbambre» ftle nâiitstère^^ 
la stabilité du 4n6né et le repos de la Fràrade. . • 
. » Nous n'avons amwlé, Messieurs ^' votre attention que snr 
eétte disposkiott addirlianiiQUe du projet de k»-, parce que les* 

Stttres vous sobt asses <x»inues.: la publicité et la solennité 
âs^^bats^ qui ont eu hfiu pendant vplniieufsJAUrjî, dispeo-*^ 



C 2S6 ) 

lent de réprodm^c lés raisons pour iesqndlêslè projet 3e foi, 
adtopté'])ar Tautre cbambrc, se recommande à la vôtre. L*im- 
netfSe niaîorîtë qui s'est manifestée ààns V épreuve an scro- 
tin sur l'ensemble de la loi, permet de ctoire que vous ne 
contrarierez pas leis sûfFraçés d^one assemblée qui a eu l'iion- 
neur de seconder la clémence du Boi eVde remplir un grand 
devoir. 

» C'est arec cette confiance que nous allons vods donner 
Jectore du projet de loi ». 

S. Exe. donne ensoite lecture du projeta 

Le président ordonne i'impression et la distribution du pro- 
jet et de« nioti&; mais fies dispoëîtions étant connues , la cham*^ 
bre a jugé inutile son renvoi aux bureaax^ et a décidé <|iie la 
discussion s'ouvriroit de suite. 

Un des seerétaires «ionne dé noti veau- lecture du projet, 
contre lequel aucune objection ne s'élcve. 

Chaque article a été successivement mis aux voix et adopté. 
• Le scrutih s'est ouvert poi^ l'adoption dé fiiB t i yr. Sur xm 
nombre total de- 141 votans, 120 se sont réunis en ^Eiveur d» 
projet. 

. M. le président, en proclame l'adoption. 
. Un membre i propose, de cbapser M. le président de porter 
au Roi les trës*humbles remercimens de !a< chambre pour la 
bonté toute gratuité qu'a eu S. M. .d'associer la çhan:i|>re à 
Facti^de clémence parement rojal» que QOntieiatj^lpreîet^de 
loi. Cette proposition a été adoptée^ ' 
- M. le présioenta communiqué à ku clv^imbre ^ine résolalion 
prise j le 28 décembre, par la cfaaanbredeè députés^ et rela* 
tive an detâl général du 21 janvier. ^ 

La discussion s'étant ouverte snr'celrte résolution, M. De« 
cëse a prononcé' un diiconrs remarquable^^ qui â depuis été 
imprimé, il a rapporté, coiiime un fuit crnimu de lui, que, 
lors du procès de: Lems XYI > les men^oris de l# convention 
envoyèrent des commissaires dans fes^ ddpartenums poifr sa- 
voir st, dans le cas de l'appel an peuple, onponvoit comp- 
ta: que ks di^esitMiis générales séroient favorables à leur 
affreux projet. Mais les réponses ayant été négatives, ils se 
décidèrent à'se ttearger seuls du crime.- 11 appartenoit à M. De- 
sèfie- de pariejr suai mt Siijet qui lin a' fourni un betfu titre de 
gloire. M. de la Toni^dù-Pin a demandé qi«e , contre l'usage , 
«bii.i|om Sài inséré dans le proçës^verbal. M. de Château- 



( :»«7 ) 
l>nffr^(l , qui a parlé après lui, a $u encore irilér€8sî»ry^t" a de* 
mandé que Ja natiou élevât aussi un iDonuiiuent à ce Roi en- 
fant immolé lentement par les assassins da përie. M. d^ Lally- 
Tollendal a craint, dit-il, de se faire entendre après deux ora- 
teurs si distingués, et s'est borné k detnander que Ton ren- 
dît un hommage spécial à la sainte mémoire de madame Eli- 
âabeth , proposition qui a été adoptée , ainsi qu'une autre de 
M. le marquis de Morteinart, relative aux honneurs à décer- 
ner à la Reine Marie- Antoinette. Cette délibération, oii des 
hommes d'un grand talent ont tour à tour fait entendre Tac^* 
cent de la douleur, est aussi en. quelque sorte une expiation 
nationale du plus grand des crimes. La résolution de la cham- 
bre des députés a été adoptée avec les additions précédentes. 



CHAMBRE DES DEPUTAS. , 

Cette chambre n'a pas tenu, depuis plusieurs jours, de 
séance publique 5 mais elle s'est occupée aans ses bureaux de 
la discussion préparatoire dû budjel. Otti dit qu'elle formera 
une commission de 27 membres pour faire un rapport sur cet y 

objet. 

Des commissions ont été n.omxnées pour examiner les pro- 
positions de MM. de Castelbajac et de Blangy, et donner leur 
avis à la chambre. i 

Le 11 janvier, la chambre a adopté à ^Unanimité la resol'u- 
ttôli relâdvé aù'^t janviery'^ayec les amende m en s de la cham- 
bre des pairs. La chambre a atissi adopté k l'unanihiité et 
sur-le-champ la îrésolution de la chambre des pairs qui pr/O- 
roge jusquW 1818 le délai pour le paiement des dettes des 
émigrés. ^ ' 

Nous avons reçu la piëbe guivanle^^qu'^n nous engage 

d'insérer 9 comme le Jruii des^.loUin d*M» militaire qui ne l 

sait pas uniquement se battre. On 90US. ^$$ure qu'elle a ét<« I 
composée à l'hôpital de Chàtelk^ntnlt,. p^un sei^nt«major 

de la légion de la Seine;^. Les sergens-majors ne composent ,\ 

Îias ordinairement beaucoup d'hymne» -et de proses pour lel \ \ 

êtes de ]'£glise. Ainsi , poipt la tin^larité du fait , nous don* ] 

HQOS ici. çel^ f roj»€^ de6tinéO)|kfnr la xaessë deJa Conéepèioh , ; 

£eiepatDai^alttidés.fiUes>'df^k;Mges6e. £Ue e^ sur le xA^taé" r 

rithme que celle qu'on cÙ^nte à' l^As^mptiotïl, Nous féliti- ■ 
tons l'auteur dé s'oliçuper de telles pro<ïucti.ons ; celle-ci an- 
nonce du talèiirct^de la facilité. iPioHS,^iiaofi« à. crgiie qi^e 



Fesprït seul ne Ta pàt <)îctée , et que l'auteur à irohré aaiié 
son cœur les senlimens d'un bon chrétien et d'un bon Ftstn^ 
cois, qu'il montre dans ces strophes. 

Èxuumoestiiiam, 
Captet vaeiiH laetiiiam, 
Fulget syâus prosperum; 

Fous sa la lis oriliir , 

En Virgo concipiiur • • 

Labis ezpers scelerum. 

Prr parentem credulam' 
Quam cff>pin).ug macula uf 
Maria non alFerett: 

Aàguis im^ perfidas 
Casto jam ÎDsidias 
Calcaneo contéret. 

Aecti fiel speciilumC 
' » Dei tabernacutum , 

Arca'mtiodo fcsderîs.' 

Vitae super ducii^ûs 
Splendebit remigibur 
TuCl fulgof syderis*. 

Oves, maier, miserai 
Virfines da teneras 
f'astotem ods co'nseqàî. 

Qtkft nos sapienlia 
Cociipletas Domine , 
liem tac seipper asscqûi. 

O nobis carissimu'm, 
O christMfiimiiiHH» 
' StrvajrtigopOallitti 

O Boni suAàma radik' , 
nèbiHfaçLodbix 
iljdoipnii vinupàtrite! ' 

, : ,. . -H , ^.. j 

, iGeos da ooÀ «ôiKacriptimN dotil l^fo»«»lbent finit to'ia féV^ksi'ffrè^ 
(vUaJt), soi« pries j)e U reooiivekr ^SAmfd^Ui , kfib.da>ne poiat éproo.-' 
Tcr de retard dans Pçflvoi du JpurQsl. ; - 'r. i.;i 

Le prÏT de râbonnemenl est de a5 fr. poiif iinçm.,^!^ firijpoar six 
mois,* e i6 fr. pour irois mois. On ne peut s'abonner que. du i a i'éYricr- 
f^ ia»i V 'f a août et- i^'ti<M»nbrv de ehaqU£ tf niiè«. ' ' * 



(Mercredi if^ janvier iSi6.) (N^ i5o.) 

ExpùSÈ de tétai acuièl et dm iesoins des Msswis 
françaises de là Chine, du To^ingi de là Coohin^ 
chine > de Siam et des Indes ofientédes , Confites atut^ 
soins des missionnaires du sAninaire des BÊhsioni'^ 
Etrmgèfes dé Pans ( i )< 

TiL est le titre d une Iniodburef au\m lira avec in* 
terêt p^ce qu elle doDûe de» détails peu conous sur 
les missions de TOriest; Ces missîoQs> qpmqiàe pfH 
véesy pal* les suîtes^ de la rëvolutioa^ de la plopayt 
des ressoiirc^s qm servoient à ies aoutemr^ subsmeot 
encore^ grâces aux bën^dtioDS aboudaoles^pieiCKmib 
t^^^eaà wt les travaux des missioDuaires^ Le court es^ 
pose que nous^ allons en faire d'après \ Exposé i ÀufSH 
sera lieu d'âdmir^r et dé béuîr la divine Providences^ 

Tonking. Dam le Toukiog ocoidentdi (tjt) y où sont 
les missionnaires fraucois y ou conqpie de cént^oîxaiiM 
ii,^«ux oênts lâîlle cbrëtiens. Ce nomlre augmâDte 
tous les ans par le bapiikne de phisieiirs cenlaînèi 
<f adultes, qui sont de» idolâtres convertis^ 61 des 
«nfaiis des chrétiens s le nombre de'ceux-^ >sufp»sM 



au bureau ae LfAmi de la Reïigion et du Roi» 

(2) Des DomJiiicains espagnols oAt r^dinhiistrâtioù dti 
Tdnkîôg driéotal, oii il y a au moins eeat câtoaaate IttiUe 
ehtétkfnSf sons la coadnite de deux ëyé^es^ dotat l'tm est 
vicaire apostolique et l^autre son coadjuteur ; de quatre ott 
cinq religieux européens , et d'environ cinquante prêtres du 
|»ys. * ' ' 

STome FI. V Ami de la Jieligiofiet du Rbt. T 



commuDcmeot^ chaque année ^ celui des clirétieas 
qui meurent. ^ 

; Il y .Aj^ daûa ^ette miasaoï^^'U^ collèges' : dâps \\m^ 
il y a epviroti cjuaire-vingts élèves, et trenie ou cjua- 
rja^^e.dâïis^ l'autre,* Orx 1/eui* enseigne la ^ang^e latifiç, 
ovk J^ iHHtrii^ à foBd de 1^ religion^ ei on.exafnioe 
leurs dispositions, pour s's^^^suf or sif mijoiiir îIa seront 
dignes d'être élevés au Sacerdoce, ou, au moins, 
empioyiésro&raine^catécbistes à riostmctiofa'desnéîv 
pbyfies j des catéchumènes' et des infidèles. Il y a- aiissr 
mt séarâaâre pouf enseigner la théologie y et dis- 
pweranxisaiots ordres lés sujets les plus, avancés. On 
^vedinj/te.nmntenaDtx|uiBraBte élèves. Chacun dem 
éttbfisHcnieils est sons la directîoà xrun missîonnaiire 
tmKtféea^ lès pirètres dn pays» ne sont^pai encbre^m 
éUA'de let «Srîge'r seiilsv Outre €»I4^. environ douze 
ceniB^iant catéohistés quel jeuues^ ^ensiqn on élève 
fOQst le s^rvicie de la missiob ^ sont logés y- nourris et 
iHf»mgwiii.à^ frais. 

' iff missifm^.da '.Tonkng ocodeïiiil.n'fî ^îns ^é" 
eh^mini^iiinarc&'frjkçfiFis; snvioiri, Tévéquo. vicaire 
•pOsftiliqM ysoir ooadîiAiî^ el tipoispréties^ tons âgé» 
et de foÙJh^Msté. Us oiit sous leur direelicm euviro» 
spîxante_ prêtres du pays; mais dix, au moins, sont 
hors d'éiat de .travailler. 

* Ùckhcfithé. O^fcôVfaptfe' ^ri; CôcîniicBrne jSlhs-âe 
^ai^mt^niUle cttfétîeï^s : revèVjiie vicaire ai>osio!i- 
q^^ tmî es£ âgé de >pkis de.seilJtaoie/dix ai^s,- et< en 
ttlséôn (IdbHte ^âtaïtte-un aïi'ii n«'|Wrtr ¥d!kàer que 
deux |>rètifes' frdbçbîs, Boiiï Vtin iîe' iictrf plus rien 
faire; dêhx religieux italiens, sexagénaires et infirnjes 
(rftn deu^edt.presquVetîgle)^ et mie,yinjtaiA« dé 
prétros cochînchinois. 



( 29t ) ^ 

11 y a dans cette mission un collejje ponr ensei- 
gner lâ fangne latine^ et un séminaire pour la'tbéb- 
logie. Le vicaire apostolique écrivoît, dès'i8'i2J 
qu'il craignoit d'être force, par son extrênle patt- 
vreté i d^abandonner ces deux étabRssemensi 

Chine. Dçs missionnaires de différentes nations prê- 
chent J'Evangîlè dans ce vaste empire. Lés rai'ssiôn- 
nairesdu «tîmioaire des Missions- Etrangères sont chaW 
gés du soïO de itoii provinces, SutcTùien, Kouêi-tchéou 
et Fûn-nàn. En 17849 il tï'y avoit dans ces trois pro-^ 
vînces que quinze mille chrétiens; en* 1809, ils y 
étoient au qombre de cinquante-six mille cent soixante- 
cinq. 

Pendant lés quatre années suivantes , quoique la 
religion chrétienne y ait été persécutée avec vio^ 
lencc, on a baptisé cinq mille neuf cent soixante 
adultes et plus de quatre-vîogis 'mille enfnns d'infi-i 
déles éo danger prochain de.mort. Laplnpàrt de cef$^ 
enfans sont mor^§ ; ce sont autant d'apiès qui loueroïit 
pieu pendant Térpruité. C'est dans lil . province dé 
Su-tchuén que le cfjri^tîanismé fait des pm^rèspjus 
sensibles* ., > 

Il ne reste dans ces trqis provinces, dé mîs^îon- 
naires européens, que TéVéqu^ Vicaire. apostolique ^ 
qui est âgé dfe soixante-cinq ïiiis, et depuis treiite- 
ueuf ans en missioâ, son côadjiite\ir et deuxaiitrei 
missiounaïrcs.' Il y a, outre cela, .vingt- binq prêtres 
du pays, , ■' ' ' ' ^ * .' ' ' ' ' ' 

Ceîte Aiission avoil un 'collègue oiî sétnjnaire où 
Ton ue ponvoit élever au-delà dé vingt-cinq sujets : 
les uns Audloient k latin , les î^uirçs: la théolçgie*. 
XTo si, petit n'oipbre d'cttidians n'étoit pas suffisant 
pour les besoins^ do la'missïo'nv qui tont tonjoors 

j 2 



C ^92 ) 

croissant; mais les persécutions qtii se renouvellent 
sans c^sse .en .Chine ^ Ja disetlç de missipiinaires euro- 
péens, et leur pauvreté, ne permettent, ni de réunir 
un plus (;rand nombre dV'lèves, ni de former plu- 
sieurs élablissemens; il étoit, par conséquent, bien 
important pour la mission du Sur-ichueu d'avoir hors 
de la Chine, en.nn lieu à 1 abri des persécutions, uu 
collège où Ton put élever uu plus grand nombre de 
sujets. Un événement déplorable, arrivé sur la fia 
de i8i4> A prouvé jusqu'à réyidence la nécessité de 
cette mesure. 

. Le feu de. la persécution s est allume^ à cette 
époque , avec une fureur extraordiuaîre , dans la pro; 
yince du Su-tchuen. Elle a commencé dans la partie 
méridionale^ où est skué le coljége. Des manda- 
rins civils et militaires, accompagnés de soldats <ir- 
înés, ont été .envoyés dans cette contrée pour forcer 
les, chrétiens à apostasier. Les perquisitions ont éïo 
faites, avec ladecnière rigueur,; les moyens les plus 
vifrf.easemplMires.pQur contraiij^e l^s nd^.^s ajMo-^ 
fesser i'idcàâlrié; vùx grand non^bre. dV^tr^eux ont 
été arrêtés, conduits devant les tribonatix , jetés 
flans Kesi prisoqs; leurs maisons ont é^é pillées, le 
collège a été entièrement brûfé,. les écoliers disper- 
sés; Ms'"- levèque de Zéla, qui eo ayoit le .^i«^ 
n a pu se sauver qu'en courant les plus grands^ dian- 
gers;,presqi:ie tous les effets appartenans au collège, 
qui, avant l'arrivée des, mandarins, avoient été .dé- 
posés et cacbé^.chezdes chrétiens, ont été découverts 
et enlevés par les soldsits. Cependant la persécuûoQ 
continue, et s*étend au reste delà province et à celle 
ide Yûn-nân; la plupart des prêtres ont été dénon- 
cés; ils sont, ausfijl biei^ quçjes diréiiens , recherché* 



avec une ardeur éxlrême. Lé dénombrement général 
de toute la province du Su-tchuen est ordonné, afifi 
•qu'aucun chrétien n'échappe; te qui fait craindre que 
les' missionnaires européens et les prêtres du pays ne 
'tombent enfin 'en rre les mains des persécuteurs. 

Voilà donc là mission du Su^tchuen sans collège, 
«l elle rie pbiirra, d'ici à long*-temps et sans des se- 

* cours abondans , relever un établissement si nécessaire. 

* ' Prévoyant là possibilité d*tin désastre aussi com- 
■plet que celui qui vient d'arriver, et voulant empê- 
cher que' là* ftiîssion rie fiït par-là' privée de toiH 
'moyen d'avoir' des prêtres ctiiriois, M. Létondaî^, 

Srocureur des évêques et missionnaires ft*ânçois à 
lacao, commença, en rSoS, un collège dans l'île 
•du Prince de Galles, aiitrement dite Poulo^Pinang , 
an détrôÇtdèMàlacà. Deul abcièriîj missionnaires de 
Chine y sont emjrfoyés à llnstructiôn. Us a voient, 

• €fn 1 8 1 5 , .dix-hiiil .éleVes chinois et quetcpes jsiathais ; 
^ niais. ce èoUégé n*èi^'pa» encore hii-il^itie bten ttrfi* 
' ijemient établie BÏ.'Léfondal s'éloit jN^rri d'aumâçes 

<|ii'il avôit Vriçùes aii Mexique pour acheter 'des mai- 
sons dotît'Ié revenu étoit destiné à souteali^c^ col- 
lège et aider les missions. Ces maisons furent cou** 
sumées par fes flammes le 29 juin 181 2. M. Lé ton-* 
■ dal lui-mêriie est mort à-Pondichéry, en reyenarit 
'd'un voyage qu'il avoit fait au Bengale pour y cher- 
cher des aumônes qui le missent en état de recons- 
''truîre les maisons iticendiées; Ge Agne missionuàire, 

• cjuî, par son izêle actif et iilidustrieui, a été eii grande 
' partie le soutien des missit)ns j depuis que la révolu»* 

f.ion les a dépouillées de leurs biens en Eorppe , 
'jrî*êstpôiût èhcôrè remplacé. ' , 

Siam. La mission de Siani a peu de chifétîerisj 



(394) , 

anaislescbréiientes y sopi extrémeœeor dispersées et 

,^ignée3 les unes des autres ; ce qui fdit qu eUes sont 

.plubdâfficilesïi admii^istrer. L'ile du Fruice de Galles 

,Q\x est le colJéj^e dont ou voient de. parler, est bOus 

la juridiotiqn du vicaire apostolique de Siam. Outre 

ce collège commun pour lea autres missions, il y ea 

.A ua autre à Bajokok , capitale; du royauiuede Siam^ 

qui nest q\ie pour cette mission. 11 u y a plus pou^ 

.la mission de Siaui qqe levéque vicaire apostolique, 

.jK^o .prjeiçe frai^ois^ et quatre pu cinq .pi;être&dgi pays. 

- ,M^^ionde lacôte Caromandeh |jes oiissionnaires 

du siémipaire * des Mi^ion««>£tra]3§èiïG$ «ont e4icore 

/chac^f^^ j^u^ soin de plus de quar^te mîliexliiéiieiis 

.at^labafcs à Pondichéiy, et dans les teri:es le. long 

de la,Qat;eCoi;QmaiidéI« \\s y sont.i^u nombre de six, 

AqxA .Ip supérieur est^ évêquè in,pMr{i^fjj, ^vec deux 

' ^père^ ^éjwies très-agés «et huit preues du pays. Ils 

.Qm uH^tit séminaire .pQQf y éle.tçr queiquf^ jeunes 

Jndicu^» ^ . / , , ' 

, Ç'Pk expose Je Tétat des missions françoifees de la 

jQl^^iç et./i^ Toyaijïpes voisins fait sentir le besoin 

j{^U^&,pnt- detfe secourues jçt «^$si&tées par la cha- 

j'^é^dfQf^. fidèles, pour fourpir à la.sj^bsi&ifixce et aux 

^vpy^s ^es..i|»s,siQqp[air.es,' et souteif if\ les ^miuâires 

*et Ixi^ collèges destip^sjà^.former di^s^pr^tires et des 

.c;^^cb,istes». Tous, les je^iiies gens qu'on y instruit 

.sont^lqgés, nourriset^^f^retei^^us aux frais des mis- 

s^imuaii^e^. Les dakrétîeasxle ces contrées sont pour 

«b .plupart très-pauvres, et depuis . plusi^eur^ années 

.accablés de fléaux. qui les ont réduits k la dernière 

misère. . . ' 

Si donc les âmes pieuses et charitabJLçs ne'se.hatent 
•de T^o^rau sQCQur^ jiefii missionnaiviçs , ceux-ci ne 



( «95 ) ■ 

jpcnii;rontplus former ni prêtrçs, fli catéchistes. De ta^t * 
de dépemes qu'qii fali tous les lo^xvs pour saûsfa].rp 
rson^pùt ppur le.luse, pour U.bagaielle., pour se prq- 
,V,pçqr un plaisir dVn ;nM>îTieirt, ciui ne laissé que d^s 
.re^rcfSj.iie pourroitT^n donc nei>,rctrf^pGhgr ppur 
. C(>utrii)uèr à i avaiicçment de Ja foi, au >,al};t 4^s in^- 
dèl(is? JInseinJ)li»l)Je êxpqsé de^ l^esoins dqs^^ui^sioQS 
JTiH répandu en Aï^g'elcTre au .çpmoiencernent cle 
j8r4> a dessein d'^it citer Ifi çharîté.^rivers lois mis-, 
.sioins : ce ne fut, pas toiU-à-fnit en y^ip. Dep calhoT» 
Uques anglpi^> qv}Qic[u'Ql>li^ésii (Js^'^^P^B^^^^'^^S^V^ 
dérables pour souteuli'Jleurs évoques ^ leurs prêtres, 
leurs . .cbapdles^ etc., .fui;ept sensibles avyL .besoins ^ 
des paissions frçinçoiçes* Pjes.emîgrçs frpqçois, .quoi- 
que rÂîuîts à un (kat de gêne et 4e priyaiip^is, çon-i 
tribuàr^t à. la .Ijçnçxo .^<^^uj^rp^ qh^çup .jjqlôn ses 
,mQycM3s ; plusieurs merw.es ^dè .P9^ ffrQr.e^,<çrrans ^e 
lîrçp^l..un pjai^ir,d y jprçijdre part. .Un çi'^nd nojnbije 
.de^ws .^w$f$i 0:11 Vi ^io.vir /aire^çpMftitrç.^ç^?- 
CUrjst aaiîis.ies pays Atîplî^^'iç?'* ^W ^^^^^ ^ ^^§^ W^ ' 
propre. Ji réyçiUçr ,çt .enflaïp.ipc^r ç^ pathQli- 

fpiie^ pçjjqLr le ri^ênje Ql)jet. L.'^gUçP éiabUe d'^ngle;- 
jtprre., les .cal;^inistes^ Jes jjtjétqodi^^es, iq^ .^nab^jy- 

, fgrp^eql à l'cj^vi des.^ociç^ 

.>a.crç(j^'au|Gç.,.. ,^ ; . ^^ ... .^ /..{ 

. .Ue ftpus l^s besQÎpf ^qu i^prQP^^^ ^s jJMjssiQp5:, 

,h plws ,^r§ent "est^iQj^uïsde.lqpp^e.aU^ 
d BpijçiRe^ pî(r<?e qjijie,.le. ç]exçé des ïfi^jïrçls,^dp R^ï» 

, qu jojQ y^ a foçrpé n'est pcjinï encore çp . e[at ite se ,3qi^- 
teoir, et de se perpétuer jpar Jui-«nêrpe. ,Les ,Tn|f** 
fiofls avouent, en.iygo, jp^ws de çoi^nte Qiissio^i»* 




(296) ; . 

Doirés Ëurop^eoË, et ce nombre et oïl ^u-dcssous di» 
leurs besôini. Il y en l'esté maintenant au plus vingt* 
deux > presque tous sur le dëdin de 1 âge, d une santé 
ebancçlante, et ëpuisés de fatigues. Les uns sont en 
xnission depuis quarante ans, plusieurs depuis trente j 
tous les autres, excepté trois, y sont depuis plus de 
vingt-trois ans. Assurément ils ne peuvent plus vivre 
}ong-temps : ils peuvent^ et ruêtne^ sans une espèce 
de miracle, ils doivent bientôt succonit^er sous le 
|K)ids des années, des infirmités et du travail. Ces 
imis^ions sont donc exposées à une ruine prochaine, 
' si de fSfervens tninistres des autels ne voient prompte-^ 
ment aK secours du peu de misisibtinrires qui y restent, 
pour avoir le terop^ de se former h leur école auic 
ibhctibus de Tàpostolat, 

La perte d'un bon prêtre n'expose pas un diocèse 
de France au danger prochain de peraie là foi. Elle 
peut^ malgré ceue nerie, s'y souteirir^ et même fi'jr 
l*ammer;' parce qu'il y reste encore 'd'(ïutres prêtres 
* pleips de science, dé vertu et de zèle. Mais daw» otMr * * 
îms»K>li o\X il y ijboixànte, qiiatre-i^ngl^, cent cin-- 
quante mille fidèles disséminés au milieu des idolâ-* 
très, dans des régions immenses, la mort d'un seul 
)>on missionnaire causer infailliblement la perte d^uii 
grand nombre d'aûies, et peut même entraîner la 
ruine de toute la mission'; parce qu'il est peut-être 
le seul capable de h gouverner. Deux ou trdis su-^ 
*jéts, pris. chaque année sur la totalité de la France, 
loiBrqieqt pour alimentei^ les missions , et liiême Ips 
éteindre, saQs lui porter préjudice. Toutes ces con- 
bidéràtious ne sout^elleé pas propres à faire Une vive 
tmprcjîsîon 5ur les ecclésiastiques qui ont du zèle 
pour le saliît des m}e%? Gçilx qui auroîeutla VQçaùoft 




de se consacrer wx missions, doivent '^èrire au sè- 
nnnaire dés MJsslons-Efrangères, rué du Bacq, oîi 
on )eur dopoera U)u? les renfiçigoemens cpi'ils pour* 
root désirer. L'écrit dont aous présputous l'extrait 
contient aussi ^ à cet <%ard, des avis qui pourroient 
Jfiur être utiles. ... 



-<fi^'iS>»- 



Nouvelles ecclésiastiques* . 

BoME.La nuîl de Noël, S. S. assista, dahs U cha* 

f^elle Paulinç, a^tx matirîes et à ia ili^s^ solennelle qui 
ut chantée par le cardinal camerlingue. Le jour de h 
fêle, le saint Père se rendît à la basilique do Vatican, 
ou il célëbra solennellement la messe; étant a.sisistë.des 
cardinaux Mattei , Antoine Doria et BuflK>. Les car- 
dinaux^ le collège des prélats , pjusienrs archevêques 
lalius, un ^vêque grec, et leé clïé& d^t)tdrea étotept 
pré;»ens. S. ^S: donria'la cotnmunioh 'aux cardinaux- 
diacres. et, à jde^ ifoMes' laïques. Cette cérémonie sfi>it 
attîr^ be^Mcoup d^îti^ngers, le roi Cfaar!^ IV, ta 'du* 
chesse de Chabidis, Je, prince de Six^HBiptba, des Aa^ 
glois et des Russes àé^ distiiiclion , etc. Les éénx files 
Suivantes, il y a eu chapelle papale. 

-^ Le chevalier de Keiler, conseiller écclésiasliqoe do 
roi' de Wurtemberg, et son chargé (J'alffaires près fe 
eaint Siège, a été adniis, le 26 décembre, à Taudience 
de S, S., et lui a adressé ses félicitations poutr la nou« 
velle année* « - 

-^ Le 18 â<^cembre, à. l'issue du consistoire, les cardi- 
naux , sur la recommandation de l'ambassadeur de 
6. M ^ T. C«, ont notpmé unanimement à laplacede blére 
nationalou de secrétaire François du sacré collège, M* Falf- 
*bë de Sâmbuçy, qui est èntré'en fonçtipnpour finir Tân- 
ii(?e et le tour dé clere national françois', lw.*rîibbé Lau- 
dot étant récemment décédé à Rome, il y a quatre clercs 
palioiiaux^ un Italien ^ an l'rançois, un Espagnol et Mn 



AUenjiiad; Op. remarque que celle charge a plus H'înr 
lérêl en ee moment, à raison des aâuires de l'égll&e de*, 
France. 

Paris. Les d^mes do la paroisse de Saint- Vincent de 
Paul viennent de recevoir la plus doace récompense de 
leur active charité, et l'encouragement' le plus flatteur 
qirelles pussent obtenir. S. A. B. MabAtHK lar docbesse 
d'Angoulême a daigné prendre sous son auguste protec- 
tion Tuttie établissement qu'elles ont fondé pour rin*<- 
truclion des enfans pnuyresde deux arrondissemens, et 
pour le soulagement des malheureux'. A peine, depuis 
.quelques mc^is, nos.lViiices ont été rendue à bos larme:}, 
et replaces sur un |rône, environné de débris et dp 
,ruineâ, et déjà ils ont répandu autour d'ejux ,des lar- 
gesses qui étonneroieat cous un règne pra^père, et il 
^n'eat presque plus un. établissement 4ans celte capiUtlp 
.qui t^.^it é^é rpHjptjde le\iy sol|ioitu(|je et, de leur mu- 
^ifiofince.. : . , ' . 

, V- .C'est ^pjjçufd'hui que le service .po,ur jil. de la 
.JBÎQphe- Jaqu^ifi ^ ilw à Saint -Si^lpjçe. M. rajbbé de 
^4^lcui ^jfpnioupe^ia l^ discpuns. ....<>. 

TjjfpYB^. Iliqû(e)é3kêf{ûe a pr^aQ^cé, le jpu^4^ ^is. 
dans s^u fgfaffîçatbédi-alé^' un dùoours q^i a pioduit le 
.pjup hQ^vpax feffet., Le, sujet qu*^ avoil çh9jsi.é<oit celuL- 
çi : La France veid s(f(\ .Roi^,!^ ^f^rfinçe ye\Li sa re- 
i^^w*.l-'w«te^;'.^,|ié cuXeinble ces ^eiix pôiqla, et. les 
^yj(îUa9t.r^U |yirl!dui^'e,.il a fnontré, par i^n rappro- 



,ç^^PieH^sjiivi,,Jie,hê|«)m,qup nous avions d'un Rpijpour 
jp/iipt^ir ftt^d^j^jç^^ ,rplLgîon, «t ç:écijprpfl[ùeBaGnt le 
besoin que âous avions de Ta religion pour ni^iatenir 



^^t,pm)i^er.Jjç,Pl()ff ]lSpfts,iji,'avon8 pa^:>)qsoiw de dii'ç.que 
^ ^\/^9 si,bjeTi,aiJ^pl,e j&UK circonstances pr6$enles, a 
4i}iî'4i:ai,lé avçç ic,tale;U et Ji'^lpqxiçnce. dopt le prélat a 
.i^oiynié t^pt de prenvês-Ltaut^tilé d'un évêque ajô.moit 
ici un nouveau ppjds aux .pai;ole3 de l'orateur, et Iq* 
s^ntimen^ d'u;a digqe mii;iîstre dç l'Èyapjgije et d'uu boa 
fFr^^çpis, sêppvêtaut up mutuel appui^ ont ému iou# 
^es^asi^fjlanfiu p/Çfprit pu^ijj s'améfiore^ici de jàur eu 



(..^99) 
jour,, maigre loul ce qu'a souftei l cell^ ville par les der- 
Tiiers événeoiens. 

PsRFiGj^^ÀN. M. André . Vilar, curé du.Boulou ,.^^r.o^- 
dissèn}Qut ,de Céret, avoil, pepdanl rémigra t ipu c^e 
IVl. Caridy de LIobet, iic(]uis une propriélé de ce der- 
itier.Jl vient de la lui reroetirepnr un acle en forme, 
passé devant ag)«iif:e« Peu /ie prÊlres sqnt sans doute 
dans le cas de faire de semblables démarches; mais, 
€|uél1es que fùssefit les raisons c|ni a toienl porté,' H a us 
Je lempa, M. Vilar , à acheter du bien de cette'naluré, 
7ce qu'il vient de faire en ce niO(neal est toiil-â-fail dî- 
_<;ne dejVsp.rlt.cle spn étai. La. justice çt le dé8Îritér:e$?ç- 
jiie«il sqai deô.if^'l/j^i tLoiU il c©ji»ipwX'£|u,.çjQr#i,fl<^iJM4- 
Ijjcr re^emple,,(^l,c4Jtu4ideA(l. Ir\'ibb4 ViJULvJui.'as^ix de 
-«puvewx droJlfeàr-attiiiii^pijtUqneu' >! . * 

LôNDRBs. t^es évêqqes datpvlicjij.e^rd'lrLîiïïd!? vienner^t 
.d*(uiiavovi^r au .pripce-i'égeut i/ne ad rieuse» pù ils s'^xpii- 
.^ eq t\ j^t^rucH^ fion} if e * le iWou ^ Ç«Ui» .|[)iMy tio n toiii^rirpto 
. 4oti)oiir9 -bâ»iii<|CH(p k» «ft(>rtta. On^^H 'qi.ife te èamdiii:»! 
C«ii6kiki ^ dédlarë qtie S. S», avaiïti4'âutori»r fonmef- 
"leiïièul levifltoj'+désnHiH savoir eM le gouvek'neiïieiit ar*- 
'^glOifl ^foif di«fpô&#â acc6rdçr aux.caltwjiqucslcur éoiàii- 
^icipiï.fion nb^lite." ' ". . *; ' ; . . ' .r 

VARSoy^c^ jL'^rlipîe .3i.deja nawv«lier.oQi*4ûntimi 
ide la I^<>lagn«>.«ftt «iiu»i>eoiiçéi iMhm oai|iolic]ui8alt^»iHiftd, 
:atnBi:que^ieftieoel&»asti<}«ée;s>d«'ritgrtftf éinr^: «uikiDl ^ aU 

lieu des sommes que le gouverneiwwil l«M*f ^pSîiybit^fWW'te 
-nom dfe c'brinpéfei^è'e , Un fev^mi 'arMtrel -à^ detix'Tiiil- 
liotjs dé *^nWB '^loiiois ; en hïéMê' tiatiopaUx.' ÏU efji 

UAcront comme ;ï*.une propriété Mialîéuàblé. Ces «ou- 

séronj répartis ç^plce^^OJUtea ji^T/^^»*^! 4^ jftHW^f^.^*^ 
le sort des pauvres prêtres soit am élioré , que l'entretien 
du cnlte^ des séminan'és et des maisons d'éducation soit 
assuré. Les bîcftà tcutëasti^es serunÉadiministrés suivant 
Ips d i>pQsitions Q <^î se*'on Irpn^s Pf>u^' les^oraaines<de J îy^ou^ 



( 5oo ) 

^mifie biens nationaux , pour le» incorporer h res biens, 
«eront rendus i rEglise. pn retranchera dos lois é( dès 
ot^doniiances tout ce qui pourroit porter atteinte à la 
diacipline de UEglise ou. à «es droits reconnus )i. 



NouVKLLtS POF^lTIQUKS. 

Pakis. MK^ le duc d'Angouléoie est arrivé ici le di- 
manclie 14 9 vers cjnatre heures de raprès^midi. Ce prince 

[ «voit couché la nuit précédente k Orléans ,• et étoit allé , de ' 
grand matin , entendre la messe à la cathédrale. Au rnoment 

' où il est descendu , Monsicuh s'est porté à sa rencontre jus- 

' ^*au grand portique du château , et l'a pres$é dans ses bras. 

— S. M', a Tiomnié aux gouvememens des divisiens mili* 

taires, ainsi qu'il suit-: A Paris, le maréchal Pérignon ; à Châ- 

Ions, le duc de Damas-Crux^ à Metz, le maréchal duc de 

Breggip ; k Nanci , le comte d'Éscars; à Strasbourg, le maré- 

'chal Gouvion-Saint-Cyr; k Besançon, Je comte ^Etienne de 

■ Durfert; k Grenoble, le maréehal Jourdcm; à Tt>ulon« h 

■ comte Maison^. à Montpellier, le comte .d# Piiységur; à*To«- 
• leuâes, le comte d'Autishamp; à. Beirdeafx, le duc idé GfaiB- 
. »K>ni$ k k Rochelle , h Qoqitede Betliisjr^R^n^Sil^ ciKml^ 

de Yiopénil; à Ca#a^ U duc de Fekice; à Rouen,. It.inaré^ 
ehal iuc de Trévise^ à Lille, le maréchal duc de Bellone^Ji 
Dijon, le comte Charles de Damas; k Lyon, le comte Roger 
' de Damas ; à Péirieueiix , le raarqtiis de Lagrange; à Bourges , 
,1e marédial duc «e farente ; à Tours ^ le eomte Dupont; en 
< Cof ie , le ^jévérml Wi)lot. Ainsi , les aa diiôaions militaires ont 
.«eh^ncune leur g^vèmeijii!. 

•<- Les journaux ai^glois di^nt que Oi^y et Lefevre- 
^I)esnouet|es sont arrivés i New-yorck,,,et ^e Grouç^y s'est 
embarqué à Guerneséy pour se rendre aâssi aux Et^^s^-Uni^. 
: — Trois Anglofs^ .accusés d'avoir rec.éié Lavalette, et d'à-, 
'•'oif'favotîsé sa fuite hprs dû royaume ; Vieifnent d'être arrê- 
tée, et seront traduits *V^i les tiribùnWti*. " ' • 

ii*. '.;•• .'«''■ ■''■■' ~»^ «■ • ' J • • • ■ r/» , # ,M,({ -■ '..'.' 

. .',, M m _, Il « n iiii . il m Il 11/ V , 

ibans la séance du i3, )â clbambre étant en comité secret, 
Tordre du jour a^peïôit à hi tribune Iff/Chifflèt, chargé, an 



s 



( 3o,. ) ■ 

nom d'une GonnaMon (i ) spéciale , de faire un rapport. Sttr far 
proposition &ite , par M. de Castel-Bajac , dans la séance, du 
21 décembre,, tendant à autoriser jes donations d^s biens ^' 
meubles et immeubles , en faveur du clergé. 

Le rapporteur^ après avoir expose les motifs religieux , mo- ' 
raux et politiques qui militent , tant en faveur de cette propo- 
sition de loi , que des importantes modifications que lui a fait ' 
subir la commission, donne lecture du projet, ainsi amendé : ' 

Art. i'**. Pendant l'espacç^ de vingt années, h dater de la 
promulgation de la présente loi ,1e clergé de chaque diocèse , ' 
représenté par son évêque, qui aura prealablemieut pris l'avi»* 
du bureau diocésain mentionné en rarticle 6,' est autorisé k 
recevoir par testament et à accepter toutes donations dé'bien^" 
meubles ou immeubles qui pourroient être faites pour Tentpe-' 
tien du culte , de ses ministres , des séminaires ou de tout autre^ 
établissement ecclésiastique reconnu par le gouvernement , en 
les appliquant à la déstinàtioii voulue par le donateur, pour- 
ïesdits objets être possédés en toute propriété et à perpétuité 
^ar les titulaires de bénéfices ou leurs successeurs, on par 
leëéiis établissemens ecclésiastiques. 
[ ^. Lorsque le donateur n'aura pas indiqué une destination 
spéciate, le bureau diocésain appliquera l'objet de ladonaèioti' 
à tels établissemens ou bénéfices particuliers qu'il jugera con«' 
tenables, Lofsq^ue Tobjet de fa donation sera une somme d^ar-:- 
^èht au-dessus de Soo francs, le bureau diocésain en déter*^' 
tninersH^emploi , éoti en constructions et réparations d'édifîçes 
tiécess^res au cvdte>y.aùit efi âcqursitîonB <|!lMiimeul»les et ren|es* 
au préilit du bénéfice ou de rétablissement qiie lé doiiatehi" 
auroit désigné. L^évêque du diocèse est, dans ce cas, àuCbrisîe' 
â acquérir au nom et pour lesdits bénéfices ou établissemens. ' 

3. Lorsque des libéralités par actes éntre-yrfs auront pour 
objet rérection d'un nouveau titre de bénéfice ou nouvel éta- 
blissement ecclésiastique , ou toute autre fondation , ces libé- 
ralités pourront être acceptées par Tévéque; mais elles n'au- 
ii^ont leur effet qu'autant qu^eîies seront autorisées par le gou- 
vernement; néanmoins cet effet reqiontera an jour de l'accep- 
tation par l'évéquei ou, s'il s'agit d'un legs, au jour du déct» 
du testateur. 

' (4) Cette cniomKston est composée de MM. Dalde^uier, ie ricomt» 
d« Cftstd-Bajac, Barthc^Labasiidr, le conte de Perrier, 1p comte dtn 
f^ousjé, le comté D^tidi^é d^ MMoeuf, ClWlAet, 1^ ooii^te PUaelli d« 
LuTalette. 



( 302 > 

4- L'arlicle C)og flu Gode civil conlmu.erfi à avoir son effet 
Qiiaucl les libéralités en fayeuir iVim miiii&tre dû culte lui seront . 
propres, et ne seront pa& deslioées k êtfe possédées ptu: ses suc- 
cesseurs à perpétuité. 

5. L*administration des biens ainsi donnés ou ac(]^uis apper- 
tiendra au bénéficier, à la fabrique ou à rétablissement auquel, 
ces biens auront été exclusivement affectés, à moins que les 
donateurs , par dés clauses particulières , n'en aient eux-mêmes 
réglé l'administration. Néanmoins le bureau diocésain aura le. 
droit de surveillance sur Tadministration desdits biens. 

6. Le bureau diocésain sera composé de Tévéque, qui le 
présidera, du premier vicaire- généra I » des trois principaux 
curés du diocèse, d'un chanoine choisi par lé chapitre ae la 
cathédrale, «t du supérieur du sémimiire. 

7. Il sera perçu au profit du, gouvernement, sur les acqui- 
sitions à titre gratuft ou onéreux qui auront Heu en vertu de 
la présente loi, les mêmes droits que sur les acquisitions faites 
par des particuliers. Il sera de plus perçu» chaque année, 
i5 centimes additionnels Sur le principal de la contribution . 
foncière à' laquelle lesdits biens seroient imposés. Ce droit 
tiendra lieu envers le fisc de tout droit de mutation éventuelle 
quelconq e. 

8. Les libéralités par aptes entre-vifs ou par testament, 
faites e». vertu de h présente loi, ne pourront excéder la 
moitié de la portion disponible déterminée par le Code, si le 
donateur laisse un ^rent au degré succe^>le. Daè«( fe cas ' 
contraire , elles pourront absorber la tdtàlUé de ses biens. Les' 
dispositions du Code relatives à la portion de biens disponible, 
et à la réduction , seront observées, ainsi que foutes les lois 
antérieures qui ne seroient pas contraires aux dispositions de 
la présente loi, 

La chambre a ensuite enteiidu un rapport de la commission 
des pétitions.,^fait en séance publique. Des militaires réclament 
leurs dotations. Renvoyé au mmijstère de la maison du Roi. 
Des volontaires royaux de l'Ecole de droit demandent qu'on 
leur tienne compte pour leurs études , comme on le leur a 
promis, du temps qu'ils ont passé s6ûs Tes armes, Plusieuri 
membres appuient la pétition;, mais MM. Pasqùier et Par- 
dessus repi^sentèDli qu'on peut dispenser du temps d'études, 
et non de la science, et qu if y auroit de l'ineonvéïtient à* né 
pas exiger les examens préliminaîresl La i^élidon est renvoyée 
au mifiistre de l'intérieur. On a paîsé à Tordre du jour^, vu kl 



( 3o5 ) 

"^oi d^âtinnistie , sur douze pétitions qui JemandoieQt que Ton 
^c^onfisqaÀtles biens de la famille Buonapcrte, et que i'on kf, 
-^ayer aux coupables les frais^de la guerre. 



Dqpnîs plusieurs mois, le Morning^Chronicle remplit presque tous| 
les jours quekjues unes des enorpies colonnes de son journal, de ré- 
cits de prfkendus massacres des 'proiesUns dans le midi de la France, 
«l d'invectives contre le gouvernement si mode'ré de c^ royaume. De» 
personnes instruits de Pëtut des choses ont roëprise ces calomnies, mai« 
la masse du peuples avec sa crëdulité ordinaire, y a ajoute' une foi en- 
t'ère. De toutes paris, les corporations se sont assemmces pour.pren- 
*fre en considération le sort des protesta ns de France, cl pour s'occu- 
per des inoytns de les soulager. On a prêché des sermons, prononcé des 
discours, écrit des brorliures. Une -«ociété de Londres, (jui se dit éla- 
l^iie pour la liberté religieuse, a même réclamé par une lettre Tinter- 
'venlioii du duc de ^Wellington, dans les affuires du protestantisme 
«1 France. La réponse du lord vient de détromper tous ceux que 1q 
mornin^-Chrf^niclè induit en erreur depuis long-temps. La voici : 
« Paris, Ie'a8 ooyeml>re i8j5. — Messieurs, j'ai eu Thonncùr de rc- 
•evoir votre lettre du a4, et je saisis la premirre occasion d'y répondre. 
J'ai beaucoup de raisons de croire que Je public et la société dont vous, 
«les les secrétaires, ont élé. induits en erreur sur ce cpn se.pas.se ^nnh le 
midi de la France. U est naturel qu'il existe des conflits vio'lens dans 
un pays où le peuple a été partagé non-seulement par la religion, mais 
encore par les opinions politiques; que là religion de chaque individu 
soiien général le siene du parti politique auquel il appartient, et qu'au . 
moment où la révolte (|^uiie armée aÊfoiblit le gouvernement, le parti 
foibles^»u£prêdequelque»Joilividusvio!ensdu pafj^i prépondérant. M^it 
autant que j'ai pu PapprencWe, durant mon sejbér dans cbltc cour en 
i8i4, et depuis l'entrée des* aHid^ dams Parii?; fe pois assurer que le gou- 
yernement a fait tout ce qui dépendoit dç lui pour mettre ^ aux trou-* 
blés du midi de li^ France, et pour'pr<$légèr tons les sujets de S. M.<:on- 
formémcDt aux- promisses de la cha.rtre con.stitnlionn£ile. dans Texer- 
cice dé leur culte , »insi que dans la jouissance de leurs privilèges , quelles 
que puissent être b'urs diverses opinion^ religieuses. Il n'y îf pas long-' 
temps que le général Lagafdéfut fent6yé par le gouvernement a IVîrbe^ , 
pour s'enquérir de l'état dès àfFairo^ àt celle coùiréc, et, sur /5ôn prc- 
roier rapport, il recul ordre d'ouvHr les temples proiestâts, qui; par 
suite des qu«T«nes entre les pstrtis, âvoient été fermés. En voulant exé- 
cuter ces ordres, il fiit grièvement blesse. Mais j'ai étéiifformé de bonne 
pari, que 8. A. R. le diw; d'AtigOill^me s'est mis i Ist l^u» d'un corps de 
troupes éontre ceux qui ont voitln empêcher Je f^énéral Lagardé d«» se " 
conformer aux irisituctiots du^onvernemcnt. Jfc vous adresse Pordon- 
nfincedU^OT, pirtilîée en conséquence de cet événemetif j elle prouve 
auÊ&animent les vncs et les intentions de S M. J'ai à vous informer, ^ 
de plus; qu'il n'est pas vrai que les salaires des mini^lrcs prot^slans aient , 
>lç siapendus par le Koi. Jv pi'llse qUe'ies^lélàits dans 'lesquels j<i vûhj« " 
d\'ntr«r convaincronl la sociéU doal vous éieft les sccrémirés, que U 



( 5o4 ) 

Aor de Ttàocti o^a riefi à se reprocher au ix>\ti des éréoemeùs in^ht^ù^ 
rèus qfti ne $oiïi f>aftflës dans le tnidi der ce rôyaaOïc. 

M J*«i riiMDear d'^tti , etc. WsLLivoTarir i>. 

11 semble que celte lettre da dnc aurott d& calmer «n pen lé zèie et- 
tes inquiétudes de« proiecteuts des |>rotesUi|S françois. Us aitroieoc d6 
la publier par esprit de justice, et pour faire cesser les plaintes et le» 
clamçurs qu'ails aToienl eux-iuéfties provoauëes. Us l'ont an coulrairc 
teouese^rètetetootparu'f^hésquVlle eût elëpaUiéc sans letirparlid'-. 
pfttioA. ils otit écrit en France aux tni^isires protesians polir offrir lea^ 
ifilervention. On ne peut qu'être étonné d'un si tendre intérêt et d^nlie 
si singulière solliciltide. De quoi se fnéicnt ces bons Blutons, avec 'knœ' 
ftensibililé aûfectée et leurs doléances exagérées? Pendant qn^'ls htaqurot 
leurs lunettes sui tfohs , îIa ne satent pas ce qui se pass« chez eux. 
ils apercoÎTcnt une paille dans noire œil ; ils ne t^oifnt pas une poutrs' 
dans le leur. Les cailioliqnes anglois sotftfrenC encore oes resirNStionv 
et des entraves que nos protestatfs ignorent. Apôti'es de la idlëranre , 
If^érisses-yous tous- mêmes, ei tons TÎendres ensuite Aotis âonpef \oê 
remèdes. Vous cottvieot-tl d*écrire à vos co-reli|^onDaires en FraAce* 
pour semer la discorde et les murmurés contre le goutertement? Nous' 
ne savons pas qnel accueil ia pinpart des ministres profescaus onl fait IT 
ces avances indiscrètes ^ mads on dit que le siéur Marron letrr a réponds 
atec assta d^adresse. Il a refusé de léctamer l^inCervention des étran- 
gers, comme oo Ten soUicitoit; il justifie la conduite du gouvememeot ^' 
et prie oeS messieurs de ne plus lui écrire sur le ton qti'us avoiant pri^. 
' Sa lettre du 7 décembre mettra fin, il faut Tespérér, à ces tracasse» 
rfes de quelques oisift. Le témoignage du sieur Marron Ae samroit leur' 
être suspect; mais la vivacité de leur zèle tions l^est oA peu , et les pro-^ 
KHKans, s^ils sont bons François, les supplieront tous de leur retirvrr' 
une si olBcf^se protection , ei dt cesser des plaintes «itti seroiraC plii# 
miisibles tjue les incoiivéniefis auxq«»el$ ces kotffeêtes eKrt^pN pftffM'' 
sent voaluir ap|}orkr4«lnède. 



AVIS. 



Les personnes dont Vabonnement expire le ra février pArchain / sbiif 
invitées à le renouveler, pour éviter tout retard on interruption. 

L'^angmenution que let journaux viennent d^éprouver dans les ità'* 
pùU et re'^iribuiions dont ils' sont cbargés , noas force à faire que IqueS* 
rhangemens dans le prix. Les autres journaux ont porté leur aboooe-*' 
ment à 79 francs, l^ous u^augmen'terons le nôtre que de Safranes pou^ 
Tannée entière j ajraut même égard » la sifuatiQn dé h plupart des ec- 
clésiastiques, et Tonlant leur donner unlp preuve de notre désiDtin'esse^ 
nient, nous n^a jouterons qu'un franc 4 rabonnement de six mois, ff 
' Bt>us laisserons celui de trois mois tel qu^il est. ï^îons espérons qtie dûs; 
abànnés verront dans la modicité de ces prit nne preuVe du desic que'' 
nous avo\)S de concilier leurs intérêts avec les nôtres. 

Ainsi les. abonncmeos seront à l'avenir 4e a(8 fr. pour TAiitriéc, de 1$ 
fr. {tour six vstoisy et de 8'fr. pour trois mois.- 



(^Samedi Ho janv>ier lÙiO.) (N^ ï5^-/ 



Deux discours^ sur des sujets égatement înieres-^* 
sans, ont été proDOocés récemmeut à la <ohattibrè de$ 
députés. L'un est de M. L^chèze-Morel ^ et reûfemm 
]es déVeloppemeo» àé la propef$itk>n qu'il aVoit fsâte 
de demander un projet de loi pour rendre aux curéflr- 
et desservans lè's fonctions d'olB/cier^ de letat civil. 
Après avoir parcouru rapidement rancieïm^ législa-»* 
tîon sur cè't objet, l'orateur, ahiVaht à la révolutions- 
remarque que ce fut en haine de la religion mk les! 
législateurs; de ce temps4à otèrent aux prêtres le soiix 
de rédi^r les actes de l'état civil , et (pie , pqur iliieqiï 
QOQSti^r leurs motifs, il» condamnèrent àdes amendes' 
et à l'emprisonnement tout officier de l'état civil qui^ 
^roit seulement Mt mention dur goki registre d^ l-ob- 
servatix>n de ijuélqne^ cérémonies reRgieàses^. Un but 
Afférent doit mener à une marche contraire. Auss^ 
M. Lactièze^Murel prouvé c|u il ftut rendre vin. pr^-i 
^es une foacUon que leurs ennemis sleuls leur otit^tée. 

c( Ce tCeii pas' un'e' chose aisée que (f e rendbcr'des mœui^ 
k une nalfony et s'il est p6s8iblé d'y parfeâir^ ce lie p«u£ 
être que par Tinfluèncé de la religioii. 

» Pôirr obtenir de éelte inflWitce^ ée préclébx féM- 
tat . il faut avoir de boDs pVètves; et ptur avoir debôbl* 
|$retres, il faut lerf élever au^èssâé dû b^oiû", if fa'at leur 
témoigirer que Toiï sait apprécier leurs vertus et leurs' 
i»ervicei^, il faut leur donber un raug^ il faut enfin forcèi!^ 
d'avoir réCoùrs k eux aux gVaitd'eç époques de l'a vie. 

» P{oâ pèreà étofent bien plus hallifesdanii Fart dé gou- 
verner les hommes; au lieu d'avilir tés prêtres, ilî^ aVoièlif 
f;|*It du clergé Te premier Ordre de TEtat^ et ce n^étoit pas 
^t>ûr les individus qui étoîent leurs ehfans, leui^s voi^insV 

Tôm^J^Ll'jiM'delaRéligiùnetduJtoi. V 



( 3oG ) 

leur§ Amis, qulls Tavoiefit fait, mais a6xi de rendre la 
Yeligiou plus recommanda ble par rbomtnage quUls lui 
^endoîeot dans la persomie de ses ministres* 

1» Quel est le père, quelle est la mère , qoî ne soient 
disposai i cbërir celui qui appelle sur leor nouveau né 
tMCes I«s bénédictions du ciel t 

» Quel est Tépomc/qu^e est Tépouse, qui ne ohéris- 
•ftoi Miisi cekii qui» recevant leur promease mutuelle,,' 
fic»rnie des vœus si ardens pour leur bonl|eur et le bon*-, 
^eur d^ leurs enfans ! 

>i Et cet homme livré à la douleur par la perle de son 
père, de son fils, de son ami , ne voit-il pas avec recon- 
jl^oîssance que son pasteur la partage, et qu^il ne suspend 
Ml sienne que pouf implorer la miséricorde de celai qui 
tient diinsseï mains la destinée de tous les hommes? 

» Daignqs considérer, Messieurs » combien ces rapports 
gant tpuchana, combien ils sont propres à faire obtenir la. 
eonfienca) et que «e peqt un véritable pa#(eur inf i^tide, 
lu confiance de ses j^roisôens, pour les pocler ^abiei^^jt 
les détourner du m^l ! ^ 

» bfon, Messieurs, non , Jamais je ne me persuad^riM . 
^o!ane promisse faite aiix pieds, de^ aul^4^aq;3,nn re- 
(fueiH^ment religienx, d^vaut Dieu dont on ado^-e la 
présence, ne soit une chose bien plus sacrée , c^i^ ne ^t 
regardée comme plus digue de respect,, quo^ si c^lo 
étoit seulement faite -au milieu d'un fe&tin d# , noces, 
i»tt80us le simple toit d'un jnaire de village | ou même 
quelquefois au milieu d'une orgie. , . 

. ;i On se plaint, et avec raison , des progrès eflfrayans 
de l'immoralité dans nos campagnes : ces pn^ès peuvent , 
avoir plusieui^ causes; mais je rie balance pas à Indiquer 
comme la principale de ces causes , la funeste dlvisioù des 
deux pouvoirs, civil et religieux, pour les actes de nais* 
aance, mariage et <)écès« 

» Si vous les parcouriez, ces campagnes, vous y rencon* 
treriez des hommes nés depuis 1792, encqrÇx hors du 
j^hristianisme, mariés, déjà pères de famille ,> qui, s'ils 
ereieat à rexlslence de Dieu^ ne lui «ut jamais rendu «t 



( 5o7 ) _ 

ne lui rendront peut-être jamais ni adorations ni hoa]<- 
magesi qui ne peuvent avoir d'autre frein que celui de bk 
loi, frein le «pi us souvent insuffisant quand on pet^t soi 
dérober aux regards > et qu'on croit pouvoir être tnécbâint 
avec impunité. De là tous ces crimes dont le nombre et 
Tatrocité effraient l'imagination, (jes enfansde ces hom-» 
mes seront pires que leurs pères; ils le ser^Hit par'l'effet 
de la corruption toujours croisisahle; ils lè seront par l'ef- 
fet de l'exemple de leurs<pères, et je vous supplie de con^* 
«idérer si de cet état de choses , il y a un grund espace à 
parcourir pour arriver à la barbariei 

)> D'après la législation actuelle, le mariage civil doit 
précéder le mariage religieux , et il faut que le mariage 
^ivil précède le mariage religieux , à peine d'amende 
contre le prêtre , même à peine de déportation , en cas 
de récidive; etsî, ce qui est airriTé plusieurs fois, aprè9 
avoir célébré le mariage civil, l'une des parties n« veut 
pas célébrer le mariage retigt^x, dans quelle sitafi^tioa 
^Mrrible ne se trouvé pas placée celle des parties q,ui croit 
• A s«rrelîgion et veut l'observer? . 

» Des avantages moraux que ren&rjxie ma proposition i 
fe pMw aux avantages politiques* 
' » Ia prunier de ces at«ttiagai»^fisfed!a voir des ragîsfVfli 
régulièrement tenus, et sur lesquels seront rapporteuses 
-naissanoes, mariages et décès à l'insftaot même: quelles 
liaptêmes^ mariages et sépultures auront été faits. 
. » Cooament sont tenus aujourd'hui les> rc^istres^ au 
moins dans les campagnes? .Un enfant naît; ua homme 
meurt. Je veux qu'on en donne avis au maiA*e* Mais ua 
le tiM>Uvé occupé de ses travauk. champêtres; se^déran* 
gera»-tMl pour aller (aire l'acte? N<m, Messieurs; et €b 
sera tout an plus le dimanche d'après, si toutefois il ne 
rbùblie pas, qu'il rédigera cet acte, et dans J'ordrsLtqjao 
»atnémoire,pettt-étre infidèle, pourra lui foiirnir.. 

» Delà combien d'actes dont la date est avancée .^ 
. reculée! de là combien d'acte& de naissance et de décès 
qui ne se trouvent mêmepas rapportés ! de là enfin ooqil- 
llieB d'emi»arras et de dittcnUés , ida fraïaj^ de procèa ! 
' Va 



( 5o8 ) 

» Je n'ai reproeké aux maires de campagne que des 
eri'eura et des inexactitude^; maîs^en e^t^il unseui d'entre 
noua à li| connoiasance duquel ne soient partemies d«s 
prévarications à prix d'argent? Les lois retatÎTes à la 
conscription ont été pour piusieitrs unemine à^er qu'ils 
ont exploitée avec un beureux succès. Cette occasion de 
corruption se trouve heureusement l'etranchëe; mais 
s'il s'en préseittoit quelqu'autre^ vous obtiendriez la con-' 
tiction de cette triste Vérité, que l'occasion' du mal man- 
que plutôt à un très-grand nombre deperseoiiea, qu'un 
très*grand nombre de personnes ne manque a l'occasioa 
du mal. 

» II j a eu des mauvais prêtres^ j'en conviens; mais ea 
combien plus grand nombre ne sont pas ceux qui '^ioni 
demeatés fidèles à Dieu et au Bei, et. qui sont encore 
aujourd'hui si utiles I et combien n'y en a'-t-il* pas eu qui 
«e sont estimés heureux de verser leui? aang peur leuv 
ibi religieuse et politique ! 

' w 11 ^ai ramener le peuple que l'igAerafice et le cré^ 
dulité mettent à la disposition du premier* imfputt^uv 
ijHi t^tfr'en emparei*. Leaiaits parlent; la plupaiU «ies 
maires l'ont égaré. Les prêtres^ feront ieiu^ «den^ir; ib le 
fcot , et , cert^ , voil«a«e» pie» 4 eompt^M»» i^x 4^ 
sur les maires.^ -, ^ * , . , 

»^ lyajprès ee que j'ai pu recueillir, on x^ecqnnoit ass^ 
généralement* l'avantage de la mesure; maia on craaat 
€fQ9 les esprits^ ne soient pas assesi^ disposés., et oii objeeie 
qu'il y a* en France beaiicu^up de paroisses où il n'y a 
pas de deaservans.' ; . 

» La première considération arrftta , commieje l'ai dif, 
les auteurs du Code civil; mais il s'est éeoixlé plus de 
douze ans depuis sa promulgation , et quand lesesprite 
'aerotnt^ils donc asse» disposés , s'ils ne le sont après un 
«temps aussi conaidérable, et surtout après les terribUa 
'leçons qaei les évééemens nous ont donnés? 

>» Ceux qui expriment cette crainte , sont loin de con- 
noître toute la force d'opinion que votre attitude, et la 
ibeaare qiîe "vom aves ma dada vo^#«ôndttile voua ottt 



(5ô9) 
doniK^e. UiSjiiplusienrs écrivains distinguer se sont pro- 
noncés sur ma proposition, et m'ont devancé dans is 
public. J'ai la confiance que si vous l'accueillez vous vous 
concilferez une plus haute estime; que les bons vous en 
béniront , et que s'il se trouve des personnes qui ne par*- 
tagent pas Tacclanialioâ universelle, elles auront asses 
ée pudeur pour se condamnei* au silence. 

» Il est vrai que la hache des bourrenux, la misère et le 
temps ont beaucoup diminua le nombre des ecdésiae- 
Aiqties. ' : , ' 

y» D'un |iut|*e4^té, la jemiesse n'ayant en perspeclrne, 
idans cet état , que des liumiliations , des privations et des 
^oufTrances, il a fallu une voeMion bien prononcée^ pour 
se décider à l'embrasser. 

» Cependant, je crois qn^en prenant en masse toutes 

* les paroisses de France , on en trouveroit les trois quarts, 
«t peut-être tin plus grand nombre, qui sont pourvues 
de desservans. ' . / 

» Prîverer^roiiB les trois quarts des paroisses de France 
^d'tm bienfait, parce que l'autre quart a le malheur ac- 
cidentel de me poùvetr en profiter? " 
:' ' i Et oe iifest;pas'qn'ii n^ ait .toujoops' des'officieÉs de 
.f*4tai'«ivii«p6ili; ceUes^eîr, puîeqn^ déEnit de prêlfieè, 
les maires pourront jeontinaer À exercer les fonejtims 
squ'iis exercent ao^ourd'liui. . < . « '. . - 

< ». Prenez! 'gardé d'iôUeors, Messieurs, que la mesure 
. prefKMsée'H^^tipas senlemenliime mesure d'ordre pa« 
hïicy et îra^ mesure qni do^i. rendre le ministère eccM^ 
siastique plus utile, mais encore elle doit faireioono^- 

• voir Terfpifaraiiee d'un meilleiir avenir poiir lés prfttres; 
et ce sera' un .puissant éoffoorageotent.poiir cherché]^ ^à 
mériter d'ètitev élevé Aaiacerdoce«. * ■ ^ ^ 

1» An surplus, ijerfie propose que. la- conséccalion.da 
principe ) et ce aéra au gouvernement, locsqu'oaitiplt* 
jvaillera à la rédaétion de la loi , 1 s'occuper des dé- 
tails j»« ' . ; ' . . « 

Nous çjpvnpÔQQ^ dopp^f a^ssliçi (jijelqjues extçaiîs. 



( 5,o ) 
dû rapport àe M. Cliîfflet snr les dotalidiis ia clergé. 
Cet autre discours ne mérite pas moins que le pré- 
cédent de fixer raltenliou des hommes sages. Le d^ 
faut d'espace nous oblige à renvoyer cette matière au 
numéro suivant. Mais nous ne pouvons nous empê- 
cher de remarquer que Je clergé doit voir avec satis-' 
factilb le zèle avec lequel des législateurs, Inen diP* 
'flérens de lar plupart de leurs devanciers, &oceiipeAt 
de tout ce qui peut intéresser la religion et la mo- 
•ralé. Cela confirme heureusement ce que nous cKsioos 
'nagiières de l'esprit qui anime la chambre. On peut 
tout espérer de députés si bien intentioùnés , et qui 
. s',annoncent, aussi francbemeat pour les protec(eui-s 
du clergé et pour les restaurateurs d^s anciennes ins^ 
lîtVtioDs.: Je cws qu'à tout prendre^ çeUit chaaib^^ 
vaut bien celle de Félix Lepelleiier et de Barrère-f 



Nouvelles ;EÇQLé&iA$Tiquie5«, , 

' AoiiE. Deê journaux ont 'annoncé que. le «aini |p3èr« 
«éloit iB(Ë8pdsé. Nao« Mftirom avec» plaMr ««itise Ik i^. 
'jouit constamment d'cin» santé tt^ds^-floriesanie. 

— Son £m. le cardinal Lit ta, arrivé à. Venise^ a 
' prétenté à Fempereiir d' Autriche le bref de S. S. U a 
-été acoaeillide S. M; Lotec beaucoup d« bicirveîAifatre, 
-et s'est mis en route poilrMHan-, où il 'précédera ce 
•prince. ' '•.■•'.,•»:.' 

-^ Le 5 1 décembre , lesi premières irêprts de la Chr^cHi- 

i'ciidbn furent cfa^nt^ solenneHelnent dans; kr cbapeKe 

Pauline du Quirinal^ en présence «do souverain P'^c^- 

tife; âpres quoi le sacré collège se readit à l'égliae def 

• Jësus^ où l'on dhanta le Tê Dêum en aations de ^rftcea 

' des bien&its acconâés par le Tout-i-Puisaiint àso» ^lise 

dans le courant de cette année. Le cardinal Mattei donna 

la bénédiction. Le jour de la fêle, Ç.*S. assista à la 

grand'messe, cbaïkée par le cardinal Galeffi. 



(5m) 

-;^Le lour djss Sainlft-Ianocens, six Jui& ont reçu le 
.bftptême^ dans; l'ëglisQ «des 'XM Apdiires, des mains, do 
M* Frattini,,archevêc|ae dePhilippes^ et vîce-gërent 
de Borne. 

;— On écrit de Nice, que douze religieux Capucins 
. y ont éié réinstalles dans leur couvent» et y ont renou- 
velé leurs vœux et rçça leur habit des «nains de M. Té* 
véqiia de celte ville » en présente du . commandant 49 
la ville et d'un peuple noo?bveu;^« 

P^Ris* Le ser.vice pour M. de la. Rocbe-Jgqueleîn a 
eu lt«u dans Téglise Saiut-Sulpice^ le mercredi 17* L'e-> 
\glise étoit tendue de noir., et les frais de la cérémouio 
onl été faits par MM. les oll^cjleis du quatrième corps 
de. rarro<*e de la Vendée.. Un granci nombre de ifaîfî- 
taires assisl oient à la cérémonie. Des pairs, des députas 
et des personnes de h plus bau|e distinction s'étoierït 
réunis au frère et aux.enfans du mort pour rendre 
hommage à la mémoire d'un de^ plus fidèles serviteurs 
du Roi. M* l'abbé de Rete officioit. Apr^s l'Evangile, 
M<. l'abbé d^€| Quelçn 9 vicaire-général de la gr^Ade-au* 
raônerie, a prononcé l'oraison funèbre du défarit. Son 
texte ëtoit ingénieuseinent cboisi. Il éloit'tii'é du second 
' ' Livre des Roia: f^wU Dofniauêy ^.t rivii Dfmiinu^ meu& 
'* HèxfgiuuUnm in qmçum^/uç loço fuerisy DQming^jni 
Mex , <ùvs in nwràe , «V*,,i» a^Ux^ yiid eritâe^yua iûus. 
Le sujet étoit la fidélité au, ftpi^ cocpmandée par la re-> 
ligion,^par Tbonneur et p^f* la patrie. L'orateur a dëvê^ 
loppé «es trois motift dei,m,aTVè.ve à y rîimeuer Télog^ 
du marquis de la Rg|çbe-jp^uç|ein ^ et \l j a surtout {as- 
sisté sur le regret qu'a manifesté plusieurs fpis cegéiié«- 
reux^François de ne pouvoir fali:e. tf iomp]^er la cause 
du B01 sons le seepurs des 'étrangers. Il a .aiontré au^ 
combien, pendant la révolution,. on $yoit abusé du nom 
de l'honneur, alors mhme qû^on en méconnoissoit les 
règles., et qu'on od abando^noitie^sendera* Cen^est pas 
asses( d'être sans peur, a-l-il dit ,1! faut être sa^s reprp^ 
ebe^ et ici , rappelaut cet», paroles d'un trattre;, Jifa cauâ0 
iea^QfèrboiU0atàjatjaai»perduey il s'e(»t ^Içvé arec ai^ 



(3tO 

tant de rîgcreiir que de dignilë contre cette praphrlte i|^9 
WùWfinie et heureusement trompeuse, et a termine ce n^op 
peau en Wcriant avec l'accent d'un cœur vraiment fi^afi* 
Çois : Aibn, la cause des Bourbons ne sera point perdue ^ 
' tant qu'il restera une étincelle â^hùnneur dans un coeur 
français. A la fin de la cërëmonie, M. le curé de Ssiinl-r 
Sulpice a &it les absoutes. M. de Cpupy, ëvéqiie d^ la 
iRochelle, étoit présent i la cërénionie. On sait que son 
{liocése renfermoit une partie de la Vendre,, et on ^ ru 
t|vec plaisir ce prélat distingue par sa pdéJil^ au Roi, 
m^ndre partà ôes honneurs rendfus à un guerrier fidèle , 

Ît joindre sed prières à celles d'une nombreuse assém- 
lée. La quête taitjB à ce service ff produit i4,ooofrartcs, 
' fsn comptant les sommes envoyées par le Rdi et par les 
Prince^. '. 

; — On fait des préparatifs dans tontes les .^glise^i 

pour le service anniversaire du îii janvier. Les Princes 

et des deputatiopsdes d(&ux cKambres a,s8i$t'eront au ser- 

' vice de Saint-Denis^ QÙ M. Duchilicau, évoque de Chf* 

*|oiM-pur-Sa6ne officiera. Il y ^ura aussi tin service \ 

IlSfotre-bame , où se trouveront les principalesgriintôrHé^ 

jife la capitale. Dans ta cjigrpelle du Roi, M. féticien 

\ ^vêque de Châions-sur-Mtfrne, pair dt France . dii'iâ \k 

*u»se; ^-^ ' ''''-;: '' '^'<-^'\'^^^^_ 

* — ^ bans un jour oh tous les bons Françofs sont affectes 
*^|Jé douloureux souvenirs,. et où une seule pensée occupe 

tous tes esprits, nous croyons devoir rappeler une prq* 
ductipn trop peu connue, et qui $ rs^npprt à révénement 

* JEatal que notts cherchons i expier. Nous voulons parler 
dn discours prononcé par Pie' VI en consistoire sur ce 
«ujel, Je 1^ juin 1795. Ce* discours pieux et touchant 
«ôt mérité aussi d'être lu dan^ tes chiaires chrétiennes, 
et I^ sensibilité dià Poi)tiFé est aussi un Iiomniage àpj^ 

' yertus dii* Monarque. 

' " — 'Nous avons reçu plusieurs Mandemen? pour la 
triste sôlemni té de ce jour. M. 1-ëvêque de Baïéux re- 
monte aux causes du crime que nous pleurons, et le$ 

*ti*oùve dans des doctrines &nestes et dans de f^u^ sy%: 




( 5i5 ) 
ièîtie» qui îrrîléren! les djfsîrs, exallèrenl les passioiiSj^ 
jégtvèreiît la r»4ison d'qn peuple. Ce passage est trop frap- 
pant pour ne pas être mëdrié : 

« Grand Dieu , que4 infernal génie a pa porter des Fran-r 
cois à des excès si coupables? L'incredalite, N. T- C F.,, 
fut ce génie malfaisant. Une secte impie avoit fonné le pro- 
jet âe renverser la constitution religieuse et politique , qui , 
depuis tant de siècles, faisoit la force et la gloire de fa Fraùce. 
Pour y parvenir, il falloit inspirer le dcgoùt des moeurs aft- 
tiques , le mépris de la religion et de ses pratiqués augustes^ 
il falloit avilir aux jeux des peuples l'autorité royalev Ce fiit 
. i>ar|Di Xes hommes instruits et aans les preofiières çlaftses d^ 
la société que de faux . sages répandirent d'abord leur doc^ 
trine empoisonnée. Mais bientôt le peuple saisit avidement 
ces nouveautés impies : il Crut sans peine qu'il étbit le seul 
souverain ; que tout ce qui tendoit; à mettre un frein à ses 
passions étoU une t^annie; qu'aucun devoir de conscienoe 
He l'obHg^oit 4'obéir à son Roi; que s'il existoit un Dieu, ca 
Dieu n'étoît pour rien dans le gouvernement des empires; 
qu'enfin , dégagé de ces liens incommodes' dont on evok )«if^ 
iqn'alors encnatné sa lil^erté, il pouvoit iinpuitéftient se livMt^ 
à toute sorte de licence et d'audace. ' 

» Nous ne sommes donc plus surpris^ N. T. CF. , iqu'un 
peuple, dont on avoit écaré la raisdn, irrité les désirs, exalté 
^s passions^ m peuple devenu sans frein, sans morale et sans 
-reltgiop, ait souffert qye des fectieux commissent^ sotis «ee 
yeiix , en son nom , et néanmoins contre sa volonté , le plus 
Mvrible des attentats. Si Iq lumière qui est en nous n'wt que 
ÉénHfreSy dit Jésus-Christ, combien seront grande^ lés iénë-^ 
ères mêmes ? * ' ■ ■ * 

* Mais ce qui nous surprend et nous afflige profendémentf 
N. Ti C. P., c'est de voir que tant d'années d'«erreurs, de. 
' jcrimes et de désastres > n'aient pu dégoûter de k' manie dea 
systèmes d'une politique absurde, et des chimères dhme phi- 
losophie anti* religieuse, certains esprits aveuglés par d^inr- 
j'ustes passions. 

» La même fureur révolutionnaire, qui , à la in du dérniei^ 

jsiècle, sembla s'emparer de tous les esprits et' htmleverser 

toutes lés têtes, ne ravons^Aous pas vue, danis ces derniers 

temps , reparoitre avec une nouvelle impudence ^ et acoompa^ 

•ener Fusurp^teur dans sa marche audlicieuse <t impie? Ws^ 



(5.4) 

Vonâ-wMispàs entendu les mêmes discours , les mêmes vbct- 
fératiaos et les mêmes menaces? N'art-on pas affiche le même 
mépris des sermens les plus solennels, et des ensagemen^ les 
plus sacrés? N'a<-t-on pas vomi les mêmes imprécations À lés 

•mêmes bUspbêaies contre le Roi , contre, la religion et ses 

.ministres, «t contre [Dieu lui-même »? 

— La* même pensée n'a pas échappé à M. Tévêquede 
.Alelz^ dans son JMaudement pour la même circonslaliee, 
.el le prélat v a ajouté une iiistructioq tirée des patx>les 
mèaies du l^estamait de Louis XVL 

•— ' Enfin 9 M. Tévèque de Txoyes a fait aussi prêtent à 
•on diocteed'un Mandement, dont la brièveté ne nous 
"p<!rïnet pas d*ert rien retrancher: 

« Nous tondions, N. T. G. F., à ce triste et déplorable 
anniversaire, à ceUe amende honorable nationale oh le dfeoil 
le plus solennel doit expier le plus grand des crimes , et ré- 
narer Tinjure la plus mémorable que les hqmmes aietft pa 
.faire au ciel. Quel est le cœur fFançois qui n'ait déjà devaifcé 

Îai* ses ymun cette funèbre commémoration , et ne s'empresse 
e partager nn deuil aussi juste et aussi légitime ? Quel est le 
coeur chrétien qui ne désire de faire de ce jour, le plus horrible 1 
'de notre histoire., up jour de pénitence, de douleur et de re- I 

• pentir , et ne se fasse .un devoir sacré «f assister à ce sacrale 
iWfin qui va s'offir^r. jpour^Ja plus grande et HlJ^W ^^^tff^ 

victinie qui jamais ait été immolée par la fureiSr des Adfiêm 
/ et par, rmapiété en délire. j 

M Déjà MBS doute Içs orateurs sacrés se disposoient à céM- ' 
•hcéx dans les saûots temples rél<^e du;Roi-maityi'. Déjà nou^ 

métnes nous^ comptions lui payer ce tribut si cber 4 notre 
,eœur, dans le premier t^nplè de la capitale, lorsque lS, M. 
t«»oua a finit, connoitre le désir qu'elle ,a que^ dans aocurie 
r^lkfi, U J9^ éoii prùnoikcé d'oraUonfunèbre le st i janvier^ et 
^u'oH aé bonfie à lire en chaire le Testùmeni de Louis xri , 
-^-eomme le plus noble mpjren .4? rappeler aux François les 

grandes vertus de ce Prince. 

\ i^CW eo^e^et, N- T, €. F,:, la. {dus belle oraison .funèbre | 
•«qui pilisse êti^e ooerte à notre admiration , et le plus beau titre 
Tqiii puisse Ut reco.mjBwaiider à la mém.Qire des hommes : et ce 

* n'est pas sans- doute une gloire médû^orèpour Louis , que les 
Hirateurs les ^plus .éloquens ne puisant j^, jiveô tout leur' art» 



(5.5) 

noQS rien aire de plus noble et de plus touchant pont èa 
louange, que cette production sans art, sublime k force d'être 
simple , on ce vertueux Prince nous décèle, à l'insu de hd^ 
. m^jne, tout le aecret de sa grande ame. 

>• Nous le liron» dôàc , N. T. C. F. , ce Testament impéris- 
sable qui vivra ^aussi long^tèmps que la monarchie^ d'autani 

* plus éigae d'être proclamé dans la tribune sainte , qu'il appar- 
tient à l'histoire des saints, et d'autant plus honorable à la 
religion, que c'est elle-même qui l'a <Jicté.' Et quel autre sen- 
timent que celui de la religion auroit pu soutenir Louis à une 
si haute élévation , et lui inspirer cette abnégation surhu- 
maine qui lé porte non-^seulement à pardonner à des ennemis , 
non-ieulenxent à oublier leurs crime» pour ne Mongtr quà 
leurs malheurs , m9À& k leur demander pardon lui-même du 

' mal qu'il ne leur avoit pa» fait : que disons-nous 7 du m^l 

* «m'ils lui fiaisotent eux-mêmes?. Héroïque magnanimité dont 
il n'j a nul exemple dans lés annales de la vertu, et doBt 

. 90US chercherions en vain la moindre trace dans les sages les 

. plus vantés de^ l'antiquité I 

, » Mais comment un moDuraent ausâi précieux pour la ^na- 
tion, et aussi glorieux pour cet infortuné mon&rquè, a 4^ 
donc parvenir jusqu'à nous, malgré tant de mains infidèles, 
intéressées à le ravir à nos re^pect^/ AdmiroMiiJi , N. T. -C; F. » 
la divine Providence qui a voolu qu^uxi testament, qni £aût la 

«yjplipa hantet Cj^damnation de tous ses ennemis , ait été conservé 

,^Tjtt» eiio^is: cernes, et par>ces magi^ats impies qui yté' 
-aidèrent k soi immolatioiiï. : qui a voul^ ^e des organef non 

. SQS|feeçtfi ,et,d,'autant plus dignes de croyance qu'ils sont plus 

. vilset^lus coiipâbles, nous Taient .traiisinis avec fidélité, 
afin qull né restât plus auèùn doute sur son authenticité , et 
qu'un irrécusable temoigrtagé éternisât ainsi tout à la* fols et 

' ÎA gloire dé la Victitue et ro{<probi*e des bourreaux. 

» Il faut donc; N. T. Ç. F. , que pous allions pleurer entre 
Je vestibule et l'autel. H faut que dans cette grande commé- 
moration se renouveHe cett e r i r t h orreur, cette consterna- 
tion profonde oii fut plongée la nation, le îour de la fatale 
catastrophe. Il faut que, d'un" Bodt de^ fe France à l'autre , 
on puisse lire sur tous les fronts que le peuple François est 

. iimooent'dela^in»)rt'de aon Rm^d^qtfs bien loitf d'avoir été 
complice dè-ce fbrfaié à jamais détestable, 3 te vomf fr Ftiu^ 
cration de i^tOQÎivers. Il faut qi!i'4»rexera^le d'tmb nation n* 
^ak qiii iwbge tous les ans^ )ar un deuil géofralv.Ia-OM- 



(5.6). 

' JMté des rois, nons la surfassions en douleur et en regrets, 
comme nous l'avons surpassée en injustice et en ingratitude. 

• Il faut que , par un surcroît de supplications', de jeunes et de 
bonnes œuvres , nous obtenions du Père des œisencordes , 
que cette grande et mémorable iniquité ne nous soit pas* im- 

. yutée, et que suivant Fexpiiession du prophète, il la trans- 

• porte loin de nous. Il faut enfin ijue nous aUions nous pros* 
- temer devant l'hostie de propitiation pour l'invoquer en £eh 

veur de celui qui fut victime de son peuple, victime de sa 
yertu même. Mais que parlons-nous d^mvocation ? Ëst-il bien 
▼rai que Louis ait encore besoin de nos. prières? £st-il »vrai 
/qne ce soit pour lui ou pour nous que les expialîoBS soient 

. nécessaires? £st-il vrai que ce soit à nous.àlni offrir le se- 
cours de nos voeux et de nos suffrages, ^u est^e lui qui- déjà 
intercède pour nous du haut âe»^ dienx oii il repose? N'en 
doutons pas , N. T. C. F. ,. et croyons sans témérité, que 
cette ame prédestinée, purifiée par tant de souffrances, a 

.4éjà reçu la récompense de ses .vertus : que le Seigneur a en 
pour lui cette même clémence qufil a eu pour les autres, et 
que toutes les fragilités, toutes tes ombres de sa vie, ont-di^ 
paru devant le jour iimnortel de s^ inorl.*« 

— M. Gotiin Fient do faire. imp)*i|aer vio projet de 
ptmpe funèbre pour le sti jaiii^ièr. Après. dw réflexions 
«ir les vertus^ de Louis XVi , îl propose <!«= cérémtmîff 

' msptaloifes* On iroir qùr^ori jpfbh av<rif Hit#ie0i!i^à dès 
i797, ^*il parott même avoir été impritfif'l ëetfé ëpd^ 
que. M,. Gouin, destitué pour ses opiiiions d^jùne place 
qu'il occupojl ^u;? Pqstes, yîent d y et i^e' réintégré. U 
4pi^> ^^^^ P^ aentimena, 3e trpuyér heureux: de vo]r 
son projet adopté, sinon dans toutes ses j^arties^ ^11 

'«foaio^.q'^^Dt i^ujc dispeeilip.n8 prÎQcipa}e$^ , ; < 



Paris. Le 1 5 janvier^ leRma Beçu.àprieftktteeiweMM. les 
ûibassttdeitps ei minisives étrangers. A dette fkuJHeaoe, M. le 
comte de Laval ,*'cbefge d'affaires de Sardai^e , .a éilé pré* 
«tnté jmH. de laXive, ii^oductefir if^ mfbÊfispfkui^^ \ 



deux- heures, M"**, k comtesse dé Pevalàda, ambastfadnté- 
cl'£a>agiie , a été présentée au Roi et à la famille royale , au 
Gercie oe Madahb , duchesse d'Angoulémie, 6ii ell^ a été con-\ 
^uite avec les formes accoutumées. Le m^me jour v elle a dîoé 
au château, à une table de cinquante couverts, tenue par.. 
M. le duc d^Ëscars, premier maHre-d'hôtel du Roi,' et dont 
M"»*- la dadiesse de I)amas faisoit les honneurs. % 

*— Une ^dpDnance dn Roi contient un règlement sur J'ad-*. 
minktration des invalides. M. le duq de Coigny est nopimé 
eouvemeur de Thotel. M. le due de' Lorges et M. le comte d&v. 
\iUeman2i ^nt inembres du grand conseil d'administration ^^ 
M. le . marquis d'Avaray , le baron Millet^Mureau , le comte; 
KdouÀrd die Dillon et le marréchal de camp de Yieusseux sont 
membres du conseil d'administration / M. Adolphe des Portesr 
eat directeur de la dotation; M. de^ Walville, administrateur, 
«•mptakle, et M. L'abbé ^e Morambert, trésorier. ^ 

' — Le général Morgan a été arrêté et- conduit k la police. . 
• — Un ancien conscrit , nommé Phëhpau , lïé dans les en-4 
"Hrons de Saumur, qui se faisoît appeler Chatled de Navarre,* 
« été arrêté en* Bretagne^ On soupçonne ^e son cerveau est^ 
dérangé < et son imposture ne paroit tenir k aucune menée, 
éonrtré le' gouvernement. On le conduit en ee moment à l'ho*' 
]Htal de fiiecétre de iftotteh. 1 

"^ On instruit l'affaire des trois Anglois , Wilspn , Pruc<^ 
^' SfUcbinson^ qui sont accusés d'avoir favorisé l'évasion de 
t^yalette.il«)ttnt été transférés k Urfpree. Unf^'euita , dit-onà- 
secondé personnellement la fuite de Lavalei^tte , lui a doiùie 
un uniforme de généraf angïôis, un passé-port de Tambas- 
•ade,' et Ta escorté jnsqn^aux fi^ntières. Il pavoît ceftiftiaque 
Ton a trouvé, rfans les papiers. de Fan des prévenus, le ma-^ 
miscpft original d'un mémoire ridiculement attribué à lam* 
nassadeur d'ane eraknde puissance,- mémoire q^i avoit beârui 
coup de ressemblance avec les fameux rapports de FoucUé 
cfet été, et que» l'on faisoit circuler daûs le public pour satis- 
faire des vues et des menées contraires à la tranquillité de* 
l'Etat. Les journaux de l'opposition , en Angleterre , qui fai- 
soient circuler tant de nouvelles alMurdes, n^oïk-ont peut-être 
pius une correspondance si exacte à* en imposer. 

On dit'Que ce n'est que le 9 janvier que Lavalètte est sorti 
de Paris. JJn agenft de la police avoit remarqué , dans un hitel 
<&!» %dbottrg S|iiat^Honoré,-des équipagjps dont .on ne se jer^» 



i 



( 5i8 ) 
>^tt pas, et que IW ptrowaitt tenir prêts pour un grand • 
voyage, il apprit du poirtitr que ces veitures éioient sorties 
récemment, et n'étoient rentrées qu'aa bout de soixante hett-> 
res. Un domestique fut gagné, et décoiSvrit que ses maîtres • 
avoient une correspondance trës^tendue. 11 livra une lettre- 
très^longue, adressée à une société très-^onnne.à Londres^ et 
qui racontoit l'évasion de La valet le. C'est sur cette indication, 
que les trois Anglois ont été arr^'s. On ne peut douter ^e 
ie gouvernement et le peuple anglois ne désavouent des inm- 
vicius qui ont manque à leur pays autant qu'à la France en. 

Cotégeant un coupable, contre le droit des gens , et mal^^ 
bonne intelligence qui règne entre les deux nations. 
<— Les sieurs Gamier^ Merlm et £ac«%Im«ns, <|ui étoient à 
Bruxelles , sont obligés d'en sardr pour ^ retirer dans le nord , 
conformément k la mesure prise ^ par les glandes puissances, 
eontre^ les individus compris dans Vordonnance da R^. Gm» 
ni^r a Voulu fisdre en partant ses adieux, et s'efforce d'at- 
teûdrir en sa faveur en parlant de ses cheveux blancs, et de 
violation dn droit des gens. Il nous force à lui rappeler qi^ 
a souillé le premier ses cheveux blancs. En 17^, il denîan^ 
doit la peine de mort contre tous les émigrés; il a condamné 
Lo|iis aVI; il preehoit contre le modéràntisme. Il lui,aédl 
bieh,de parler du droit des gens. L'orgueil dans un coupable 
étouffe la ^tié pofùr sa disj^lMie. 



■^h x ii 



CHAMBRE DES PAIRS. 

Le iS^Anvier, M. le ^arde des sceaux a apporté le projeté* 
toi sur le deuil dn 21 janvier. La chambre l'a adopté à Fn^r 
nanimité. Une grande dépatation de la chambré se rendra* 
suivant le désir du Rot, au service de SamtrDenis. 



CHAMBRE PES DÉPUTÉS. 

Le 161 k chanod>re a poatmué ses conférences sur lelndget 
dans ses difTérens faarâanx: Quinse des commissaires qm doi-^ 
Vent l'examiner s6nt nommés. . ' * 

Le 17, nne dépuitation a été nomm/éè pour assister ou sei^ 
fict de Saint-Denis, «t porter l'adresse au Roi. M. le gaiAr 



(5i9) 

dès aceaux apporte le projet dé loi sur le 21 janvier, tel qu'jl* 
a été rédigé aans les deux chambres. L'assemblée l'adopte par 
acclamation. Un membre demande ensuite à parler sur U 
znême sujet. Le président remarque que là loi étant une foif 
adoptée , il ne peut plus accorder la parole. 

Les neufs bureaux ont nommé leurs cominiiWin'j paw la 
discussion du. budjet. 

Le 18, on s'est occupé de la discussion préparatoire et 
la proposition de M. de Bonald snr le divorce , et de celle 
de M. de la Cheze-Murel snr les registres de l'état civil. 

Une commission a été nommée poor présenter un projet d# 
loi sur la proposition de M. de Blangj. 
' Luiidi , on discutera en comité secret le rapport de M. Chif- 
ûti snr ks dotations du clergé. 



Si l'anniversaire de ce jour fatal et douloureux répand toon 
jours une sainte horreur jdans le cœur de tous les François^ il 
est du moins consolant pour la nation d'avoir fait taire la ca^* 
lonmie de ces hommes qui ont trop long^temps abusé du si*^ 
lenoe 011 ils l'avoiept réduite. La France , délivrée du joug^ 
^ui.la tenoit eocbainée, a senti le besoin de montrer à l'Eur. 
rone les véritables sentimens qui l'aiment, et qu'elle a aï. 
noblement manifestés par l'organe de ses dignes -dépatés*: 
Kon y la Fraaoe n'est point coinplii(« des ass a ss in s de son &01 s 
elle n'a point avec eux venéjie sang dn juste; queLqaesm«asA 
très, comme on t'a dit , ne sont pas les François; tout Top- 
}>robre de cet attentat ne pèse que sur leurs té tes ^ et leur 

5aUie 9 qui les rejette de son sem^ en a frémi la première*/ 
!*oiis les cœurs furent brisés 4a coup qui venoit de détruire- 
Farche sainte de la monarchie, et le peuple donna partout dea 
larmes à la mémoire d'un prince qui ne vécut que pour Tai*- 
mer, et mourut en priant <|ue sa mort lui fût encore utile. 
Des voix courageuses firent entendre aux tyrans l'arrêt de la 
postérité , et s'ils ont pu le braver et en imposer à la fûblesse 
d'une nation oii leurs. crimes avoient jeté l'épouvante., déjà 
a'élevoit contre eux, au fon^ des consciences, ce .tribunal in- 
flexible qui les accable aujourd'hui de ^ut le ppids de sa seo« 
lence. Amsi la justice ne perd jamais ses droits; la canse des 
rois est vengée , et la France vient de présenter aux nations* 
l'inposant spectacle de la plus heureuse uiUon «àtre le prince 



( 5a<y ) 

et soir peuple. C'est aussi le plus bel hommage qu'elle puisse 
TOUS oUrir, ô Roi-Martyr, qu'elle pleurera sans cesse , vonsr 

?ui êtes en quelque sorte après saint Louis , son médiateur 
ans le ciel , et pour qui son amour ne peut être comparé qu'à 
1 excès de sa aouleur. Les lugubres vétemens doot elle se 
couvre ppur honorer votre mémoire , ces voi^lés funèbres sus- 
pendus dans nos temples, ces chants ok l'Eglise nous fait 
^ssist^r aux funérailles du monde ; cette tristesse de tout un 
^uple, à la tél!e duquel mafrchént ses princes et tes grands' 
de la terre, remplissent sans doute l'a^e d'un çffroi reli- 
gieux , et annoncent assez que la nauort q^'on déplore a été 
une calamité publique ; mais tous ces m<inumens , que. ren* 
verse le temps , n'égaleront jamais ni I4 douleur qui les élève , 
m l'étendue de Àotre perte. Si Louis Xyi n'^ût point les; 
qualités brillantes :rui forment les héros , il posséda toutes les 
vertus qui font les 00ns rois. On a souvent répété qu'il avoit 
été trop clément; mais ce qu'on i^'a point. assez dit ^ c'est 
qu'il ^ut sacrifier, j^ar le plus noble désmtéresSèméht, lécfat 
«e sa Couronne afu souFagement de son peuple; ce qu'on n'*' 
point assez dit enfin , c'est qu'il fit juste , coùiibe saint Louis, 
qu'il tnii toute sa gloite dans le botiheùr dé ses sujets, et 
trouva dans sop courage' àei ressources pour s'élever ad-des- 
stts de la fortune. Il rie ihanquoit plus* à cette ame, vraiment 
royale et magrtanime, que ce je ne sais quoi d'achevé que It' 
maUkeiir, èh Bossûet,'ajoiite aux grandes vertus, et Je &h dé 

Et Lou^, comule loi, fct toi^]ours Boi'41 l^éros dirétien^ 
s les fer». Tranquille dans cette horrible tour, oii la reli— 
fi<m s'étoit Renfermée aVèc lui p6nr le cônsdlér, il montroit 
son fils les écuéils dû tronc , et cuKivoit cette âeur solitaire,' 



qui nedevoitpoitat, hélàs! prospérer pour la France. G'esl-là 
que, voyait aéjÀ, pour ainsi cure, les'cileùx entr'ouvèrts, il 
iraça ce lestaftient immortel , monumetit admirable de sagesse 
et d'amour, et oit soii ame respire toute entière. Que peUt^iiV 
après l'anroir lA , ajouter encore à l'^éloge d'un tel prin(fé , et 
que l'éloquente' des homfties est foible pour là gloî're de celui 

Îui est assis au côi)seii des aÀges! Lai^oiis donc k la tombe 
a Roi^Martyr le soih dé révéler au monde dé plus hautes 
leçons: en apprenant aux peuples à respecter les rois, les' 
images de Dieu sur la terre , elle avertit aussi ceux qui'portent 
le sceptre que, si la clémence est le plusberornement du troue , 
k justice en est lé ^lus ferme soutien. jHv D; 



{^Mercredi 5à^ janvier i8i6.) ' (N<>, i5a.) 



Nous avions apnonce dans notre dernier numéro le 
rapport de M. Chi£flet sur les dotations du clei^é. NotM 
pouvôœ d'autant moios dtffisrer à tenir notrepromesse^ 
<]ue cette matière est en ce moment à rordi'e da 
jour, et que la chambre d^s députes délibère iiur cetip 
importante question. Noua aurions pu être fientes dm 
donner aussi nos réflesion» à cet égard y mais le i»ap«- 
port qu*on va lire rious*en dispense. Il est écrit aveè 
cette solidité dé raison^ et en même temps avec cetjê 
sobriété des réilexiops qui aoncmceot à la fois uo esr 
prit juste, sage et nyodérë* Il est appuyé d'ailieurï 
sur la meilleure des preuves,* sûr rexpérience. U n*èsk 
que trop notoire que c'est p9ur détruire )a religioQ. 
qu'on avoit commencé par dépouiller le dergé; pûuf 
rétablir lune, il faut doncy oonpw enricbir l'autre, 
ce n'est pas assurément ce (][uHl demande, mais I^ 
mettre au-dessus de la dépendàncë.et du be^ih. L'étM 
actuel du ciei^é sous ce poiiitde.vue est déplorable. 
La plus grande partie ^ées^eetdéstastkpies^ dans !«• 
^mpagne» âmtout^ est , a ^prôpreinent parler, dans 
l'indigence. Nous avQUs rappelé^ plùsie,urs fois leurs 
^souffrances et 4a patience f^y^ç l^iq^^ella ils les esndur 
rent; nous devons aujourd'hui^ laisser ce tiîste sujet 
à un orateur plus éll>qûént , et i vm déf^^éur plus 
heureux. .'.'/.'* [" ... 

fc MeMÎeurs, dans une assembla telle que la vAtre, çofiH» 

péîéë de personnes dont les prim4^e$ sont sûrs i et la raison. 

éclairée far l'enérienee , je fi*tti ]f»as lîeéomdè déVtsIoj)^ 

iongaemeiBt iaiim5sitëdeiai«ligion'd«fts'wi£te^^ ' 

• t> Att nàlmi des affireaseï eonvolsiond> ^i ont bDnTelflrM hi 

. ;7W<f riï L'^mi de i^Heltgion ef du Roi. * X • 



(523) 

France, au milieu des malheurs qui nôvié ont accables ^ nou^- 
avons tous éprouvé ( et les vérités de sentiment ^nt bien plus 
persuasives que les calculs et les.raisonnemens de l'esprit) nou» 
avons tons ^éprouvé que la religion seule étoit la source des 
vraies consolatioBS* 

» Nou», nous gommes en.mfêftte!t4mps.GotnnKiociis ^'e)le est 
la véritable source de la moral/ç« L^sidjées j|b$trail(ês ne .sont 
'pas à la portée du peuple ; des principes raisonnes ne peuvent 
pas s'înculqnei^ profontlém'ent dans dés. esprits simples, et 
«Amt lies Incultes sont ^tl éévë)6ppées. It fàixi aà peuple nne 
jnocalfl (i^ à ^^s^ actes evtirieiftcs ifOi frappent les.sensi; et), 
cènune le besoin; dq la morale est de tous les insi^ns^ji! .£a«t 
au peuplé dés pratiques journalières «en" quelcrue sorte', qui le 
VappeHent continùelfémeWt âA^t principes de morafê. C^est 
tMfl ensemble d'actes et ^principes' de devoirs envers Dieu , 
,et 4e di^voirs enveHrs ses sembUileaiiqui cojwiitiumtla reJi^ 
^ion* he% devoirs du^çœ^r envars Dieu , rappell^t , le peuple 
a ('amour de l'boiïimeY Tes deyoirs eitérieurs envers Dieu le 
Yamënei^t â fa biénfâisancel Admirafjfe ensemble dans .sou 
ytini^t. Àdtyrkbledàns 1^ rëèultM^T \ ' \ 

^ •. a J« Je. xéfklm^ |ioi|s*sim[>Qr,!<par «tie <ru^ eipénence;, 
^e lej^eup^jE^ qu'où a;diMaea«é de ses devoirs envers Dieu, 
ae croyoit' prbpiptement dégagé de toi|s autrj^s deypirs, e| 
flhissoif ]ji»S\r les 6UbKér. ^ 

ti Sêlei létoralë ëiir ii«ee«!«lîrém^t fîéé à Ja rélj^on^ et k 
jlMe Delij^ioA prc^»e.« >i fiwti^nHdiHtcpsà'aittiE^religioii. 
^ »; Po^Hjl de, iiforaie sans ii^ligion; pc»«^ ^. isel^gioB fian# 
«ulte^ jpoïnt fle onlte sàn^ irtinistres. 

» J*a|outè, "p^iàt de^mînistrW sàn5 une ïusie fibcrte . sank 
Tioe jAsIé indé^etodattce'' serfs h's' rafp^drè de Kèsbms et-oe se^ 

JlWrS*' \.i i. ' •) 'i .. ' . . i :.«•., .,.'.•- i 

\ » J^ D^B^e&f^ SR^^P "^Ppof^r, . çotxinie ^pQssf^h i'^iistepc^ 
a^uûe classe qe citoyens qui seroft ou pretétidroit être isolée 
dans FEtat^Je ne parle que de l'indépendance pour hs besoins 
fkyû(l^qH r '^^ rr o'i'ii >'^\ ' -.?•:■■ . ' ,'-■, '■■ 
^ *.,Soft<s pç rapppr^y 1^ s^ini^es^r^t.la.îeliçifm pwfiveiH étf^ 
4éppei}#^^, ^i^i^'jpuv^rtiemeilt) 4«^4^ m^ivid^s* \ 

» Une .4^pim4?iW5fr <;rpp:ett#^ dd gc^uv^yNaieiileiii^ientPiûmir 
fooit «i^^çe^siijneiii^ d'abord, dej» y^ria&ms daiMj UinsIÂgion , 
et enfin sa r^iDe eiit^ëre. Le puissant sur le^ foIble^J^ricbe 
fiXLt le pauvre prend insensiyeméBt use forte influence. TA 



( SaS ) 

«fst le soft èe Ftemanité , et les fonctions sul>Kmes de îa ret- 
ligion n'en préservent pas ses ministres. Si le gouvernement 
tient dans ses mains leur enislence physi*jue, ne neut-il pas 
un jotir substituer les caprices de l'homme à la venté immua- 
ble, soumettre la morale éternelle, la morale pure du ciel 
aux essais d'un perfectionnement idéal , et finir par altérer 
même le dogme toujours essentiellement lié à la morale ,dorit 
il est la hase? Il y auroit autant de variétés que d'Etats dif- 
férens/ autant de systèmes religieux que de gouvememens 
-«ttccessiPs', et pour la morale comme pour le dogme, la feli- 
FÎdn deviendroit toute humaine , toute terrestre ; elle cessèrôit 
a être la religron du ciel. ' 

» Voilà l'efFet, l'effet plus on moins prompt, mais inévi- 
table, d'une dépendance trop grande du clergé k l'égard du 
gouvernement, pour les besoins physiques. Et un gouveme- 
ntent sage, qui veut stabilité dans les institutions^ nxité dans 
les principes, constance dans la conduite, évitera- ce germe 
de versatilité et de variations funestes dont l'homme trop dé- 
pendant ne peut se garantir.- ' ^i • ;/ 

» La dépendance oii le dergë seroît des individus, n'âo*- 
roit pasr de moins graves inconvéniens , et seroit plus 'cho- 
quante encore. Il est contre la nature des choses crue le supé- 
rieur dépende dtf ses subordonnés , de' ceux qu'il aoit dirfgef , 
ép ceux qu'il est destiné â reprendre et à ramener dâtn» la 
roie du Avoir quand ils s'en éeàrtsent. ïl est ddiic de toute 
néces^té que les YniniMres de ta religion, ces magislirats de 
)a morale publique et particulière; soient a u-de^us du be- 
soin; qu'ils n'attendent pas journellement des secours, soit 
clu gouyerneroent , soif des particuliers. Il est d'e' nécessité ab- 
sohier'que cette indépendance leur soiti assurée d*nne maniëre 
stable pour l'avenir ; c'est-à-dire, qu!il est nécessaire que le 
defgé soit propriétaire. . ' , 

» Sans'patler de fincoftyenance d'abaisser auVang de sala- 
riés le^ ministres de la TeHgion et de. la morale', lorsque vous 
désirez tous rétablir et la morale et la religion- sans parler 
de cette choquapte comparaison entre leurs chétifs traite- 
xnens^ et ceux de cette multitude d'employés, je penser Mes- 
si^nî, (^i^'rinfliience, l'importance, tiennent parmi nous 
à ïa prbpHété ; le clergé ne prendra donc l'influence qui lui 
est nécessaire pour le bonheur commun qu'en devenant pro- 
j^riétatrr. 'fin^^rintfpc, dam uQcf nation essentiellement pro- 

X 2 

/ 



(3^4 ) 
priétaire, le clergé 4oit élre propriétaire > et ne doit pas être 
salarié. 

» Je ne prétends pas dissimuler les abus qui s'étoient intro^ 
duits^ suite trop orainaire des grandes ridiesses dont on avoit 
trop long-temps toléré l'accroissement. Mais l'époque fatale 
étoit venue oii Ton ne savoit par réformer; on trouvoiy plas 
court de détruire. Que de moyens de rendre ces nchesses 
utiles à l'Etat, sans les enlever à la religion! des collèges» des 
séminaires, des missions, des hôpitaux étoient tenus déjà par 
des membres du clergé; on pouvoit les charger de l'entre- 
tien d'un plus grand nombre. Aux défriche mens des.'anciens 
couvens, avoient succédé les recherches d'érudition; iléioît 
^possible de donner à l'emploi de leurs biens une direction utile 
aux sciences et aux arts; .mais on vouloit détruire, et Tintée 
rét public a été sacrifié. 

» Cette fureur de destruction, on l'a étendue jusqu'à ces vc- 

/nérables pasteurs de nos campagnes; et ici l'étonnement^ les 

^regrets doivent 'redoubler.. Rappelez-vous , Messieu^^s, la vie 

de la îplunart dVntr'eux , lorsque l'aisance les Uissoit libres 

^d'exercer leurs -fonction s avec tout le zèle de la charité et an 

désintéressement, et vous n'hésiterez pas à leur désirer cette 

janciepue et nécessaire indépendance; vous sentirez, que le 

iclergé doit être dans l'aisance, et pour cela propriétaii^. 11 

'n'y a pas d'aisance assurée sans propriété. 

H Ces cui^s, am miliea à'yn peuple simpl^^, si^v^nt .les 
..seuls instruits, éTt>iéffit tés seuls institttlenrt: de :1^ j^nBease , 
le§ ^Is en état de donner un comeil utile, anx faneiilles comme 
aux particuliers, et de répandre dans les campagnes quelque 
instruction , quelques connoissances , et elles étôient gratuites. 
Entoures de gens, la plupart pauvres, ils alloient encourager 
le foible, et reprendre le vicieux (c'est un de leur» premiers 
devoîrs). Mais quand jadis ils étoient en état de porter quel- 
ques secours temporels^ le foible étoit doublement soutenu y- 
ïe vicieux, en recevant le bienfait, étoit fprcé aussi de rece- 
voir le reproche. Ils visitoient/lliomme affligé, le malade : 
combien les consolations qu'ils leur portoient étoient douces! 
Comme elles devenoient eâlcaces , quand elles étoient ac- 
compagnées de consolations temporelles! Moje^ certain de 
persuader le panvre, de le distraire de sa peine ,,,4^! dinni- 
nuer ses souffrances ! Il étoit rassuré $ur les besoins du mo« 
ment; re^raoce voiloit à êes yeux le mî^i ^t les besoins da 



, ( 525 ) 

lenclemain] Celui qui venoit âe soulager les mau^ preséns 
avoft obtenu la confiance , et il persuadoit quand il promet- 
foit là fin des maux et la future récompense du courage à les 
souffrir. La sienne çtoit toute entière dans les bénéaictions 
qu'iV emportoit. 

' n Messieurs, cette peinture n'est pas idéale; tous, nous 
avons vu cet effet heureux de l'aisaii^ce dans les curés, et 
d'une aisance modique. Quelques propriétés dans leurs maina 
réaliseroient de nouveau ce bonheur dans nos campagnes. . 
' » Combien leur sort est différent aujourd'hui ! Ils n'ont pas 
)é nécessaire assuré. Lie malheureux qu'ils vont visiter, qui 
ihanque de tout , qui souffre et privations et douleurs , qui en 
est tout préoccupé , qui y est livré tput entier, comment gàà- 
teroit-il les consolations spirituelles, utiles sans doute, m^is 
dont il sent moins leliesoin et le prix! C'est le besoin phy- 
sique qui le tourmente, et son pasteur ne peut le soulager! 
Le conseil est à peine écouté, la réprimande paroit dure, et 
elle est mal reçue : accompagnée dé quelque don , elle eût été 
si utile! Le curé le voit, et il se retire plus affligé de Fim- 
pnisâance de son zële que de ses propres privation^; et si son 
aevoir le refient près du pauvre dont la fin .approche , com- 
bien son çœ^r souifre de 1 entendre demander quelque soula- 
gement , et de ne pouvoir le lui apporter , de. voir une fa- 
- raille entière pleurer sa misère impuissante , et ^e n'avoir que 
'"d^pteitfsâfpartaW avec «lie! 1^ qiiané cette. fo mil le^pri-* 
vée par 'la mort de son seul soutien, éprouve le besoin aua 
consolateur, faudra-t-il qu'au lieu de ÎUi donner dès consola- 
tions, il hii demande son dernier écu pour prix du ^riiier 
service rendu au malheureux père? Triste ressoiurce, qui 
cesse d'en être une pour le pasteur sensible! ressource qni^ 
dans son origine, étoit'à peu près insignifiante par sa modi- 
cité , et que le besoin des curés a transformée en un revenu in- 
dispensable. ' 

» Messieurs,- voilà l'effet du manque d*aisançe dans les* cu- 
rés de campagne. Voila la-peinture trop vraie de ce qui existe 
partout aujourd'hui. Le curé voit ses paroissiens craindre son 
approche, s'éloigner de lui , parce qu'ils lui doivent une 
somme modique; ces malheureux habttaqs qui sentent sur- 
tout leur pauvreté, voient avec moins 4e regret leur com- 
mune abandonnée de son pasteur ; mais en s'élo|,ignant du ïni- 
nistre, on d'éloigné de la religion, et la religion. 6mt par s*é-^ 
teindre. 



,. i^he» impies l'avoîent bien jugé, quand ils déponillc^siit 
les carës : relevons la religion dans les campagnes y en les ren- 
dant propriétaires. Un des mo3'en$ les plus simples est d'au- 
toriser les libéralités; leurs besoins connus de tous stimuleront 
le zèle, et malgré les diUicultés que les lois actuelles présen- 
tent , déjàTon emploie la voie des fidéi-conuuisi voie immo- 
rale ^ en ce qu'elle teptela cupidité; peu sure, et par-là moins 
çmployée ; momentanée , et nous devons travailler pour l'a- 
venir; enfin, moyen illégal , en finaude de la loi, et qui pour 
qela seul doit être réprouvé par le législateur ; mais c'est un 
^otif pour nous d'espérer que les libéralités encouragées et 
protégées par le .gouvernement, fourniront au clergé des res- 
sources considérables. 

» 11 est up genre d'établissement d'une nécessité indispen- 
sable pour soutenir )a religion, et qui réclame les plus pces-^ 
0ans secours : je veux parler des sémmaires. Vous n'ignorez 
pas que . le nombre des prêtres diminue chaque année dans 
une progpression effrayante. t>éjà beaucoup de paroisses sont 
sans pasteurs. Si l'oti n'y pourvoit sans délai , bientôt le niai 
sera extrpme. Depuis que le clergé est dépouillé , les parens 
saven,t que le sort futur de leurs eufans seroit incertain dans 
cet état > ils n'osent .les y destiner; les çtudes préliminaires 
sont très^lon^ues;..si les séminaire» étoient dotes, du moins 
en partie , les jparens seroient moins effriiyés des dépenses 
4'un^ loi^guft^ÀUK^aÛPn. Ceisjéflei^ioi^ feront ,4e ItH^ésire, im« 
pression sur votre esprit, et vous ieroul sentir la nécessité 
d'assurer aux séminaires des ressources solides. Le detnier 
gouverpement , en établissant quelques Jbourses, n'avoit pris 
que des demi-mesures, qui tendoientà mettre la religion sous 
sa main; et vqus^ Messieurs, vous désirez réellement sauver 
{a religion, et la rendre indépendante. 
^ » IL faut aussi àes temples; il faut au culte une certaine 
pompe : l'homme ne peut être isolé de ce qui frappe les 
S^ns. ,$i Dieu demande de nous, avant tout, l'adoration en 
esprit, et la .soumission du cœur, nous lui clevons aussi le 
culte, extérieur. Il est important d'attacher les peuples à ce 
culte nar ce qui peut y attirer. A différentes époques, des 
idées oe ^perfçction imaginaire et hors de notre nature , ont 
fait proscrire et la pompe et la plupa^ptâes actes religieux. 
iV^je^ops, Messieurs, ces j)rétendues perfections prises bor$ 
de rbommei il lui faut un culte; il faut à ce culte un certain 



(527) 

ëdat : il faut.donc au clergé des propriétés qui lui en dooneat 
la possibilité. 

» Ces réflexions s'appliquent au^ chefs des diocèses, aux 
évéques. Voudroit-on s effrayer des abus de la richesse? Ah! 
IVÏessieurs, déplorons que ce danger soit si loin de se faire 
sentir. L*£tat ne pourra-t-il pas arrêter, quand il le jugera 
nécessaire, cet accroissement de fortune? Il Ta fait, jadis, 
peut-être trop tard ; mais le^ouvernenrcnt actuel de la France 
nous laisse la certitude que fabus ^eroit prompten^ent signalé, 
et aussitôt arrêté. 

>? I.a commission, dont j'ai l'honneur d!4tre Toreane , nous 
propose d'autoriser les libéralités en faveur du olergé exis- 
tant aujourd'hui , et les acquisition^ qu'il feroit par contrat. 
Nou^ allons développer cette loi imporfante donjt nous ne 
pouvons établir que les bases; elle fournir jst matière à plun 
sieurs lois de détail , et à plusiem'i réglemens plus ^oi^ moine 
urgens. 

» La cominission a pensé que lé principe ne deyoit pas être 
^ simplement adopté, mais qu'il pouvoît eitre ^mis ,à «^écntion 
dès aujourd'hui. ÈJUe restreint cependant celte faculté d^ac- 
quérir au temps et délai de vingt années. lia commission croit 
que cette facu|té pourra être jp^rorogée ; qu'il sera .utile de le. 
faire. JE^lle sait aussi que si on j)ou,voit en craindre ^es abus 
fivant cette époque, une loi, peut toujours suspendra cette fa-^ 
çu1té d'acquqi;ir. Le pouvoir législatif ne peut être borné ni 
limite pour favenfr; niais la copimission a chi ntile de fîter 
cette époque pour provenir nés crainft^f .peu .^ondées, pour • 

ôter tout prétexte de plainte. 

» Dans le projet de loi, le ^clergé «est autati^ Jcrecevpir j 

jpar testament, ou dans tout a^^'e forme- léj^alie j xpais ^ous j 

le nom du qlcrgé, il n'e^t, il ne. peut être, ici question que j 

des évêques , des chanoines , des qurés et Ticaixes que j'appel- 
lerai bénéiiciers, et des établiasQmens reconnus dans chaque 1 
diocèse. Leur.uûlité ^st Avouee par le gpuyememe^t; leur ï 
existence pr^c^ire exige de Jui 4es secours qui sont, une ^charge * ; 
considérable pour l'Etat. .Quelle raison pourroit lui,faix;e au^ { 
porter des entraves à ces acqui$i|ions?.il sentira que.spn là- J 
tervention peut tarir la source des bienfaits. - . ' . ) 

.» Il ne s agit point des vices de ù>^mje qu'on ppun^oit re-. ; 

Î rocher à un testament ou à tout autre acte, ni des intérêts. j 

'un tiers qui se trouveroient lésçs : cela rentre d^juc.los i^tTri*^ ! 

» 

i 
f 



( 328 ) 

lotions des tnbuiMuix , et tombe sous la surveillance ordi- 
naire iu ministère public. 

n L'intervention politique , administrative du gouverne- 
ment ne peut avoir poutr objet que l'établissement même 
(nous le supposons reconnu utile), ou sa dotation, et il lui 
en faut une. 

» Otons les i entraves, encodrageonf ^ et nous pouvons es- 
pérer dans le zèle des fidèles. 

» Ce désir d'inspirer une entière (fôniiance aux donateurs , 
nous a fait rejeter la nécessité d'un placement , sur le trésor , 
des dons faits en nurairaire. La disposition contraire n'étoit 
qu'une loi bursale. D'ailleurs , la fortune du clergé ne seroit 
pas aussi indépendante , et nous croyons avoir prouvé la né- 
cessité de cette indépendance. Nous proposons donc d'autori- 
âer les placemens en immeubles ou rentes. Les sommes au- 
dessous de 3oô francs sont seules exceptées de cette nécessite 
de placement, et pour la quotité de 3oo francs, nous avons 
suivi la règle actuelle. 

» L'ëvéque, dans chaque diocèse, en est le seul chef; il. 
est le représentant naturel dans ces différeîis actes; mais^.if . 
àtatiie sur les intérêts de tous. Il n'est que chef; il sera donc 
dirigé par nn bureau diocésain , soit aans l'acceptation des, 
dons, soit dans la destination spéciale à leur donner, s'its 
tt'en ont aucune, soit dans l'emploi à faire des dons en nurr. . 
inéraire. C'est donc l'évéque <jui traitera, 'jC'est uni^^i^idu^ , 
qui traite: mais il le'^ferA pblir et au nom d'un corps, et à 
perpétuité : c'est un usufruitier; mais il traitera en toute pro- 
priété. 

» Je viens de vous parler d'une destination spéciale. C'est 
«m des principes, bases de notre projet de loi: c'est la pro- 
priété que nous désirions consacrer. Chaque objet aura aonc 
son propriétaire désigné par le donateur on par le bureau j. 
c'est donc l'intérêt et de la fondation et du bénéficier. Les 
biens en masse commune offrirOieht des inconvéniens , soit 
dans leur administration , soit daiis^^ la distribution des reve- 
nus , soit même dans la fixité de leur emploi. 

» Un autre principe , *basc essentielle de notre projet de loi , 
est le respect pour' les intentions du donateur. Quoi de pins 
sacré aux yeux de tous le« peuples, que la condition apposée 
à un don , ou la volonté d'un testateur. Partout cette volonté 
<Joit être liotre guide , et quand die porte sur un tut parlirur^' 




(529) 

lier d'utilité , sur le choix d'un bénéfice , jrtrrâéme c(uahd elle 
règle le genre d'administration. S'écarter de ce principe , qui 
est de rigueur et de toute justice, seroit d'ailleurs éloigner 
toute confiance. 

» Nous ne nous sommes occupés, jusqu'à présent, que 
de la dotation des bénéfices et des établissemens reconnus par 
le gouvernement, et qu'il désire sans doute voir prospérer.' 
Mais il peut arriver qu'iAi particulier désire ériger uti nou- 
veau titre de bénéfice , créer un établissement quelconque ; le ^ 
gouvernement doit décider de son utilité; Toujours il en a eu' 
droit; toujours il l'a exercé : rien de nouveau dans un Etat 
ne doit s'introduire contre le gré , ni même à l'insu du gou- 
vernement. Les réglemens déterminent la forme des informa- 
tions et de l'autorisation nécessaire : elles nous Ont paru dans 
ce cas aussi indispensables qu'elles seroieAt nuisibles à l'efiet 
de la loi , si on les exigeôit pour les établissemens exrstàns. Il' 
en seiti de même de toute fondation nouvelle, ce qui détruit 
d'avance l'objection ou de superstition , ou de cannée. 

» L'article 4 du projet de loi rassure sur l'abus de confiance; 
les dispositions du Code existent pour les dons faits à l'indi- 
vidti, et dans son intérêt particulier : la loi ne concerne que 
ce qui dojt subsister à perpétuité. ' . • . 

M Pour ce qui fegarae l'administration , yotre commission 
a cru renforcer encore $o|i système 4e.. prepriété , en la con- 
fiant au feéhéfifcîifr , à rétablissement ; 4'e#t ft jiieilléttr ttayea 
de conserver; lé bénéficier oubliera qu'il n'a qu'uw usufruit ;» 
et que sommes-tiouis tous sur la terre, que des usufruitiers! 
Cependant, il peut y avoir des abus| ce sera au bureau diocé^ 
sain à surveiller l'administration. 

» Il est temps , Messieurs , de vous parler de ces bureaux 
diocésains. Ils ne seront point une création entier. emeiit Nou- 
velle , et votre commission a toujours cherché à se rapprocher 
le plus possible de ce qui étoit; leur existence date de Char- 
les IX, en 1567; plusieurs lois postérieures les confirment; 
une foule d'arrêts du conseil les maintient dans leurs attribu- 
tions^: elles avoient pour principal objet, la distribution et la 
levée des décimes (véritaole administration). Ce sont cesb'u- 
reaux diocésains qui seroient les conseils des évêques :1e pro- 
jet de loi leur donne une composition analogue à leur ancienne 
composition ; six lùembres pris dan^ les diiTérens -eorps du 
clergé , et présidés paf l'évêque. Pour les fonctions et tout ce 
qui peut les concerner > ce qui sera la matière d'un règlement. 



( 33o ) 

L"* manque d'uA règlement comttiuti aax'dillëréns bureaux 
ctiocésainfi y avoit introduits des variétés nuisibles, et en 1770, 
rassemblée du clergé eu soUicitoit un des n^nistres du Roi. 
Je n'entre dans ces détails, Messieurs , que pour vous faire 
remarquer que nous avons désiré vous o&ir un. mode qiû con- 
vienne e4 aux membres du gouvernement, çtaux n^en^bres du 
clergé. 

. » L'article 7 traite des droits du fisc; Us sqrtt eX doivent être 
le^ mêmes que ceux perçus sur des particuliers au )our de l'acte 
dedopatioQ ou ^'acquisiiion. Mais il y a dc^ droits de muta- 
tion éventuelle ; on peut leur donner pour origine le droit d'a- 
mortissement , comme déjà du temps de saint Louis , et réglé 
par plusieurs ordonnances de ses successeurs , en 1275 et 129 1. 
On pourroit observer que nos rois ont souvent accordé, soit 
modération du droite soit exemption totale ew/awei/r des cures, 
des séminaires, des établissemens de charité; mais le triste 
é(at de nos fînaiicés 9e nous permet pas d'y renoncer. Ce droit 
varie sqivant le genre d'actes , et suivant les perso^nlies ; il doit 
donc être calcule itur un taux moyen., et d'après Jes pcebaJM- 
litésidf EetoMf. Yotre commission a cru que ce droit payé en 
une. sc^nle i^qiiée ( tpjas les yingt ans par exemple ) , seroit \m^ 
charge trop pesante , et que quinze cenUmes addiliôiipels de 
prÂOCipal ae l'impôt fpnciei* , équivau^roierit à. ce droit uni- 
que, Qt forméroient pour l'Etat un .revenu plus égal. 

•• Enfin, voûre commission a criilïiofar, éi'par conséiqtocBt 
utile à la religion , .de fixer dés bornés nux libéralités ^le ee 
^enrejl elle vous propose demies limiter ^. la mcatié de^J» por- 
tion disponible » dès qu'il y a un parent au degré succe&sible : 
l'exécution en est déjà dé terminée par le code dans de^.cas seip- 
blftbles; èUen'd.cr'U pouvoir 'laisser une libert.é entière d^ ^^ 
poser, que quaivl Je fisc est.appelé à la sucç^sion , faute d'hé- 
ritiers. , . . 

» .Je viens. Messieurs, de vous détailler les dispo^tions du 
projet de loi et leurs motifs. Si vous l'accaptez, ce sera un 
premier pas de fait pour procurer, au cleçgé y^nt propriété 
(et dans le bien , il est importatvt d'av<>ir rfait le premier pas, 
il est important de ne pas le difféter)* Vous aVex. senti, je 
l'espère , la nécessité de tirer le clergé de cette dépendance 
de besoins « qui avilit. Vous avex^ senti qu'il doit étre.dans l'ai- 
sance pour être plus utile. Vous voule* le rétablissement^ de 
la morale, et pour cela rafferraisseoiept de la religion^. on ne 
p^at. endétACAer ses ministres^ il es$ ^e^.p^ de s'occuper de 



(53.) 

lp*ir sort. Je le répète , point de morale sans religion , point 
<ïe religion sans ministres, point de ministres sans l'indépen- 
dance de l'aisance , et point d'aisance assurée sans propriété. 
» Messieurs , la Fi-ance est le royaume très-chrétien ; notre 
Roi est le fils aîné de l'Eglise; Louis XYIIÏ est lin prince reli- 
re ux; sous ses auspices, la religion de nos pères doit se reie- 
Ter; votre coHunission vous offre un moyen d'y concourir, 
en suppliant très^humblement S. M. , de proposer à la chani-* 
bre un projet de loi qui contieadroit les dispositions suivantes». 
{f^ojrez noire fuiméro i5o). 



Nouvelles ecclésiastiques. 

Paris* Le service funèbre (Je.S^inl-Dpnîs a eu lieu 
avec toute la pompe quo r^clamoit.xplle triste jou^'néo. 
Monsieur, Madame » M. U duc d'Âiigonl^ude, M. io 
rtiic de Borry, M. le prioce de Condc, M™^«. Jes du-» 
chesses d'Orléans et deBourboii , s'étoi^Dt rendua à S^iint- 
Dents, Les portes de la ville étoient t^odues de iiofr* 
L'étendard royal flottoit sur la galerie dôsioursde l'abf 
baye, et le portail éloit .lendc^. D^us rintërieiir l'église 
4ipi^ pS.feillWf^'n.^ teu^pe de noir, avec 4<is ëcUsjotts aux 
artues.de ï^r»nce el d'Autriche, ^u milieu de U uaf éloit 
le çataTalque y ricbement 4écoré. A droite ^toJQut piacv* 
les Princes. Les pairs ^ les dëputés, l.es prenjievi» fonc- 
tionnaires publics, les généraux et les personnes invi- 
tées à la cérémonie OGCupoi«nt des banquettes. On fivoit 
préparé pour MaxxIme une tribune voilée de crêpe, ou 
cette Priiicesse, renfermée dans sa doi^leur, pouvoit 
s'abandonner sans témoius aux larmes que lui arrq-i 
choient d'affreux souvenirs. Vers ipicli, M. Duchijleau , 
eyéque de Châlonânspr-Sa^ue, a comineficé I9 tt>esse> 
qui a été ohauLée^en i^Msique, etq^ii a duré ileM;<^!beut^es, 
Après. rjBvangile, M^ de Çiaux,^ évêquo,<l'AÙe , â l» le 
Testament de l^ujs XVI. Ou a« remarqué qu'il fuisoit 
cette lecture .s|.ir,uM «nanuscrvt , et ou a présumé q^m 
cVtoîtp^utrêstre^roriginal écrit de la rrtuin çiême dit 
fju fipi. Uue i)^tlô»iô de canon, placée liors de tiiuut- 



( 332 ) 

Denis, lîroît de quart d'heure en qoarl d'heure. La 
cérémonie termiut'e, les Princes soiil revcuuà ù Paris. 
IVIaPAME, qui y jétoit allée încognitqrj^ est re?«iiue de 
ra('ine. Sa voilure n'éioit point avec celles des Princes. 
Sur la route, un seniiaicnt dé^cat des couvenances a 
interdit presque partout les acclamations , et les Princes 
ont pu juger, à la physionomie même de la foule, que 
leur deuil éloit aussi it; notre , et que la nation ressen* 
toit aussi tout ce que ce jour avoit d'amer. La capitale 
offroit partout le même spectacle. Les églises, rem- 
plies plus que de coutume, ont été visitées ce jour-là 
par beaucoup de personnes qui piaHieureusemeiit se dis- 
pensent trop souvent d'y paroitre. Un très-grand nom- 
bre étoient en deuil. A la Métropole , les autorités dé la 
ville, les cours et des députations des deux chambres 
s'étoient rendus, sur l'invitation de MM. les grands-vi- 
caires. La messe a été célébrée par M. de Belloc , et le 
Testament, lu par M. ViAbé de la Myre, n été écouté 
avec un religieux recueillement. Dans les différentes pa- 
roisses le service funèbre s'est fait, sinon avec la même 
pompe, au moins avec l'appareil et la piété couvena- 
nces* Dîi|isde.^mplç^. cJhapelles o^Vavoît iivalis^^vec de 
grandes églises. A ^aintePérine de Chaitlot , on avoit 
dressé uu cénotaphe d'un beau style avec des bas-reliefs 
et des inscriptions. Dans les mes, les boutiques étoient 
fermées, et nul divertissement n'a troublé l'aspect reli- 
gieux et lugubre que pfésentoit la capitale. Puissent nos 
'prières et nos larmes avoir été entendues du Très-Haut, 
et avoir détourné de dessus nos têtes les châtlmens qui 
ont pesé sur nous pendant tant d-années! 

— A Versailles^ le service a été célébré dans la ca- 
thédrale. M. Tévêque a ofBcié et a lu le Testament. L'as- 
semblée étoit nombreuse et en grand deuîl. Les corps, 
les Tnilitaires, la gai*dê nationale et beaucoup de par- 
tieuliérs y ont assisté. Le catafalque, décoré avec goùt, 
poFtoit de^ inscriptions <]^ui retraçoient les principales 
vertus du feu Roi. Une quête, pour les pauvres hon- 
teux, laquelle, malgré le malheur desf temps ^ a rap- 



( 353 ) 

porté plus qu'on n'osoit Teapcier, a rendu celte céié- 
iiiotiie pla» inléressanie encore ^ et a même été une 
sorte d'expîalion, puisqu'il ei-t écrit (jue t'aumôné rà- 
c^ièle les péchés. 

— Le dimanche 21 janvier, on a célébré dans 1\;- 
glisv Sainl-Sulpice la fôte de ce saint, patron de la pa- 
roisse, M. Poynter, éréque d'Halle, et vicaire apostoli- 
que du dislricl de Londri's, a ofHcié pontiâcalement. Ce 
prélal, comme nor^is' avons eu occasion de le dire, est 
çiepuis quelque temps eu France, où il j^oursuit la res- 
iilulion des biens qui apparlenoient aux calhoiîques'dcs 
jLrois royaumes, elj dont on les a dépouillés. La dignité 
gyec lîiquelle il s'acquitte des cérémonies. de l'Eglise, et 
Tair de piété et de recueillt^m<?ut qui paroi^^enU dans 
toute sa personne ont édifié tous les assistans-. M. Poynter 
succéda, il y a environ trois ans, à JVI. Douglas, dont 
il éloit coadjuteur. 11 s'est alliré l'estime générale ea 
Angleterre par son fcèle et sa prudence, et a reçu des 
,protestans mômes, dans ses rapports avec eux, des té- 
moignages honorables d'intérêt et de, respect. , 

— D'après le vœu exprimé par un grand nçmbre d^ 
dépultb, il atera diiitous les matins» à on^e heUi^es el 
clemie f au palais Bomrboa', one nîesBe dans- (a ciivpeUefc 

— D'après une lettVe que 41. Parahaès*deur Ôe Fratie« 
■i.Rorne a écrite auxévèqués, lés dettiimâes qHjt fdi 5<mt 

tidressées , soit pour lés cbngrégii tiens et tribunaux , àoîl 
pour S. Si elle-même, doivent porter le contre-serhg 
4« l'<^*.dinaire. '/' 

— Le ministre de la marine pi^évieat MM. les ecclé- 
>i4sliqMes qui a^ destinent au service «de nos colonte# 
( la Martinique, la Guadeloupe, le Sén^aL et TiU iJaur- 
bo:»), qUe l'indemnité pour ledr déplacement est fixée 
h 600 francs, et quh'l leur est accordé de plus 3 franes 

f)our frais de roule par rayrîa mètre jusqu'au iieu de 
'embarquement , le passage dijns les vaisseau t aux frai^ 
du Roi , la table de Tétal-major, et dans là colotiie nii 
traiten^ient de 2000 fr, ).,..' , ..- , 

'--.AT.^y Wkb4 i-i*n^kc^*t».Ji<^^jr!lr8^ttéral du dIo)9è«e de 



c 554 ) 

Meaax, qui dans. tous les Temps, surtout les plus orageoie 
de la révolution y a donné aux Bourbons des. preuves de 
son dévouement y vient d'en donner une nouvelle eh fai- 
saot au Roi Tabandon, i<». d^son arriéré de traitement 
de 181 3; 2<^. du quart , pendant trois ans, de son trai- 
tement (environ 2700 francs), jour être employés à 
coopérer aux frais du monument sur les lieux où ont 
été déposés les corps du Bof Louis XVI et de la Beine, 
son auguste épouse. Le Boi a daigné accepter cette of- 
fte, et approuver tes sentimeus qui ont porté ce digne 
niinisti^ de l'autel à cette action généreuse. 

— Des babilans de Montpellier, et en dernier lieu 
des habitans de Versailles ont signé un acte par lequel 
ils déclarent désavouer le crime du 2t janvier, el re- 
gretter de n'avoir pu Teropécher au prix de leur sang. 



Nauvï;f.r.ES For^iTiQUES. 

Paris; Une prfncesse auguste, au milieu de ses perisëos de 
douleur, n'a point oublié les malheiircuî. La veille d'un jour 
funeste, elle a fait délivrer trente-^leui bommes et cinq tem- 
ines détenus pour dettes; La piété qui a dieté ce l»enfait aa-^ 
roit ycNulu tu^csàhaw U «snirce* La neooniioissâOQe ne Ta pas 

«•^ I>e9 bruits absurdes circulent dans les campâmes , et 
jusque dans quelques quartiers de la capitale. On fait croire 
il de bpnnes ^ens qi|e 1 bomme fatal à Ja France sera inces- 
samment Je retour', qu'il s'est échappé , et qu'il a rassemblé 
une année de Turcs c^t d'Américains^. Il lui est aussi impossî- 
lile d'avoir une t>areille armée que de prendre, comme oiv 
Ylit, 1a lune ttvec lés'd^nts. Les personnes un peu instruites en 
géognapbie savieot que Sainte-Jléibne n'est! point propre pour 
des.raissembicmens de cette. nature. Cette île W'est ni voiiine 
dti-notist, ni commode pour les intel%etic9s. Que les personnes 
jnstruil|es 0t biei^ intentionnées, s'^puliquent donc à redresser 
les erreurs d'un peuple crédule que ropvoudroit encore éga- 
ler, n y a des campagnes oii ces bruits ont fait déserter uh 
luarche.. Onî.dîsoit que Tarmée du tyran alloit arfiver. Les 
Hiuis de cet h<nnn\je-^là ont toujours si fort menti qu'ils n'en 
•peuvent perdre l^abiiude. CemoyeJi llnir réttssira'^t^il tou«* 



. ( 5f,5 ) 

"Jonfs, et SI on déleste îa perfidie âe leurs menées, ne faut-îl 
pas plaindre la facililé de leurs dupes? , 

• —Une ordonnance du Roi, au 17 janvier, porte que 
"toiTS les individus compris d'ans Kart. 2 de rordonnaûte du 2A 
jnillét, sont maintenus sur cette liste; qu'ils sont tenus de 
sortir du ï*ojaume*le aS février au plus tard, et qu'ils n'y 
pourront rentrer sans aiUorisation ; le tout sous les peines 
portées par l'art. 5. de la loi du 12 janvier. 

— Une partie d%in corps Nombreux de troupes angloises 
^'est embarquée à Calois. Les vents" contraires ont retardé 
l'embarquement; de sorte que dans la crainte que la maur- 
vaise saison rie prolongeât encore cette opération, et pouy 
éviter répuisement ies pays' environnant, plusieurs corps ont 
été arrêtés sûr la foute qu'ils avoient parcourue. L'arrivée 
de quelques détàch^eiriens qui viennent compléter les ré^î- 
mens de l'armée d^occiipafion ; à donné' heu au bruit que Tes 
trôupfes révenoient dans rint'ériéuf. Miiis lés mouveihens des 
troupes qui feront partip de J'açmée d'pccupalion , sont sur lé 
point d'êlre terminés, et on peut être assuré que sous peu dç 
temps les conditions du traite dfu iîo novembre auront reçu 4 
cet égard, et sur tous les points leur cbinplëte exéci;iti6n.\ 

C1T'AÎVï;BRE DES DÉPUTAS.. 

Voici îe texte ^Je l adresse qui a été signée dtonft la séanœ 
du t8 janvier, *t qui a été présentée à S. M, le* lendemain , 
par la députation dont nous avons fait connoitre les membres : 

« Sire, vos fidèles sujets de la chambre «les députés yiennent 
ôÏÏrir à V. TVL lïn liién «loulou reux fiomm^é. 

»î Pour éparg^^^à la France le cri^rxQ doot c^ jour rcnou<* 
velle la ii^énvoirie 4 liOuisXVI, votre auguste firèrô ,- en- avoit 
appelé* à sob peuple. Après vtngt-'troisahs d^aSiservi^s^ment 
et de eiiîamifés; l^pettpfe fVançois, rendu à la libeY^té et à^ui- 
îmême',' peut enfih tépomàr'é à l'^^ppel de son Rot. Nous vèn^wvf 
en son nqih ,^ à la fi^ce_de l'Europe , en pné^uce d« 4rôiie ré^ 
vére de lîenri !¥ .etidet saint Lomis^ .d<èsayoiier cet attdntati 
hcei'j Siwsy il «^ infc- point te cnm^ delep^iVimce. Noms ''eu 
attestons la confiance ot 'R6i«Mà¥tji»r,''li?s. iIinomb^abî<^$ vV- 
^îwiesdont le sacrifice' suivît Ib ^èii'j' les Iran sports .qu*exq}^ 
votre retour ; nous en attestons l'hofrehr qu'inspire. à laua- 
'ïîon lés auteurs ^éjce forfait. Ils avoient cru anéantir te padf 
"antique qui unît nos destinées à,. yptrt^v^ï^guile fanâlk^i^ 
le rendirent plus secré. Qu'il nous soit permis, Sire, d'en 



( 336 ) 

renouveler aujourd'hui l'inviolable engagement, pour nom 
consoler des souvenirs que ce jour affreux nous rappelle; souf- 
frez qu'organes de la France en deuil, nous vous disions: 
«( Sire , nous n'avons pas dégénéré de la loyauté de nos an- 
cêtres. Tant que votre illustre race existera , nous lui serons 
fidèles ; jamais nous ne reconnoîtrpn» pour nos Rois légilimes 
que les princes qui en seront issus . et à qui l'ordre de primo- 

féniture en aura imprimé le caracrtre. Nous le jurons devant 
)ieu et devant les hommes. Que le nom françois se prde 
dans l'oubli, plutôt que de trahir ce serment de riionneur»! 
n Nous le déposons à vos pieds. Sire, et nous supplions 
V. M. d'ordonner que , gravé sur l'airain , et sooscrir du 
nom de tous les membres de la chambre des députés, il soit 
attaché au monulnent expiatoire que la douleur nationale 
prépare, afin de transmettre à la postérité la plus reculée, 
et fa protestation du peuple fran^ois contre Tatlentat du 21 
janvier, et le témoignage solennel des sentimeqs qui nous 
animent ». , 

Dans le comité secret du 22, la chambre des députés a entendu 
une proposition pour établir la présomption de décès k l'égard 
des militaires absens depuis un an. M. de Bonald , dans uQ 
rapport éloquent , a proposé l'ordre du jour sur les témoi- 
gnages de reconnoissasce à accorder aux François fidèles w 
20 mars. La discussion s'est établie sijr Je rapport de M. Ch^ 
flfft, porté plus haut. 

AVIS. 

L*MtigaieniRtion que les journaux viennent d'éprouver dans les im- 
pdls«t rétributions dont ils sont charges, nous force à faire quelqoei 
cluiigetDCns dttis le ptii. lies autres joumatiic ont porté Iciitabonne- 
mmx à 7a. francs. Noos n^augmenteroos le nànie <roe de 3 frai^ po\it 
TanD^? «nMiàfi^j Ayant même égard à la siiuation de la plupart d« ec- 
clésiastiques, et voulMit leur donner une preuve dft »otre desinierf*»^ 
méat, nous n'ajouterons qu'un franc à l'abounement de six moii, » 
îiétts laisseronsr celui de trois mois tel qu'il est. Nous espérons cjueoos 
abonnés if«rront dans la [modicité de ces pm une preuve dû oe$»r qflc 
poni avons da ooooilier heora intérlu avec les nôtres. \u A i 

Ainsi les a)>OfHiMM||s wrcint àFaveoir de adilè. pout Vamét, àt i> 
fr. ppuç six mois, et de Sfr.pow troU mo^. - l • saal 

Les personnes dont rabonnment. expire le la feVrier prochain» Wf 
fcxVitifcs ^ le renouveler, pour éviter tout retard ou inierruplion. 

Éeê Jthopnés qui nous auoient envoré ie^prix dç,M^^ ^^^\irt 
^ifins avaht timpSt fhfs sur Us journaux.'^' sont inVuéi à »o«*/« 



\ 

\ *;/«Mc ^'oqht timpSt thfs sur les jourku'ux.,' sont iny»i 

f surpiui à lit'p^*ff»^ire"occasiori, ' "^ ". ' 



i passet it j 



i^Sdmedi djr jdHvief i8ië.) (N^. i55.) 



Dxî Ùfhgrès Je F^ienhe^ par M« de Ptàdi (î)- 

On donçolt qde M. âé fVadt étit e$pé^4 pi^hét Iifi 
cnriositë en ëGmant l'histoire d on« MxbàÀ^adê «ù il 
àVdit ëtë acteur, €lù présettUdt c^^ fMfS i^bôfé^^ «I 
éti ptÂMmiy daue lAâniéf'é ^«iêlqtlcffbi^ pitAUttÉë il 
CHÎgiBiM> titt bomme dont fe iTOhi seul apfj^^lh^ Fdft^ 
tmtknj^ «t dont la vie prête ottt dév^}o|rpétiK*M/ 
AhI-^1 P^ se flatter dft tiiliA« mttès isti p^ïéM ^féé 
ptoittné dTtib congrès auquel il n'a pas aSsUtéy et 
kb tie dlftanl tui^ cette assembl^ia qîiéf ce qt^è tôttt le 
inondé a déjà À oti peâàé? S'il .ivcrit etf i révéla 
•l{(iei^6 ddrtictikrité décrété | «'il ârvoû paôoiid âpf 
prendre la marche de^ Aëg^dciàtiôM, ctàé qiA é^étfM 
êà et fak dûtu lés ootkfêreflces^ s^l flVôit étt à ^ dbs- 
l^osîti^ >s p6fféi94^'tiiUé»digf ttftmstrés^ et qii'iff eût 
éKé éil écM de CôinÂîoùiqttéV lé^ Âote», lësr p^^U 
m leâ éofltt^-^projéts qo'oi^ écli^ea à Yieùti^ peÉt-^ 
dhoM sb4nwr# rimÀ^t. ^ laf cnrinstié eoâê^t pu ddiT 
èf cités pfÊf Ces publicatiôtis tfiatteudnëi, cfi l'itidUdt^ 
fion dé rambas^déûr éût dmdsé Té léet^ir ir? îdé (f'à^ 
ftecdmés et lïnéttiédé ^fes. Mais dckyér dans éefi< 
toluineè tXQ traité de quétqites psrgefë, disserter sur éé 
^ a été fdit, è>(aminer bn^éifieDft té tfà'U f ^dH 
hfAtéy répétet âei obsérVAtions triViAfés^ et pètif fà>« 
Aèty se répéter sèt^-mémé, ce ùVa* pas të moyéb d'af' 
^dif dé la vogue et ée faire dtf brait. Oti n'^sï pa» 
toûjcws bedréut. 
• ■ ■•■ •' ■ • .... * . fi " • ig • - ' •• ->•-*• >*-<«.' -^t ^ 

Tpnf ri. L'jiMdè U R^ligi&ri^ du Bot. , ït 



, (.53S) 
Il y a néanmoins plus de choses quon ne le croît 
dans cet ouvrage, et il ne faut pas s'imaginer que 
l'auteur $y borne à parler du congrès. Habitué à voya« 
ger^ il fait des excursions à droite el à gauche/ Ici 
c'est un plaidoyer pour les idées libérales; là un au- 
tre plaidoyer pour Murât et cçntre Ja légitimité. Ail-, 
leurs vous trouverez de sanglans reproches faits à des: 
souverains, sans en'ejLcepier le chef de FËgli^, «Oi 
de^vive;» déclamations contre les institutions mom^âles^ 
c!est le style de M. de Pradt. Nous le suivrons, quoi- 
que mpidement , dans les principales de ces excur^ 
lipn.s, d'abord parce qu'elles Xorment uoe partie coo*- 
Aldérable de son livre , ensuite? parce qu'elles rentrent, 
fOus«plu^eurs rapports, dans l'objet de uoure Joiarûal ^ 
et qu'elles font parfaitei%çnt côq^ître le genre d'es-. 
prit et )es opinions de l'auteur. 
. L'ex-^mbassadenr gourxnande d abord ^ et du ton 
le plus haut I le ifod d'E§pagne, pour avoir dis^pus^ ]e& 
cortès, rétabli. ^iiqaisitiw, et Kappçlé les Jé^ujtèâli^^ 
I^gu s'éq feuf qu'il ne lui r/çpr€K:)h6.4'4ti*erÇ.![PQ(ité^uci 
«p» tfépç , et^itsoup^^nne f{|u^ t']&u*bpe regrette pres- 
que de lidjiyoir.rei^u nq pouvou* 3i crueÙenmt emn^ 
p&^eV On cliroit que les çeb^fauds sont dressés pajT 
toute l'Espagne^ et que le sang ruisselje de toutes' 
parts, tandis qu'il est notoire qije dans le dernier ju-^ 
g;ement prouoQcé par Jic piince contre les membres 
des cx)rtes et les députés , il n'y en a pas eu un con- 
danmé à mort. Ce n'est pas là sans doute de la cruauté,, 
^t quand on. parle d'un spuyerajn„ il semble que ce 
de vroit être avec plus de mesure. Le roi d'E8|>a}i[ne 
a le malheiir. de. ne pas priser assez les idées libé- 
l'ales; il faut le plaindre, el non l'accuser de/îroc^— 
désdéggûtansy attendu que cela n'eit ni vrai ni poli. 



(339) 
L^iqiH^tidii surtout révolie M, de Pradl. H croyoit 
avoir L*eçù ses derniers^ soupirs loi'sqii'ii eut Fiiouueui* 
d'accoBxiMtgner. Buooapaiie eu Ëspague^ et qu'il vit^ 
ou pèut^êiner même fit reudrele décret par lequel 
Fauteur du régime le plus iuquisitorîal qui fut jamais^ 
abolit uo trifaiinalquin'avoit d'eflfrayaut que le nom.* 
M. de Pradt âvoit assisté à cette insigne victoire, et 
en avoit inênie, dit-roui rapporté, en guise de tro- 
phée^ le bonnet du grand inquisiteur; et voilà quQ 
reûnemi qu'il croyoit terrassé , se relève; voilà que^ 
les moines se montrent de toutes parts, que de vieut: 
Jésuites sont rappelés dans leur patrie, que les francs^ 
maçons sont proscrits. Si cjuelques libératix s'indi** 
gnent. de ces mes^ures , dii moins né se seroit-oti pas 
attendu à voir un évéque caractériser de pfooédés' dé^ 
goùtans,' ce retour aux anclednes instilutions du pays, 
et parler d'une manière si méprisante de souverains^ 
dont, en supposant niéme' qu'ils se ttT>mpassént,*il 
£iudro4tiJii moins apprécier les motifs,'et reccHinoître 
les intëtîtiom pures f ' 

'Apres avoir vertement tancé; Ferdinand VH , le. 
prélat , pfilïissé par imé^i c^ilSïètbîr aussi aai*essêt*' 
une correcùîoti ibiternelle ai» sociveràin Pontife, qu'il 
suppose armé'dè rigqeiirs et de veoge^mces. Cela lui 
donne lieu de- faire des pbrases fort pathétiques sur ^ 
la charité et sur le pardon des injures. Il s'e^ seroit 
épargné la peine, s'il eût pris celle de lire un édit 
du 27 juillet i8i4, par lequel S. S. pardonne à ceux 
de ses sujets dont il avoit eu à se plaindre, :et Jéur 
remet toute peine corporelle quelconque. M. de Prâdt 
est bien difficile s'il ne trouve pas cette mesure asseas 
libérale. Mais peut-être que le grand grief du Pape, 

à s«s .yeui , est d'avoir rappeié les Jésuil€s ; caril est 

Y 2 



( 34« ) 
e|K)uvaiilë pour les piinces et pour let pires de fa-» 
mille de cotte étrange pésun^ciUm. On voit bien qu'il 
p est ui TuD i^î Tautre. U y a d'ailleurs de^quoî se cou** 
âolerdes assertiras les plus fortes de M*de Pradi; 
îlimauque rarement, par distraction ou autrement, 
dç les contredire lui-^mcme; et.dans cette occaûon , 
après nous avoir présenté les Etats et 1rs familles^ «^a^ 
Icment consternés du retour de la socictq , il ajoute, et 
a la page suivante : Le vrai titre de gUnre dé la sù^ 
eiété consiste dans: ses missionnaires , ses f^rédicafenn 
et ses confesseurs* EUe na pas été remplacée dans cettà 
triple cartïère. Ce qui- prouve qu'il n. a pas plus d'idées 
aitétées, $iir ce point que sur (ont le reste. Les eifrtiM 
fies que nons trouverons dé c^$ variationa ne. laisse^ 
font pas d être piquans. 

/ Dans'deiii antres endroits ^ M. (fe fradt parle dt^ 
^uverwa Pontife. A félicite le ootiâ*jls de lai .avoir 
*èf»du ses ËlaU. La manière dont il s'^pliqne ^ cc^ 
snjèt ménle,qi)é:noiis citions le passage. U e^, nxv^ 
l^en écrit que bien pensé , et e'esè uQe bon^e ibr-^ 
Hine qu'il' nt^ OlP^^RV. ^f^^^ ooogres, ditF 

M; dé l^raA, a pensé' ^janT^^mUnAff^ 
4ef «aroire que le Pape.eât fVît la gnerre, qnll pûf 
Itre. Victime dl'ime gi^drre qu'il ç'avoii ni faite ni, dî-^f 
nfgét. U' a reniis les choses dans Tétat oJi> elles doi*^ 
vent toujouta être a l'égard du Pape, celui de Fin^ 
viiolabilîte;Tofcs ces dépouillement du Pape sont mxsù 
l^ootrairca à.l» déoenee qii'a la jast^œ; ils blessent à 
kfois l'esprrt et le cœnr. Dans l'état que îe cadioli^ 
cisme occupe d'ans le mt^de, il faut que tpuslès yeu^ 
imeot frappés de l'éclat de son chef. Les rameauit de 
cet arl^re supcrBe , qiii étend sur l'univers nne ombré 
a* bîeck£iisaate,ne pcuveiij^ ikre supportés par me li^r 



<Ié^t|îlI<$é.. lie Pape doli étro eo Eui'ope ooràifa(5 h 
tribu cltrLcvi dup» Israël 9 exempt de ioute aiteinie 
de la ^èrre.'On a commis une méprise ooniimieUe 
«rçQ le Pape, on b a jamais vu qpa sôq lerritoire^ 
céuÀi aU contraire du boa ordre.de l'exercice de ti» 
plii^OiW spiinimeUe dont il falloit s'oocufker ». 
. Et kilieurs ; « Tout lé monde a gémi sur les' vio^ 
ioQcèà qu'oui éprouvées les deux derniers souveratua 
teotiifeis» Ces proeédéa éioieot tellemem hors des har 
intiidsa'de retpMtquipi^^oiënt le pèra de toiis 
lea ehrétirtsy et qui reoq^IfifbièDt là force de ^nve*^ 
nmdié qui liïi'xiiiiipqMi qu'il n'est {terèonne qtù 4i^ 
ae aoil senti blesse pur chaenn dn ouuiages doi|t ils 
oDt été l'objeC Aux #im^e5' personnels, on a. joint le 
dépouillement de leurs Elàtâ. C'est im bien otrâmiuÀ 
nu monde .<&Iirétién^ cpti viHit voir seiX'Cbof reY)6m des 
iWIributa les pliis révénss parmi les liommesi ei qm^ 
nprès tant de siéelàs de candeur, le cberdietok avec 
Couleur, et peut-être ii'i^i^ercntte Je^^ daup 

un état Sférîeuf jFîïdéo qu'il **cii est ibrînéb ,'; ainsi 
^\ m ring queieiaiècios^ontéssiiré à sa dignité, ht 
Pape doit être à Bjonse souvèraicr inviolable» àe' tous 
ses ËUt^; bors dé toUkio qubrdle'f t âélfiki% poHfiqtes» 
3€M h sai^ve^.gat^e de ia morafoé du monde cbréf^ 
%\Qn; iBoilà sa garde et éoa armée w. • i * * 

Ces idéeâ soût'udUes , justes et dign^ (Vnh homiii^ 
<I'£fat f d'un chrétien, et siartout dVn'^éqtse^r I!ou&- 
quoi faut->il que dé piareila nkrceâfi^soieBl sa rares 
dMm eet ouynigQ, ti, que l'esprit de critk|uo*repnf^ 
Daut bîenioit lé dessus, Faitteur air immédiatemeiy 
^près Adresie, d'un ton chagrin, des ooéseils e« diN& 
IVeproches au chef de TEglise? U veut bien Ini indi^* 
' iquer b manière dont il ki owvieui dc^oriyiaîa de s# 



(543) 
^^nduîre^ et aussi prévoyant que télé y it cherche à {^ 
prémunir contre t esprit de conquêtes, dont il est sam 
«ouïe fort à craindre que le souverain Pontife , qm y 
par caractère^ est très-hardi et irès-entreprenant, ne 
se laisse tenter par le temps qui court. II y a mémeikios 
cl3s avis «me cour le plirase qui pourroit donner la-cdef 
des jietites préventions de* Pauleur; c'est que la oour 
de Rome a gi^andtortde ne pas donner de bulles aux 
é?<èques nommés par les gouveraemcnsâfvêc lesquels 
«elle setx)it en qnerelle. Yo^ ce qui blesse M. de Plradt, 
«faoiifue*. cependant il déi' savoir qtte se» bulles pour 
Farcheveché de Matides furent eipédî^os de^Roew 
dans le temps ^ et qne ce Ait BuoMparte qui les 
*rief6Tbya dans tin'moment d^nmeur. Ce sei'oit donc 
<à Boonaparte qvi'il dèvroit s en prendre;- mais il ae 
^oioutre, dans c^ ouvrage , font FadoUci en ftfveiir de 
<4Je gtond ptwee, etils'étomie seulement det4^ne«ra 
étun esprit aussi étendu et aitssi ^ lumineux^ (fàmicwi 
pêui'-épren égala jt0Uàs aè Jiyiwiii^ i 

I M, de P»*2klt-, \me fois eu traâttVie emwiiei » J es^Joii ^ 
triidiiit aussi à son tribunal un sôuveraiiii d'Iiâtie qui 
a été aveuglé au pokit^de casser des lois iiiiles en son 
absence y et qui, chose horrible à penser, n a pas 
même encore donné de constitution à ses peuples. 
<rS'il porte ensuite ses regards sur la Erance, sêra-l-il 
irius satisfait? (cest hii qui parle ici ). Une nation, 
encore irempée des sueurs et du sang d une lutte de 
vingt-iciliq.ans^ plus£ère qu'abamie de ses blessures^ 
•ne auéconnoissaift pas ses erreurs, mais ne voulant 
^8 se Jes entendre reprocher; notnriê presque en- 
4iéreiueiit<die8<]octrines ntiUveUés; nîayadrt pas^oiinu, 
-fhm In- {i)upQi<trde ses * nieuAjres^ Mes' nuait très ^^uefe 
isert /là :reiirf;.âttebdMt.toilt *ei Wcraigiiant rie>ii 



iS'enx, une nation dans cetie attitude prescrit desmé- 
hagemens Aussi a-'t^-elle une chartre^ mais sans sa 
participation directe; elle l'a eue, non en vertu dun 
droit reconnu en elle, mais par concession.... ». Oïl 
croit peut-être que cet article est extrait de quelques 
journaux de Topposition, du Censeur ou du Nain jaune i 
-TQon, c'est M. de Pradt, qui^ aussi peu satisfait du gou- 
vernement du Roi qm5 de tant d*autres auxquels ît ve- 
ii(nt de faire leur procès, lui insinue qu'il ne fkut.point 
yeprocher*à la nation ses erreurs , qu'elle prescrit deà 
inénagefhiéns , que c est le sort qui lui a rendu des tnai^ 
très quelle ne connoisstnt pas , et qu'elle n'approuv# 
pas qu'on lui ait donné une chartre comme par grâce 
et sans sa participation directe. Sur quoi on doit faire 
*obsei*ve*r qu'il est plaisant d'entendre des gens ;qui , 
h\ y a trois on quatre ans, prêçhoient la soumission 
aVeugle à xin despote, harceler aujôurd'hTii de Jeurê 

ri-^fltdolicsarigres-^k^ le gouvernement le plus mo-^ 
AétéM Où M. de Pradi a'-t-il vu qu'on ait tepfbdté à 
la naiion ses eriéui^P |Qc>nfo|||çlroit-il par liaiard la 

^ Fmncfe^^tiTec'qBetques factieux? Comment a^-t-Ù pu 
dire que c'étoit le sort qui nous auoit rendu nos mat-^ 
triss? Nous ah très, soit comme François > soit côminé 
chrétiens , nous ne voyons point ici f otivracje du sort*, 
et 'Ce mot est: presque 'Une injure pour la naticH?» 
Won, ce n'est point h soH^ qui nous a rendu c$^ 
maitres ; acchcilîis avec tant d'amour. M . ^de Pradè 
n'a' donc pas été u*tàom 'de la. mmière dont s'est 
b])éré leur retour. H n'a donc -pas enteridd les érié 
unanimes qui les appeloient de toutes les partiel 
dé ïa Fi»ânèe, les vœitn des corps comme des parti*^ 
blilieiV, le^ 'apj>landissesniens de tout tm peofde r Ces 
i^oelix et «es cris tui seroienl-ils imporiuûs comme i 



(544) 

leiou leurs 4'4ID i^^^oopiept^ s^) joi|u)re à m? parti pour 
)>l4fP!9r 9ieren9#Qt iQUt C4 qoi ^ f^^, et iotarprétet 
4^i|ae lï^oièr^* «ioi^tr^ tçÀil^ les me^surps .i}|ie< |'i^ 
prwd? ilVfî QrMiWQU'il F^» i^h'pq n^ d(( 4e îw (t^% 
f^ (iéplare cpi|U*(3 10 goiiv^rpeinfal par^f. qu'il a 4if 
prive d'MPf jp)i^ pQur Jaqmçlle U Qi'^tpit paî^t futf » 
(le n^èmfi <^i il a €mrfàm querel}^ aii P^ine 9 i^u«e df 
f^«.bi|]|#^?i4Ui ^«d-il 4e fofiiller ^afHB W ifiûmiiwa 
ivi^ 1)1^ 9 9t de dire qiie up^ priacea ont téài^ sam 1M9 
mUW¥^ ÇQmme sans çJi^rin 1^ iKHH|uétes Ci)t«a ei| 
I^Mr ^bieqpef N^ vajit-Qp pi« encore ud^ teiqte dopr 
IHwiiifm dw». ^K>P aM^|ût# i eiiQ#i|rer ]^ po^UiqHe dif 
«efnîF9r*>ei|ieiH «« cpogrés )or$ di^f négocî^iion» nsUir 
ÙS^i^ à Napk^ M à ]|i Sne? Il m? ^i?iUe qu^ J« wi^ 
f^h^y^^dJH, d^ Pr%d( iif conv^opit f y^rfs « ^i^^e^f 
ip[i[;4A«lij[|u^, ;^ Mn éyiqiie, à qi^ liOi^me- qiii 80ect^ 
i^t d'ift^aftîalité , ^t Xq^ peui toupçQoncqr, mh^J^mw 
«0!iip,ite «oirpwr, qu'a ifert inélé i» pw d'fawwur 

- I^PHf». 9^^c^ yu a^f<$ quelle sfvÀif^ M, 4? Prodft 
ÎHIjje liiqf Je^ j{m«9r4a« du i|)îdû Toiit0 s^pi admir^T 
fîw «!t ^^w.c^M» ri«i Dprd, U ^ppr^uve esdamieif 
ll^tH l^ï QODftiitef Qpaiit /rni wirea» il aTn^ pia^c 
qièe £tis}Mi df» I9 f^Mt4 i^-Y^P ]^q^elJ^ ib aon^r^niPlN 
Mfe rtpfcu/«i li^jui^f , apinf p4|«||e #i ittiw.^^tadi Iwr 

iH^ott.,r^ifi|^i3i§ef -ooiiire ei^nu lei. il» sV^nÙi^ 1« 
|«W«ifr;H}uvwiW*V*l y§ i^et^drfçli^^tfo ^r<5e; ff 

?$|i j9*t€pn|jp#if^^ux,4r9i/s de* iîatiQ^^.,E|»(jp;r.M.' d? 
^4dt iiuci^jyt ;V0i})ii que ]e& pdûce$4u pûril.tu«49Pt 
|raça.4c^ig du'vjdï'?:rpuif;qftU suivre i^vife 




i6s euner^ force» i(}'eu*e plu» Iibi»raoi..Z# jteiif dp 
fie grof^d etwpiuU oubli a dqà cùiûé ckmrmi, mt^e.. 







pendant quelques nniiées; céupc q{d di/oiem fait lé^ 
Jrais du tétabftssehwnt at^oient Ifien le droit Jten sufr 
yeittèr V^mpU^L Voilà pour un Frapçoif uayoe^^e]^ ji^^ 
/îai>$e^ bifei) peu [^M^ioU<}ûea. , - 



^ 1 1 > < ■ >» . 

VhMB. Oii Qoufi (écrit tjue daqs .{)ue]q|iQ8 ^^drpvt» 4«f 
f rdrea opposa aii Çpncor/iak ch^rcbeiit ^ ^trp.vpler if^ 
con3Cience8; et ont cécité çti effet ^H^I^pf^içguii^iiJMi 
ils ne veulent çoqseiitir & aqcanè cgr^wpowç^ti^^n fi,ve^^ 
les ecclé9k«ftiqu£8 <|^Qr eT^çrçeni le ft^iiûrtère publlQQe^ 
ment> ib prècbeàt V\àài^tnààtïéeM 1ê ^liiin^èr IVaiiy 
^e«Uiqi{it ils ne ^rçç^jinoûiHnt potftl' lés é^C^ties ipstÎT 
tués <Jepii^ ît89»j^.îM|aJ^oj^;oçë^€jJçï#i^ 

Je 

rgn^ ÇWt 

pient et 4ê fijcîe^ q^je Tw e fait çiVçuleir, e^ d^q^ les^ 
quels ou adresffle de vib rèprôcbés aùi( év^néiB rentr^ 
pnoa veU^nent ea France , de ce qn'ils oVnnnnnîquènt aVee 
lia eleri^ w^i^miki^ff }i e>t n9toî»ee«^eflR|t quts çeaprér 
l9la a^ot bien 4i<l4gn^ de fewri#er' jei' vMm «çbUw^i 

jp^lle 4» Kpk oéMbrer le w^mp WÀ^ d'e^létieMîqqea 
récemment ordoismëe j^êff ç^^eo Fjranee ^ pq j #Ker«aiit U 
lninUiÀf e, QMetqiievrq^^ ^\m^^ la Q^ew 4liQ» noa^ëgltseï i 
P^eefnmeiit M, 4e Coucy 4lpU à un aer^iee à 8airi(« 
g,4lpîce, te 30 jafifWj I S^iilt-pe»»^ lea ?|npiei|i 9| 




les tfoUTeâux é?èqae8 se sont trouvés à côlë les vm des 
.antres* Ces exemples, qu*il seroil facile de multiplier , 
prouTeat assez oombien les évèques blâment , par leur 
.coudûile , Texagëratioa de ceux qui ix>mpent toute com» 
jnunion arec le clergé en place. Comment c^ homibes^ 
.dont le zèle nVst pas selon la science, justifieruut-ils 
leur séparation? Quels. seront leurs guides s'il» se dé*, 
tachent de leurs évèques? Les voilà donc conduits a ne 

{>lus reconnoitire d'autorité y à se croire seuls puj's , seuls 
ennes dans les principes, à présenter la conduite des 
premiers pasteui*s comme une défection, comme une 
prévarication. Les voilà prêchant rindépendanoe^ et 
ne se soumettant plus qu'à leurs opinions. Où sont leurs 
che&, leur'centre, leur mission? Ils s'isolent k la fbb 
et. du. saint Siège et de leurs évèques.; ils marchent seuls , 
^Is ne suivent plus la voie de Tautorilé. On ne peut se 
'di$simuler que cet esprit de désobéissance , ;de presby- 
téranisme et 4*anarchie est un fruit amer de la révolu- 
tion ,\et qu'il prépareroit à l^glifte de nouveaux sûjfiH 
dé douleurs s'il venolt à se propager. Espérons que le 
nouveau ttaité qui se prépare txiellra fia à ce germa 
de dfssentions^ et ^m aes prèlr^ss n* croiront* pas pou* 
voir suivre de meilleurs modèles que des prélats non 
moins distingués par leur sagesse que par leur zèle, et 
qui viennent tout récemment de prouver , par un grand 
sacrifice, combien ils souhaitent la paix, et combien ils 
.sont dis^^osés à la procurer à l'Eglise^ par toutes les voies 
qui dépendront deux*. 

- — Aujoùi'd'btei , iin janvier , il sera célébi'ë , dans 
r<^gltse paroissiale dé Saint-Bocb , an nom dé l'asso- 
ciation patèrnielle des chévatiers de 8aint-Louîs,un ser- 
vîte pour le Roi Louis XVI et lès tiotrès* victimes de 
la -révolution. La mesi&e sera chailtée par M. de Bom* 
belle» chefvatîer de Sàint^Louis et dé Saint-Lazare, et 
qui éloit âmbassad«>ur avant ta réVôlûtioh. Il kem fait 
uhc quéle pour lés éiaWissemens projeté* pai' TassOCia* 



niiml MM. ks cbéraliersde Saiiit<-L[>utô des 4|p(»ri^nwn9 
^ont invites à faire cëlébrer aussi un service, et à y éw- 
"blir tine qtiWe -pour le même objet, 

. . r- Les besoips 4es pauvres de la .capitale occupent eu 
<ce..momei»t. les. ai|ies pieuses et charitables. S<. A. R. 
.MoMiSiïR vi^ d accorder pour cet ob^t , is^ooo fr. 

pris sur S9 cassette, et l'on fait dans plusieurs qùar^ 
^tiçrs des, qiiètes ri domicile* On espère qqe l'exemple des 
.Princes, si puissant. en France, et plus encore des mo- 
.ii& d'un ordre j^s vélevé , ..procureront quelques vesh 
' «oureef 4J»eiaâ»e itMii|[ente. ' 

~ — iX.fe* Moniteur de samedi io du cobrant*, én'parlant 

dès écoles' à lâ Lancaster^et du cofiseil ctinstr action pn-- 
maire y Aàblî. pour la propagatiop du syslême de çc^s 

écoles eu France, met ati nombre des membrëa de ce 
•«tdh^tl'MIVf.d'^Astros, vicâifergënéràl de Paris^ deQtrelen, 
'vîfcaîre-gîétiA'al de la grànde-,ai;tn)6neriè; et Ramond db 

J^iandèjearë de Saînt-l'Komâs d'Aquîn. Noussavons 
'd*urie mâbîèré'*^très-positive qp'âuçun de cea messieurs 
r:;ii'a encore paru d^a fonèeil d'instruction prijnàire* 

j -, r t . ' . • _ y II |ii tf , ' ii . i m < ii 7|f_ .V 

♦■■•'■"•"'* " •'•.-■''-» ^ / ' ' '• . 

. . ^, :NplUTBL«S P044TO4^UJB5. 




iLë gëtïéral.Befaîr a été aussi arrêté. "Le général Bônnaire, 
cbmtttaAdant de Gondé, a été transféré de Lille à Paris. 
. "7" On a arrêté dans le faul»oarg Saint-Marcéau plusieurf 
miiividuli qui^i^éfoiêtftfait Un nom dans le quartier par Fcxa- 
-géi^tioQ de leurs efùrioos. 

' ii- M. lé' marquis de Côigny vient de mourir cfune attaque 
de goutte, à soixante ans. Il étoît fils de H. le duc de Coîgny, 

ÎWiède JRm>i^I^,;/H récemment nommé gMiterneiir dies liava- 
^)S«s <4>sè|$$f9 mit eu lieu dons Téglibed^ rAsaoiii|)tioir. 
•f' ïo*-' il.» te jàMiiéisirâS Pérignon /que lé Rw a liominé goiiVer- 



mmr ie k |priiiiière ^Aôiioa miliUirê; ii*efi ei4r(# point ém 
4if' nioffif^t le# fQiicti<m<, J^rç9 ^«^«v^ termf« df IVixîowr 
funce du 4 septembre derpicx» qm n'fi f«l q«W renouveler l^s 
anciens usages fi^ royaume , les goovernenrs ne pétuvepi exer- 
cer la charge dont i|s ont le litre qu'en Teirla d^dHrei #po- 
ciawi , qui limitent la dufée de lenir mission. Ainsi e'eat M. k 
cénéral Xlespinob qai est toujours chargé du eènlmatideîtiMit 
m ln>drasion. 

' — On dît i|ue le fioi vient de confi^^ 1^ titre.de dit<f(ie^ 
à M^. la marquise de ^oursel , ancienne gonvernanfé éèê ta- 
jBins de frange, qui suivît si|S augustes éï^Tés daiis fë ptiâMT^ 
n'en fut arrachée que par la vio)fneB^ ot^fr oriiinpide à b 
jForçf #yec luprince^e P9 JLanil>aU«..Seâ princin^rj et^eaj;an'' 
duite lui ont nrocpré Je imhiU hoîm<?flr' d*4trf fimnçoQpff 
où exilée sous, les f^ctiem; et sous les usurpateurs V,<^eii mime . 
temps d*étre touiours respectée. * '^ -. ^ -^^ 

~ La g^rdi^ rqyok migm^ nlf \^^ >if iofi^i, .11 un^o ;4l«i^ 
isesse des dét^çheinem destinée s^ en /coi^pl^tejr le^ ciidrov)Ç^. 
jei^çrcç fréquemment le$ sgldaU* ^ef.oMci^r» |e& ^oit^nt^iiei»» >- 
On dit que dernièrement des {^p^nadîersy .qu'<ui ayoU^voiî^ 
séduire , ont nrrété 'ei livré lès agitateurs, ' 

-<>- S.. M. a iTait don d'une somme é» %4i<>^ f<^Micf .-^jpnso. 
ani« s»oa«sette, «ut hrtMÏaiw^ êfr-detttç villages d'AJjtfge , qui 



C^." .~3* 



ont été incendies dans la dernière campagne, et M. 1^ piolet 
du Bas-Rhin a proposé une souscription en ^veur de ces ha* 
bitaiis,9 do^t la situ^tioaest dé]ploFahle> et quiA\>rtt point pié^» 
rite leur soft. ]> tAteaa deieurs -pétw éineût la pltîe m 
tenrfavêtir. . . * . : ; l 

^ «T-Lw casernes d^i Mon^^Briâç ft d^ ^# rur iVjwftft» qui 
'étoient occupées par un réglaient' angWs,,qnj^^^')évacuec^ 
par ce corps, qui a pris. la route du pora^ . . J 

^ UinMU^m do h w^ vrfufM^. k im \h% h Pêw> 
Avec les cérémonies d'usage. M. Vmffqillii do MtWoy,pi»T 
.rôt. M. Çbfétka dç Poljr, •pré^depi,,tntproKioiHîé dts isi 
fçotir^ ^,a(oga^§ ji ^ çircopsi^nç^ ^ ^;, 

«^ Par «no o^donnaiice du 6 janvier, lé rèi Aê Ptmêë â fey 
«ouvolé son édit , du ao ootohre i7<^ ; qlii dé|^d les toe^étiK 
fecrètes^ cqmiaio fîmi)>Ies et prof ro« k ei1ir4ienirdo h ttfa»en^ 



Mioil. €• bioMirqiië vinit de nciiler riddque de rétatôsée» 
iliènt du ré|;iaic coostîttitioQiitfly à i'aïue a'uiie certaine agtûh 
talioti ^ qai feroît eraîodre que celle «lesiM me fittt lUnMe à. 
la traflrqâîUitë^ Le ffnaaMtiK de. Bàde a prit la séaie me-*.» 

SUML • • • 



chamskib bas pipuriis^ 

ÎJH St> , ûi fS4 et ââ jéfiTief , il y â ett e#iffit^ Ment fMniri 
h AiUù^&tÈ ênt le iiap]^(fft de M^ Chiinet^ relativemetft au« 
diMatk»)» an dxifjgéi ¥êHMkfië n'k «lOUtéitë t« principe, qq'fl 
Aôk iiisUÂt de ^ihàté Mi elérgë la flM^orlté dé poiâédén Oit 
ne i^êit ftHM€ SMêé ^(ift sitr b iqûéMÀm dr savin^ si Kant^M' 
tftetlott .it^Alé Mtott liitoeaMîre pdfiV r«:«ëpt«ti«a des doua-'* 
tiptê* Danft }a piifmlëririëàiic^^dffaetiteiidttAlW.'Éârdemiel 
<i à'AtiàifiiiéiHiiil ont pàtU én fâtfur du pfdfet^ et Ont re^ 
jet^ toute est»#ee é« KmHatiiMi. Lt prÉftiier> a^rès avoir* Jirtf-' 
lemé le fabteati dit d^pôiitiiemettl mi^crtér^, a ekaiftittë si le 
eler^ pdttvelt reeertf^, et A tééôlû c<ette ^uéllîéii à l'alftinM-i* 
fNe: ti V^ftiAomé ëotftfe le tefitté de yifi^«mi4e», <itsftr«-;' 
i(ltj dài^t ïe |yfOjet, attèildti' Mè le Tëgistafeur est toujours là/ 
aoil^hWpétidf^ la flcoHè d'«û(^énf^ si l^nî sVifpen^ey^^ii,) 
tf#frtde "tc^ét hsÉ proliàbHtfés, ^d'elle dèvûM dsmg^Muse, téit 
pour arrêter léS alus. Il à prop^ de f\ù9 d'aj^lutef au^ profeé 
flu artîete (Mit âm^i»^B4^iû%i*àf^o\miiimi iéi hums^ 

»! foâiris À détetitçttf» biefi ititiiitfofi^s, «^ MUMiple/de^ 
f^ifites. M. Gardmâiél somkaiftfHiir' ê» pkto ^kM l4»< éWf Br 
fiéseut |ia# partie du buiîeatiidtooiliaift. Le distjottri Aey:« d^*^ 

Ktë etftîiyâee à la fois él (a ««ftiiéî!$satlc« 4e la ifiatière , (t 
^vués sages et fèligieuses qui ftmt honneur 4 «i StfgSKnté.: 
M. d'Àfidt^ë a voté edciètemenc ^i»r )tf projet ^ ee a seule-' 
Aient déréfoppë de tlooTeaut jrnotifr.' tf â reuiarquë.qtie nulle 
fÊtîi tfvtnt cette ëpo^é, le dieirgë ti'ar«il itéréimà étrvl 
iàlarié. DanS fous les Etats , le clérgë auroit tf tttrisfois une exÎH 
#ttee polâtiqtie et dés foftds ^smféi. En^Ai^^èmn mèttit^y 
datls cette tërt« (Massique de la pliilOsdfHiîê, âiiîs cette coîi-/ 
frée d'ôi^ nous â&ût venues tant de ddbtrîAdS AOtvvelles, 1< 
afergé est non-s^tetnèiït ompHëteiMri mais il a M jmn-^ 
Kégcs^et forme a» oorp? danv r£t«K. iù^S ët^qufs aii^îcauf 



(' 55o ) 

siëgexit aupârkmenW La contitutiéé -aa^bn»- nfes est par 
répolée jKMtr cela moins Hbëraiey et l'existence jMiiiticpie.du 
dergë n a ni troublé la tranquillité de r£tat, ni blessé les 
droits de la nation. Toutefois ce n'est point ce qu'on demande 

Jour le clergé françois. On ne cherche qu'à lui rendre le droit 
e propriété, droit qu'il. a dans tous les Etats environnai»,, 
et dont nous ne voyons pas qu'ils s'en trou\rettt plus mah 
C'est au contraire en ce moment un moyen pour soulager le 
trésor d'une dépense considérable. Que sont devenues, a dit 
l'orateur en finissant , ces ressources inépuisables, de. l'ËUit, 
ce patrimoine des pauvres, ces ^abstitulions. ouvertes à toutes' 
les classes du peuple François? Ces immenses trésors ont di»« 
naru; ils se sont écoulés ainsi. que, l'eau des torr^ns-.La suite 
des. générations^ se ressentira des malheurs que nous avons 
éprouvés. -Le temps seul peut y remédier. Mais c'est à m^ . 
de poser le principe réoarateur que le temps développera. « 
Ainsi sur. le déclin de lâge, la sagesse du nere- de famille 
plante l'arbre .tardif dont^ sa, postérité recueillera les fruits. 
Keqdons au Dieu, de, nos pères, à ce Dieu dont la protection, 
avoit porté si haut Fa gloire du nom f^mçois et la prospérité, 
de ce rpyaume, rendons à nos églises ce que la nature doniie 
^n dernier être .de la société, le droit de recevoir, d'acheter,^ 
4e, posséder; C'est une erjûation que, réclament et qu'a^tten- 
dent les ombres indignées de ces anciens, fondateurs. doèittb, 
dépouille; mortelle repose encore autoiur de ces églises qu'ils' 
avoknt doti^s: M^. Ym» d» Gariempe et de Serce ont conL<7 
battu ie pt-offt. mlL:^fl$ii^<iity'fû et Becqiti^ ^oBb-tam: 

tanu la nécessité de. l'intervention du jgouv^meme n tL MM.. Du*- 
plessis^Grenedan, Piet^ Chifflet, H^de de Neuville et Par- 
dessus ont réclamé la nlus grande latitude dans les.donatiooL^. 
Enfin, l'assemblée a décidé que l'intervention de l'autorité, 
royale ne serpit point nécessaire pour les donations au-dessous, 
de loôo fir. ; mais qu'elle serqit requise au-delà, et que. le bu- 
reau seroit formé de l'évéque et d'ecclésiastiques nommés par 
le Roi. Il y a eu une discussion sur la quotité de la portion 
disponible à fixer dans les donations, et on a fini par s'en 
tenir à l'avis de la commission.. Il a été aussi arrête que le 
bénéficier qui seroit confesseur du donateur , ne pourra jouir 
personnellement de l'effet de la libéralité. Le projet ainsi mo- . 
difié a été adopté. à.la majorité de 189 voix contre 1 13. il sera 
porté dans quelques jours h h çh%|iiî>re des pairs,, . . 



'■"(551) 



PR O S P^ C T U S. 

CoifMS DE Prônes en formé d'instrkctionsfamiUèfeSy sur Ut Kea 
' HgioH^ Us 'Comtnatiaemens de Dieu et Je f Eglise ^ les Péchés 

capitaux^ les Sacremens , la Prière , la Grâce , etc., et sur* les' 

jfrincipaux devoirs du chnstianismêt 

Le but de cet ouvrage e«t dMostrutre le commun des fidèles sur le« 
devoirs de la Qiorale chrëtieone. CVst on coars suivi de prônes sur, 
les comÂiandemens de Dieu et de PEglise, les péchés capiitauz, le« 
»acr«mens, la prière, la grâce, etcl etc. Les prétrÂ, auxquels il est 
spécialement destiné, et les parens chrétien^ jr trooveront des instruc-^ 
Uons simples, mais solides j le style en est dair , les preoves et les dé-' 
▼eloppemens faciles À saisir. £lles sont présentées de manière a con- 
vaùiorev et persuader. On nV trouve {las de grands mouvemens ora- • 
toires; ce genre de discours ne les comporte pas; mais on éprouve à la 
lecture une chaleur donce, tempérée, et par suite plus durable. Au 
rrste, pour fixer le jugement qu'6n doit portar de cet ouvrage, il sof-' 
fira, )e pense, de prévenir <]ue le rédacteur ,*qbq|qtie distingué par tm' 
-vrai mérite, une piété émioente , et la baïAe conlîànn^ dont l'ont h6-' 
noré deux prélats (i^, Tomemcnt et la gloire de l'église gallicane^ n^en 
a été que le secrétaire , x je dirais prescfoe la «opiste . ' 

Ces discours sont le fruit des lumières, de l'expérience et dn zèle de 
plt^de deux. cents ecclésiastiques, dont grand nombre sont connus par 
Ks pUces éminente^ qu'ils ont occopées dans l'égUse de France, et le» 
sévices qu'ils liii ont rendus. Arraoliés à leur patrie, réunis en A|lç-' 
nsa^ , -«es yta» oonfesaeni» ée \m Un. OM «onsMréief )4i«rs doulou^ 
MMS^leiir ^i4.^<éjUi4ier^vdap|..d<»«)Mi^ra9fl« pn^Kqnes, Tart f}if|[» 
idciroWs religièilx, et déblai 



otUd'iastroice-^ peupla de sesdciroWs retigièux, et déblai eill ^ 
Tamour .et Isi praùque. Mettant en commun levris oomioissancèè ei^ 
l<?urs réflexions, ils ont raawmblé les naatériam, traoë les plans , dé** 
UYO^iné l'ordre de ces in^rtiçttoas. Voilà l'oconpation, pendant plu- 
sieurs années , de ces- hommes vénérables qne la France abusés a vbit^ 
chassés de son sein ; voilà, les vraia antenrs de cet ouvrage. 

L'éditQpr. n'a d'antre mérite, en donnant ce recueil àa puMic, f)u«* 
de seconder les vues désintéressées de ces Yinis amis de la religion , eV 
de remplir un acte de justice, dont il s'est cru solidaire par suite de 
l'afiFection et du respect qu'il a tou)oucs,{Murté an pasteur (a) «éclairé e^^ 
modeste qi|i a présida ces conférences. , * 



. (i\ M., de Ptestjr, évoque, de Bonlogne-snr-Mer, et M« Asseltne , 
son successeur. , * * » * ^ 

(3)' M. Cossart, ancien snpéneor d'nirséminatre de Parniv cPeMuiia , 
«are daiM le, dioe^ de Boulogne , mort' près Munster. 



(35^) 

Cri ouvrasé, maintenant son* presse chez AdHen Lf Cler^, îni^* 

Crimeàr de ri. S. P. le Papr, qti«i àf^ Aocusiini , no. 3B5^ paroîlra k 
fin d^avril prochain , en ï vol. in-ia/ ocau papier, bïratix caraé- 
t^res. Lé prix des deux vtiluttiM ftèr4 doG fr. htôcnéa, cC franc de por^, 
è fr. 

Léift paraùnnaa cini aVn(|ager6H( de Miiu» è en prendre tf A «xenaplaMf 
lie lé paieront <|Qe 5 ff . ^ ellea ne fccroM Uièacs de payer TouvragS i|iie 
lor$i(]tt^il parottra. , 

Cellet qni tVngâiperont |iour éoétiè exemptuirtfs j otftré la rt^AStte d^*ii' 
Iranc, auront le trèiiiéme gratis, 

€cHi!s ttbl ê^etff^&etotkt pôof cinquante ekerftt^laircs et aii-déftstift, tt' 
dMf lèM pAiërcriéift' d^Tiliicè , auront! âne remise de a fr. patf exemplaire, 
Ai twikièflM éd Mi pTaf dobsalfie , et Temballa^ ^r/if/s, 

' Les inscriptions ne èeront remues ()ue ins^n'au 3r Ib^l^s. Pasilië éê 
iMaps « il n'en sera pi os r^^à quWi prix de 6'fr. et «anV CreitièaM. 
Il {mfyrmt tM» d'affmirtiir kt léttrra et Vàtpftti,- 
ÎAé train d^èvûrhalkge et le p<^ sô^t i la charge des demandeârs. 
Les ecdéuasU^ucs <j|iii se tçnt d^ji abolîmes «n ikUettagne, ^ qiiF 
oni payé leuir alMnacaent <%»! aU prix indiqué oi-de^)(«s, sr«i fW-iés de 
faire colnoiire l^ilr tiue, en écrivant , fraoo de port, k hi même 
adrfSêe, 0à désifjs ait, 4tf« tésimic aiaUf la i9<. attil^pioôkai^^ 

liglil m liNifWI t I t 'il 



Li» 



. t'anf^aéilMiaé ^ fi^i#«foa«it tiaÉntot ^^ntiaé^ dini lai xiii< 
p^fl «t.uUrHMliotr doitt ua ama <ilMr«dt» noit» force àisUe ^ l y d mm* 
«haîafnaeiis daaa If pria^ L*a aéUréa îatikMwx tmt i^èné leiir «lionne-/ 
' ' iaa* mmuï n'amuacntovons ïé ri^tre qoè de 3 franfe» pa«r 



^atQt 4 9à fraéaa* ]f«iil n'anuttcniafons iê ri^tre iraè de 3 franfe» pa<iir 
*^»n^ aoliàffa; aya^t.MHiè «i^rd à la aimatioft ië la ^topart des ec* 
clésfaili^taa^ et falilanf kte êùm%ét itéa onfave de ndli« déatiifërivsr-' 
B|ei^» ^iM^ n'afMiarabC qn'im Uààe à r abamfc aient de sik mais^ H 
Ikoos laisserons aalnâ fia iHlia asoia jtai 4ftt'ii est. VMw esp^ans qiéa no^ 



fii»n^ aoliàffa; aya^t.MHiè ai^rd à la aimatioft ië h ^topart des ec* 

clésfailâ|«aa^ et falilaaf kte êùm%ét tam» 

B|ei^» p»^ n'aî»ttiarab#qB'iiil Mde à 

Ikoos laisserons aalnâ fia iraîa asoia jtal <fi 

al)a«néf vtorràMdaéà k moéiatt^de aes , 

0^9 avatta da oaéallMt kara iateriu avec lea «6trea. 



I fftt'ii est. VMw eapérmiê qcia i 
al)a«néf VtorràM daéà k moéiatt^ de aes pila une paeaVe d^u ddsir que 



AiMiklilb«tttt(Sttteft9 8iiVéMà Taf ffiii* (!^ àSfr. (idltf IHiiraëè, de i^' 
h, pMir ilx.VÉdift, «t de,9'fr. fMr trois nrois. 

. Les peiisohlles doiit rabonnemenif expire le i a février |!|rbcfî&în , sotft 
iîtfitécs kl% rctto uv alfcf, pour éviter tout retard ou interruption. 

£fè iM**if*^l ifvi Mêtt^.mvmmk 9nvtifé ié firix dé iéttrs sMtstrip- 
fio/fs ^t^ànt l* impôt mis sur les joumaur , sont iàyités k lifsysfAkê 



(Metctédi âi jàh\^ier iStë.) (N®. i54.) 



i)'É!f kùUuellts 'éc&ipè ' à là -Làricm^rf ïfohtparées avec 
Venseignetnenè déê Frhfiss des Eèàtès ehrêpieniwM'y par 
M. DuLois-Bergeron (i). 

^ LoRSQtr IL' j â près tiélim^ nkcm> ivrms riods éW 
•tomes les ppénûer^' oootre |le STBtême fdeci obumUes 
eeoJes^ nous preyoykKM^ qn on meun>îtitdQt)eli ceuvvl^ 
pour ies aocvéditejT éo Sranee..; Ëdlea lii oompicfiem de»* 
Jorq des pariisans; eUepifau OBt'fiiitîdMtres depuis* 
Xja modey.cp» chez noîis étend son empiré iwr tant 
d'obJ€«s>5,et qtii dédide tour. à. tour de.k'fiMfme.dm 
cluiptoduy et de la vogne de telle: ep&oion^ la mode 
([\m accueille principalénient oè qui vient dç Itétnm-^ 
^ery'a'efit proooneée.poliii la nouvelle métfaoKhhpres*- 
^te avec »Ie niâÊae(«fatkoiislasm'e que s'il se fut agi 
d'une parure nôuvellev^^n^^^sallons lavoir une ëdu«- 
4^ioû à tanghêsci. eomme lÉous av»nc>dë)à «aéua <ce> 
noin tant dlanires paaaédcsa» éta arta^it(Ma>»plM sm^ 
purtaflfft ka uns que les .autres. Ainsî^^toptcMz.ttaua 
se pèrfisotionne à* là foÎ3«;' nous f^nik^nndiis/iiies 
xviéiUes.îustttuùonf^ e6>m>us nous.depobttioiksid^ «i^a 
usages goitiifi^Bea pour mhmi revêûr^d^îdé^s^^tibénal^a 
et des faabâtadce inoderees. I^es Frères «de»! Êc^ïe^ 
oliratiien»ea<avoient i^ésiat^ ii.ia'réyoiutiari^i<qui a d^ 
trait laÉttde âioses; hms. patitunûe^i leur tour viendra 
aussi, etsouè ly^ihyrékk-muib au mor^ comme a.u ph}!'* 
sique^^ dégagé;^ des preî^^dèb ragîeUéipltt^.|feûdr:éi^ 

(i) Brocbuf^e in-8*. j prix > u-fr. tti ftj :i5 gv &ràc 4ri !»«;l« 
A Pari«y à» bareaurdi^ ^OMm^l. ^^ , ;, ,, h. ;•'!«•: ,?, o' * 
2©we /^/t L'^rni dn ta Ueligion et 4i^.-Aoij \', , . Z , 



(■354) 
ttpus marclieroDs d'un pas plua assuré vers une regc'^ 
neriiiioii complète que Ton nous [M^omet depuis tanl 
«dwMes^ ^ ^ue BOU4 Mf)rîoipg.(^À abiéimé ù n^K^ 
•«vioos €^u ptjOj» de cau&ftiioe <i de d<>oUiié pour, ^los 
faiseurs. 

Le premier article que nous consacrâmes à Feia-' 
•iDén.de.lanictJiQdede LLineasÉ)er^ii9iisa\{€Mtjéléfaurui^ 
au snoiua pour fe fond^ «par un Eocssoisfort/f^spee- 
'îMb 491' fort tusIruH ^ qui iSfesi <occupë toute sa^vîe de 
4P'ecl«fcrche6 'fuir les métbf&àes id enseignement ^ > «t «{ui 
a. du es coiifléqueDoe's.'apipliqner à jconnoiir&îes pro^ 
.cédés de Lancaater» Placé sur les lieib mém^es oùioalie 
jéaoJe aippis^iiaîésanoeyfiLa pu Faire cet* exaniètttii 'loi* 
sir, comparer li^a moyensL^ apprécier 'les résultais ^ et 
•e'est diaprés t>ne eipëri(mee)de>piasisuram]Déea;qu'il 
^id9lfùgkaimÊMX4fa9 icette inaoenëott «le mérttfiit.pas 
iipus lea < éloges tqu'on* loi t^tdonnéa, c|tt!eUe n'étok 
-fm esempte.'de 'charlatanîstaaQy qneJidée drayuhtfî- 
Mer le» £ièfm\Bfa% mailreacpciar r,enseigneni«ilf<p€w«- 
•voa éléq GomrnodepMl^ <ifes Ji a>f ■ i u j liiabiifa'rij&iH; 
demilrîbitoii>)flto^#oaélérer yiastrugtioBrffear <mi» a r »<at 
cqti*elifin'oeil0m!^>àce d'appaneilirailitaîre y oea (fermes 
Mdé tkMUÊûilâdetfaitki y ces moiût^ara^ ees haamèsea 
«jbriisqiiés^ tl9ft<étDkitions pomvoîent coof^èmràain ré- 
^j^fîme <le*dèi»mnîâoQy et nea a nnigeiîvsnaBaaeot sage 
'€»tnrauquii)ei'Ce^aï'«stpas^ar des moy4sna'lMru^asi8 ec 
^tiimultiteuxl qfi'dn.pamemiàiinainMer rîbsMKttftOtuâaiis 
*-Vespril des eofaftis; lo'eat -ptrie calme^ la^paiiepee et 
<l*ass«d|mé^ Wël^it èé senstiqienil <dik» sàgl^ et in^parûal 
ét ra ti yp qui aCHis ^HFoit fourni les premières uoûons 

Ce sontin^çn^cst confirâé^Jialrlk'ftrpëhprt'qfte noi» 
fli^onçon^. Li'aùteiir^ {k:>usse tdn^cmÀt^àr Ses ma- 



( 555 ) 
mSs duiilîjbe,;a cliferclié qwels éloleiH Terril, le tut 
et les moyeosîde ces nouvelles iogitimûous. Il }^ a 
Mcherélm «t.daos les livres qui en tçaiteut^ et sur^ut 
•duDâl« pnaliqae.Quelquei^. rapports qm peu li»«tiiettx, 
Ja prûieciîon du sieur Carnot, lealbousiasuie de quel- 
ffjues'pbîJi<»nthropes oc l'ont point f^bloui. lia comparé 
Jamétliode de* Frères des Ecoles, avejç celle des nou- 
. veaux mskîiinâS) ejt voici le résiuksit duu exame» atr 
4i9Bt*t*:etid!aiie'(tBomparaisoatsiûvie.> Gbea les pnenwrs , 
•le.Yaaître;i>e pendvpiis dé vue ses élèves, icé» qui iQst, 
'^puwqu'oa eo! <)ise, km H9[imeu9e;a'^)Bjta[ge. JLa disci- 
jplîoe est wiiple.; i'ordne j[^esl) point trouUé ni p^tf* 
\4ê$ dépboaaii^iis mpéiés, ni parle Wuii desenfmis. 
Xe^ elafi^es «OQt d^siÀctctes» Cle^ lepcoura^nicaé eUf- 
-li!eti<B«eiiM Lemulqtiaii* U y^B; pour. Ja leoture.etpour 
le calcul de grands tableaux qui peuvent êtr^'aperçiis 
«de touis/Xes texerciees sont naiiàs par k laciiure et 
lapHèipo^ Lie ^ai<Stbisn»<3t v6t lime instruction^ pieuse 
«fervents à) A^v«. eptrar do l^omMC be^ipa^e ^ds*. Fe^it 
f dii» tfiitfiw ès»îid«<^^ de, ri^igbn ;et de mo- 

"^"stnà^fititi^'Ti'my'ifk p«is,^mq«('au;oha«it d«i cantiqui» qui 
.110 îS«mWfi)Ai«wlH}sem0nf «imaginé pour distrairez les 
.iwfims^i^MffiCfîr. ilfeur mémoire^) Hiléixr. suggérePi cfe 
.foans;aenitÎ9i(»iS* Aus^ daopiiûtiteft les villes i]u les 
sFreres Aont éuiUis^,:sed0Ufi-;t«iifft de fleurs .éoiés« Les 
.«nTinis sopt pLos cetenus; Us iémiapf^èntlà Ja fois etià 
jUgnorenoe et iKii désofuvii'^Qaeotv JDepùisdixoutdouae 
MU» qOQ'leaifpèffis oat rowren J^uns écdies^/Jle suc- 
' céaqtt'eUe&^onteu Jies a bk miilcipl^r. Pimqiif mihàs 
Iw^Mdfi» viUeSiOnt redemandé oeaihonimescdllaii- 
i^oi fluff:iui|iias qu'ils sQot^lus.obfic^i»^ eilla)pû|>tl- 
3aûçll:.de$Me}|e$eà ioférièurea s»e6tf ressentie, dé leîifs 
•flfortô^itei«iii^pdBr Urhmi». . i >.i ; ,. • î . L 



'( 355) 
Oii est un peu élouuo que ces isoxns, ces efForfs, 
ces succès n'aient pas même obtenu la plus légère 
tiiention clans un ccril tout à la gloire des écoles de 

rLancaster« M. le comte de Àmoit-ii pu ignorer 

l'existence d'un éfab]îs6èmcDt ancien, tout à la f'oîs 

iiational et religieux, ou auroit4V voulu la dissimuicT 

-pour ne pas nuire à ses protejjés? Cek fit est pas pro- 

sumable, et nousr espérons qui! réparera cet ouUi 

' dans un nouveau rapport. Il est digne d'un pnîian- 

tlirope si impartial de louer le bien partout où il se 

■fait , et de ne pasr fermer les yeux sur te» serfices de 

ces Hiaitres stniples et vertueux, pan«p €\uHs om le 

tort de se renfermer dans- leurs devoins , cpi'ils «ont 

-chrétiens, qu'ils en prennent le noili^*«t qu'ils con- 

saercûi leur temps à autre chofte^é'àétài^ Ittcttstnh 

^aux;€t à scjiliciler def appuisr 

. • Da l'examen de^ta tnéihede des Frênes, M* Dubois- 

• BergeitMi passie a celui 'deâ i^ouvélles éeoles, et quV 
'voit-il?- Des manœuvres Àiilitam^ï, l'apprende d'une 
•caserne, deà'tiiTaiis h-atisfoiimé^'c^^nïafefes^^'tttife'êeole 
ioù «^e fout à la fdis huit ckps^, (H; eùr ^à voix lli^ 
' cordâmes entretiennent un Goutit)ueliK>iA*dt>tînemeni. 
?On veut noufe fëlHe- Qf-oire<«|tie oebrttic>»e distrait pàs^ 
«lès.eofans; Il faât bieti fM^ti lés obniiottre pmir-c^la. 
'L'tenâiit quisetroâkpe^f cède sa..p)iftèe à èeJni qui Ka 

• repris; de». là des: dëpia)Èeu>em frëquens qui nusisent 
«noôre à l^ordre. 'Le maître, pendaïit ce temps, est 

-tranqùille-tians «n iebiti*; i( pourroit dPormir^'si le bruit 
Id hii pcjpmettoit ; il n'a riea à fafre.'Rsis&c-t^n de ht 

«-tecfuveà l'écriture? Vie»t un rehiue«-menage oomptet. 

-iiifSSiCiifans^se forinem paï* pelmonj , ^^tmarcheofi' «^ 

i'piai Vo«*diriez ifn camp; ILa 'liiëtbDd«i pouf appren- 
dre à écrire est bizarre. G'esiiavèodu^aèl^^dGs pierr€» 



e 557 ) 
et dos ariloisea^ qu'où se flatte de moolror k tmccr dra 
letlrf\s ,. el on préiend obtenir avec le jeu et la dis- 
sipaûon; ce qucr Jes Frères avoient la simplicilé ^e, 
chercher laborieusement à force de soins et de peines* 
Le recuijilJement et le silence de leurs écoles, formp 
u» grand contraste ayec le mouvement et le tapa^je 
des nouvelles galles; mais. je crois que le résultat de 
Tvmc et de 1 autre méthodes forme un contraste pliis 
grand) encore. i . , 

. Un dcvS avantages qu'on a le plus fait valoir dan{[( 
1^ décx)uyerte angloise, c'est l'économie. Mais]VÏ. Dut 
boiô-^ergêron rapntre qu'on en a.imposé sous ce rap-» 
port comme sur plusieurs autre|. U entre dans tous 
les détails en homme qui a vu les choses de près. 
ÎJ calcule tout, il ne fait grâce de rien , et ii pour- 
suit jusqiuî dan$ leurs derniers retrançhemçns les ad** 
lîiiratçurs de Lancaster, et les propagateurs de. soa 
sy^éifie. .11 leuroteJç brillant don^ ils se parent j ,el; 
-fait tomber et ces fastueuses promesses et cet ébloui^^ 
8aat,étal|ige.il^proqédé^ débités avec jtant d<'assurance. 
Qanc peut se disjsinauler, en examinant les chosçs.de 
#ang (toidf que la n^uvejle méthode, in^aginée en Au'. 
^lelçrrc par un quaker tant soit peu charbtan, 34opr; 
iée d*u3s ce pay,s par quelques philanthropes, trans- 
pointée parmi nous par quelques anglomanes, et ac- 
cueillie par quelques etnthousiasles , n'a rien au fqn^ 
qui doive tant noi^s séduire. G'çsl june marcbfjn^li^e 
félrangère, qui ne vaut pas nos étoffe^ i^atioijalps^ 
Celles-ci sont. plus solides; elles ont j^pur èljies Y^x-* 
périence, elles ont résisté à l'action du temps," Com- 
ment les changerions-nous pour en prendre dçs l,é-t 
gères, d'inconnues, qui ne dureront pas à l'usé? 
Vw dernière considération que M. Dubois-Ber^ 



( 358 ) 
geroii faîl beaucoup valoir, et (fan nous ctoymiy 
comme lui, de la dernière împorfancé,'cesl l'iniérêl 
de Ja religion. Kotis avons une institution qui fitii d<& 
la religion là basé de son enseignement , qiri , mue pai* 
les motifs de charité et de piété, se cob^cre àîêspi^er 
ces sentimens abx générations nàissai3tés, qui se coti-* 
tcnle du strict néèessaire , et s'honore de pratiquer irf 
pauvreté, qui édifie encore plus «jtfellè û'instruit, 
qui toute entière à ses fonctions les remplit en si- 
lence; et nous négligerions cette institution respec- 
table , nationale et chrétienne , pou^ favcft*îièr unie ins- 
titution protestante et étrangèi^é! Les Angloîs n'eus^ 
sent pas été si ificonséquens. S'ils eussent possédé de» 
étsdblissemens comme- ceux de iios bons Prêtés , fïàùs ^ 
pouvons être assurée qu'ils h'auroient pas acciieiiti fa 
Inéihode de Lancastér. Plus heuréui qt^'éui, nôti:^ 
àvibns ce qui léiir manquoit. Abândonnon^-Xeûr les 
écoles à la Lancasier, et gardons ûos ccdies chn?»- 
f félines. 

On a dit/âla véiité , qui! s«^ît fi^të ff ëdérfrtfi^ 
la niéthode dé Lancastér avec là religion cakhèlicpèe, 
qu'il ne s'agiroit que d'avoir des'màftrès chargés niii-^ 
quettient de la partie religieuse de riefaseî^'etoLèiit , 
qu'en tout cas les cur^s sont là pour instruire •leurs 
enfiins à cet égard. Nous avolis déjà répondii autre- 
fois à ces raîsbns. D'abord tontes lès nouvelles écolèi^ 
sotit 'tenues par des étrâtrgers et des' prôteéians. Nef 
ffeûf-on pas supposej", sans léùf faire ibjure , qu'ib 
îiijètirbm f)éli d'itiiêrêt à 1 eriseîgùèmerit religieiix, ou 
qju'ik le 'dirigeront dans leur sens*? Dé|a on a'vti chei 
cm || gft-pn , une édition prOteMantè dù'nôUveau Tes-* 
tameiît, qans lâqiielfè, suivant lenb mlanîèrè assez fa4 
lîiîlièt-c, les Evangile^ ^rit intitulés : Scfoîi àlaWiièui^ 



(559) 
selon Mare y selon Lue y selon Jean. Au lieu de lusùiues 
tirées de FEcriture, ou Jeur donne des sentences des 
Autûens , des proverbes. On évite de leuf parler de 
toi, d amour de Dieu, de fidélité à ses devoirs , at- 
tendu que c'est-ià laffaire du curé* Ainsi, lebiance 
se passe sans entendre parler de religion, el par-'làl 
se trouve réalisé le souhait de Rousseau dons son 
Emile. Le curé aura«-t*tl bonne grâce à venir par là 
suite enseigner ]e catéchisme, quand rien n'y aura 
préparé les esprits, quand les enfans auront grandi 
dans rindiflTércnce? Né seront-ils pas autorisés a re- 
garder comme peu iqiporlantes dçs choses dont on ne 
los aura jamais entretenus , et les préceptes de réli- 
gioii .qu'on voudra semer ex abntpio dans Tine l^rre 
non.cttiiivée , pourront-ifs y prendre racine, ety geiv 
mer? Il faut répéter Ibn^tèmpis une fcçdOf aux eu- 
fans, afin qu'ils s'en pénètrent^ et ce nVsf cp'en re^ 
venant souvent sur les niémes objets , en lés încul-' 
quant sous différentes formes, et les èxplîqiiant lotH 
guemefit*.;5jueles.Fij^es j^^^^ ^ faire pénéirçr 

)e& ,.ppiicipès ae ^a. foi dans des têtes légères et pei^ 
Iiabiiuées à rapplicaûon* Qua sèrance qui^ on l^t 
«n parlera peu ou point du fout, et que Ton rerâettr» 
ces levons au temps qui précède immédiatement la' 
première communion , où )e curé a beaucoup d'en- 
îans a instruire à la fi)is , oti ceux-ci sont pressés d^e'n- 
trer en métier, sont pluâ difficile.^ a coiUeniîr^ et rfaii-iv 
ront aucune notion prélîraiuaire? On peut être assura 
que Finstruction religieuse, trop halee, glissera sur 
ce^ cerv-eau^t.déjà remplis de mille idées différentes. 
Peuttètre est-ce ce que Ion veut. Voilà ce ^ue TEgUs» 
tx la société^ les pasteurs et les pérés de famille ont 
I redouter d'tm sysiâme dont \^ prértÉe^j^ essais n'o^ 



( 56o* ) 
ftilt que confirmer ces ct*aliilès« VoîiJi ce qni a èicitê 
le zèie (^e M* Dubois-fierga^on. Le fond de sa brcH 
chure est plein de sens et de vérité. Elle nous a 
i'ourni des reosei^uèmèns précieux , et renfermé en-? 
core des faîts et dics observations non moins utiles. 
On voit que c'est à cela qu'il s'est atiadié p et qu'il a 
mis peu de'prix aux grâces delà diction. On ne songe 
pointa cadencer ses phrases quand on aperçoit. le fei| 
^ la maison de sou voisin. 



<»@5|>,r-stf.S^|?> 



Nouvelles ecclésiastiques. . 

BoMB. Le 4 janvier, sont arrives ici pliisieor-s char-r 
riots, contenant des objets d'arts, venant de Paris. Leuf 
vue a excité extrêmement de joi^ parmi le peuple, et 
beaucoup d^amis des arts>étpient allés plusieurs miiJes au-- 
Rêvant de ces iche&-d'fieuvre rendus. î leur terre nataict 
JLe chavJiljer Caripva , qui arriva le même jour, fut reçi| 
d^une manière distinguée. S. S. s^ent retînt une heure 
avec lui , et lui remjt un biHet qui lui annonce J'ioi;rrip- 
tien de 'son nonU sur le livre d'or du Capttole, remme 
ayant bien m<^ritë de la nobfesse et du peuple de Borne, 
et qm lui confier^ le titre de mbrquis d'ibcliia avec une 
rente annuelle de 3oo6 écus romains, Canova se loue 
beagcvoup de^ procédés du prjnce-régent d^Ânglèterre, 

t-*JS.'8. a chargé nnecominjssion d'exajpainer les meil* 
leurs moyçus de subvenir au:( bes^ir^ji des pauvres. Cette 
commission est composée des prélats Rivarola, Prattinî 
et Cristaldi , du chanoine fiiccardi et de Tavocat Les- 
paéchioli. 

-r- La fôtè de l'Epiphanie a été célébrée , pour la pre- 
mière fois , depuis pltisieurs années', dans Féglise du eof* 
lége Urbain dé la Pnmâi|j;aride« Cette église , rbef-d'œu vra 
|j['ar€hilpp}9pejd^|5w«|ffl^ ^vqU été, iixm 




( 56i ) 
les'derni^€«rtWoluUons, convertie en des «9»ge« pi'o-» 
fanes, et ruinée en grande ptirtie. Elle viiçnt d'être rt-* 
■pivce par les ordres d\i car()inal Lilta, préfet de la Pro- 
pagande, et par les soins du prélaj; Quarantotti, secré-t 
lajrede la même congrégation. Le cardinal Jo$eph Doria 
Pamphili, évèqne de Porto, en a béni les cinq autels, 
ft le jour de la fête, M.Pedîctni, substiti^t du secré- 
taire actuel de la Propagande ^ a chanté Pa grand'oaesso 
^vec be»aucoup de ponope^ Le peuple s'y est 'porté pour 
honorer la mémoire des Iroi^ ni^ges, 

-^ M. de Grégorio, secréuire de la congrégation du 
Concile, et le P. Foni^na, général des Barnahites^ ont 
été prévenus de leur prorliatne promotion au cardina* 
]at. On sait tou| ce que Tun et Tàutre/ont ép, à souE^ 
frir dans la dernière persécution. 

-!- Le prince-régent d'Angleterre a donn^ une somm« 
considérable pour élever un monument au cardinal-dac 
4'Y«rck, dans la Basilique du Vatican. C'est certaine-r 
ment une chose remarquable que ces honneurs accor-^ 
dés par un prince de la maison d'Hanover à un Sluart, 
dont le père et le frèv^ si voient vu autrefois leurs têtes» 
-tiïrses à prix. ' 

*-^ 1>6 it) jftiîTileri M^^lmrajr, auphevêquct d'BiiSpa- 
polis et coadjuteur de Hublin, et M, Mur^pliy, évêque 
de Cor^, ont quitté pet te capitale, après trois mois de 
séjour,, pour retourner en Irlande, Le fi^s aine du duc 
de Pracciano e«t parti avec eux. 

Paris. Un journal n'auroit-il pas commis une indiscret 
Jion en annonçant positiven^ent, samedi dernier, les dé- 
missions données pa^ plusieurs personnages distingués? 
Dans toute espèce de négociations, il y a' des particu- 
larités qu'il convient de. ^e pas révéler jus(|u'à un mo- 
ment m^irqué» Celle-ci étroit s^ns doute.de ce nombre. 
THoMs étions iostraits, depni^ longttemps, de Vicûportante 
démarche qu'annonce le journal; mais nous savions aussi 
igue Ton désiroit qu'elle. fut tenue secrète, et nou^ n'en. 
ff.\'io^^ pavl.é qu'en terjtie^ ti^-générau:ç^ Plq^ pej ^yé-» 



( 362 ) 

nemcnt est heanenx , plus noas aurions regrefti^ d'en 
troubler les bons eSels par nue pubticitë inte.mpesriv> • 
-*• On ne peut pas phaire h tout le monde. La 
dernière résolution de la chambre des dépnlés sur la 
dotation du cierge se trouve ne pas èire du goût de 
M. Cb« D.', qui i^end dompte des sëa-nces de I» chambre 
dans un journula^seK répandu, [i paroitne pas approu- 
ver qu€ la conimksion ail étendu les avantages du pro- 
jet d[e M. de Ca^ieirbajac , et il se récirie -surtout contre 
les additions de M. Curdonnel. Il insiste avec un soin 
particulier sur leé discours des honorable» membres qui 
se sont rangés i dit* il , parmi fe» défenseur^ les plus 
scrupuleux de la constitution et de la royauti. Mais qui 
aftaquoit do^e idi la constitutibn et la r&yauté? La char- 
tre s'oppose- 1- elle à ce que le clergé possède qnelqne 
chose? Ija royauté ^ pour parler comnto M. Ch.D. , 
est-elle cotA^romito parce (jue les donafidns seront au^ 
torisées?' fet-ce- le clergé dùté ou ses éift^enlis qaî ont 
opéré la raine de la monarchie? M. Ch. D. croît -il sé-^ 
riiîiISràiënt que S, M. tfoît 0{Sposée par inclination à ce 
qo^îecïèfgé ait quelques biens? U connoitroit bien peu 
Iti sagesse et la piétéde noire M^ji^cque. CçprétfBfidttiJer ^ 
/èaaeur de. là coHMilu4hnet de la 9nyauté , ne fait ]pa«» > 
ë^m "doute au «lergé rfaonifreur de s^ntér^sser beaucoup; 
à ranvélioralion de s^ sort, et H* terni i ne îuo d« afe^ 
comjiles rendm àeé séances dé la chaittbrc, par uhe re-' 
marqué qu'il a sans dotite jugée foi-t' plaisante: c'est' 
qu'*^ ia dernière séance y trois abbés se èont tenus cons' 
tammenl dans la salle des conférences y attendant im- 
patiemment le résultat^ et se sont retirés y bénissant le 
Seigneur et la chambre des députés Ces railleries sont 
assurément très- ingénieuses, ftiafis elles ne Sont guère à 
l'ordt^ du jour; elle» retonibeiit autant stir U chambre 
que srir le clergé, et iî est plair que lés députés n'ont 
]^a8 plos que les abbés Taifantage de i^^cueillir l'appi'O- 
ba^ion de M. Ch. D. 5 cela est ftclieiii pour les uns et 
font les aulresk Cèpetidatït it fr't-n ltHnrv.cra peut-*»r# 



( 565 ) 

ânms le nombre quî. conseilleront 5 ce jènne homnorerde 
^e renfermer dans ses altributions. Il n'est pas chargé 
de contrôler ce qui se passe dans Ta chambre, mais 
d'ecoiiler ce qui s'y diuCest un scribe, et uon un -criti- 
que.jQu'il daigne se borner à ces modestes fonc tiens, soit , 
comme diroient d'aucuns ^ pour* s'épâfigner le ridicule; 
ct'uiie cehsfif ne qtti Ile cahotent point k aoa âge, soit, 
eomme* nou.v dirôn.<$ "nons qui sommes plus polis, pour 
tifî pas tffflig'er hi chambre et le clièrgë par une impi^t)- 
bdtion dont ils ne se consoleroîeht pas d^ la part d'uiiô 
si grave àùtopifi?; 



Nouvelles politiques. 

■ . • • t î / 

Paais. Le 37 janvier, M«^ h duc d'Angonléme ,. «tccom- 
pagné du maréchal Victor , alla visiter les chasseurs de 1^ 
gafde , 'Casecoés^ d^n^Ja rue du PerivMusc, au Marais. Lors* 
que S. Ae 4V* entra d,aiis<le quartier, iln'y avoit qu'un très-r 
petit nombre de soldats avec lesquels elle s'entretint long-^ 
teûips, ](Hir denifuidnnt quelles campagnes ils avoient faites, 
s'ils ^toient bien nourris, bien payés, et entrant A\ec la plu^ 
grùriàe solKcitifde dansSeé élétails qui pou^oient les intéi«S' 
ser. Un sapeur que 1^ bonté du prince a^t ^ei£ha«di » iaH]^ 
chercher une bpu teille de vip et plusieurs ye^rees ^ et propose^ 
à ses camarades de boir^ à la sstalé du* Roi et du. due. JVle^ 
«mtis^, dit le-pritide;, allez n^e chercher un v^rre , je veux trin- 
quer avec voi^s à k santé du Rqi. En eftet, le prince et 1er 
maréchal heurtèrent leurs verres contre ceux des chasseurs^ 
Les cris àç p^ive le Rof! partirent de toutes parts ,. etle princo 
laissa 'ce$ br«ver pénétrés de recoonoissance pour su visite el 
•es bontés. 1 ' 

*»^ Lés eorpsan^lois qui se troiivôient eoccire à Aiint-Denis^ 
Ràel, et ftutrés hefar envircmnans., se soiit mis en marche 

pour 4e nord.- Cetnt qui oceupoient la ckeme de la grande j; 

Tu^ Yetitei à' iPari» , <»Qt pris ia même direction. ^ | 

— Le gépérat Travot a été ktrété à l'Orient , cbitiihë pr^ ]' 

Iretiu S^iQMiai éoiitre Taiitorité légitime. II a été tràhifefé k | 

Rênnéï; d'ciWdù troit qu'il sera amené à Paris. ^ ji 



•-^M'^^'. LavaletLe est sorlie de la Conciergene.e« donnant 
«ne cftiilion. • 

— Une ordonnance du Tloi statue que Tes conscrits ou pa^ 
rens <^c conscrits expropriés et adjudicataires de leurs proT^ 
près biens, seront, eux ou leurs enfans et héritiers, dispensés 
de payer les sommes qni peuvent encore être dues sur le prix 
des adjudications de ces biens. * 

— Un avis de la commission de l'instruction pvbh'que porte 
que les instituteurs primaires ne sont point tenus de faire re-« 
nou vêler leurs diplômes d'ici au. i5 février, comme ofi T^voit 
faussement annoncé dans quelques journaux. 

— S. M. a nommé les prévôts des cours prevô taies pour 
Rennes, Evreux et Bourg. 

— Les dons offerts "par la garde nationale se multiplient. 
Ceux de la 5*. légion s élèvent à 12,000 francs, sans compter 
8000 fr. pour les indigfens. Le Roi a chargé le maréchal com* 
isiandant de lui en témoigner sa satisfaction. 

— MM. de Scey et de Vilîeneuve sont nommés' jn-éfets de 
Besançon et de Bourges. ■ • 

— Il est décidé que le département de la MoseHe ne sera 
pas occupé par. les troupes prussiennes ; mais elles restent ^ians 
les départemens de la Meuse et des Atdennes. 

— M. de Sainte-Suïûnne , ex-préfet, vient d'être arrêté à 
Montargis et conduit à Paris. . ^ . 

-^ On a parlé de tronblei arrivés è Lyon.. La police a iatt 
arrêter en effet quelques individus qui paroissent avoir tenu 
des conciliabules. Elle s'occupe de recherche!* tous les détails 
de cette affaire. Lvan est trës-calme. 

— Le sieur David, qui n'a pas toujours fait de beaux tA-» 
bleatix, et qui s'est, pour son malheur, mêlé de politique, 
est parti de Paris , le 25 de ce mois , et a pris la route de l'Ita-^ 
lie, ou il va, dit-on, se fixer. Il avoit demandé à emporter 
le portrait du Pape qn*il avoit fait en i8o5, et qu'on a vii 
exposé au salon. Il comptoit apparemment faire hommage de 
ce portrait^ S. S. ; mais le Roi n'a point voulu se dessaisir 
de cette belle composition., qui retrace siibien le caractère de 

}>iété et de bonté du sourverain Ponâfe, et qui., placée daoa 
es appartemens de S. M. , sera bn ^^s^ de iiotérêfe-et des 
égards qu'elle porte au chef <}e l'Eglise. , : r,>.,î. " . ,. • 

— Les journaux ont annoncé le départ 4^,. pUisiçuçs des 
Jndivîdus compris dans. le dernier article àç h JlpitS^f raBQ«M^ûey 



( S65 ) 

èl itlottt dit eâto-'Aûtres que MM. Grégoire et Sieyes aihiént 
passer en Aïiiiri<jue. Ce' dernier se trouve en effet dans le cas 
prëvti par là tw. Mais est-on bieif informé à l'égard de Tau-* 
tre? Pour encoifi-ii^ te bantiis^einent, û faut dent clioses , avoir 
\ol^ la mort de Louis ''X Y 1% et a^orr accepté des places 
ou signé l'acte additionnel au retour de l'usurpateur. Or,* 
M. Grégoire n'tf point occupé de placés , en dernier lieu , sous 
"Buonftparte, et n'a point été dé sa cfhirnïbre des pairs. Quel- 
ques personnes en furent étonnées d'ans le leM'p^.' On explique 
ainsi cette sorte de disgrâce, c(ui sera heureuse en cte moment 
p^our Tex-sénateur. Il avoit été, dit -on , appelé aux confé- 
t*ett<!:es pour la constitution qu'on devoit proclanier' au dianip- 
de-mai ; mais ses conseils ne furent pas suivis , el ne trouvant 
pas la noiivéllé COhstrtntion asst^z libérale, il alla coufâ^éuse-î 
'ïneût incitre non sur le regisffe. Le despote ne le lui par- 
donna pas, et lui fit l'honneur de ne point le nom mef pair: 
Yoilà te qu*ôn dit sûr le second poitrt. Quant au premier; 
cVst^à-dire / au vote de l'ex-conveiïtionnel datts le procès de 
Louis XY'I , SCS amis essayent encoi^ de prouvei* q«ie la loi 
ne l'atteint passons ce rapport.' 11 y a bien cèi*làifi diîicaiHS 
pi-ontJnoé à la tribune de l^ convention , le i'5no(vembre .if^^ , 
où Louis XYI est ^pp^é un /aussaÎFe ^ un tràll^c y Mn-bôMt-^ 
' reau , un tyran , un homme couwfri du sang fi da. crimes» 
Mfwil importe de juffèry et dont iimpvmté sehoU un Mtiefiltil% 
U j a bienane lettre écrite da Mbnt-^BlanGi^ oit Vm* vote pour 
iia 'C&ftdamnatioK de Louis '\Cap3ti p(xr la com^nliony Mnf 
<ippef mi- peiiph. Mais le lubt à.nfot:t n'y est pas, otce vo^' 
n'a pafr ciympté. tLoviis XiVI j^est condamné , cela ejlt vrafc 
i'A quoi, dire^-vous à ràutewn? -^ -M/Vre^.vous r^pQndy«-t41^ 
,ei c'est ce qu'il a fort ingemèasemeoft. expliqué dans undeole 
commentaire sur son voté , oti il pifcàeve que Louis XVf n'a- 
voit. pas de meilleur ami que hii; ce f{m ne, laisse pas qtie de 
clonner uœUaute idée Je son obIigeaèce:e» amitié. Il|efi4 vr^ 
encore que , dans un écrit subséquent , M. i&régoire a dit que 
ia mort d'un Roi étoit pour riiurnanitë un motif d'allé ffi^ssi^ 
et à encore adressé quelques àoncenH à celui que nou3 avons , 
'*dit-îl , exterminé. Toutefois ses apologistes objectent que'eesi 
.phrases étoienf aïors à la mode » qu'elles prbuyeut' j)rus de 'l'or-- 
Jilesse que de complicité, et plus de lâcl|eté.que <jle. scéléra- 
tesse, et qu'«nBn M. Grégoire* n'a» pas formellement voté la 
•jOierl^^e senFcoij^ et s-iwc» oeKitenié ^Hii^JccMUic^nna'. Ils pr»- 



( 5C6 ) 

tf>iideii| donc qu^il *doit écba))per à la geîn^ pr^ioi^cé^ par h 
f^ernière loi. !Nous avon« c.x):o^ les raisons ppur et çoiitire 
dans toute la si«iplic^té ijie notrç aine « et nous fgûsons êes 
vœuE bieo sincères pour qu'on renfle foute M justice ^pii est 
due à uji philanthrojpe si pur, qui, à Ja vérité , n'fûmc pas- [es 
roi», oelie classe d êtres purulens, la Upre éfes gouyerneinens 
rt Vtcume de V espèce humaine, ni^s qui ^n revanche porte 
un tendre intérêt.aux Juifs, aux. nègres et aux peuples oppri- 
més. C'est ce qui a faii apparemment courir je bruit qu'il al- 
)oit à la cour du souverain d'Haïti, le seul pent-^elre auquel 
il pardonne d'être roi, à cause de sa couleur prononcée et 
de la candeur de son dmc. On disoit qu'il ««toit appelé dans 
ce pays pour travailler à une constitntipn libérale. On ajou- 
toit qi^ le prâat devoit y organiser une église conflit u tien* 
neile et patn^tiqufs, àTinstarde celle qu'il aiinoit |ant; nais 
pous croyons ce bruit an .moins prématuré. Seroit^il donc 
écrit que l'Europe perd roi t tout à coupses plus bnllantef lu- 
mières, et que la r^ance seroit obligée d'e/ivier au nouveau 
monde tQH^ ^es sages. auxquels on .n'a à- reprocher qne de 
l'avoir un pea trop éclairée et un peu. trop régénérée? 

— La guerre de plumes continue en Alleinagne entre les 
défenseurs et les adversaires des sociétés ^ecrètes, M. Schmals 
est secondé par des écrivains qui se déclarent.,, coname lui , 
contre ees sociétés, et qui en signalant; ks dangers. L'amenr 
d'ime nouvelle brochure ^ intitiHée f^iLer Bfaméaux ^^f^ 
' et les Manteaux Sleus, peint les fu^bres de ces societéi 
comme des existes,' «qui parlent sans -cesse. de leur attache^ 
meut k la patrie, mais qui se bomenè à 4es dénmnstratioas 
de zèle en paroles, qui accaparent les emplois , se pkceot à 
ia tête des administrations , font réciproquement leur éloge, 
*pféiiieBt la tolérance et les idées, liiaarales , mais ne veulent 
les'recennoitre que idans leur parti. On se' demande s'il n'y 
^nroit pas- de ces gen&^là ailleurs qu'en Allemagne* 



Un 4$CTii|»ériodi(pi!ï, dont les. lvvrât$QiiA.éu>ieiHf4Hrt arriérées,- vifm 
d^^n di^nncriCoHp ft)ir coup Jciis pu iroiiK reippW^s xjl|3 |»icc^ conte» 
le Coocoixlat. X «iPtf ur t-a a grcssi aiscioent "son reci»eilj il n'a eu 
fjue ]« pefoe de les iriiii^crife. «Il' parcti prendre nn siftgutiçr plaisir 
H faire le procès à cette trâusartlon faiiieiise. Ne 'sérôiC-$l pas plus 
jprùdeni , d^os un moHimt d« toég<>daik»ii8 , d'ëvUer css sortrs- dt 
HiÎMuSBittii!» , ««i.d« jM.pas icter au 9l$«u de npus 4» àoiiT«tt«s 



( 567 ) 

pommi;« de discoriî*'? Ce nVst pas, lor.v{u''ff est question »^e ^air, 
^ii'il coDvienl de recommencer des hosiilîiéii. Ce u\'U pas lorsque U» 
clie£s'Se conoerieol |>our un heureux accord, qu^un soldat cloii roui- 
•pf^ la Ifève, el pro\<x|uer au combat. Si les adversaires du jovrna- 
liiskc eioient.aussi ardens 4{iie lui, il on réftulleroit des controverses et 
iflf s. disputes «qui ne iKNirruient t|u^«cli«uiFer les espEiiA, etcuntrariorlea 
.-vues de Tune etde Taulre puissances pour la paix. Mous sommes tort 
«io^nes de vouloir remuer ces questions délicates, el noua nous rcpo*- 
'aoDs sur les iumières, le zèle et la sagesse de ceux qui sont appelesà 
•rendre le repos à PËglise.Mai» c'est pour cela même que nous somme» 
jSàchés de Yoir agiter dirs .discussions an moins ÎDvti les, et nous pen- 
«Kerions en. tout comme rauiMir, que. nous ne pouniopsapprouveriea 
efforts de son 7jè)e. Au moins fandcgit-il encore être «vrai, exact et me« 
sure'; or cet écrivain s'est écarta de ces règles dans sa depniiére livraison. 
U n'y a, dans prés de trente pages, qu^une note de lui^ et cette note 
•altère les faits, et attaque des- personnes respectabk». Il dit, par exem- 
•pile : Lesvartisans ^4*£ffiise du Conconaat de i6ot, détounuiMt Us 
tregardê me ce grand nombre A'én^ér^es qui refusèfmnt an i Pape ladt^ 
■mission de lemrs sièges a cette êpq/me , tirent un trov grandi mniàtage 
•du petit nnmbre de. ceux 4fui la donnèrent, il ne aragi^pas ici d-eia* 
ilf»iner qui a mieus fak des évéqucs qui cnt donné, ou remisé leur dé*' 
■miseion. Mais comfment un ecdésiaMiqne , un auieur,* qni'veut parler 
dn Gonooidat, et qui dcfvioit savoir ce qui s'est' passé aiors, peut* i4 
araneer q«e.le plus grand nombre des évéqucs ont rofnsé leur (iém«s^ 
iion, et que le pins petit nombre l'a donnée? Il est de toute notoriéië 
que sur Bi évAcpies, qui vitoient an i8or, ^4ie sont démis de leur» 
ai)ége8.vQiiclqucs*unsa la Terhé ont depm's. réclamé Con ire iaisuppres^ 
aîoD de ces mêmes sièges ^ mais il en reste 4i on 4a démissionnaires amm 
resHriction. Les non-démi|iiJi£>jiniair£.s étoiefU, au nombre de 36, et les 
, réclamation de ido3 sont si^ée8 de 38, parce cui'elles portent les yiows 
de M. de Chambre, évéque d^Pnope et sunvagant de Ifetz, et^de 
M. de la Tour, désigné pour* l'évéchp de Moulins. (^o^e« notre nu- 
méro XXXVI, tome 11, page iÇi). A^mù loin qvte^fe grand nombre 
^oit du côté de ces derniers, et le petit nombre' an coté des autres, 
la dlfFérçnce, quoique légère, scroit plutôt en fâveqr de c^n^L-ci , 
.et nous ne le remarquons que pour rexactili^de dvs faits. Sans doute 
que le. journaliste , dont il est question, n'a pas youlu sciemment troni* 
|Wr son lecteur } mais que fatit-il penser d'un écrivain qui, sur une nia- 
iière si récente, et qui aevroit lui être familière, dit preciscment le con- 
'traire de ce qui estr Le reste de sa note contient une petite histoire sur 
la démission de M. de Lastic , évêque de Rieux. Elle compromet à la fois 
deux personna^FK r<:s|>eçtablis , M . Vi^rfhevêqnc d'Au^ch et M. Emery. 
j-.Çq suppç^e qwc^ ce dnni»T écrivit u Tijrchevéqpe que les prélat^ fcan- 
çois réfugiés a Londres av^irrit donné leur démission, et on sçj ré- 
cric sur les moyens peu dilicais ifue le^ conoctrdd listes dç Paris etii- 
ployèrent pour stduire /es fi^éques f^foignàs. Cette injufe ne blessera 
_})as.b(çufeusemf lit ]h nufininire d"^uTi préLre pur et Tfrtueu^ qui se tro^ivâ 
.ici, pour la p ri; mitre foif, qiialiJit: Je séducteur. Op veut à to.atc 
forcé CB iaire ua «irtiï^u du Coucunlat. C^ux qui ^ioi^ot «lors cm 



( §68 ) 

ifrance satent asset c<illnbieii il fut pou consulté clans cotte affaire* 
les ambitieux qui la dirigeoieilt se cachoient au contraire de iui, et le 
)»rincipa] agent ne lui pardonna pas d'avoir plus d'nne fois contrarie 
ses vues. Quant à M. rarchtyér|ue d'Auch ,- on suppose dans la noU^ 
xjue ce prtlat, non content de solliciter M. de Lastic de dotiner sa 
«lémission, la lui fit dicter en sa présence, ctportoii sur /e serihe un 
regard imposant qui le cnntenoit dans le silence. Tous ceux qui ont 
connu M. de la Tour*du~Pin, mort eyéqûe de Troyes, jugeront si ce 
prélat , plein de douceur , de modestie et de boniié , avoit un regard 
jnrt imposant. Le scribe qu'il a pu>effrajer étoit assurément bien 
tmiide. Au fond, tonte cette histoire ne paroh fias aroir un caraciére fort 
.imposant. On ponvoit loner M. de I^stic sans cbercher à blesser la 
-mémoire de d«*ux hommes cbers au clergé da France. IV!. Tévéque de 
Bieux, qui a édifié l'Espagne par ses vertus, n'oèt pas approuvé .sans 
doute que, pour l'excuser d'avoir suivi Texemple de beaucoup de 
Kes collègues, on ehi accusé d'artifice des personnages que cerfaine- 
ioeot il esti&ttoit. Ce prélat s'est repenti a'avdtr donné sa démis» 
*>i^fn; cela est possible, et il a en effet signé les réclamatietis. Am 
sur|>las, tontes c^s discussions du journaliste devrotent plus que ja» 
mais être mises à l'écart. Elles sont déplacées surtout dans ce mo- 
Mieui où une démarcbe écbtante,- présage, et gafant de la pars, ef- 
iaœ toute distinction qui tendroit à fomenter desparlis. L'unanimité 
qtti a piésidé à cecu démarche et le motilqui l'a dictée , voilà ce qui 
Itonore des hommes respectables bieiiimienx qàe d'indiscrètes apo- 
logies qn'ila ne rédamtot pas; voilà ce qur nous donne à tous les espé- 
ninoes les plus fondées de voir l'Eglise de France sortir de cet étM 
d« uonbles ei d'aàxiéCe» si a^igeamt |)aur tons teax- qni s'intéressent à: 
éUe. . • . 



AXMS. 



* L'augmeDlalîon'qiiele^ journaux viennent d*epronver Sapa Içs im^ 
pots et Tetribiillotis dont ils sont cbargés , nous force à faire cfuelquc* 
changecoens dans le prix. T.es autres journaux obt porté' leur abonoe-^ 
menl à 72 ffancs. I*ï6us iraugiûetiterons' le nôtre que de 3 francs pout 
l'atiAéé entière; a5'aut m^'mc é<*ard à la situation de la plupart des ec- 
clésiastiques, et vodlarit le.ur donner une preuve de tioti'e oésinléresse-- 
inent, tiôus u'îij'i>uierobs qu'iln franc à l'abotlfi^iiient de six mois, et 
fious lais$l?ron.s celui en trois mois tel qu'il est. Kdusiîspérons que noV 
'abonnés férront dans ïa modicité de ces piix «né pi'eu^c du désir qub 
nous avons (dfe' côiiciltrr leurs inUT«*ts a fée lèî» nôtres. ' |' 

Ainsi les abbnneinêns .<erofil à ravt-iiir'déj'i$'ft. jpojâ^r l'ann^eï de i*5 
fr. pour six Ui^i<, c^t'd'^'S'rr.'pbur trolà'mo^ * 

TJes ^iersonnes dont raBonnenieftl expire lé î4 février prf'ofcblaîiî , SoiiV 
iniitéeS à le'i<^no\ivéIcr,pour éviter tout retard ou interruplion. , 

"Le's j4hohhf^s qui rions ùurtienl enuorh fè\pyià!" dé leurs *i'f^û'Écrîp-' 
ttons /tvant'Vihipnt )nis sur les jnumnii^ ^ s'ont ini^ttéa H hùusfairti 
passer te surplûs'à'li/ jyfcinitre ôvtâyio/h " ' ' * •• » .- 



(SiMediâfiyrter iSi6.) {N«* i55.) 

De tétat du ctefgé pendant la demiète Usurpation^ 

La cpDspiraûoti qui^ l'année dernière^ rappela TeiiH 
nemi de son pays^ avoit un double but. Elle éû vbu-^ 
loit à la fois aun Bourbona et an prêtres ) âût pre- 
miers coninie souverains légitimes^ aux secondis cotome 
ooinistires d'une religion amie de la légitimité. La piét4 
des premiers et le royalisme des seconds lui étoient 
^^ement odieux. On s'en étoit iipefcu tout l'hivêi^ 
^précédent^ aux bruits qu'eUe faisoi't répandre , à sèi. 
déclaïkialiônsy à ses sarcasmes^ à sej» calomnies ^ a ses 
inen^es. On ^voit accusé les prêtres de prêcher lô vè^ 
tablissément desdtmes^de tourimentér les eotiscieûces]; 
de semer li» division y de favoriser les prétentiôiis iëo^ 
d^Ies. Lç$ moiodres grâces que leur accordoîl le. Roi 
étoient enflées I envenimées, tournées en ridicule. Cel 
esprit se n^anifesta encore bien mieux à rapparitioii 
de Buonap^rtCé Ce sinistre météore devint le signal 
du déchaînement contre les prêtres, et aUx <ii4s ddttmi 
de Vw^ V empereur l se mêlèrent presque partout ces 
cris d'iMiié, populace ignoble : A' tas la càlotéè ! Qui 
avoit inspire 'gux partisans du décote cette uhahimitè 
dans leurs^, vœux grossiers et dan/^ leurs ÎTcôiaqoiadonfr 
irréligieuse? Auroit-on pu s'etxtendré îsi bieil pouir 
injurier le clergé, si son bumili^tion n^avôit pas^té 
aussi méditée dWaiicè? On 'assure même que aeë criti 
plus horribles encore retfBnôrerit en quelques en- 



piété, troupe digne Tune de lauire, osêrem faire en- 
Cendre CCS LTaspbèmes nionsiriieux : j4 bas le para-- 
dis, viyç T enfer l L'enfer éioit en eflei dans leur* 
cœurs y et it falloit s attendre à tout, après un tel pré-^ 
iud^» Aussi, les prêtres se Tirent bîenlôt en bune à la 
îurêur des /ei^riemis delà religion. On les insbfloit 
dans les villes, et plus encore ddds lés' câtnpagnes» 
^Otis avons entendu dans ^cs rues de raris des fcncurà 
publics ^ et ces gens-là sont avoués, par la police y .-rp- 

:*ssutèrenl 

ï« 

des bàbitans. On les iosurtoit dans les rués, el'Jtis^lue 
dans Içs églises* On lès sommoit dé faire lès prières 
pour Tusurpateur. On les dénonçoît ^ui autorités. 
Plùsieursi furent' arrêtes^ traînés par 1.1 gèadàrinéHe , 
ecnpnsQPJ^és pu obligés de fuir. Nous en avàbs vu 
pliisiëurs exemples dans ce journal, et .<urêinent nous 
D^ons pas tout dit. Nous avons cité tfes pasteWs leu 
Alsace^ oi jBaurgôJipê^^^ et dans, pï^i- 

^ors aétres provinces, qui éprouveienï une *|lérsé- 
cution. déclarée. Elle eût éle jgénérale pour'ppu'cpu" 
Biioowarlë eJHt lâc^é la bride aux factieux. Mais'oo- 
:çupé a'dtitres soins^ et scniantvque sa pbSUHû étoii 
^éiaassee critique san* se susciter d'autres 'étebafTas> 




! sigi 

jçpntripvte à cette retenue. On croit aiissicjiië te sîcur 
J*quç]be aonàa des cguseils de moderaiiou , èl qu'il 
fit.^ntir au despote jâcolbin ce qu^ potivôit Hsquer 
^i^actaquan^ sîtgt une çl^sisé npmbrêvi|il çt rfespiec- 
té^ (fujott partie dé ï& nation^ pes instruciibns mmis^ 



(370 
|mc»ll«^, rédigées dans ce aeus^ furent, dU-^ou^ en- 
voyée» da»s les proviaceSi, et si e\hs u arrétèreot pas 
^ous Içs désordres, <lu moins elles empêchèrent les 
voies de £lk des particuliers. Les autorjités. seules eu^ 
jrent la peripi^^ion de sévir contre les prêtres , et dans 
^ui^ieiirs endroits elles s'en acquiit^Teut à 01er veille. 
JLes |H:éfieiâ. et jes sous-préfets disputc^erit.de zèle^ 
•Cwx-çi; r.ewj^yoient de leur pix)pre autorité les prê- 
jUres^de l^urs paroisses^ ceux-4à.les mônaçoient;,, aq- 
.^u^lloîeat les dénonoîaûoi^s co^^r^QX,.et lesiivrpient 
•au re^eMimeut des makes.lCes dernicFs furent très-* 
^«ouvejit,;daas les campagnes y les eaneniis les p^s 
acharnés de leurs icafés;, les uns par. cette otpfgUe a^;- 
~âea ^nafar1ç)Ie à UD paysan parvequy^ et par le désir 4e 
•iaire ^mir leur doc^^^k^pQ ; les autres par i^çlioation 
/jMH^ir Tusurpat^ur ; pr^s^l^e (ous par in^ÛjOTérence fWf 
yh religion* . / • / ,' \ . - ^ . 

J[)ejEii:piè(H)s curieuses éaïaiièreat du. ^f^u^rf^^ 
«iu 4^tlp époqw; cétoit au. com^nçi^i^^ 4'«IYn|* 
;L'uQ0.e^t u«ie çir,c^^^ Ç^^5^^!^ ^^^ ili^^o^^^^ 

jpblice. X4 n^^ière doi^ U y^pàrj^ijt d;^ la rçlîgipîgt fut 
iireii^a^4Aé€ «t. dev<^it T^e,, Voici, ^Q.pw?^ei»t§'e,$^^^^ 

• ^misi ^cit^r pQtre {ntenfim-^ la rçligiç^ ^er^hp^dre 

richit dû se^ peri^s^r Ç^ i^ai.$i>|k)jbi^ve( ^i^Re^u;^^^ 
, fo iok^fif» XifU^ieUs^r H*^ ,u«^u!P»»WWÇ iGR«it;^dj:Qite 
: ..ppur .d4<H*4dit|tr, et avilir A^ette mép!^\^kosi^ (^^e\cir- 

culairci fut publiée dam iqus les* jpiiriïwir^ le$i pei^- 
^ «pie^ «& les pnetrès apprir^ut quel vç^s;l^>gf]fUYerwineot 
jbisait cfe U religion qp'il cafactéifisph d'uœ masi^e 

#i iiQ^]^ et si jjusie. . , , . 

, .. jL^a se^jod^. pièpe quim^te iu)tre ;atl^]|tioii^ ^st 

. . Aa 2 



Utie circiiïâirc en directeur -général des cuhes aut 
évêques. Elle est datée du lO avril, et commençoit 
ainsi : La divine Providence, à peu près coranae la fa- 
meuse lettre de Napoléon^ du i5 ]uiHet 1809, com- 
mençoit par ces mois : Notre Seigneur Jésufi^Christ. 
-Ces expressions ont le même sens que celles de Vol- 
taire dans sa correspondance : Notre sainte religion. 
M. Je ministre apprenoit donc anx évçques à- féliciter 
le ciel du retour de Buonaparte ; puis il continuoît 
ainsi : // est seulement à regretter quun nombre mal- 
heureusement trop grand d^eeeUsiastîques ait nasm^pié 
dans ces derniers temps aux devoirs de la religion et 
'de la ïvcohnoissance > et qu'ils aient cherché à provo^ 
quer les dissenUons civiles , soie en inquiétant les conT 
Sciences des acquéreurs des domaines nationaux, et en 
'les invectivant, soit^ en veulent exiger Içs anciennes 
dîmes , soit en se rendant les instrumens des ùi-^devant 
seigneurs pour rëtàhîîr la servitude féodale , soêt en se.. 
Hvrant à fti phis noire ingré^tude envers celui ifu'iJs 
' n'ùiU'pés dà céàser de bénit} oomme hki é\^ fc^vable 
de ieur exi^eH^e religîéusm? If^à ces eécïésia^iquos ont 
^eu le *soh dé tfeux qui abusent aussi indignement de 
ieùr ïïhinisthtë^ ilsoût exùité ^Tinéignûtiàn du peuple^, 
qui h!â^vu dans lètirs disbours qù^nne conspiration pour 
"te tëndr^e eux-mêmes spoliateurs istu mépris des lois, et 
tpour cMém^ Us iàrckè^' de la guerre oi^ile. Ils ont été 
^ ùbùndoftàiës -à ^ëtMê^ hainle par ' te- dermer gouverffement, 
qui, lùiti de jkiJi^S'la'Wioindrb^ chose en leur 'Joueur, ,a 
T^ndu pêrè *li^r 'situation , eé smts lequel tes biens non 
'^ncùfe^'àliéniis' àa clergé' étoiefit^ùendiis loifsqu'ùn avait 
' fisié passer 'en loi généml^ la remise dès biens d& tous 

les émigrés // seroit irquste denepai déebtrerqke 

Je très-'ffrànd nornbte des'^évéli^ués s'fist temur 4am les 



( S75 ) 
homes que leur presctwoit la religion^ ^et qu'Us ont fiât 
des efforts pour arrêter les progrès d'un faiiotistne ifçnt 
ils prA^ojoient les conséquences funestes... . 

Cette lettre de M. Je ministre pourroit donner lieu 
à UD ample ,coiximeataire. Les reproches qu'on y fait 
au clergé sont tous faux ou exagérés. Les prêti;es nior 
quiétoient guère les consciences des acfpjtéreurs dçs do^ 
maines nationaux; ceux-ci ue sont pas eu génr* al dans 
l'habitude de consulter fort souvent leurs pasteurs, 
et leur conscienoe n'est pas si aisée à troubler •: $i 
quelques prêtres les ont im^ectitfés , ces cas là ont d^ ^ 
être fort «rares, et on peut croire que les acquéreurs 
de domaines nationaux le leur ont bien rendu y et ne 
jsont pas en reste. Que des curé» aient voulu exiger 
les anciennes dîmes > nous oserions parier^que c'est 
un conte absurde dont on ne pourroit citer aucim 
exemple. Qu'ils aient aidé les seigneurs à rétablir, l^i 
^rvitiide féodale, c'est encore und imposture sans 
apparence et sons fondement. Enfin, qu'ils aient été 
ingrats etxxc^ Buonapartë , oa pourroit premier le 
contraire ; ilé lui ont etil soumis tant qu'il a eu.lVu* 
•irrité ; ils n'étoient pas sans doute obhgés de lui être 
fidèles après son abdication; Ils ne pouvoieot, quI^U^r 
surtout combien, depuis plusieurs années, il tyran- 
nisoit l'Eglise. L'église romaine dans la confusion, It • 
souverain Pontife captif, tant de cardinaux et d'évê- 
ques bannis ou emprisonnés , la terreur exercée sur • 
le clergé, le veuvage des églises, tout cela pouvoit 
iégitinjement diminuer beaucoup de la reconnpi^- 
sance qu'on aurpit pu avoir précédemment pour ee 
qu'avoit fait Buonaparte. Les persécutions de 1899 
et des années suivantes ayoient fort atténué les ser- 
vices et le^ bî^nf^its de i8oa. Le ministre ^^ dans .la 



( 574) - 
Miiie de »onépttre, excuse ecjusdfie la mamère doiil 
plusieurs ciirés aToienlélé traités dans leurs paroisses. 
Cette bonté xl'ame de son excoHence e^l une preuve 
de rintérêt qu elle ponoit an clergé. C'^st d'un si 
gi-acîeux protecteur, et non du gouvernement royètl^ 
cjn'on peut dire qu'il aBandormoit les prêtres à la 
haine dès * peuples. M. B. a .voulu, en cet endroit, 
rendre ^e gouvernement odieux , et l*a accusé d'avoir 
rendu pire la situation du «leiçé, ce qui est faux-. 
Admirez ici la bonne foi de ces détracteurs du gou- 
• vernement dti Roi. Ils s etoient plaint depuis plus dé 
six mois qu'oh faisoit tout pour les prêtres , et au* 
jourd'tiui ils teprochent au Roi de n'avoir rieu fait 
pour celte classé- Les Ct^rlomniaieurs ne peuvent pa$ 
toujours être conséquent. • • 

Cette cii-culaire fut envoyée à tous lei évêques; 
mais il paroît qu'on leur recommanda de n'en pa^ 
faire la lectui'e publiquement. Du moins nous avons 
ôous'les yeux «ne Leitrcipasiorale dje I^s*^. l'évequè 
;â'A«"***9 qui £fvert!r}es^e6ilén»stîqiieiMieii!e4MI%Ûre 
ce ue pièce en chaire. Céjndîciéux prélat exliorle sei 
èurés a se montrer sensibles hi la faiseur signalée pifr 
laquelle Dieu leur à redonné Napoléon, fl s'objecte 
7jue Napoléon avdit abdiqué J mais sans douté , ajouie- 
ir\iy,quon n a point observée lés conditions imposées ei 
consenties. Le jour même qn*H est arrii^é à Paris , en 
etoit sorti de grand mutin te prince qui nous a goiiver^ 
^^hès pendant Vèspa'ce de près d'une oj/tnéé complète, h 
"^ ABOUTI au chdfeau des Tuileries,,..,',, , iljrà repris 
fe;jcercicé de se^ fonctions impériales, il y règne avec 
*cét ascendant que nous devons à son tpéiite reconnu. Lés 
merveilles étonnantes qui ont illustré son règne, il va 
tes continuer. Puissions-nous' jouir long-temps de tavcm^ 



( 575 ) 
Mage qui nous a été procure pat $çm retawp 4 ^Q^ ^^^••« 
Cet éloquent paué^yriquie (ibqutit h prescrire die cU^ 
ter le» p^ière$ pour lei^perf^i^r» ^ ^f^^ 9ycHr lu ]^ 
Lettre p9sl0ralis, de dloai^er aueç uh^ solei^t^ }^hp^ 
luédiotiQU du S^înt^rS^creindiU (i), ... 

Un âutiw wêquo , cejqi dp l).... , pq^li? ^l|W> 4p 
2d avril ) mie h^Uve ^astwde dap^ le méi^e^^p^ j ^ 
y àjoui des rjéflesioDs pour prouver quVœ nony^ 1))B 
reimioa 4e3 croup.es alliées ^(^tp(oJitiqfiement4ippo$p^ 
siblff, et qtie c'étoil un deyoir de re/igion pour, Içs d^ 
toyém af^lés à la gt^rdc national^. de pe dévou^y iUf^ 
cèrénmnt à :ce service. Ce prélat joignk à ^9 lettr^ 11^ 
.post^oriptum où U coqafl|eQt0 )a pr^é4eQi^ xurçulâire 
du diri&ctew--^o«ral d^ eulleft^ etfa|)p^ta des ei:«- 
idkft Ax Moniteur $iir le ixhvs du elui^ge à Vteooi»^ 
sur les sahfiîdes de TAïa^bietTe^ «t sur )^ détrpssp 
,des aHiés. Ces p^kS9agç9 dwmt sîuguUècQ^iaol; édifier 
ses diocésains. 



1 1 îi > I ri . 



(r) Un autre piwMige iMtti i^oînï ramaniualile.de ar^ (iet- 
trè p«tii9#lie>w^<idoÎHCÀ4i,24im^ a^^^ o^sé^le a4 

Oivrilf Mm ci/ri»ii^v q(t, sont ces parOjes i « L'état de .foem 
^ns lequel se trouve maintehanj; Tltalle, inferrouipant îét 
communîcàbons avec le saint Përe y la juriciicticm dès ordf^ 
satres i^tr^; UVégstfi de» di^^mnef , dam le dcoit oommuii ». 




CONCESSION iM^PÉUfÀLE. tc' ministre^ faisoit son ntéder ètk 
recémiBàndaft de^-sfe ^sk^r des 'dispensas; éiab'ifû^iin.érA-^ 
qae appelle cela noa oo^cc^sfoift imp^ii^t ffcqfr'41 W qr^ 
^qjUMNds4 par wt^e ;^ule 4f frp|lpire , jc'^t we ba9sç |i^ryitu4e 
qui preuve que ceux q^i se piquent le plUs de ne pas plier de* 
va^it la cour de Roi^é, si^t quelquefois les plus prompts 4 
cotti4> au^evanf dii ))dif^ dtfë séculiers. C'est- à cih ^Ja- 



(576) 

Deux évéqttes^ ffai avoient apparie au a» même., 
parti 9 se signalèrent par des Mandemens analogues. Ils 
aonunorts aujourd'hui ; e'est Tarchevéque de Besançon 
et revêqne de Valence ; Dieu leur fasse paix. Le pre- 
mier fut même victime de sou zèle y ainsi que n(A0 
le disions rëc^tmanent dans ï article que nous- eoosa-f 
crames à sa gloire. Un grand-vicaire dans un diocèse*^ 
le si^ vacant 9 envoya une adresse qui fut désavouée 
par ses collègues et par le chapitre. Enfin , nous avons 
encore sous les yeux une Lettre circulaire d'uo grande 
vicaire d un autre diocèse, dont le siège étoit aussi va^ 
cant. Mais cette pièce, qui;fut mise alors dapâ les jour- . 
naux, est écrite avec plus de rectenue; et quoiqu'on 
accuse rantenr d'avoir gardc^ moins de meisure dans 
ndes discours prononcés en tbaire, cependant nous ne 
le jugerons pas là*dessDs , nous étant i>omés jasqu^i«i 
à des pièces authentiques et à des écrits impriniés et 
avoués. . • . 

Au surplus^ oublions €cs exemples dont le clei:§4 « 
n'a point à se féliciter ^, et .^a ^u^ TUppelons^ s'il 
est |>osjil)le , que U^jwmêà^, prélaiiipt 4<ni'ecfd4^..^ 
siastiques. qui prirent une autre route, , et donn^ 
.rent d'autres leçons* La plupart des évéqucs, dsffs 
ces momens de crise, ^gardèrent Je sileacçy et atteiv- 
dirent la fin de -Forage* Quelques-uns, forces de se 
iprooQncer., ,1e firent avec courage. M. Tévéque de 
obissons-^e retira en Angleterre, après aypir adressé 
auimintstrè. des cultes une lettre où il proK^oit de 
«on attfiK^meDt au souverain légitime; nous l'avons 
itïiéYéè daim ce journal. Dautreis se tinrent cachés; 
^d^aijytçjç^ fefusère^t d'ordonné les prières publiques 
que demanitoit l'usurpatminv On cite dans, ce nonsJire 
deux évéques du Midî^ MM. de JKgiie et de Moni^ ^ 




(577). 
■peffier, l)es grands-vicaires dàiis les sièges tacans 
•ne purent êtl^e gagnes ni in^tiinidés, et on en nomni€ 
un entr'autreà que Buonaparie lui-^iême ne put fak^e 
plier, malgré sa riiétorique et'ses bayonnetles; ceux 
de Poitiers, pressés d'ordoiirier les prières publiques 
pour Tttsurpaleur, ne cédèreiit point malgré les mè* 
tiaces. I)es curés montrèrent la même résistance , et 
l'on en s vu quelques exemples dans ce jodrùâl. Un 
curé de Paris, que Ton trouvoît trop royaliste ,*^^t 
forcé de qmtter sa cure ; et des curés des environs de 
la capitale, coupables du nxêmé crime, furent man-^ 
dés pour ddnnei; leur danissibto, la refiisèrent, et se 
•tinrent mômentanémeot à réeart. 

Le serment que l'on dein^oda aux ecclésiastiques 
aui*oit pu seul devenir un prétexte de persécution. Les 
sentimens se partagèrent à ce sujet. I^usièurs ccoyoierit 
qu'on poûveiilb prêter ce sernléot. Ils assimiioiéntBuc^ 
>naparte & un conquérant cpii occupe momentanémeot 
une^VJUlé, et qui exige lé sei»ment de fidélité; On ne 
s'engage par4àVpi'à ne pas tà>ttbter l'ordre tant qttil 
»erg ètyptes».vBhifatre»-5^ab' é^^ , r^rdMeot^ 
sermem commet illicite après'^lm qu'ib avoimu i^it^ 
au noi, bu du moins après la restauration de ce 
Prince. Napoléon étoit visiblement un usurpateur, et 
en quoi consistoit donc la. fidélité au ]\Ionarqne légi^ 
time, si l'on pouvoit ainsi s'engager par sei*meiit eur 
vers le premier venu? Ces raisons , et la répugnance 

Îi'inspiroit le nouveau sermenty portèrent beaucoup 
ecclésiastiques à le refuser. Il- y. eut à cèsiajcfc > dans 
Ja capitale et ailleurs, i^s conférences entre les chelii 
du clergé. Le réaultat fiitde s'adrl»sser directement 
Irtix ministres pour savoir s'il y-afvoit un ordre ^ cet 
'ègfi^pA^ et l'on s^af ^ur^ quelle tèicseql de quçlque^ 



( 578 ) 
i^^ens- avoît provoqué cette mesure. Fouelid, iosifuk 
que cette questioa inquié^oit le clergé y et pouvoit de^ 
venir un prétente à OQs rigueurs «qulii paimsspit dé- 
sapprouver, fît dire qu'il fallait laisser tomber cette 
aflaire, et ne rien, exiger des ecdésiastiqun». Celte 
réponse 9 publiée dans les diocèses, y ramena l^ eaipie. 
ï^ile étott d autant pJus nécessaire quW.répa6iiil4i^F^ 
une décbion donnée à Gènes pàr.fes prdiiia»|i|y«ù|* 
1h liiéme matière. Nous n'avons point vu cétWpièoe, 
dont rexbience nousaéuj cerûGiée. £l)e porte^dUion, 
quon oe pouvoit> ni prêter le âerinentr^i ^^û*^ ^ 
pi ières publiques, ailenduque rusurpation éu^mv^- 
leste. IVous nous proposons de f^ine des reçhei^ies 
plus prédises snr reùstenc^ et la U^neur de ce restrit 

Ce qu'il y eut 'peut-être de inoinii na^surant pour 
Je clergé pendant cet intervalle d'usurpation, ce fut là 
-composition de la cbambre des députés , ou Ion voycnl 
arriver de dîfféceotes provinces»dè»révolutkmnairieset 
des conveniionnèls dont la relîgtôa n avoii pu oubKct' 
les hauts fiûia* Qfie .n «[Sf^t-^lle piàa à rediNiter de ses 
ancieiis peytaécmeiins 9 rils ponvuiesrt ressaisir l'aulor- 
rité , et qu on leur h^mit i^ ieirips-de-fiiim revivre la 
législatâott lnuEuaine de- 179^? Déjà leur langage an«- 
nonçeit leurs vues, quàiid ces depjoCâ d'une- mino- 
•rilé ikcttense furent dispersés* Dieu veuiUô que ce 
-dub soit le dernier» 

On nous dispensef» de parlei: de ce cliamp de m^ll, 
espèce de mascarade poUtiquê^ où Ton. ne fit interr 
•tenir la religion que pour lui donner un rôle uidig^e 
^elie. Deux prélats consentirent, sans doute à re^et, 
jk prêter leur ministère en cette cirooaslaQce;.i'ua a 
^renoueé depuis' à son siège, l'aube esléioêque daiij» 
tiD pays étran^'or, et xie' fait point partie 4ude^dP 



. (579) 
France. On sait assoz d'ailleurs de quel i»il l'immenst* 
îuajorîté de Ja nation et du clergé vit cette môm^rïe , 
où un grand charlalan se joua de la religion , des serv. 
mens et du pei;{)ie. Il vouîoit en imposer par un poui^ 
.peîif spectacle; il se rendit ridicule. Sa chute arriva 
peu a|>rès. Les prêtres durent être les premiers à s'en 
féliciter. Malhetireuaenieqt il resta encore bien des 
fermeos de haine; et les factieux^ et ceux cpi'ils 
a voient égares j continuèrent en quelcpies endroits a 
décl^imer contre les prêtres. La rage d'un parti expi- 
rant ne put même eire assouvie c][ue par le sang cfo 
leurs ennemis. Ce fut alors que quelques ecclésiasiî- 
qjues furept ass^assinés dans Je Midi. Sera-ce le dé- 
}^iien^ut dp cette sanj;lapte tragfédie quon appelle 
20- Jiéi^qluijiQ^ P 11 faijic j'espérer^ et de la bonté du 
ciel, et des prières des gens de bien^ et dé la las- 
situde du génie du mal , et des mesures d'uo gome**^ 
X)«j;iient ami dç ia religion et de l'ordre. , ' 



' Nouvelles EcctÉétA^^PiQVES. ' 

Rome» Les prélats Caccîapiàtti, Pela^rallo, Naro, Ai^ezEOy 
Alexandre Lante, MaWçuiia^.Vicbni, Biganti et !iauli, oiit 
ëté prévenus, le 17 janvier , de leur* prochaîne prooiici- 
tion au cardinaiait. ' . : 

IParïs. Dnbrag^e* vient d'ëcTàlier contre les' J^es'uJtes à 
Petersbourg. Ils en étotent nJéuacé depnis long^tem'pé, 
dy.îtlt encouru la disgrâce du ministre de.^ ctrHès, lé prindo 
GalHr^in. H é'étbît tnohiré Irfar-în-ité (jtoandil apprit, a\i 
m'ois dedëeeufbré i6i4, que son nevep, le jeïine prinde 
Alexandre Gallifim j éfevé arinstîtot des Jésùiteg;s|ëioit 
tah cattioIi(fùé.il filsorlif aussitôt leyeun^ prince de çèt(e 
màisoti, et le plaça parmi ïes.pageis de' rempereùr, I:ei^ 



( 580 > 

.général des Jésuites fut nyandé chez ce ministre, qnî Jcfi 
fii de. Tifs reproches* II se justifia en racontant com- 
ment les choses s'étoient passées; mais il n'appaisa point 
le prince, qui fit son rapport dans ce sens à Tempe- 
réur^ et qui ne dissimula pas son désir rde voir les Jé- 
suites punis par leur expulsion de Pétersbourg. Dans C4 
danger, ceux-ci usèrent de toutes les mesures que poo^ 
voit conseiller la prudence, fis évitèrent de donner le 
moindre ombrage au gouvernement, et résolurent enr 
tr^autres de ne plus admettre, que des catholiques dans 
leur institut. Toutefois i) paroil que le ministre une fois 
prévenu ne revint point sur leur compte. La bnlle du 
rétablissement des Jésuites, donnée par Pie VII, avoit 
déplu en Russie, On ne voulut point souffrir que le gêné* 
ra],qui étojt rappelé par le souverain Pontife,se rendît en 
Italie, dans la crainte apparemment que les Jésuîtea dQ 
Russie ne se tix)uvassent dépendre d'un général qui ré^ 
sideroit en pays étranger. On surveilloit leur corrc^pob- 
dance, on épioit leurs actions ^ on contrarioit les trà^ 
vaux de leurs m^issionnaires en Sibérie et dans les colo- 
nies du Volga, Les protestans, les, grecs s*unissoient pour 
les perdre. Quelques çonyi^rsions d^^ darnes russes ont 
nçhei^ d'ÎKriter i^^x qf^ (e^ .yoyoieiJ|i de nt^uy^îs ceil^ 
•t quand Fempereur /s^t revenu, après une longue ab^ 
aeoce, on lui a fait des jilaintes des Jésuites, et on les a 
peints comme des perturbateurs, l^e là Tukase du i". 
janvier, dans lequel S. M. dit que les jésuites furent 
tolérés sous son aïeule^, mai^ qu'ayant cherché à fajre des 
prosélytes , ils ne méritent plus d'être protégés; qu'iU set- 
Tout en conséquence renvoyés. sur*-lerch^mp de Péters- 
bourg, et que 1 entrée des deux capitales leur sera inter- 
dite. Cet ordre a, été iramédiAtement exécuté. L"insti7 
tut des Jésuites a été îcraiè^ les (^lèyes reavoyés à leurs 
parens, et les religieu:^ conduits nors de la ville. On 
^remai^que d'ailleuns quQ jdans l'uikase de remperèur, on 
..ne leur fait au foqdi d'autre r^rpciie que d'avoir at«- 
tiré quelques Busses à. la religion catholiquç^ ce qui. 



C 38i ) 
àY)X yenx des catholiqâcs, ne sera pas regardé appa- 
remmetit comklie tin crime irrémissible. Que ies.grec» 
soient blessés d'un. tel zèle, cela est poë^iblei Les popes , 
^tli ne isont pas fort ëclaïrés, ëldienfc jaloux /les succès 
d«8 Jésuites dans leur école« Le mëtropolite a voit essayé 
d'obtenir des succès seinblaY>ies en chargeant deux élran*. 

J;ers d'être les professeurs des élèves du séminaire d'A- 
éxandre Newski. Mais on avoit é(é obligé peu après de 
teàvo^er ces noufeaax maitreè^qui étoiuiU luUiériehs^ 
bu ptiilôt qui n'étoient rien du tout. 

Cette- disgrâce des Jésuites n'a donc rien qiie» d^bo- 
tiorable pour ciajC, el ^dn a (ieu d'espérer que l'empê* 
l'^ur, mieux informé, leur rendra justice, rétersbourg 
se ressentira de la perte qu'il vient de faire. L'institut 
dés Jésciitei y éloit ti^ florissant. Des études y étoienk 
Éur un meilleur pied que dans le reste de renbpire, et 
teis familles les plus distinguées de ta Russie y envoyoient 
leurs enfans. Les Jésuites y atoient bâti un vaste col- 
Mgf^. C%l*là que d^meu^'oit je général afr§cplg»de trente 
rèligieYix de différentes nations* II. y en avoit. entr^àa*^ 
très plosi^Qi^ Fmiç6is; Ha étoietit changés de dessemir 
t'égii^è tfaitioliqiite; et on se lôubit dte teurzéie dons W 
înim'ktèrècAtfmé dans lY^ducfttîcJh. t^^ joubttd qui, d';a- 
prèà 'sôfe 'tltte^, dWi^Wt 'W^^ %àft-tift stfrcés méi 

tières, .ayiiipçoiï^^iercredi dernilëy, dop les Jésuites n'ai 
voient point d'établissement a Felérsbôùrg,' et qu'un seul 
Xreligi^u^c 4^ cet.or(|re.y réaidoit çt^e^servoil l'eglise ca^^ 
ibQJiqaew Oe JQi&r^âl ieit'myit îurormé. Les Jésuites étoieni 
fls(»ez nonibreux à Pétersbourg depuis qu'ib.y avojient été 
iittîi^és par Fanll^rv^ qui>av«»tt 9Ôltibitë,vGomme on sait, 
nd br^f du Papé^h l^ûfr-fisivear».' Ibétoieht; >&n dernier 
Hei^'au ni6iBbre âtl li^te'^^îq[ùàtiaiité. Ott petit complet 
àur Fèxaçtitudè ye' çésf rên^eigne^^ • ^ 

, ,-f^ JuMglise cônstifu^oiinéll^^^^ s'ëèi'ouler cha- 

que jour ses anciennes colonnes, et qui à perdu succès^ 
,^ve«ieat. )m Mpy^i les S^rine^ lg3 le Co^^'^fx gulrai 
fameux on non fameux , pUure aujûurd'*hui ^^, de /»es 



pèrea qui ëtort plulôt dan« cplU cUrmijere /uitc'gorîe qim 
dana la pt^cédenle. M, O^rlodot, aiici«n ^vf^que de la 
Miiyenne, u'avMt paa beaueo.up de titrer i yHïuB^vmliou, 
Né au diocèse de Verdun en 17Ô6, lil ^voU élé &ît évê- 
qtia e« 1799* quoiid dé|à I9 ronMit^Uon civile du clergé 
Mcxiatoit filu». Au Coucordi»t« H fui fail cbanoiue du 
Mau<(y d'où il pas^ à Beaançuu pc^ur.s'y joiuxirts aux 
attires d<^bris de l'église conali(uUoii|f)ejle qu0 le C^z y 
uUiroil.de. tomes parU*. C'i^t^ià.<}u'ii,f»$taifQrV à Tâge 
de soixante ans. On a essayé df donner .quelque P<><np« 
àaott CQi|«roi ). qui a cepeudaiil été rcfrt^iiuire.. Besan- 
(çmi a perdu çf^lui q;ui pOQTQÎt pip^tçr quelque appui à 
ce parlr, ei le clergé de ee dî0c^à^, n'a point taissé al- 
térer, par la. présence niiE>tiien4anée d^iui d^ plu» zéiés 
roastiiulionaela,.8im.aLUieh/eiQQiM,icQt}fti9ni pour les rè- 
gles de l'Église. 

.••V ■ ' ■ • ! . ' . : ' 

NoVTCLLCa fOU/rt^tTES. 

Pxnis; Les èfdbit8sadettr8.^t «liiiiistre» étrafigers eut fait» ir 
3o janvier, leur cour au Roi. . >« . : 

*^On fait en ce momeat de 'grands tmraux au^metim 




glise. 

— On a QomxBé k . Park viagt-un nouyeanx coiutilis^res 
de policé. . . • • 

— M< le duc de Coîgtiy, nemtD^ gouvertièur des iiiT»- 
)itlés , a été~TTistallé , le 29 janvier^ à'4%olèt:âVi»c teua lea kou- 
heur9 miKCairea. / ; ; . .;. .:, \ 

f «^ La oour prevétalé de Fana aoeinin^iicé ies.epératjipBii. 
£Ue a teis en.jugfiaia«i|t w mlilaife' aqcvsé. de.vpl,eL d^ tea- 
|fttîye>d'^^6S^ioa^.Ce .aaili^îre^t nppqpié Al«Ww]%gWre, 
avoit attaqué plusieurs jMpjticulier^^sujc la, iroiii^,c(»,Saint4)enîs 
à Paris. Il a me, toiis les Faits ^ mais^iî é^Me cdnvaînciifpar les 
dépositions des témoin^. Là cour Vk déclaré Coupàde ef 0011- 
dauiné à mort./ . .' J . 

' — Lès commuiHcatieiis sont rétablies etiipe Sfra^bovrg et 
^Allemagne. ^ - « t - » •- '* • ' -.. 



( ^85 ) 

*-' MllXéfe Q^tiv^llés fief Corse aiinoiïcent que tette île est tran- 
^tifflè , et qti'ôti y organise là \é^on d^artementale. 
•- • L^ VI: HnnAèrt de la Toû^-dtt-Pin'vfeiît d'être eùlevë k sa 
AttHlIe et àife «sotriété Jwr m de* ee» 'ëvéhemens contre les- 
jtjfiéh la reK^oti et lès lois fdnt dèpui« si long-temps entendre 




Hdiitèn^e et dtrcré^. 



. i^'Wtislèùi^^ jbt^^ets ont àdres^ Se» prOclaMatidns rftirha- 
Wtsràsdé^lènri dën^rteniferife'cbTitlée lés ^titetirs et dîstrtburrurs 



fl^ firiisses rtoiivelîesf. Vàhsiîi*àiiééê céé fàttl brtHtldevroît en 
It^éîé meilleur rëtiièdè. -' " '^ 

'»:•::.], : .► . '»■»;:■ ■:• . i. - . li .i . ...... .;. >■ .t ' . .' .. 



ci^AjnjJRE/bjpè,, Dlspirijé^w 



. 'Le, âi janvier, M. de Sain t-Rpin^ïm --i développe en co- 
mité secret une prof^osiUoii tencïanle à donner une nojuvflïe 
prganisation k 1 însWuclion pîAliciue. De rëduçation et de.V.ër 
d'gcaliori religieuse, a-t-îl dti , dt^eT^d noLj-é régénéra troniub- 

Îalé^.^l a montré coîiwîen c^t objet a voit été néglige ppi^daht 
àreVolutioqi II ^ a en mi temps ou les prêtres mariés do- 
inînoiént dans ^ lès Tycées. L'oratCLir croît ^Aé ' Buonaparte 
' n'avoit pas eu dé. partisans ' plus .'fiiAèle^ que dans les lycées. 
Après avoir tracé% tcybleaù dé <^s éçoii», il a jlayé un jn^te 
tnbut d'éloges aux anciennes congrégations oii présidoient la 
rt^i&ion', le ^ésMitn^esnmenttet FajàfrOr d« Hieù^ fivlîii éprëft 
lèles Wftexiif»^ ^gteS et furies , il a' (HfnéiSL fen «snptoliant^^l M. 
que ië' iiàvLVéM tnddëd'iiistrûcftîdh!Wfl établi- d'ajA-ès les b&^^^ 
•fcdiVàftlWj î * P: La i^éirfciiW i/érii\è ftitdën)enif.^sieril*èl dé l'é- 



ducation. 2*. Lès collèges et pëiîsî6iife' sèr'<Myt,'fc6ncni*rem;i 
ment avec lés aulbrités locales , sous là* sùrvèillâiice immé- 
diate des évéques , qui rë formei ' mit tes abàs. 3®. Les évéques^ 
pourront augmenter le ncnnbre^as séminaires, selon les be- 
soins, les ressources et là population des diocèses. 4**. Les 
«v4qjit' >^animcro'htifms'|mc'ès idè jpvioftpal d^t^coiléjtfes^et 

les évéques pourront renvojnér fës snfètS ihbata»bfes du dâ^^e- 
•ieuxvri5**« Les-'iniM^fersiléis HtAéisheÊÊ&at^ttàtAyiâfta'.AyUi mm 
j«ioT«9« d'allier la religion et les «««rt ausH<^udéàicièi« 



(384) 

culture des lettres. Ql^, La commûsioi^ aetuelle d'imttdC'^ 
tion publique sera supprimée. La proposition de M. de StmU 
Romain est renvoyée à l'examen des bureaux. La chanil>i1& 
a passé à Tordre du îouf, comme Tavoi^ proposé le rap- 
porteur, M. de Booala,. sur la proposition ae M. Michaua,^ 
tendant k voter des remercimens aux François qui ont servi 
la cause royale pendant la dernière usurirailion. A trois hénres 
et demie « la séance est devenue publique. On a fait un 
long rapport sur différentes pétitions. Presque toutes ont pe« 
d'intérêt. Un pétitionnaire demande l'abcMition du serment, 
attendu le mauvais usa^ qu'oii en fait. L'assemblée a ri de 
jLelte demande. M'au^çit-ii pas été à désirer pourtant qu'on 
n'eut pas, dans la révolution , fait prêter tant de sermensque 
l'on \ioloit le lendemain? Un député se plaint de la manière 
dont le Journal général d^ Fran/oe a rapporté la discussion 
sur les dotations du clergé, {f^oyez notre dernier numéro)* 
L'ordre de Malte réclame ses biens non vendàs. Cette récla* 
mation \ appuyée par quelques membres , est renvoyée . au 
ministre' des anaires étrangères et à la commission dû bu^d^et. 
Dans le comité secret du i«'. février, M. te)ux-Laborie a fail 
un rapport au nom de la commission chargée de Texamen de la 
proniosition de M. de Blan^y. On dit qu'il s'est étendu beau-* 
coup sur la nécessité et m moyens d'améliorer le sort du 
<?icrg[é. Son rapport sera imprimé, et iioâs le ferons cpnnottre. 

■■■■I » ■ mi l I I ' ■ . ■ . 

éjo Trêomphe de Lomii X9^.ty poèna «n xii lirnty a^ee des noies ) 
par J. S. Leupart. { v<ftl. iiiTS". j- prix , 3;fr. ^5 ^*.,«t 4 ^i"* ^. ^- fmi^ 
l de port. A t'arii ,, <;|iec Adqi<;n Le Clcre , au bureau du Jovucnal. 

I . Ce poùfte, fnûi dfft.lctislri^ d7ua Frasait fUtache à )a cause 

{ Rois, empruiile plas d^ioterét de Tépoque où noq^ V^dqoik 

i pourrons le faire connotlre dans la suite avec quelc[ue de'^ 



• ; ■ -AVIS..' •' ■■■•'■' •• • 

. î . . ■ • ' . . . ■ i- ^. . . : I ' .1 

Ceux de nés soitfatfttittip dfant l'abopueaitiittfinit .an 1 3 tfsTnBj pco* 
«i^ili , f09| m^ M !♦ iwptui^i^i sauf :4éW , «*» ll«iPf >poiot épcoiir 
ver de rciaird daos TeoToi 4a J.aufnaL ' ..^ . 

Le prix d«f r*bdiinmeiitfeMDAe ai fr. pour rasMo^'^^ Û"- po«r «* 
Moi0„et|l£r. ponc^^oiiiiBaii» : :. . . . ..^. .u 



{^Mercreài y fés^rier i8i6,) (N<*. i56.) 



OnsEnrATiONS critiques sur V éducation; par M. le Gac, 
prêtre, ancien professeur au collègue de Quim-' 
pei(ï). 

Lettre à MM. de la chambre des députés sur téducaT 
tion publique, et sur le ^baix des instituteurs ; pBW 
M^' DampniarÙQ (2). 

Le nouvel Emile, ou V Histoire véritable d^ Véduca'^ 
tion d'un jeune seigneur frctnçois expatrié par U^ 
résolution; par un ancien profe.$seur de FUniver-r 
site de Paris (5). 

Après avoir raconté sommairement le grand clian-» 
gement arrivé dans l'éducation , si^r }a fin du dernier 
siècle , parlerons-nous du sort qu'elle éprouva pen- 
dant I9 révolution ? Elle fiU irappée alors du niém^ 
coup que la religion, la monarchie, et toutes les in^ 
titutions socûiles et conservatricf^s. On supprima le^ 
joniverçités , on détruisit les corporations eççlé^ftsti-r 
ques ou religieuses qui s'étoient vpuées à T^nseigne^ 
ment, et qui reroplissoient cetta tÂshe .avé<3 zèle^^ a$r 

(i) Brochure in-12 ; prix , 76 cent. , «t i fr. franc de port. 
A Saint-Brienc, chez Prud'honuKie , imprimeur^ et à Paris;, 
cibez Adrien JLe Clere. ' 

(a) Ce petit ouvrage ne se yend pi^. 

(3) 4 gros vol. in-i8; prix , ,10 fr. , et 14 fr. fr^c de porjt.' 
A Paris , chez Laurens jeune , lihraire , riie du Bouloj, n*. 4/ 
et au bureau du Journal. 

J'orne FI. VÂmi de^la Heligion et du Roi. B b 



. I 



( 586 ) 
siduîté et désintéressement. Les écoles qu^elles diri- 
geoient furent abandonnées ou remises en des mains 
mercenaires* Les séminaires furent proscrits , les col* 
léges les mieux tenus devinrent suspects, et les mat-' 
très mêmes laïques, qui, dans des pensions privées, 
maintenoient l'ordre et l'attachement à la religion, ne 
purent échapper à la persécution suscitée contre tout 
ce qui étoit bon et pur. La terreur s'exerça donc sur 
l'éducation comme sur le reste, et pendant qu'im ré- 
gime affreux moissonnoit les pères et les mères , les 
enfans, victimes, quoique d'une autre manière , d'une 
tyrannie cruelle , croissoient sans soins et sans instruc- 
tions, et complétoient le terrible châtiment exercé 
alors sur toutes les générations. 

Après la terreur, on parla beaucoup de réorganiser ' 
jl'instruclion publique. Maïs les mesurés que l'on prit 
diu*ent se sentir nécessairement de l'esprit qui régnoit 
encore. L'impiété n!étoit plus armée de supplices, 
mais elle dominoit toujours , quoique isrvec des formes 
paoina^barbares. On n'eût pas osé alors prononcer le 
mot de rengion daçtftfiafttructioojmiifii^; b^'^i: 
été taxé de fanatisme* Un comité formé dians^^èén- 
Tention fut chargé de rédiger un plan d'enseignement» 
On créa dans chaque département une école centrale. 
Les choix des maîtres furent tels qu'on pouvoit Fat- 
tendre à cette époque. Des révolutionnaires, des prê- 
Xres mariés , des honunes tarés pour leurs opinions oIl 
leur conduite obtinrent les placés dans un moment 
ou beaucoup de gens honnêtes se cadioient ou se 
soucioient peu d'occuper des emplois. Un de ceux qui 
eurent le plus d'influence dans la formation des nou- 
velles écoles , fut Fourcroy, révolutionnaire ardent 
et philosophe zélé, qui favorisa de tout son pouvoir 



_ ( 58; ) 
des opiulotis qui lui étoieot chères ^ et les hommes 
qui les professoient comme lui:. D'autres membres de 
ce comité, Lakanàl , Grégoire , etc., n'aVoient pas le 
droit d être beaucoup plus difficiles. Les nouvelles 
écoles furent dpnc dès leur origine frappées de vices 
essentiels, et n'obtinrent aucune confiance. Malheu- 
reusement plusieurs des premiers choix faits à cette 
époque se sont perpétués même après qu'on avoit. 
paru changer de système sur l'éducation , et Ion voyoit 
encore en place , il n'y a pas long-temps , des honimes- 
qui cepoussoient Testime par leur conduite , et qui , 
ne considérant dans leurs fonctions qu'un lucre , n« 
paroissoient pas ^douter que la religion ou les mœur» 
dussent être comptées pour quelque chose dans Té- 
ducaûon de la jeunesse. 

Les plaintes des pères de fanaille continuèrent donc 
à réclamer un système mieux entendu, et à chaque 
changement de gouvernement on leur promit de s'oc- 
cuper de cet important objet. Toutefois les abus se 
propagèrent , et quoique sous Buonaparte on eût pro- 
clamé( que J^^^n^JligipP ci^tholique^s^roit la base de réé- 
ducation , oa ne se mit pas toujours en peine de sui- 
vre ce principe dans la pratique. H y avoit des lycées 
où les chefs dédaignoient d'assister à la messe et à 
auoun exercice de religion, et où des professeurs don- 
npient même des leçons d'incrédulité. Ces scandale» 
ont cessé ; mais l'esprit çst-il changé partout , et doit-ou 
espérer beaucoup de zèle pour la religion de la part . 
de gen^ qui ont attendu pour en mon^rer^ qu'on leur en 
fît un précepte? Se seront-ils trouvés tout à coup pé- 
nétrés de ce dont ils paroissoient se soucier Ibrt peu 
il n'y a pas encore long-temps, et leurs élèves se- 
ront-ib fort touchés de leurs instructions quand iU 

Bba 



( 388 ) 
»e rappeleronl qu ils en rccovoient naguère de fort 
difïvreutes? Nous entendons dii-e, au resie, qu'on a 
récemment éliminé les maîires dont on avoit plus de 
taisou de se défier, et nous nous b»tOGsî'd'en Tenif 
tntitî aim écrits qui nous ont amené k traiter ce sujet. 
Depuis* la restauration, i! a parti «n assez grand 
nombre d'écriis , tant sur rinstTnetioR publique qut 
♦ sur i'éducalion en générai. 'Les uns étoient dt^^^gé4 
tîonlre les universités, les autres étoient des plm*^ 
doyers en faveur do ce corps; d'autres, soi» « arî«étet 
à le justifier ni à le combattre ^ con&idérwent la obose 
plus en gi-and , t;t traçoient des pfens pour u» «nsei* 
gnemént et un rcffime assortis aux. besoins de la jeo- 
nesse , et aux Vtetjx des. gens de bien; C est ce quepe- 
mît s'être proposé entr'autres M. r^bbé le Gac, éaM 
lé premier <îes écrits que noiïs annonçons. Sa breéfairf ' 
renferme , dans une médiocre étendue, des principes 
et des vues égatenient di^es d'éloges. 11 l'a divisée 
len titris parties , dont la première traite de f éduca^ 
lion des princes appelés à gouverner j la seôôiide de 
réducatiofi don^éséque ^ et la itMèmm d» iiornsn»* 
lion publique. Peut-être l'auteur ^^nniAldû'M dis»- 
-penser de s occuper* si longuement de l'éducsytico^ios 
grinces. C'est une matière que Duguet a*épuisée dans 
\m ouvrage en 4 vol. , et son abondance n'a rien hîsaé 
?! dire apiiès lui. Il est vrai que dans la partie mé«ied« 
îa brochure de M. leOac qui traite de Téducation de» 
princes , il y a bien des choses dont les particulier 
peuvent fair^ le'mr profit. La seconde partie^ qui rorrle 
sur .] 'éducation domesiique , est «?inee de pnécepttss 
'enti-emélf^s de quelques traits d'histoire, pris ^ri grand 
jQombre dans rÈctitui-e sainte; car Imiteur remarque, 
arvec Feu clou et Pleury, que l'tîttide de l'JIistoit^ 



sainte est la manière la plus sûre et la plus solide 
d'instreire la jeuniesse de la religion. Cette étude con- 
vient aux savans et aux îgaoraus; elle n'est pas hors 
de la portée des plus simples. Lies esprit^ ks moin* 
exercés comprennent aisément des récits courts et va- 
riés. Dans la tit)i5ième partie , i'auieur, après avoir 
examiné un peu longuement les avantages et les in- 
convéniens de confier l'éducation publique a des ec- 
désiastiques, finit par montier qu'il faut la mettre 
entre les - mains des corps, et de corps ecclésiasti- 
ques. On peut regretter que M- le Gac , qui paroît 
bieO voir , n'ait pas entbrassé plus d'objeié , et n'ajt 
traJié que quelques points d'im sujet si imporlanl. 
Cependant sa brochure, telle qu'elle est, mérite d'être 
lue; C'est le libre épanchement d'un ami de sa relir 
gion ^t de son pays; c'c.s< , o<i>mme il l'appelle lui- 
même^ son testament qu'il laisse comme un gage de 
^es vbmx pour le bonheur des générations à venir, 

%M, Dampmartin , dans sa Lettre aux députés, a plu- 
ukiT0iihjL a^8SMlo»éer qaek^u^^vjfpps sur l'éi^ucaiion , 
(|.ii0 taiîter à fond cette p;rande question sociale. Ilsp 
Jaiswwî- aller. aux idées qui lui viennent, et raconte plt^ 
de faits qu'il ne pose de principes. Il s'airéte, par 
exemple avec coniplaisancc sur les moyens pris par les 
maîtres chargés d'élever Henri IV. J'ai été fâché de 
voir que les éloges qu'il donne à cet excelleat prince 
soient accompagnées de réflexions désobligeantes pour 
iju de ses phis vertueux dcsccndans, pour ce pieux ^t 
sensible duc de Bourgogne, moissonné à la fleur dip 
l'âge. M. Dâaipmartin a accueilli trop aisémeut di^s 
soupçons propagés par les pbilojsophe$du4çrniersiè- 
Hcle , auxquels ce prince n!a pas eu le bonheur de,plaip<j, 
parce qu'il étoit dévot. Ce n'est pOurtaQt pas que l'au- 



(Sgo) 
leur paroisse penser en tout comme ces philosophes. 
Il proclame, au contraire, Tfargence nécessité de re- 
venir à la religion, et d'asseoir l'éducation sur celle 
base solide. 11 rappelle parmi nous ces corporations 
ecclésiastiques , images du gouvernement paternel , et 
dans qui les familles aimoient à voir leurs- suppléans 
qu'elles ctovironnoient de toute leur confiance; mais 
il ne fait pas le même honneur, on ne sait pourquoi, 
aux moines et aux religieux, et les traite même assez 
durement. Les Dominicains surtout sont bien noirs 
à ses yeux , et il a trouvé l'occasion trop belle pour 
ne pas flétrir l'inquisition. C'est un texte banal qu'il 
ne faut pa§ négliger, même dans un livre d'éducation; 
cela jeite un peu d'intérêt dans un ouvrage. L*auteur 
ne paroît pas avoir d'opinion bien arrêtée sur plusieurs 
points importaus. Sa brochure se termine par des ré- 
flexions qui ont peu de rapport avec l'éducation, et en 
général cet écrit ne se recommande ni par la clarté du 
^tyle, ni par la méthode. , 

Le troisième écrit est un' traité pratiqué deTjédn- 
cation. L'auteur a Voulu tracer, dàni une Msteiré sui- 
vie, une réfutation de V Emile de Rousseau, et pré- 
senter un système d'éducation plus naturel, plus sag« 
et plus religieux. Après un premier chapitre, où il 
combat quelques assertions du philosophe genevois, 
il prend son élève à sa naissance , et entre dans tous 
les déiails de son éducation physique et morale. Il in- 
troduit successivement son élève dans toutes les parties 
des connoissances humaines^ mais il attache encore plits 
d'importance a le former à la religion. Ses instruc- 
tions sur cet article sont souvent répétées, et cepen- 
dant variées avec assez de soin pour n'être pas mo- 
notone^. L'auteur parott eounoUre l'enfance , avec b* 



(391) 
qaelle îl faut beaucoup causer. Il sait que ce n^est 
que par des entretiens suivis qu'on lui inculque les 
principes qui doivent la diriger, et ce n'est pas ua 
médiocre talent que de savoir se mettre à sa por- 
tée, et de graduer ses instructions suivant l'âge et 
Jes progrès. L'instituteur du Nouvel Emiîe cause 
donc beaucoup , et je ne répoudrois pas que quel- 
ques personnes ne trouvassent qu'il cause trop. Il en- 
tre dans beaucoup de détails qu'on pourroit trouver 
• minutieux. C'est en quelque sorte un journal d e- 
ducation où sont notés toutes les conversations , tous 
les voyages, tous les petits événemens qui se rencon- 
trent dans la vie. Il n'y a pas un de ces incidens qui 
ne fournisse à l'auteur quelque chose d'instructif; je 
ne sais cependant s'il n'a pas abusé de sa fécondité , 
et s'iln'auroit pas mieux fait de voyager un peu moins* 
^n éducation se fait en courant , et i( parcourt le^ 
quatre parties du monde en assez peu de temps. L'ou- 
vrage renferme beaucoup trop de longueurs. Le 
meilleur secret pour attacher n'est pas de vouloir tout 
àirei Cette iprétention énervf ^4iu contraire , l'intérêt 
et i^efroidit l'attention. J'avouerai néançioins que le 
Nouvel Emile pourra être lu avec fruit par les insti- 
tuteurs, et par tous ceux qui ont quelque enfant à 
former. Ils trouveront dans les 4 volumes , et pour 
la théoiie et pour la pratique , le langage et les con- 
seils d'un maître pieux , instruit et exercé. Je suis seu- 
lement' fâché qu'on n'en ait pas retranché des éloges 
assez ridicules d'un charlatan dont l'auteur paroît avoir 
été la dupe. 

Comme nous rédigions cet article, nous avons reçu 
une brochure sur le même sujet. Elle a pour titre : 
Qu'çtpii V instruction publique sous Buonûparte^ et que 



( 5<)0 
doit^élk êiine sms^ Làuis XFIII? par M. Hyadmiié 
Morel. L'auieur y considère pditiciilièteliient le ré- 
i;mie de TUniversilë, et les abtis qu'il ConTÎeât de 
f:Mre dîsparoîlre. Il eri parle en bomme (Jui a vo les 
fchoses de près. Oii lié petit rj«e lonèr ÎDâtiiiheDt Je 
xèle que l'auièhr modlrc pour la cause royale ^ et 
^in'il s'efforce safts doute- d'inspirer & ses éièvés* Il 
K'conndf t aussi là nécesdlë dé la reHgtotl ^ mais 41 ne 
croit P&5 possible de Compter en de moîtient sur lé 
sêctkirs dies cdrporâlionSèccléaiastiqiles. QuoiqtietiotYÀ 
îrtè soyons absolument pas de cet aVi^ j fet que tiou's 
soyons persuadés qull Sera aîsë dé rétablir ces oôrps 
quhdd oti lé voudra bieii, et qué le gouvememenl 
jKDJirra se livrer à ces soins, néài^ihbins ilôusûé pdti- 
vous être surpris qu'un hienlbre de l'Univet^ité peilse 
différemment .. ètjl est sûr cpie si Ses Vioeui et ses ciE>n'* 
SîeiK exctùtôiem^ les i:oÉ*porations ^toroieiit moins né* 
^îèssaires. Mai^ tous tes mîiîti-ës dé l'Université ùùk*ïU 
autant de zèle que Idî pour lé bien? 

Pour épuiser tbut ice qui.se rdttâthe^ eètte lûft- 
tîèrc, îious citerons hsoorc des CoàsidémUons sur i& 
Vé^îmh actuel dei fàcûltéh de théologie > de ditfft W dé 
friédecine, et sûr là nécessite de tes rétablir dans leur% 
làT^cicnnès prérogatîi^es , in-4®. de buît pages. Ce petil 
êcvii riou^ hvôit élë ëth-essé manuscrit^ i' y ^ «l^J^ asSeà 
Ibtîg^-témpfe, et la rëVoïntion du iô mârS ùous àvoit 
ëîtipécbé d'en faire usage. L'auienr is'est décidé à le 
faire îm jirimer ^pôiii*' éclairer là religion de Fautorité. 
Il croit que les facukés de théologie , pour nous bor- 
ner à ce qui rentre ^lansnos attributions^ ne devroiënt 
|)dî\it être soumises à là juridiction a un recteur étran- 
ger f>our la plvipart des , temps à cette science, et 
qa elîes sefoieut plus convenablement placées sous U 




(59$) 

gement 'paroîtrok eri effet plus fcOnftirme* à IWdre ^ 
îiux dmiis ^,e renseignement pastoral. 

Peiit-êlre ëtoJt-ce plus que jamais le 'moment de 
nous livrer à l'examen de ci*s écriis , ef de faire con- 
iioître les vues qui y ^ont développée^. La proposi-r 
tioQ faite, le 3i janvier, à la chambre des députés^ 
par M. de Murard de Sainl-Romain , appelle nécesr- 
sMrement ratteniion générale sur renseignement. Ce 
député Mgnale stoas ménagement lé mauvais esprit qui 
s'est fait remarquer dans plusieurs. écoles, et -il pros*- 
crit sans pitié tout ce qui se sent encore du Ifevaiu ré*- 
volutîonnaiï'e. Nous avons cité ses conclusions, qui 
indiquent assez Tesprit de son discours, dont lé but 
est de niomrer que les vices de rinstiTustion publique 
dont venus à» l'oubli de la religioti, ek que le mcilf 
leurj disons plutôt, le seul moyen d améliorer la pre<- 
micre est d'e*^ confier lesoiu à la seeondé^. Puissent 
les chambres , convaincues de eette y enté , s'unir avec 
le Monarque pour établir enfin , aprè$ tatit d'essais 
ijsÉfruciueuT^et de fâcheuses tai^ifitives, uti mode d'en-*- 
séfgnement éloigné de tout sj^itén^, où la religion 
rentre daps tous ses droits, ofi le soin- des moeurs 
soit mis en première ligne , et qui fasse espépeç à 1^ 
société des sujets utiles, instruits par l'obéissance^ 
et façonnés par une sage discifilifie ! 



Nouvelles ecclésiastiques. * 

Rome. Outre les prélats nommés précédemment i* 
hU*^. Morozzo, archevêque âe Thèl>es el nonce à Flo- 
rence; Gârdoquî, Bardaxi de Azara etRuscoul, audi- 
teurs de roté, ont été ^révetius de leur prochaine pro-i 



( 594 ) ^ 
motion au cardinalat. Le second et le troisîèrae sont es^ 
pagnols, et ont essaye une longue persécution de Bao- 
naparte pour avoir refusé le serment a l'intrus Joseph. 
Farts. M. Azaïs a bien raison^ et la doctrine des com- 
pensations qu'a établie ce profond philosophe, est dé« 
«ormaîs inattaquable. Nous venons d'en avoir une nou- 
velle preuve. On a voit appris, par le courrier du Di 
janvier, l'expulsion des Jésuites de Pélersbourg. Les^ en- 
nemis de la société en triomphoient, et il étoit ques«- 
lion de chanter un Te Deum à S. S...^ quand le cour- 
rier du lendemain est venu tout à coup arrêter ces élans 
Ae joie. Il s'est répandu que l'empereur de la Chine, 
s'étant fait rendre compte, par le tribunal des rites, des 
sentences rendues conti-e les Jésuites, avoit écrit au bas 
du rapport : Que Védit du 11 janmer 1^24^ cesse d'être 
toi de r empire. Il rCest qu'un Dieu y et ce Dieu ne s'of- 
fense pas de la di\>ersitè des noms qu'on lui donne» Ce 
qu'il y a de plus important c'est que cet ordre a été 
tracé par l'empereur avec son pinceau rouge; desort^ 
qu'il n'y a plus moyen de revenir là-dessus, et que 
c'est une loi immuable de l'empire. C'est comme un ar- 
ticle de la cliartâ^e, et t^'est la Chine qui donnei à l'Eu- 
rope dea leçons de tol^^tnçe. D'après cet te^éclsioà im- 
périale, l'édif de tolérance du célèbre empereur Kang-hi 
en 167a, et celui de 1711 ont été transcrits de nouveau 
au tribunal des rites, et ont été remis, scellés du grand 
sceau, recouvert en satin jaune, à Dom Gaspard delta 
Cruce, missionnaire portugais. On sait que Kahg-hi, 
qui aimoit les sciences, protégea toujours les Jésuites, 
et que son fils Yong-tching, qut pousoit différemment, 
rendit l'édit de 1724, par lequel tous les Européens 
étoient obligés de se retirer à Macao. On voit avec plai- 
sir l'empereur actuel revenir aux sentimens d'un de 
ses plus illustres prédécesseurs. Cesilétails ont été, dit-on, 
apportés à Rome par le P. délia Cruce lui-même, qui 
a été présen^ à S. S. avec quatre jeunes Chinois, qui 
se proposent d'entrer dans la société.^ On ajoute que 



( 595 ) 
S. S. a le projet d'adresser un bref de remercîment k 
Temperear de la Chine, dont la protection permetlroit 
au christianisme de s'étendre avec plus de liberté dans 
«on vaste empire. 

— Une décision dn Roi , du to janvier, rend aux évê- 
^ues les bâtimens et meubles <les petits séminaires, qui 
avoient été confisqués par le fameux décret de Buona- 
parle, du i5 novembre 1811. . ^ 

i— Les élèves du pelit séminaire d'Amiens ont fait 
enlr'eux une collecte pour subvenir aux besoins de l'E- 
tat. Elle s'est montée à 701 francs. Cel exemple, donné 
par des jeunes gens plus distingués par leur piété que 
par leur fortune, est précimix à recueillir. 

Sablé. Un acte éclatant vient de faire une grande 
sensation dans cette ville. Le sieur René-François Pri- 
maudière,^ ancien député de la Sarthe à la convention 
nationale, où il avoit eu le malheur de voler dans le 
«ens de la majorité, se trouvant attaqué d'une maladie , 

grave et alité, a d^iré manifester, en présence d^ té- j 

moins, les sentimens dont il éloit animé. En consé- j 

qùence, il a déclaré , assez haut pour être bien entendu , j 

et atfec Taecent de rhufàilM et â'uri véritable repen- \ 

'^^iitj éfuHl détestoit de touP'soh coeur lafilonie dont il ; 

eut le îiïalheur de se rendre coupabjte dès les premières f 

séances de l'assemblée dite convention nationale, en \ 

votant la république y en coopérant ^ par ce condamna^ 
blet moyen y à la destruction du pouvoir légitimée en ',. 

France; qu^iidétestoit le régicide affreux dont il eut le i 

' malheur de se rendre coupable ^ le 6 Janvier lygS^ en v^^ 
tant la mort de Louis XVI; qu*il eh demandoit pardon \ 

* à Dieu 'y au Roi , à V auguste famille royale, à la France 
et au nwnde ; qu'il détestoit V apostasie qu^il chercha , 1 

dans des temps de crime et de délire, à établir et à 
propager y soit par ses proclamations et arrêtés contre 
. toute espèce de culte chrétien , et en faveur des fêtes dé^ 
çadaires, soit par différentes profanations commises en ! 



àîfférehUs églUé9 eu par. lui-mënie on par gern A .^e» 
ordres; quen un mol il dét^st^ié tous leâ actes si totu^ 
Us aUeniaia de rébellion, dejélonie, d'impiété, deUse^ 
majesté et d'injustice émanés de rassemblée ^te conr 
veution nationale y.^c»^ contre. LL,- MM, Louis XF^I, 
la Reine son épouse, Louis XVII leur fils, Madjme 
royale leur fille , les princes et princesses de leur aur 
guste maison, soit contre le peuple fi-ançpia ; gu^il rér- 
tractoit et abjuroit avec sincérité tout propos , tout dis^ 
cours et toute opinion qu'il auroit pu émettre contre ce 
que croit et enseigne V Eglise catholique, apostolique et 
romaine; qu'il adhéroit au contraire de cœur et âtes^ 
prit à tout ce que ladite JSgUse croit et enseigne; qu'enfin 
il ne cesseroit jamais, pendant le teste de ses jours, 
de demander pardon à Dieu , de sollicite^ les suffrages 
de V Eglise en sa faveur^ et d'offrir à la justice dii>ine 
ce qui lui resté à souffrir eti expiation de ses nom-- 
hreuses offensés. 

L'aclé, date de Sablé, le 19 janvier dernier, est sign^ 
de dix témoins. C'est le premier acte au4hentique de m 
genre que nous connoiî*sions. Dieu veuille que ce ne soJt 
pas le dernier, ^t que 1^ coupables reconnoiàseM «nfifi 
et r^ormité d« critne « l^quitë da châtiment tardif^ 
que leur inflige là jusli/ce humaine! 



Nouvelles politiques, 

Paris. La grande revue de la garde royale , ^asHmxée de^- 
nuis quelques jours , a eu lieu dimanche 4* C'est sans contre- 
dit une des plus belles qu'il y ait eu. 

A midi et demi le. Roi a paru , et les plus vives acclama- 
tions ont annoncé la pre'sence de S. M. 

Le -Roi s'est placé dans upe calèche à huit chevaux , à la 
droite de S. A. R. Madame la duchesse d*Aiigouléme ; 
Monsieur , M«'. le duc d'AngouIême et M*^ le duc de Berry 
préeédoient la voiture , qu'environnoient MM. les maréchaux , 
et un grand nombre de généraux et d'ofiiciers supérieurs. 



( 397 ) 
* S. M. a parcourtt lentement les lignes formées par les di- 
vers corps <fe la garde. Lés cris de T^iye le Rorf vivent Im 
Bourhons! ne cessoient de se faire entendre; les soldats agi— 
toieût ieûn armes , et lai&soîént éclater de v)£s traQSfxorls' à^ 
la vise da Roi , qui parcHSSoit lui-méi&e pénétré de la plus 
vive émotion , qui ies saluoit avec une awectiooi paternelle ^ 
et qui sambloit leinr'dire : Je a}Budroi$ pouvoir presser iou9 
les François sur mon cwur. Dans ce moment ^ la l»elle eom-* 
position de« 4roupes , la variété des miiformes , le panacbe du 
oon Henri qui ilottoit^ sur toutes «les té fies , dçs milliers dsi, 
spectateurs groupés sur les maisons voisines, et qui méloient^ 
leurs acclamations à celles des soldats , o'fTroient un coup-d'œil 
enchanteur. 

6. M. a mis à peu près une demi-heure à parcourir ainsi , 
les rangs. La calèche est rentrée dans la cour nu château , c( 
s'est placée près da grand portail. LL. A A* RR. Monsieur i 
M«^ le duc.a'At^gQuléme, M^r. le duc de Berry, à cheval, ac- 
compagnés de plusieurs maréctiau^ et d'un brillant état-ma- 
jor , «e sont placés en face de la voiture du {loi. Le défilé a 
commencé au bruit d'une musique guerrière, et dans' Tord r^j 
suivant : les grenadiers, fusiliers et chasseurs à pied, su^ 
■ seize hommes de front; l'artillerie à pied, rartillçrie à che- 
val, les grenadiers à cheval , les cuirassiers, les dragons', les 
laocieTiS , les cha^iseurs et les hussards; A aucune revue peut- 
être le* troujifes n'ont manœuvré avec pins de précision , sur- 
tout l'infanierie. L'y»!! suivoit, avec un plaisir auquel i« 
jfA^dit fainouT propre natîoiral^ ces ioiigne<| iBles de soldats ^ 
élite de Tarmée , honneur des li| et de la patrie. , 

Plusieurs officiers étrangers , qui se trouvoient à la revue 
parmi les specitateurs , ont laissé liauteiaient éclater leur ad- 
«tiratieti sur laèyelle tenue des troupes. 

On peut -évaluer le nonibre ^es troupes de la garde royal* 
qui se trouvoit à la revue À plus de quinze mille hommes | 
i artillerie et oit nombreuse. 

Après la revue, le Kei , MadaiIe et les Princes sontren* 
très au château. Les mêmes transports qui aVoiept écla^ k 
l'arrivée de S. M. l'ont accompagnée jusque dans ses appar- 
temens. 

M»', le prince de Condé étoit à l'une des fenêtres du 
«hâteau. 

~l.a banquet «fferl par la ganle réyala à /AOL 4e« gardey 



du corps et àe la earde nationale, a eu lieu le hindi 5^ dsnà 
la grande ealerie au Musée , qui avoit été décorée à cet effet/- 
Douze tables de cent couverts y étoient placées, et lesmili- 
taires des difTéreds corps y étoient mélés^ A sept heures et de^ 
Biie, une batterie de canons , placée sur le quai du Louvre f 
a annoncé l'arrivée du Roi. Tout le monde s^est levé. S. M. 
est entrée, accompagnée de son auguste famille, et a pris 
place sur un trône. On a exécuté plusieurs morceaux de mu-^ 
sique. Le Roi a fait le tour des tables au milieu des plus vives 
acclamations, et est rentré à huit heures et demie dans ses ap<^' 
partemens. 

CHAMBRE DES DEPITTES. 

Le discours prononcé au nom de la commission centrale f^ 
par M. Roux-Laborie , sur la proposition de M. ^e Blangy, 
a été imprimé , et n'a pas produit moins d^efïet dans le public 
que dans l'assemblée. L'auteur s'y montre toujours pénétré 
de respect pour la religion , d'intérêt pour les malheurs da 
clergé , et du désir d'y mettre un .terme. Sa sensibffité lui 
a inspiré plusieurs morceaux , tantôt forts ,' tantôt touchans , 
tant sur les désastres anciens du clergé que sur son état ac- 
tuel. Ce rapport est fort étendu, et nous l'avons reçu trop 
tard pour le faire connoître en détail'. Nous citerons seule* 
ment aujourd'hui le projet de réscl^ution présenté par l'orateur i 
Pnyet 4e résolution. 

Art. t«r« Le bndjet des à4}ppiH ^r l'antiie 1^16 seUI réetiiié aîbii 
qq^iUuit: I . 

L'article qui concerne le cierge pensionnaire et actif sera jfAaoéîin-^ 
médialement après Tartiçle de la dette pnbliqae. ^ / 

a. Aux fonds actueileinent alloues pour ces deux objets seront ajou- 
tés : six millions destinés à ce que chaque pensionnaire eoclésiastiqoe 
âgé de plus de soixante ans, ait 600 fr., et âgé de moins de soixante 
ans , 5oo ïr. 

A ce que la pension de chaque religieuse resiée fidèle à ses vœux 
toit reportée aux deux tiers du taux fiié par rassemblée constituante | 

Six millions destinés à parfaire supplémcnuirement pour chaque 
desservant qui n'a qo(e 5oo tr. , la somme provisoire de 7S0 Yr. 

Six millions destinés a ce que chaque vicaire qui n'a aucun traite- 
ment reçoive 5oo fr. 

3. Un million sera ajouté aux 555,ooo fr. acttiellement destinés aux 
bours9S ecclésiastiques. 

4. S. M. daignera ordonner qu'il soit dressé, pour être porté sur lé 
budjet de 1816 , un état des dapeoses du clergé, telles qu'elW devront 



( 399 ) 

être étMhs pour les antiëes suivantes, de manière à oe jamais excé-' 
der d'abord les deux tiers , ensuite les trois quarts de là somme de 8sl 
«nttlions allouée par TassemHée constituante. 

5. Conformément à Tarticle lo de la chartre, les préfets seront 
chargés de faire rechercher, dans chaque commune qui manque de 
presbytère y s'il s'y trouve une maison qui puisse en servir, pour en 
traiter avec le propriétaire. 

Dans les communes où il ne s'en trouvera pas, la construction d'un 
presbytère sera ordonnée , suivant des devis semblables à ceux en usage 
avant la révolution , dans les provinces les plus pauvres de la France , 
•i selon les formes les plus économiques. 

6. Les pensions ecclésiastiques dont jouissent des prêtres, ou mariés, 
ou qui ont renoncé à Itur état en embrassant une profession incompa- 
tible avec le sacerdoce, seront supprimées, et S. M. daignera ordon- 
ner à ses ministres de faire rechercher les individus de cette classe à 
qui Ton peut continuer leurs pensions à titre de secours. 

7. Les articles i, 3, 3 et 4 ci-dessus ^ auront lieu à compter âvL 
i*!'. janvier 18 16. L'article 6 produira son efi^t à compter du jour de 
la publication de la présente loi. 

8. Toutes dispositions contraires à la présente loi sont révoquées. ■ 
La discussion sur ce projet devoit avoir lieu , le 5 février, 

en comité secret; mais elle a été renyojée à un autre jour, les 
orateurs n'étant pas prêts. 



S. M. a rendu, le i5 janvier, une ordonnance fort importante, et 
qui la fera bénir des amis de la religion dans la Grande-Bretagne. Elle 
a renduNaux catholiques anglois et leurs biens et l'administration àm 
ces bienè. Voici le texte de l'ordonnance : 

Art;. I**^. Notre ordonnance du 33 s^tem^e iBi4 sera exécutée selon 
sa forme et tene<|| en ce qui eoncei^ela ^àfttiMion. des collèges ou s^» 
minàires anglois y'^iôssois et irlandois étMJtk dans notre voy aume. 

A dater de la présente, les administraftiurs ci- après indiques entre*- 
ront en possession et jouissance oes biens mobiliers et immobiliers, non 
vendus, appartenant auxdits collèges et séminaires, dans les lieux où 
ib sont situés j ce qui comprendra narticulièrement les bibliothè-v 
ques et livres encore exîstans dans les lycées et autres maisons d'édu- 
cation. 

Le tout néanmoins sans préjudice de l'art. 4 additionnel du traité de 
Paris , du 3o mai i8]4 » et des art. i et 5 de la convention de Paris, du 
30 novembre 181 5. 

3. Les collège^ et séminaires* mentionnés dans l'article précéçtent se^ 
ront , pour le spirituel , soumis à la juridiction de l'évéque diocésain ; et 
pour radministration temporelle , sons la simple surveillance de notre 
ministre secrétaire d'Etat de l'intérieur. 

3. Les administrateurs des trois nations se concerteront pour la fu* 
ture séparation des biens mobiliers et immobiliers des établifscmens res' 
prctifs, ainsi que pour toutes les déficnses communes qui ont eu lieul 
pendant U réunion des trois établissemeQil 
\ 

\ 



• ( 4oo ) 

Eb CM de cootesutioii f^ar Tun ou TaDire point, il y sera par noof 
ftUtué en notre ooDseil d^Etat. 

4. Les boursiers introduits dans lesdits ^Mis^emens m infraction 
aux droits réservés par 1rs fondateurs ou aux règles résuUanl de ces 
droits , ou ayant pour objet de les conserver, pourront être renrojrës 
par les siipériears actuels, ou à la fin de leurs études ^ ou quatre mois 
après i^avis qui leur en sera donné. 

Les mêmes supérieurs pourront déclarer non avenues les gratifica- 
tions non «ncore payées, et les pensions précédemment accordées qui 
seroient reconnues abusives ou contraires aiu mêmes droits ou aux 
mêmes régies. 

Les déasioQS rendues en exécution du présent article devront être 
soupiises à f approbation de notre ministre secrétaire d^Etat de rioté- 
rieur ^ elles ne poucaront donner lieu à aucune restitution ou indemnité 
de la part desdusbooçsiers , pensionnaire^ , ou personnes ^ratifiées. 

5. iVous nous réservons ae régler par la suite , sur j^ propo-ùlioa 
des sofMérieurs et V^yis duconaité gratuit institué par nos ordonnances 
des 21 juin i8i4et 3o octol)re i8i5, ce qui pourra avoir rapport i 
l'éducation des jeunes gens admis dans ces collèges, ainsi qu^à Taocom- 
plissement des intentions des fondateur^. 

6. Lé sieur Jean Farquharson est nommé administraUnr général des 
collèges et établissemensécossois. 

Le sfeur I^anl Long, administrateur général des établissçmens irlan- 
dois, est confirmé. 

Sont également, et en tant j}ne de besoin * maintenus, dans le sémi- 
naire ançJois , me des postes, à Paris, le sieur Jean Bew, en sa qualité 
de auperieur: 

Dans le collège aagjois de Pouai , M. Tabbé Jean Daniel , en sa qua- 
lité de président; 

Dans le coU^s^ ai^loU de Saini-Omer, MM. Tabbé François Tuile, 
Jean Yates et Thomas Cl^bom, en leur qualité d^administrateurs 
dudit collée. 

j. Le sieur Bicbard Ferris, «i-devant ad m int^tratepf général, cessera 
foute fonction relative au service, à Pinspection et à la surveillance des 
établibsemens britanniques , sous quelque qualité et dénomination que 
ce soit. 

11 sera tenu de remettre sur-le-champ , aux administrateurs ci-dessus 
dénommés, les fonds en caisse, tous les registres, livres, papiers et 
effets queloon^Uits appartepfint auxdits établissemens. 

Dans le mojs qui suivra la notificaXion de la présente ordonnance, 
ledit sieur Farris rendra aux mêmes administrateurs Je$ comptes de sa 
gestion. __________ 

AVIS. \ _ > 

Ceux de nos souscripteurs dont rabpnncjnejpt Suit au 19 février pro- 
cliain , ^sqnt'pciés de le renouveler sans délai , afin de ne point éprou- 
' ver de retard dans Tenvoi du Journal. 

Le piix de Tabonnemeut est d« a8 fir. pçnr Paattée^ iS fr« pour sis 
mois, et 8 fr. pour trois mois. 



(Samedi lu février iSiS.) (N^ iS;.) 



ÂjppoRT de M. Ikihorie ^ur te clergé* 

Cb rapport honorable pour la chambre dont il 
montre l'esprit , et intéressant pour ie clergé dont il 
tend à améliorer la siiuation, mérhoit de trouver sa 
place dans notre Journal. L'auteur a peu parlé de la 
proposition de M. de Blangy^ sur les pensions des 
prêtres mariés. Il a pensé qu'il suffisoit d'avoir dé*- 
nonce un tel scandale pour qu'on le vit cesser^ et enpi- 
brassant des considérations plus vasieâ^ il a présenté 
le tableau des lois rendues à différentes époques re-« 
lativement aux pensions du clergé. Dans ce tableau 
«'offroient des injustices criantes et des contrastes pi-* 
quans que l'orateur n'a pas négligé de faire ressortir. 
Son discours 9 plein de mouveniens et d'effeis, Test 
eneore plus de faits trop véritables pour n'être pas 
déplorés : ^ 

« Pour ei^ttrerd^unemanièretforivenabla dans un sujet 
si intéreîisflnt et si grave, pour iixp.r eu quelque sorte te 
point de départ de la question qui nous occupe , il est né-* 
cessaire de nous rappeler c^ qu'eloit le clergé de Francis 
avant la révolution. La plupart denous ont vu encore de*» 
bout ce magnifique édifice, cet ouyrage du ciel, du temps^ 
de nos Rois lit de nos pères, celle belle portion de la gran- 
deur nationale, que la France ëtoit nère de montrer à 
l'Europe; ce monument tout ensemble do richesse, de 
puissance , d'autorité , de vertu , de gloire et de génie, qui 
s'étoit' surtout si majestueusement ëlevë dans le grand 
siècle et à côté du grand Roi: Providence visible qui ba- 
lauçoità elle seule^ par la toute-puissance de ses dons, loi 

Tonui ri* L'Ami de la Religion et du Rot. C c 



( 4<»2 ) 

ealamilës pubU(}ae8$ rivalisant avec les peupks deBdi-* 
litë envers le trône, et avec le trône, de bienfaisance et 
de bonté pout> les peuples; cgrps illastre autant qu'utile^ 
qtri , ne retenant de li haute naissance de quelques-uns de 
8^ chefs, ^ue l'honneur sans orgueil , paroissoit être Fa- 
brégéide la société entière dontilétoit Famé et leReft 
moral, puisqu'il appeloit à ses dignités et à ses récom- 
penses , a côté du fiis des prisces, le &k de rartisan re- 
commandé |>ar la ^certu et lé talent r semblable en tout à 
cette heureuse ei^ puissante monarchietiont il étolt leplns 
ferme appui , on eût dit que , conformément à Tinévitabi» 
loi des élévations et de» décadences humaines, il étoit 
averti de son danger par sa grandeur , et menacé de sa 
ruine par Texces même de sa bienfaisante pi^aspérité : ae^ 
débris ont encore conquis, au nom François et à la caus^ 
dé la légitimité, Festime et Fadmiration de FËirrope hos- 
pitalière : le clergé de France , comme s*il eût voulu sur- 
passer^ en finissant j Féclat de sa longne vie, offrit de rem** 
plir seul ce déficit dans lequel on Fa précipité lai-i^mèine'y 
non pas pour le combler^ mais pour le creuser ^vao^ 
tage. ' 

»VoiI&, Messieurs, ce qu'étoit ATclei^gé de France «a 
1789. L*objet de ce rapport sera de vous montrer ce qù*îl 
e^t def*««i>TetiirTuos Wimfi*«*^*f votii» tiflwfca; hrftMi^ 
mer, ou bieo qu'il achève de mourir et de s'éteindre. 

» H faut retracer dV^>rd ce qu'a fait FAssembléeconstî-. 
tuante sur le clei-gé, a «ne époque où Fon cberchoit à 
concilier' ce qu'on appeloit les principes avec les égaréb, 
le triomphe des idéei^ Nouvelles avec le souvenir des habi- 
tudes sociales et monarchiques; vous allez voir ioe que 
ceux qui ont dépouillé FËglise de France ont cru cepen- 
daut devoir laisser i ses membres, et que ceux qui pri- 
Toient le culte de ses anciennes dotations^ trouvoientJQjito 
de consacrer à cettedépense, reconnue par eux-mêmes 
dette de l'Etat, incontestable et privilégiée. 

)> On calomnieroit étrangement les auteurs des plus 
çrlaatea iniquités et des calamités les plus désastreuse^ si 



(4o5) 

on pouvoit les accuser d^en avoii*, dis le principe ^ mesurtf 
toute retendue et prëvu tout lexcès ! 

» Pour mettre quelqu'ordre dan» un exposé si doulou- 
reux ^ permettez-moi de suivre suçtossivement et sëpacé- 
ment le coure de la double destinée des membres d u cjergé 
pensionnaire t;t du clergé actif. * *. 

. » Vous sentirez. Messieurs, sans .qu'il soit besoin do 
TOtis le prouvei^ que si Jies uns et les autres oât des droits 
égaux, ces droits ne se puisent pas à la tfème source. 
Les uns ooX besoin de vous, et i^ckMnent toutre la plus 
odieuse des banqueroutes; vous ^vez besoin des autres^ 
parce que le Roi, TEtal, la morale, la «ocioté erilière, 
toutîiotre avenir dépend jji'eux, Q'est-à-<Sre du rétablis- 
sement de la religion ,^ sans laquelle il est,vrai , comme on 
Tadit long^temps avec hypocrisie, qu'^n y aura jamais 
ni Bci^^ pi royauté j ni trône , ni patrie. 

)> Quand on voit d'abord à quel pil^int est réduit au- 
jourd'hui 4e clergé pensionnaire, cet/e même Assemblée 
constituante, qui est à bon droit ac^sée de l'avoir dé- 
PQlûIlé, senïf^leroit , par contraste et par comparaison , 
savoir enrichi! AI#rs l'injustice n'àoit pas encore sans 
pudeur; les principes, ainsi qu'oa les a appelés de> 
puis, fléchissoîent sous les souvenirs^ les; rangs, leà 
«¥>»fjei«n«eij»9çiales se détendoi^nf> appuy^'^ sur^e^i siè^ 
clés; beaucoup de disciples, inceKuins des idées ««ou- 
velles, difficilement d'accords av^c éux-mèmes^'b^i- 
toient entre les leçons des aïei^x i^t les enseignemens des 
modernes systèmes; enfin le niveau, qui commexiçoit à 
se promener sur les tètes, n'étoil'^as eitcorc confié aux 
mains de la populace. Aussi , Messieurs , je le répète , si on 
la compare aux dépbuillem«it$ postérieurs, la spoliation 

{)rimilivé res«<^ml>le à la munificence. L'âge, la dignit.^^ 
es habitudes de la yie, tout fut d'abord respecté. Les^nx 
peuven^ils ci*oife <en 18] 6 ce qu'ils lisent dans IVx trait 
du Moniteur da 21 uoût 1790 : «Une somme ^»'002 mil« 
» lions pour le traitement des ècclésiastiques^et des rell« 
» gteux des deux sexes supprimés » ? ^ 



( 4o4 ) 

n Le maximum des anciens év^ne» s'élevait à 5o,ooo 
fr. \ le maximum des titulaires des bénéfices simples étoit 
de 6,000 (r. ; le minîinum dos pensions de j ,000 fr.\ 

» Etrange destinée de Tancien clergé François l sa dé- 

Slorable histoire le montre depuis vingt-cinq ans con-t 
amné k reoohnoîlre que , depuis la révolution , rien n^s^ 
égalé en sa faveur ni la générosité de rAssembiée consti- 
tuante, ni lliumanité de ta Convention ! 

n En 1795 ^ les pensions furent uniformément réduites 
suivant r%e^ savon*: 

)> A 800 fr. pour tous les pensionnaires au-dessous dq 
èin^uante ans*, 

)i A lyooofr. pour ceux de cinquante à soixante apsy et 
h 1,300 fr. pouc ceux au-dessus de soixanle-dix ans. Les 
pensions imérieiires à ces différons taux nVprouvèrept 
aucune réductioil» \ 

n I«es lois convsiitionnelleç , voilà , Messieurs , depuis la 
révolution , l^âge l'or du olergé ! et ce que la Copventioa 
n'a pas osé 9 on Ta ^é depuis ! 

» En 17^8, tont^p les pensions furent réduites bu i\6v^ 
des fixations de 179$. Au tiers! et il y^én à de looTf. : ej[ 
les plus considérable^ sont de 335 fr. ! . 
. » Les successeurs 4es' abbés de Saint- Vast et de Corl^e i 
535 &. ! les derniers l>énédictitts dj^ ^.ijO^Mâ^^jjps^er- 
liiers moHn» de 8îiînî*^jicertt dé PâUt.^cTù cardinal Be 
Pcéull^à taafrj» ! V^Ntà où celui qui aW appelé le restaur 
rateur de|a religion ârUouvé'et a laissé leçlergé deFranceî 
Voilà Tétat où il est encore à la seconde restauraiipu du 
trône de saint Louis» !.. 

^ Ici Torateur a cité «i^^ lettres de quelques ecclé- 
siastiques qui, dans leur deâttiiçresséti^nt, réclament 
des secours pour les autres , et /oublient eu-méioaçs. 
Pujs il a continué ainsi : • 

Mi Vous savez , au reste, quels soi#ces prêtres , derniers 
débris des congrégations enseignantes j ce sont ce^ ori^p- 



( 4o5 ) 
l^ens et eed lazaristes qof, fidèles jusqu'à la fin au voeà de 
leurs fondateurs^ ëlevoiéiit, encore , en 1789, une grande 
partie des enr«ins de la France et tous les énfans du sanc- 
tuaire. Ce sont Vos anciens^aitres, Messieurs, les insti* 
tuteurs de votre jeunesse; leur voix affectueuse et ins- 
tructive succède presque immédiatement dans vos sou- 
venirs à là voix maternelle ! Hëlas ! vous étiez loin de 
S revoir que leurs propres besoins invoqueroient un jour 
ans vos coeurs les principes de justice dont ils y dépo* 
sbient le germe : n'est-ce pas à l'ine&çablé empreinte d^ 
leur» premières leçons que vous dev&A et Fint^rêt avec 
lequel vous vous occuper en ce moment de leur sort, et 
le bonheur si grand de n'avoir, parmi tant de dëfection^, 
tant d'aposta«es/éié infidèles ni k votre Dieu ni à Votre 
Eoi? 

» Ds reèevoient de leur eongrëgatiofi , dans les temps 
qu*on appelait, parmi eux, de ferveur, 120 fr. par au; 
et , dans 1^ temps de relâchement , ) 5o fr. , une robe oci 
tpaj^jcmtdm chaque annëe, espèce de salaire qu'on n'ac- 
cepte que des mains4'nn Die^u qui seul: inspire le courage 
du dévouement de la vl^ entière à c^si pénibles, è de si 
obscurs travaux. ^ 

» Alais, ilJEiiit ravQuer, ce» Iwiinni^, que n'ont ps» 
encore fait oublier des systèmes d'Mucation uit ^éu ptils 
coûteux, avoient aussi un intérètieri*estre; une ambitioh 
humaine entfoit dans ces anies célestes; ils espëroiieut', 
sous les auspices de là société qui leur a été infidèle et par- 
jure , que jamais ce modeste salaire , cet habit grossier, ce 
lit si 9Ustère et si dur, celte nourriture insuffisante, ne 

manqneroient & leurs derniersjours Leur ambition a 

été trompée , et tel vieux lazariste reçoit , pour une année 
entière , bien moins qu'il ne doniioit en un jour aux pau- 
vres rassemblés à la porte de sa sainte maisoti. Ah ! sam 
doute il faut tout faire marcher ensemble: saUs doute il 
faut soutetiir le crédit public , il faut payer l'arriéré; mab 
il faut ausû que de pareils maux cessent , pour réconcil^ 
Dieu avec la terre, le ciel avec ta France l 



(4o6) 

» Vous roadres , Monsieur», aMOcier i vos soins répa- 
rateurs le, sort des religieuses; vos propres âooveniir^^^ si 
TOUS avez jamais assisté à une prise d'habit y vous la re- 
commandent assez. Comment auriez 7 tous oublié ces 
émotions vives et souvent déchirantes que la Religion 
n'interdisoit pas à la piété, au milieu de ces touel|£HEites 
et pénibles cérémonies! La légèreté m&me des ^ens du 
monde ne pou voit s'en défendre, en voyant se refermer 
la grille fatale, et les grâces, la Beauté,, la jeimesse 
descendre dams ces tombes volontaires de la pâûteoce. 

)> Je viens, Messieurs, de vous offrir, par rapporta» 
clergé, Tétat de vos dettes, dettes d'honneur, dettes.de 
conscience, dettes les plus sacrées de toutes; c^r ces 
créances ne s'arriérent pas; ces obscurs, patieus, âileo- 
cieux créanciers , ces martyrs de la plus imnv>rale..dee 
^ banqueroutes, ne transmettent pas leurs titres aux pfia- 
vres collatéraux , héritiers de Içur misère^ qui partagent 
souvent avec eus la pailie de la chaumière et le pain 
de l'indigence^ tout ce que vous n'acquîttereflkj^asiaara 
soldé par la mort. 

» A ce tableau d^ vos dettes snpçède celui de Tpe be* 
soins; ceux du culte s«»nt les vôtres, les besoins leji plus 
impérieux et les pins, pressans du lroi|i^.^^ 4(|j^ J^ri«« 
<^ue fàités^vons dode ici, en oé tnom6isf> quanta!^ vous 
Yousoccnpea^du sort en clergé? Puisque vous êtesch^^és 
de reconstituer la monarchie légitime, c'est rabrégé de 
votre mission toute entière que je mets sous vos yeux; 
Toâs reconstruisez Ja base de ^édifice; ViE>uâ resserres le 
lien moral de la société; et c'est sans exagéx*ation, ap- 
puyé sur les principes comme sur les exemples, qu'cm 
peut vous dire qu'en ce jour, par la lai que vous pro-- 
poserez, vous -aurez épuré, raffermi, recomposé et 
l'armée, et l'administra tion, et la ma^gistrature. 

)» Ne sont-ce pas les suites du parjure qui nous réa- 

. nîssent ici au milieu des membres épars et mutilés, du 

grand corps de la monarchie? Et n'est-ce pas la religion 

qui empêche jes parjures? L'armée a manqué à sa toi ! 



'(4o7) 
Comment vous en ëtonner ? Où ^toit le Dieu d^ armëest 
Qu'étoient devenus ces dmpeaux qui sortoient de nos 
temples pour être portés dans' nos camps ,^1 qui revè* 
noient , chargés de victoires, décorer la voûte des temples, 
«t remercier Tautel; ces ^rapeau:x; , jadis ornés par la 
main de nos reines, bénis par la main de nos pontifes, 
qui, recommandant la fidélité aux rois de la terre, au 
-nom du roi des cieux , s^ipbloient sanctifier le courage 
et consacrer la gloire ? La licence des armes ne se taisoit 
plosà Taspect de l'aumônier qui parloit de Dieu la veille 
de la mort et du combat. L'armée a donc dû être infi- 
dèle ! ! I La fidélité étoit-elle naguère recommandée aux 
magistrats, comme dans ces temps d'immortelle mé« 
moii^, où la langue ne manquoit ni de vérité ni de 
justesse, quand elle appeloit le sanctuaire des lois, le 
lieu où les images de Dieu r«pOsoient sur les tribunaux 
^omme sur ^d'autres autels. 

» Ainsi, Messieurs, si nous voulons conformer enfin 
notre conduite à nos dogmes politiques, v<his décidere2S 
^O^^^lftme dans l!année la plus calamiteuse, on n'offisn< 
seca plus la morale publique en plaçant smcune dépense 
avaût celle du culte. Cessons de permettre à notre in- 
conséquence de &ire contraster fios discours et noire 
^on^uttev Qu'il n^en soit pas & j^l seconde restauration 
commeà la premiière; ne di^ns pins, avec uni^ légèreté 
qui 'rempIacerOit l'hypocrisîe 4e Bnonaparte t point dé 
Ttwnarchie ""sans religion, en laissant périr la religion 
au moment même ou nous nous prétendons plus que ja- 
mais fidèles et dévoués à la monarchie. Soasnuona parle 
aussi , on .disoit : point d^ monarchie ^ans religion, et 
Ton mettoit le cleigé à l'aumône^ on calculoit le jour 
où , cent prêtres morts n'étant remplacés que par un seul 
nouveau pi^être, on seroit débarrassé de ce prétendu 
appui du trône, fort dangereux, en effet, pour les 
trônes usurpés; et le Pape et les cardinaux étoient en 
prison; et dans l'année de son sacre, le jongleur cou- 
ronné disoit au milieu det son conseil : <( Que la ï'raftice 



• ( 4o8 ) 

i$roit & plaindre, st jamais elle avoît un sonveraia qui 
crût à la religion catholique». N'imitons ni le crime, ni 
le mensonger: absolvons même la première restauration 
d'un malheur ou. d'un tort qui ne tut pas celui de la 
France ni de son Bol, mais I^ tort de ces systèmes opi- 
ni&tres qui vainquirent encore la conscience du monar^ 
que et la conscience du peuple; rappelon&^nous ce lan- 
gage impudent, qui n'^loit pas calomnieux, ces paroles 
de l'usurpateur se vantant, en avril. i8i5 : «Que les 
Bourbons n'a voient pas fait plus quelui pour la relij^ion»; 
Ah ! Prince^ ce n'est pas vous que ce blasphème attaque; 
ce n'est pas vous qui avez manque au Dieu qui vous avoit 
rappelë : c'est votre siècle qui a trahi vos voeux les plus 
cfaers; ce n'est pas vous qui avez oublié que vops étiez lé 
sang de saint Louis; mais ces doctrines révolotibimaires 
qui enlouroient et menaçoient votre trône , se sont pla« 
cées devant votre ame pour en arrêter l'ëian; et lor$^* 
qu'à cette époque de nos plus cruelles. calamités, vous 
quittiez avec votre royale tamille le palais que Ip crime 
alloit encore souiller, vous avez sans doute reconnu ao^ 
fond de votre cœur religieux j que le ciel n^avoit pas été 
assez remercié du miracle de votre première restaura- 
tion. 

» Ouî,JkAe9sÎ6urs«ri|«|&PWcde$.pyH^%^^'il«»''^'^^x 
doKui, I.es réclamations deisa coBSOience <^li de la ^ôtre 
veulent que le sort du clergé soit amélioré sur le budget 
même de 1816;. et qu'en même temps, dès aujourd'hui, 
il soit fixé pour raveiiir d'une manièi'e convenable, 
digne du Boi, do la France et de vous. 

À Vous avez vu les pensionnaires mourant de faim; 
TOUS allez voir lasituatiofi du <;lergé actuel; vous allez 
connoitre ce qui reste de Théritage de Fénélpn et de Bos- 
auet; vous allez sentir se renouveler et s'aigrir toutes les 
douleurs qui environnent ce déplorable sujet. 
, » Qu'est devenuecette jeunessedu sanctuaire, étemelle 
comme le Dieu qu'elle servoit? Au lieu de cette milice 
sainte dont tes rajigs étoient toujours pleins ^ qui se re* 





•■■^'% 




s ' ' 

/, > 




^.- 







(4o9) ' 

nouveloît comme les moissons de IVtë, que Tonctiort 
divine et les mains des ponlîfes eonsacroienl chaque an- 
née dans cent trente bavsiliqnes, que voyons-nous? des 
vieillards échappés à l'exil, à la proscription, aux poi- 
gnai^is, aux déportation?, aai souterrains, aux pri- 
«oné, aux déserlsquî ont iong-tethps caché leurs ver- 
tus^ qu'on appeloit leurs crimes; dont la misère achève, 
avec te travail de l'épuisement, de hâter Id fin... Pen- 
dant cette seconde et sourde proscription, plus t'a taie à 
l'Eglise que la proscrîptioifi sanglante qui l'avoit pré- 
cédée, pendant leâ quinze ans de Tuslirpalion, ^'x: mitlè 
Nouveaux prêtres seulemfent, c*ést-à-dlre, moîris eti 
quinze ans que l'Eglise de France n^en prodoîsoit en oïl 
an; et: c'est ce petit nombre qui, souvent placé sous lei 
yeOTC de l'asurpateut^ rassuroit son hypocrite protectioii 
par l'espérance de voir s'éteindre ce qu'il eût voulu et 
n'eût osé étouffer d'un seul coup î, 

» Voyez comme rien n'a été négligé pour arriver k 
celte ruthe, a cette destruction presque entière. Pour là 
l^rfertlîère fois, depuis que l'état social existe, le génie 
infernal dé l'impiété et de l'usurpatioa a imaginé dé 
créer des fonctions sans salaires , destinées à des hommes 
sans fortune ! 

^#4dMié8d'i*«04>itip^>sition d« I^l^lisede France, Fusur^ 
pateura établi douze mille viisaired confiés anxsecoursr de 
raumône; et vous ne serez pas surpris qi^^àu lien de doiize 
mille, il n'y en ait en qûè cinq milite qui aient eu h c«a- 
raget de mourir de faini; ou d'implorer la charrilé publi* 
que dans les fonctions de ce qu'on a fagé à propos d'ap«>* 
peler la claâse inférieure du clergé fran^ois. Pieux fotida- 
leurs, telles n'étoient pas les craintes que ^ous eiriporljez , 
quand vos derniers regards ; se détachant sans peine de 
cette terre couverte de vos bifenfiils, s*élevoîeut rera le 
Dieu à qui vous alliez demander le prix de voi> dons et dé 
vos vertois ! 

» Tout se coordonne et se combine dans ce savant sys-* 
tème de destruction* Immédiatement ajprès iâ classa qui 



(4io) 

mendie , paroit la classe donl la détresse se rapprocha 
davantage de la mendicité: le fond, et pour ainsi dire 
Tessence des minii^tres du culte, se compose de vingU 
trois mille succursalistes qui ^ remplaçant ceux qu'on ap- 
peloit les curés avant 'la révolution, reçoivent, lorsqa'ofi 
les paye exactement, Soofr.: 5oofr. ! et à quelle épo- 
que! Qunud la réponse contre tant deréclaraatioh» sur 
l'élévation rapide et disproportionnée des traitemens^ sur 
leur inutile et souvent scandaleuse c^muialion, est que 
depuis vingt>cinq ans tout a doublé de prix ! La même 
raison d'analogie^et^de convenance proportionnelle qui 
donne 6000 fr, à un commis, au lieu de 3ooo fr» qu'il 
recevoit il y a vingl*cinq ans, a fait décider que le suc* 
cesseur d'un curé decimaleur, qui jouissoit d'un revenu 
de i,5oo &. ou 2,000 fr. , ne devoit avoir que 5oo fr. Oll ! 
comme l'erreur est conséquente ! ou comme l'hypocriste 
se dément elle-même ! ou plutôt encore comme l'usùr-* 
pation et la révolution savent qu'il n'y a rien de si dange^ 
reux pour elles , de si favorable et de si dévoua à la Jégitir 
mité, que le culte catholique? Ce système, au veAt^^^t^^ 
cumulation dès traiiemens, toujours condamné et siach»* 
puleusement maintenu près du trône de l'u^rpàteor, 
trou voit, pour l'honneur de ce qu'on appeloït lespriiv? 
ripes, une singuh'ère ^plication au jc^-i^ .11^ 
fugié quelque part , et je ctic^ix de rexempfe ^>lî «"^2*^ âfêC 
tant de ju&ticie, qu'il éjpargnoit le consejtler du prince^ 
arrivant à 80, 100, 120 ^ille fr., sops cinq ou six pré- 
textes , et frappoit le desservant , sur la tète duquel Via^^ 
partiale équité ne permettoit pas d'accumulei* la somnâe 
entière de 5oo fr. , parce que, se trouvant à la fois fonc- 
tionnaire et pehsionnaire, on devoit prélever sur le salaire 
du fonctionnaire, les 24o fr. du pensionnaire ! 

» Ce qui doit surprendre, c'est quç quelque chose ait 
échappé à la destruction , c'est qu'on n'ait pas vu la itiori 
du dernier prêtre sur les ruines du dernier presbytère, 6t 
9ur les débris de la dernière église ! 

)> Aussi quatre mille temples des campagnes ^^ mira- 



(4i-î) • 

euleasement conserves^ sout sans culte et sans mlmstrea ! 

)) Quatre mille églises! trois qu quatre millions d'amea! 
Piëtë de nos pères , quel résultat de vos dons et de votre 
prévoyance ! Regards de s^jnt Louis et du grai\d Roi^ dont 
au milieu , soit de sa gloire, soit de ses malheurs, la relU 
gionétoit toujours le premier soin et la première affaire , 
quel spectacle vous offre votre France? 

» Sept cvêchés sans demeure épiscopale; dix-sept sé- 
minaires sans édifices ! Elles ont disparu ces maisons sain- 
tement magniBques, où la religion sembloit avoir voulu 
loger les eqfans de Dieu à Tégal des enfans des Rois ! 

» Treize mille paroisses sans presbytères! Elles ne* s*é- 
lèvent plus, dans chaque village ; ces habitations dont le 
luxe modeste consoloit les regards de la charité , en ras- 
surant que les habitans des chaumières qui les envi- 
ronnoient, ne seroien^ jamais sans secours, et que le 
pauvre même privé d'une chaumière, ne seix>it jamais 
«ans asile! 

» Les églises sont partout en ruine, et à cette vue Vé^ 
tranger amen^ parmi nous, par nos rtialheurs et par nos 
crimes, n'a pas dû s'étonner que les parjures fussent noni- 
breus; dans un pays où Dieu éloit aaiis temple, et par 
coqséquent les peuples sans culte^ les coeurs sans foi, et les 
to^iwcésn^' Dieu î , ;? 

» Le gouffre- de la dernièi'e tfswrpaiîon a englouti les 
impositions extraordinaires votées par les départeniten^^, 
et les prélèvemens faits sur les caisses communales pour 
réparer les églises* 

y> Mais, Messieurs, Tusurpatenr a fait son devoir; fai- 
sons le nôtre, et ne diffôrespas d'une année, d'un mois, 
d'un jour; le péril est pressant, il y va de l'avenir de |a 
monarchie et de la légitimité, dont lesort est intimement 
lié à celui de la religion; car la France gardera ou perdra 
tout ensemble le Dieu et les Rois de ses pères. Ce seroit 
donc trahir une si sainte cause et vos inférêtslespluschera, 
que de ne pas vous révéler toute l'étendue du mal^ toute la 
profondeur de l'abîme. 



(4iO 

» Selon le ealcnl des probabilités de la rie hamamè^ 
appliqué h l'âge des prèles actneUeuient existans, il doit 
en mourir, dMci k douze ans , vingt*ui) mille. li <m man^ 
que aujourd'hui , non pas au bixe, mais au nécessaire dit 
culte, euTiron treize mille. II en manquera donc dans 
douze atis trente-quatre mille: c'est-à-dire qde danadouise 
ans les trois quarts de la France seroiit sans prétreaet sans 

autels Allons plus loin N'arrêtez vos regardsqu'aa 

dernier terme.... Tout aura disparu dans vingt oa vingt- 
cinq ans y> ! . 

M. LaBorie a terminé son rapport en eipoaani les 
motifs de chacun des articles de son projet de réso- 
lution. Voyez notre dernier numéro. 



NOUVSLLES ECCLiSsiASTIQUKS. 

Fari5« h paroH régner une grande iK^tivité dans M 
négociations entre Borne et la France. Un des seeré-- 
taires d'ainbassade, M. de Fontenay, étott arrivé le mois 
dernier. M. Jourdan Tient d'arriver plua récemment 
enoore. Rien n'a transfiiré des dépêches qa'iis ont ap<» 
portées; mais toul porte à croire qu'on s*occope d'om 
manière plus suivie des aEGiîres de l'église de FT»nce« 
Noiro luste impatience doit se calmer un p<»o en son'* 
ceant a quelles mains les intérêts de laxeligion aoiit con^ ' 
nés. fl importe sans doute que l'arrangement ne tarde 
pas trop; mais il importe encore plcis qu'il soit fait avec 
cette sagesse et celte maturité qui prévoient tout , et qui 
sont un gage de durée. 

— Les amis de la religion et du goÛt apprendront avec 
plaisir que M. l'abbé Frayssinous va donner quelques-- 
unes de ces conférences si précieuses sous Ton et l'au- 
tre rapports. Différentes raisons l'a voient empêché dé les 
ouvrir à l'entrée de l'hiver. La première aura lieu 4 



(4i5) 
Saîot-Silipice, le diinanche 18 de ce mois. On croit^qu'il 
n*y en aura que quatre ou cioq. II e^t remarquable quc^ 
FÀabile orateur let recommencera à peu près à l'épo- 
que où il fut oblige rannée^eri!ière de les interrompre 
lom du retour de reonemi de tout bien. 



Nouvelles politiques. 



r, Paeis. Mv le duc de Roban-Chabôt , premier ge/itilboimn« 

i de la chambre ,/ qui se trouvoit en exercice , et qui faisoit 

encore son service lundi dernier, est mort le jeudi matin , 

après avoir reçu les secours de la religion. M. le duc d'Au«<k 

^ mont le remplace aiiprès du Rol 

^ -*- Le Roi vient de crëer une nouvelle décoration pour I« 

garde nationale de Paris. 

' — Une circulaire de M. le ministre de la police aux pré-» 
fetSy en date du 22 janvier^ leur recommande de nrendre des 
mesures contre les auteurs et distributeurs de dusses nou- 
velles. Il leur rappelle la loi du 9 novembre dernier. Les maires 
devront faire arrêter les coupable^. Le ministre espère qu^ 
toutes Içs autorités C|oncourront a imposer silence aux agi- 
tateur^, et il invoque aussi le secours des curés pour faire 
sentir l'absurdité de ces bruits » et le (ort de cqux qui le^s ré-^ 

CHAMBRE DpSS PAIHS* 

Le 6 février, on a apporté à la chambre )a résofutioti de là 
chambra des députés sur le clergé. Le renvoi en a été fait aux 
bureaux , et la discussion aura lieu samedi. 



CilAJttB&E Pj:S DÉPUTAS. 

Dans la séance du 6 ^ M. de Villële , rapporteur de la com- 
mission sur le projet de loi relatif aux élections , a fait un rap- 
port préliminaire sur quelques articles de ce projet. Yoici la 
substance de ^ou discours : 

L'ordonn<ince du Roi, du x3 juillet r8i5, qui convoqua 



-, ^ (4'4) 

les collèges âectoranx , statua ^ue plusieurs articles cle la 
chartre seroient soumis à la révision des deux chambres. C'est 
en consé<{uence de cette" ordonnance que , dans le pro}fet de 
loi présenté récemment , On c<^nfîrme 1 art. S7 de la chartre , 
et 1 on prononce la réforme des art. 36 et 38. Nous n'ouhliç- 
rons pomt les paroles mémorables que la Âgesse du Roi vous 
adressa dans le discours dWverture. La commission les a 
prises pour bases. Elle vous propose donc de maintenir la dis- 
position de Tart. 38 , qui veut que nul ne puisse siéger à la 
"■'''} de < 




epoids 

ée la chartre fixoit le npmbre des députés à deux cent soixante- 
deux. Le nombre qui a été adopte pour la chambre actSelle^ 
9t qui est confirme dans le nouveau projet , a été approuvé 
dans tous vos bureaux , qui ont trouvé ce changement hôea 
vu relativement à l'étendue et à la population du rojaux^e^ 
Mais la commission n'a pas donné son assentiment k la pro«» 
position d'augmenter la députation du département aè la 
5eine. Elle n'a vu aucun motif à cette faveur, et cette opi- 
nion a été unanime^ dans les bureaux. La disposition la plu& 
importante que la commission ait à proposer , est le chan^ee- 
ment de l'art, 37 de la chartre, qui stipule le renouvellement 
de la chambre par cinqiiiëme. Ce mode , introduit par la 
Convention , et confirmf par Buonaparte^.ne paroit conforma 
ni aux intérêts de la çikambre, ni à ceux, de la nation. Il ne 
attnble paa s'allier ava&le 4roît du BLoi«d» 4issatnito> JgjjT^^Ta»» 
bre en. totalité , et de la fidre réélire aussi* en* •totalité». Dans 
ce cas, il j «uroit des Réputés qui ne restereient qu'un an. 
Des départemens pourroient nommer leurs députés deux an^ 
nées de suite, tandis que d'autres ne les nommeroient qu'au 
bout de quatre à cinq ans. Le renouvellement partiel de la 
chambre établit d'aillet^r» la perananence du corps qui repré- 
sente la démocratie , et cette permanence est contraire k la 
balance des pouvoirs , et peut nuire an pouvoir du Roi. On a 
dit que le renouvellement par cinquième étoit plus favorable 
à l'action du gouvernement sur la chambre , et tendoit à éta- 
blir une marche plus uniforme et plus suivie. Ne pourroit-on 
pas trouver , au contraire , que ces changemens annuels , et 
* cette mobilité continue dopneroient plus «Tembarras au mi- 
nistëre ? On a parlé du. danger de la réunion simultanée >d<; 



' tous les collèges électoraux. L'exemple de cette année re'futtf 
de pareilles craintes. Cette opération s'est faite au milieu de 
l'agitation et d'une crise extraordinaires, en présence des ar- 
mées , et cependant elle a préf^nté le plus grand calme et le 
plus heureux concert. La commission propose donc, i®. de 
maintenir Tart. 38 He la chartre y sur 1 âge requis ppur être 
député; 2*. de réformer l'art. 36, conformément a l^ordon- 
nance dn i3 juillet; 3**. de réformer l'art. 37, de manière que 
les députés soient élus en totalité au bout de cinq ans» La 
commission sera prête à terminer son rapport conformément 
à la détermination de la chambre sur ces questions. 

Plusieurs membres se sont fait inscrire pour la discussioa 
de ce rapport, qui aura lieu lundi 12. Il a été fait ensuite iin 
rapport par la conmiission des pétitions. Plusieurs pétition- 
naires exposent les inconvéniens de l'article du Code qui dé-^ 
fend de bénir lés mariages avant qu'ils aient été contractés 
devant l'offîcier civil. Le maire de Moisset demande que la 
loi ne reconnoisse de mariage que celui qui est sanctifié par 
hi cérémonie religieuse. Celui de Craon se plaint de l'imper- 
fection avec laquelle sont teni*^ les registres dé l'état civil. 
Ces .^pétitions remarquables sont renvoyées à la commission; 
établie pour examiner la proposition de M. la Chèze-Murel. 
Beaucoup d'autres sont écartées par l'ordre du jour. Un grand 
nombre d'hj^itans dés Bouches-du-Rhône dénoncent la con- 
duite du maréchal Masséna à l'arrivét de l'usurpateur. Cette 
petit t($n occasionn»%i^e longue discussibn. Les uns en deman* 
dMrt^fariecttffY, f^9MEiiitr«s ia refHHfWli^, k cause de la lot 
d^amnistie. MM. de Serre , Colomb , Catelan parlent dans ce 
dernier sens; MM. Renaud de Tretr et Forom des Issartf 
dans le premier. La pétition a été lue. Elle est volumineuse y 
et inculque gnèvement le UEiaréchal , comme avant constam- 
ment servi Buonàparte, paralysé le zèle des bons citoyens, 
menacé , dénoncé , arrête les royalistes. La même p^ition 
contient de graves reproches contre les généraux Miollis , 
Gardanne et Chabert. IVl. Yoysin de Gai^Ûfepe ne veut point 
qu'on donne de suite à cette pétition, \ÎDr1a loi d'amnistie. 
Interrompu par quel4\6S membres , il soutient son opinion 
avec chaleur. M. Hyde de ^ieuville demande le renvoi au mi- 
nistre de la guerre ^ qui est prononcé par la chambre. 

La chambre' s'étant ensuite formée en comité secret, la 
discussion a commencé sur le projet d^ M. Laborie. M. Car- 



( 4i6 ) 

doniA^l a propose Tadoption de Tart. 6 , sur les prêtres mariés^ 
et Pajoumement des autres dispositions. 

Le mercredi 7, MM. de SainVG^ry, Faure, Piet et Syrieis , 
oot parlé dans (e sens de 4a commission. M. Betignot a com- 
battu même l'art. 6 , qui lui «Tparu intempestif. On y gagne* 
roit fort peu de chose, selon lui, et il y auroit du danger k reve-^ 
nir sur le passé. Quant au reste , il demande que )*assemblée se 
borne à sujnplier S. M. de venir au secours des ecclésiastiques. 
U m «ttaque , l'une après l'autre , les dispositions de la com« 
mission, et en a critiqué le rapport. M. Fabri l'a secondé dans 
cette tAche. 

Le 8 , M. Jancowitz a fait une propositioti relative au mode 
des élections à adopter en France# £Ile a été combattue par 
MM. Cardonnel, Voisin, Benoist et Pàsquier, comme rap- 
pelant le système démocratique de 1791 9 et l'auteur a retiré 
sa proposition. MM. de la Pasture , fienoist , de Bonald , de 
Blangy et Yoisin de Gartempe , ont parlé ponr ou contre le 
projet* de M. Laborie. M. Benoist l'a aéfendu contre les repro- 
ches de M. Fabri et de M* Beugnot. Son discours , qui étoit 
improvisé , c fait voir beaucoup de talent et de facilité , et a 
tneme été remarquable parades morceaux d'éloquence. M. de 
Bonald n'étoit pas inscrit ; mais la parole lui a été cédée par 
M. Hersart de la Villemarqué , qui s'étoit proposé de parler 
h ce sujet, et qui a en la modestie de se désister de son droit 
en faveur de son éloquent collègue. (1). La dis<mssion alloit 
être fermée ; M. Laborie a demandé à être entendu , et la 
chambre a décidé qu'ire seroijt le lendciMaiii. 

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(i) Dans ce discours^ |j|. dç liî YiHçniarqué, répondant aux rcfiro- 
ches faits à la comQijssîoïlh j^ar quelques préonin ans, montroit Tîncott' 
Yvnient d^aiourner les'prbpasitiotîs les plus samtaires, sous le prétexte 
souvent allégué aufoûi*d!hiii ■qit'eiles sont fnifmpesiive.s. Il regardoit ce 
prétexte cïnmme m» œ^yVn ae'ÈbaitttQhirréè' qu^on n^ose pas jttslifier 
pour le fond, «I ptdj^ûSDÎt^^amses àio^eos d'^cqnomie. 

,^^ -.AVIS.: . •; 

Le prix de rabonnement est de a8 fr. pruir Faunée, i5 fr. pour sîi 
mois, et 8 fr. pour trois mois. 

FXIV DU SIXIÈME yOLUMf. , 



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